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22è Régiment

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Québec un Pays
rend hommage au
Royal 22ième Régiment
 

Le Royal 22e Régiment
canadien-français
(depuis 1914)

Royal 22e Régiment
 

Création du Royal 22è Régiment
peu de temps après la sanction de la
Loi des mesures de guerre, 1914
(voir le texte sur les émeutes en 1918
dans les Villes du Québec)

La gloire du célèbre Royal 22è Régiment
de Québec

Citadelle de Québec

L'histoire des Troupes De Marine
1914-1918
 

Les Honneurs de batailles

PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
ROYAL 22e RÉGIMENT
INSCRITS DANS LES PLIS DU DRAPEAU RÉGIMENTAIRE

PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
ROYAL 22e RÉGIMENT NON INSCRITS
DANS LES PLIS DU DRAPEAU RÉGIMENTAIRE

DEUXIÈME GUERRE MONDIALE
ROYAL 22e RÉGIMENT
INSCRITS DANS LES PLIS DU DRAPEAU RÉGIMENTAIRE

DEUXIÈME GUERRE MONDIALE
ROYAL 22e RÉGIMENT
NON INSCRITS DANS LES PLIS DU DRAPEAU RÉGIMENTAIRE

LA GUERRE DE CORÉE 1950 - 1953

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La Musique du Royal 22e Régiment
Major Denis Bernier, directeur musical


C’est en 1922 qu’a été fondée la Musique du Royal 22e Régiment, corps de musique régimentaire qui, à l’époque, est formé de vingt musiciens de l’ancienne Musique de l’artillerie royale canadienne et de son directeur musical, le capitaine Charles O’Neil.

Logée à la citadelle de Québec jusqu’en 1988, la Musique est maintenant hébergée à la Base des Forces canadiennes de Valcartier, en banlieue de Québec.

Au fil des ans, la Musique a acquis un prestige et une renommée qui dépassent largement nos frontières, se faisant entendre tant en Europe et en Asie qu’au Canada et aux Etats-Unis. Appelée à se produire dans des événements très divers, la Musique puise dans un répertoire riche et varié issu non seulement de la musique militaire et des plus grandes œuvres classiques, mais aussi des musiques de films, de la musique populaire, du jazz et du folklore.

La Musique du Royal 22e Régiment est un ensemble professionnel composé de trente-cinq musiciens et musiciennes venant des plus grandes écoles de musique au pays. Depuis octobre 1997, son Directeur musical et Officier commandant est le major Denis Bernier. Il est secondé dans sa tâche par l’adjudant-chef Laval Labbé.
Source : Musique du Royal 22e Régiment


22e Régiment blindé canadien
(The Canadian Grenadier Guards)
Deuxième régiment blindé principal
de la 4e Bridage blindée canadienne,
4e Division blindée canadienne.
nord-ouest de l'Europe, 1944 - 1945


Le 6e Bataillon,
Royal 22e Régiment







Les origines du 6e Bataillon remontent en 1866 au moment où les citoyens de Saint-Hyacinthe levèrent une compagnie de milice pour parer à la menace d'incursion par les Fénians. Le 3 juillet 1866, les membres de cette compagnie de milice prêtèrent le d'allégeance sur la Place du Marché en présence des autorités civiles.

En 1870, deux compagnies de milice recrutées à Saint-Hyacinthe furent appelées en service actif dans la région de St-Armand, Philipsburg et Pigeon Hill.

Le 24 mars 1871, le Bataillon d'infanterie provisoire de Saint-Hyacinthe fut crée. En 1879, le Bataillon comptait six compagnies; deux à Saint-Hyacinthe, une à Saint-Pie, une à St-Simon, une à Sorel et une à Acton Vale. L'identité du Bataillon d'infanterie provisoire de Saint-Hyacinthe fut changée le 12 décembre 1879 pour devenir "le 84e Bataillon d'infanterie de Saint-Hyacinthe". En 1897, l'appellation "84e Régiment de Saint-Hyacinthe" lui est accordé et il est organisé comme unité de ville, ce qui amena la disparition des compagnies situées à l'extérieur de Saint-Hyacinthe.

Au cours de la Première Grande Guerre, le Régiment de Saint-Hyacinthe contribua à la formation du 12e Bataillon des Forces expéditionnaires canadiennes lors de sa création en septembre 1914. Plusieurs de ses membres serviront aussi outre-mer en diverses capacités.

Réorganisé le 1er avril 1921, le Régiment de Saint-Hyacinthe fut autorisé à maintenir un Bataillon dans la milice active et un second Bataillon de réserve. En août 1939, le Régiment fut mobilisé pour service actif avec les Forces de Sécurité interne durant quelques mois.

Le Régiment est mobilisé le 3 janvier 1942 et sert à Terre-Neuve, d'avril 1943 à septembre 1944. À la fin de la même année, le Régiment est affecté à la Défense de la côte Atlantique sous le commandement de la Forteresse d'Halifax. L'état-major du Régiment est à Bedford et les compagnies sont échelonnées comme suit: Sidney, Mulgrave, Dartmouth et St-Jean, N-B. En juin 1945, il quitte Halifax pour Valcartier et en novembre, il se rend à Joliette où sa démobilisation sera complétée le 9 janvier 1946.

Le Régiment de Saint-Hyacinthe poursuit ses activités dans le cadre des Forces de Réserves canadiennes en 1946. Le 2 février 1956, il est fusionné avec le Royal 22e Régiment pour devenir le 6e Bataillon avec son poste de commandement à Saint-Hyacinthe.

Les 2 000 hommes et femmes composant le 34e Groupe-brigade du Canada proviennent de toutes les couches de la société. Ce sont avant tout des étudiants et étudiantes qui ont choisi avec fierté de servir au sein des Forces armées canadiennes. C'est pourquoi, la Milice offre 500 emplois à temps partiel dans le cadre de son recrutement annuel.

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Le 4e Bataillon,
Royal 22e Régiment

Les origines de la milice remontent au début de la colonie. Au fil des années, la Milice a toujours suivi l'évolution de notre société que cela soit au niveau social, géographique ou politique. Ainsi, le 34e Groupe-brigade du Canada compte plus de 2 000 miliciens et miliciennes appartenant à des unités de l'arme blindée, de l'artillerie, du génie, de l'infanterie, de la logistique, de la musique et du service de santé. Le Groupe-brigade regroupe les unités de Milice de la région montréalaise, ainsi qu'un régiment blindé à Hull, un escadron de génie à Rouyn-Noranda et un bataillon d'infanterie à Saint-Hyacinthe / Drummondville.

Le 4e Bataillon du Royal 22e Régiment est une unité d'infanterie. Son origine remonte à 1812, alors qu'elle portait le nom de Régiment de Châteauguay. Le 4eR22eR est une unité qui compte dans ses rangs différents métiers. Mais le coeur de l'infanterie demeure le fantassin. Son rôle est de trouver l'ennemi et le détruire. Le fantassin doit exécuter ses fonctions à l'extérieur, de jour comme de nuit et dans toutes les conditions climatiques. Il doit être digne de confiance, être capable de réagir rapidement et pouvoir s'adapter facilement aux situations changeantes.

Les 2 000 hommes et femmes composant le 34e Groupe-brigade du Canada proviennent de toutes les couches de la société. Ce sont avant tout des étudiants et étudiantes qui ont choisi avec fierté de servir au sein des Forces armées canadiennes. C'est pourquoi, la Réserve terrestre offre 500 emplois à temps partiel dans le cadre de son recrutement annuel.

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Deux braves du 22e Régiment

Au moins deux soldats autochtones qui servirent dans le 22e bataillon canadien-français obtinrent la Médaille militaire pour bravoure.

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Adrien Bertrand, caporal,
dans le 10è Réserve
Pour voir quelques photos

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22è Régiment
René Marcel Sauvé
dimanche 20 avril, 2003 13:40



Le Royal 22e Régiment, dans lequel j'ai servi pendant près de vingt ans, existe toujours.

Il a éfé formé à partir d'une compagnie (120 hommes environ, commandés par un major, ou un captaine, trois lieutenants, trois sergents), des Fusilliers Mont Royal de Montréal.

Je vous raconterai plus de détails sur l'histoire du régiment, réputé pour son habileté tactique.

Pour le moment, il reste encore trois bataillons du Royal 22e Régiment, dont un est à Valcartier, l'autre à la Citadelle de Québec, et le troisième, en service en Bosnie, je crois.

Je vais vérifier toutes ces données prochainement à votre intention, car je participe encore aux réunions d'anciens officiers du régiment et aux dîners régimentaires qui ont lieu de temps en temps.

Lorsque j'ai commencé mon entraînement comme officier régimentaire, en 1952, avec le grade de sous-lieutenant, le Troisième bataillon, dont je faisais partie, était en manoeuvres à Wainwright, Alberta, sous le commandement du lieutenant colonel Gaston Poulin, un beauceron de 34 ans qui avait fait la seconde guerre en première ligne avec le Régiment et qui s'était particulièrement illustré dans les batailles féroces de la Ligne Gothique. Il commandait alors une compagnie en première ligne en Italie à l'âge de 25 ans, ce qui arrive sur les champs de bataille. Il est un de ces miraculés de la guerre, qui s'en est tiré sans blessures et sans dommages psychologiques. Tempérament original, bon pédagogue, il nous a tous bien introduit aux procédures de déploiement pour le combat et à la tactique au niveau du bataillon. Il est toujours vivant aujourd'hui, dépasse 82 ans et vit à Saint Bruno avec sa femme, une anglaise qu'il a épousée pendant la guerre, alors qu'il séjournait en Angleterre. Il a été le premier et le meilleur de tous mes commandants de bataillon.

J'ai eu plusieurs zombies parmi les autres, des militaires qui veulent bien faire carrière dans l'armée mais qui trouvent moyen de s'esquiver lorsqu'il s'agit d'aller au front. Il y avait un sénateur connu dont la carrière militaire a été interrompue par deux guerres. On retrouvait cette espèce en Europe, là où il n'y avait aucun danger de guerre contre les Russes, mais pas au Moyen Orient et pas en Afrique Équatoriale pendant l'épisode des guerres coloniales. Excusez-moi si j'ajoute toujours une note personnelle à mon propos.

Il faut dire que, jusqu'à très récemment,  tous les mémos envoyés par les officiers du 22e pour le service devaient être rédigés en anglais, seulement en anglais, rien qu'en anglais et pas autre chose qu'en anglais. Ceci m'enrageait, moi, qui avait à peine 21 ans en arrivant au Troisième bataillon. J'ai fait la tête dure et je l'ai payé lorsque les comités de promotions se rassemblaient et oubliaient mon dossier. Ayant complété l'université et obtenu les qualifications militaires voulues, cependant, il a bien fallu me promouvoir lieutenant et puis capitaine. Mais pas major, un grade qui comporte une dimension politique.

En partant, comme l'armée manquait d'officiers, j'ai été envoyé sur les champs de tir conduire des exercices aux armes vives, dont la carabine .303, la mitrailleuse Bren,  la mitraillette Sten 9mm, le lancement de la grenade 36 à fragmentation, le tir au mortier de 2 pouces, le tir au bazooka américain de 2.36 pouces. Je n'ai pas eu d'accident parce que, étant trop fou pour avoir peur, je suivais les instructions à la lettre.

Bon, je dois m'occuper de ma famille pour les fêtes de Pâques. Je vous reviendrai bientôt. (...)

Joyeuses Pâques.

René Marcel Sauvé

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Re:  22è Régiment
René Marcel Sauvé
mardi 22 avril, 2003 12:49

Monsieur Bertrand,

Merci beaucoup pour le site du Royal 22e Régiment.

Je ne le connaissais pas et je l'ai mis dans mes documents pour en informer les historiens qui travaillent sur l'histoire de nos milices territoriales.

Ce site contient quelques renseignements importants, surtout en ce qui a trait à la défense contre les Feniens.

Je comprend facilement pourquoi votre père n'a presque pas parlé de ses expériences dans l'armée et à la guerre. Il lui aurait fallu au préalable démolir des montagnes de préjugés et d'idées toutes faites, afin de situer proprement ses auditeurs dans le réel, hors du virtuel auquel ils sont habitués lorsqu'on parle de guerres et de batailles. Lui savait que les choses ne se passent pas, mais absolument pas comme l'imaginaire le raconte.

Comme disent beaucoup de philosophes, la réalité échappe à l'entendement.

La vie réelle sur un théâtre de guerre, (j'ai connu ceux de l'Afrique et du Moyen Orient, étant trop jeune pour avoir fait la seconde guerre mondiale et encore bien moins la première), la vie sur un théâtre de guerre, donc, est remplie de banalités dont personne ne parle ou ne veut parler.

Les événements, c'est-à-dire les engagements armés, sont peu fréquents sur une longueur de temps donnée. Certes, il y en a davantage pendant les campagnes mais les campagnes ne se produisent pas tous le jours.

Bref, la vie militaire est banale, même sur les théâtres de guerre et voilà ce qui ne se raconte pas.

Les rencontres avec l'ennemi comme on l'appelle, sont comme les accidents d'autos: il y en a de toutes sortes qui se règlent de toutes sortes de manières qui ont peu à voir avec les films ou la télévision.

Rien, ou presque n'arrive comme on l'avait pensé ou prévu, encore moins comme c'est écrit dans les manuels officiels de stratégie et de tactique, dont beaucoup sont écrits par ces rats de bibliothèques que j'appelle des cuistres et des savantasses.

C'est sans doute pourquoi tant de militaires se moquent des journalistes à la recherche de nouvelles sensationnelles qu'ils vont rapporter à leur manière. Ils se moquent aussi des histoires de guerres et ne veulent pas les entendre, même dans les cantines et les mess. Au mess d'officiers du Royal 22e Régiment à Valcartier, il y avait un casque d'acier suspendu à un mur et lorsque quelqu'un, officier ou visiteur, racontait une histoire de guerre, on se passait le casque d'acier et on se le mettait sur la tête pour signifier qu'on était très impressionné.

J'ai essayé un peu d'expliquer pourquoi votre père a très peu parlé de son expérience vécue dans l'armée et à la guerre. Il a dû fréquemment souffrir de devoir tourner en rond pendant des semaines et des semaines en attendant que quelqu'un prenne une décision.

Ce qu'il y a de plus important pour un soldat en guerre est la lettre qu'il reçoit de la maison. Même les comptes le distraient et l'amusent.

La visite d'un député ou d'un sénateur est toujours amusante, car ces gens se cherchent une réputation de héros à la maison alors qu'on doit les tenir le plus loin possible de zones de danger pendant qu'ils nous rendent visite.

Plus tard, à les entendre parler, ils savent tout.

Comme à l'hôpital, au pensionnat ou en prison, les heures de repas sont des événements très importants dans une armée, en manoeuvre et en guerre. Et puis, il y a les heures de sommeil, au fond d'une tranchée. On y dort tout habillé et prêt a sortir en trombe, le corps recouvert de grosses couvertures grises, qui serviront de cercueil au besoin. Comme les animaux qui s'enfouissent dans la terre, les trous sont toujours très appréciés pendant les période de pluies, de neige et de froid. Et de plus, ils fournissent une bonne protection contre l'observation et le tir de l'artillerie, celui de l'ennemi et aussi celui des amis, malheureusement.

Les soldats américains qui servent en Irak n'ont pas de problèmes avec les tirs de l'artillerie et de l'aviation ennemie, seulement avec leur propre artillerie et leur propre aviation.

Ces événements peuvent démoraliser une armée, mais le soldat est obligé de se taire et même plus tard, au moment de quitter l'armée, il est sévèrement prévenu de ne rien dire sur ce qu'il a vu. Celà explique aussi le silence d'une majorité d'anciens soldats et officiers. Je sais que la GRC suivait fréquemment les soldats nouvellement licenciés pour s'assurer de leur silence. De toutes manières, l'ancien soldat préfère se taire parce que personne ne le comprendra.

À propos de soldats qui révèlent ce qui se passe, je vous conseille tous d'aller voir Amen de Costa Gravas. Vous y verrez l'histoire d'un officier allemand qui a cherché à révéler au monde ce qui se passait dans les camps d'extermination de la Gestapo et personne ne l'a cru.

Personne n'est plus aveugle que celui ou celle qui ne veut pas voir.

Je passe sous silence les imprécations et les blasphèmes que lancent les soldats lorsqu'ils se font tirer dessus par leur propre monde. Ce qui affecte le plus le moral, c'est toujours l'imbécilité et l'ignorance qui mènent le monde.

Voilà où se situe le vrai drame.

Comme actuellement avec la fiscalité qui fait problème et que peu de gens ne veulent voir.

Je vous laisse sur ces réflexions et merci encore pour le site.

René Marcel Sauvé

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Re: 22è Régiment
Robert Bertrand
mardi 22 avril, 2003 15:47

Bonjour Monsieur Sauvé,

Vous me faites bien plaisir en nous parlant de ce vécu de nos chers soldats des guerres 1914-1918 et des autres.

Lorsque qu'une bataille est finie et que l'on revient au camp, il en manque, il en manque parmi ceux qui nous sont chers, également.  Pourquoi eux et pas nous ?  N'est-pas un peu ce qui se passe dans la tête de celui qui reste ?  Je le dis au masculin pour cette époque.  Maintenant, nous avons des jeunes des deux sexes qui vont à la guerre, qui vont aux combats.

On nous montre des films. À l'occasion, on voit les explosions de bombes, des tirs du fusil.  Très peu est relaté, il me semble du vrai vécu des soldats.  Les tranchées, ce qu'il mange, ce qui leur est distribué pour manger sur les champs de bataille.  Sous le pluie ou le froid.  Avec ceux qui restent et ceux qu'on laisse de côté parce qu'ils sont morts.

On envoie toujours de très jeunes personnes aux différents combats, n'est-ce pas là faire preuve d'un manque flagrant de saines responsabilités ?  Pourquoi choisir surtout des jeunes ?  Vous aimeriez m'expliquer ?  Ils sont plus obéissants, plus malléables ?

Je vais prendre le temps d'en parler avec mes frères pour voir ce qu'ils en savent exactement.

Personnellement, je suis le septième d'une famille de dix.

Le plus vieux est toujours bien vivant à près de 79 ans.

Je vais en parler également avec ceux de 71 ans et de 70 ans.

Bien amicalement,

Robert Bertrand

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Les deux Guerres,
la Wallonie
et le Québec
José Fontaine
mardi 22 avril, 2003 17:06

Je lis René-Marcel Sauvé avec beaucoup d'intérêt et je pense qu'il a raison.

Maintenant, ce qui est vrai aussi (pas contradictoire avec ce qu'il a dit), c'est le fait que les guerres marquent profondément les populations civiles, surtout les guerres européennes à partir de celle de 1914-1918 qui sont aussi "mondiales".

De ce point de vue, voilà peut-être quelque chose qui pourrait aider à se comprendre entre Wallons et Québécois.

Pour des raisons trop longues à expliquer ici (mais j'en dirai un mot pour éclaircir les choses en terminant), la Flandre et la Wallonie, quoique relevant du même État Belge, ont vécu très différemment ces deux guerres mondiales et aux premières loges dans la mesure où le centre de ces deux guerres c'est le conflit entre la France et l'Allemagne (la Hollande n'a pas participé à 1914-1918, l'Angleterre n'a pas été occupée, à peine bombardée, lors de la première, l'Italie fut surtout contre l'Autriche-Hongrie dans la première et avec l'Allemagne dans la seconde etc.).

Ces deux guerres nous les avons vécues différemment, contradictoirement (je ne veux pas nécessairement dire qui avait raison), et c'est sans doute à cause de cela que la Wallonie et la Flandre se sont fortement différenciées l'une de l'autre.

Aujourd'hui - et à mon sens c'est un immense événement - l'Allemagne et la France concrétisent le fameux traité d'amitié conclu en 1963 en vue en somme de l'Europe indépendante. Notamment dans l'opposition à la guerre en Irak, l'opposition aux USA, chose inédite.

L'État belge est dans le camp franco-allemand parce que les deux opinions publiques (de Flandre et de Wallonie), notamment à cause de cette réconciliation France/Allemagne, ne s'opposent pas alors que cela avait été le cas lors des deux autres conflits.

Je n'aime pas l'idée (trop ethnique) que la Wallonie est un morceau de la France et la Flandre un morceau de l'Allemagne. Flandre et Wallonie sont elles-mêmes. mais d'un autre côté, c'est vrai que s'étant constituées comme elles l'ont été à l'occasion des deux conflits mondiaux, la Flandre et la Wallonie maintenant pourtant devenues très autonomes l'une et l'autre, ont (leurs opinions publiques et les leaders politiques), la même position face aux USA et face à l'Europe indépendante.

Il y a un lien entre des événements mondiaux et ces deux petites nations, la Flandre et la Wallonie et les deux grandes, la France et l'Alllemagne.

Ces deux conflits nous ont opposés. Nous n'en avons pas la même mémoire.

Et en 1940-1945, la Résistance  (la guerre des partisans en bref), fut sept fois plus le fait des Wallons que des Flamands, restés en quelque sorte attentistes (dont les soldats prisonniers furent libérés par les Allemands, les Wallons restant dans les camps de captivité).

D'une certaine façon le roi des Belges Léopold III  eut une attitude que les Flamands ont eue eux-mêmes. Il fut approuvé par eux en mars 1950 et rejeté par les Wallons lors du référendum sur son retour au pays. Il revint (les Flamands étant plus nombreux, leur vote a plus pesé dans l'ensemble belge).

Voyant cela, la Wallonie reprit les armes de la Résistance et pour éviter la guerre civile, la classe politique parvint à obliger le roi à abdiquer.

Cette crise a fortement contribué à approfondir la conscience nationale tant flamande que wallonne.

Le Québec a marqué son opposition à la conscription en 1914-1918.

Nous faisons partie de nos histoires personnelles (si je puis ainsi dire) et aussi de l'histoire du monde. Je pense que ce grand conflit mondial répété deux fois pourrait être une sorte de livre à partir duquel nous comprendre aussi car - c'est peut-être le plus important de ce que je voulais dire - l'histoire du monde telle qu'elle va, encore en 2003, n'a pas cessé d'en être affectée.

La preuve, cette alliance - car c'en est une! - Allemagne/France qui est assez étonnante pour un Européen et en même temps s'inscrivant dans la logique de la réconciliation franco-allemande voulue par de Gaulle qui dit en Allemagne  en 1962 non pas "Vive le Québec libre!" mais "Le peuple allemand est un grand peuple", ce qui a fortement ému les Allemands.

De Gaulle, c'était vraiment quelqu'un.

Qu'on me pardonne si ces choses ne sont pas assez clairement dites. Elles ont toute la richesse des complexités humaines, du monde des hommes...

José Fontaine
Wallonie
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Re: 22è Régiment
René Marcel Sauvé
mardi 22 avril, 2003 20:56

Bonsoir Monsieur Bertrand,

Je retiens vos observations sur l'âge des soldats.

Les Romains organisaient leurs légions en trois rangs distincts: les Hastats (les jeunes et nouvelle recrues), les Principii (Les Princes, ou soldats les plus forts et les plus expérimentés) et les Triarii (Les Vétérans, ou vieux soldats.

Au combat, on ne mêlait pas les jeunes avec les expérimentés et les vieux pour éviter les conflits de générations et la confusion. En général, les manipules de la première ligne se composaient de jeunes et lorsque la première ligne passait en second, ce sont les expérimentés qui prenaient la relève. Jamais les armées romaines n'ont été obligées d'engager la troisième ligne, la bataille étant généralement gagnée par la deuxième. Et pourtant les Romains n'aimaient pas la guerre. Ils préféraient la politique.

Parce qu'ils manquent de sang-froid et d'expérience, les jeunes sont rapidement fauchés à la guerre.

Les plus expérimentés sont généralement des soldats professionnels, formés et entraînés depuis longtemps, qui savent exactement à quoi s'en tenir dans chaque situation qui se présente. Leur réalisme fait leur force.

Au 22e, j'ai remarqué que les soldats les plus expérimentés sont ceux qui survivent le mieux aux épreuves, non parce qu'ils sont plus forts que les jeunes, mais qu'ils sont moins émotifs. De même  les vieux soldats, qui survivent étrangement bien aux situations les plus difficiles, justement parce qu'ils sont plus lucides que tous les autres.

Comme j'ai dit, il n'y a pas de modèle pour les situations de combat. Il y a des principes et c'est autre chose.

Il faut être réaliste de tempérament pour comprendre les principes. Le réalisme consiste à ne se faire aucune illusion sur quoi que ce soit et à savoir composer adéquantement avec les situations qui se présentent.

J'ai comparé les batailles aux accidents d'autombile et je crois que ma comparaison tient encore.

Vous avez constaté sans doute qu'aucun accident ou presque ne peut servir de modèle aux autres. Chacun est unique et identique à lui-même seul. Certes, il existe des principes, des règles et des constantes, mais non des modèles.

Alors pourquoi y a-t-il tant de jeunes qui se blessent gravement et se tuent en auto alors que la majorité des vieux conducteurs évitent les accidents et s'en tirent? Transposez votre réponse à la guerre et vous aurez une idée assez juste de ce qui se passe.

En effet, le but du vieux soldat n'est pas de tirer et tuer mais de gagner sans tirer ni tuer, par la dissuasion  comme je l'ai expliqué. Il s'avance lorsqu'il est temps d'avancer et il sait où, quand et comment avancer.

Aujourd'hui, le danger vient du fait que le jeune soldat est sous l'illusion qu'il va facilement gagner le combat avec tout l'équipement et l'armement ultra-moderne qu'il porte sur lui.

Le soldat expérimenté sait ce que valent tous ces gadgets qu'on lui impose.

Ce qui est beaucoup plus important, c'est de comprendre le sens de ce qu'est une trajectoire, avec ses caractéristiques, ce que veut dire le terme glacis, zone battue, enfilade, défilade. etc, tout celà par rapport aux trajectoires des armes, celle de son arme et celle de l'arme des autres.

En 1959, en Allemagne, les manoeuvres étaient concues comme celles du temps de Malborough pendant la Guerre de Succession Espagnole, entre 1700 et 1712, comme si les trajectoires qui constituent l'essentiel à connaître en matière d'armes à feu n'existaient pas et qu'on se battait avec des piques.

Il y a plus grave. C'est lorsqu'on fait croire au jeune soldat qu'il se bat pour la "liberté"(sic), alors qu'il se bat pour défendre les intérêts des nantis.

Le soldat plus expérimenté sait que la propagande lui ment sans arrêt et en conséquence, il prend ses distances mentales par rapport aux messages manipulatoires qu'on lui transmet.

Voilà pour les quelques considérations sur la guerre.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé
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Le Québec et la guerre 1860-1954

Québec, le mardi 11 novembre 2003 –

En ce jour du Souvenir, le premier ministre du Québec, monsieur Jean Charest, et madame Michelle Courchesne, ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration, ont procédé au lancement du livre intitulé Le Québec et la guerre 1860-1954 édité par Les Publications du Québec. La cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs invités, dont l'auteur monsieur Jean-Marie Fallu ainsi que de messieurs Lewis Sinnett et Emilien Dufresne, deux anciens combattants dont les photographies se trouvent dans le livre.

Rappelant les efforts déployés par les Québécois et Québécoises lors des conflits internationaux, le premier ministre a déclaré : « Les guerres ont mobilisé des dizaines de milliers de Québécois qui ont pris part activement au déroulement des combats. Ils ont fait preuve de courage et de détermination dans les batailles, et leur ténacité a été décisive dans l'issue victorieuse des conflits. »

Le Québec et la guerre 1860-1954 est le dixième titre de la collection « Aux limites de la mémoire ». En plus des deux grandes guerres, ce livre relate et illustre la croisade des zouaves pontificaux, la guerre des Boers, la guerre civile d'Espagne et la guerre de Corée. Les 184 photographies et les textes de l'historien et muséologue Jean-Marie Fallu feront ressurgir dans la mémoire de plusieurs des souvenirs d'une époque révolue et évoqueront, pour les plus jeunes, ce que furent ces années terribles, prélude de grands changements dans les modes de vie de la société québécoise.

« La collection Aux limites de la mémoire, publiée par Les Publications du Québec, propose aux lecteurs de revisiter l'histoire par l'image et le texte, grâce à la grande richesse des différents fonds d'archives photographiques du Québec. Le Québec et la guerre 1860-1954 présente aux citoyens une partie de notre histoire en y soulignant en particulier l'apport important et trop souvent méconnu des femmes dans l'effort de guerre » a pour sa part déclaré la ministre Courchesne.

Pour conclure, le premier ministre a spécifié que « le livre Le Québec et la guerre 1860-1954 est un hommage à ceux et celles qui ont dû faire la guerre afin que nous puissions vivre dans un monde de paix et de liberté ».

Le Québec et la guerre 1860-1954 est en vente dans les librairies à la grandeur du Québec, dans la section des Publications du Québec, au prix de 29,95 $.

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Source :
 Christian Barrette
Attaché de presse
Téléphone : (418) 643-5321

Daniel Desharnais
Attaché de presse
Cabinet de la ministre des Relations avec les citoyens
et de l’Immigration
Téléphone : (514) 873-9940
 

Renseignements :
 Dominique Doré
Les Publications du Québec
(418) 528-6767

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Présentation d'une motion
visant à souligner le Jour du Souvenir

M. Jean Charest

M. Charest: M. le Président, comme à chaque année, nous prenons le temps de nous arrêter et de rendre hommage au courage et au sacrifice de quelque 1,5 million de Canadiens, dont des dizaines de milliers de Québécois, qui ont servi en temps de guerre et qui ont participé à des missions de maintien de la paix. C'est un très grand privilège que celui d'être libre, et, si nous sommes libres aujourd'hui, c'est parce que nos semblables ont combattu et péri pour que leurs enfants et petits-enfants, dont nous sommes, puissent jouir du privilège de la liberté. Aujourd'hui, nous accomplissons donc notre devoir d'État en nous souvenant des nôtres qui sont morts au combat, en nous recueillant avec les familles des disparus et avec les anciens combattants qui étaient leurs compagnons d'armes.

Ce jour du Souvenir est aussi un jour où nous devons prendre conscience que la paix et la liberté, si elles fleurissent chez nous, n'en sont pas pour le moins fragiles. Le 11 septembre 2001, nous avons tous été catastrophés de voir que la terreur pouvait traverser l'océan et littéralement rugir à nos portes. Ce jour-là, nous avons partagé l'angoisse et la frayeur qui sont encore le lot quotidien de millions d'êtres humains à travers le monde. Notre liberté, notre paix et notre sécurité ne doivent jamais être tenues pour acquises, mais toujours nourries, toujours promues, toujours défendues.

C'est dans cet esprit que nous devons saluer la mémoire de ceux qui se sont levés, au péril de leur vie, pour faire échec à la tyrannie. Cette liberté que nous avons, liberté de mouvement, liberté de parole, de pensée, liberté d'expression, la liberté de voter pour qui l'on veut, liberté d'une justice, liberté de vivre comme on l'entend, d'éduquer ses enfants comme on le conçoit, cette liberté, ce n'est pas un cadeau du hasard, ce n'est pas non plus un cadeau de l'histoire, cette liberté, elle s'est gagnée dans le sang versé. Nous ne devons jamais l'oublier, nous avons un devoir de mémoire et de reconnaissance.

Nous avons aujourd'hui dans les tribunes des Québécois qui sont des exemples de courage. Je tiens à les remercier et à leur exprimer la reconnaissance et le respect du peuple québécois. Qu'ils aient combattu dans l'une ou l'autre des guerres où le Canada a été impliqué, qu'ils aient servi dans une mission de l'ONU ou qu'ils aient aidé à leur tour les Québécois et Québécoises lors de catastrophes naturelles, comme le déluge du Saguenay ou le grand verglas, à chaque fois, ils étaient là pour les hommes et les femmes de leur génération. En ce jour du Souvenir et devant les distingués invités qui sont dans les tribunes aujourd'hui, je veux dire que mon gouvernement est fier de ceux et celles qui se sont battus et qui mettent leur vie au service des idéaux qui nous rassemblent.

Plus le temps passe, plus la mémoire des événements recule. Avec les années, nos anciens combattants vont paisiblement rejoindre ceux qu'ils ont laissés sur les champs de bataille d'Europe, de Corée, de combien d'autres contrées. C'est d'ailleurs avec grand plaisir que je participerai, après cette motion, au lancement du livre Le Québec et la guerre de l'historien Jean-Marie Fallu, édité par les Publications du Québec. Par son travail, il permettra à tous ceux et celles qui consulteront son oeuvre de garder à la mémoire les efforts de ces gens extraordinaires qui ont contribué à changer le cours de l'histoire.

D'ailleurs, j'ai eu l'occasion de feuilleter hier ce livre, de le consulter, M. le Président, et, fait intéressant à noter, on retrouvera dans ce livre une photo d'un drapeau du Québec qui avait été donné à des anciens combattants québécois qui se trouvaient en Corée; on trouvera deux photos de René Lévesque, ancien premier ministre du Québec, qui, on le sait, avait servi dans l'armée américaine; des photos de deux anciens combattants qui sont avec nous ici aujourd'hui. Et je préviens d'avance les lecteurs qu'ils trouveront également beaucoup de photos qui, pour une raison fort simple à expliquer, sont originaires ou qui viennent de la région de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent, puisque l'auteur est originaire de cette région également, et des photos qui illustrent à quel point ces efforts pour défendre la liberté allaient rejoindre tous les citoyens du Québec, peu importe l'endroit, peu importe la vie qu'ils allaient faire.

Il est clair, selon la génération à laquelle nous appartenons, que nous avons une appréciation différente du sacrifice, des événements passés et des faits d'armes des nôtres. Mais, si nous avons un devoir de mémoire, nous avons aussi un devoir de conscience. Nous célébrons cette année le 50e anniversaire de la fin de la guerre de Corée. Il y avait des milliers de Québécois parmi les 20 000 Canadiens qui ont combattu. Nous célébrons aussi le 60e anniversaire du début de la campagne d'Italie. Encore là, des milliers de Québécois ont participé à cette campagne historique. L'histoire militaire fait partie de l'histoire de tous les peuples. On peut ne pas aimer cette idée, soit dit en passant, elle peut être contraire à notre conception même des choses, mais on ne peut pas la nier, cela fait partie de notre condition humaine, pour reprendre le mot de Malraux.

Nous renouvelons aujourd'hui le serment que nous avons fait comme État mais aussi comme citoyens, le serment de nous assurer que le sacrifice ne sera jamais oublié. C'est dans cet esprit que nous avons déposé aussi aujourd'hui à l'Assemblée nationale un projet de loi qui vise à protéger et à entretenir les sépultures des anciens combattants qui sont ici, chez nous, au Québec.

En ce jour du Souvenir, nous nous souvenons de ceux qui ont péri et combattu pour notre liberté, mais, en ce jour du Souvenir, nous saluons aussi l'engagement de milliers de nos concitoyens qui vont au-devant du danger pour que l'avenir du monde soit protégé. Ces hommes et ces femmes se nourrissent du souvenir pour s'investir et bâtir un avenir meilleur, comme l'ont fait les anciens combattants. Le jour du Souvenir devient aussi un jour d'avenir.

n (15 h 30) n

Je dis aujourd'hui aux Québécois qu'ils doivent être fiers de ceux et celles qui s'engagent dans les Forces armées canadiennes, car ils ne vont pas à l'encontre du pacifisme des Québécois, ils en sont l'extension active, ils en sont les bras, les mains. Lorsque les Québécois manifestent par milliers en faveur de la paix, ils doivent savoir et être fiers que des milliers des leurs risquent leur vie justement partout dans le monde pour protéger la paix.

Le Canada est un des très rares pays membres de l'ONU à avoir participé à presque toutes les missions de maintien de la paix depuis 1956. C'est des milliers de Québécois ? des milliers ? qui ont fait taire les canons, qui remplacent la destruction par l'espoir et qui remplacent la peur par la joie. Tous les hommes et les femmes du Québec qui s'engagent dans les Forces armées canadiennes méritent d'avoir notre reconnaissance et notre admiration.

Et pour vous dire à quel point c'est encore très près de nous, il y a quelques milliers de Québécois, Québécoises qui quitteront dans quelques semaines, au plus tard le 9 janvier, je crois, de Valcartier pour l'Afghanistan et pour la Bosnie. C'est pour dire à quel point tout ça est encore très près de nous.

Dans le contexte international actuel, les missions de paix qui leur sont confiées sont beaucoup plus délicates et beaucoup plus dangereuses que dans le passé. C'est ainsi qu'on parle de moins en moins de maintien de la paix, mais bien davantage d'imposition de la paix. C'est maintenant dans des zones extrêmement instables que se déploient nos soldats.

La tournée des médias qu'a effectuée le général à la retraite Roméo Dallaire au cours des derniers jours nous a permis, aux Québécois, de voir dans quels périls pouvaient s'engager les nôtres et l'impuissance à laquelle ils devaient aussi parfois se résoudre, cette cruelle impuissance à laquelle ils sont souvent confrontés dans les missions de paix. Plusieurs reviennent ici éprouvés, marqués, souvent blessés psychologiquement. Cela, nous en sommes également conscients.

Hier, notre gouvernement a présidé à la signature d'une entente entre le Centre hospitalier universitaire de Québec et le ministère des Anciens combattants afin de créer justement un centre d'excellence pour les personnes souffrant de trauma ou stress opérationnel, dont le syndrome de stress post-traumatique, à la maison Paul Triquet.

M. le Président, je l'ai mentionné il y a quelques minutes, dans quelques mois, la garnison de Valcartier se videra de presque la moitié de son contingent. En janvier, c'est 1 900 membres du 5e Groupe-brigade mécanisé qui seront déployés à Kaboul, en Afghanistan. Ils agiront sous le commandement de Jocelyn Lacroix, qui, hier, était lieutenant-colonel et qui ce matin a été hissé au rang de brigadier-général. Félicitations.

Alors, vous imaginez un peu la lourde responsabilité du brigadier-général Lacroix qui partira avec 1 900 Québécois, Québécoises des nôtres pour cette importante mission de paix. Quelques semaines plus tard, en mars, 600 autres militaires seront déployés en Bosnie-Herzégovine.

Il s'agit, M. le Président, d'un des plus importants déploiements de soldats québécois depuis l'existence de la base de Valcartier. En tout, 2 500 hommes et femmes, souvent pères ou mères de famille, laisseront derrière eux leur famille dans l'inquiétude pour aller affirmer l'une des valeurs les plus profondes du peuple québécois, notre attachement à la paix.

M. le Président, j'invite aujourd'hui tous les Québécois à se joindre à nous, et à se souvenir des héros québécois d'hier, et à remercier les héros québécois d'aujourd'hui. Merci, M. le Président.

Le Président: M. le chef de l'opposition officielle.

M. Bernard Landry

M. Landry: M. le Président, le XXe siècle, où nous avons vécu l'essentiel de notre existence, a été témoin de deux périodes d'horreur presque absolue. C'est essentiellement ce que nous commémorons aujourd'hui, évidemment, pour rendre hommage à ceux et celles qui ont laissé leur vie dans ce carnage, pour rendre hommage à ceux et celles qui ont combattu, et qui sont de retour parmi nous, et qui vivent toujours ? il y en a moins de 1914-1918, mais il y en a quand même pas mal de 1939-1945 ? et également pour dire à nos contemporains, et à nos enfants, et à nos petits-enfants les infinies précautions à prendre pour que de telles choses ne se reproduisent plus jamais.

Le siècle précédent a été lent à comprendre. En 1914-1918, à cause des derniers soubresauts de l'empire austro-hongrois dont on se demande encore pourquoi ils ont eu de telles conséquences à la suite de l'attentat de Sarajevo, une guerre meurtrière s'engage entre les puissances européennes et dégénère en conflit mondial. Résultat: en 1918, à peu près 10 millions de morts. Comme il s'agissait de couches de jeunes gens relativement peu étendues dans le temps, ça faisait des hécatombes inimaginables. François Mauriac raconte que, dans son lycée de Bordeaux, dans sa classe en 1914, il y avait 20 étudiants; il y a eu trois survivants en 1918.

Avec l'apparition de ce que je pourrais appeler les technologies de la guerre, les armes automatiques, l'utilisation balbutiante de l'arme blindée, l'utilisation de l'aviation, on avait pensé que le sommet de l'horreur était atteint. Et c'est... pour laquelle, celle-là, la première, on l'a appelée la der des ders. La première a été appelée la dernière des dernières. On s'est réveillé au bruit de bottes en 1939, et là on a vu que ce n'était pas la der des ders et que 10 millions de morts, ce n'était pas le compte total: 1939-1945, 50 millions de morts, cinq fois plus; 20 millions de morts chez notre seul allié soviétique, l'Union soviétique qui n'existe plus aujourd'hui; 6 millions de Juifs sacrifiés sur l'autel du fanatisme dans l'horreur des camps. Eh oui! des Québécois et des Québécoises, des unités québécoises en 1914-1918, d'autres en 1939-1945. On se souvient des exploits inoubliables du Royal 22e, du Régiment de Maisonneuve, les Fusiliers Mont-Royal, le Régiment de la Chaudière. Même le 83e bataillon d'infanterie, aujourd'hui disparu, auquel j'ai eu l'honneur d'appartenir, a envoyé des hommes outre-mer.

On se souvient en particulier ? et je le mentionne parce que c'était un ami ? du brigadier-général Dollard Ménard qui a participé au coup de main de Dieppe, à la tête de ses troupes des Fusiliers Mont-Royal. Il a été blessé cinq fois en action et il racontait d'une façon assez plaisante que, quand on l'a rapatrié en Angleterre et que sur une plate-forme où il était étendu ? il a été hissé par une grue ? est arrivée l'heure du thé, on l'a laissé suspendu pendant 20 minutes. Il disait qu'il n'avait plus jamais repris une tasse de thé sans songer à ces moments où il était entre ciel et terre dans un port britannique.

Est-ce que les Québécois sont allés à la guerre? Oui, ils sont allés à la guerre. Ils sont allés à leur manière par ailleurs parce que les deux fois, 1914-1918 et 1939-1945, ils se sont opposés à la conscription avec la vigueur que l'on sait. Ce qui ne les a pas empêchés de s'enrôler volontairement et de faire le sacrifice de leur vie et de s'illustrer sur les champs de bataille, et même d'une façon particulière.

J'ai appartenu au Conseil des ministres de René Lévesque, et la majorité des membres de ce Conseil avaient une commission d'officier dans l'armée canadienne. Notre premier ministre, lui, était officier dans l'armée américaine; il avait été lieutenant dans l'armée américaine. Ce qui nous a permis d'entendre toutes sortes d'anecdotes de nos camarades de régiments plus vieux et qui avaient été à la guerre. L'une d'entre elles, pour illustrer un petit apport québécois spécifique: en 1939-1945, évidemment, l'Intelligence allemande comprenait le français et écoutait les conversations sans fil, mais on utilisait des Québécois pour parler, si je puis dire, en québécois. Alors, les Allemands les plus lettrés des grandes universités allemandes ne comprenaient pas toujours certaines expressions de notre vocabulaire. Et c'est drôle et tragique en même temps parce qu'un commandant québécois qui voulait dire à sa base qu'il avait eu 10 blessés disait: J'en ai 10 qui ont perdu leurs claques. S'il voulait dire: J'ai eu 10 morts, il disait: J'en ai 10 qui ont perdu leur tuque. Comme ça, l'ennemi, malgré son intelligence linguistique, ne pouvait pas comprendre les pertes réelles de nos forces.

n (15 h 40) n

C'est une petite contribution, à la fois comique et tragique, qui résume que la guerre, cette chose horrible, se fait quand même dans un contexte humain. C'est des hommes, aujourd'hui des femmes ? et, dans ce temps-là, des femmes au travail derrière les lignes ? qui mènent, dans des conditions épouvantables, l'existence la plus humaine qu'ils peuvent dans des activités inhumaines.

Ce qu'ils nous ont laissé, ceux qui ont fait ce sacrifice, c'est quand même des leçons fondamentales qui, jusqu'à ce jour en tout cas, ont porté très bien en Europe de l'Ouest. Ce sont les puissances européennes, soi-disant les plus développées du temps, hein? C'est la France du siècle des lumières et de ses continuateurs, et c'est l'Allemagne de Goethe et de Beethoven, et c'est l'Italie de Leonardo qui ont donné ce spectacle de barbarie incroyable.

Sauf que, dès que les canons se sont tus, ces puissances ont instauré une coopération internationale exemplaire. D'abord, Communauté européenne du charbon et de l'acier, Euratom, et, 1957, traité de Rome, Union européenne, Communauté économique européenne et départ d'une paix exemplaire qui a rendu la guerre absurde.

Principale vertu de ces unions de marché et de ces mises en commun par des nations souveraines d'activités qui les rendent solidaires, c'est qu'on ne verrait pas aujourd'hui un jeune Allemand, qui est aux ventes chez Mercedes-Benz, penser un instant à avoir des intentions agressives pour jeter de la dynamite sur la ville de Londres. En d'autres termes, ces guerres nous ont fait chèrement payer un moyen de paix extraordinaire qui est la coopération entre nations libres, respectueuses les unes des autres, et dont la coopération est tellement étroite que la seule pensée de la violence devient absurde.

Hélas, M. le Président, cet exemple de la Communauté européenne n'est pas encore la loi planétaire, ce qui veut dire qu'au moment même où nous parlons dans cette Assemblée il y a encore des troupes mobilisées. Il y a très probablement des gens qui sont morts ou vont mourir durant la durée de cette séance de notre Assemblée nationale, parce que ces leçons ne sont pas encore universelles.

Tout le monde pense évidemment à ce qui se passe en Irak. Tout le monde pense à ce qui se passe en Afghanistan et ailleurs. À ce sujet, le XXe siècle nous a aussi donné des leçons dont nous sommes hélas écartés depuis un certain nombre de mois. Après 14-18, il y a eu la Société des Nations qui n'a pas eu le temps de prendre son envol et de se consolider suffisamment pour empêcher le deuxième conflit. Mais, après le deuxième conflit, il y a eu l'Organisation des Nations unies, et là il devient fondamental de réaliser que seul le multilatéralisme peut être un rempart contre la violence déclenchée par un peuple contre un autre, quelle que soit la raison.

Nul ne peut être l'arbitre pour déclencher lui-même la violence. Seul le concert des nations, qui s'exprime par les Nations unies, pourra nous garantir dans l'avenir que ce que nous avons si chèrement payé comme leçon ne sera pas infligé de nouveau à nos enfants et à nos petits-enfants.

D'ailleurs, chose assez paradoxale, le fait d'appartenir aux Forces armées, et j'ai eu... je l'ai dit, cette expérience personnelle est peut-être un des meilleurs antidotes au désir de va-t-en-guerre. Quand on connaît la puissance de feu d'une division d'infanterie, on souhaite profondément que jamais cette force n'ait à s'exercer, à cause des ravages sanglants qu'une telle chose peut produire.

Alors, j'espère que nos jeunes, qui, parce que l'histoire passe, sont moins familiers avec ces événements, entendront notre message d'aujourd'hui. On apprend l'histoire pour éviter les erreurs. Si on oublie l'histoire, on est en grand danger d'en commettre de nouvelles. J'espère que les Québécois et les Québécoises, qui sont naturellement pétris de valeurs pacifiques, continueront à les cultiver et participeront ainsi au concert des nations pour en favoriser l'harmonie, le règlement pacifique des différends et, au-delà, la coopération internationale sous toutes ses formes.

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De quoi devrions-nous nous souvenir ?

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La France ouvre un site internet mettant en ligne
les données concernant les 1,3 million de soldats français
morts durant la guerre de 14-18.

Un site sur les soldats morts en 14-18

A l'occasion du 85e anniversaire de la fin de la Première Guerre Mondiale, la France ouvre un site internet mettant en ligne les données concernant les 1,3 million de soldats français morts durant la guerre de 14-18.

Les Français pourront trouver sur ce site "Mémoire des hommes" les fiches individuelles de leurs ancêtres morts lors de la première guerre mondiale, comprenant une copie de leur certificat militaire de décès.

Le site consultable à l'adresse www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, sera accessible mardi et enrichi à terme des millions de données concernant les acteurs et les victimes de conflits de l'époque contemporaine, selon le secrétariat d'Etat aux Anciens combattants.

L'an prochain, ce site accueillera progressivement aussi la base de données des 80.000 soldats de l'armée de l'air de la Première guerre, celle des plus de trois millions de soldats de la garde impériale et de l'infanterie de ligne du Premier empire ainsi que celle des 25.000 combattants morts pour la France lors de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, entre 1952 et 1962.

A partir de 2005, des nouvelles bases de données seront également mises en ligne, notamment celle des morts pour la France durant la Deuxième guerre mondiale et de la guerre d'Indochine.

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Adrien-Bertrand-1919.html

EMEUTES1918.htm

La-guerre-des-BOERS.html

22REGIMENT.htm
 

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