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LETTRE OUVERTE DU 1er JANVIER 2000
D’UN SOUVERAINISTE QUÉBÉCOIS
AU PREMIER MINISTRE DU CANADA

Par Gilles RHÉAUME
Professeur de philosophie
Président du Mouvement souverainiste du QUÉBEC
Courriel :  gilles_rheaume@moncourrier.com

 
En ce premier Jour de l’An 2000 je ressens le pressant besoin de vous partager les vives inquiétudes que votre projet de loi C-20 suscite chez les démocrates du Québec car il est désormais officiel que le Canada anglais se dirige vers une totale négation des règles universelles de la démocratie telles qu’elles sont pourtant reconnues dans les chartes, les conventions et les pactes de l’ONU.  Je vous exhorte à renoncer à ce projet de loi qui, si par malheur il était adopté, séparerait le Canada de la communauté démocratique internationale. Quel triste record pour ce Canada que vous prétendez servir : Le gouvernement d’un des pays les plus développés du monde, coupable de discrimination contre tout un peuple. En mettant le Canada au ban des nations pour ultranationalisme et exclusion  politique de ses opposants, le premier plus beau des plus riches, le plus fort des plus grands pays du monde, en prendrait pour son rhume.  Ce fameux Canada au seul nom duquel des milliards d’êtres humains, selon Monsieur Dion, saliveraient d’envie comme devant une espèce de Dysney Land des peuples... Si le Parlement canadien consacrait la forfaiture démocratique que vous lui proposez, le discrédit serait général et total. Et quelle discrimination ! Celle qui s’appuie sur l’opinion politique et qui est tout aussi condamnée que les autres par le droit international…  Interdire la démocratie de se pratiquer au QUÉBEC serait un geste insensé qui inscrirait votre nom et celui de votre  pays en grosses lettres noires sur la déjà trop longue liste des exactions démocratiques contemporaines !

La réputation du Canada est en jeu.  Le monde entier connaîtra le détournement de  démocratie concocté dans les officines du gouvernement central.  Le peuple québécois est objet de droit international depuis le XVIIe siècle bien avant que n’existe le Canada de 1867.  En effet, de nombreux traités signés par les grandes puissances européennes reconnaissent l’existence de notre peuple.  Il n’appartient donc pas ni au gouvernement canadien, ni à la Chambre des Communes, ni au Sénat et ni aux provinces anglaises du Canada de déterminer la nature de ce droit sacré, naturel et inaliénable que possède en propre le peuple québécois.  C’est pourquoi nous entendons sensibiliser les pays démocratiques de vos ambitions totalitaires dignes de l’Ancien Régime avant que les États-Unis et la France ne viennent changer, au XVIIIe siècle, au nom précisément de l’égalité démocratique, le cours de l’histoire de la liberté…  Le Canada n’a aucun droit sur le peuple québécois.  Je le répète le Canada n’a aucun droit sur le peuple québécois ! La force abusive à laquelle vous avez décidé d’avoir recours se retournera contre le Canada tout entier qui perdra ainsi beaucoup de sa notoriété et de son lustre.  En transformant le Canada en une prison des peuples, le parlement fédéral se disqualifierait au point de devoir répondre de ses actes devant l’opinion internationale. Nous irons partout, partout où il le faudra pour faire entendre nos droits historiques et ancestraux.

La loi échafaudée par  Stéphane Dion ne résiste pas à l’analyse démocratique.  Comment pouvez-vous, le sachant, persister dans votre obstination à mâter le Québec.  Les libertés politiques et les libertés civiques fondamentales, vous connaissez ?  Rappelez-vous, Monsieur Chrétien les droits civiques et politiques en Indonésie, en Chine, à Cuba en Côte d’Ivoire. Celles-là même que vous avez déjà brimé en octobre 1970, par une loi d’exception qui suspendit les droits humains fondamentaux, alors des centaines d’innocents ont été arrêtés et incarcérés, arrachés violemment à leur famille impuissante après que les forces policières eurent forcé leur domicile.  Avez-vous déjà pensé aux enfants et aux adolescents d’octobre 70 qui ont vu votre police se comporter comme une armée d’occupation maltraitant leurs parents ? En moins de trente ans combien de gestes illégaux ont été posés contre les citoyens canadiens du Québec français qui croient en la nécessité de faire de leur patrie un pays libre de son destin ?  Le catalogue détaillé de ces horreurs est en voie de construction avec affidavits à l’appui.  Vos prisons ne sont plus assez vastes pour contenir vos adversaires québécois.  Quel coup préparez-vous ? Un pays qui est membre du Conseil de sécurité de l’ONU, faire des affaires semblables et pendant si longtemps…

Des Patriotes du Bas-Canada à Louis Riel, des interdictions de la langue française dans toutes les provinces anglaises du Canada à la triste saga de l’Hôpital Montfort, de l’inique Canada Act qui n’est même pas respecté par le Canada en matière de droits du français aux injures systémiques véhiculées par les médias anglais avec Diane Francis, Conrad Black, Galganov, Mordecaï Richler, Don Cherry, c’est toujours la même rengaine : La haine rien que de la haine contre tout un peuple. Des attaques inqualifiables contre David Levine à l’Hôpital Ottawa, soupçonné de convictions souverainistes,  aux laboratoires de l’Université d’Ottawa où l’on bonifie les résultats des étudiants en microbiologie s’ils acceptent de réfléchir à la mise sur point d’un virus visant à éliminer les seuls souverainistes du Québec, le discours adressé au Québec est le même :  Marches ou crèves !

En l’an 2000 les Québécois savent lire et écrire.  Ils constituent l’un des peuples les plus riches de la terre.  Tout au long du XXe siècle le Québec a fait l’apprentissage des affaires dont il était exclu depuis la Conquête anglaise, il a mis sur pied des institutions économiques, sociales, culturelles et politiques parmi les plus avancées de l’univers.  Tous ces gains le peuple québécois ne les doit qu’à lui-même et surtout pas au Canada anglais qui a tout fait pour l’en empêcher.  Le Québec est au monde Monsieur Chrétien vous ne pouvez plus le maintenir dans la servitude à une majorité étrangère et à des pouvoirs politiques qui lui sont hostiles.  Au XXIe siècle le Canada ne pourra plus continuer de nous emprisonner plus longtemps.  Prison dorée ?  Cela n’existe que dans la tête des parasites du régime canadien ! Sans cesse les droits premiers, les droits les plus fondamentaux, les droits les plus formellement reconnus par le droit international du Québec, des Québécois, de leur langue et de leurs institutions ont été flétries par un régime qui veut maintenant cadenasser le Québec tout entier en lui refusant les grandes libertés si chères à l’humanité.  Cela ne passera pas !

Recevez, Monsieur le Premier ministre, mes salutations les plus québécoises.

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