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André d'Allemagne par
Gilles Rhéaume

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André d’Allemagne,
le RIN et la modernité
Le décès d’André d’Allemagne, le premier président du Rassemblement pour l’indépendance, fondé en 1960, est l’occasion de rappeler combien et comment l’indépendantisme est venu secouer violemment le nationalisme canadien-français dit traditionnel.

Quarante ans plus tard des analystes format de poche se complaisent encore à tout confondre comme si les Barbeau, d’Allemagne, Chaput, Roy et Bourgault n’étaient pas les responsables et les artisans d’une profonde mutation de la pensée canadienne-française.

En 1960 le nationalisme traditionnel en a pris pour son rhume.  Ce sont les balises même de sa philosophie qui ont été bouleversées.  Un profond changement de paradigme caractérise le nouveau projet québécois eu égard au projet canadien-français.

L’articulation du projet indépendantiste fut une œuvre audacieuse, elle a remis en question l’ordre nationaliste en préconisant rien de moins qu’une rupture épistémologique majeure d’avec le discours traditionnel.  Le rôle et l’influence de monsieur d’Allemagne à cet égard mériterait une étude rigoureuse tant sa contribution au niveau des idées politiques aura été déterminante pour la suite des choses.  L’immense érudition de d’Allemagne est à la source de la modernisation de l’action politique canadienne-française qui, selon les dires même des ténors nationalistes de l’époque, a marqué une profonde césure entre les générations de militants.  La nature et la portée de cette révolution philosophique échappent encore trop souvent à ce qui tient lieu d’observateurs patentés dans ce pays sans bon sens.  Assimiler le projet indépendantiste au vieux nationalisme d’inspiration cléricale est non seulement une erreur de jugement mais aussi la preuve d’une ignorance crasse de l’histoire de nos idées politiques.

Ces pionniers étaient des visionnaires.  Ils ont su reconnaître la nécessité de recourir à la grille de la décolonisation des peuples afin d’en imprégner leur action.  En passant de canadienne-française à québécoise,  l’identité même de tout un peuple s’est sensiblement transformée en intégrant à la nouvelle conception les données les plus contemporaines de la science et de la philosophie politiques.

André d’Allemagne fut au cœur de cette remise en question.  Il a dépoussiéré le nationalisme, il l’a actualisé au point de le métamorphoser, de le rendre méconnaissance.  Le RIN et les autres groupes indépendantistes ont proposé une authentique démarche innovatrice qui fit passer tout un peuple du Moyen Âge à la modernité du Siècle des Lumières.

André d’Allemagne, pour son audace, sa créativité et son courage, a bien mérité de la patrie.

Gilles Rhéaume

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