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Carte du Québec

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À l'époque, avec sa célèbre carte, le géographe Samuel de Champlain a fait rêver les Français d'une Nouvelle France située au-delà de l'océan. Aujourd'hui, inspirée de la vision de Champlain, une autre carte donne le goût d'un Québec nouveau, solidement installé dans l'est de l'Amérique.
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La Carte du Québec

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Mise à jour de la carte "LE QUÉBEC"
Robert Bertrand
samedi 19 juillet, 2003 14:13


Bonjour,

Monsieur Léonce Naud m'a transféré cette carte à jour du Québec.

Elle apparaît sur la page suivante :

http://iquebec.ifrance.com/quebecunpays/index.html

Pour les initiés, la lecture d'une carte, tout apparaît comme l'évidence même.

Pour le profane, il cherche à comprendre.  Toutes les étendues d'eau, toutes les montagnes.

Si Monsieur Sauvé veut le faire de nouveau en nous présentant les caractéristiques que l'on devrait avoir en tête en analysant un tant soit peu cette carte du Québec.

Bon après-midi à tous,

Robert Bertrand
 

----- Original Message -----
From: "Léonce Naud"
To: <QuebecunPays@iquebec.com>
Sent: Friday, July 18, 2003 11:26 PM
Subject: Mise à jour de la carte "LE QUÉBEC"

Bonjour,

            Je viens de voir votre site et l'ai trouvé intéressant. Je vous suggère, question de l'améliorer, de remplacer la version de la carte "LE QUÉBEC" que vous utilisez à l'heure actuelle par une autre version, plus récente (ci-dessous).

La version que vous utilisez correspond à la première édition, et elle était plus sombre et moins détaillée que dans l'édition plus récente, mise en marché en 2002.

J'ai été le concepteur et recherchiste de cette carte du Québec d'aujourd'hui.

Bien à vous,

Léonce Naud, géographe.  Québec

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Mise à jour de la carte "LE QUÉBEC"
René Marcel Sauvé
samedi 19 juillet, 2003 17:46

Bonjour,

J'ai regardé la fameuse carte. Elle est unique au monde.

Et monsieur Léonce Naud, géographe, l'a perfectionnée et y ajoutant des signes, des symboles, dont une rose des vents, afin de s'orienter davantage.

Elle a été préparée pour les étudiants et les mordus de géopolitique, qui lisent et étudient Géopolitique et avenir du Québec.

Regardez bien la carte, qui est sans doute disponible au Parchemin, métro Berri-DeMontigny.

 Voyez cette fois comment la localisation périphérique du Québec par rapport aux autres  régions d'Amérique est perceptible et porte à conclure d'une manière valide comment la géographie a joué un rôle majeur dans notre survivance à nous, Québécois, aussi dans nos progressions jusqu'à accéder au statut de facto, réel mais non pas encore  reconnu d'État-Nation et d'État naturel.

Voyez comment le Saint Laurent est orienté vers l'est, vers l'Europe et le monde.

Admirez ces obstacles gigantesques qui entourent la vallée du Saint Laurent, notre principale région oékoumène (que celui ou celle qui ne comprend pas le dise et j'expliquerai en détails de quoi il s'agit), région centrale en géopolitique, pas nécessairement située au centre géométrique de l'ensemble du pays, mais apte à constituer le centre de gravité de l'État du Québec.

Voyez le haut Saint Laurent, inaccessible sans les canaux et chemins de fer, par conséquent, inaccessible du point de vue économique.

Si le haut Saint Laurent et l'Ontario méridional sont accessibles, c'est à cause de l'État centralisateur, arbitraire et unitaire d'Ottawa, qui a inféodé le Québec afin de servir les fins politiques et économiques des "United Empire Loyalists", comme en Irlande.

Voyez comment la vallée du Saint Laurent constitue une tête de pont naturelle vers l'intérieur des régions axées autour des Grands lacs, en même temps qu'une tête de pont naturelle vers le monde.

Voyez l'éloignement des régions les plus habitées d'Amérique, qu'on ne voit pas sur la carte parce que trop éloignées, régions qui confirment notre indépendance géopolitique et naturelle.

Toute l'Amérique habitée et hyperactive est localisée très loin de notre territoire, plus loin encore que les pays Scandinaves par rapport à l'Europe.

Voyez la vallée du lac Champlain, axe logistique des Anglais et des Américains jusqu'à l'aménagement de la vallée de la Mohawk, et son "Erie Barge Canal System", ouvert en 1825. Cette vallée stratégique, située entre les Catskills appalachiens et les Adirondacks dans l'état de New York, nous tourne littéralement le dos et ne peut par conséquent devenir "casus belli" par rapport au Saint Laurent.

Voyez comment les régions des provinces maritimes sont très éloignées de nos préoccupations.

Voyez l'océan atlantique, en face du Golfe.

LES BANCS DE POISSON : Dieu que c'est beau !

La couleur blanche signfie les zones peu profondes, le plateau continental, où se trouvent les bancs de poissons qui causent tant de problèmes politiques et économiques à l'heure actuelle.

Il n'y a pas de poissons commerciaux dans les profondeurs pélagiques de l'océan et encore moins dans les profondeurs abyssales. Le thon est le seul poisson qui vit à la limite entre le plateau continental et les profondeurs pélagiques mais il est constitué pour vivre confortablement dans ce milieu trop éprouvant pour les autres poissons.

Toutes les zones de pêche sont situées sur les plateaux continentaux, là où on trouve des sols de culture en provenance des alluvins tranportées par les  rivières et les fleuves, des plantes aquatiques en quantité, qui poussent dans les plateaux continentaux mais non dans les grandes profondeurs,  des planctons et des nectons, du soleil qui pénètre jusqu'au fond du plateau continental, là où les poissons peuvent manger, dormir, se réchauffer à la lumière du soleil, prendre des vitamines exactement comme nous faisons,  là ou les vagues littorales produisent de grandes quantités de bulles d'air qui descendent avec les ressacs et apportent de l'oxygène aux poissons, La morue, qui est un poisson bentique, et vit au fond des plateaux continentaux, profite amplement de tout ce que la nature lui offre.

La nature est merveilleuse n'est-ce pas? Moi, qui suis géographe et par conséquent technicien, lorsque j'admire ces paysages, j'en pleure. Dieu que c'est beau.

Parce que les zones de pêches sont aussi limitées, on  comprendra facilement qu'il puisse y avoir tellement  de guerres de la pêche. L'Islande, qui a aussi un plateau continental, défend ses intérêts et son contrôle de sa zone de pêche avec des canons et des missiles et les pêcheurs britanniques qui ont cru pouvoIr ramasser tout le poisson qu'ils veulaient sans respecter les quotas l'ont appris à leurs dépens.

Et l'Islande, qui a moins d'un million d'habitants, est indépendante du Danemark depuis 1948 et jouit d'un niveau de vie parmi le plus élevés au monde. Raisons: parce qu'il est possible pour une petite nation de bien mettre en pratique les principes de la stratégie d'État, dont la concentration et l'économie de l'effort, la simplicité, la souplesse, la coordination, la coopération, la logistique.

Trop simple vraiment.

N'est-ce pas la plus belle géographie du monde que la nôtre ?

Admirez au Québec la zone du krill dans le Saint Laurent. C'est la zone de vie des baleines, des mammifères (et non des poissons) qui s'en nourrissent et qu'on peut voir dans le golfe au large de Tadoussac. N'est-ce pas la plus belle géographie du monde que la nôtre.

Voyez aussi la vallée de l'Annapolis, au sud-ouest de la Nouvelle Écosse. Elle était le principal fief des Acadiens.

Elle jouit d'une saison végétative qui dépasse 300 jours par année (contre 170 seulement dans le Saint Laurent) et peut permettre jusqu'à trois récoltes. Remarquez aussi comme elle est indéfendable, manquant d'obstacles comme le Saint Laurent. Ce qui constitue un désavantage naturel qui rend le Saint Laurent  moins attrayant que les zones situées plus au sud a été pour nous d'un grand avantage, puisque nous avons pu évoluer et progresser alors que nous étions sans défense.

Maintenant que le Québec est devenu un pays riche, grâce à notre travail des quatre derniers siècles, nous ne pouvons plus rester sans défense.

Voyez le Saguenay et le lac Saint Jean, zone d'expansion tentaculaire qui se développe sans cesse.

Je vous laisse à vos observations et réflexions, avant de trop vous fatiguer.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Explications
de la part de Monsieur René Marcel Sauvé,
géographe et militaire

(textes de plusieurs intervenants :
 - René Marcel Sauvé
- Andrée Ferretti
- Valérien Lachance
- Robert Bertrand
- Jean Lapointe)

Monsieur Lachance,

C'est bel et bien la carte en effet.

Toute bonne carte stratégique doit être géomorphologique, donc révéler les formes du territoires afin d'en saisir toutes les caractéristiques, de même que les possibilités d'utilisation et les réalisations actuelles.

Ceci parce que la forme est principe du mouvement.

Cette carte illustre très bien les caractéristiques du territoire québécois, dans l'ensemble et pour chaque région naturelle prise distinctement mais toujours en relation de symbiose naturelle avec les autres, par les réseaux hydrographiques et biogéographiques.

La carte montre bien la région du lac Champlain jusqu'à la vallée de la Mohawk au sud, qui a été canalisée après la guerre de 1812 et ouverte en 1825, une année avant le canal Lachine.

Avant ces canalisations, la rive ouest du lac Champlain a été longtemps casus belli entre les régions oékoumènes nord et sud, parce que cette voie était la voie de communication par eau utilisée à partir de New York vers les Grands lacs.

Toutes les batailles entre la Nouvelle France et la Nouvelle Angleterre se sont produites le long de cette voie, à proximité du lac Champlain.

Les Français, qui connaissaient la logistique des armées, évitaient de descendre trop loin au sud, de manière à forcer les Anglais à monter plus au nord et à étirer leurs lignes logistiques jusqu'à la limite.

Plus tard, pendant la guerre de l'indépendance américaine, le général John Burgoyne, qui commandait une expédition anglaise contre les Yankees à partir de la vallée du Richelieu, est descendu lui aussi trop loin, vers le sud cette fois et il s'est condamné lui-même à la défaite par les Yankees qu'il méprisait.

Passé la ligne générale de la vallée de la Mohawk au sud, ce sont les Yankees qui étaient en position de force et ont capturé l'armée anglaise au complet, général compris.

La bataille de Châteauguay en octobre 1813 s'inscrit dans cette lignée de guerres pour court-circuiter le Saint Laurent à partir de New York, et les Américains ont eux aussi commis l'erreur de dépasser leurs capacités logistiques et politiques, de sorte qu'ils ont perdu.

La solution définitive au problème est venue d'un ingénieur qui a proposé de canaliser la Mohawk et atteindre les Grands lacs à Buffalo, qui devient par le fait même la principale tête de pont des Newyorkais sur les Grands lacs.

Avec la construction du chemin de fer à douze voies Erie-Lackawannah, la fortune de New York était assurée.

Pour opposer une résistance aux Newyorkais qui menaçaient de progresser au delà de la rivière Niagara vers le domaine de l'Amérique Britannique du Nord, les Anglais ont dès juillet 1838 commencé à déménager leurs pions, militaires et civils, vers les basses terres des Grands lacs, devenues l'Ontario méridional et le centre de gravité économique de toute l'Amérique Britannique du nord.

En le faisant, les Anglais ont déblayé le Québec de leur présence directe sur place et nous avons entrepris de conquérir leurs domaines et propriétés par achats successifs, ce pour quoi nos caisses populaires ont été fondées.

Ce fut le début de notre conquête à nous  du territoire du Québec, dont on peut situer le temps entre 1860 et 1960, qui correspond à l`'ère des chemins de fer.

Tout celà peut facilement être observé en examinant cette grande carte.

Bonne lecture et n'hésitez pas à communiquer pour avoir davantage de détails.

René Marcel Sauvé

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
carte du Québec
René Marcel Sauvé
mercredi 30 avril, 2003 21:30






Monsieur Lachance,

Je n'ai aucune difficulté à comprendre que Parchemin manque de cartes.

Elle est sortie il y a à peine un an et elle se vend rapidement.

Je n'ai vu aucun document qui permette de saisir la réalité québécoise d'emblée comme cette formidable carte.

Ce qui me fait particulièrement plaisir, c'est que la carte a été préparée pour mieux comprendre le texte de Géopolitique et avenir du Québec, publié en 1994 et qui m'avait valu à l'époque une mention spéciale dans le Monde Diplomatique.

Or, ce livre, il m'a fallu plus de vingt années de recherches avant de trouver réponse à la question que je me suis posée en partant: est-ce que la géographie a eu un rôle à jouer dans notre survivance paradoxale et nos progressions encore plus paradoxales ?

Croyez-le où non, le premier élément d'une réponse valable m'est venue d'une lecture poussée et attentive des mémoires de Lord Durham, un de nos ennemis jurés.

Alors que, de 1837 à 1839, il était devenu plénipotentiaire pour régler les problèmes de rébellions dans le Bas et le Haut Canada, il rapportait chaque jour à Lord Gleneg, secrétaire aux colonies, les événements de la journée vécue.  De la même manière que les Jésuites qui doivent informer leur général de tout ce qui se passe et publient leurs RELATIONS afin d'instruire les autres qui n'ont pas fait l'expérience de l'action en première ligne.

J'ai lu ces mémoires dans la grande bibliothèque de l'Université Mc Gill en juin 1977, espérant trouver réponse à une question qui me hantait depuis les débuts de mes études en géographie.

Pendant des semaines, j'épluchai ces mémoires jour après jour et soudainement, je suis tombé sur la dépêche no 420 du 16 juillet 1838, qui avait été rédigée dans le Niagara, après une visite faite au gouverneur américain de Buffalo, visite au cours de laquelle Durham avait été invité à dîner. Après avoir traversé la rivière en canot, il s'était rendu à pieds à la résidence du gouverneur, afin de mieux voir tout ce qui se passait, comme un bon observateur.

Voici en substance ce que rapportait cette dépêche:
 

"Hier soir, je suis allé dîner chez le gouverneur américain de Buffalo et bien que nos relations diplomatiques avec les États Unis soient tendues, l'atmosphère a été agréable.

J'ai observé Buffalo. Ce n'est plus un repaire d'aventuriers. Les rues sont systématiquement arpentées (l'arpentage ayant été la première fonction officielle d'un État), un système d'unités de mesures est en vigueur et respecté (les mathématiques de l'État en somme, qui impose une conception chiffrée de la justice sociale).  L'ordre règne partout (donc favorable aux grosses affaires) et la prospérité générale progresse, tout celà à cause du canal Érié ouvert treize ans auparavant."


J'ai fait un bond de mon siège et je suis parti en trombe avec ma voiture vers la frontière américaine et après avoir suivi le lac Champlain, j'ai bifurqué en direction de la vallée de la Mohawk, 280 kilomètres au sud de Montréal. J'étais sûr (certitude recherchée et trouvée) que je détenais la clé de la réponse que je cherchais depuis si longtemps.

En cours de route, j'ai constaté que la rive occidentale du lac Champlain, dans l'état de New York, avait déjà été intensément utilisée par des usines, des entreprises et des transports maritimes à grand débit.

Il y a même eu des flottes de guerre sur le lac Champlain et des batailles navales.  Les grandes batailles qui opposèrent les Français aux Anglais se déroulèrent en majorité le long du lac Champlain. De mêmes les batailles de la guerre de 1812.

Ceci prouve que le lac Champlain était une voie stratégique majeure, prise en charge par le gros commerce et en même temps, théâtre potentiel et actuel de guerres importantes, parce que les guerres, comme je l'ai expliqué, se produisent toutes, oui, toutes, dans les axes de communications les plus importants. (Principe stratégique de concentration et d'économie de l'effort oblige). En vertu de ce principe, il n'y a jamais eu de guerre dans les Laurentides.

Donc, je suis la rive ouest du lac Champlain et je constate que le grand axe de communications de l'Atlantique à New York vers le nord, vers Montréal et le Saint Laurent a bel et bien été abandonné.

La réponse immédiate qui me vient rattache cet abandon à la construction du canal Érié plus au sud, le long de la rivière Mohawk, entre les Adirondacks au nord (montagnes précambriennes) et les Catskills au sud, (montagnes appalachiennes).

Effectivement, je constate l'existence du canal Érié et comme un bon espion, je m'arrête dans une taverne et commande une bière américaine. Deux hommes discutaient à la table voisine, deux employés du canal Érié. Le plus jeune des deux me dit: "Eh, big man, where did you get those big arms ?" (Hé gros homme, où as-tu été chercher tes gros bras ?)"  J'ai travaillé sur une ferme et j'ai fait des poids et haltères" répondis-je, et vous, que faites-vous ?

"Nous travaillons sur les écluses du canal Érié" me répondit le jeune homme.

J'ai pris un air insignifiant, pour leur faire croire qu'ils étaient tous les deux beaucoup plus intelligents que moi et je leur ai demandé: "Ce canal fonctionne toujours ?"

"Oui toujours, me répondit le jeune homme, mais l'État de New York cherche à l'agrandir pour prendre des bateaux plus gros".

Toujours avec un air cave, j'ai demandé: "Où est-ce que l'État de New York va trouver l'argent pour ces travaux ?"

J'ai alors appris que l'État de New York s'était opposé à la construction de la Voie maritime du Saint Laurent et qu'il s'y opposerait toujours afin de trouver de l'argent pour améliorer le canal Érié. Et puis, il y avait aussi les gros investissements dans le chemin de fer à douze voies qui relie toujours New York à Buffalo.

Donc, le grand axe de communications de la voie Champlain était définitivement abandonné depuis la fin de la guerre de 1812 en faveur de l'axe de la Mohawk.

J'ai ensuite visité Buffalo pour constater que, comme à l'époque de Durham, cette agglomération est toujours une menace qui tend à prendre de l'expansion vers le territoire de l'Ontario méridional.

J'ai alors compris ce qui est arrivé en 1838, fin juillet, en pleine guerre patriotique au Québec, alors que Durham a déplacé les effectifs de l'armée anglaise du sud du Québec où il n'y avait plus aucune menace américaine, vers le Niagara en face de Buffalo. Comme on déplace des pions dans un jeu d'échecs.

Ces mouvements des troupes britanniques vers l'ouest du Saint Laurent en pleine guerre patriotique ont peu attiré l'attention des historiens pourtant, alors qu'il s'agissait de mouvements stratégiques de première importance pour nous.

TOUTE NOTRE HISTOIRE ALLAIT CHANGER.

La suite au prochain épisode. Je vous raconterai ce qui est arrivé ensuite, au cours des décades qui suivirent.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
carte du Québec
Andrée Ferretti
jeudi 1 mai, 2003 08:12

Bonjour monsieur Sauvé,

C'est avec un intérêt grandissant à chaque ligne que je viens de lire votre dernièr message et j'ai vraiment hâte de lire la suite.

L'histoire de votre découverte de l'utilité de la géographie dans la marche du Québec vers son indépendance est également passionnante et démontre, comme je vous l'écrivais dans un message antérieur, que tout ouvrage, même le plus savant (voir Einstein), est oeuvre de création, c'est-à-dire, fondamentalement, résultat d'une intuition, d'une recherche et d'une mise en forme. J'ajoute, indissocialement. C'est cependant la mise en forme qui définit le genre de l'oeuvre,  savante ou littéraire, entre autres.

Je profite de l'occasion pour dissiper un des malentendus qui s'est glissé entre nous, lors de nos échanges, portant sur la compréhension des mots ouvrage et oeuvre.

Je crois que dans tous les domaines d'expression écrite, hormis les manuels scolaires, il est dans l'usage de qualifier d'ouvrage, un titre spécifique d'un auteur et d'oeuvre l'ensemble de ses ouvrages. Ainsi, la critique littéraire sérieuse qualifiera toujours d'ouvrage le dernier titre de l'auteur dont il parle et d'oeuvre l'ensemble de ses ouvrages. C'est aussi de la réussite de la mise en forme que dépend essentiellement le fait qu'un ouvrage sera éventuellement qualifié d'oeuvre, et cela, parfois, indépendamment du nombre d'ouvrages qu'aura publié un auteur.

Pour donner deux exemples et non les moindres, je me référerai à l'oeuvre de Gaston Miron et à celle de Rimbaud qui tiennent, dans les deux cas, que dans un seul recueil de poèmes.

Je vous redis en toute sincérité que c'est selon cette conception que je distingue toujours entre ouvrage et oeuvre, lorsque je parle d'un écrit. Bien sûr, sont en nombre infiniment plus considérables les oeuvres philosophiques littéraires, musicales et d'art plastique qui franchissent les siècles que les oeuvres savantes.  Parce que celles-ci jusqu'au milieu du XXe siècle ont été réellement moins nombreuses et que, souvent, elles deviennent vite dépassées, leurs objets d'étude et de réflexion étant sans cesse susceptibles de nouvelles découvertes qui en changent notre compréhension, tandis que les oeuvres philosophiques, littéraires, musicales et d'art plastique ont pour objet unique l'  "âme" humaine qui, elle, ne change pas, dont les manières fondamentales d'appréhender le monde sont universellement les mêmes dans le temps et dans l'espace et donc universellement accessibles, quelles que soient, selon les époques et les cultures, les formes spécifiques d'expression de chacune.

Bref, je vous en prie, cher monsieur Sauvé, ne prenez pas mal et, dixit Claude Poirier, si vite, ce que l'un ou l'autre d'entre nous écrivons sur les sujets que vous soumettez à notre réflexion, que nous apprécions - il me semble que c'est clair- même quand nous ne partageons pas entièrement votre manière de voir, de comprendre et d'expliquer les phénomènes relatifs à notre marche collective vers un État québécois souverain. Aussi précise et rigoureuse que soit votre méthode scientifique d'analyse, son objet est un phénomène humain, donc susceptible de multiples approches, de nécessaires approches pour être entièrement cernées. Mais, pour ne parler que pour moi, je vous assure que j'apprécie de plus en plus la vôtre, au fur et à mesure que je la connais.

J'ai lu, hier soir, tous les textes de vous qui paraissent sur Vigile, tous plus instructifs et éclairants les uns que les autres, en plus d'être écrits dans une langue belle et vivante, à mille lieues des langues de bois qui caractérisent trop souvent les ouvrages savants. Je tiendrai certainement compte de votre savoir dans mes prochains écrits politiques et dans mes recherches communes avec les groupes avec qui je milite en vue de l'élaboration d'une stratégie et de tactiques d'action et je vous en remercie. Toutefois, je me permets de vous dire, avec l'espoir de ne pas vous blesser et celui de ne pas essuyer vos foudres, que le plaisir de vous lire serait augmenté si vous ne présentiez pas trop souvent vos arguments comme des arguments ex cathedra.

  Avec l'expression de ma profonde estime,

Andrée Ferretti.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
carte du Québec
Valérien Lachance
jeudi 1 mai, 2003 08:39

À René-Marcel  Sauvé,

Merci grand  frère Georges, encore une  fois, tu m'en donne plus que demandé :- )

Jai bien hâte d'avoir 14 ans et l'argent nécessaire pour acheter mes propres livres !!

Avec reconnaissance.

Valérien Lachance

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Carte du ciel/P.S.
Andrée Ferretti
jeudi 1 mai, 2003 09:07

Cher monsieur Sauvé,

Avec toutes mes digressions, conséquences habituelles de mon esprit épivardé, j'ai oublié de vous poser la question qui, pourtant, était l'objet de ma dernière lettre.

J'aimerais savoir si vous pensez que les cours d'eau sont encore des voies stratégiques majeures dans les guerres actuelles. Est-ce que le rôle de l'aviation ne rend pas ces voies partiellement caduques ? Par exemple, les bombardiers n'ont-ils pas été la principale arme des États-Unis dans ses deux guerres contre l'Irak?

Bien à vous,

Andrée Ferretti.
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Re :[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Carte du ciel/P.S.
Andrée Ferretti
jeudi 1 mai, 2003 09:22

Chers amies et amis,

Comme vous voyez, malgré toutes ses misères, je confonds le Québec avec le ciel.

AF.
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Carte du ciel/P.S.
René Marcel Sauvé
jeudi 1 mai, 2003 11:57

Chère Madame Ferretti,

De tous les temps, le transport maritime a été, demeure et demeurera le plus économique de tous. Pourquoi?

Parce qu'il est le seul à mettre intégralement en pratique le principe fondamental de l'économie, principe de base en géopolitique, à savoir: obtenir le maximum de résultats avec une économie maximale d'efforts et de moyens. Ce qui veut dire un maximum de bénéfices avec une dépense minime de moyens et d'efforts, ce qui n'est pas possible avec l'aviation.

Prenez un exemple simple: les Toyotas chargées dans les grands ports du Japon, ports qui accomodent les gigantesques cargos actuels, de plus de 200,000 tonnes, et qui les transportent dans le port de New York ou de Rotterdam, coûtent presque rien par voiture.

Les grosses économies du monde actuel, qu'on appelle macro-économies, ne peuvent se construire que dans les régions du monde qui disposent de rades naturelles à grande capacité, rades connues et utilisées depuis les temps les plus reculés.

Comparez New York avec Montréal ou Toronto.

New York est localisé sur la façade Atlantique, appuyée sur une plaine côtière que les Américains appellent "Eastern Seaboard" et communicant vers l'arrière pays par des "windgaps", des vallées comme l'Hudson, capables de transporter des charges lourdes par le moyen de bateaux plus petits ou de chalands comme dans le Rhin, la Meuse ou l'Escaut.

Résultat naturel: New York a 18,000,000 d'habitants et un port de mer qui, bon an mal an, manutentionne jusqu'à 200 millions de tonnes par année.

Au fond du Saint Laurent, à 1600 kilomètres de l'Atlantique,
Montréal, sans doute la plus belle ville du monde pour nous.

Pour y accéder par transport maritime, il faut d'abord franchir le Golfe, une des mers les plus dangereuses du monde à la navigation. Il y a plus de 4000 épaves dans les fonds du Golfe, y compris une flotte anglaise au complet et beaucoup de navires modernes. À l'heure où j'écris ces lignes, des navires de transport sont pris dans les glaces du Golfe, à proximité de la Côte Nord.

Quant au fleuve, de Québec à Montréal, il a fallu au préalable nettoyer plusieurs hauts fonds de sables laissés sur place par le recul des glaciations du Quaternaire.

Je me rappelle le Carinthia de la Compagnie Cunard White Star, la même qui a fait naufrage avec le Titanic, prendre une mauvaise fouille et s'enliser dans les sables à proximité de l'île d'Orléans, dans le passage maritime situé sur le côté sud. Ajoutons le fait que le Saint Laurent est fermé huit mois l'an au trafic maritime et vous comprendrez pourquoi Montréal a un port de mer limité à 35 millions de tonnes par année.

Quant à Toronto, situé au terminus de voies artificielles, comme dans le passé, il est limité à 20 millions de tonnes. Sa fortune est rattachée à la politique d'Ottawa davantage qu'à des conditions naturelles favorables.

Et puis, l'Ontario possède les basses terres des Grands lacs dans leur partie britannique. Région de 60,000 kilomètres carrés de superficie, jouissant d'une saison germinative plus longue que Montréal (250 jours vs 170 jours), localisée au sud du 45e parallèle, alors que Montréal est au nord, entourée par l'imposante masse des Grands lacs, dont les lacs Ontario, Érié, Huron, baie Georgienne et lac Simcoe, l'Ontario méridional peut néanmoins accomoder plus de 11 millions d'habitants maintenant, mais sans se targuer d'une macro-économie. Il faut ajouter que la politique centraliste et unitaire du gouvernement d'Ottawa lui est venue en aide avec les chemins de fer, profitables mais beaucoup moins économiques que les transports maritimes.

Prenons un autre exemple, celui de Lisbonne au Portugal, situé à l'embouchure du Tage, dans une grande baie capable d'accomoder aujourd'hui les plus gros navires, dont les Maru japonais. Cet avantage naturel est à l'origine de l'antique civilisation lusitanienne. Il a contribué à faire du Portugal un pays indépendant avant l'Espagne et encore de nos jours, les Portugais peuvent faire des affaires à grande échelle.

Quant à l'économie de l'aviation, elle s'est développée sur une base excédentaire, à partir des profits réalisés par le transport maritime et en exploitant à fond les subsisdes des États qui y voyaient un important prestige à avoir leur propre aviation, même si elle risque de dépasser leurs moyens.

L'aviation militaire américaine utilisée en Irak me donne l'impression d'un gaspillage massif de moyens pour atteindre des objectifs qui auraient pu être atteints avec une économie de moyens, en supposant que cette guerre soit justifiée.

Pour en revenir au transport maritime, on assiste aujourd'hui à la construction de gigantesques paquebots à Saint Nazaire, en Bretagne. Les Bretons construisent des navires depuis les temps immémoriaux et ils étaient déterminés à ne pas se laisser damer le pion par les Japonais. Ces géants ne viendront pas dans le Saint Laurent, à moins de trouver moyen d'ouvrir un chenal de grande amplitude et de garantir la circulation l'année longue. Ces gros navires vont continuer à servir les macro-économies, comme dans le passé et comme dans l'Antiquité.

Pour vous donner un détail technique: un cargo de 75,000 tonnes chargé à bloc, disons de sucre en provenance de Cuba, peut se rendre jusqu'à Montréal mais pas jusqu'à Toronto. Avec pleine charge, qui atteint 22,000 tonnes, son tirant d'eau est de 32 pieds. La Voie maritime ne peut prendre que 26 pieds de tirant d'eau. Le navire doit donc se délester de 11,000 tonnes de cargo dans le port de Montréal avant de reprendre sa route pour Toronto.  Il ne pourra ensuite prendre que 11,000 tonnes pour le retour.

De même avec tous les autres bateaux, qui peuvent difficilement dépasser 75,000 tonnes maintenant.

Il existe encore un petit problème que je voudrais mentionner.

Qu'arrive-t-il des charges qui ont été délestées à Montréal?

Elles vont au Québec? Erreur. Elles sont transportée par route et chemin de fer vers Toronto, "capitale économique du Canada, n'est-ce pas?" et lorsque les Québécois achètent une voiture ou d'autres produits, la marchandise est ré-acheminée de Toronto, avec les frais de transports payés par les Québécois, qui acceptent volontier pour le "grand et beau Canada" qui fait pleurer les mômans.

Ceci est très peu connu du grand public, parce que la propagande officielle se garde bien de le mentionner.

Bonne journée à tous.

M'excuse pour avoir été encore une fois trop ex cathedra mais je ne crois pas que ça fera de tort à personne.

J'espère vous avoir donné une réponse satisfaisante.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Quoi?
Andrée Ferretti
jeudi 1 mai, 2003 15:30

Cher monsieur Sauvé,

  Vous n'avez pas répondu à ma question qui portait sur l'importance des voies maritimes, non dans le transport des marchandises, mais comme voies stratégiques dans les guerres modernes (depuis, disons en gros, la fin de la deuxième guerre mondiale).

  Directrice, depuis 1987, d'une entreprise qui importe d'Europe les marchandises qu'elle vend à ses clients québécois, je connais assez bien l'importance du transport maritime des marchandises et, à l'occasion, j'ai même l'opportunité de l'apprécier, quand, par exemple, pour un retard de livraison qui coûterait très cher à la compagnie, je dois faire venir la marchandise par avion, dont le coût, aussi élevé qu'il soit, est toutefois infiniment inférieur à celui d'un retard d'approvisionnement.

Par ailleurs, je me permets de vous demander POURQUOI, alors que je vous assurais de mon appréciation sincère de vos travaux, vous n'avez retenu que ma légère réserve exprimée par la remarque qui vous dit que vos textes gagneraient à moins utiliser des arguments Ex cathedra.

Est-ce orgueil, insécurité ou paranoïa?

Bien à vous,

Andrée Ferretti.
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Quoi?
René Marcel Sauvé
jeudi 1 mai, 2003 18:13

Madame Ferretti,

L'importance des voies maritimes varie selon les régions, les variations démographiques, l'aménagement ou réaménagement des espaces, les variables en matières premières et sources d'énergie et les développements de la technique.

Par exemple, le canal Lachine a perdu toute importance et n'est devenu qu'une voie d'eau pour touristes. La Voie maritime du Saint Laurent est appelée à perdre de l'importance, à cause de la taille des nouveaux cargos et du fait que le niveau du Saint Laurent tend à baisser. De même le canal de Suez, que je connais bien et le canal de Panama, que je ne connais que sur les manuels d'histoire et par les cartes. Ce sont des voies locales si on peut dire et c'est sans doute pourquoi les États Unis l'ont abandonné au Panama. Comme la Grande Bretagne et la France ont fini par abandonner le canal de Suez à l'Égypte.

Le lac Champlain était une voie stratégique et ne l'est plus, mais le canal Érié demeure très stratégique pour New York, qui dispose d'une imposante facade Atlantique et qui a besoin de communiquer avec les Grands lacs. Que les régions des Grands lacs deviennent plus indépendantes (aptes et capables de choisir leurs dépendances) et la vallée de la Mohawk perdra son importance stratégique.

Le canal de Kiel en Allemagne, dans le Schleswig-Holstein, construit sous Bismarck pour contourner les détroits scandinaves (Skaggerat et Kattegatt) a lui aussi perdu de son importance stratégique, à cause de la taille des nouveaux navires et ensuite, parce que l'Angleterre ne domine plus les détroits scandinaves de sa présence trouble, comme elle le faisait au Dix-neuvième siècle.

Le canal de Corinthe, en Grèce, n'est plus qu'un attrait touristique, comme le canal Lachine.

Les grandes voies stratégiques actuelles sont les mers, les détroits comme Gibraltar, le Bosphore et les Dardanelles et les océans et têtes de ponts capables de recevoir les gros navires, tels les ports océaniques des États Unis, Lisbonne au Portugal, Anvers en Belgique et Rotterdam en Hollande, le Havre en France, de même que ceux d'Afrique du Sud, du Japon, de la Corée et d'Extrême Orient, surtout les ports pétroliers, qui peuvent toujours devenir casus belli, mais leur importance est appelée à changer.

En somme, il faut apprécier chaque route maritime dans son contexte actuel et à l'intérieur des situations qui se présentent. Il n'y a pas de modèle en géographie.

Et maintenant, il y les conteneurs qui changent toutes les données, puisqu'on peut les transporter par bateau, chemins de fer et camions. Ce qui veut dire que la nouvelle logistique est beaucoup plus souple que l'ancienne.

Bref, nous sommes en pleine période de transition sur le plan logistique et je ne peux qu'insister sur le fait que chaque contexte doit être apprécié à son mérite et suivant les spécifications qui lui sont propres.

Une amie qui tient un gros chenil à Dorval s'occupe de faire transporter les animaux de compagnie sur les cinq continents. Toujours par avion bien entendu. C'est une procédure compliquée. J'ignorais que les gros transporteurs aériens ont souvent plus d'animaux dans leur soute que de passagers dans la cabine.

Avec les satellites, les lignes orthodromiques prennent une importance stratégique de plus en plus grande. Ce sont les lignes imaginaires qui suivent la terre de haut  en empruntant quelquefois les lignes géodésiques officielles.

Ceci pour vous dire que le monde devient de plus en plus complexe et plus difficile à saisir.

Venons-en au terme ex cathedra.

Ce terme a été utilisé par un inspecteur du Ministère de l'Éducation de l'Ontario, qui était venu évaluer mon enseignement aux niveaux collégial et universitaire de premier cycle. "Il s'exprime ex cathedra", écrit-il à mon sujet, du haut de sa chaire, sans note, sans papiers, avec autorité, sans autoritarisme."

Sur le coup, je croyais que c'était une maladie. J'ai appris plus tard que c'était au contraire très apprécié parce que je livrais spontanément la matière, sans spontanéité toutefois parce que j'y avais mis le paquet avec les études poussées au delà de la dernière limite, avec vérifications et re-vérifications sur le terrain.

 C'est une passion qui ne s'éteint pas. Même à mon âge, j'étudie encore deux heures par jour au moins. Comme un maniaque, je vérifie tout ce dont je doute, plusieurs fois, afin de m'assurer que je sais ce quoi dont je parle. J'ai recommencé à étudier le latin et à perfectionner mon allemand, car je compte aller passer quelques années à la Berliner Freie Universität (Université Libre de Berlin), qu'une amie juive qui séjourne chez nous et qui me connaît bien m'a recommandée. "C'est une université pour les fous de ton espèce, me dit-elle et tu te sentiras bien là bas. Tu peux emmener ta femme." (elle est anglaise britannique et avec elle nous avons toujours voyagé ensemble, même lorsque nous avions des jeunes enfants.) De toutes façons, excepté l'écriture, je n'ai plus rien à faire au Québec.

Alors en vous voyant utiliser le terme ex cathedra, je me suis rappelé ce rapport écrit que je croyais mauvais alors que j'ai appris plus tard qu'il me faisait honneur. Car il arrive qu'on dise quelque chose de positif pour mieux signifier le négatif sans le dire.

Il y a deux ou trois ans, j'ai vu Jean Chrétien utiliser cette méthode pour se débarasser de Diane Marleau. Les Orientaux vont souvent dire l'opposé d'une chose pour mieux la signifier. Comme par exemple, lorsque votre propriétaire vous dit: "Vous payez trop de loyer". ce qui veut dire le contraire.

En suivant une série de cours sur la Torah dans une synagogue, le rabbin a souvent rappelé cette confusion qui peut résulter de la mauvaise interprétation d'un texte biblique écrit par des Orientaux,  d'où importance de ne jamais le prendre littéralement comme font les anglo-protestants, critiqués par le rabbin.

Donc, en voyant le terme ex cathedra apparaître sur mon écran, je me suis demandé ce que je disais de travers, compte tenu de mes scrupules extrêmes lorsqu'il s'agit de m'exprimer ou d'enseigner ou d'écrire.

Je ne m'attend à aucune approbation de personne, seulement savoir que je ne me suis pas trompé. Et c'est moi qui va le vérifier plusieurs fois. C'est tout. Et même si je ne trompe pas, je n'en suis jamais sûr,  sans doute affecté par la folie du doute, ce qui n'a probablement rien à voir avec l'orgueil, l'insécurité ou la paranoia, termes que je n'utilise jamais, par prudence et par crainte de m'aventurer dans un sujet que je ne connais pas suffisamment.

René Marcel Sauvé

P.S. Est-ce que j'ai mieux répondu à votre question?

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
La carte du Québec / questions
Robert Bertrand
vendredi 2 mai, 2003 20:44

Explorez la page d'entrée :

http://membres.lycos.fr/quebecunpays/index.html

et voir la page d'explications :

http://membres.lycos.fr/quebecunpays/Carte-du-Quebec-Explications-Rene-Marcel-Sauve-Quebec-un-Pays.html

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Il faut prendre le temps de réaliser ces pages et rassembler tous les documents pertinents.

En tout temps, si vous y voyez des erreurs, je vous prie de me les signaler pour les corrections qui suivront.

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Monsieur Sauvé,

Si le St-Laurent est appelé à perdre de son importance due à la circulation des navires, des bateaux, à cause surtout du tirant d'eau, le Québec aurait-il intérêt à construire un quai en eau profonde en Gaspésie, par exemple ?

Les navires pourraient y laisser leur cargaison et ils pourraient y avoir une voie rapide de chemin de fer qui pourrait les transporter depuis ce port, tant pour le service du Québec que pour les régions des Grands Lacs ?

Avec ce transport ferroviaire rapide, non seulement cela pourrait favoriser la circulation des personnes, mais cela pourrait faire circuler les biens ?

Est-ce que cela pourrait favoriser les États de la Nouvelle-Angleterre ou New-York le cas échéant sous-entendue l'existence de voies ferroviaires rapides ?

On le sait, New-York veut réaliser une entente avec le Québec pour les jeux olympiques au cours des prochaines années, le train à grande vitesse, pour les personnes pourrait se réaliser, et pour les biens, est-ce envisageable et est-ce que cela serait rentable, selon vous ?

Merci pour toutes vos informations.

Vous nous aider à mieux saisir toute l'importance de la situation géographique du Québec.

Bonne soirée à vous et à tous les membres du réseau,

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Agrandissement de...
Valérien Lachance
samedi 3 mai, 2003 07:56

Bonjour monsieur Sauvé.

"Agrandissement de la voie  maritime -
Un projet de 20 milliards $US
aux conséquences incalculables"

J'apprécierais vos commentaires sur le projet suivant et nous expliquer quel est le but poursuivi ?

Une preuve que la "stratégie militaire" l'emporte sur le reste ?

Vos connaissances sont vraiment indispensables pour le Québec !

Merci d'être là.

Bonne journée

Valérien  L
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http://www.ledevoir.com/2003/05/03/26894.html
(adresse aux abonnés du journal !!)

Agrandissement de la voie maritime - Un projet de 20
milliards $US aux conséquences incalculables

Le Québec est absent du débat qui a cours des deux côtés de la frontière

par: Louis-Gilles Francoeur

Édition du samedi 3 et du dimanche 4 mai 2003

Mots clés : Canada (Pays), États-Unis (pays), Eau, voie maritime, agrandissement, conséquences

Des deux côtés des Grands Lacs, les organismes publics et les chercheurs se mobilisent depuis six mois pour faire échec au projet de l'administration Bush, piloté par le US Army Corps of Engineers, d'agrandir et d'approfondir la voie maritime du Saint-Laurent, qui
aura bientôt 50 ans, un projet qui aurait d'incalculables répercussions environnementales sur les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent et l'économie de Montréal.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Agrandissement de la voie maritime
Jean Lapointe
samedi 3 mai, 2003 08:15

N'y a-t-il pas lieu d'alerter la gouvernement du PLQ, le Parti
québécois et toute la population sur ce projet et sur les risques qu'il comporte pour nous?

Sans doute que monsieur Sauvé pourrait nous faire voir quels en sont
les dangers mieux que quiconque ? Si cela lui agrée bien sûr.

lapointe
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Agrandissement de la voie maritime -
Un projet de 20 milliards $US
aux conséquences incalculables

Le Québec est absent du débat qui a cours des deux côtés de la
frontière

Louis-Gilles Francoeur
Édition du samedi 3 et du dimanche 4 mai 2003

Des deux côtés des Grands Lacs, les organismes publics et les
chercheurs se mobilisent depuis six mois pour faire échec au projet
de l'administration Bush, piloté par le US Army Corps of Engineers,
d'agrandir et d'approfondir la voie maritime du Saint-Laurent, qui
aura bientôt 50 ans, un projet qui aurait d'incalculables répercussions environnementales sur les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent et l'économie de Montréal.

Pendant tout ce temps, aucune réaction n'est venue des ministères et
des organismes publics québécois, y compris et même des groupes
environnementaux, malgré l'énormité des impacts potentiels sur le
fleuve, qu'il faudrait probablement recreuser une nouvelle fois pour
permettre la navigation des nouveaux Panamax géants, des navires de
1000 pieds de long qui ont fait leur apparition sur le lac Supérieur
et qu'une grande société de navigation introduirait prochainement
aux terminaux de conteneurs du port de Montréal en provenance, cette fois-ci, non pas des Grands Lacs mais de la haute mer. Cette logique conduirait à l'ouverture d'un passage commun pour les deux nouvelles familles de mastodontes flottants.

Selon une analyse du dossier menée en avril dernier par Ora
Johannsson pour le compte du Board of Technical Experts (BOTE), dont elle fait partie en compagnie de chercheurs et de représentants des deux pays, il est temps que les gouvernements fédéraux, américain et canadien, financent une nouvelle étude qui porterait non pas sur
l'agrandissement de la voie maritime mais sur des solutions alternatives, plus douces et plus durables.

«L'objectif d'un nouveau plan [de transport maritime sur les Grands Lacs] doit être d'en optimiser les retombées économiques et de tirer tous les bénéfices environnementaux du transport par eau sur le plan énergétique tout en minimisant ou en éliminant les inconvénients environnementaux causés par ce mode de transport jusqu'à présent. En d'autres mots, la première étude de faisabilité devrait identifier prioritairement les solutions alternatives à toute expansion physique»

de la voie maritime.

Pour le Dr Jack Manno, directeur exécutif du Great Lakes Research
Consortium, l'étude qu'Ottawa doit impérativement lancer dès
maintenant doit, «tout comme le plan des Everglades, viser
prioritairement à restaurer le plus fidèlement possible les flux
naturels et les fluctuations de niveau» de l'ancien système lacustre
et fluvial, profondément perturbé par la construction de la voie
maritime et par le creusement du chenal au milieu du Saint-Laurent.

La construction de la voie maritime à la fin des années 50 a presque
doublé l'importance de l'ancienne route à navires en portant sa
profondeur de 4,3 mètres à 8,3 mètres et en réduisant le nombre des
écluses de 30 à 15, y compris celles de Beauharnois et de Saint-
Lambert. Les écluses pouvaient jusque-là accueillir des navires de
765 pieds, les Lakers de 35 000 tonnes, capables de passer de la mer
aux eaux douces des Grands Lacs au lieu de s'arrêter, comme
auparavant, au port de Montréal. Adapter l'autoroute maritime
actuelle aux Panamax exigerait des écluses de 305 mètres (1000
pieds) de long sur 33,5 mètres (110 pieds) de largeur. Mais surtout,
il faudrait leur donner une profondeur de 12 mètres (39,5 pieds)
plutôt que 8,3 mètres, ce qui exigerait par ricochet d'en faire
éventuellement autant pour le chenal maritime du fleuve.

Or, avec les changements climatiques, on annonce une baisse d'un
mètre des niveaux du Saint-Laurent. S'il fallait augmenter de 50 %
la profondeur du chenal fluvial, le Saint-Laurent risquerait de
perdre un autre mètre en surface, de sorte qu'il se résumerait à
certains endroits à un simple chenal de 200 mètres de largeur, soit
celle de l'autoroute à navires actuelle. Il se pourrait même que ce
chenal doive d'ailleurs être élargi car un Panamax est si gros qu'il
ne pourrait pas croiser d'autres navires dans les courbes du chenal.

Parmi les solutions alternatives qu'il faudrait étudier, a expliqué
un cadre supérieur d'Environnement Canada, on note celle qui
consisterait à relier Sept-Îles par train pour offrir aux plus gros
navires comme les Panamax et ceux qui suivront un jour un port en
eaux profondes, facile d'accès et d'où les marchandises pourraient
filer dans toutes les directions sur le continent. Ce port ou ceux
de Montréal et de Québec pourraient pour leur part servir de point
de chute pour les barges dont l'usage pourrait se multiplier sur les
Grands Lacs et sur le fleuve dans une politique d'intermodalité
maritime.

Pour le Dr Tom Muir, de l'Institut national de recherches sur l'eau
d'Environnement Canada, augmenter le tonnage des navires de mer vers les Grands Lacs va inévitablement augmenter leur contamination par des espèces envahissantes, ce qui coûte déjà des milliards au Canada et aux États-Unis. La proposition des ingénieurs militaires américains, écrit-il dans une analyse obtenue par Le Devoir,

«est aux antipodes du point de vue de plus en plus consensuel de la communauté scientifique des Grands Lacs, à savoir que les navires d'eau salée doivent être interdits de séjour et de passage sur les Grands Lacs. Point à la ligne. Il faudrait qu'ils s'arrêtent tous à nouveau à Montréal, qui deviendrait le point d'arrêt le plus à l'ouest du réseau, ou, préférablement, dans les ports des provinces atlantiques, d'où ils emprunteraient les voies intermodales». Le Dr Muir estime que le mégaprojet américain ne ferait que «braconner»
les emplois existants dans les ports des Maritimes. Il aurait pu
ajouter ceux du Québec, comme cela a été le cas dans les années 70.

L'étude du US Army Corps of Engineers a été qualifiée de «brouillon» dans une autre analyse du Dr T. Cowan, de la Fédération ontarienne
de l'agriculture, qui qualifie de «mégalomanie» le rêve des
armateurs de se doter d'une flotte de Panamax sur les Grands Lacs.
Cette étude, écrit-il, a sous-évalué les impacts énormes comme les
apports d'eau des Grands Lacs vers le Mississippi par le truchement
d'une énorme nappe souterraine de sable, près de Gary, en Indiana.
Et elle a sous-évaluée, écrit-il, l'abaissement supplémentaire des
niveaux des Grands Lacs que provoqueraient des débits de sortie plus
massifs par les nouvelles écluses. Il en résulterait un assèchement
dramatique des nappes souterraines riveraines aux dépens de
l'agriculture et de la qualité des eaux souterraines.

Ce projet de 20 milliards $US est d'autre part qualifié par le Dr
Muir de «folie économique» car, démontre-t-il, il s'agit tout au
mieux d'un programme de subventions déguisé pour la navigation. Cette somme équivaut à donner à chacun des propriétaires des 318 navires qui utilisent l'actuelle voie maritime chaque année une subvention annuelle de 1,6 à 3,2 millions pendant dix ans. À ce prix, écrit-il, on pourrait racheter à leur valeur marchande ces 318 Lakers et soulager de plusieurs problèmes les Grands Lacs et le Saint-Laurent !

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Agrandissement de...
Jean Lapointe
samedi 3 mai, 2003 08:23

(...)
Nous avons eu la même idée monsieur Lachance.

Quand j'ai expédié mon message je n'avais pas vu le vôtre. Si je l'avais lu, je n'aurais pas envoyer le mien.

La question que je me pose c'est: Qu'est-ce qu'on peut faire face à
cela ? Y aurait-il des propositions de rechange à faire aux
Américains ?

lapointe
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: La carte du Québec / questions / agrandissement
Robert Bertrand
samedi 3 mai, 2003 08:37

Je reprends mon message d'hier puisque justement je parlais d'une solution à mettre de l'avant alors que je ne savais rien de l'article du Devoir que Monsieur Jean Lapointe nous a si aimablement transmis le contenu.

Alors, on voit bien l'importance de parler des voies maritimes, et d'autres voies possibles comme le train à grande vitesse ou d'autres solutions.

Dans l'article du Devoir on parle des ports de Sept Îles et je parlais d'un port possible en eau profonde en Gaspésie, sur le territoire du Québec, par conséquent.

Et merci à Monsieur Lachance de nous avoir soumis cet article du Devoir.

Je suis certain que Monsieur Sauvé est à l'oeuvre pour nous pondre un nouvel article pour répondre à nos questionnements réciproques.

Robert Bertrand
Voir le texte ci-haut du vendredi 2 mai, 2003 20:44
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Re: La carte du Québec / questions / agrandissement
René Marcel Sauvé
samedi 3 mai, 2003 08:58

D'accord pour apprécier le contexte et la situation à propos des ports et surtout de l'agrandissement de la Voie maritime.

Je n'ai aucune idée préconçue, ce qui serait contraire à l'esprit de ma discipline.

Je peux seulement affirmer que l'agrandissement de la Voie maritime devrait ou pourrait permettre aux navires qui empruntent le Saint Laurent d'éviter Montréal pour se diriger vers les Grands lacs, ce qui pourrait occasionner des pertes d'affaires pour nos ports de mer.

Quels navires, jusqu'à quel tonnage et qui répondra à l'invitation de s'engager dans cette nouvelle voie maritime alors que la voie naturelle du Saint Laurent, celle qui traverse le Québec, ne peut pas même recevoir un transporteur de 100,000 tonnes. Une tentative a été faite et il a fallu délester le navire de la moitié de sa charge ou près.

Si nous protestons, comment allons-nous le faire?

Par des démonstrations massives dans les rues?

Ma méthode est un peu différente.

Primo, il faut faire enquête pour savoir qui est réellement dessous ce projet et pour quelle raison ?

Quel est le jeu des intérêts et des rapports de forces en cause ?

Secundo: Trouver tous les intérêts opposés à ce projet, précisément parce qu'il exige des investissements contraires à leurs intérêts.

Je pense aux États américains de l'Atlantique, du golfe du Mexique et de la côte du Pacifique.

Je pense à l'État de New York, qui n'a pas ou peu d'intérêts dans le Saint Laurent mais doit agrandir le système de canalisations de la Mohawk, qui l'a tellement bien servi depuis 1825.

Je pense aux ports des provinces maritimes, qui n'ont pas ou peu d'intérêts à investir dans le Saint Laurent.

Le port de Bangor, dans le Maine, qui est littéralement un port du Québec, intéresse le Maine autant que le Québec.

Sont intéressés: l'Ontario, la Pennsylvanie, l'Ohio, le Michigan, l'Ilinois et le Manitoba.

La question que je pose est celle-ci: quel est leur poids politique dans leurs fédérations respectives et jusqu'où iront-ils pour faire avancer le projet, envers et contre tous les autres qui ne sont pas intéressés?

Une autre question: s'agirait-il d'un investissement dans un grand projet pour combattre le chômage et mettre les gouvernements d'Ottawa et de Washington dans les bonnes grâces des populations locales concernées ?

Une fouille minutieuse de toutes les composantes de ce problème nous indiquera sûrement la stratégie à adopter. Je vous conseille de prendre des notes et d'ouvrir votre propre dossier sur la question. J'en ferai autant de mon côté.

Je dois aller visiter un ami à la campagne et vous reviendrai plus tard.

En réponse à votre question, donc, je vous invite à mettre en pratique dès maintenant le premier principe de la stratégie d'État:
 

Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation.
Bonne journée à tous et à toutes

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Développement durable
Valérien Lachance
samedi 3 mai, 2003 08:42

Bonjour,

J'ai pensé que ce texte pourrait fournir une base d'information et d'argumentation pour appuyer !! ou contrer le projet d'agrandissement de la voie maritime en regard des intérêts du Québec et de Montréal  plus particuilièrement.

Je sais d'une part que la canalisation du Saint-Laurent dans les années 1950, a déplacé de centre économique de Montréal ( la métropole du Canada ) vers Toronto et ailleurs !

Merci

Bonne journée

paix et joie

Valérien L
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Développement durable:
le Saint-Siège plaide
pour une "écologie humaine"
Une "conversion écologique"
pour placer l'être humain "au centre"





CITE DU VATICAN, Vendredi 2 mai 2003 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège a plaidé une nouvelle fois pour une "écologie humaine" qui place l'être humain "au centre" de tout programme de développement durable. Une démarche qui relève, disait-il d'une "conversion écologique" et nécessite l'application du principe de "subsidiarité" au gouvernement mondial.

Mgr Celestino Migliore, Observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies, est en effet intervenu dans ce sens aujourd'hui, à la XIe session de la Commission de l'ONU pour le Développement durable, dans la lancée du somment mondial de Johannesbourg en 2002.

"Il est important de souligner le premier principe de la Déclaration de Rio, qui rappelle que les "êtres humains sont au centre d'intérêt du développement durable" ", insistait Mgr Migliore.

"Souvent, rappelait Mgr Migliore, le Saint-Siège a souligné le caractère central de l'homme, et il convient de réfléchir sur l'écologie humaine. Il faut entreprendre une conversion écologique, changer les modèles de production et de consommation, examiner sérieusement le problème posé par la pauvreté, sous tous ses aspects".

"La mission de cette session, déclarait le représentant du Saint-Siège, est de contribuer plus efficacement à des objectifs réels et positifs, comme de redonner vie à un rapport multilatéral fondé sur les valeurs de la responsabilité, de la solidarité et du dialogue".

Mgr Migliore disait souhaiter "une plus forte participation des parties intéressées et une plus large implication des sujets responsables et actifs", "sur la base de la subsidiarité appliquée au gouvernement mondial".

Pour le représentant su Saint-Siège, il s'agit de provoquer une "prise de conscience": "les personnes en état de pauvreté doivent être considérées comme des sujets actifs". Il affirmait: "Les personnes et les peuples ne sont de véritables agents de leur avenir que s'ils sont acteurs de leur propre développement".

Le Sommet de Rio sur le Développement durable, rappelait Mgr Migliore, avait en effet suscité des "accords de collaboration entre gouvernements, organisations internationales et d'autres réalités du monde du commerce ou de la société civile". Pour les soutenir, le nonce préconisait de "fixer des règles claires", et d'établir "es critères et des mécanismes de tutelle adéquats".

ZF03050206

WWW.ZENIT.org
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Développement durable
René Marcel Sauvé
lundi 5 mai, 2003 18:59

Je ré-examine le texte de Valérien Lachance sur le développement durable.

J'ignorais que le Vatican s'était prononcé publiquement sur cette question.

Le concept de développement durable est originaire de Norvège et il s'est développé sur la présidence de Madame la Docteur Gro Harlem Bruntland.

Depuis 1998, je crois, Madame Bruntland, qui est médecin, est devenue directrice de l'Organisation Mondiale de la Santé. Je l'ai vue récemment à la TV. Elle a été directement impliquée dans le fait que Toronto a été mis sur la liste noire des villes à visiter à cause de l'épidémie actuelle de fièvre atypique.

Je me demande cependant s'il n'y a pas eu d'autres facteurs, plus politiques dans cette décision de l'OMS ?

Qui a une réponse ?

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Développement durable
Valérien Lachance
lundi 5 mai, 2003 21:33

Bonsoir monsieur Sauvé,

    J'ai soulevé cette question en regard du sujet précédent, c'est-à-dire, les milliards US prévus pour réaménager la canalisation du Saint Laurent "vieux de 50 ans".

    Le but et l'objectif n'ayant pas encore clairement été établi ?( pas nous )

    Pour  l'instant il semble que ce sont  les riverains du canal qui s'objectent à ces travaux pour des raisons écologiques qu'on peut imaginer; expropriation de  terrains, conséquences sur la faune, etc.  j'en passe.

Je me pose les questions suivantes:

    Les plans du projet sont-ils terminés et accessibles ?  Y-a-t-il un  calendrier de travaux en préparation ?

    La Société du port de Montréal est-elle au courant du projet ?

    Les hommes d'affaire de la Région de Montréal sont-ils sensibilisés ?
   Y aurait-il lieu que ces derniers unissent leurs efforts avec les objecteurs écologiques ?

Le gouvernement du Québec connaît-il les "tenants et aboutissants" de ce vaste projet qui va chambarder l'économie de Montréal... à rabais ?

    Le Maire Tremblay de la nouvelle de Montréal est-il informé de  quelque façon, un économiste !!

    Va-t-on justement tenir compte des nouvelles règles de Rio en vue  de "fixer des règles claires et d'établir des critères et des mécanismes de tutelle adéquats en vue d'une écologie humaine qui le place au centre de tout programme de développement durable." ?

Mgr Migliore disait souhaiter "une plus forte participation des parties intéressées et une plus large implication des sujets responsables et actifs", "sur la base de la subsidiarité appliquée au gouvernement  mondial".

Comment interpréter ces paroles et de quel gouvernement mondial est-il question?

Qui en est le président ?

fait-on référence plutôt à d'autres instances ?

Quelles sont-elles ?

"Le Sommet de Rio sur le Développement durable, rappelait Mgr Migliore, avait en effet suscité des "accords de collaboration entre gouvernements, organisations internationales et d'autres réalités du monde du commerce ou de la société civile". Pour les soutenir, le nonce préconisait de "fixer des règles claires", et d'établir "des critères et des mécanismes de tutelle adéquats".

    Si le Vatican prend la relève d'une idée venant d'ailleurs et qu'elle  vaille le peine de se perpétuer, tant mieux.

Il m'arrive  souvent de mentionner que nous sommes rarement "l'auteur" d'une idée  Ne sommes-nous pas plutôt des "transmetteurs" ... conscients, plus souvent inconscients qu'autrement ?

"Rien de nouveau sous le soleil" peut-on lire ailleurs.

Bonne soirée,

paix et joie,

VL
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Agrandissement de... /
Évaluation de la situation
Robert Bertrand
samedi 3 mai, 2003 12:15

Bonjour Jean,

Comme Monsieur Sauvé nous invite à le faire, ne faut-il pas faire l'

Appréciation rigoureuse et correcte
du contexte et de la situation ?

D'autre part, vous vous questionnez comme suit :
 

"La question que je me pose c'est: Qu'est-ce qu'on peut faire face à cela ? Y aurait-il des propositions de rechange à faire aux Américains ?"
Robert :

On se rappellera que Monsieur Bush lors de la campagne électorale qui l'a porté au pouvoir et après être élu, n'a-t-il pas parlé de l'eau aux Canadians ?

"Dans les années à venir, nous aurons besoin d'eau"  a-t-il dit dans plus ou moins en ces termes.

Suivant ce que nous a déjà présenté Monsieur Sauvé, on peut imaginer que tous les plans et les projets sont sur des tables depuis dix ans, vingt ans déjà.

Ces plans sortent maintenant, dans le contexte d'une élection à la Présidence des États-Unis.  Dans quatorze mois, qui sera à la Maison Blanche pouvons-nous croire ?

Quel que soit le Président, on a besoin d'eau aux États-Unis.  L'eau des Grands Lacs ?  L'eau potable ?  Le Canada, le Québec, sont visés directement par cette interpellation américaine.

"Vous êtes avec nous ou vous être contre nous !"  ça existe toujours dans le vocabulaire du Chef des Armées de la Puissance qui est notre voisine.

Ils en ont besoin...  comme ils avaient besoin de pétrole pour la bonne marche future de l'économie américaine.

Tous les prétextes ne sont-ils pas bons pour avoir la main-mise sur la qualité de leurs propres développements matériels d'abord, financiers bien entendus inclusivement ?

On sera appelé à négocier, c'est certain.

Est-ce que l'approche de New-York auprès du Québec avec les Jeux Olympiques étaient une carte dans leurs jeux ?

Planifieraient-ils plus que nous ne le ferions ?

Avons nous ce personnel à la tête de notre État du Québec, tant aux niveaux politiques que chez les administrateurs pour défendre notre cause ?

Avons-nous des projets de 10 ans et de 20 ans à l'avance dans nos filières à nous du Québec ?

L'eau, au Québec, il y a déjà eu des concertations de faite du temps de Lucien Bouchard à des tables publiques.

L'eau coule beaucoup sous les ponts... et on a vécu des changements de garde au Pouvoir du Québec.

L'urgence de bien connaître le contexte et la situation actuelle.

Ce sont des éléments que je mets dans la banque des appréciations à faire pour chacun et chacune d'entre nous.

En cette belle journée ensoleillée, ne faut-il pas en profiter un peu ?  Une des rares, jusqu'à présent, ici, à Québec.

Robert Bertrand

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
La puissance de la Haine
Dany Leblanc (joualvere)
lundi 5 mai, 2003 22:49

Je ne veux pas contredire personne mais, selon moi, la puissance de la
Haine est plus grande que celle de l'Amour.

À moins qu'on parle de l'amour de la guerre ou du pétrole.

Non ! Je blague.

En politique internationale, il n'y a pas de haine, ni d'amour, il y a juste des rapports de forces, sauf peut-être, l'amour entre un chef d'État et la femme d'un autre chef d'État mais à part de cela, ce n'est que des rêves.

Les États-Unis ont des intérêts au Moyen-Orient et ils ont la force
pour s'imposer.  L'Amour des pieux n'a pas empêché cette guerre et
Dieu, le tout puissant, a été lui aussi très impuissant devant ce
massacre.

Étant donné que Dieu est parfait, nous sommes nous aussi parfaits
puisque nous sommes de sa création.  Il n'y a rien de plus parfait
qu'un loup tuant une brebis pour se nourrir, comme il n'y a rien de
plus parfait qu'un oncle Sam écrasant Allah pour boire son pétrole,
entre autre.

À moins que Dieu c'est de la foutaise.  Je respecte les opinions de
chacun.

Il n'y a pas grand chose à faire contre la volonté des États-Unis.

La seule que je connaisse, c'est la sensibilisation.  Pas l'amour ! La
sensibilisation est loin d'être d'être puissante, elle est même
décourageante mais quand elle fonctionne, elle peut être très
efficace.  La sensibilisation contre la guerre d'Irak a été très forte
à travers le monde sauf aux États-Unies.  Elle n'a pas été suffisante
mais les États-Unie et surtout l'Angleterre ont été sur la corde raide.

La sensibilisation commence par l'éducation.

C'est vrai contre la guerre, c'est aussi vrai pour la souveraineté du Québec.

La dernière élection a été une preuve non seulement du manque de sensibilisation des Québécois face à leur souveraineté nationale mais aussi d'une ignorance crasse.  Les électeurs se sont laissés berner comme des enfants innocents et Dieu n'a pas pu empêcher ce massacre électoral, si puissant soit-il!

Dany Leblanc
Saint-Jude, le saint des causes désespérées.

================

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
La puissance de la Haine
René Marcel Sauvé
mardi 6 mai, 2003 09:24

Très intéressant votre message, monsieur Leblanc.

En effet, tout est rapport de forces et jeu d'intérêts dans ce monde. Et
comme les rapports de forces et les jeux d'intérêts varient fréquemment, alors il ne faut pas désespérer devant une grande puissance qui ne durera qu'un temps. Ni devant notre propre faiblesse.

Il existe également un autre univers, qui est celui de la relation. Je
rappelle encore le Je et Tu de Martin Buber. Si cet univers n'existait pas, la vie serait tellement intolérable que l'humanité se suiciderait
massivement.

Vous dites que Dieu est impuissant et je suis d'accord avec vous, moi qui est croyant et pratiquant.  Notre Dieu est un Dieu crucifié.

Matériellement parlant, il ne peut rien pour le monde et le monde ne peut rien pour lui non plus, sauf lui offrir un peu de vinaigre dans une éponge au bout d'une branche, ce qui lui suffira.

Son Royaume n'est pas de ce monde.

Certes, il veut conquérir le monde mais à partir d'une position de
faiblesse, non d'une position de force comme font les puissances de ce
monde.

Sa force à lui, c'est l'amour absolu, gratuit, inconditionnel, sponsal, désintéressé à l'absolu, amour-présence qui ne tient aucune comptabilité.

En conséquence, il n'y aura dans le monde aucun triomphe final d'aucune religion, ni même le christianisme et le catholicisme. Il y aura un triomphe final du Christ et ce sera autre chose.

Quant au reste, aux réalités de ce monde, la liberté reste totale, celle de mal faire et de bien faire. Dieu n'interviendra pas. Il n'est pas le
magicien du monde.

Il laisse chacun et chacune à son conseil, avec pleine conscience et
responsabilité de ses actes, quoi qu'il arrive. Il n'y aura aucune
intervention divine qui ferait de Dieu le fakir et prestidigitateur du
monde. Toute intervention divine ne peut survenir qu'au terme d'une
métamorphose de l'esprit et du coeur et voilà ce qui change la face du
monde.

Pour celles et ceux qui refusent, il y aura une justice.

Cettre justice sera redoutable et personne qui a refusé la miséricorde
divine, encore plus redoutable, ne pourra y échapper.  Les personnalités qui manipulent et dominent le monde et refusent d'obtempérer aux commandements de Dieu n'auront pas assez de l'éternité pour le regretter.

Et selon les Prophètes, le moment du jugement approche.

Nous sommes tous fatalement libres et responsables de nos actes, excepté bien entendu les morons, les idiots et les imbéciles, ce qui fait pas mal de monde. Nous avons le devoir de garder la foi et d'agir.

Bonne journée

René Marcel Sauvé
=============

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
clin d'oeil à joualvère.
Andrée Ferretti
mercredi 7 mai, 2003 07:47

Vous écrivez, cher monsieur Leblanc:

"Étant donné que Dieu est parfait, nous sommes nous aussi parfaits
puisque nous sommes de sa création."

C'est cette perfection attribuée à Dieu comme substance même de son être qui fournit à Spinoza les arguments de sa démonstration de l'inexistence de Dieu, comme créateur, a fortiori comme providence.
Car, soutient-il, la substance même de la perfection est l'immuabilité, l'inaltérité. À quelque chose de parfait, on ne peut rien ajouter ni rien enlever, sans le modifier.

Ce n'est qu'un clin d"oeil que je vous fais à vous personnellement, car, comme son nom l'indique, ce forum de discussion existe avant tout pour permettre des échanges entre indépendantistes sur l'avenir du Québec. C'est en tous cas, en ce qui me concerne, mon principal intérêt.

Pour les débats philosophiques sur internet, je les fais avec des philosophes et des professeurs de philosophie français qui m'ont fait l'honneur et le plaisir de m'intégrer à leur réseau, en même temps qu'un professeur de philosophie québécois.  Nous y discutons, bien sûr, d'histoire et de politique, mais sous l'angle de la philosophie. Le principal animateur du réseau étant un spécialiste de la philosophie politique. Il s'agit de Denis Collin, auteur, entre autres, de Morale et justice sociale, paru au Seuil en 2001,

J'ai fait paraître de lui dans L'Action nationale un texte intitulé "Démocratie et souveraineté"et deux autres dans combats,  une revue dont le rédacteur en chef est Louis Cornellier. Je vous envoie plus bas des extraits de "Démocratie et souveraineté". Il s'agit ici de la souveraineté du peuple dans les États (déjà indépendants) de l'union européenne.

Les principes qui fondent cette souveraineté tels qu'énoncés s'appliquent toutefois universellement.

Bien amicalement,

Andrée Ferretti.

P.S.
Je vous invite à vous procurer le dernier numéro de Le Couac, vol. 6 # 8, mai 2003.

Vous pourrez y lire en première page un excellent article de Pierre De Bellefeuille, intitulé "Le fiasco des mous".

C'est une critique intéressante de la cause principale de la défaite du Parti québécois, le 14 avril. Il y a aussi, à la façon du Couac, des analyses mordantes de l'actualité tant québécoise qu'internationale et une chronique très drôle des Zappartistes. Ça vaut la dépense.

Extraits de

"Démocratie et souveraineté"

(...)
Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation … dit l'article III de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, qui ajoute :

" Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. "
Il est assez curieux d'observer que l'idéologie " droit-de-l'hommiste " qui a submergé l'essentiel du débat public impose la négation d'un des principes fondamentaux des droits de l'homme tels qu'ils ont été pensés il y a plus de deux siècles. Ce n'est du reste pas le seul : la théorie médiatico-politique des droits de l'homme est la mise en pièces du droit comme on le verra plus loin. Il y a ici, cependant, quelque chose d'important : les anti-souverainistes se réclament des institutions supranationales ou trans-nationales. Quelles sont celles de ces institutions qui émanent " expressément de la nation ".

Si on pose cette question, la légitimité de nombre de ces institutions se révélera vite douteuse et c'est pourquoi on doit mettre de côté cet article III.

Mais que voulaient donc dire nos " pères fondateurs " en affirmant que

"Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation" ?
Quelque chose de très simple : la seule autorité légitime à laquelle nous devons obéissance, c'est nous-mêmes !

Le mot liberté ne peut pas avoir d'autre sens, quand on se place sur le terrain politique.

Mais comme il faut vivre en société, pour bénéficier des avantages de l'union, nous ne pouvons pas nous contenter d'agir selon notre gré, suivant notre liberté naturelle. N'obéir qu'à soi-même prend donc un sens nouveau : il s'agit d'obéir à la volonté générale, à la condition que tous les participants à la formation de cette volonté générale soient sur un pied d'égalité leur permettant d'être à la fois gouvernants et gouvernés

– gouvernants quand ils participent à la formation de la loi et

-- gouvernés en tant qu'ils acceptent cette loi. Et c'est ainsi qu'en obéissant à tous, on n'obéit qu'à soi-même.

La liberté civile suppose donc un peuple qui s'est fait peuple comme dirait Rousseau.

La liberté des citoyens exige la souveraineté politique de la nation. On ne peut pas sortir de là, sauf à dire que cette liberté politique est potentiellement tyrannique et qu'il faut l'encadrer, la limiter, la mettre en liberté surveillée ou créer des systèmes qui la privent de toute efficacité. C'est la position qu'ont toujours défendue, contre la Révolution Française, les libéraux conservateurs, les partisans du suffrage censitaire, des monarchies constitutionnelles, de " l'État organique ", etc.

Si on renonce à la souveraineté, on renonce obligatoirement à l'idée de pouvoir du peuple, c'est-à-dire à la démocratie.

Chez les anti-souverainistes d'aujourd'hui, c'est, la plupart du temps ce qui est en cause. Le pouvoir du peuple est dénoncé comme quelque chose de terrifiant et d'irrationnel qu'il faut juguler et soumettre aux directives raisonnables des institutions conçues par les techniciens du pouvoir. Les néolibéraux sont partisans de l'État de droit, mais, pour eux, l'État de droit n'inclut pas nécessairement la liberté politique pour tous. Ainsi chez Hayek et ses disciples, la seule véritable liberté est la liberté du commerce et la liberté que procure la propriété. Être libre ce n'est pas participer à la formation de la volonté générale, mais pouvoir choisir entre plusieurs marques de céréales pour son petit-déjeuner, ainsi que l'affirmait il y a quelques années un rédacteur du Financial Times.

Il y a effectivement des dangers dans l'idée de souveraineté, et l'on peut objecter,

1/ que la loi majoritaire conduise à l'oppression de la minorité ;

2/ que la souveraineté se transforme en nationalisme.

L'objection 1/ tombe vite. Si la souveraineté découle de la déclaration des Droits, elle suppose donc le respect des Droits, donc le respect des droits de tous. La loi majoritaire n'est légitime que lorsqu'elle se conforme au pacte fondamental qui donne sa valeur à la loi majoritaire elle-même. La démocratie, ce n'est jamais seulement le vote à la majorité – qui parfois peut même se transformer en une trahison sinistre de la démocratie ; la démocratie, c'est l'égalité des droits et "l'amour de la loi" comme aurait encore dit Rousseau, car ce sont l'égalité des droits pour tous et l'amour de la loi qui rendent possible le vote majoritaire.

En ce qui concerne l'objection 2/, il est vrai que toute organisation politique suppose une séparation initiale entre ceux qui en font partie et ceux qui n'en font pas partie, entre l'intérieur et l'extérieur et cette séparation, si les circonstances la radicalisent ou la pervertissent, peut engendre xénophobie, chauvinisme, racisme.

Cependant, ces dangers ne sont pas inhérents à la conception souverainiste du politique, mais au politique lui-même.

Le racisme a connu son paroxysme en Allemagne, pays qui n'a jamais été et ne s'est jamais conçu comme un État nation souverain. On peut même se demander si le " Blut und Boden " allemand n'est pas venu pour combler ce manque de nation souveraine qui est la marque de l'histoire allemande.

Notons également que, bien qu'anti-souverainiste, la construction européenne a établi une claire séparation entre les Européens et les non-Européens qui sont traités selon des règles communes dans toute une série de domaines : le droit de vote aux élections locales est exigé pour tous les résidents européens, par pour les non-Européens.

Si on suit les analyses de Hannah Arendt (voir Les origines du totalitarisme, 1- L'impérialisme, Points-Seuil), ce n'est pas l'État-nation qui est à l'origine des guerres et des haines nationalistes du 19e et du 20e siècle mais la décomposition de l'État-nation et la subversion de l'espace public par les intérêts privés. À l'appui de cette thèse, on rappellera, d'abord, que ce débat se pose dès la révolution : les Girondins fédéralistes sont pour l'exportation de la révolution par la guerre, alors que les Robespierristes, centralistes et "souverainistes" sont pour la paix et veulent s'en tenir, vis-à-vis des puissances européennes réactionnaires, à une guerre défensive. Ensuite, toute l'expansion impérialiste au 19e siècle s'est faite au nom de la "civilisation européenne" ou "chrétienne" et en violation évidente du principe de la souveraineté nationale. Enfin si la souveraineté est, au mieux, une lubie réactionnaire, on se demande bien pourquoi les peuples colonisés depuis la fin de la seconde guerre mondiale ont lutté pour leur indépendance.

Ainsi le refus de la souveraineté comme principe politique met en cause la signification d'un des plus importants mouvements de la deuxième moitié du 20e siècle, le mouvement des peuples colonisés et ouvre la porte à un révisionnisme sournois.

La souveraineté n'est pas contraire
au droit international.

Le principe de la souveraineté nationale est d'abord mis en cause au nom de la mondialisation des échanges ; mais comme cet argument est un peu court et paraît trop lié aux intérêts sordides, il lui faut un supplément d'âme qu'on va aller chercher chez Kant et son Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique. Le progrès de la civilisation doit déboucher sur un ordre légal cosmopolitique, c'est-à-dire sur une sorte d'État de droit à l'échelle du monde entier. On va dès lors considérer que cet ordre ne peut se construire que sur le recul de la souveraineté nationale. Dans les progrès du soi-disant " droit d'ingérence ", on voit la manifestation de la montée de cette conscience cosmopolitique, qui ferait de nous des " citoyens du monde " et non plus des citoyens de nos petites nations étriquées.

N'entrons pas ici dans la discussion sur l'évolution de la pensée de Kant qui abandonne son idée d'un État universel au profit d'une "société des nations".

Remarquons d'abord que le fait, pour un État souverain de signer des traités internationaux – donc de se lier avec d'autres États par des contrats ayant valeur juridique – ne peut pas être assimilé à une renonciation à la souveraineté.

C'est bien au contraire parce qu'il est souverain qu'un État peut s'engager par un traité. De même, en reconnaissant la Déclaration des Droits de l'Homme de l'ONU, un État donne à cette déclaration une valeur juridique sur son propre territoire, et fonde du même coup ses ressortissants à se rebeller contre les atteintes aux droits de l'homme qui pourraient y être constatées et c'est seulement par cet acte de souveraineté que s'étendent effectivement les droits.

Que les États européens, enfin, se lient entre eux par une sorte de traité de paix perpétuelle, c'est la sagesse même.

Mais où les problèmes se posent, c'est quand cet ordre international, auquel la souveraineté devrait se plier, n'est plus juridiquement fondé, ou encore exige la fin de la souveraineté des peuples qui composent la communauté à laquelle s'appliquent ces traités.

Premier exemple, premier problème, celui du " droit d'ingérence ", invoqué en Somalie, pendant la guerre du Golfe, en ex-Yougoslavie … et curieusement oublié en Tchétchénie.

S'il s'agit d'un droit, son exercice doit être strictement déterminé par des résolutions de l'ONU, des clauses de traités dans le cas de pactes d'assistance mutuelle, etc.

Or, tous les exemples d'application du droit d'ingérence manquent à ces critères.

Le conseil de sécurité de l'ONU ne représente pas la " communauté internationale " mais essentiellement les grandes puissances – un peu comme si le Parlement n'était composé que des chefs des grands trusts et de quelques généraux.

Et quand l'ONU ne veut pas donner son aval aux prétentions de telle ou telle superpuissance, c'est une organisation armée quelconque qui agit de son propre chef au mépris du droit international et des accords passés, comme on l'a vu au Kosovo.

En réalité ce " droit d'ingérence " n'existe pas ; il n'est que le droit que s'arrogent les plus forts de s'ingérer dans les affaires des moins puissants, quand cela les arrange.

Mais, pour brouiller les cartes, les droits-de-l'hommistes inventent un deuxième concept : celui de " devoir d'ingérence ".

De deux choses l'une : soit le devoir d'ingérence n'est que la mise en œuvre du " droit d'ingérence " et nous sommes ramenés au cas précédent. Soit ce devoir d'ingérence est une exigence morale. Mais alors là il ne s'agit plus du tout de droit mais d'engagement individuel.

Si j'estime qu'une cause est juste, je peux toujours lui porter aide, par tous les moyens légaux en ma disposition et, éventuellement, par des moyens illégaux.

Ceux des Français qui ont soutenu l'indépendance algérienne faisaient leur devoir moral ; ceux qui luttaient contre les bombardements américains au Vietnam s'ingéraient dans les affaires américaines, mais refusaient le droit d'ingérence que les USA s'étaient accordé dans la péninsule indochinoise.

Mais quoi qu'il en soit, nous ne sommes plus ici sur le terrain de l'ordre juridique mais sur celui de la lutte politique. La confusion du droit, de la morale et de la politique est le pire des confusions possibles. C'est elle qui légitime tous les fanatismes.

Ainsi, ce fameux " droit d'ingérence " apparaît comme un galimatias propre à servir de camouflage à toutes les formes les plus cyniques de " realpolitik ".

S'il y a droit, il y a des accords précis qui s'appliquent et alors ce n'est pas une question d'ingérence.

Dans les autres cas, il ne reste que la lutte politique et la force.

Les belles âmes ont toujours de bons exemples.

Si on avait eu le droit d'ingérence, on aurait pu bloquer la montée de Hitler et intervenir pour la défense des Juifs. C'est évidemment une plaisanterie sinistre. Si les puissances " démocratiques " n'ont rien fait face à Hitler et notamment face aux persécutions contre les Juifs, ce n'est pas faute de disposer d'outils juridiques internationaux suffisants.

La remilitarisation de l'Allemagne et en particulier de la Rhénanie était contraire aux accords internationaux, mais les classes dirigeantes françaises et anglaises préféraient Hitler, homme d'ordre s'il en est à la menace communiste et se sont abstenues de protester.

Quand un peu plus tard, Hitler invoquera son droit d'ingérence " humanitaire " pour " la protection " des Allemands des Sudètes, les mêmes classes dirigeantes s'empresseront de lui accorder leur bénédiction.

Ce n'est pas avec le " droit d'ingérence " qu'on aurait pu bloquer Hitler, mais une politique sérieuse de lutte contre le fascisme qui était encouragé et financé par toutes les classes dirigeantes de tous les pays d'Europe.

Si le droit international ne peut s'opposer à la souveraineté au nom du " droit d'ingérence ", les communautés d'États qui se constituent soit sur une zone géographique (UE) soit pour définir l'organisation particulière d'un secteur de l'activité économique, culturelle ou militaire, ne peuvent pas non plus s'opposer à la souveraineté.

Là encore, la logique suffit.

Soit les entités supranationales de type UE se substituent aux États existants et alors elles deviennent elles-mêmes des États – au même titre que la Suisse ou les États-Unis sont des États nations souverains et on est ramené au problème de la souveraineté. Soit ces entités ne se substituent pas aux États nations qui les composent ; auquel cas, elles ne peuvent subsister que par l'accord souverain des États parties prenantes.

Un dernier point doit être souligné. Dans la Déclaration de 1789, l'article III qui définit le principe de toute souveraineté est précédé d'un article II qui définit en quoi consistent les droits :
 

" Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. "


Le quatrième de ces droits est très curieux. Si l'État est fondé sur les principes de la Déclaration, il n'est pas oppressif et donc ce quatrième droit est sans effet. Si l'État est oppressif, il ne reconnaît pas la Déclaration des Droits et par conséquent le droit de " résistance à l'oppression " n'y est pas non plus un droit. Donc ce n'est pas un droit positif direct. Mais, si la résistance à l'oppression est légitime, la nation se doit de soutenir tous ceux qui, ailleurs, luttent pour la liberté et ce soutien n'est pas seulement politique, il implique un droit positif très important, le droit d'asile. On se contentera de remarquer que les accords de Schengen, limitation brutale de la souveraineté nationale, sont fondés, entre autres, sur une limitation drastique, décidée en commun, du droit d'asile. Les anti-souverainistes ont manqué une occasion de nous donner une leçon de droit international.

Effectivement, en liaison avec les divers lobbies, la politique à mettre en œuvre au niveau européen et la fait avaliser par le conseil des ministres.

Le contrôle du Parlement européen n'est là que pour amuser la galerie puisque ce Parlement nomade n'a de Parlement que le nom – et les indemnités et avantages annexes des parlementaires.

Cette machinerie fait que la politique n'est plus conduite par aucune instance élue, ni par les nations, ni par les représentants des nations au niveau européen.

Cet ingénieux dispositif détruit l'État politique national au profit de l'État purement technique.

C'est pourquoi la souveraineté est un obstacle à lever de toute urgence.

Dans les pays de loi, où la Constitution joue un grand rôle, il faut soumettre les Constitutions aux exigences de cette construction technocratique.

Des parlementaires veules se réunissent, au coup de sifflet, à Versailles, pour modifier une Constitution qui, normalement, n'appartient qu'au peuple souverain, puisqu'elle est la loi fondamentale, le véritable " contrat social " qui fonde toutes les autres lois, et qu'on a admis qu'a moins pour ce pacte fondamental
la volonté ne saurait être représentée.

Si le peuple n'est plus souverain, qui donc gouverne ?

Puisque la politique se réduit à des dispositions techniques au service du fonctionnement et, éventuellement, de la régulation de l'économie de marché, il est clair que l'organisation technocratique de la politique n'a qu'un seul maître : le marché, pseudonyme qui cache, à peine, les maîtres de la finance internationale. Quand M. Bangemann, commissaire allemand chargé des télécommunications se fait embaucher par la principale compagnie de téléphone espagnole, on finit par trouver cela normal – M. Bangemann ne sera pas inquiété, semble-t-il, pour cet étrange " pantouflage ". La fusion des sommets de l'économie et des sommets de l'État au niveau européen produit d'ores et déjà ses effets. Alors que M. Lionel Jospin s'appuie sur une majorité qui a été élue sur la base d'une politique hostile aux privatisations des services publics – le refus de privatiser France-Télécom figurait explicitement dans le programme de 1997 – le gouvernement de la " gauche plurielle " privatise sans relâche pour se mettre en conformité avec les directives européennes.

Autrement dit, les directives bruxelloises sont supérieures à la volonté du peuple, et pas seulement du peuple français, mais de tous les peuples européens.

Ainsi, la dénonciation du souverainisme s'inscrit-elle dans le processus qui parachève la transformation des imparfaites démocraties que nous connaissions en oligarchies, aux mains des financiers et des " techniciens de l'économie ".

L'opposition, de prime abord absurde, entre droit international et souveraineté des nations prend ainsi sa signification.

Il s'agit d'une opération idéologique visant à couvrir du manteau de Noé le dessaisissement du citoyen de ses droits politiques fondamentaux au profit de la " régulation économique ".

Quand la droite " libérale " et la gauche " libérale " mettent leurs efforts en commun pour une si mauvaise entreprise, faut-il s'étonner que les vieux démons ressurgissent et que les nationalistes de la pire espèce trouvent un champ pour exploiter le ressentiment populaire contre cette nouvelle caste dirigeante qui se dit cosmopolitique alors qu'elle n'est que la représentante de la " jet society " huppée ?

(...)
 
 

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