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Le Conquis / consensus / stratégie / discipline / Statehood / autorité 

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Extraits des interventions qui paraissent sur cette page :

- Nécessité de faire consensus par la stratégie, par la discipline. " Notre but, c'est l'État, gérant de nos intérêts et des nécessités qui n'ont pas de loi" :  René Marcel Sauvé

- Comment faire un pays sans les politiciens ? " Si nous avions comme en Suisse le droit aux référendums simplement en recueillant 100,000 signatures, nous pourrions régulièrement en faire la demande..."  "Nous avons besoin d'un plan d'actions et le rassemblement de plusieurs personnes pour le créer, le discuter et le réaliser."  Claude Poirier

- STATEHOOD.  "Le travail à faire consiste à reprendre toute notre
instruction à la base afin de réorienter notre action en fonction
d'objectifs réalistes et réalisables, à court et à long terme.  C'est un défi fascinant." René Marcel Sauvé

- "Vous voulez les séduire davantage pour qu'ils disent OUI et vous aurez un NON. C'est déconcertant mais c'est comme ça."  Claude Poirier

- "Puisque le bâtiment a déjà franchi plusieurs étapes ( de facto ) il reste peu de travail a faire pour déclarer la maison construite ( de jure )" Valérien Lachance

- "Vos travaux et vos efforts ne sont pas inutiles, loin de là !  J'ai aussi passé ma vie à comprendre l'humain historique sous l'angle collectif et sous la couverture, sa vie psychique inconsciente.  Nous sommes dans deux mondes différents vous et moi et ce n'est pas grave.

Ce que j'ai voulu signifier c'est qu'une collectivité a sa vie psychologique historique qui lui est propre habitée par des désirs, des défenses, toute une vie souterraine qui construit en grande partie ce que l'on appelle le présent et détermine une partie de son futur.  Les travaux que vous avez fait ce n'est pas de la merde et pas davantage les miens.  Nous abordons la société sous un angle différent."  Claude Poirier

- "Se raconter pour dire où nous en sommes pour pouvoir, par la suite, cheminer ensemble vers des objectifs qui pourraient nous unir davantage. (...) Lorsque l'on connaît bien les gens, n'êtes vous pas d'accord que l'on peut faire un bon bout de chemin avec eux autres ?  Robert Bertrand

- "La mémoire historique des Québécois: des réflexes de CONQUIS" ... texte relatant notre esprit de conquis à travers de petits exemples de la vie quotidienne.  Claude Poirier, socianalyste

- "Merci, merci, mille fois merci, CLaude Poirier, de nous ramener à la vérité humaine de l'histoire humaine de notre nation humaine." Andrée Ferretti

- "... inviter la population à se rendre dans des endroits pour parler (des lieux de parole collective). Nous aurions pu faire progresser cette population vers son indépendance. Cinq années auraient été nécessaires pour réussir le pays. Ce n'est pas de la magie mais du savoir professionnel." Claude Poirier

- "Notre culture propre nous amène, très souvent, à imaginer que tous les autres doivent entrer personnellement et obligatoirement dans notre moule personnel de pensée, d'action, d'agir.  Tel n'est malheureusement pas le cas.  La vie se charge, elle-même, de nous rappeler à l'ordre, au bon sens, à l'acceptation des uns et des autres.
On a chacun nos intérêts, chacun nos valeurs, chacun nos critères, chacun nos propres évaluations." Robert Bertrand

- "Je pense fortement que les dieux et les croyances religieuses ne sont
que des mirages pour meubler le désert de la vie que sont l'ignorance
et le narcissisme humain." Claude Poirier

- "Aujourd'hui plus que jamais, les tribunaux internationaux surveillent les armées du monde et les officiers engagés dans des opérations de guerre doivent tenir un journal et des cartes rapportant la moindre de leurs actions." René Marcel Sauvé

- "Nous savons tous que l'élection a pour objet d'emmener un parti à détenir le "pouvoir". Cependant le pouvoir du gouvernement élu ne lui confère pas nécessairement "l'autorité" qu'il a besoin pour gouverner, pcq l'autorité vient de la "connaissance" qu'il n'a pas pour gouverner. Elle est extérieure à lui-même.

C'est pourquoi les gouvernements se voient obligés de s'entourer de hauts fonctionnaires  "expérimentés", qui "connaissent" les rouages de l'administration des dossiers à fond, afin d'assurer la continuité de l'administration du pays." Valérien Lachance

- Autorité veut dire auteur, celui ou celle qui prend l'initiative, décide, entre en relation et passe aux paroles et aux actes, sans se laisser influencer par les Surmois, archaïques ou autres, imposés de l'extérieur, y compris les prescriptions juridiques de la loi, plus préoccupé de l'esprit que de la lettre." René Marcel Sauvé

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le conquis /
nécessité de faire consensus
par la stratégie, par la discipline
René Marcel Sauvé
vendredi 2 mai, 2003 09:12

Monsieur Bertrand,

Je recommande à tout le monde de lire dans Le Devoir d'aujourd'hui vendredi 2 mai 2003, en page A-8 la lettre d'un lecteur, Patrice Boileau de Carignan.

Sous le titre L'impasse de Jean Charest, l'auteur de la lettre explique au delà des apparences pourquoi au fond c'était une bonne chose que nous ayions perdu les élections le soir du 14 avril. C'est que j'appelle un repli stratégique, qui nous permettra de mieux bondir en avant, mieux que nous l'aurions fait si nous avions gagné.

D'où nécessité de poursuivre nos préparatifs afin de sortir l'électeur Québécois du désarroi dans lequel il se trouvait le jour de cette dernière élection. Les électeurs n'ont pas choisi parce qu'il n'y avait pas consensus sur aucun de problèmes soulevés pendant l'élection. D'où leur désarroi, qu'ils ont traduit comme ils ont pu dans les faits.

Ceci nous ramène à la nécessité de faire consensus avant de pouvoir passer aux actes.

Or, le consensus exige deux choses en partant:

a) une doctrine stratégique et

b) de la discipline.

Autrement, nous allons continuer de tourner en rond et chacun cherchera à imposer son point de vue plus ou moins tyrannique aux autres, sans plus.

Doctrine stratégique veut dire définitions rigoureuses et correctes de tous les termes utilisés pour accéder à la souveraineté, qui est le statut d'un État reconnu de droit comme de fait. Ce n'est plus du jeu de mot ni du gargarisme intellectuel pour  natures narcissiques.

Les termes nation, Nation, pouvoir, Pouvoir, état, État, autorité, souveraineté de fait et souveraineté juridique, indépendance (aptitude et capacité de choisir ses dépendances et la source de leurs satisfactions), territoire, jurisdiction et surtout les principes universels qui gouvernent les États, tout celà doit être rigoureusement défini, autrement, nous nous condamnons nous-mêmes aux plus honteuses défaites.

Ce n'est plus le temps de jouer avec des mots.

Discipline? Parlons-en. Laissez à un militaire le soin de vous dire ce qu'est la discipline et ce qu'elle n'est pas.

D'abord ce qu'elle n'est pas. Voyez le soldat des Coldstream Guards, ou des Grenadier Guards debout devant le palais de Buckingham, rigide, au garde à vous. exécutant des mouvements mécaniques, sans se tourner la tête, sans jamais tousser ni rire ni sourire. Eh bien, la discipline, ce n'est pas ça. Celà peut même être une parodie de la discipline, un spectacle pour amuser la galerie des fous, dont l'âge mental n'a jamais dépassé le stade de l'image ou du miroir, âge mental de cinq ans, ni plus ni moins.

Est-ce que ce soldat est discipliné? Celà dépend de ses dispositions intérieures.

Discipline veut dire disponibilité pour le service. Suivant cette définition fondamentale, la discipline est l'extrême opposé de la tyrannie du petit moi narcissique. Quelqu'un qui est discipliné, c'est quelqu'un de serviable et de fiable, sans pour autant se laisser manipuler et exploiter. Être discipliné, c'est accepter de se laisser déranger et de se déranger pour le bien général et le service des autres. C'est tout l'opposé du repli sur soi, qui nous affecte tous d'une manière ou de l'autre.

La discipline est la qualité d'une volonté libre et consciente, par opposition au conditionnement pathologique ou à la tyrannie des affects.

Selon Sun Tsu, l'ancêtre qui a le premier élaboré une doctrine sérieuse pour la stratégie d'État, la discipline est la seule véritable force d'un peuple. Parce que la discipline incite chacun et chacune à se défaire de son petit moi et à travailler à accéder à un consensus valable et nécessaire pour l'agir collectif.

Ce consensus doit d'abord graviter autour d'une interprétation rigoureuse des principes en cause et que nous avons déjà expliqués à plusieurs reprises.

Sinon, la société québécoise continuera de s'atomiser en une poussière d'individus isolés, chacun et chacune imposant sa petite tyrannie personnelle aux autres. Nous sommes loin du socialisme, du communisme, du capitalisme, du fouriérisme ou de toute autre idéologie sociale en isme, y compris le fédéralisme ou le séparatisme.

Notre but, c'est l'État, gérant de nos intérêts et des nécessités qui n'ont pas de loi.

Je m'arrête car je dois travailler.

J'examinerai les textes de madame Ferretti aujourd'hui, après avoir rédigé plusieurs lettres qui m'attendent.

Bonne journée à tous,

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Je ne crois plus à la politique et aux politiciens...
Comment faire du Québec un pays sans eux?
Est-ce possible?
Claude Poirier
mercredi 30 avril, 2003 01:18

On peut palabrer pendant des siècles sur le sexe du Québec et on n'y
comprendra toujours rien par la simple raison.

Comme le présent ne peut s'expliquer que par le passé, on peut comprendre que la défaite du Parti Québécois c'est la défaite du pays passé, celui qu'on arrive pas à faire parce que nous sommes coincés collectivement dans l'engrenage politique et dans les mailles du filet de notre passé de conquis avec toutes les séquelles dont nous sommes porteur.

Nous n'avons que comme seul outil la politique pour faire du Québec un pays.

Quand ce parti n'est plus là, nous devons attendre qu'il revienne.

Nous attendrons peut-être dix ou quinze ans avant que le P.Q. revienne et même là nous sommes loin d'être assuré de sa vigueur pour la cause puisque lorsque ce parti est au pouvoir, pour ne pas parler du pays à faire, il se cache derrière la bonne gouvernance, ou comme le disait Landry, être le gouvernement de tous les québécois.

Quelle ânerie! C'est un comportment d'échec. Sa dernière campagne
électorale en a été un d'ailleurs et je pourrais le démontrer sans
l'ombre d'un doute.

Si nous avions comme en Suisse le droit aux référendums simplement en recueillant 100,000 signatures, nous pourrions régulièrement en faire la demande, même lorsque les libéraux sont à la tête du Québec. Mais voilà! Notre bon parti n'a jamais pensé à cette option préférant
plutôt faire une parade de petits guerriers lors de leurs deux
référendums.

À qui appartient la question du pays ?

Au peuple à ce que je sache.

À qui appartient les municipalités ?

Au peuple à ce que je sache même si elles sont une créature de la divine politique provinciale.

Pourtant, l'autoritarisme avec lequel le P.Q. a procédé dans ce dossier est remarquable. Une bonne façon pour perdre les élections avec le
massacre dans la santé publique sous le règne de sa majesté Bouchard
dont le seul mérite a été d'être obsédé par le déficit zéro.

Je ne crois plus à la politique et aux politiciens, c'est définitif.

Nous sommes pourtant sous leur emprise.

Comment faire du Québec un pays sans eux ? Est-ce possible ?

On aurait besoin d'un mouvement de la masse pour y parvenir. Mais elle est tellement amorphe qu'il semble impossible de la mobiliser maintenant. Nous ne réussirons pas à faire du Québec un pays si le temps passe. La population vieillissante est toujours plus insécure, les immigrants sont contre nous et toujours plus nombreux et la dénatalité chez les francophones nous donne le dernier coup de massue. Pas très optimiste comme tableau n'est-ce pas ?

Et je n'aborde pas ici notre passé de conquis qui a des effets dans
notre mentalité profonde nous faisant balancer dans le peut-être que
oui, peut-être que non, je ne suis pas certain si c'est une bonne
chose l'indépendance, alors peut-être que...

Décourageant, même que je n'ai plus d'espoir.

Pourtant je continue à y rêver et comme le disais quelqu'un de ce groupe, le rêve doit bien se transformer en actions! Bien oui mais quoi !

Nous avons besoin d'un plan d'actions et le rassemblement de plusieurs personnes pour le créer, le discuter et le réaliser.

C'est possible! Ce plan doit contenir les véritables actions pour parvenir au pays et non des voeux pieux genre grands principes. Ce plan doit comporter un modèle originale de société, montrer au peuple ses réflexes de conquis et surtout lui montrer le chemin de sa liberté collective.

On a besoin de créateurs d'idées pour faire ce plan et  surtout quitter dans nos têtes l'attente de politiciens qu'ils soient du P.Q. ou non. On ne peut plus compter sur eux, ni sur la violence, ni sur l'espoir sans actions.

Le conseil de la souveraineté de Parizeau est une erreur parce qu'essentiellement politique. Il semble que peu de gens soit capable de penser l'accession au pays que par l'institution politique. Le chemin est à inventer mais je ne crois pas qu'il soit si compliquer que cela. Il faut être imaginatif et fonceur. J'ai déjà plusieurs idées sur le sujet et croyez-moi, je connais bien le Québec profond, celui qui est caché, invisible, qui rampe comme des taupes ne faisant surface que pour attraper quelques dollars, celui qui joue aux oui et aux non en passant par des processus de séduction tout à fait particulier et sans fin. Je
connais bien le Québec des désirs et des résistances au pays. Je sais
comment travailler ce peuple pour renverser ses tendances de perdants en conquérants.

Y a-t-il des gens parmi vous qui sont intéressés à se rencontrer au-delà de l'internet pour jaser du Québec et des choses à entreprendre? Y a-t-il parmi vous des gaullois d'amérique ?

Claude Poirier, socianalyste et écrivain
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Je ne crois plus à la politique
et aux politiciens...
Comment faire du Québec un pays sans eux?
Est-ce possible?
René Marcel Sauvé
mercredi 30 avril, 2003 09:33

Monsieur Poirier,

Je relève deux expressions discutables dans votre texte.

1. Passé de conquis.

Nous ne sommes pas un peuple conquis. La France a perdu sa colonie en Amérique du nord, mais au moment du transfert des titres entre les
monarchies française et anglaise, je veux dire titres de possession, ou
possession sur papier et par la force, NOUS étions présents sur place et NOUS avons commencé notre propre histoire.

NOUS n'étions pas un peuple conquis pour la simple raison que sous l'Ancien régime, nous n'avions aucun statut particulier. Un colon n'a pas de statut et par conséquent pas de pouvoirs, dans le sens de pouvoirs d'agir avec envergure comme une société territoriale, une nation sans État, qui dépasse déjà en statut celui d'une colonie, et, pouvoir d'agir avec encore plus d'envergure, comme une Nation, avec majuscule, c'est-à-dire nation qui possède les assises de son propre État.

Or, depuis le régime anglais, peu importent les injustices qui nous ont été infligées, les blocages systématiques, les centralismes étatiques et
unitaires, NOUS avons continuellement progressé du non statut de colon et de province (sur papier) vers le statut réel de nation avec la minuscule, ce qui veut dire société territoriale, qui possède de fait (de facto) par fait accompli le territoire qu'elle habite et qui, de plus, a construit les assises de son propre État, lequel État existe déjà de fait, par fait accompli et possède en plus certains pouvoirs juridiques qu'il importe pour nous d'augmenter, non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour les autres provinces, qui en devenant des États en même temps que nous, vont en prendre goût et se comporteront avec nous d'État en État, ce qui veut dire comme des relations internationales.

Nous sommes "vaincus" parce que nous nous croyons vaincus, non parce que nous le sommes réellement, loin de là. C'est notre principal problème. Il est psychologique et il nous a été planté dans la tête par les "vainqeurs" afin que nous ne sachions jamais qui nous sommes réellement.

Toute guerre est psychologique, monsieur Poirier. Les armes ne surgissent que lorsque les vaincus décident de se faire reconnaître après avoir pris conscience de leur statut réel, alors que ce statut leur est toujours refusé.

Dans l'armée, combien de fois, au cours d'âpres discussions sur le Québec, je me suis fait dire: "You are non existant". Vous n'existez pas. Vous n'avez aucun statut, ni statut particulier, ce qui enrage le Canada anglais, encore moins statut de nation avec ou sans majuscule et statut d'État. Naïfs comme des colonisés dont nous avons conservé la mentalité, nous nous laissons berner par ces remarques, alors que nous n'avons qu'à nous reconnaître nous-mêmes en premier lieu au moins comme nation et comme État.

What does Quebec want?

Réponse en anglais que personne ne peut réfuter: "STATEHOOD".

Ce qui veut dire l'État.

Tant que nous aurons cette mentalité de vaincus, nous continuerons de nous battre dans le noir.

2. On aurait besoin d'un mouvement de la masse pour y parvenir.

Vous croyez aux révolutions de masse ? Moi pas. Les révolutions sont le fait des classes moyennes montantes, instruites, formées à la dure et réalistes, non des "masses", qui suivent comme des moutons.

D'ailleurs, nous ne sommes pas une masse mais un petit peuple dont la population est partiellement isolée par la position périphérique du
territoire québécois, dispersée de plus sur un espace considérable. La seule concentration importante est dans la région de Montréal, où nous sommes presque minoritaires.

Rappelez-vous les principes que je tente de vous inculquer:

appréciation (non pas analyse mais appréciation) du contexte et de la situation;

détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables en termes de temps et d'espace;
maintien du moral,

concentration et économie de l'effort, etc.

En termes de stratégie, je ne vois présentement qu'une seule solution:
saborder Ottawa et nous devons le faire et nous pouvons le faire mais il faut d'abord en trouver toutes les ficelles et les faiblesses.

Les véritables révolutions sont le fait des classes moyennes instruites, non des bourgeoisies incultes, ignares et narcissiques.

Et de quelle instruction s'agit-il ?

d'une instruction centrée sur le problème des statuts de fait et de droit,

des principes de stratégie,

des principes de tactique,

autrement on frappe dans le beurre et on recommence parce qu'on ne sait pas où on s'en va.

Le travail à faire, monsieur Poirier, consiste à reprendre toute notre
instruction à la base afin de réorienter notre action en fonction
d'objectifs réalistes et réalisables, à court et à long terme.

C'est un défi fascinant.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
Claude Poirier
mercredi 30 avril, 2003 11:26

Votre argumentaire est bien théorique sur la notion de conquis.

Les humains ne sont pas des statuts mais des êtres de sentiments.

Une longue recherche pour le parti québécois en 1982 nous a appris les reliquats du passé en nous tous.

Je ne vous en ferai pas le portrait complet parce qu'il n'est pas très beau. Il est aussi décourageant parce que cette étude nous montre le sens de la nature de l'ambivalence des Québécois quant au Québec.

Leur avenir est suicidaire mais il ne le savent pas.

Il est aussi conquérant mais ils ne le savent pas.

Il est en quelque part bloqué entre les deux et se manifeste par un jour OUI et le lendemain NON.

Vous voulez les séduire davantage pour qu'ils disent OUI et vous aurez un NON. C'est déconcertant mais c'est comme ça.

Claude Poirier
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
Claude Poirier
mercredi 30 avril, 2003 11:34

J'oubliais de vous dire qu'il y a pour les humains deux histoires:

celle des faits, des événements, des personnages... qu'on peut
oublier et réapprendre un jour.

Il y a aussi celle des sentiments, des émotions, des traumatismes, des souffrances... qui demeure bien vivante, le plus souvent dans l'inconscient collectif, et qui fait parfois des ravagers qu'on a peine à soupçonner.

Refuser que les québécois soient habiter par des réflexes de conquis en attribuant la faute aux anglais c'est bien mal connaître l'autre histoire qui n'a rien de logique et de rationnelle mais pourtant toute puissante en nous tous.

Claude Poirier
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
René Marcel Sauvé
mercredi 30 avril, 2003 14:19

J'aurais dû écrire une brique de 500 pages sur les thèmes que j'ai osé
reprendre en une page ou deux.

Ma "conception" du terme conquis, applicable aux États, n'a rien de
théorique, loin de là.

Elle est fondée sur une définition des statuts reconnus, de fait comme de droit.

Comme vous dites, si tout se passe dans l'émotion et les sentiments, alors, il n'y a réellement plus rien à faire, aller bûcher son bois ou garder des moutons dans le pays ancestral, en attendant que les "sentiments changent" et que le peuple vote massivement pour l'indépendance, dont il n'y aucune idées des exigeances, puisqu'il juge de tout sur la base de ses émotions.

Tout travail de construction d'une nation et d'un État, de fait et ensuite de droit, ne devient alors que "théorie" et doit être interrompu sur le champ, pour faire place à des jeux de Nintendo, beaucoup plus excitants.

Donc, si l'autre histoire n'a rien de logique et qu'elle est toute puissante en nous tous, alors nous perdons notre temps.

J'ai perdu mon temps à fréquenter les universités américaines et européennes pour étudier la formation des peuples, des nations et des États, avec ou sans majuscule.

J'ai perdu mon temps à aller m'instruire par la pratique et l'expérience avec plus de 28 années de service comme officier de l'armée canadienne, dans les régiments d'infanterie, les écoles militaires comme prof et les états-majors, J'aurais pu logiquement tout apprendre suivant un procédé cartésien et le tour aurait été joué.

S'il n'y a pas de continuité, alors il n'y a que des moments isolés et
juxtaposés dans une vie, individuelle et collective, pourquoi s'instruire
afin d'organiser systématiqment l'action.

Dire que la nation, l'État, l'agir ne sont pas logiques mais ontologiques et architectoniques, c'est déjà tenter de voir les continuités à l'oeuvre au delà des sentiments, émotions et tout le reste.

Il est vrai, que, âgé de 72 ans et ayant vécu et travaillé dans quatre continents, je n'aurais aucune idée de la "logique" opposée aux émotions et aux sentiments, encore moins de la continuité et de la constante par opposition à la variable.

J'ai surtout voulu citer Machiavel dans le Prince (qui n'est pas logique mais qui connaît les cupidités et les passions) et qui explique comment on garde un pouvoir en semant chez un peuple la confusion des sentiments et le chaos intellectuel.

Ce que j'ai vérifié plusieurs fois sur place dans de nombreux pays et aussi par l'étude de l'histoire des États.

J'ai désespérément tenté d'expliquer la conquête d'un statut de fait par les moyens reconnus depuis les temps les plus reculés.

Erreur, je ne connais rien.

Tant pis.

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
Valérien Lachance
mercredi 30 avril, 2003 16:20

À qui de droit:

À l'âge de 13 ans, je rêvais de faire de la construction.

Mon frère Georges, dont j'ai déjà parlé, achetait des revues américaines sur le sujet.

Elles étaient étalées ici et là, je regardais les photos de maison et je rêvais d'en construire une un jour.

Mais, j'étais jeune à peine dépassé le primaire :-(

Il fallait attendre, et attendre encore, tout en lisant Homes Illustrated et bien d'autres.

Le rêve s'amplifiait, mais, le projet était à  peine perceptible à l'horizon.

17 ans, et voilà un tournant pour le rêve.

Je prenais conscience que je ne connaissais rien en la matière.

Il fallait dont apprendre.

Cours de dessin d'architecture et de construction par correspondence avec ICS ( international correspondance school )

Trois ans plus tard et de travail ardu à domicile, à l'aide d'un professeur à 800 kilomètres ! Cours  terminé.

On fait quoi à l'âge de vingt ans, sans  expérience et aucun débouché en construction ?

Expérience en dessin OUI, alors; je trouve un emploi à la salle-à-dessin à l'Aluminium Co à Arvida.

Il  faut survire quand même, tout en cultivant le rêve, mais, j'avais acquis une base nécessaire pour aller plus loin.

Mes parents vendent leur maison et.... me donnent $ 2000.00. Montant important en 1947.

Que faire alors avec ce montant en banque ?

OUPS !  L'économie aidant, le rêve pourrait-il se réaliser ?

Encore fallait-il avoir un but concret ou.... réaliser le rêve envers et contre tous !

Étant célibataire, j'optai pour la construction d'une maison, "advienne que pourra"  comme disait Chevrette.

Le rêve long de 7 années d'adolescence, était donc sur le point de se réaliser.

Alors vint le grand jour, et je commençai à tracer les plans de _Ma_ maison.

Il fallait aussi acquérir un terrain. À ce stade, je passais aux choses concrètes.

Il fallait, voir, juger et agir, peser le pour, le contre et.... prendre des décisions.

Il fallait mettre les sentiments de côté puisque j'étais en affaire et.... sans expérience.

Demander des prix, marchander du bois de construction, demander des prix pour les fenêtres, examiner la qualité des produits offerts etc.  j'étais dans le jus comme on dit !

Enfin ! J'achetai le terrain sur la rue Burma à Arvida, à distance de bicyclette de mon travail.

Et, vint le grand  jour :  On procède aux excavations du petit bâtiment de un étage et demi.

Je donne à sous-contrat les fondations et.... je fais tout le reste moi-même.

Avec un emprunt de $5,000. je boucle le budget et voilà. c'était fait.

J'arrête ici pour le besoin de la démonstration..

Ce que j'ai voulu démontrer par cet exercice, c'est qu'il faut passer du rêve à la réalisation en passant par des émotions, des comportements différents, devenir pratico-pratique à un moment particulier de la réalisation du rêve qui devient alors réalité partielle, comme un bâtiment dont le toit est en place, la brique suit de près, alors qu'il ne reste que la peinture et la décoration à terminer.

Puisque le bâtiment a déjà franchi plusieurs étapes ( de facto ) il reste peu de travail a faire pour déclarer la maison construite ( de jure )

C'est ce que René-Marcel Sauvé veut nous enseigner par sa patience,  notre écoute pour bâtir ensemble, Le Pays-du-Québec!

Valérien Lachance
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
Claude Poirier
mercredi 30 avril, 2003 15:25

Vous allez vite en affaire.

Vos travaux et vos efforts ne sont pas inutiles, loin de là !

J'ai aussi passé ma vie à comprendre l'humain historique sous l'angle collectif et sous la couverture, sa vie psychique inconsciente.

Nous sommes dans deux mondes différents vous et moi et ce n'est pas grave.

Ce que j'ai voulu signifier c'est qu'une collectivité a sa vie psychologique historique qui lui est propre habitée par des désirs, des défenses, toute une vie souterraine qui construit en grande partie ce que l'on appelle le présent et détermine une partie de son futur.

Les travaux que vous avez fait ce n'est pas de la merde et pas davantage les miens.

Nous abordons la société sous un angle différent.

On pourrait en écrire long ici pour se comprendre mutuellement et ce n'est pas l'endroit.

Peut-être qu'un jour nous aurons l'occasion de nous rencontrer pour
nous connaître!

Claude Poirier
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé /
Pourquoi pas l'endroit ?
Robert Bertrand
mercredi 30 avril, 2003 19:35

Bonjour Claude
et à tous les membres (féminin et masculin) du réseau,

À quelques reprises on signale que ce n'est peut-être pas la place pour se dire des choses, pour exposer ce que l'on veut mettre de l'avant, parler, se le dire...

Mais oui, c'est la place pour mieux se connaître pour mieux se parler.

Quel sujet doit être tabou ?

Ce qui nous tient à coeur, c'est important.  Et tout ce qui nous tient à
coeur, personnellement, pourquoi ne pas le partager avec les autres ?

Si certaines personnes trouvent cela impertinent, elles peuvent mettre de côté des éléments qui, à leurs yeux, ne conviennent pas.  Aux yeux de d'autres, voilà toute la différence.

Se raconter pour dire où nous en sommes pour pouvoir, par la suite, cheminer ensemble vers des objectifs qui pourraient nous unir davantage.

Pourquoi pas ?

La "modération" c'est celle qu'on se donne personnellement envers soi et pour les autres.

Lorsque l'on connaît bien les gens, n'êtes vous pas d'accord que l'on peut faire un bon bout de chemin avec eux autres ?

On peut être philosophe un moment donné, psychologue, artiste, compositeur, écrivain, humoriste, et quoi d'autre, professeur, géographe etc...

Bien amicalement,

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le conquis
Claude Poirier, socianalyste
jeudi 1 mai, 2003 16:04

J'ai écris il y a quelques années un texte relatant notre esprit de
conquis à travers de petits exemples de la vie quotidienne. Je vous
le présente en espérant qu'il ne vous découragera pas.

Claude Poirier

LA MÉMOIRE HISTORIQUE DES QUÉBÉCOIS: DES RÉFLEXES DE CONQUIS
Par: Claude Poirier, socianalyste

On entend souvent dire que les Québécois n'ont pas de mémoire
historique, qu'ils souffrent d'amnésie et que c'est là une des
manifestations d'une culture générale anémique. L'explication la plus
couramment soulevée porte sur l'insuffisance de l'enseignement de
l'histoire à l'école primaire et secondaire. Et quand on fait allusion à cette apparente grande cause de notre vide collectif à l'égard de notre passé, on relate l'absence d'un savoir des grands événements sociaux-politiques et les personnalités qui ont contribué à faire de nous ce que nous sommes.

Si la mémoire collective ne consiste alors qu'à mémoriser
rationnellement notre passé, cela participe au développement d'une
culture générale plus vaste mais n'aide en rien la collectivité à
dénouer des problématiques qui la caractérisent. Par exemple, il ne
suffit pas de tout savoir sur la conquête anglaise pour en atténuer
les conséquences toujours présentes en nous! En fait, quels avantages
une société peut-elle obtenir en se souvenant des grands événements
ou ceux d'une moindre importance? Qu'espérons-nous en désirant que l'histoire soit davantage enseignée dans nos écoles?

Quand un Gilles Proulx, du poste de radio CKAC, ou des intellectuels plus discrets, condamnent l'avenir du Québec à la médiocrité parce
que cette collectivité ne se souvient pas (peut-être faudrait-il dire qu'elle ne cherche pas à se souvenir) de son passé, à quoi s'attendent-ils d'un Québec d'une plus grande culture historique?
Pensent-ils que le Québec serait bien différent s'il savait? N'est-ce
pas espérer un autre monde, un autre Québec? Ce qui profondément peut désespérer, n'est-ce pas de sentir en soi-même la québécoiserie à
l'oeuvre, le désespoir historique du Québec, le passé qui fait souffrir et qui emprisonne d'anciens rêves, ceux des premiers arrivants cherchant à conquérir une sorte de paradis terrestre ! Au fond, les critiques portant sur l'insuffisante mémoire des Québécois ne révèlent-elles pas le rejet du présent et de l'avenir contenus en nous comme vestige de notre passé?

Il faut dire que la vie humaine est loin d'être rationnelle et logique comme la plupart des gens sont portés à le croire. Les passions, la croyance en la vérité de ses propres opinions et perceptions, bien gardées par toute une gamme d'arguments et de certitudes, empêchent le savoir de se frayer un plus grand passage dans la vie. Pourtant, le passé veille, il cherche à se dire, à se manifester constamment au quotidien. Prenons à témoin des maximes qui surgissant de  la  nuit des profondeurs de la collectivité québécoise telles: «Il vaut bien  mieux ne pas trop en savoir dans la vie!» ou «On est né pour un petit pain.» La mémoire, c'est aussi et surtout ça. (page - 2 -)

L'Autre mémoire

Il existe en nous une autre mémoire, beaucoup plus importante et plus puissante, celle des conséquences des grands événements traumatiques de notre passé, celle de nos défenses et de nos désirs collectifs, celle du coeur et des sentiments, celle qui bat dans le rythme de notre présent et indéniablement dans celui de notre futur, celle qui nous fait, qui nous identifie, qui nous définit comme collectivité, celle de nos pathologies collectives engendrant dans notre vie quotidienne des reliquats sans nombre. Mémoire inconsciente des origines et des traumatismes, mémoire dominée par les sentiments d'échec, de culpabilité et d'abandon, comme un buvard, elle s'étend à travers le temps sans perdre son ampleur et construit ses symptômes.  Parmi eux se trouvent ceux reliés à la conquête anglaise: des réflexes de conquis.

Voici donc quelques exemples où sous l'abri de rationalités de toutes sortes, on justifie ses actions, ses pensées, ses opinions:

- «Il faut apprendre l'anglais dans la vie sinon tu ne pourras pas
réussir.»

- Des québécois lisent les journaux anglais en invoquant comme
raison qu'ils sont meilleurs que ceux en français.

- Serge Chapleau, caricaturiste au journal La Presse, se plaint de la
mauvaise traduction de livres anglais et préfèrent donc les lire dans
la version originale. Combien d'autres québécois bilingues lisent en
anglais parce que c'est meilleur et moins coûteux. N'est-ce pas
encore le conquis qui se manifeste !

- Du cinéma, américain surtout, combien de québécois démontrent une sorte de snobisme à l'égard des traductions françaises en disant
qu'ils préfèrent les versions originales anglaises parce qu'elles sont meilleures. C'est ainsi que près de la moitié des cinémas de la
région de Montréal ne présentent que des films en anglais.

- Des tendances chez ceux qui démarrent une entreprise à la baptiser
d'un nom anglais.

- Softimage, Yogourt Délisle, Vins et Spiritueux Dumont, plus d'une
centaine en quelques mois, se sont vendus à des intérêts étrangers.
Les propriétaires québécois ont justifié leurs gestes en parlant du
développement futur de leur entreprise. On oublie alors que
Microsoft, Danone, Vincor, les acheteurs respectifs des entreprises
citées, ont débuté leurs opérations comme de petites entreprises.
Le «petit pain» s'avère en quelque sorte subtile dans l'interdiction
de réussir au-delà d'un certain seuil et selon  des variantes
individuelles.  Il finit toujours par se frayer un chemin.

- Les multiples blocages à maîtriser davantage sa langue maternelle,
le français.

- La forte tendance des émigrants à apprendre l'anglais plutôt que le
français et leur résistance à l'égard de la réussite du Québec comme
pays. On aura beau essayer de trouver des explications à cela, que
nous devrons toujours revenir à l'influence que nous avons, Québécois de souches, sur eux.  Les émigrants nous sentent et  finissent assez (- 3 -) rapidement par être habités par nos grandes dynamiques collectives et cela, sans qu'ils s'en rendent compte.

- Le taux élevé d'abandon scolaire symptomatise la recherche de
l'échec, de la défaite. L'enseignement même est alimenté par un état
d'esprit de défaite passant à travers les attitudes et les comportements des adultes qui ont la charge d'éduquer et d'instruire.

Des exemples comme conséquences chez les jeunes: le désintérêt de
l'école, du travail et le manque de confiance en l'avenir. L'avenir
bouché vient de notre passé de perdant, de conquis et non par la
situation socio-économique actuelle.

- «Il vaut mieux être pauvre et en santé que riche et malade.» C'est
bien là ce que disait, il y a quelques années à l'émission de radio
de Pierre Pascau à CKAC, la mère de Jacques Richard, un ancien joueur des ex-Nordiques, suite à l'arrestation de son fils à propos d'une question de drogue. Elle disait quelque chose comme: «Je savais qu'il aurait des problèmes un jour. Quand on gagne de l'argent, comme joueur de hockey, à ne plus savoir quoi en faire, on finit mal. S'il s'était contenté d'une bonne petite job stable avec un salaire
raisonnable, cela ne serait pas arrivé.»

- «Tu vois, les riches ne sont pas plus heureux» disent des hommes et
des femmes du Québec.

- L'argent, c'est sale.

- Le comédien, Michel Côté, invité à l'émission «Raison Passion» de
Denise Bombardier, le 25 mars 1995, disait: «Je me sens coupable
quand je fais de l'argent.» Il a dit aussi qu'il ne connaissait personne qui faisait de l'argent et qui ne sentait pas les mêmes sentiments que lui.

- L'ex-Premier ministre, Robert Bourassa, déclara suite à la vente de
Consolidaded Bathurst par Power Corporation à la compagnie américaine Stone, ce qui suit:  «Il n'est pas important de savoir à qui
appartient la Consolidaded Bathurst, mais ce qui est bien plus
important, c'est de savoir que nos emplois sont sauvés.» Voilà une
réaction de petit pain à l'échelle de l'État.

- La peur, chez les Québécois, de tout perdre advenant l'indépendance du Québec. N'est-ce pas étrange d'associer l'échec à une réussite collective éventuelle, celle de la mise au monde d'un pays ! C'est comme si on disait par là qu'on n'a pas le droit de réussir.

- Les multiples formes de recherche de la pauvreté et de la misère.
Par exemple, les surinvestissements que l'on retrouve dans des
activités qui visent le repli sur soi, telle l'idéologie alimentaire
granola, particulièrement présente chez des femmes. Ne dit-on pas
d'ailleurs que les femmes du Québec sont plus résistantes à l'idée de
l'indépendance !

- Les tiraillements entre Québécois quant à l'avenir du Québec.
L'explication de ces tensions provient du fait que la population
québécoise est divisée en deux : l'une qui s'est identifiée davantage
au conquérant anglais, l'ennemi d'hier, et qui a introjecté plus
fortement le surmoi collectif de l'interdit de la réussite collective
sous peine d'une grande punition, à savoir de tout perdre, et
l'autre, celle qui essaie maladroitement de reprendre le passé pour
le corriger en y faisant naître un pays. L'exemple récent du ministre
libéral, Stéphane Dion, dans le gouvernement Chrétien, qui adopte
une  attitude (page - 4 -) de Mère Supérieure concernant la déconfessionnalisation des écoles du Québec, est un exemple frappant de l'attitude conquérante et dominatrice d'un québécois s'identifiant au conquérant anglais. Pour bien camoufler son identification au conquérant, il parle rationnellement de son désir pour le Canada.

- Les politiques favorables du Gouvernement du Québec à l'endroit des PME sont justifiées de la façon suivante: «la majorité des emplois
appartiennent à des PME.» C'est une autre façon de voir l'économie et le développement du Québec à l'aide de petits pains. Pourtant, nous avons surtout besoin de grandes entreprises plus créatrices de richesses.

- La jalousie de la réussite d'autres québécois. Cela s'est traduit dans le langage populaire par: «les Québécois! c'est des manges canadiens.»

- Les Québécois se font manger la laine sur le dos. N'est-ce pas
parler du mouton en nous, c'est-à-dire celui qui a perdu et qui doit
ramper devant le conquérant !

- L'attitude généralisée du monde des affaires du Québec, conservatrice, frileuse et complexée (honteuse, coupable) de sa souche québécoise, révèle une profonde fragilité de la réussite québécoise  puisqu'elle est d'abord identifiée au conquérant.

D'ailleurs, après la conquête anglaise, après le clergé, le petit monde des affaires du temps s'est rangé assez rapidement au côté des anglais, en essayant même d'adopter son style méprisant et autoritaire.

- L'important dans la vie c'est d'avoir juste assez d'argent pour
vivre.

- Les attitudes de grippe-sou, à l'égard d'Ottawa, des différents partis politiques qui se sont succédés à Québec, sont les mêmes que les Québécois ont à l'endroit de Québec et à l'endroit de l'argent. C'est la peur d'être pauvre, d'être humilié, d'échouer, dont les origines remontent à la défaite contre les Anglais en 1759.

- La peur des Québécois à l'égard des conflits. Ne dit-on pas: «Je
veux avoir la paix, la sainte paix, la christ de paix.»

- Les nombreux : «ça marchera pas.»

- Les tendances à dépenser son argent d'une manière inconsidérée
s'assurant ainsi une épargne quasi nulle. C'est ainsi que la privation de l'argent s'assure l'échec, la défaite du passé projetée dans le présent et dans l'avenir.

- Les critiques et sentiments d'Hélène Jutras à l'endroit du Québec
dans son livre «Le Québec me tue», se comprennent par la défaite du
passé. Mademoiselle Jutras nous exprime son désespoir et son envie de fuir le Québec. Ainsi, à sa manière, elle nous dit qu'en restant ici,
elle échouera sa vie. C'est le Québec en elle qui parle.

- Les Québécois, c'est un peuple de porteurs d'eau.

- Certains québécois francophones qui se disent attacher au Canada
banalisent ce que l'histoire construit en nous, en disant que la conquête anglaise a eu lieu il y a longtemps et que de toute façon, ce qui est passé est passé et ça n'a plus d'importance. Le Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, est un de ceux qui manifeste le
plus le : Je ne veux pas me souvenir et de toute façon ça n'a pas
d'importance. Ce qui est important c'est l'avenir. (page - 5 -)

- Les politiciens québécois appuyant la cause du Québec comme pays à devenir, promettent aux anglophones du Québec que leurs institutions pourront continuer à exister après la séparation d'avec le Canada. En tentant ainsi de rassurer les anglophones, on indique notre hésitation à s'assumer comme peuple étant donné le lien historique névrotique (hystérie collective) que nous avons avec le conquérant.

- Une dame de Mont Saint-Hilaire contribuant à la mise au monde  d'un comité de citoyens de quartier, distribue un feuillet bilingue en
invoquant que dans sa rue il y a quelques anglophones. Pourtant, ils
comprennent le français. C'est par respect dit-elle qu'elle là fait.

- «J'ai vécu toute ma vie pour mes enfants.» Quand on dit cela, on
parle de l'avenir matériel de ses enfants. Sacrifier sa vie pour le
bien-être matériel de ses enfants, n'est-ce pas avouer une insécurité, une peur que ses enfants soient pauvres comme on en a toujours eu peur soi-même! Ce n'est pas rationnel, c'est émotif et dirigé vers le passé, pas le sien, celui de la collectivité. On dit alors à ses enfants que comme québécois, nous sommes habités par des blessures collectives inconscientes et qu'un des moyens de s'en sortir c'est de s'échapper vers une sécurité matérielle.

Ce ne sont là que  quelques exemples de réflexes du conquis québécois. Il en existe un nombre incalculable, qui se répètent, tel un perroquet.

Attendre que nos politiciens sorte le Québec de cette mentalité profonde, relève de la plus pure illusion. Ils sont tout autant ignorants de l'histoire que les autres citoyens. Ils ne peuvent donc que vivre l'histoire dans ses conséquences et, mélangées à un jugement restreint, à une capacité d'analyse diminuée, d'un savoir qui s'oubli et d'une pensée qui s'altère, engendrés par leur désir du pouvoir, leur partisannerie et leurs croyances politiques, ils ne peuvent conduire la population vers le désir conquérant qui l'habite, du moins, s'ils le peuvent, ce n'est que pour un cours laps de temps.

Ils préfèrent, inconsciemment, être dominés par les sentiments tout en faisant beaucoup d'efforts pour montrer qu'ils sont des êtres de raison et de logique. Est-ce que les choses seraient différentes si le Québec devenait un pays?  Seulement si les désirs collectifs anciens, de conquête particulièrement, pouvaient prendre la place de toutes ces défenses qui se sont installées dans le coeur des québécois. A part ça, il n'y a pas d'espoir. Nous ne pouvons que continuer à être ce que nous sommes devenus, de ce que notre histoire a construit en nous tous.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
retour à l'essentiel
Andrée Ferretti
jeudi 1 mai, 2003 14:21

Merci, merci, mille fois merci, CLaude Poirier, de nous ramener à la vérité humaine de l'histoire humaine de notre nation humaine.

Votre nom ne me dit rien (pardonnez-moi cette ignorance) mais à lire vos messages, j'ai l'impresion, le sentiment et autres émotions, de vous connaître depuis toujours.

Je vous embrasse chaleureusement.

Andrée Ferreti.
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le conquis
Robert Bertrand
jeudi 1 mai, 2003 16:04

Bonjour Monsieur Poirier,

Le titre "Le conquis" démontre l'attitude négative de ce que nous sommes, dans notre mentalité lorsque l'on veut voir, définir, ressentir toutes les failles qui nous habitent.

D'autre part, vous nous signalez ce que serait la façon de s'en sortir en nous disant :

"Est-ce que les choses seraient différentes si le Québec devenait un pays ?
Seulement si les désirs collectifs anciens, de conquête particulièrement, pouvaient prendre la place de toutes ces défenses qui se sont installées dans le coeur des québécois."
Auriez-vous, dans vos filières, un texte nous parlant justement de nos "désirs collectifs anciens, de conquête... ?"

Combien de fois n'entend-on pas nos compatriotes nous dire :

"Qu'est-ce que cela nous donnerait de plus d'avoir notre Pays ?"

"Qu'est-ce que ça va me donner de plus ?"

Auriez-vous dans vos textes des réponses pour nos compatriotes ?

Un Pays, c'est un effort collectif qu'on se donne pour être meilleur, pour se qualifier comme des grands dans le monde d'aujourd'hui.

De pair, ne faut-il pas marier la stratégie brutale, la science stratégique et la volonté sentimentale de créer notre avenir pour être meilleur individuellement et collectivement ?

Merci pour votre texte marquant sur le "conquis".  Il doit bien y avoir d'autres Québécois qui ne sont pas des vaincus, des défaits, mais qui savent dominer.

Cet aspect de notre littérature est-il connu ?  est-il mis en évidence ?

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Claude Poirier
vendredi 2 mai, 2003 01:30

Je ne vois pas l'importance d'aborder ici des sujets aussi disparates
que le pouvoir, l'autorité, les voies maritimes...

En quoi nous servent-ils Pour-le-Pays-du-Québec.

Si ce groupe veut parler de n'importe quoi je le quitterai. On doit respecter le but de ce groupe.

Nous avons beaucoup plus et mieux à faire que de philosopher sur un
sujet ou un autre.

Pour moi, c'est la tragédie qui me guette.

Je désire fortement depuis les années soixante que le Québec devienne un pays, je me fais vieillissant, j'ai encore de l'énergie à 58 ans, je veux reprendre du service puisque depuis huit ans je ne fais qu'écrire.

J'ai de bonnes connaissances sur le sujet du Québec et plein d'idées pour réaliser son indépendance.

La tragédie: mourir sans pays tout en sachant qu'on aurait pu le réaliser. C'est plus que frustrant!

A partir de la plus grande recherche jamais réalisé dans l'histoire
du monde sur l'inconscient d'un peuple avec les plus grands spécialistes mondiaux sur la question qui sont au Québec comme par hasard (certains sont déjà décédés), les résultats présentés successivement à René Lévesque, Pierre-Marc Johnson, Jacques Parizeau, Bouchard et Bernard Landry, aucun n'a voulu s'aventurer
dans les moyens pour parvenir au pays, moyens que nous avaient pourtant indiqués la population.

Celui qui s'est battu à nos côtés c'est Jean-Pierre Charbonneau.

Durant des années il a essayé de convaincre ses collègues avec des succès mitigés. Le moyen était pourtant le plus simple: inviter la population à se rendre dans des endroits pour parler (des lieux de parole collective). Nous aurions pu faire progresser cette population vers son indépendance. Cinq années auraient été nécessaires pour réussir le pays. Ce n'est pas de la magie mais du savoir professionnel.

Si en 1982 René Lévesque avait dit oui le Québec serait devenu un pays en 1987.

Ils n'ont tous cru qu'à eux-mêmes. Ils nous ont conduit dans l'échec, celle qui nous habite collectivement.

Communiquez avec Jean-Pierre Charbonneau si vous voulez vérifier mes affirmations.

Je n'ai plus aucune confiance en ces politiciens qui une fois au pouvoir abandonnent le combat du pays. Si vous avez bonne mémoire, vous devriez savoir que depuis 1976, il en a été question que deux fois: lors des deux référendums.

Le reste du temps ils se sont réfugiés dans l'occupationnel politique et gouvernemental.

D'ailleurs, Bernard Landry ne parle à l'heure présente de faire un
forte opposition aux libéraux mais pas question du pays.

Je ne peux plus sentir ses malades du pouvoir.

Ils ont un quelque chose de particulier entre les deux oreilles et entre les jambes qui est de l'ordre de la pathologie oedipienne.

J'ai écris un livre qui est paru en France, Pour une révolution de la
vie sociale, malheureusement pas encore paru ici, qui traite dans son
premier chapitre de ces gens qui perdent toute intelligence et esprit
critique lorsqu'ils prennent le pouvoir. Ils sont tellement occupés à se
battre et à se défendre contre leurs ennemis d'en face, de faire des
parades et des danses à la Salomé pour séduire l'électorat afin
d'assurer leur réélection, qu'ils sont incapables de grandes idées.

On ne peut plus compter sur eux, c'est terminé.

Il faut reprendre le vieux slogan de la CSN:

On ne peut compter que sur ses propres moyens.
Seul, c'est très difficile.

À plusieurs, avec un plaisir contagieux, nous pourrions entreprendre des actions de résistances actives contre le Canada et des actions de motivation mobilisantes en faveur du Québec-pays.

Mais veut-on s'occuper à faire n'importe quoi d'autres pour résister comme les politiciens l'ont fait depuis 27 ans?

Je crains que OUI.

On veut que le Québec soit un pays mais on ne veut pas se battre comme on doit le faire.

En ce sens, c'est la résistance qui gagne. On veut mais on veut pas. C'est oui et non.

Comme nos ancêtres se sont réfugiés dans les campagnes après la
conquête pour panser leurs plaies physiques, psychologiques et
sociologiques, comme par la suite ils se sont réfugiés dans la religion catholique, comme depuis les années 1950 les Québécois ont changé de refuge en cachant leurs souffrances passées dans le matérialisme, la nouvelle défense c'est parler de l'indépendance dans le plus grand confort sans passer è l'action.

J'en ai tellement long à dire qu'l faut que je m'arrête" Je sens bien
que je me défoule.

Claude Poirier
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Valérien Lachance
vendredi 2 mai, 2003 10:19

Bonjour monsieur Poirier.

    Il fallait que vous soyez provoqué pour ouvrir votre coeur et  exprimer votre insatisfaction générale face à la situation actuelle.

   Pour ma part, je crois que nous sommes encore dans la période  postmortem, du débat depuis les élections du 14 avril dernier, c'est le moment favorable pour faire le bilan, de se parler de ceci et de cela, puisque le propriétaire du site le permet, il l'a même demandé !

    Oui, c'est le moment le plus favorable pour "perdre du temps"
c'est-à-dire, aller au fond des choses, dire ce qui nous fait mal, exprimer le désarroi comme vous le  faites, se défouler comme vous le dites si bien.

    Quant à moi, lorsque je lis un thème sur le site qui me déplaît, qui va contre mes principes personnels, j'ai à choisir entre deux options: a) répondre ou b) m'abstenir !

    Je choisis souvent l'option b) pour deux  raisons:  1) Le sujet n'est pas à ma portée ou 2) ne m'intéresse pas ou je n'ai pas d'inspiration  pour répondre.

    Comme vous,  monsieur Poirier, je ne suis pas jeune avec mes 76 années d'âge !

    Comme vous également, c'est le  seul moyen que je possède pour "continuer le bon combat" comme dit Saint Paul: une référence certaine.

    Avant que le RN, le RIN, PQ existe,  nous discutions déjà en 1958, la forme que pourrait prendre le visage français du Pays du Québec; États associés, indépendance etc....

Çà n'apparaîssait pas dans les journaux !

Comme moi, depuis l'arrivée de monsieur Sauvé sur le site, nous avons appris qu'il faut environ 500 ans pour réaliser l'objectif du Pays du Québec, et que nous étions à un stage plus avancé que je le croyais; à un jet de pierre, c-à-d, un État de fait ( de Facto )

Qu'avez-vous donc à vous tourmenter, soyez un peu plus patient, faites comme vos prédécesseurs qui dorment bien tranquilles dans les cimetières de votre ville ou votre village et qui n'ont pas moins  contribué que vous à bâtir le Pays du Québec.

    Dites vous également, que  vous n'êtes qu'un maillon d'une longue  chaîne humaine à construire quelque chose d'encore plus grand que le Pays du Québec, le Royaume de Dieu !

Dieu a besoin des bras et des jambes pour travailler pour Lui, avec Lui et en Lui.

Accordons-Lui 10% d'effort à travailler pour l'avènement du Pays-du -Québec et le reste sera réalisé par LUI.

Voilà ma foi et mon espérance qui fait que:  Je ne suis pas pressé, ni
angoissé, parce que je sais, que Dieu a un plan d'Amour pour le Québec et le monde entier.

De cette façon, je ne suis jamais déçu, et j'accepte tout ce qui arrive avec le meilleur discernement possible.

Et si je ne devais pas voir l'aboutissement de mes efforts, mes enfants ou mes petits-enfants le verront à ma place. Ça s'appelle, le travail dans la foi, comme mon père jusqu'à Antoine Pépin dit Lachance arrivé en Nouvelle-France vers 1656, marié à Marie Taiste le 24 novembre 1659, en l'Église Notre-Dame à Québec, demeurant en la
paroisse Sainte-Famille de l'ile-d'Orléans.

La  devise familiale est:  FIDÉLITÉ

    JE ME SOUVIENS

Très amicalement monsieur Poirier.

Valérien Lachance.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Le conquis
Claude Poirier
vendredi 2 mai, 2003 14:01

 "Robert Bertrand" a écrit
> Bonjour Monsieur Poirier,

> Le titre "Le conquis" démontre l'attitude négative de ce que nous
sommes, dans notre mentalité lorsque l'on veut voir, définir,
ressentir toutes les failles qui nous habitent.

Claude Poirier :

Ce n'est pas négatif le titre de conquis c'est un état culturel

> D'autre part, vous nous signalez ce que serait la façon de s'en
sortir en nous disant :

> "Est-ce que les choses seraient différentes si le Québec devenait
un pays?

> Seulement si les désirs collectifs anciens, de conquête
particulièrement, pouvaient prendre la place de toutes ces défenses
qui se sont installées dans le coeur des québécois."
>
> Auriez-vous, dans vos filières, un texte nous parlant justement de
nos "désirs collectifs anciens, de conquête... ?"

Claude Poirier :

Pas de texte sauf une un rapport d'une longue étude qui nous a montré que les premiers arrivants au Québec (à partir de Champlain) étaient habités par un désir de conquête: trouver un nouveau monde, une richesse imaginée, un paradis de paix. Au contact des Indiens, au fil du temps, avec la guerre avec eux, ce sentiment de conquête s'est
transformé en culpabilité (de tuer) et en sentiment de perte qui
devait augmenter en vigueur avec la victoire des anglais, avec en
prime, le sentiment d'avoir été abandonnés par la mère patrie.

Ces désirs conquérants sont toujours en nous qui sommeillent dans
l'inconscient collectif. Ce n'est que par la parole collective qu'on
peut arriver à les faire surgir. Culpabilité (rien à voir avec
l'église), perte et abandon sont les sentiments qui gouvernent notre
collectivité. C'est dans ça que surgisse des expressions comme: né
pour un petit pain.

> Combien de fois n'entend-on pas nos compatriotes nous
dire :  "Qu'est-ce que cela nous donnerait de plus d'avoir notre
Pays ?"  "Qu'est-ce que ça va me donner de plus ?"
>
> Auriez-vous dans vos textes des réponses pour nos compatriotes ?

Claude Poirier :

La seule réponse c'est celle qui consiste à réparer le passé. Nous
sommes curieusement en train de le faire avec les premières nations
sans se rendre compte de ce que l'on fait.

> Un Pays, c'est un effort collectif qu'on se donne pour être
meilleur, pour se qualifier comme des grands dans le monde
d'aujourd'hui.

Claude Poirier :

Un pays ce n'est pas pour ça. Il sert uniquement à rassembler des
gens qui partagent une culture et à se protéger de l'exitence. Ça ne
réussit pas toujours.

 > De pair, ne faut-il pas marier la stratégie brutale, la science
stratégique et la volonté sentimentale de créer notre avenir pour
être meilleur individuellement et collectivement ?
>
> Merci pour votre texte marquant sur le "conquis".  Il doit bien y
avoir d'autres Québécois qui ne sont pas des vaincus, des défaits,
mais qui savent dominer.
>
> Cet aspect de notre littérature est-il connu ?  est-il mis en
évidence ?

Claude Poirier :

Non!

> Robert Bertrand
=====================

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
De quoi parlaient-ils ?
Robert Bertrand
vendredi 2 mai, 2003 14:18

Mes étudiants, mes étudiantes, lorsque j'ai commencé à enseigner, en 1967, j'ai voulu agir en bon professeur, c'est-à-dire, leur communiquer la façon d'apprendre pour leur permettre d'aller plus loin, d'avancer dans la vie.

J'avais mon expérience de vie, puisque j'ai commencé à enseigner après avoir travaillé, après avoir été à l'école quelque 25 ans de ma vie, mais pas encore de diplôme pour l'enseignement.

Je voulais encore poursuivre des études mais voilà un appel d'un ami. Des études, j'en ai suivi en parallèle.

J'en ai eu des professeurs, dans ma vie, des professeurs que j'ai aimé, que j'ai adoré, d'autres aussi ....  j'en ai vu des élèves dans les classes avant d'enseigner.  Je ne me dirigeais pas vers une profession d'enseignant et me voilà que j'étais devant ce choix !

Un directeur d'école me rencontre et de me dire :  Robert, j'ai besoin de toi pour enseigner à mes élèves...  Il parle de ses élèves qui triplaient leur année scolaire. Trois professeurs depuis le début de l'année et je devais être le quatrième et nous en étions aux alentours du 15 ou 18 septembre.  Les élèves, en conséquence, étaient plus âgés que les autres.  Le Directeur en question me connaissait et il m'a dit que "je crois que tu pourrais réussir avec eux autres".

En classe, j'ai voulu connaître ces élèves.  Je les ai invité à me raconter qui ils étaient.  Cette école secondaire regroupait que des garçons.  C'était l'époque.

Ils parlaient, me racontaient qui ils étaient.  Ce qu'ils aimaient.

Ils avaient un professeur qui les écoutaient.  Un professeur qui riaient de leurs histoires, de leurs vécus.  Ils n'avaient jamais vécu cela auparavant.  Tout le monde étant pressé, pressé de leur transmettre le savoir déterminé par le programme, déterminé dans les livres.

L'enseignement de l'anglais, c'était un changement de culture, de façon de voir, de façon d'être, de façon de discuter, de façon de vivre.

S'imaginer que l'on peut conquérir les autres cultures de la même façon que nous sommes, nous les français d'Amérique, je pense que notre approche est vouée à l'incompréhension, sinon au rejet de la part des personnes de cultures différentes.

C'est mon expérience, ma seule expérience de vie qui en vient à tirer de telles conclusions.

Les spécialistes pourront évaluer la réalité des choses.  Je leur laisse le soin de le faire dans leur objectivité et dans leurs connaissances.

Notre culture propre nous amène, très souvent, à imaginer que tous les autres doivent entrer personnellement et obligatoirement dans notre moule personnel de pensée, d'action, d'agir.

Tel n'est malheureusement pas le cas.

La vie se charge, elle-même, de nous rappeler à l'ordre, au bon sens, à l'acceptation des uns et des autres.

On a chacun nos intérêts, chacun nos valeurs, chacun nos critères, chacun nos propres évaluations.

Quand on voit qu'on est la seule personne qui a LA solution à tous nos maux, n'y a-t-il pas une saine réflexion à faire et voir ce que peuvent penser et dire les autres sur les mêmes objets de nos travaux, de nos recherches, de notre vie, et de nos expériences ?

On le sait, pour chacun d'entre nous, comment  __ on est parfait __ !

Entre gens  _ parfait _  permettons d'écouter et d'entendre les autres !

Le nombre de fois que j'entends "God Bless You"  et  "God Bless America", c'est à croire que ce Dieu ne pourrait faire de même pour ceux et celles qui pourraient dire "God Bless Québec", ou "God Bless Italy"  ou un quelconque autre Pays de la terre ou une quelconque autre personne.

Si le seul fait de voir ou d'entendre le nom de Dieu devait nous faire se boucher les oreilles et se fermer les yeux, il y aurait sans doute place à du questionnement.

Autrement, il faudra fermer l'appareil de télévision, le poste de radio, ne pas lire les journaux, fermer les livres et vivre, dans son coin, sa propre vinaigrette !

On a des choses à se dire et si on ne se donne pas la chance de se les dire ses choses entre personnes de savoirs différents, de connaissances différentes, sans s'imaginer que l'on est poursuivi par d'atroces personnes qui ne pensent pas comme nous, qui n'évaluent pas les choses comme nous, qui n'ont pas les mêmes perceptions que nous, à quoi, je vous le demande, aura pu servir tout notre savoir personnel ?  toute notre expérience de vie ?  toutes nos années de notre propre vécu ?

"Enlever cette image que je ne saurais voir ! "   "Enlever ce mot que je ne saurais supporter ?"

Si un texte choque, si un texte ne convient pas, il me semble qu'il y a des façons de faire.

Avec des enfants, on saurait leur dire un processus à suivre.

Avec des gens de savoirs, de connaissances, de diplômes, que faudrait-il dire ?

Avec tout ce que mes étudiants et étudiantes ont pu dire dans mes cours pendant trente ans, faudrait-il que j'aille dans les forêts pour ne plus rien entendre ?

Au contraire, ces personnes, pour un certain nombre, viennent encore me voir, me parler, échanger, me montrer leurs conjoints ou conjointes et leurs enfants et me parler d'eux et de leurs cheminements.

C'est en parlant, en échangeant, en discutant qu'on peut confronter nos savoirs, nos connaissances et trouver, possiblement, un moyen de procéder pour travailler ensemble vers un objectif qui nous est commun :  le Pays du Québec dans sa totalité et sa diversité.  Pas le Pays du Québec de nos rêves, mais le Pays du Québec de notre réalité.

J'avais le goût de le dire.

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Tu as raison Martin
Claude Poirier
Vendredi le 02 mai, 2003 4:00 PM

Mais je deviens toujours de plus en plus frileux et rapide sur la
gachette quand on invoque la croyance religieuse et/ou celle de Dieu.

Je pense fortement que les dieux et les croyances religieuses ne sont
que des mirages pour meubler le désert de la vie que sont l'ignorance
et le narcissisme humain.

Je ne m'excuse pas auprès de Valérien et des autres croyants parce qu'ils sont à côté de la voie ferrée en voulant mettre le Québec entre les mains de Dieu.

J'ai l'impression de me retrouver aux États-Unis ou dans un de ces pays musulmans fou de Dieu.

Je ne reviendrai plus sur la question

Quant à Monsieur Sauvé, non je n'ai jamais été dans l'armée.

Je suis un antimilitariste.

Claude Poirier
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Tu as raison Martin
René Marcel Sauvé
samedi 3 mai, 2003 00:21

Antimilitariste ou anticléricaliste ou anticommuniste,ou antfasciste, ou anti n'importe quoi, c'est toujours le même manichéisme.

Le Québec était manichéiste avant la révolution tranquille et il l'est resté après, quoiqu'avec des étiquettes différentes.

Un militaire n'est pas nécessairement militariste et un militariste n'est
pas nécessairement militaire. Un soldat n'est pas nécessairement ni
militaire ni militariste.

Officier pendant 28 ans, j'ai rencontré très peu de militaristes ni même de vrais militaires dans l'armée, seulement des gens très ordinaires qui n'y restaient jamais longtemps. La majorité quittent dans les cinq ans qui suivent leur engagement. Alors pourquoi sont-ils entrés dans l'armée?

Pourquoi entrer dans l'armée?

Pour toutes sortes de raisons qui n'ont en majorité rien à voir avec le militarisme ou le militaire. On entre dans l'armée, l'aviation et la marine pour des raisons économiques, sociales ou politiques qui n'ont souvent rien à voir avec la vie militaire comme telle.

La jeune femme soldat américaine qui a été tuée en Irak n'était ni
militariste ni militaire si on entend par là un genre et un style de vie
plutôt qu'un stade de vie. Cette jeune femme était sur le chômage depuis longtemps et elle n'avait aucun espoir de trouver un emploi, alors elle est entrée dans l'armée.

Dans les régiments, les écoles et les quartiers généraux où j'ai servi, la
plupart des "militaristes" comme les appelle monsieur Poirier n'avaient aucun genre particulier ni aucune ambition de faire carrière. Ils sont venus pour une foule de raisons, y compris la fuite d'un milieu familial devenu intolérable.

Les services juridiques, sociaux et psychologiques fonctionnent toujours à plein dans les installations de l'armée, la marine et l'aviation, pour la simple raison que les forces armées sont souvent un refuge économique, social et personnel. Comme auparavant les communautés religieuses.

Plus de 85% des membres des forces armées appartiennent à cette cartégorie.

La preuve: dès que leurs problèmes sont réglés, ils quittent, surtout
lorsqu'il s'agit d'aller risquer sa vie sur un théâtre de guerre.

À l'école canadienne d'infanterie, où j'ai été formé pour devenir officier régimentaire, nous étions 144 candidats lorsque je débutai et à la fin, nous n'étions plus que sept et sur les sept qui restaient de la fournée, seulement deux ont fait carrière.

Alexandre Taschereau et moi-même.

Chez les aviateurs, l'aviation militaire a été l'occasion attendue de se
qualifier pilote et de compléter 2000 heures de vol avant de pouvoir quitter et s'engager dans une compagnie aérienne. Jamais ils n'auraient pu se qualifier autrement. Une simple licence privée coûte près de $20,000 et encore, elle n'est pas suffisante pour trouver un emploi. Il faut ajouter le vol aux instruments, le vol de nuit, le vol à distance, la conversion sur les bimoteurs, les moteurs à turbines, les jets et une foule d'autres qualifications qui font monter la facture à plus de $200,000. Donc, l'aviation militaire est une bonne opportunité pour se qualifier pilote et sortir se trouver un emploi dans l'aviation civile. De même pour une foule d'autres métiers, dont les métiers de la marine.

Saviez-vous que dans l'armée, seulement UN soldat sur 20 sert dans les armes combattantes, l'infanterie, l'infanterie parachutée, dont j'ai fait partie, l'artillerie et les blindés ?

Les 19 autres sont occupés par les services logistiques, l'administration du personnel et la paperasse gouvernementale, car il y a des tonnes de papiers à remplir pour toutes sortes de choses et même l'officier engagé au combat doit remplir des papiers et des papiers et des papiers, (comme le policier dans sa voiture qui ne cesse de griffonner quelque chose afin de pouvoir répondre de ses actes.)

Aujourd'hui plus que jamais, les tribunaux internationaux surveillent les armées du monde et les officiers engagés dans des opérations de guerre doivent tenir un journal et des cartes rapportant la moindre de leurs actions.

C'est pas si simpliste que ça de se trouver dans une armée engagé dans une guerre, monsieur Poirier et votre "antimilitarisme" ne règlera pas le cas des guerres qui sont presque toutes provoquées par des politiciens ou des gens au pouvoir, gens qui n'iront pas se faire massacrer pour défendre une cause indéfendable, mais comme il y a
toujours des pauvres qui se cherchent un emploi, alors les riches vont
toujours trouver des soldats parmi les classes travailleuses.

Voyez George Bush, président des États Unis. En voilà un qui a évité le service militaire parce qu'il se disait antimilitariste et le voilà
maintenant plus militariste que les militaires.

C'est lui et non l'armée qui a ordonné l'invasion de l'Irak. Les forces armées américaines se sont objectées mais n'ont aucun pouvoir politique et elles doivent obéir aux ordres, fussent-ils les plus idiots du monde.

Pour ajouter aux misères des soldats et surtout des officiers,  les tribunaux internationaux, en commençant par celui de Nüremberg aux lendemains de la seconde guerre mondiale, ont décidé que lorsque les ordres contredisent la conscience morale et universelle, alors l'officier et le soldat doivent s'opposer aux ordres.

Très bien et il sera emprisonné, fusillé pour avoir désobéi.

Non seulement les Allemands mais aussi les Britanniques et les Américains fusillaient leurs propres soldats. Les Français étaient pires que les autres et les pires parmi les pires étaient les Éspagnols sous Franco. Les Russes ne donnent pas leur place non plus. On ne désobéit pas au pouvoir établi, point final.

Au Ghana, j'ai perdu plusieurs de mes anciens élèves officiers qui avaient osé remettre en question les ordres émanant du pouvoir
politique.

Allez enseigner l'antimilitarisme aux politiciens, pas aux militaires.

Et si George Bush a ordonné l'invasion de l'Irak, c'est parce que le
gouvernement américain est en position de force et peut aller chercher
encore plus de richesses et de pouvoirs, peu importe la moralité des actes commis pour y arriver.

Et lorsqu'un pouvoir est en position de puissance monsieur Poirier, il n'est jamais traduit devant les tribunaux internationaux pour crimes de guerre.

Rappelez-vous cette conclusion de la célèbre fable de LaFontaine, Les
animaux malades de la peste:

"Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir".
Pouvez-vous comprendre celà, monsieur Poirier?

George Bush vient de décider que la guerre est finie. Savez-vous pourquoi monsieur Poirier ?

Parce que George Bush est soudainement devenu antimilitariste comme vous et a décidé qu'il préférait la paix ?

Voulez-vous la réponse du "militaire" ?

C'est parce qu'en déclarant la fin de la guerre, le gouvernement n'a plus besoin de payer des pensions et compensations de guerre aux familles des militaires blessés ou tués en Irak.

Ainsi, la guerre peut continuer avec des coûts réduits pour le  gouvernement américain.

Un militaire blessé ou tué en temps de paix n'est éligible pour aucune
compensation spéciale, pour lui-même et sa famille. Il n'est pas déclaré "vétéran" et ne peut bénéficier non plus des avantages accordés aux vétérans. Ceci est la réalité monsieur Poirier, la dure et réelle réalité qui frappe et fait tomber les deux pieds par terre.

Moi-même, monsieur Poirier, j'ai servi trois ans en Afrique Équatoriale dans un pays en guerre. J'y étais avec ma famille et nous avons risqué notre vie au cours de ces années passées au Ghana, en proie à la guerre civile suite à la décolonisation. Nous avons perdu notre fils aîné, âgé de sept ans, tué par l'écroulement d'un mur. Les enfants et moi-même avons attrapé les fièvres tropicales et les enfants en ont été marqués. Nous avons quitté après trois ans, laissant un membre de ma famille sur le carreau, enterré dans le cimetière Christianborg, à Accra.

Mais le Ghana n'a jamais été déclaré "théâtre de guerre" de sorte que je ne reçois aucun avantage dévolu aux vétérans.

De même pour Chypre et le Moyen Orient, où il y a eu des morts et des blessés. Aucune compensation.

Je suis sûr qu'avec votre antimilitarisme, vous auriez réglé tous ces
problèmes d'envergure tout d'un coup.

L'idéologie règle toujours tout.

Parlant vétérans, il y a à Sainte Anne de Bellevue un grand hôpital pour militaires en service et vétérans. Or, plus de 150 jeunes soldats sont présentement hospitalisés avec des dépressions et troubles graves, suite à leur séjour en Bosnie, où ils ont vécu des horreurs et étaient impuissants à y mettre fin, faute d'avoir l'ordre et la permission d'intervenir, un ordre qui n'est jamais venu, les politiciens "pacifistes" ayant décidé qu'ils ne voulaient pas de guerre et que les soldats des Nations Unies ne doivent pas intervenir. Imbécilité, quand tu
nous tiens.

Donc, les factions rivales ont poursuivi leurs massacres, femmes, enfants et vieillards compris, afin de régler leurs vieilles querelles territoriales. Et les soldats des Nations Unies, dont ceux de l'armée canadienne, ont été impuisants à intervenir.

Seuls les Allemands ont ouvert le feu.

Pourquoi est-ce que les soldats allemands ont tiré ?

Parce qu'ils sont allemands et militaristes, monsieur Poirier ? Vous n'y êtes pas du tout.  Réponse: parce que les soldats allemands de la nouvelle armée sont syndiqués, oui, syndiqués, comme des travailleurs syndiqués qui se protègent et en se protégeant, protègent les autres.

Donc, ils pouvaient se permettre de "désobéir" aux ordres et personne ne sera jugé par une cour martiale.

Une armée syndiquée, vous n'avez jamais entendu parler de ça ?

Il en existe depuis les débuts du siècle, en Scandinavie.

Les soldats finlandais qui ont chassé l'armée russe de leur territoire pendant le terrible hiver 1939 étaient syndiqués.

À Chypre, les soldats finlandais étaient sur notre gauche et les Suédois sur notre droite étaient aussi syndiqués.

Les Hollandais aussi sont syndiqués.

De même les soldats, réguliers, réservistes à temps partiel, de la Bundeswehr, la nouvelle armée allemande.  Ce n'est plus la Wehrmacht sous Hitler.

J'ai essayé de syndiquer les soldats de l'armée canadienne mais on m'a mis rapidement à la retraite avec pension et congé payé pour que je fout le camp le plus tôt possible, avec interdiction de remettre les pieds sur les bases.

Donc, pour en revenir à la Bosnie, monsieur Poirier, l'intervention armée par les forces des Nations Unies, qui s'embarquait dans une sale guerre civile (entre Bosniaques, Serbes et Monténégrins, sans
"militaires ou militaristes", seulement avec la rage et la haine dans le
coeur) et qui n'a pas été reconnue comme authentique "théâtre de guerre" à des fins de liberté d'action, de compensations et d'aide juridique en cas de besoin, a tourné en catastrophe.

Bien entendu, les pacifistes ont agi avec la meilleure intention du monde.

Par contre, si votre antimilitarisme peut régler tous les problèmes de
conflits et de guerres qui se présentent, alors qu'attendons-nous pour nous illusionner sur la nature humaine et retomber dans les mêmes ornières dans lesquelles l'humanité tombe depuis 6000 ans parce qu'elle continue de s'illusionner sur le sens de la vertu, alors que le réalisme peut aller beaucoup plus loin puisqu'il ne donne mauvaise conscience à personne.

Ce n'est pas avec des politicologues ou des sociologues remplis de formules toutes faites que nous réglerons ces problèmes, monsieur Poirier mais avec des gens formés, responsables et réalistes, qui connaissent les mécanismes intangibles des passions humaines et qu'aucune représentation réduite, formulée ou chiffrée de la manière la plus savante ne peut saisir.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Pouvoir et autorité.
Valérien Lachance
jeudi 1 mai, 2003 16:09

Bonjour,

Pouvoir et Autorité.

Il y a quelque temps, une dizaines d'années environ, je lisais un bouquin que je n'ai plus aujourd'hui, qui expliquait la différence entre le pouvoir et l'autorité. C'était une grande découverte car, je ne voyais pas la distinction entre les deux.

Je relate donc ce que j'ai retenu.

Tantôt, le pouvoir et l'autorité  coexistent   pour le pire, alors que séparés, c'est  pour le mieux.

La guerre en Irak est un parfait exemple pour démontrer l'effet pervers de la coexistence des deux pouvoirs.

Je vais essayer de donner d'autres exemples.

Nous savons tous que l'élection a pour objet d'emmener un parti à détenir le "pouvoir". Cependant le pouvoir du gouvernement élu ne lui confère pas nécessairement "l'autorité" qu'il a besoin pour gouverner, pcq l'autorité vient de la "connaissance" qu'il n'a pas pour gouverner. Elle est extérieure à lui-même.

C'est pourquoi les gouvernements se voient obligés de s'entourer de hauts fonctionnaires  "expérimentés", qui "connaissent" les rouages de l'administration des dossiers à fond, afin d'assurer la continuité de l'administration du pays.

Ils  ont donc "l'autorité" voulue en complément de ceux qui détiennent  le" pouvoir"; les deux étant aussi nécessaires l'un que l'autre pour mener à terme les promesses électorales et pour assurer la continuité des projets entrepris !

Ce même processus s'applique dans bien des domaines, y compris la famille. Exemple:

Dans un couple ordinaire, c'est généralement l'homme qui détient le pouvoir, et c'est  la femme qui détient  l'autorité !

Telle était la famille rurale autrefois, chez le fermier, où l'homme voyait généralement  "à la grosse ouvrage" ( pouvoir ) alors que la femme, "gardait l'oeil ouvert" sur l'ensemble de l'entreprise familiale en assumant le rôle de "gérant général de la maisonnée", veillait au bon ordre et la bonne entente dans la famille ( autorité ) en plus d'avoir les enfants ! C'est pourquoi nous étions 4 millions et plus en 1950 !

Avec un taux de fécondité réduit à 1.4 enfant par famille aujourd'hui,, les "rapports de force" ne sont plus les mêmes ni la structure de couples, disloqués, éclatés, séparés, recomposés etc. Je ne fais pas le procès de la génération d'aujourd'hui.

Ces deux concepts pouvoir et autorité bien harmonisés dans l'amour et le respect, créait un équilibre, une force et une sécurité dans le couple,  formant ainsi le  "UN"   dont parle l'Église, le pouvoir et l'autorité étant ainsi unis pour travailler à l'ensemble des besoins de la famille avec le complément des qualités de l'un et de l'autre, tout comme dans une petite industrie !

L'homme, par sa stature généralement plus grande et sa force physique suoérieure, lui confère l'obligation de protéger la femme et lui offrir la sécurité qu'elle a besoin pour lui assurer le bonheur et son plein épanouissement. (le rôle du pouvoir)

La femme, par sa nature délicate et raffinée, et les attributs que lui octroi sa nature, commandent le respect, la tendresse l'amour et la compassion souvent en déficit chez l'homme. (le rôle de l'autorité)

Partie 1 de l'exposé: attendons les réactions ?

PS: Les connaissances de monsieur Sauvé lui confère l'autorité et non le pouvoir, pour nous enseigner,  nous faire accéder en toute liberté  à sa prodigieuse mémoire, son savoir et son expérience.

VL
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Pouvoir et autorité.
Andrée Ferretti
jeudi 1 mai, 2003 18:08

Rire ou désespérer ?

Comme l'avenir du Québec m'apparaît trop important pour perdre mon temps à répondre à la question, je vous quitte, messieurs.

Andrée Ferretti.

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Pouvoir et autorité.
René Marcel Sauvé
jeudi 1 mai, 2003 19:43

Monsieur Lachance,

Pouvoir veut dire pouvoir d'agir, de traduire ses intentions en actes, tant sur le plan individuel que collectif.

Dans l'espèce humaine, l'individu seul ne fait pas espèce et par conséquent ne peut agir seul.

Chacun et chacune ne peut agir que dans et par les autres et inversement.

D'où nécessité (la nécessité n'a pas de loi) du Je et Tu, de l'univers de la relation pour agir.

À cet effet, pour en signifier l'importance et le sens, je cite ces observations tirées de Martin Buber dans son ouvrage magistral paru en 1924 sur le sujet:

"Le règne absolu de la causalité dans l'empire du Cela, bien qu'il soit d'une importance fondamentale pour l'ordonnance scienfique de la nature, ne pèse pas à l'homme qui n'est pas limité au monde du Cela et peut toujours s'évader dans le monde de la relation. Là le Je et le Tu s'affrontent librement dans une réciprocité d'action qui n'est liée à aucune causalité et qui n'en a pas la moindre teinture; là l'homme (comme espèce car la femme est un homme comme les autres tout comme l'homme est une femme comme les autres, bien que l'un et l'autre demeurent absolument distincts par leur altérité propre, autrement l'amour sponsal est impossible), là donc, l'homme trouve la garantie de sa liberté et de son être et de la liberté de l'être en général (l'être distinctivement envisagé par opposition à l'avoir, car l'être est ontologique et non logique et quantifiable). Celui-là seul qui connaît la relation et la présence du Tu est apte à prendre une décision. Celui qui prend une décision est libre parce qu'il s'est présenté devant la Face."
Le contenu du livre explique tout.

Le pouvoir, qui signifie pouvoir d'agir, est donc complètement dans la relation. Comme on dirait en politique, c'est qui tu connaîs et non ce que tu connaîs.

Autorité veut dire auteur, celui ou celle qui prend l'initiative, décide, entre en relation et passe aux paroles et aux actes, sans se laisser influencer par les Surmois, archaïques ou autres, imposés de l'extérieur, y compris les prescriptions juridiques de la loi, plus préoccupé de l'esprit que de la lettre.

Pour avoir de l'autorité, il faut être libre, apte et capable de penser, s'exprimer et agir sans influence autre que la recherche d'un bien général et l'aptitude à apprécier rigoureusement et correctement les contextes et les situations qui se présentent. L'appréciation est une opération de l'esprit de présence et de discernement qui dépasse les analyses méthodiques ou quantitatives. L'appréciation suppose une saisie spectrale de la réalité, au delà des représentations méthodiques et quantitatives.

Il ne faut pas confondre autorité et autoritarisme, qui est une parodie de l'autorité.

Le "p'tit boss" si fréquent au Québec est autoritaire mais n'a pas d'autorité, pas plus que les prestigitateurs, les manipulateurs, les fakirs et les magiciens, qui ont une baguette magique au bout des doigts et règlent par ce moyen tous les problèmes du monde.  En fait, tout ce qu'ils touchent avec leur baguette vire en merde. Comme le p'tit boss qui sème le chaos et la confusion. Cette espèce, j'en ai connu plusieurs. Ils sont capables de pousser leurs subordonnés au suicide, moral ou physique.

(Rappelez-vous le principe de maintien du moral en stratégie, qui suppose une connaissance des mécanismes intangibles du moral humain et que trop de gens en poste d'autorité ne comprennent pas. D'où démoralisation)

On juge de quelqu'un en poste d'autorité par leurs résultats, surtout sur le moral des subordonnés, dans les moments difficiles.

Au Québec, on mêle fréquemment autorité et autoritaire, alors que l'un et l'autre sont complètement opposés.

Un "haut placé" est souvent jugé comme ayant autorité même s'il s'agit d'un imbécile ou un petit manipulateur. Certes, il peut disposer des moyens juridiques de la coercition, mais la coercition justement prouve le manque d'autorité.

Par contre, des gens très ordinaires peuvent avoir beaucoup d'autorité.

J'ai  une cousine dans le Bas du Fleuve. Elle est devenue veuve avec huit enfants. Or, cette femme a transformé sa famille en entreprise, en exploitant la ferme laissée par son défunt mari, pour la rendre plus productive. Elle ne criait jamais, ne menaçait jamais, ne haussait jamais le ton et se faisait obéir avec déférence, tant par les filles que les garçons, parce qu'elle savait ce qu'elle disait et ce qu'elle faisait. Elle savait s'exprimer d'une manière simple, sans affectation comme font les manipulateurs. Elle était une autorité, de facto, sans titres et elle n'en avait pas besoin.

Je voulais seulement mettre sommairement mon grain de sel sur cette question importante pour l'avenir du Québec.

René Marcel Sauvé
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