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Soirée-débat du
Conseil de la souveraineté du Québec



LUNDI 19 JANVIER 2004  à 19 h

Thème chaud et d’actualité :

Les «ethniques» québécois et les indépendantistes :  qui a peur de qui?

Animation
Gérald Larose, président du Conseil de la souveraineté du Québec  et Hélène Pedneault, écrivaine

Invités

Joseph Facal, ex-député-ministre du PQ, professeur aux HEC
François Parenteau, chroniqueur radio et
membre du Groupe Les Zapartistes
Vivian Barbot, ex-président de la Fédération des femmes du Québec
Akos Verboczy, commissaire scolaire du Mémo et membre de Forum jeunesse
Gisèle Tremblay, ex-journaliste
Maria Mourani, sociologue et ex-candidate du PQ-comté L’Acadie

Interprétation musicale
Groupe Dobacaracol

Au Lion d’Or
1676, rue Ontario Est
Montréal
(angle des rues Papineau et Ontario)
(métro Papineau)

Prix d’entrée : 5 $
Possibilité de souper sur place à compter de 17 h 30 (à prix modique)

Bienvenue à toutes et tous!

UN THÈME CHAUD ET D’ACTUALITÉ
par Hélène Pedneault
Écrivaine
2004/01/19

Les « ethniques » québécois et les indépendantistes : qui a peur de qui ?

Vous devez être surpris qu’on ose employer le mot « ethnique » dans un débat du Conseil de la souveraineté du Québec, mot honni, qui provoque une psychose à chaque fois qu’il est employé depuis le fameux soir du référendum du 30 octobre 1995.

Justement : c’est pour ça qu’on l’emploie. Pour qu’on arrête de s’évanouir, de retenir son souffle ou d’avoir honte à chaque fois qu’on l’entend, en regardant à gauche et à droite pour voir ce que les « autres » vont dire.

Si on veut faire un pays, il ne faut pas avoir peur des mots.  Il faut prendre les mots à bras le corps et les regarder froidement, en refusant qu’on en fasse glisser le sens.  Il ne faut pas qu’un simple mot comme « ethnique » réussisse à nous faire sentir racistes ou exclusifs.

Les Québécois ne sont pas racistes et exclusifs.

Si le mot « ethnique » provoque encore un tel émoi dans les médias et dans la population, c’est que nous ne sommes pas certains nous-mêmes de ne pas être racistes ou exclusifs, soit tels que nos adversaires aiment nous définir pour nous mettre des bâtons dans les roues, pour discréditer notre originalité, nos rêves et nos projets. Et comme vous pouvez le constater, leur stratégie marche fort !

Retournons donc à la définition du dictionnaire Robert :

Ethnie : 1896. Du grec ethnos, « peuple, nation ». Ensemble d’individus que rapprochent un certain nombre de caractères de civilisation, notamment la communauté de langue et de culture (alors que la race dépend de caractères anatomiques). L’ethnie française englobe notamment la Belgique wallonne, la Suisse romande et le Canada français.

Ethnique : 1752. Qui sert à désigner une population. Exemple : « Français » est un nom ethnique. « Berbères n’est pas un ethnique datant d’une époque lointaine ». Relatif à l’ethnie. Caractères ethniques, propres à une ethnie. Groupes ethniques.

Qu’y a-t-il donc de si effroyable dans cette définition, qui fait aussi de nous, Québécois francophones, une des ethnies de la planète ?

François Parenteau, chroniqueur à Radio-Canada et membre des Zapartistes, conférencier invité à cette soirée-débat, m’a aussi fait connaître une phrase troublante de l’écrivain Mark Twain : « Je vais continuer d’utiliser le mot « nègre » jusqu’à ce qu’il ne soit plus une insulte pour personne ».

L’écrivain français Ernest Renan a aussi écrit : « La différence du noble et du vilain…n’est en rien une différence ethnique ».

Même dans Harry Potter, j’ai trouvé cette phrase très juste, lancée à quelqu’un qui avait peur de  dire le nom du terrible Voldemort :  Nomme toujours les choses par leur nom. La peur d’un nom ne fait qu’accroître la peur de la chose elle-même.

De la même façon, pour vider certains mots ou certaines expressions de leur triste connotation, la Coalition Eau Secours a repris l’expression « porteurs d’eau », que les conquérants ont utilisée pendant des décennies pour mépriser les Québécois, et l’a employée de façon positive pour désigner les personnes qui ont accepté de mettre leur notoriété au service de la cause de l’eau.

Cela ne veut pas dire que nous nous mettrons à utiliser le mot « ethnique » à tort et à travers, à toutes les sauces. Peut-être allons-nous décider, d’un commun accord, de le mettre de côté au profit d’autres mots. Mais cette décision ne se prendra pas dans la peur et nous refuserons dorénavant qu’on nous prive de certains mots du vocabulaire.

Comme disait mon amie Loriane : Pourquoi ne pas dire « Québécois iranien, Québécois haïtien, Québécois italien, etc, et même « Québécois québécois » pour nous désigner, nous, les Québécois francophones ? »

En effet, pourquoi pas ? Pourvu que personne ne se sente insulté ou exclu, pourvu que personne ne soit dupe et serve d’otage à des gens qui ont intérêt à nous nuire en manipulant les mots et leur symbolique à notre détriment.

À propos, il faudrait de toute urgence rapatrier le mot « colonisé ». Nous l’avons peut-être jeté trop tôt… Nous en aurions bien besoin, en ce moment, pour nommer certaines réactions et certaines attitudes…

Hélène Pedneault
Écrivaine
Co-animatrice de la soirée
 
 

Pour le compte rendu,
voir le fil de discussion sur la page de Souveraineté-info
 
 
 
 

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