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Robert Bertrand, Gilles, Béatrice Nadeau,
Michel Crevier, Normand Calvé,
texte transféré de Paul Garneau, Simon Girard
 

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
un cours sur la stratégie /
cours de formation
Robert Bertrand
vendredi 25 avril, 2003 23:08

 
Bonsoir à vous Monsieur René Marcel Sauvé,

Ce que vous nous offrez repose sur des années de recherches, d'analyses, d'études, de présentations sans doute devant des étudiants, devant des auditoires, devant des groupes de personnes choisies.

Vous avez ajouté à tout cela, des écrits que vous avez publiés ou qui doivent paraître sur la Géopolitique et Géopolitique 101 et d'autres ouvrages également.

Vous avez l'expérience des champs de bataille et l'expérience des champs politiques, si vous me le permettez.

Ici, on est sur un champ de discussions où les personnes qui s'inscrivent, qui reçoivent nos courriers, qui, sans doute, nous lisent, nous écrivent, sont servies, pour un nombre certain, Monsieur Sauvé, au-delà de toutes leurs espérances.

Vous nous donnez un cours sur la stratégie qui pourrait être donné aux plus hauts stratèges des Partis politiques s'ils voulaient bien comprendre l'importance des démarches que vous nous présentez.

Dans les 40 années ou presque que j'écris et que je reçois des commentaires, jamais je n'ai vécu une telle qualité de présentation, de contenu, de dynamisme, de recherches, d'informations.

Ce que vous nous offrez, c'est dense, c'est crédible, c'est au-delà de toutes nos espérances.

Je vous demande, comment se fait-il qu'un Parti politique, qu'un mouvement politique, qu'un groupe politique ne se donne pas un cours de formation de ses travailleurs-travailleures pour que tous ensemble, travaillent avec des objectifs précis à atteindre ?

Sans doute, êtes-vous au courant, combien de mouvements politiques, groupements, partis "forment" pour ainsi dire, leurs collaborateurs, leurs adeptes, leurs adhérents ?

Y a-t-il déjà eu des Partis politiques qui ont formés leurs membres, leurs contributeurs ?

Pourtant, vous le savez et tous savent, on sait aller chercher l'argent, mais sait-on "marcher dans la même direction" ?

Vous offrez, ici, sur un plateau d'argent, si l'on peut dire, un modèle de fonctionnement.

Avec les objectifs qui sont les nôtres, ceux de notre société québécoise, comment se fait-il qu'on ne se rend pas compte que la façon de faire, jusqu'à présent, nous a conduit où on en est ?

Oui, de grandes réalisations sociales, culturelles, économiques, familiales et autres sont des acquis.

Le Pays, lui, le Pays formellement reconnu, il n'y est pas.

On ne commence pas à zéro, il me semble.

L'étape à franchir, pourquoi ne se ferait-elle pas avec une logique et une stratégie impeccable ?

Qui veut donc nous diviser ?

Qu'est-ce que l'on a réussi à faire avec toutes nos parcellisations ?

Un texte que j'ai publié me frappe également.  Vous connaissez bien ce texte là :

Appel à l'unité des Québécois
Premier Ministre du Québec Honoré Mercier
discours du 24 juin 1889

Rarement voit-on les gens se grandir en cherchant à diminuer les autres.  Et tout le monde est capable de le comprendre.

C'est quand on est capable de se regarder, de s'examiner et d'apprécier, tout le monde en bénéficie et la poignée de mains est tellement plus vraie, plus chaleureuse, plus remplie de promesses pour l'avenir.

Un confrère qui participe à notre groupe, au-delà des océans, il nous offre très souvent de se donner la main par-delà les mers.

C'est rempli de promesses, c'est rempli d'espoir, c'est rempli de grandeur.

Je nous souhaite, qu'on finisse par faire comprendre à nos responsables politiques de nos divers groupes de Québécois et de Québécoises de bien vouloir travailler ensemble.

On veut l'avoir notre Pays.

Faut-il rester diviser pour l'atteindre ?

On a réussi à faire battre le Parti Québécois pour certains intervenants sur des sites qui se voulaient rassembleurs de la pensée des Québécois.

Maintenant que leurs objectifs sont atteints, est-ce qu'il y a de la lumière pour devoir travailler ensemble, pour atteindre l'objectif du Pays ?

Je nous souhaite un peu de réalisme.

La lecture magistrale que je propose est celle qui est inscrite à l'intérieur de chacun et chacune de nous.  N'est-ce pas celle qui a valeur certaine, indubitable, celle qui est attachée à notre Être individuel et collectif.

L'objectif c'est le Pays.

Depuis plus de quarante ans, si on remonte à nos Patriotes, 166 ans, si on remonte encore, cela fait deux cents ans et trois cents ans.

Quelque chose, en quelque part, doit bien ne pas avoir marché.

Faut-il se rendre à l'évidence ?

L'étape qui reste est cruciale.  D'où, à mes yeux, l'importance d'agir suivant un plan, une stratégie, une technique qui est éprouvée et qui devrait nous faire cheminer correctement.

Merci de nous en faire découvrir autant, de nous faire partager votre savoir, votre connaissance et votre sagesse.

Il doit bien y avoir des éléments qui peuvent servir à toutes les réflexions et à toutes les personnes de bonne volonté.

On ne se rejette pas, on se grandit en étant ensemble, en marchant vers le Pays qui nous attend par une démarche éclairée.

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/Quoi-faire-pour-le-Pays-du-Quebec.html

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] un cours sur la stratégie / cours de formation
René Marcel Sauvé
samedi 26 avril, 2003 01:12

Monsieur Bertrand,

Merci pour vos commentaires encourageants et qui m'incitent à continuer et à produire de nouveaux textes encore plus élaborés et perfectionnés afin de former tout un peuple pour qu'il se prenne en charge et se gouverne lui-même.

La fin ultime de toute existence digne de ce nom, c'est l'agir et l'Acte qui s'en suit, avec la contemplation de ce qui a été accompli, en se disant que ce que nous avons fait est bien fait et même très bien fait. Le reste, manger, boire, dormir,s'instruire, s'exercer, sont autant de moyens qui portent déjà les éléments de sa fin. Cette  fin, ce sont les plus hautes formes de l'activité humaine que sont l'agir vers l'Acte et la contemplation qui s'en suit, ce qui ne peut s'accomplir sans l'amour sponsal, qui est l'amour gratuit et généreux des gens libres d'affects. Car il faut être authentiquement libre pour aimer d'une manière sponsale, soit,  authentique et vraie.

Autrement il n'y a pas d'agir, seulement de la machinalité et son pendant entropique qui est l'agitation.

Inféodés, nous fonctionnons mais nous n'agissons pas.

Nous mangeons, buvons, dormons, faisons de l'exercice, etc, pour être en état de servir les fins des autres. C'est ce qui se produit actuellement avec le Québec inféodé au pouvoir centralisateur et unitaire d'Ottawa, qui décide pour nous alors que nous avons déjà les assises de notre propre État, qui existe bel et bien de fait, par fait accompli, et avec lequel nous pouvons agir par nous-mêmes.

Je pense à Moïse dans l'Exode, Deuxième Livre de la Bible.

Le peuple Hébreu était esclave des Égyptiens et s'en accommodait fort bien. Il mangeait bien, de la bonne viande et des bons oignons d'Égypte. Il jouissait d'une indéniable sécurité matérielle. Il exécutait les tâches demandées et n'avait pas à se soucier de prendre la moindre décision.

Bref, il se croyait heureux.

Mais, arrivent des chefs naturels inspirés par un Dieu transcendant, un Dieu-Esprit, Incréé, Innnommable, Insaisissable, qui se déclare le Créateur de toutes choses et qui exige impérieusement que le peuple Hébreu sorte d'Égypte et se prenne en charge.

Aucune excuse pour refuser ne sera acceptée. Les dangers de l'indépendance? Yahweh est insulté. Quoi? On n'a pas la foi en Dieu?

On cherche la sécurité avec un petit s alors que prendre le large avec la foi procure une Sécurité avec un grand S, justement parce qu'on court des risques.

On ne veut pas se prendre en charge?  On a peur!  Après tout, être inféodé est commode. On est responsable de rien. Ce sont les
"maîtres" égyptiens qui sont responsables de tout et qui répondront de leurs actes devant le Tribunal de l'Éternité, en supposant qu'un tel tribunal existe.

Cette fois, Yahweh est en colère. Chez ses créatures  humaines, c'est chacun et chacune qui doit se rendre responsable de ses pensées, ses paroles et ses actes, tant individuellement que collectivement. Ne cherchez pas à vous esquiver car vous serez condamnés. Au contraire, si vous prenez le risque de décider et que vous vous trompez, alors Yahweh offre une rédemption qui dépasse tout le reste. Allez, prenez le large.

Les Égyptiens aussi ont besoin de se prendre en charge et agir par eux-même et non de devenir les esclaves de leurs esclaves`.

En géopolitique, lorsque des "maîtres" deviennent esclaves de leurs esclaves à cause de leur dépendance continuelle et soutenue sur les autres pour se faire servir, on appelle celà une révolution circassienne.

Les Circassiens du Caucase sont un autre petit peuple que les Égyptiens avaient emmené en esclavage et qui a fini par se rendre maître des maîtres, simplement parce que la dépendance des maîtres sur les esclaves était telle que les esclaves ont fini par tout mener et tout décider.

Je vais pour poser une question à cet effet :

Quelle est la pire remarque qu'un esclave puisse faire à ses maîtres ?

Réponse: "À votre service".

Par cette réponse très simple, l'esclave crée de la dépendance chez les maîtres et finit par les réduire à un esclavage encore pire que celui de l'esclave.

Je prend un autre exemple de révolution circassienne, celle de l'automobile, cette esclave mécanique toute simple qui vous attend et vous dit sans le dire: À votre service.

Les peuples les plus avancés au monde sont maintenant les esclaves de ce serviteur devenu le maître de céans des lieux les plus stratégiques de toute la terre.

Revenons aux Hébreux et aux Égyptiens.

Littéralement, il a fallu que le ciel tombe sur la tête des Hébreux et des Égyptiens pour que la "séparation" se fasse. Et encore, le Pharaon enverra son armée poursuivre les Hébreux pour qu'ils reviennent à leur état d'esclaves contents. Car, en situation d'inféodation,  les "maîtres" sont les maîtres et les esclaves sont les esclaves? Pas devant Yahweh qui ne veut pas d'esclaves, seulement des êtres libres qui lui parlent comme on se parle entre nous.

Tous doivent être des maîtres et il n'y a pas d'esclaves. Confiez l'esclavage à des machines que vous inventerez et fabriquerez vous-mêmes, mais n'en devenez pas esclaves à votre tour. Tout celà est très exigeant et Yahweh entend bien imposer à tous un défi qu'ils devront relever. Quant à la nature, elle est aussi à votre service, dit Yahweh et elle ne contient aucun mystère qui ne puisse livrer son secret.

Les Hébreux sont ensuite restés 40 ans au désert et n'ont manqué de rien pendant tout ce temps, même s'ils n'étaient pas toujours contents de ce qu'ils avaient. Pourquoi 40 ans? Pour faire mourir deux générations d'esclaves avec la mentalité dégradante et propre à  la soumission servile et obséquieuse que Yahweh déteste.

La génération complètement née dans la rudesse naturelle du désert avait une autre mentalité qui ne cadrait pas du tout avec celle de ses aînés, habitués à faire des courbettes. C'est avec cette génération forte et lucide qu'on construit un pays. Voilà la leçon de l'Exode.

Elle prouve que les peuples ne se prennent pas facilement en charge, par peur de devoir répondre de leurs actes. Il est toujours commode de laisser les autres prendre charge de nos affaires et nous dicter notre ligne de conduite. NON. Nous n'avons pas le droit de nous laisser faire et puisque nous sommes aptes et capables de nous prendre en charge et nous gouverner nous-mêmes, alors nous avons le devoir de le faire, peu importent les risques. Autrement, nous aurons à en répondre comme peuple devant le Tribunal de l'Éternité et j'y crois fermement. Voilà ce qu'il faut craindre et non les menaces et les dangers qu'Ottawa peut nous faire.

Je vous laisse sur cette réflexion.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
petite mise au point.
Andrée Ferretti
samedi 26 avril, 2003 08:42

Bonjour monsieur Sauvé,

   S'il est vrai qu'à lire les propos dévalorisants que vous tenez constamment ici sur la littérature, j'ai voulu par cette citation de Jean-Claude Germain attirer l'attention des membres du réseau sur l'importance de cette forme exigente et universelle d'expression, je n'ai en revanche, et j'en donne ma parole, pas associé "ouvrage raisonneur" à vos travaux qui, selon ce que vous nous en donner à lire ici sont manifestement de savants essais géopolitiques, je dirais même des essais philosophiques sur cette science humaine qu'est la géopolitique.

   J'apprécie autant que les autres, croyez-moi, les enseignements que vous nous dispensez. J'apprends beaucoup de choses à vous lire, même si je ne partage pas toujours ou, en tout cas, pas entièrement votre vision des choses, du moins telle que je la comprends.

   Et j'ose sincèrement espérer que nous pourrons discuter sereinement des problèmes liés à nos luttes pour la libération nationale de notre peuple et pour l'indépendance politique du Québec, même lorsque nous envisagerons différemment les solutions.

   Par ailleurs, comme vous insistez avec raison sur la nécessité que nous utilisions plus activement et plus judicieusment notre État québécois comme élément stratégique dans notre lutte pour  l'avènement de son existence pleine et entière en tant qu'État indépendant et souverain, pourriez-vous nous donner quelques exemples concrets des actes législatifs et des actions politiques qu'un gouvernement du Parti québécois aurait pu réaliser.

   Était-il possible par exemple qu'un gouvernement du Parti québécois invite avec succès, après une campagne d'information adéquate, les contribuables québécois à verser tous leurs impôts à l'État québécois, en assurant qu'il déposerait dans un compte en fiducie ceux dûs à l'État fédéral, jusqu'au règlement du déficit fiscal envers le Québec, ou jusqu'à ce que le fédéral se retire avec pleine compensation des juridictions exclusives du Québec, l'empêchant ainsi de mener ses propres politiques, telles celle de la famille et celle sur les jeunes contrevenants, etc.

   Le rapport des forces entre Québec et Ottawa permet-il à l'État québécois de prendre une telle mesure à l'avantage du Québec?

Quelles seraient les représailles que pourraient exercer l'État fédéral.

   Plus important encore, est-ce que le rapport des forces entre un gouvernement du Parti québécois et l'ensemble des citoyens québécois permet de supposer que l'État et le peuple québécois auraient pu résister à ses représailles et sortir vainqueurs de la lutte?

   Le Parti québécois au pouvoir aurait pu promouvoir l'indépendance du Québec à même les fonds publics, comme le fait le gouvernement fédéral pour promouvoir le fédéralisme, il aurait pu ne pas soumettre l'État québécois aux divers jugements de la Cour suprême sur la Charte de la langue française.Etc.Etc.

   Pourquoi ne s'est-il pas mieux servi de notre État, alors qu'il était au pouvoir?

   Je crois avoir une partie de la réponse, mais j'aimerais bien, de même que les membres du réseau, j'en suis certaine, recevoir votre avis d'expert en matière de géopolitique non pas nécessairement sur mes questions, mais sur l'action générale que l'État québécois pourrait mener d'ores et déjà et qu'il ne mène pas.

   Je vous remercie à l'avance et je vous souhaite une bonne journée.

   En tout respect,

Andrée Ferretti.

P.S.
À tous et à toutes,
   Je suis à préparer pour les membres du comité politique de l'UNEQ. une analyse de la situation actuelle, suite aux résultats de l'élection du 14 avril, afin que nous puissions redéfinir nos objectifs immédiats et ajuster notre action en conséquence. Je dois remettre ce document, lors de notre prochaine réunion qui aura lieu mardi le 6 mai. Comme j'aurai alors progresser dans ma recherche et dans ma réflexion, je reprendrai alors ma lettre du 23 "et si nous en revenions à demain", là où je l'avais laissée. Elle sera plus consistante, enrichie constamment par les événements et par la lecture des nombreux commentaires et analyses venant de vous, de mes autres correspondants et correspondantes et de tous ceux et celles qui s'expriment abondamment dans nos journaux et revues.

   En toute solidarité.

A.F.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : petite mise au point.
José Fontaine
samedi 26 avril, 2003 15:56

J'ai la même estime pour René-Marcel Sauvé.

Paul Ricoeur (je cite ce nom pas par pédanterie) a montré un jour qu'il y a une ressemblance entre la littérature et la science. Je résume très fort son raisonnement.

La science établit des lois universelles.

Les récits sont des histoires particulières mais qui, parfois, en raison du génie de leurs auteurs, finissent par rejoindre aussi l'universel et sont finalement des récits à partir desquels on pense. Et d'ailleurs tout récit est un peu de ce type.

Les contes les plus simples ont cette densité comme "La Belle au bois
dormant"  ou telle pièce de Shakespeare ou même la chanosn "Mon pays ce n'est pas un pays, c'est l'hiver".

La poésie utilise aussi (selon Ricoeur) un procédé qui est utilisé dans les sciences exactes comme la manière de se représenter l'atome par exemple.

C'est un modèle. Ce n'est pas la réalité telle qu'elle est.

De même la poésie fait cela quand elle use de métaphores et à cet égard la poésie est déjà dans le quotidien:

"Couper les cheveux en quatre" par exemple. J'ai ici une anthologie moderne qui reprend toutes ces expressions courantes qui sont en fait de la poésie.

J'ai lu un athée qui disait cela des textes religieux:  qu'ils avaient aussi une signification pour tout être humain.

Il y a une vérité dans les religions (en tant que grands récits) indépendante de leur vérité dogmatique si on veut.

Mais je n'ai pas de bons exemples en tête sauf peut-être le fameux vers du Magnificat:

"Mon âme exalte le Seigneur car... ils déposent les puissants de leur trône"

Vers censuré par les dictateurs argentins lors de la viste du pape en 1978 ou 1979 ou 1980.

Étrange mais pas tout à fait surprenant.

José Fontaine

(Wallonie)

Que pense René-Marcel Sauvé de l'école géopolitique d'Hérodote (qui vient de sortir un numéro sur la mondialisation) et dont un des membres a écrit un ouvrage extraordinaire sur le phénomène de la frontière (son nom est Fouché si je ne me trompe ou Fouchez, il est tard et je ne vérifie pas...).

L'historien français Braudel a aussi écrit à ce sujet...

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
petite mise au point
René Marcel Sauvé
samedi 26 avril, 2003 18:40

Madame Ferretti,

Quels propos dévalorisants est-ce que je tiens constamment sur la littérature ?

J'insiste sur le fait que le langage des statuts n'est pas le langage de la littérature, non pour dévaloriser, comme vous m'accusez mais pour que nous nous mettions en tête la nécessité de faire consensus, autrement nous continuerons à tourner en rond et à poursuivre nos querelles de clochers sans arriver nulle part.

Si je considérais la littérature comme dévalorisante, je ne me serais pas donné la peine d'étudier langue et littérature française, anglaise et allemande et rédiger des travaux sur ces matières. Plus tard, je me suis fait enseigner la langue et littérature russes par des Russes à qui j'ai enseigné la composition française.

J'ai étudié la littérature française depuis la Chanson de Roland jusqu'à Françoise Sagan et je me rappelle très bien François Villon, les poètes de la Pléiade et je peux vous réciter À Cassandre de Ronsard sans notes. Si on m'a appris, à la faculté des lettres de l'Université de Montréal, à identifier les types universels dans la littérature française, on m'a aussi appris à en connaître les limites.

J'ai fait de même avec la littérature anglaise, que j'ai étudiée depuis les premiers temps de la langue anglaise, avec Beowulf, jusqu'aux lake poets, dont Woodsworth, dont j'ai eu à comparer le contenu et le style littéraire avec celui de Jean Jacques Rousseau. J'ai été très intéressé par les grands anglicans, dont Coleridge et Shelley. Mon auteur favori demeure Walter Scott. Chez les Américains, j'ai eu l'occasion d'apprécier plusieurs auteurs en particulier Sinclair Lewis qui a écrit Elmer Gantry.

J'ai étudié langue et littérature allemande en Allemagne et en Autriche, assez pour me rendre compte que Stéphane Dion n'a pas étudié le poète allemand Johann Gottfried Herder comme il l'a mentionné à la London School of Economics.

J'ai aussi étudié le langage allemand de la géopraphie, de la géopolitique et ses problèmes, car il existe un énorme problème lié à la nécessité de l'expression juste en géopolitique, comme d'ailleurs dans le droit et dans la logique des faits et c'est ici qu'il faut prendre ses distances avec la littérature, plus proche de l'affect et de l'émotion que du fait concret, exception faite des auteurs réalistes.

J'ai commencé à lire des livres à l'âge de 11 ans, pendant un séjour aux Grèves de Contrecoeur. Le premier livre qui m'a été prêté: Un bon petit diable, de la Comtesse de Ségur. J'ai lu tous les ouvrages (je devrais dire toutes les oeuvres de la Comtesse de Ségur) et quarante ans plus tard, en Russie, la guide moscovite m'a montré la maison de Sophie Rostopchine. Elle aussi avait lu ses livres et de plus, elle avait lu Michel Strogoff de Jules Verne, que tous les  Russes lisent apparamment.

J'ai lu les livres de la collection Signe de Piste, de Serge Dalens, dont Le Prince Eric, Le bracelet de vermeil, etc.

Où est-ce que j'ai trouvé tous ces trésors? À la bibliothèque des enfants sur la rue Sainte Catherine est, à Montréal, dans le quartier Hochelaga où j'ai été élevé. Cette bibliothèque offrait également un grand nombre d'ouvrages encyclopédiques et techniques sur les astres et les planètes, les pays, les inventions, dont la machine à vapeur, le moteur diesel, les moteurs d'avion, toutes choses qui comblaient ma solitude d'aîné de famille nombreuse.

La sociologie se rend compte maintenant que les aînés de cette époque devaient aider leur mère à faire la cuisine, changer les couches des frères et soeurs, bercer les bébés, leur donner le biberon, faire le ménage et les courses. Résultat: ces aînés, garçons et filles, deviennent des solitaires qui ne demandent rien à personne et finissent pas ne plus vouloir voir personne, de peur d'être exploités.

Mon père était mécanicien de métiers à tisser chez Dominion Textile et il travaillait comme barbier le soir et les samedis pour arrondir les fins de mois. Je ne le voyais pas souvent et nos relations étaient distantes. Par contre, nous étions pauvres mais ne manquions de rien.

Plus tard, j'ai fait le secondaire au Plateau dans le parc Lafontaine, comblé cette fois par la Bibliothèque municipale de Montréal, la Bibliothèque Saint Sulpice sur la rue Saint Denis, la Palestre Nationale et la caserne des Fusilliers Mont Royal sur la rue Des Pins. Que peut vouloir de plus un garçon pauvre? La bibliothécaire qui surveillait la salle de lecture? Elle avait onze ans de plus que moi et a été ma première grande aventure avec une femme, en dépit de mes inhibitions et mon manque de savoir faire. Je ne l'ai jamais oubliée.

Dire que je tiens constamment des propos dévalorisants sur la littérature est lapidaire et injuste. Il ne vous reste qu'à dresser un bûcher et m'attacher dessus avec l'inscription: il a dit des propos dévalorisants sur la littérature et à demander à un auteur littéraire de venir y mettre la torche.

Dernièrement, j'ai rencontré Yves Beauchemin et nous avons échangé nos livres, vous diriez son oeuvre et mon ouvrage. Quel est la différence entre Les émois d'un marchand de café et Géopolitique et avenir du Québec?

Chacun cherche suivant sa discipline propre à exprimer quelque chose, à faire prendre conscience, et aussi à émouvoir, ce que je ne puis faire dans mes textes, à moins d'utiliser des procédés pédagogiques empruntés à la salle de classe. Mais la salle de classe est subjective et les réactions ne sont jamais les mêmes d'une classe à l'autre.

Il existe des dénominateurs communs, alors comment les rendre dans un "ouvrage raisonneur" qui a pour objet de provoquer une prise de conscience nécesaire à la poursuite de nos objectifs?

Vous me demandez une solution madame Ferretti. Je n'en ai pas. Pourquoi? Parce que dans toute question d'envergure, la solution passe par le consensus universel et c'est ce qui nous manque au Québec.  Personne, absolument personne, ne peut agir seul. On ne peut agir que dans et par les autres et inversement. D'où nécessité du consensus autrement on ne se comprendra jamais et rien ne sera fait.

Par exemple, si je demandais à 10,000 Québécois de définir l'indépendance, on trouvera probablement 10,000 opinions différentes, alors que la réponse exige une certitude. Or, une opinion basée sur une donnée isolée ne fait pas une certitude, qui représente la forme plus élevée du savoir. On le comprend facilement dans tous les domaines, sauf en matière d'État, où chacun et chacune donne son opinion, plus ou moins fondée sur l'affect.

Si je vous donne la définition géopolitique de l'indépendance, vous allez demeurer sceptique. D'autre part, cette définition essentielle est aussi celle de la psychanalyse, de la psychiâtrie, de l'économie politique, de l'éthique classique, celle d'Aristote et des Médiévaux.
Mais la philosophie des Lumières, qui raisonne pour raisonner, n'y arrive pas. Et pourtant, au Québec, il faut commencer par là, par le dénominateur commun universel.

Indépendance veut dire: aptitude et capacité de choisir ses dépendances. Cette définition ne m'est pas venue de la géopolitique mais d'un psychanaliste newyorkais qui donnait à la faculté d'éducation de l'Université Mc Gill des cours sur les problèmes psychologiques de la salle de classe.

Une dépendance est une nécessité qu'on doit se procurer d'une manière ou d'une autre pour vivre.

Or, la nécessité n'a pas de loi. Cette définition ne vient pas de la géopolitique mais de Sainte Thérèse d'Avila dans Le chemin de la perfection.

Poursuivons au sujet de l'indépendance: Le terme aptitude désigne les compétences et libertés intérieures du sujet indépendant. La capacité désigne l'ensemble des moyens extérieurs de l'indépendance, dont la qualité des statuts politiques et juridiques, les biens matériels, etc.

On peut développer ces thèmes bien davantage et c'est ce que je fais en préparant mon prochain texte pour le livre que je suis en train de terminer et dont le titre réservé est: Construire et défendre l'État du Québec.

Vous constaterez que ces définitions sont des certitudes opératives, des universaux, des dénominateurs communs valables, des fondements nécessaires au raisonnement valide sur des questions politiques et économiques.

Il reste encore beaucoup d'autres termes pour lesquels le consensus doit s'établir. J'ai écrit et répété les principes de la stratégie d'État. Stratégie veut dire science et art de l'agir humain. Il faut définir les termes suivants: Statuts, statuts de facto et de jure; possession territoriale de facto et de jure; nation, Nation, état, État et bien entendu, les principes universels de l'action que j'ai expliqués à trois reprises, en fait des centaines de fois et que je devrai expliquer encore avec plus de détails.

Voilà où il faut commencer madame Ferretti.

Il faut savoir ce que valent les mots et les choses, leur sens, signification, portée et dynamique, et ceci avec la plus grande rigueur.

Je vous laisse sur ce remarques, sentant que je me frappe la tête contre un mur.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Éducation/Action
Valérien Lachance
dimanche 1 juin, 2003 11:21













Bonjour,

Merci monsieur Bertrand d'avoir clarifié le rôle de ce forum  primordialement voué à la discussion et l'éducation, les échanges d'idées enfin,  mener à terme le Pays du  Québec à sa complète Souveraineté.

Au cours des  dernières semaines, j'ai observé deux classes de participants travaillant au même objectif !

Les premiers étant ceux qui acceptent volontiers de faire le bilan du passé, examiner la situation qui prévaut en ce moment, formuler  des projets d'avenir dans le calme et la réflexion.  Ils sont plus préoccupés à connaître les conditions de vie dans lequel auront à vivre les citoyens de demain dans ce beau Pays-du-Québec en devenir. L'indépendance n'étant pas le facteur primordial de parvenir au bonheur, il va de soi d'examiner les conditions de vie préconisées dans ce nouvel État (de jure ).

Il va  de soi d'essayer de visualiser  par anticipation "le  paysage économique et social" du nouveau Pays. Se pourrait-il que plusieurs s'y opposent, en raison de conditions de vie particulières dont les  sujets sont devenus tabou par la pensée UNIQUE prédominante de l'heure ? Je croirais que oui, et c'est pourquoi je soulève cette question.

Le deuxième groupe, est ceux qui  brûlent d'impatience de voir l'avènement de la souveraineté, qui ont le ras bol de la soit disante inaction, prêts à sauter à l'improviste, réaliser des projets parcellaires qui touchent la santé publique, l'éducation et l'instruction scolaire, sans égard de l'éducation générale c.à.d., le civisme, le comportement social et familial des individus les uns envers les autres dans une société dite avancée ! Ils font abstraction des problèmes sociaux  actuels, avec la perspective que l'indépendance va tout régler !

Quoi penser du crime organisé et le crime légalisé!  la prostitution, et tous les problèmes contemporains passés sous silence à travers la promotion de la souveraineté !  Verra-t-on disparaître ces fléaux
par la magie de l'indépendance ?

VL

Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Éducation/Action
Étienne Boulay
dimanche 1 juin, 2003 20:54













Bonsoir M. Lachance,

Je ne sais pas au juste dans quel groupe je suis, mais je présume, selon vos descriptions, être dans le second, celui de l'action.

On ne se connaît pas, mais cela n'enlève aucunement le respect que j'ai pour vous comme pour tous ceux qui ont à coeur le Québec et son avenir.  Mais je n'aime pas "cataloguer" les gens.  Il y a rien de pire selon moi que de créer des groupes de pensées, des apartheids.

Quel est le problème à laisser cohabiter philosophie, méditation, action et pro-action?  Il faut à la fois des gens qui pensent au Québec futur et des gens qui font le Québec futur.  Qui plus est, les deux peuvent être conduits par la même personne.

Dans mon cas par exemple, je n'accepte pas facilement l'idée de la guerre et je ferai ce que je peux pour m'y opposer.  Cependant,  j'accepte de bon gré qu'il doit y avoir des gens d'action pour faire avancer la cause du Québec, car seul la méditation et le fait d'envisager, de prévoir et d'espérer ne suffisent pas à former une nation.  Nous savons tous que des fois il faut redresser la situation et pour ce faire on doit lui donner un bon coup de barre.  Cela ne signifie pas la guerre, n'y même la violence, cela désigne la volonté de l'action pour faire avancer les choses.  Le professeur qui amène ses élèves dans le bois pour leur faire prendre conscience de l'environnement a des fois bien plus de succès que celui qui se limite au court théorique.  C'est la même chose pour la souveraineté.  De se laisser aller à l'éducation et que l'éducation, on passe à côté de plusieurs possibilités de réveiller la conscience du peuple.  Et encore là il n'est pas question pour moi de violence ou de guerre.  Je crois que nous avons le devoir de s'ériger devant l'affront fédéraliste et de laisser vivre la liberté et la vérité.  Pour cela, nous devons mettre un terme à la valse hésitation qui est imprégnée dans les gènes du Québec.  Pour cela on doit choisir une voie qui conduit à un objectif clair et réaliste même si cela veut dire abandonner d'autres voies pouvant eux aussi être favorable à notre cause.  Il faut choisir.

C'est ce que je comprends de notre volonter d'action.  Pour moi, cette action n'est aucunement exclusive.  Au contraire, des Ferretti et des Lachances, il nous en faut pour créer une "force" équilibrée, un mouvement en santé.  Cependant, tous doivent travailler dans le respect d'un et de l'autre.  Nul n'est supérieur à son voisin, qu'il favorise l'action ou la pensée.  De toute manière aucune action ne peut réussir si elle n'a pas été pensée.  Et aucune pensée ne peut réussir sans actions.

Ici, je laisse à ma pensée le champ libre en espérant qu'un jour l'action viendra.

Etienne Boulay

Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Éducation/Action
Valérien Lachance
dimanche 1 juin, 2003 22:02

Bonsoir monsieur Boulay,

Je vous répond immédiatement. Comme moi, vous appartenez sans  doute aux deux groupes dans vos intentions mais, selon notre état de vie, de santé et de disponibilité, j'ai dû m'astreindre au clavier.  Autrefois, étant plus jeunes, seule l'action éclairée m'intéressait. Je pourrais en écrire long à ce sujet.

Mais aujourd'hui, retraité et moins mobile qu'autrefois, je préfère de loin le partage des idées, qui elles, pourraient être reprises par des personnes plus aptes, et réalisées à l'extérieur de ce groupe de partage.

Je faisais suite d'ailleurs à un commentaire de monsieur Bertrand le jour précédent, qui  souhaitait justement que le site Québec-un-Pays demeure un site de partage, d'échange d'idées etc..

Il appartint dès lors, dans mon cas, que les personnes plus jeunes et  dynamiques, capables de  "penser" et "d'agir" à l'extérieur en même temps, d'entreprendre  un ou des  actions indispensables  pour parvenir à la réalisation du Pays du Québec dans le plus court  délai.

Merci d'avoir permis cette clarification.

Je  vous lis avec grande  plaisir monsieur Boulay et souhaitons que cet échange ne sera pas le dernier.

Mes salutations

Paix et joie à  vous
Valérien L.

Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Éducation/Action
Valérien Lachance
lundi 2 juin, 2003 11:01

Bonjour monsieur Boulay,

Ayant de nouveaux arguments "en main" ce matin, je désire poursuivre ce que j'ai avancé hier soir.

Par la lecture des textes de ce matin, je considère les échanges entre messieurs Couture et Sauvé des plus intéressants et instructifs à la fois,  le but principal de ce forum. Monsieur sauvé a écrit hier le 1er juin ce qui suit : Il répond à monsieur Couture.

Extrait:

"J'ai écrit le message que vous venez de critiquer  alors que j'arrivais d'un voyage assez long que j'avais passé une journée exténuante, à faire de l'entraînement avec des jeunes hommes, alors que j'en ai 72, mais je refuse de le reconnaître de temps à autre, pas tout le temps."
Comme vous voyez , Monsieur Sauvé, malgré ses 72 ans, trouve encore le moyen de rencontrer des jeunes décidés à faire avancer la cause du Québec vers l'indépendance, tout comme plusieurs le font ici sur ce forum. Il oscille de l'éducation à l'action avec l'habilité d'une chèvre de montagne malgré son âge.

Après avoir lu les textes précédents de monsieur Sauvé, croyez-vous que ces jeunes croient encore à la démocratie pour atteindre les objectifs de leur vie; l'indépendance du Québec

Ce pourrait-il aussi qu'ils veillent se transformer en kamikaze,  croyant avoir épuisé tous les moyens pacifiques à leur disposition pour atteindre ces  objectifs , ou encore, poser de bombes !

Croyez-vous que monsieur Sauvé serait allé les encourager, ou plutôt, les dissuader à poser des gestes malheureux pour eux et le Pays pour lequel ils aspirent tant !

N'avez-vous pas découvert comme moi, un monsieur Sauvé déterminé à orienter ces jeunes à utiliser des moyens pacifiques qu'il préconise ici même sur ce site,  mais qui échappe à  l'entendement et surtout à la  patience des jeunes aujourd'hui!

Beau travail monsieur Sauvé. Je vous félicite.

Valérien Lachance
 

Textes tirés du fil de discussions de Souveraineté-info

Re: Un manque de héros ! / ou une Stratégie
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   02-06-2003 18:33

Comme vous m'en donnez l'occasion par votre introduction, j'interviens pour vous présenter une texte de Monsieur René Marcel Sauvé.

Pourquoi lui ? Parce qu'il est un spécialiste de la STRATÉGIE.

Parce que je lis Monsieur Sauvé depuis quelques mois, parce que je l'ai interrogé dans divers messages, parce que d'autres l'ont interrogé aussi, parce que j'en apprends de lui.

On a certainement manqué de STRATÉGIE pour en être là où nous en sommes actuellement.

Quoi de mieux que de s'abreuver à une source quand on le peut !

Quoi de mieux que de se faire dire des choses par un spécialiste !

Tout ce que je peux en raconter, c'est après l'avoir lu.

Son texte original apparaît à la page suivante :

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1088

Je vous transmets ce qui m'apparaît important : (La mise en page ou la présentation est de moi).

=========

Nous ne pensons absolument rien.

Nous agissons et ce n'est pas la même chose.

Agir, c'est mettre en pratique les principes millénaires de la stratégie d'État, qui est une stratégie d'ÊTRE, ontologique et architectonique (excusez mes grandes thèses) mais nous devrons tous passer par là, afin de comprendre le sens profond de notre action, qui n'est pas de l'agitation.

Contrairement à Descartes qui a fondé sa philosophie sur le

"Je pense donc je suis",

la nôtre est fondée sur le

"J'existe, donc j'agis et parce que j'agis, j'existerai davantage".
C'est ainsi que s'exprime Shakespeare dans "To be or not to be".
Ce qui veut dire, agir ou ne pas agir, donc, exister ou ne pas exister.
Nous avons fini de penser pour penser. Nous pensons maintenant en termes d'agir, ce qui nous conduira beaucoup plus loin.
NOUS EXISTONS, DONC, NOUS AGISSONS ET EN AGISSANT, NOUS ALLONS EXISTER DAVANTAGE.
Je rappelle sommairement ces principes pour tout le monde:

1. Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation.

2. Détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables en termes de temps et d'espace.

3. Maintien du moral.

4. Concentration de l'effort dans l'espace et dans le temps.

5 Économie de l'effort.

6. Simplicité.

7. Souplesse.

8. Sécurité.

9. Surprise.

10. Coordination.

11. Coopération.

12. Administration et logistique.

C'est sur la base de ces principes que nous rejetterons la domination et l'inféodation au pouvoir centralisateur et arbitraire d'Ottawa et que nous construirons l'État naturel et libre du Québec.

La tâche est immense mais le défi en vaut la peine.

Et ensuite, que valons-nous si nous sommes incapables de relever un tel défi qui nous fera honneur devant toutes les nations du monde?

Il n'y a plus de si ni de mais, il n'y a plus d'inquiétudes, il faut réussir. Point final.

Nous allons démontrer que notre inféodation est contraire aux principes de la stratégie d'État.

Nous ne pouvons, dans le système actuel, correctement et rigoureusement, apprécier contextes et situations par nous-mêmes et pour nous-mêmes, ce qui est tout à fait légitime.

Nous ne pouvons déterminer des objectifs simples, précis, praticables et réalisables en termes de temps et d'espace.

Nous ne pouvons maintenir le moral de notre peuple puisque la division des pouvoirs le démoralise.

Nous ne pouvons concentrer l'effort dans le temps et l'espace, afin d'atteindre nos objectifs avec une économie maximale de moyens.

Nous ne pouvons agir suivant le principe de simplicité, puisque la juxtaposition des pouvoirs nous l'en empêche.

Nous ne pouvons agir avec souplesse non plus, cause de trop de bureaucraties superposées que nous allons éliminer et simplifier avec la souveraineté.

Nous ne pouvons assurer nous-même la sécurité de nos intérêts propres, parce que nous sommes inféodés à un pouvoir étranger à nos préoccupations.

Ce même pouvoir nous compromet en appliquant le principe de surprise pour son avantage. Le principe de surprise veut dire placer convenablement l'adversaire devant le fait accompli.

Nous pouvons très difficilement coordonner nos efforts. La coopération est difficile également.

Quant à l'administration et la logistique, comment est-il possible de mettre convenablement en pratique toutes ces mathématiques nouvelles inventées par Leibniz, Newton et Descartes pour servir les États actuels?

Nous sommes meilleurs que les autres en mathématiques et nous devons nous subordonner aux calculs des autres.

Voilà pour commencer notre argumentaire stratégique.

Pendant les semaines à venir, je reprendrai ces principes un à un, en détails, afin de nous en pénétrer tous, en profondeur, afin qu'ils deviennent nos régulateurs et nos guides permanents de l'action.

Rappelons-nous en passant que le principe n'est pas une théorie abstraite, même si pour être compris et mis en pratique, il exige un effort important de réflexion et de discernement de la part des facultés supérieures de l'esprit.

Un principe est l'élément de la forme d'un acte. Or, la forme est principe du mouvement.

Je m'explique sommairement. Une roue, qui est une forme en soi, est faite pour tourner en un mouvement circulaire autour d'un axe. Sa forme est donc principe de son mouvement. Transposez ce premier exemple en une foule d'autres.

Voyez les plantes et les animaux. Ils ont des formes multiples et chaque espèce se meut en fonction de sa forme particulière. Voyez seulement les chiens. Ils sont tous formés différemment selon les espèces et chaque espèce se meut en fonction de sa forme.

Voyez la multiplicité des milieux géographiques. Même si on leur découvre certaines analogies, chaque milieu comporte des caractéristiques singulières qui se prêtent à la formation (mise en forme) de différentes sociétés, nations et États.

De même pour le temps.

Les temps changent continuellement et chaque temps exige des formes particulières d'agir et de comportements adaptés aux circonstances telles qu'elles se présentent dans l'espace.

On voit par là que le principe est permanent, universel et constant, alors que son application varie selon les temps, les lieux et les circonstances.
Ces temps changent, les espaces changent d'un lieu à un autre, mais les continuités demeurent et les principes demeurent également les mêmes.

Relisez vos douze principes maintenant et vous comprendrez mieux.

Notre argumentaire stratégique sera entièrement fondé sur ces principes et c'est sur la base de ces concepts universaux que nous construirons notre consensus et défendront nos statuts.

Nous y reviendrons bientôt.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé

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Robert Bertrand :

Qu'est-ce qu'on a à perdre à étudier ? à se former ? à comprendre ? à s'instruire ?

Quand on aura assez de bagage, on pourra instruire, informer tous ceux et celles qui seront ouverts à vouloir comprendre.

Vous aurez compris que je re-deviens un élève pour également m'instruire, m'informer, questionner et comprendre.

De la stratégie, cela nous a toujours manqué. Si quelqu'un veut me l'enseigner, je vais prendre quelque temps pour m'instruire.

Bien amicalement,

Robert Bertrand

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   03-06-2003 10:57

Salutation citoyennes et citoyens !

Je vous remercie pour votre intervention, Monsieur Bertrand ! Il est dommage qu'une vision ne se soit pas exprimée bien avant dans l'Histoire du Québec... Mais mieux vaut tard que jamais !

L'emphase sur l'agir est pertinent en prévision du prochain référendum !

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   03-06-2003 14:06

Bonjour Gilles,

Je constate que, parfois, on devient une courroie de transmission.

Pourquoi en est-il ainsi ?

C'est que, malgré toute la formaltion peronnelle que nous avons, malgré toute notre expérience acquise dans certains domaines, il nous arrive de constater que, dans des situations particulières, on a l'avantage d'être sur la route de d'autres personnes qui peuvent nous enseigner des choses, qui nous privilégient pour profiter et de leurs expériences de vie et de leur savoir faire.

Sous le titre : "Éducation/Action" Monsieur René Marcel Sauvé nous livre un message que nous avons intérêt à connaître, à méditer, à approfondir.

Son message original est à la page suivante :

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1141

Je présente, ici, la partie majeure de ce message.

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René Marcel Sauvé

De retour après deux jours d'absence, je trouve votre message au sujet de mon intervention auprès des jeunes gens du MLNQ, à qui j'enseigne les principes universels qui gouvernent les États, les principes de stratégie et ceux de la tactique.

Aucun de ces jeunes gens, garçons et filles, n'a planté de bombe, ni menacé personne, ni envisagé d'opération kamikase, ni aucune mesure de ce genre, depuis les cinq dernières années au cours desquelles je m'occupe de les former, avec d'autres intervenants adultes, instruits et capables d'instruire à leur tour.

Ils ont compris que ce que beaucoup d'autres Québécois(es) ne comprennent pas encore.

Le Québec est bel et bien un État, d'autre part, une province sur papier et dans les discours officiels qui nous discréditent, mais un État que nous avons construit, nous, Québécois, au prix de cinq siècles d'efforts et de progressions lentes et laborieuses, dans un milieu géographique rude, envers et contre l'hostilité souvent outrée et menaçante des Anglais, des Loyalistes et surtout des Orangistes, qui ont juré nous fossiliser et nous faire disparaître comme peuple, afin que jamais, aucun État Québécois ne vienne au monde et leur fasse ombrage.

Voilà le fondement identitaire, ontologique, géographique et moral de toute la question et c'est dans la mesure où il est bien établi dans les esprits que nous mettons en pratique ce principe fondamental et universel de l'agir humain: maintien du moral (Troisième principe de l'action).

IDENTITAIRE:
Ce qui veut dire savoir qui on est.
Les peuples des États-nations du monde savent généralement qui ils sont.

Un Français sait qui il est. Un Allemand sait qui il est. Un Américain sait qui il est. Un "Canadian" ne sait pas qui il est, un Canadien non plus, Canadien-français ou autre, mais un Québécois A TOUT CE QU'IL FAUT POUR SAVOIR QUI IL EST.

Dans la mesure où il lui a été possible d'identifier toutes les composantes de son identité, un Québécois et une Québécoise savent qui ils sont et ne risquent plus de vivre de graves crises d'identité comme celà s'est produit tellement souvent dans le passé et encore récemment chez les "fédéralistes".

Le moral est comme un courant électrique. C'est une puissance invisible, aux mécanismes intangibles mais contrôlables. On peut avoir le meilleur appareil du monde, le meilleur système, s'il n'y a pas de courant, rien ne fonctionne.

De même en politique, vie sociale, vie économique et religieuse.

On aura beau avoir toutes les institutions les plus sophistiquées du monde, avec les meilleurs organigrammes, si le courant ne passe pas, si le moral est absent, rien ne fonctionne. On peut certes créer l'illusion du fonctionnement, par des pressions extérieures, mais il n'en résultera que des mécanismes sans âme et des agitations qui n'ont aucun rapport avec l'agir conscient et délibéré.

Le moral, qui obéit à des mécanismes intangibles, fonctionne de l'intérieur et c'est autre chose. Et le point de départ du moral humain, c'est l'identité, qui consiste à savoir qui on est et partant, à agir pour l'honneur de son nom et sa raison de vivre.

Le reste est accesssoire.

C'est à partir de l'identité donc, qu'on est incité à agir pour sa raison de vivre et l'honneur de son nom. Cette dimension est propre à la nature humaine. L'animal ne la connaît pas.

L'âme humaine, qui est forme du corps selon Aristote et Saint Thomas d'Aquin, est complètement dans l'identité, ce qui veut dire identité avec l'Autre et avec Soi-même.

C'est le "Je" et "Tu", décrit dans des pages extraordinaires par Martin Buber, ce petit juif allemand dont le Pape actuel recommande la lecture et l'étude. (Cf: Martin Buber. Je et Tu. Aubier. Bibliothèque philosophique. Paris 1984. 170p. Traduit de l'allemand. Aussi: La splendeur de la vérité, par Jean-Paul ll.)

Or, l'État est une âme qui transcende toutes ses dimensions organiques: géographie, histoire, statuts reconnus de droit et de fait, anthropologie, sociologie, politique, économie, etc. C'est cette âme que les adversaires veulent nous enlever pour y substituer une vie matérielle confortable et suicidaire. Tant que nous n'avons aucune identité, nous ne sommes une menace pour personne, seulement des animaux jouisseurs.

Josée Legault l'a bien relevé dans son article en page éditoriale du Devoir d'hier, lundi 2 mai 2003. Bernard Frappier, qui s'occupe de Vigile, a trouvé bon de le publier en première page. Il faut lire et conserver cet article d'une rare lucidité, quant à son interprétation du film Les Invasions barbares.

C'est alors que la phrase célèbre de Juvénal prend tout son sens: Le plus grand malheur consiste à sacrifier son honneur et sa raison de vivre pour quelques bénéfices matériels. À laquelle s'ajoute celle du Christ: Que sert-il à l'homme de gagner l'univers s'il vient à perdre son âme?

Le jeunes gens du MLNQ le comprennent de plus en plus. S'ils travaillent fort pour préparer la défense du Québec par le moyen d'une politique de dissuasion crédible et exigeante, ils le font dans l'honneur et le maintien de leur raison de vivre. Et à cause de cet honneur et du nécessaire maintient de leur identié, la leur et celle de tout le Québec, ils ne se livrent ni ne pensent rien de délétère qui aurait pour conséquence de nous discréditer comme le veulent nos ennemis.

Je laisse ces remarques à votre réflexion. (...)

René Marcel Sauvé

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Nadeau (---.sympatico.ca)
Date:   03-06-2003 18:21

Les articles ci-haut de notre rédacteur Monsieur Bertrand éclairent petit à petit mes lanternes. Je suivrai la rédaction des principes un à un et leur explication une à une.

De.......MONTESQUIEU:

"Si je savais quelque chose qui me fût utile, et qui fût préjudiciable à ma famille, jelarejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose utile à ma famille, et qui ne le fût pas à ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fût préjudiciable à l'Europe , ou bien qui fût utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime.
De...........Kébekoise:

" Si je savais que je serais une bonne élève........et que j'aurais l'honneur d'être une bonne élève parmi tous les membres souverainistes de ce forum........(rires).

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   03-06-2003 22:21

Libre opinion: Le confort et l'indifférence, prise deux

http://www.ledevoir.com/2003/06/02/28935.html

Josée Legault
Chroniqueuse politique, The Gazette

Édition du lundi 2 juin 2003

À la une du Devoir du 26 mai, l'auteur et professeur de littérature Jean Larose braque ses projecteurs sur Les Invasions barbares. Au-delà de l'unanime critique qui porte ce film aux nues, d'ici jusqu'à Cannes, il souligne la nonchalance avec laquelle le cinéaste Denys Arcand y aborde la mort. «C'est un film sur la mort, mais qui ne prend pas la mort au sérieux.» Comment donc expliquer l'émotion qu'il soulève alors qu'on y assiste à la représentation de la mort idéalisée de Rémy-le-baby-boomer-gâté-pourri, une mort spectacle, douce, confortable, sans douleur, achetée grassement et livrée sur commande, hypercontrôlée?

(...)

Robert :

Pour comprendre le principe IDENTITAIRE tel que présenté par M. René-Marcel Sauvé dans le message ci-haut, il me semble important d'amener ce texte de Josée Legault qui nous parle du film :"les invasions barbares"    (Plus de 50 interventions sur le sujet, sous ce titre Les invasions barbares) de Denys Arcand.

D'ailleurs, M. Sauvé nous invite à lire le texte de Madame Legault.

On a déjà parlé, sur notre groupe de discussions, "Pour le Pays du Québec", du film de Denys Arcand, en fonction de l'euthanasie, du suicide, de l'avortement, de la mort.

On doit s'en rendre compte, il y a d'autres aspects. Josée Legault les fait ressortir.

Il y a donc toute une dialectique que l'on pourrait développer et enrichir pour mieux nous faire comprendre ce "confort et cette indifférence" dans laquelle notre société se complaît, présentement.

N'avons-nous pas intérêt à se prononcer sur ce sujet qui nous interpelle pour la qualité de notre société du Pays du Québec ?

Il va de soi qu'il faut lire le texte de Madame Legault.

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   04-06-2003 09:48

Salutation citoyennes et citoyens !

Je vous remercie Monsieur Bertrand pour votre relance par le biais d'un autre autre article de Monsieur René Marcel Sauvé. Les propos de ce dernier incite certes à la réflexion. La notion du principe identitaire est incontournable pour se mettre en marche vers la libération nationale...

Ceci étant dit, il y a moyen de lancer le message qu'il est temps d'activer notre conscience nationale. Par exemple, sur ce forum, j'avais écrit : "SOS Beauharnois !". En tant que citoyen tenace, c'est une façon de procéder sur la réalité... Au nombre de conducteur(trice)s qui passent, c'est une manière rapide de promouvoir la Question nationale sans être censuré...

Le principe identitaire, cela doit s'exprimer...

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   04-06-2003 10:37

Parce que l'on demeure dans une région donnée, la région de Beauharnois, par exemple, cela vous place dans la situation géographique.

Dans mon cas, je demeure à Québec.

Pourquoi : SOS Beauharnois me suis-je demandé ?

Je sais qu'il y a un barrage à Beauharnois, qu'un immense drapeau du Québec est gazonné, et j'essayais de faire un rapprochement avec ce drapeau ?

Comment les gens devraient-ils afficher leur fait IDENTITAIRE, alors ?

Il faudrait, peut-être, élaboré davantage. Tout le monde ne connaît pas nécessairement ce lieu privilégié !

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   04-06-2003 11:27

Salutation citoyennes et citoyens !

Je vous remercie pour vos interrogations, Monsieur Bertrand !

Cela fait un certain sens que d'afficher le Fleur-de-Lys signalant le "Je me souviens" à côté du drapeau des Patriotes, 2ième version, soulignant la résistance d'un peuple pour son indépendance ! C'est la modernité qui se fait accompagner par l'Histoire : d'ou nous venons, ce que nous sommes et ce que nous voulons pour préserver l'Amérique française...

Quant à Beauharnois, eh bien, c'est un coin ou j'ai des racines, et aussi parce l'histoire de cette ville inclut des références aux Patriotes de l'époque... Brandir ces deux drapeaux est un geste éducatif...

C'est en tant que citoyen que j'essaie de réagir, et non pas attendre le Messie... Il y a une responsabilité individuelle au départ, le principe identitaire, et ensuite collective, le principe communautaire...

Il faut être au moins deux pour brandir ces deux drapeaux, d'ou mon appel patriotique !

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   04-06-2003 13:31

Merci bien.

Vous dites bien : "C'est en tant que citoyen..."

Il me semble que c'est fondamental. Notre action part de la volonté citoyenne.

Pensons à un De Gaulle. Il était seul en Angleterre pour faire ses discours et son appel à "son" peuple.

Pensons à un Gandhi. Lui aussi, c'est à partir d'une action citoyenne, individuelle, solitaire qu'il a su faire appel à la solidarité de plusieurs millions de personnes.

Une action, bien simple, à l'époque... rejeter les vêtements provenant de l'étranger.

Ce matin, je lisais qu'un sondage présentait Lester B. Pearson comme étant le plus grand Premier Ministre du Pays qui nous est étranger. Ce Premier Ministre acceptait plus que moins le concept des deux Nations, des deux Peuples.

Il a fallu un Trudeau pour démolir les actions de son prédécesseur. Lui, au contraire, voulait un Canada bilingue, multiculturel. Depuis ce temps, il y a des vautours qui profitent des deux langues dans leurs tours d'ivoire respectives.

Il n'y a rien de pire que de vouloir obliger les citoyens à suivre une ligne de conduite. On le sait, il faut que cela vienne de la base, de la volonté populaire. Venu d'en haut de la pyramide, il a démolit le concept des deux Peuples, des deux Nations.

Et le Québec n'a pas changé à cet égard. Il veut Être Pays, il veut Être Nation, il veut Être Peuple. Il veut Être sur la scène internationale. Il veut dire son mot, faire valoir son opinion sur toutes les scènes du monde.

Autres temps, autres activités.

C'est à titre de citoyen, personnel, individuel que j'ai ouvert mon propre site internet et que je lui ai donné le titre que je voulais : Québec un Pays.

D'autres, c'est Québec, mon Pays, d'autres encore, c'est Québec, Pays.

J'ai agi avant que de connaître M. Sauvé. Il faut savoir reconnaître les gens qui sont autour de nous et qui ont de la valeur, qui ont quelque chose à dire et à donner à tout notre monde du Pays du Québec.

Dans les exposés de M. Sauvé, il nous en parle de s'afficher ouvertement, de parler, de dire ce que nous sommes : des Québécois, des Français d'Amérique. Parler de l'État du Québec, de la Nation Québécoise, du Peuple Québécois, du Pays du Québec.

C'est à nous de "se" dire comme on est.

À force de "se" dire, de "se" raconter, de "se" parler, de "se" proclamer, il y aura de plus en plus de citoyens et de citoyennes qui adopteront cette façon de dire, de faire, d'être.

On est Québécois. Pourquoi ne pas le dire, le répéter, l'écrire, le dire ?

Bon après-midi ensoleillé !

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   05-06-2003 11:56

Salutation citoyennes et citoyens !

Je vous remercie grandement pour votre "relance", Monsieur Bertrand !

Vos propos vous honorent !

Je n'ai pas de difficulté à assumer ma réalité identitaire en soi. Je suis ce que je suis... Toutefois, à titre d'exemple, si je me tiens sur un coin de rue achalandé avec soit un Fleur-de-Lys, ou un drapeau des Patriotes, 2ième version, ou une pancarte : "Québec, un pays français !", il n'est pas dit que je pourrai le faire dans mon coin de pays... Malgré que je suis chez moi ici...

Pourtant, on permet bien aux Témoins de Jéhovah, ou autres, de distribuer des feuillets à l'entrée de certaines stations de métro... Pourtant, on permet bien à des gens de se placer devant certains consulats... Pourtant, on permet à bien des groupes communautaires de signaler leur cause sociale... Mais pour la Patrie, qu'en est-il , Mesdames et Messieurs ?

Que le soleil vous accompagne !

Un citoyen tenace,
G. Brassard
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Re: Un manque de héros !
Auteur: Pierre Bouchard, Esc. (205.205.113.---)
Date:   06-06-2003 00:35

Bonjour, j'interviens ici à l'invitation de Mme Béatrice Nadeau, qui a découvert mon site et qui m'a fait découvrir ce forum. Elle me demande mon avis sur ce qu'est l'Agir, à la suite des propos de M. René-Marcel Sauvé. Bien que je n'aie aucun titre m'autorisant officiellement ces quelques libertés d'opinion, je m'exécute. Pardonnez-moi, c'est un peu long.

L'Agir. Penser l'utile seulement, c'est-à-dire arriver à un point où on cesse d'examiner les alternatives pour enfin procéder. La Pensée sans l'Agir ne vaut pas grand chose, c'est pelleter des nuages, mais le contraire est aussi vrai, Agir sans Penser, c'est faire des niaiseries. Bon, on peut faire beaucoup de rhétorique là-dessus. J'ajoute qu'un Acte peut aussi être une idée exprimée seulement, au bon moment et au bon endroit. Un texte, un discours, une entrevue qui contribue à ce que les choses changent quelque peu, évoluent, participe de l'Agir.

Je connais un petit peu M. Sauvé pour avoir brièvement visité son site et surtout pour l'avoir lu de temps en temps dans le journal Le Devoir et le site Vigile. J'apprécie toujours son point de vue pragmatique et souvent original. Dans le texte présenté par M. Robert Bertrand le 2 juin dernier, il nous dit "Un principe est l'élément de la forme d'un acte. Or, la forme est principe du mouvement". Je comprend en lisant les exemples qui suivent. Il veut dire que nous vivons, pensons et agissons selon ce que nous sommes, c'est-à-dire d'une manière qui nous est propre, personnellement ou collectivement, à cause de notre conditionnement (nous avons tous un conditionnement, différent selon les lieux et les époques) qui nous a façonné toute notre vie. En tout cas c'est ce que je crois, moi. "Nous sommes ce que nous furent, et nous serons ce que nous sommes" ai-je déjà dit quelque part dans mon site. Cela me parait évident. L'Agir n'est pas autrement, nous agissons comme nous pouvons le faire. Notre indifférence à ce qui nous arrive favorise notre propre extinction, c'est-à-dire que si nous ne combattons pas, ça n'empêche pas que sommes tout de même combattus; alors mathématiquement, nous courrons à notre perte.

Cela est évident aux souverainistes mais les autres n'ont pas le même angle de vue. Ils n'ont pas tort ni raison et nous non plus. Il nous faut admettre qu'à cause de leur poids, jamais nos pédagogies ne prendront racines, les pédagogies adverses ont la faveur des médias. Non, notre seule chance est d'agir justement. Poser des gestes concrets, des actes qui font qu'après, ce n'est plus comme avant, jamais plus. C'est ce que je reproche, moi, au PQ. Qu'après eux il ne reste plus rien, (constitutionnellement parlant). Les institutions parlementaires anachroniques sont les mêmes qu'à l'origine, il n'y a pas de Constitution québécoise, la nation n'a jamais eu l'occasion de dire au monde entier qu'elle existe : 2 fois elle a été obligée de dire qu'elle voulait demeurer au Canada, mais cela ne voulait pas dire qu'elle ne se reconnaissait pas comme nation distincte sur cette planète. On me dira que Bernard Landry a au moins le mérite d'avoir mis le mot sur toutes les lèvres et qu'apparemment, "le Québec une nation" est un consensus. Tant mieux mais ça ne vaut plus grand chose maintenant. Les anti-nationalistes sont généralement hargneux et ils s'acharnent. Leurs tribunes qui occupent toute la place ont maintenant comme chef de l'État un homme qui pense comme eux, ces gens des empires médiatiques. Dans le pire des scénarios, avant longtemps, nous serons devenus une "région francophone" du Canada. Nous le sommes depuis toujours dans la tête des gens du ROC, mais cela deviendra un consensus parmi nous aussi. D'ailleurs il y a bien 25-30% des francophones au Québec qui pensent comme ça, qui détestent l'idée que nous puissions être d'abord des gens du Québec avant de se considérer Canadien. Ça les heurte, ça les insulte. Il faut comprendre à quel point ces gens sont sourds à nos prêches indépendantistes, que l'effet recherché est tout à fait contraire chez eux. Et cela, ce n'est pas parce qu'ils sont moins intelligents que nous bien sûr, ni eux ni nous n'avons tort ou raison comme je disais. Seulement comprendre cela devrait aider, c'est important stratégiquement.

Les gens, il faut le voir, sont plutôt des consommateurs, des producteurs et des bénéficiaires, et pas des citoyens de l'État. Les gens vous diront le contraire mais regardez-les aller, prenez des photos de tous ces petits principes qui prennent le bord dès que l'argent et la sécurité financière sont en jeu. Vraiment, c'est un peu carré mais c'est un fait : quand on parle de la population, quand on dit qu'il faut les convaincre, voire les éduquer, en tout cas quand on dit qu'il faut leur faire confiance, et qu'on suggère un référendum demandant s'il faut quitter le Canada, il faut considérer les québécois tels que nous sommes. Dans leurs oreilles, nos oreilles à nous les petits qui n'osons jamais, c'est la révolution, le grand chambardement. Pourtant, à nos yeux hypnotisés, rien ne justifie de tout foutre en l'air, "ça ne va pas si mal que ça", surtout si c'est pour continuer à vivre de la même façon après (vivre en consommateurs/producteurs/bénéficiaires). Les gens du Québec, en général, étant donné leur maigre connaissance de l'histoire et leur faible conscience citoyenne, ne veulent même pas donner priorité à leur avenir collectif. C'est majeur : la collectivité québécoise n'est pas assez solidaire encore pour avoir, naturellement, l'instinct de survie, d'elle-même.

Posez la question "Voulez-vous que le Québec devienne un pays ?" à tous ces "consommateurs/producteurs/bénéficiaires - et non pas citoyens" que nous sommes, et vous aurez un pointage catastrophique. Pensons à ce que diraient les québécois rapetissés, les québécois qui ne savent pas encore qu'ils ont le droit d'exister véritablement, normalement. Qui attendent encore et toujours l'autorisation. Ils continueront à se défiler comme ils l'ont toujours fait, et on brisera toutes les chances.

Les québécois sont des nord-américains, individualistes bien sûr mais trivialement capitalistes; ils baignent dans le néolibéralisme, ils sont même des acteurs non négligeables. C'est ainsi que nous vivons. Nous sommes soumis à de fortes contraintes, nous sommes sujets à l'arnaque, nous sommes fragiles. Nous sommes influençables, pas par l'idéologie mais par l'argent. Les politiciens, eux, connaissent bien les gens, c'est pourquoi ils les traitent en clients. On nous achète ouvertement, le PLC nous le montre bien, et nous restons impassibles, sans aucune dignité collective (songeons à la loi C-20).

Malgré la forte volonté (et tous les moyens mis en oeuvre) pour nous rentrer dans la tête que nous ne sommes pas différents des anglophones du Canada, nous sommes bel et bien différents, quoiqu'en disent les opposants et tous ceux auxquels la chicane répugne. Je parle et je pense en français, mes réflexes intellectuels sont différents des réflexes intellectuels anglophones. Par la force des choses, nos cultures sont différentes. Personne n'est mieux que l'autre, personne n'a tort ou raison. Mais ce genre de propos n'est pas autorisé dans nos médias.

Lorsque je dis que personne n'a tort, j'en viens à dire qu'en fait, c'est le plus fort qui gagne. C'est la jungle. Personne ne souhaite cela et il faut se battre pour enrayer cette situation, mais pour l'instant nous en sommes là. Il faudrait faire comprendre aux gens que nous sommes assez forts, justement, pour gagner ce combat, que nous avons ce qu'il faut pour y arriver. Il suffit d'un peu de bonne volonté, d'un minimum de sagesse et d'un iota de courage. Nous sommes des adultes qui habitent encore chez leurs parents. Nous avons passé la trentaine. Il est vraiment, vraiment temps de se prendre en main maintenant. Nous commençons à faire pitié, nos horizons commencent à se refermer.

Quand on déclenche les élections, quand on y va d'une campagne électorale de 30 jours, on force les gens à se décider entre l'un et l'autre des partis, des candidats. Les gens sont forcés de se prononcer. Dans le même ordre d'idées, il faudrait forcer les gens à se prononcer quant à notre avenir collectif, à prendre position et non juste se défiler dans le statu quo. Faire qu'après cette prise de position, les choses soient différentes, peu importe le résultat de la consultation. Je développe là-dessus dans mon site, je propose une question référendaire structurée.

Les Québécois ne veulent pas dire oui à l'indépendance, ils rejettent la rupture. Moi je crois qu'il n'y a pas eu beaucoup d'évolution quant à la ferveur des Québécois pour la souveraineté, entre le premier et le deuxième référendum, malgré l'avis général. Même si cela n'est pas viable, même s'il faut d'abord faire l'indépendance pour pouvoir ensuite, éventuellement, négocier d'égal à égal avec le ROC, les gens ne veulent rien savoir : ils veulent affirmer l'existence de la nation québécoise, mais ils veulent l'affirmer sans pour autant "quitter le pays", s'exiler. Ils essuieront toutes les rebuffades des fédéraux, le mépris unanime des médias anglophones, ils encaisseront tous les reculs de leurs droits et de leur culture, ils s'amenuiseront s'il le faut "pour rester à bord". C'est bizarre tout de même cette mentalité. M. Sauvé dit qu'ils ne savent pas qui ils sont. Moi je pense qu'ils sont quelques peu intoxiqués par la propagande canadienne qui dure depuis toujours. Ils ont grandi "canadien français", et maintenant leurs enfants grandissent "citoyens du monde", veulent-ils croire, mais tout à fait "nord américains" en fait. Nous sommes et devenons comme nous avons grandi, avec tout notre bagage culturel.

Cette propagande prend diverses formes et elle n'est pas nécessairement toujours un acte anti-québécois dans la mesure où elle émane naturellement d'une nation qui s'affirme dans le monde. La nation canadian en l'occurence. Il faudrait revoir plusieurs choses, nos cours d'histoire à l'école par exemple. Pourquoi n'enseigne-t-on pas clairement (et obligatoirement) que ce que nous sommes aujourd'hui provient des combats incessants entre anglophones et francophones depuis 300 ans?

Pierre Bouchard

Questions de société
http://www.fjord-best.com/pierrebouch/societe.html
Escoumins, Québec

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Re: Un manque de héros !
Auteur: crevier michel (---.f1782.globetrotter.net)
Date:   06-06-2003 10:23

Dans la logique de ce qui a été écrit de mes prédécesseurs.

J'ai une suggestion concrète relative à l'enseignement de l'histoire du Québec.

Pourquoi ne pas créer une fondation qui parrainerait un concours national sur la connaissance de l'histoire du Québec aux élèves de secondaire 1V?

Une première élimination locale ou régionale avec prix (bourses d'étude pour poursuivre les études)avec partenaire les médias locaux volet écrit et volet média électronique.

Une éliminationale finale devant les caméras de télévision.
Si un sujet ardu comme la dictée de Pivot a pu s'implanter ici avec des sujets frivoles.

Pourquoi ce projet ne pourrait être parrainné par un mouvement souverainiste ?

Vigile et d'autres rendent disponibles une quantité d'études et de documents. Pourquoi ne pas contrer les insipides minutes de propagande du patrimoine ça-rime-à rien(canadien)par une action concrète et peu coûteuse!

L'Agir et la stratégie deux urgences:un hymne nationale Québécois pour laisser le O poubelle et un concours sur l'histoire du Québec.

Qu'en pensez-vous monsieur Bertrand?

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   06-06-2003 11:03

Je trouve intéressante, votre suggestion quant au concours sur l'Histoire.

Ce peut être parrainé par un groupe souverainiste, si l'on veut, comme vous nous le signaler. Il faut en faire la promotion, il faut l'organiser, il faut des prix, il faut soutenir ce concept.

Tout ça prend des sous.

Je verrais cela possible par une chaîne de TV.

Radio-Québec ? TV 5?

TVA ?

TQS ?

Ils peuvent, l'une ou l'autre ou l'une et l'autre (chaîne de TV) donner une valeur ajoutée à ce qu'ils font.

Puisque c'est votre idée, je vous invite à leur soumettre, à chacune des chaîne, à leur service de promotion.

Pourquoi pas un concours sur l'Histoire, sur les Mathématiques, sur les Sciences ?

Faire la promotion de tels services serviraient les intérêts des jeunes et des moins jeunes, chercheraient à les voir se perfectionner dans la discipline de leurs choix et ils auraient des promoteurs qui en bénéficieraient par leurs publicités et en feraient bénéficier l'ensemble de la société.

Qu'auraient-elles à perdre, ces chaînes ? Tout le contraire, il me semble.

Voilà pour ce que j'en pense et peut vous suggérer.

Qu'en pensez-vous, à votre tour, Michel ?

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   06-06-2003 11:29

On a créé un concept autour d'un groupe d'artistes, on pourrait en créer autour de groupes d'étudiants, d'étudiantes concernant les diverses disciplines suggérées : Histoire, Mathématiques, Sciences.

On en fait bien des groupes privilégiés avec les sports. Les Olympiques du Québec.

C'est un ajout qui serait certainement possible à faire.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: crevier michel (---.f1783.globetrotter.net)
Date:   07-06-2003 11:12

Monsieur Bertrand une fondation pourrait être crée avec des buts précis de promotion de l'histoire du Québec.  Des fonds dans le passé à Radio-Québec pour vulgariser notre histoire ont donnés une caricature de notre passé...

Il faudrait se concentrer sur l'histoire mais axé sur les échecs du Canada...

Un organisme sans but lucratif peut amasser des sous. Des dons peuvent y être canalisés.

Présentement certains organismes créent des chaires d'un certain Laurendeau qui n'était pas souverainiste...

Le PQ ou les parti politiques ne peuvent recevoir de contribution de compagnies une fondation le peut.

Ce qui serait souhaité, c'est que cette fondation se consacre exclusivement à la promotion de la connaissance de l'histoire du Québec.

La dictée de Pivot a fait des petits mais ce n'est pas avec des prix mirobolants et une organisation archi-compliqué.

Merci monsieur Bertrand de votre encouragement.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   07-06-2003 11:23

Salutation citoyennes et citoyens !

S'il fallait que certaines personnes, motivées par leur principe identitaire, se mettent à s'afficher en région, par le biais d'un Fleur-de-Lys ou/et, un drapeau des Patriotes, 2ième version, ou avec une pancarte : Québec, un pays français !, cela permettrait aux autorités souverainistes de s'activer davantage pour la Question nationale...

Entre-temps, le processus de l'assimilation se poursuit...

L'enseignement de l'anglais en première année du primaire en septembre 2004....

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: On peut compter sur nos zéros canadiens
Auteur: crevier michel (---.f1783.globetrotter.net)
Date:   08-06-2003 11:41

Avez-vous entendu la propagande des canadiens. Un vieux sénile militaire qui ne se souvient plus que le jour du débarquement était le jour "j". Le jour G dit-il!

On ne parle pas des camps de concentration, de la conscription, de l'internement de ceux qui refusaient de collaborer avec l'occupant canadien.

Si nous avions nos capsules commanditées par la fondation André. Laurendeau (SIC) de notre patrimoine québécois.

Le maire Camilien Houle de Montréal interné en Ontario parce qu'il s'est prononçé contre la conscription.

On devrtait comme Québécois décerner des médailles de résistants à ceux qui ont refusés de collaborer avec l'occupant en se réfugiant aux États-unis ou dans des cabanes-à-sucres ou sur les chantiers.

Suis-je trop tenace Gilles?

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Pierre Bouchard, Esc. (205.205.113.---)
Date:   09-06-2003 01:49

M. Bertrand, merci de commenter mes propos.

Vous dites :
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Il faut savoir par qui nous sommes "combattus"... Peut-on s'interroger sur ceux qui nous "combattent" ?
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En effet, c'est légitime. Il ne suffit pas de dénoncer le combat, il faut le présenter ce combat, le faire apparaître aux yeux des gens. Me voilà pris avec ça. Je ne suis pas sûr de convaincre un fédéraliste avec ce que je vais dire. Je vois un combat incessant entre 2 cultures, mais c'est un combat largement inconscient. Je ne parle pas des attaques ciblées, des coups fourrés ou des conspirations possibles des lobbys économiques, je parle de la manière de vivre, de la façon de raisonner, de voir les choses.

D'un point de vue général, l'homme veut vivre avec ses semblables, il désire fortement que les autres citoyens de son pays soient comme lui et qu'il soit lui-même comme eux, pour son propre bien mais aussi pour le bien du pays. C'est un réflexe naturel.

Avec une telle déclaration, étant Québécois, on m'attribuera la pathologie du "pur et dur", le ressentiment ethnique, le repli sur soi propre aux êtres inférieurs… Mais si j'étais Ontarien par exemple, ou Etats-unien, on me dirait universaliste, ouvert aux autres cultures puisque je les accueille en notre sein, puisque je leur souhaite d'acquérir la sagesse que nous possédons et la puissance de notre civilisation!

Croyez-moi, il y a beaucoup plus de gens qu'il n'y paraît qui pensent ainsi. Ce n'est même pas hostile, c'est condescendant. C'est un complexe de supériorité qui se maquille en bienveillance pour satisfaire l'âme juste et honnête du citoyen libre, et ignorant.

Je disais que refuser cette interprétation des choses n'empêcherait pas que cette attitude erronée et négative pour nous se poursuive et continue à rogner les esprits de moins en moins résistants. De plus en plus de gens déclarent qu'il n'est plus approprié de considérer les choses politiques (négation du conflit souverainisme vs fédéralisme), que seule l'individualité fixe les repères et que la mouvance générale du monde montre de facto son bien-fondé, dans un raccourci intellectuel spectaculaire. Imaginez l'hurluberlu que je suis, complètement dépassé, avec cette théorie du méchant anglophone.

Je n'accuse personne mais j'admets que je sursaute de plus en plus en lisant Christian Rioux dans Le Devoir, ou Denise Bombardier. Je ne comprends pas, dans leur cas, leur pro-américanisme.

Je vois ça comme la lave qui s'écoule du volcan et que rien n'arrête. Les Etats-Unis qui s'énervent et qui guerroient en Irak, secondé par les Britanniques plus ou moins convaincus menés par Tony Blair, offrent un bel exemple de cet esprit de civilisation supérieure qu'il faudrait répandre sur la terre entière.

Ce n'est pas un combat, c'est une marche lente mais puissante. Une chose criante à cet égard : la publicité qui nous envahit de plus en plus (à la télé, dans les journaux, les magazines, les films, dans la rue, l'autobus, les toilettes publiques, dans l'école de mes enfants, sur le chandail que je porte, …). Et tous ces WalMart, ces McDonald, etc. Nous en venons à vivre selon une certaine manière, nos principes s'ajustent tranquillement, nos objectifs comme nos sentiments ressemblent de plus en plus à ceux qui nous sont bombardés 24 heures sur 24. Ce n'est pas de la fiction, c'est la réalité. On pourrait discuter longtemps de plusieurs aspects de nos vie qui, quotidiennement, trahissent nos moules et nos conditionnements.

Comparativement aux autres sociétés du monde, l'ampleur des créations de nos artistes et le nombre de ceux-ci pour notre petite population m'apparaît remarquable. Je considère que notre très grande créativité prouve notre authenticité en même temps qu'elle est un réflexe de survie, un rempart contre l'hégémonie de l'empire omnipotent.

Vous dites :
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On peut avoir des regrets de voir le PQ dans l'Opposition officielle. Qu'en est-il actuellement ? Comment poser des "gestes concrets" ? À C-20 le Québec a opposé C-99. Le Québec se donnait une quasi constitution du Québec.
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Lors de l'épisode de la loi C-20, Lucien Bouchard a été beaucoup trop frileux. Il aurait dû y aller, c'était l'occasion, d'un référendum qui permettrait l'affirmation au monde entier de notre existence et de notre détermination à naitre un jour. Le ROC nous déclarait formellement "Va-t-en ou ferme ta gueule", et le reste de la planète ne s'en est pas aperçu. Il a raté l'occasion de montrer le méchant qui nous encarcane, de le montrer à la face du monde. Bouchard a suivi la tradition, mécaniquement sans courage, une loi contre une loi, avec toutes les compromissions d'usage pour atteindre le consensus sacré. Il aurait fallu capter l'attention du reste de la planète en même temps que celle de nos propres concitoyens. Il aurait fallu saisir l'occasion de forcer les québécois à choisir entre 2 options qui ne sont pas le statu quo. C'était l'occasion d'avancer.

Puisqu'on y est, je vous résume ici la stratégie que je recommanderais à un prochain gouvernement souverainiste.

Richard Gervais disait dans le texte "Indépendantisme ou néo-fédéralisme?" (Vigile) qu'offrir le partenariat au reste du Canada, c'est permettre le refus avant l'heure des adversaires. C'est évident, c'est sauter une étape. Mais les voteurs québécois s'en fichent, ils ne veulent pas le savoir. Ils ne s'embarrassent pas de raisonnement politique (la politique leur a toujours été présentée comme une chose répugnante), ils disent "oui" ou "non", "bleu" ou "rouge", "présent" ou de plus en plus "absent". Alors, plutôt que de continuer à leur poser la même question (voulez-vous être un pays associé avec le ROC), il y a moyen de faire autre chose, qui n'est pas juste un référendum bête et méchant et qui n'édulcore pas non plus le projet qui loge en nos cœurs. La stratégie ne doit pas porter sur les vertus du partenariat, mais pas non plus sur la promotion intensive de l'indépendance : il faut d'abord formaliser la volonté de changement.

Il faut amener les gens à se responsabiliser politiquement. Avant de dire qu'il faut se séparer ou pas, les Québécois veulent que les choses changent au Canada. Le travail pédagogique doit se faire sur ce plan, non pas sur la nécessité de l'indépendance du pays, mais la nécessité de participer à la vie citoyenne, pour le bien de la communauté. De montrer et faire comprendre que notre non-participation a effets négatifs concrets. Juste cela. Pour le reste, les gens sont intelligents, on ne peut pas croire être en position de leur dicter quoi penser.

La question du Québec, comme on l'appelle, est une question internationale. Pour que la communauté internationale nous reconnaisse, pour qu'un processus valide aux yeux de l'ONU par exemple puisse se tenir, il faut formaliser notre existence nationale puisque cela n'est pas encore une évidence pour les différents habitants du monde. Il faut se positionner. Ce ne sera pas le gouvernement du Canada qui reconnaitra la validité du processus référendaire (question, campagne et suffrage), malgré sa loi odieuse, C-20, mais bien la communauté internationale. Il faut que nous disions d'une seule voix que nous sommes une société francophone distincte de toutes les autres sur ce continent, et nous tenons à le demeurer, nous tenons à vivre à notre manière.

Dans un référendum, pour que le choix soit clair, il faut qu'on puisse y répondre clairement. Il n'est pas raisonnable de s'en tenir à ne poser qu'une seule question et ne prendre qu'une seule réponse lors d'un référendum, quand on pense que le prochain ne sera que la troisième fois depuis sa naissance que le peuple du Québec est consulté, qu'il peut donner son avis. Je souhaite de tout cœur que le prochain référendum sera plus intelligent que les précédents.

La loi référendaire devrait être modifiée pour permettre une question structurée:

Faut-il que la Constitution du Canada, que toutes les autorités du Québec n'ont jamais accepté depuis sa transformation forcée en 1982, soit revue et corrigée pour qu'elle prenne compte de la réalité des Qébécois et des Amérindiens? [OUI ou NON]

SI OUI

Voulez-vous que le Québec soit un Etat canadien souverain à l'intérieur d'une nouvelle Confédération avec le reste du Canada? [OUI ou NON]

SI NON

Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant? [OUI ou NON]

La grande majorité des Québécois répondraient OUI à la première question. On avancerait d'un pas. Avec une volonté québécoise formelle de reformuler la Constitution, le pouvoir fédéral sera contraint, formellement, de regarder le problème en face et cesser de nier qu'il y ait problème. Le Québec serait alors, désormais et dorénavant, un peuple reconnu sur la planète, un peuple distinct en Amérique. Le moins probable des résultats est qu'on dise 2 fois NON, c'est-à-dire le statu quo. L'apparente complexité des réponses possibles ne fait que refléter l'intelligence des voteurs. La clarté du processus est plus grande, avec une telle question, parce qu'elle est plus honnête (pourquoi toujours "blanc" ou "noir", exclusivement?). Un comité national et international pourrait facilement élaborer la liste exhaustive des interprétations raisonnables à faire des différents résultats possibles et probables.

Il est regrettable que les référendums aient si mauvaise presse, que les médias n'en parlent jamais comme étant une bonne chose pour notre santé démocratique. On nous sert toujours cela comme un exercice fatigant et pratiquement inutile. Pourtant, après 20 ans de ce Canada qui nous ignore dans sa loi fondatrice, il est devenu nécessaire de consulter la population sur ce qu'elle veut vraiment. Un tel processus référendaire permettrait d'éviter les tergiversations, d'avancer.

Vous dites :
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Faudrait-il se donner des cours d'Histoire par la Télévision avec des crédits possibles ? Faudrait-il des cours d'Histoire sous la responsabilité de l'une de nos universités du Québec ?
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Moi je parle de conditionnement. Nous sommes conditionnés, tout le monde, tous ceux qui sont allés à l'école, à voir les choses de telle ou telle manière. C'est à l'école primaire qu'on acquiert les outils pour appréhender la vie, pour comprendre le monde. Je ne sais pas s'il est approprié d'enseigner l'histoire de façon formelle aux enfants de 4e année ou plus, mais il y a certainement moyen d'inculquer la saveur originale de notre existence à travers les enseignements pratiques et théoriques.

Pierre Bouchard

Questions de société
http://www.fjord-best.com/pierrebouch/societe.html
Escoumins, Québec

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Après, ce ne sera jamais plus comme avant / Pierre Bouchard
Valérien Lachance
dimanche 8 juin, 2003 10:22

Monsieur Bertrand écrit:

"Vous parlez de cours d'Histoire du Québec.  Il faut une volonté gouvernementale.  Voyez-vous cela possible
actuellement ?  Faudrait-il se donner des cours d'Histoire par la Télévision avec des crédits possibles ?  L'Université
de Boston offre des cours pour des milliers d'Africains à des prix populaires avec des crédits accordés.  Faudrait-il des cours d'Histoire sous la responsabilité de l'une de nos universités du Québec ?  Sinon, il y a des possibilités ailleurs.  Il faut quelqu'un pour assumer cette responsabilité."


Il y a plusieurs versions de l'Histoire du Québec et du Canada. Elle est souvent  diffusée,  filtrée et interprétée par l'auteur qui la raconte ! Elle passe par le prisme du coeur et de  l'intelligence de l'historien qui en fait son métier et....son affaire.

On oblitère  volontairement tel passage qui ne convient pas pour  mettre en lumière un aspect plus favorable à son point de vue ?
On pourrait citer des noms ici !

Lionel Groulx dit ceci:
 

" Il n'existe pas deux  sortes d'histoire; je n'en connais qu'une: l'histoire objective, véridique.  Et, pour ma part, j'ai déjà dit à quelques messieurs de l'Université [de Montréal] qui me mettaient le couteau sur la gorge,
que, selon mes modestes moyens et dans le plein usage de ma liberté et de mon droit, je n'en écrirai jamais  d'autre."
Réf: l'Action Nationale
Vol. LVII non 10 p 846

Je connais un  apôtre de Lionel Groulx, monsieur Gérard Laframboise  de Saint-Philippe sur la rive sud de Montréal, qui organise des expositions itinérantes sur l'histoire du Québec depuis la fondation de la Nouvelle France, aussi l'histoire  fabuleuse des 71 Rois de France  à partir du premier chef franc Pharamond, en passant par Clovis 1er, et le dernier Roi guillotiné  Louis XVI  qui se sont succédés  pendant plus de huit cent ans !!!

Croyez-vous que les USA parviendront à battre ce record de longévité avec les 214 années du système démocratique qu'il nous offre ?

http://le24juin.qc.ca/culture/histoire/h_ancetres/ha02-047-318.html

extraits:

"Vous verrez par la lecture du texte qui suit, que la séparation de l’Église et de l’État fut l’objet de discussions il y a plus de 1000 ans. Telle était la situation qui prévalait sous la Monarchie française
en l’an 987. LeRoi Capécien fut le premier à inaugurer la séparation en ce sens."

" Le sacre, qui était pourtant l’élément essentiel de la consécration du Roi, n’était plus qu’une confirmation par l’Église de cette autorité paternelle que le Roi tenait directement de Dieu et dont il devait user, et rendre compte, pour faire régner la justice dans son royaume et protéger le faible contre le fort. Le Roi capétien inaugure en fait la séparation des pouvoirs temporels et spirituels qui devait trouver sa plus belle expression sous le règne de Saint-Louis. "

"C’est cette union remarquable de plus de huit cents ans entre une famille régnante et un peuple qui a créé la nation française, en a fait le soutien de l’Église et de la papauté et lui a assuré une remarquable stabilité tant qu’elle a été fidèle à cette alliance avec la Sagesse éternelle. "

 " Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons "

Monsieur Laframboise serait très heureux de recevoir votre coup de téléphone au 450-659-3616.

Il fait des expositions dans les centre commerciaux, les écoles ou autres lieux  préférés !

Bon dimanche.

VL

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   09-06-2003 07:49

Pour placer cette intervention dans le vrai contexte, il faudrait la lire avant la réponse de Monsieur Pierre Bouchard,

Je lui ai présenté ma réponse, avec, en titre :

"Après, ce ne sera jamais plus comme avant / Pierre Bouchard"

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1202

Voici l'intervention à laquelle M. Bouchard répond, juste avant.

Bonjour M. Bouchard,

Notre monde étant ce qu'il est, bien imparfait, donc perfectible, nous avons donc des efforts sérieux à valoriser pour faire avancer le Pays du Québec.

L'agir individuel peut permettre de faire fleurir certaines idées, certains concepts. L'Agir d'un groupe, d'un mouvement, d'une organisation peut possiblement permettre des résultats plus imposants. N'est-ce pas une façon privilégiée de pouvoir s'en sortir ?

L'Agir organisé est tout autre que l'indifférence. Cet Agir organisé ne semble pas être l'affaire de l'ensemble de la population qui se laisse manipuler, qui profite, lui dit-on, d'une qualité de vie exceptionnelle. On lui montre quelques défauts ici et là et vite on change pour changer.

L'Agir dans les concepts demeurera valable en autant qu'il finira par toucher l'ensemble de la population. Cette population doit comprendre là où l'on veut l'amener.

Comme nous sommes "combattus" il nous faut prendre les devants. Il faut savoir par qui nous sommes "combattus". " Bien connaître la réalité" pour pouvoir combattre à notre tour.

Peut-on s'interroger sur ceux qui nous "combattent" ?

Ne sont-ils que des politiciens ou sont-ils des porte-parole d'un autre groupe qui gère le monde d'aujourd'hui ? Si les membres du groupe "Bildenberg" ont déjà décidé que le Québec rayonnera dans le monde pour les voir atteindre d'autres fins, celles, par exemple, la division du Canada et son affiliation aux États-Unis, voilà que notre voix est bien dans le bon courant des activités. Si, au contraire, ils ont déterminés qu'il n'en serait pas ainsi pour les causes qu'ils connaissent mieux que nous, encore, notre cheminement s'en trouvera certainement perturbé sinon bloqué.

"Notre seule chance, dites-vous, c'est de poser des gestes concrets".

On peut avoir des regrets de voir le PQ dans l'Opposition officielle. Qu'en est-il actuellement ? Comment poser des "gestes concrets" ? À C-20 le Québec a opposé C-99. Le Québec se donnait une quasi constitution du Québec.

http://membres.lycos.fr/quebecunpays/Quebec-souverain-7-12-00.html

Notre monde ne suit pas. Ça ne lève pas ! Cela prend de bons vendeurs. Il n'y en a pas beaucoup qui parcourt tout le Pays du Québec pour promouvoir une idée, un concept, pour pouvoir poser des gestes concrets.

Il y aura, peut-être, une course à la Chefferie ou des réunions-discussions-échanges dans les diverses régions du Québec. Cela aurait dû être fait depuis plusieurs années. Je pense que nous en convenons. Le discours dans la population ne s'est pas fait. Il faut discuter avec nos gens pour leur permettre de prendre position. "Après, ce ne sera jamais plus comme avant" comme vous nous le dites. Il nous en faut de ces petites étapes pour franchir la plus importante. "Après, ce ne sera jamais plus comme avant"!

Vous nous inviter à comprendre le fait que bien des nôtres ne sont pas disposés à reconnaître qu'il nous faut un Pays bien à nous. Ils n'en voient pas le besoin, encore moins la nécessité. Est-ce à dire que le travail fondamental de notre parti politique qui veut le Pays n'aurait pas fait un travail en profondeur chez l'ensemble de notre population ? Ce peut être le parti politique comme cela peut être également tous les groupes et/ou individus qui prônent l'Indépendance, la Souveraineté et le Pays depuis plusieurs années. Ils ont su dénoncer, trouver toutes les failles, ont-ils su instruire, former ? Il nous faut donc convenir que nous nous devons de faire un travail dans tous les coins et recoins du Québec pour conscientiser, pour faire connaître la nécessité du Pays pour pouvoir s'assumer correctement dans le monde.

René Lévesque avec son "Point de Mire" parlait directement à l'ensemble de la population alors que nous avions, à cette époque, un ou deux canaux de télévision. Avec trente canaux, cinquante canaux... on en zappe un coup. Il faut pouvoir faire des démonstrations à nos gens du Pays pour trouver un minimum de consensus autour d'idées fondamentales. Leur faire voir l'importance, la nécessité du Pays à "nous" donner.

Vous parlez de cours d'Histoire du Québec. Il faut une volonté gouvernementale. Voyez-vous cela possible actuellement ? Faudrait-il se donner des cours d'Histoire par la Télévision avec des crédits possibles ? L'Université de Boston offre des cours pour des milliers d'Africains à des prix populaires avec des crédits accordés. Faudrait-il des cours d'Histoire sous la responsabilité de l'une de nos universités du Québec ? Sinon, il y a des possibilités ailleurs. Il faut quelqu'un pour assumer cette responsabilité.

On a pas épuisé le sujet, loin de là. J'interviens avec un esprit de dialogue, de meilleure compréhension, de possibles cheminements à mettre en place.

Il nous faut rejoindre la population ordinaire, dans les divers milieux, faire comprendre un message fondamental du Pays à se donner.

Je sollicite tous nos membres à aller lire quelques uns de vos textes sur votre site.

Il faut traduire toutes nos données pour les faire fructifier. Il faut aller à la rencontre de la population ordinaire... ce n'est pas nécessairement évident. Il faut au moins s'en parler et voir ce qui peut être fait.

Robert Bertrand,
Québec un Pays

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L'Agir n'est pas autrement, nous agissons comme nous pouvons le faire. Notre indifférence à ce qui nous arrive favorise notre propre extinction, c'est-à-dire que si nous ne combattons pas, ça n'empêche pas que sommes tout de même combattus; alors mathématiquement, nous courrons à notre perte.

(...)

Il nous faut admettre qu'à cause de leur poids, jamais nos pédagogies ne prendront racines, les pédagogies adverses ont la faveur des médias. Non, notre seule chance est d'agir justement. Poser des gestes concrets, des actes qui font qu'après, ce n'est plus comme avant, jamais plus. C'est ce que je reproche, moi, au PQ.

(...)

Dans le pire des scénarios, avant longtemps, nous serons devenus une "région francophone" du Canada. Nous le sommes depuis toujours dans la tête des gens du ROC, mais cela deviendra un consensus parmi nous aussi. D'ailleurs il y a bien 25-30% des francophones au Québec qui pensent comme ça, qui détestent l'idée que nous puissions être d'abord des gens du Québec avant de se considérer Canadien. Ça les heurte, ça les insulte. Il faut comprendre à quel point ces gens sont sourds à nos prêches indépendantistes, que l'effet recherché est tout à fait contraire chez eux. Et cela, ce n'est pas parce qu'ils sont moins intelligents que nous bien sûr, ni eux ni nous n'avons tort ou raison comme je disais. Seulement comprendre cela devrait aider, c'est important stratégiquement.

(...)

C'est majeur : la collectivité québécoise n'est pas assez solidaire encore pour avoir, naturellement, l'instinct de survie, d'elle-même.

(...)

Les politiciens, eux, connaissent bien les gens, c'est pourquoi ils les traitent en clients. On nous achète ouvertement, le PLC nous le montre bien, et nous restons impassibles, sans aucune dignité collective (songeons à la loi C-20).

(...)

Malgré la forte volonté (et tous les moyens mis en oeuvre) pour nous rentrer dans la tête que nous ne sommes pas différents des anglophones du Canada, nous sommes bel et bien différents, quoiqu'en disent les opposants et tous ceux auxquels la chicane répugne. Je parle et je pense en français, mes réflexes intellectuels sont différents des réflexes intellectuels anglophones. Par la force des choses, nos cultures sont différentes. Personne n'est mieux que l'autre, personne n'a tort ou raison. Mais ce genre de propos n'est pas autorisé dans nos médias.

(...)

Quand on déclenche les élections, quand on y va d'une campagne électorale de 30 jours, on force les gens à se décider entre l'un et l'autre des partis, des candidats. Les gens sont forcés de se prononcer. Dans le même ordre d'idées, il faudrait forcer les gens à se prononcer quant à notre avenir collectif, à prendre position et non juste se défiler dans le statu quo. Faire qu'après cette prise de position, les choses soient différentes, peu importe le résultat de la consultation. Je développe là-dessus dans mon site, je propose une question référendaire structurée.

(..)

ils veulent affirmer l'existence de la nation québécoise, mais ils veulent l'affirmer sans pour autant "quitter le pays", s'exiler.

(...)

M. Sauvé dit qu'ils ne savent pas qui ils sont. Moi je pense qu'ils sont quelques peu intoxiqués par la propagande canadienne qui dure depuis toujours. Ils ont grandi "canadien français", et maintenant leurs enfants grandissent "citoyens du monde", veulent-ils croire, mais tout à fait "nord américains" en fait. Nous sommes et devenons comme nous avons grandi, avec tout notre bagage culturel.

(...)

Il faudrait revoir plusieurs choses, nos cours d'histoire à l'école par exemple. Pourquoi n'enseigne-t-on pas clairement (et obligatoirement) que ce que nous sommes aujourd'hui provient des combats incessants entre anglophones et francophones depuis 300 ans?

Pierre Bouchard
Questions de société
http://www.fjord-best.com/pierrebouch/societe.html
Escoumins, Québec

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Normand Calvé (---.qc.sympatico.ca)
Date:   09-06-2003 10:35

M. Sauvé désigne le facteur MORAL comme premier élément d'importance en sciences stratégiques (la guerre en somme).

Ce facteur moral peut, ou ne pas être, favorisé par les élites idéologiques, intellectuelles, médiatiques et gouvernementales d'un État. Ici, le PQ veut faire croire aux militants qu'il faut absolument passer par un référendum pour devenir indépendant. Les carriéristes et les pissous aiment bien s'arroger la prétention de posséder la Vérité. Çà fait leur affaire de ne rien faire !

Certains affirment que le peuple n'oserait pas voter OUI si sa sécurité matérielle était menacée. Qui dit cela ? Qui représente-t-il?

Et si le peuple se voyait offrir l'opportunité d'une élection référendaire ? Et si ce test démontrait que les bonzes du patriarcat pquiste ont torts de prétendre représenter l'opinion et la morale du peuple ?

Qu'en fin de compte, le peuple, si on lui donne vraiment la CHANCE DE S'EXPRIMER, peut surprendre plus d'un idéologue officiel !? Que cette opportunité peut vraiment faire vibrer la fibre sensible des militants et, dès lors, favoriser le MORAL des troupes ?

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   09-06-2003 12:59

Salutation citoyennes et citoyens !

Je reviens à la charge ! Dans votre région, présentez-vous sur un coin de rue avec votre drapeau national à l'heure d'affluence routière de 16 à 17 hrs, ou avec une pancarte : "Québec, un pays français !"... pensez-vous que vous pourrez le faire en dehors des dates permises ? Si non, eh bien, le Québec est un territoire occupé !

S'il fallait que les citoyen(ne)s se mettent à sortir pour afficher leur principe identitaire... Du principe identitaire au principe communautaire : la nation en mouvement ! Les autorités souverainistes n'auraient pas le choix : ils ne pourraient pas nier la montée des indépendantistes...

Un citoyen tenace,
G. Brassard

P.S.: je vous remercie pour votre commentaire, Monsieur Crevier !

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   09-06-2003 13:23

Salutation citoyennes et citoyens !

C'est appréciable ce que fait Monsieur Turp pour la Question nationale. Toutefois, au sein du PQ, il devrait être appuyé davantage dans sa démarche. Il pourrait aussi appuyer les initiatives de citoyen(ne)s qui voudraient s'afficher en région... Les événements pourraient le favoriser davantage comme haut-parleur souverainiste...

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   09-06-2003 23:02

Gilles :

"C'est appréciable ce que fait Monsieur Turp pour la Question nationale."
 

Je n'ai pas lu ou vu ce qu'il a fait de particulier. Vous pouvez nous en parler ?

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   09-06-2003 23:08

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Pierre Bouchard :

Il ne suffit pas de dénoncer le combat, il faut le présenter ce combat, le faire apparaître aux yeux des gens. Me voilà pris avec ça. Je ne suis pas sûr de convaincre un fédéraliste avec ce que je vais dire. Je vois un combat incessant entre 2 cultures, mais c'est un combat largement inconscient. Je ne parle pas des attaques ciblées, des coups fourrés ou des conspirations possibles des lobbys économiques, je parle de la manière de vivre, de la façon de raisonner, de voir les choses.

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Robert Bertrand :

Il faut "présenter" ce combat, le "faire apparaître aux yeux des gens". Bref, leur faire découvrir leur vraie identité : "Faire une appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation, le premier principe de stratégie comme nous le soulignerait M. René Marcel Sauvé. "... je parle, dites-vous, de la manière de vivre, de la façon de raisonner, de voir les choses."

Le monde ordinaire est-il conscient qu'il a une manière de vivre, qu'il a une façon de raisonner, qu'il a sa façon à lui de voir les choses ?

Je dirais, en homme de lettre, en homme qui a de "l'école", je dirais que cet être là, peut faire ce raisonement et cela peut vouloir lui signifier une réalité évidente.

Mais nous avons la population, les gens ordinaires, ceux qui ont le droit de vote, les quelque 5,5 millions de voteurs potentiels, ils vivent pour gagner de l'argent, pour se nourrir, se vêtir, voyager, "awouère un char".

Ils vivent la différence de culture, ils vivent la différence de raisonner, pour un certain nombre ils vont voir qu'ils sont différents parce qu'ils voyagent, parce qu'ils se déplacent, parce qu'ils ont des expériences vécues, parce qu'ils ont des études, un savoir. Il faut le reconnaître, tout le monde ne vit pas au même diapaison.

Ne faut-il convenir que la majorité de notre population vit sa vie ordinaire sans imaginer ou sans savoir fondamentalement la richesse de sa propre culture, la richesse de sa propre identité ?

On est Québécois et sont Québécois tous ceux et celles qui veulent se dire Québécois de la part de tous les citoyens et citoyennes qui vivent quotidiennement dans leur propre langue d'origine, grecque, italienne, portugaise, espagnole, vietnamienne, cambodgienne, chinoise et la multitude d'autres langues parlées sur notre sol Québécois.

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Vous ajoutez, M. Bouchard :

Il faut que nous disions d'une seule voix que nous sommes une société francophone distincte de toutes les autres sur ce continent, et nous tenons à le demeurer, nous tenons à vivre à notre manière.
 

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"Faire une appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation". J'y reviens parce que cela me semble fondamental. Notre analyse doit présenter l'image correcte, évidente, réelle, perceptible de ce qui est et non de ce que l'on voudrait.

"Notre société est francophone", c'est nous qui le disons, qui le proclamons, qui voulons le croire. On fait quoi pour que ce soit compris comme cela, par tous les autres qui sont des nôtres ?

Vous l'avez écrit, également, nous n'avons pas le contrôle des médias. Il faut que cette connaissance se fasse autrement, par le bouche à oreille, par l'éducation. Avec l'enseignement de l'anglais en première année... quelle perspective d'avenir avons nous ?

Comme il nous faut rejoindre le plus de monde possible, je vais essayer, à l'avenir de vous répondre dans des textes plus courts.

Merci de dialoguer.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: crevier michel (---.f1783.globetrotter.net)
Date:   09-06-2003 23:53

Salutations Gilles

Monsieur Turp ayant été reconnu comme candidat péquiste et élu a certainement reçu une reconnaissance de sa valeur.

Le PQ souhaite que ses députés s'engagent à prendre plus de responsabilité.

Les régions, les associations de comtés, les associations universitaires ont toujours besoin de conférencier. Marcel Tessier, tous les députés y compris monsieur Turp le parti est bien content lorsque des initiatives sont prises.

Lorsque monsieur Parizeau est revenu au PQ les Landry, Chevrette, Laurin etc multipliaient les conférences, les discours aux associations de comtés qui devaient être encouragées.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Luc Cusson (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 00:23

Bonjour m. Robert Bertrand

Je sais pas ce que m. Un Québécois avait en tête en parlant de Daniel Turp mais je trouve que sa contribution est considérable.

M. Turp a écrit de nombreux ouvrage érudit notamment un projet de constitution. Vous trouverez les références sur son sites Web une foule d'information à son sujet.

Je n'ai pas l'adresse mais elle est facile à trouver.

Salutation

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 09:52

Salutation citoyennes et citoyens !

Je vous signale Monsieur Bertrand que Monsieur Turp a écrit le volume suivant : "La nation baîllonnée, le plan B ou l'offensive d'Ottawa contre le Québec". VLB, Montréal, 2000. 200 p.

Je vous fais part aussi de ceci : "Il (Turp) a fait valoir qu'il était un indépendantiste de la première heure, ayant obtenu sa carte de membre en 1973, à l'âge de 18 ans". "Monsieur Turp a été député de Beauharnois-Salaberry sous la bannière de Bloc québécois entre 1997 et 2000, et a été porte-parole de son parti pour les affaires constitutionnelles".

référence : www.ledevoir.com/2002/10/09/10821

Je salue Monsieur Turp parce qu'il a osé se présenter lors du premier défilé des Patriotes le 19 mai dernier à Montréal... Il a affiché ses couleurs sans détour...

un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 10:04

Salutation citoyennes et citoyens !

En effet, Monsieur Crevier, Monsieur Turp fait partie d'une équipe, et il serait à souhaiter que d'autres osent parler de l'indépendance sans louvoiement, sans détour... Entre-temps, en tant que citoyen(ne), du travail de terrain peut se faire...

Un exemple, sortir une pancarte, ou un drapeau, soit celui du Fleur-de-Lys, ou bien celui des Patriotes avec l'étoile et le Patriote dessus, sur un coin de rue à l'heure de pointe, de 16 à 17 hrs, dans votre région... Vous ne serez pas seul longtemps...

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 10:24

À la suite de votre intervention, Monsieur Gilles, j'ai eu l'impression qu'il avait fait la manchette en quelque part cette journée là ou peu avant.

En effet, M. Turp semble vouloir se démarquer en agissant, en étant dans l'action, en s'affichant.

En faisant une recherche sur Québec un Pays ou sur Vigile ou le Bloc Québécois, on trouve plusieurs documents qui sont présentés.

Tant mieux de voir une constance d'attitude, enfin.

Merci pour les informations.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 10:42

Intervention de Monsieur René Marcel Sauvé suite à 09-06-2003 23:08 de ce fil de discussion

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Poursuivons Géopolitique 101 et les principes universels de l'action.

Position épistémologique

La géopolitique a pour objet l'État comme tel, non les régimes politiques, les idéologies, les hommes et femmes politiques, les idées pour les idées, les courants d'opinions, les thèses ou hypothèses, ni les modèles et autres formes de représentations pour tenter de saisir le réel et le faire comprendre à la multitude d'une manière ou d'une autre.

Or, l'État existe complètement dans les faits et les Actes où il n'existe pas.

Il n'y a pas de "juste milieu" en matière d'État. Il existe radicalement ou il n'existe pas du tout.

Ses caractéristiques sont essentiellement ontologiques: radicalité, ipséité, sémelfactivité, royauté et continuité. C'est tout ou rien.

Sans État, il n'y a pas d'agir d'envergure, seulement des agirs individuels.

Une grosse entreprise peut devenir un État, une religion peut devenir un État, mais l'État dont il est question pour nous, c'est l'État naturel, instrument de l'agir collectif des peuples et des nations, l'État qui soutient l'intérêt général.

Nous envisageons l'État par opposition à la tribu ou au clan, dont l'envergure n'est pas suffisante pour agir d'emblée.

L'État est une société à pouvoirs, ce qui veut dire une société apte et capable d'agir avec envergure, qui dispose des moyens de l'action, dont un territoire en partant, lequel lui sert à la fois de pourvoyeur des nécessités de l'existence, de fondement à l'identité collective, de raison de vivre, de régulateur et de principe.

Que nous le voulions ou non, nous sommes fondamentalement des animaux territoriaux, des animaux doués d'intelligence et de volonté, donc, capables d'évoluer, de progresser et d'agir avec envergure, en pleine conscience et responsabilité de nos actes. Ces réalités n'ont rien à voir avec certaines métaphores courantes au sujet de la "largeur ou l'étroitesse d'esprit".

Si on veut vivre et agir, l'État est une nécessité. Certes, avec l'État, on peut faire beaucoup plus de bien et aussi commettre beaucoup plus de mal que sans État, ce qui prouve une plus grande liberté d'action, que ne connaissent pas les nations sans État, les tribus, les clans et autres sociétés restreintes.

La forme est principe du mouvement et l'État prend forme en fonction des caractéristiques de son territoire d'une part, de sa population de l'autre et des moyens dont elle dispose.

Son point de départ est dans la région naturelle la plus oékoumène, qu'on peut appeler la plus économique. celle qui offre les meilleures possibilités d'agir d'une manière systématique et économique. Elle est facile à reconnaître: c'est la région la plus habitée et la plus active. C'est l'espace le plus bas, le plus plat, le plus arable, avec un climat qui permet le travail continu, de l'eau en quantité pour tous les usages, des richesses naturelles suffisantes et surtout accessibles, des communications naturelles aisées à l'intérieur et avec le monde extérieur, et finalement, une certaine défendabilité naturelle, par le moyen d'obstacles suffisants pour s'opposer aux invasions de l'extérieur mais pas au point d'entraver les communications.

La région oékoumène, c'est aussi l'espace qui se prête le mieux aux mathématiques du développement, dont l'arpentage, les poids et mesures, l'architecture, les travaux collectifs, les infrastructures, les calculs différentiels, intégral, de probabilités, de topologie, les algorithmes, etc.

Or, cet espace oékoumène qui nous sert de centre de gravité et de région fondamentale à notre État, ce sont les basses terres du Saint Laurent, que nous possédons bel et bien, tant par notre travail des quatre derniers siècles que par nos achats successifs de propriétés, domaines, entreprises et terroirs qui avaient été pris en possession par les Anglais, les Écossais, les Irlandais et les Loyalistes qui sont venus passer quelque temps au Québec avant de partir s'installer dans les régions plus chaudes et prometteuses du sud et du sud-ouest. Notre arme de conquête, rappelons-nous en, c'est la caisse populaire, fondée pendant le dernier quart duDix-neuvième siècle.

Dans la mesure où un milieu géographique offre toutes ces caractéristiques, la construction d'un État est possible, à court ou à long terme, généralement entre quatre et douze siècles, exceptions comprises.

Pourquoi tant de temps?

Parce que toute progression humaine exige du temps et qu'au sommet de cette progression, qui marque la naissance de l'État, une conscience et une volonté collective se sont formées.

L'État est une âme autant qu'un corps.

Le corps se forme en premier, par la culture du sol, le développement et la mise en valeur du territoire, le développement des connaissances, des savoirs, l'intégration organique de tout l'ensemble, dans la mesure des possibilités offertes par la nature d'une part, par les habitants de l'autre. C'est ce qu'on appelle une osmose territoriale.

L'âme se forme peu à peu, avec le corps qui lui impose son organicité et ses limites dans le temps comme dans l'espace. Peu à peu, avec le temps, le travail, l'étude, les prises de conscience, le développement d'une langue et d'une culture collective, l'État se perfectionne, se renforcit, apprend à agir et à réussir et à acquérir une indépendance d'esprit et de moyens qui en font l'originalité. Il est alors reconnu comme tel et personne ne le remet plus en question. C'est ce qu'on appelle la souveraineté.

Les modèles de société peuvent venir ensuite, mais il est peu utile de proposer des modèles à une société qui n'existe pas et n'est pas reconnue en tant qu'État en premier lieu.

D'abord le pouvoir, les modèles viendront ensuite.

Pouvoir veut dire pouvoir d'agir et le pouvoir d'agir, qui s'acquiert par un long travail collectif, se développe à la fois d'une manière organique et inorganique.

En géopolitique, l'indépendance est l'aptitude et la capacité de choisir ses dépendances.

Cette définition de l'indépendance est universelle et que celui ou celle qui en connaît une autre plus universelle la fasse connaître.

Aptitude veut dire compétence, santé physique et mentale, instruction, formation, savoirs, bref, toutes les dispositions intérieures nécessaires à l'action.

Capacité veut dire moyens extérieurs, capitaux, organisation administrative et juridique, etc.

Une dépendance est une nécessité qu'on doit se procurer d'une manière ou d'une autre.

Or, la nécessité n'a pas de loi et l'État est le gérant des nécessités qui n'ont pas de loi. Est-ce clair?

Sans État, l'indépendance n'est pas possible pour une société qui vit sur un territoire au potentiel suffisant pour qu'elle se prenne en charge.

Sans État, la nation ne peut pas être reconnue.

Sans État, il n'y a pas d'agir, seulement de l'agitation et de la gesticulation impuissantes.

D'abord et avant tout, donc, l'État et cet État, nous l'avons déjà mais nous ne le savons pas.

Nos adversaires ont réussi un travail de sape considérable, au point de nous croire comme n'existant pas, ni comme peuple, nation et encore moins État.

Nous ne sommes qu'une "province", un espace inféodé, servilement soumis et qu'on se le tienne pour dit.

Et pourtant, nous sommes bel et bien un État, qu'on veuille l'admettre ou non.

Nous avons acquis toutes les caractéristiques d'un véritable État et il ne nous reste qu'à nous reconnaître nous-mêmes et partant, nous faire reconnaître.

Nous devons au préalable nous défaire de l'État arbitraire qu'on nous impose, l'État central, centralisateur, centraliste et unitaire d'Ottawa, qui refuse obstinément de nous reconnaître et refusera tant qu'il se trouvera en position de le faire.

Voilà notre premier objectif.

Tant que cet objectif ne sera pas atteint, nous allons continuer de travailler dans le noir, de tourner en rond, de faire de notre cause une foire d'empoigne, de discussions et de palables inutiles.

Le Québec ne peut vivre avec deux États sur son territoire.

Laissez faire les "deux cultures".

D'abord régler le problème de l'État et le reste viendra ensuite.

Deux gouvernements, un à Québec et l'autre à Ottawa, il y en a un de trop.

Il n'y a pas à lésiner sur ce sujet.

Nous avons notre État et notre gouvernement et avec un seul gouvernement, le nôtre, qui existait avant le gouvernement arbitraire d'Ottawa, nous pouvons nous gouverner nous-mêmes d'une manière plus simple (principe stratégique de simplicité), plus économique (principe stratégique d'économie), avec une meilleure concentration de l'effort et des moyens dans le temps et l'espace (principe cardinal, s'il en est un).

Avec un seul État, le nôtre, la coordination devient plus facilement réalisable (principe de coordination).

Dans ce monde de plus en plus complexe où nous vivons, il deviendra possible de mettre en pratique les autres principes universels de l'action:

Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation;

détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables en termes de temps et d'espace,

sécurité contre les mauvaises surprises,

administration et logistiques.

Tous ces principes et le sens de l'État qui doit nous guider sont fort simples mais pour un peuple qui ne s'est jamais gouverné lui-même, qui est habitué à se laisser dicter sa ligne de conduite par les autres, la compréhension de l'État, comme gérant des nécessités qui n'ont pas de loi, et la mise en pratique de ces principes qui ont fait leurs preuves, demeure problématique. Chacun a son opinion et y tient obstinément. de sorte que l'accès aux certitudes opératives que sont les principes de l'État demeure difficile.

Nous reviendrons sur ces questions essentielles.

Bonne journée

René Marcel Sauvé

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 11:52

Un message de Monsieur Valérien Lachance à la page suivante :

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1225

Il répond au texte précédent, du 10-06-2003 10:42 dans ce fil de discussions.

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Bonjour.

Je crois avoir compris !

Il reste à faire comprendre à d'autres, ce que les efforts précédents, la patience et la sagesse du temps ont laissés comme héritage disponible et observable encore aujourd'hui pour forger l'avenir du Québec.

Serait-ce là la dernière contribution et le dernier espoir des patriotes retraités pour mener à sa pleine maturité le Pays du Québec !

Vous écrivez avec justesse monsieur Sauvé:

"Sans État, la nation ne peut pas être reconnue. Sans État, il n'y a pas d'agir, seulement de l'agitation et de la gesticulation impuissantes."
Objectif premier
"Nous devons au préalable nous défaire de l'État arbitraire qu'on nous impose, l'État central, centralisateur, centraliste et unitaire d'Ottawa, qui refuse obstinément de nous reconnaître et refusera tant qu'il se trouvera en position de le faire.

Voilà notre premier objectif.

Tant que cet objectif ne sera pas atteint, nous allons continuer de travailler dans le noir, de tourner en rond, de faire de notre cause une foire d'empoigne, de discussions et de palables inutiles."

"Le Québec ne peut vivre avec deux États sur son territoire.

Laissez faire les "deux cultures".

D'abord régler le problème de l'État et le reste viendra ensuite.

Deux gouvernements, un à Québec et l'autre à Ottawa, il y en a un de trop. Il n'y a pas à lésiner sur ce sujet.

Nous avons notre État et notre gouvernement et avec un seul gouvernement, le nôtre, qui existait avant le gouvernement arbitraire d'Ottawa, nous pouvons nous gouverner nous-mêmes d'une manière plus simple (principe stratégique de simplicité), plus économique (principe stratégique d'économie), avec une meilleure concentration de l'effort et des moyens dans le temps et l'espace (principe cardinal, s'il en est un).

Avec un seul État, le nôtre, la coordination devient plus facilement réalisable (principe de coordination)."


Que faire alors pour atteindre ce premier objectif sans casser des oeufs !

Comment s'y prendre et quels sont les moyens paisibles et démocratiques à notre disposition ?

Si j'ai bien compris par la lecture du paragraphe qui suit, il est nécessaire d'abord de se défaire des "dépendances", des entraves qui nuisent à la prise en charge complète et la responsabilisation du développement du Pays-du-Québec. Est-ce bien celà ?

Il s'agit aussi de bien identifier nos "dépendances" comme Desjardins, Hydro-Québec etc...tant les biens physiques que les biens spirituels et moraux qui sont confectionnés "de fait" l'âme du peuple québécois, comme vous l'avez si bien expliqué.

Vous poursuivez:

"En géopolitique, l'indépendance est l'aptitude et la capacité de choisir ses dépendances.

Cette définition de l'indépendance est universelle et que celui ou celle qui en connaît une autre plus universelle la fasse connaître.

Aptitude veut dire compétence, santé physique et mentale, instruction, formation, savoirs, bref, toutes les dispositions intérieures nécessaires à l'action.

Capacité veut dire moyens extérieurs, capitaux, organisation administrative et juridique, etc. Une dépendance est une nécessité qu'on doit se procurer d'une manière ou d'une autre. Or, la nécessité n'a pas de loi et l'État est le gérant des nécessités qui n'ont pas de loi. Est-ce clair?"

Merci de nous tracer la voie à suivre.

VL

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Re: Un manque de héros !
Texte de M. Daniel Couture
transmis par : Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 13:46

Texte tiré de la page suivante :

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1226

Monsieur Sauvé, votre géopolitique 101 est "bien conçue, s'énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent sans aucun doute aisément".

On peut apprécier dans vos propos la réflexion mûrie qui les supportent. Et je comprends que de si solides thèses exigent avec fermeté une floraison d'actions susceptibles d'infléchir significativement le mouvement des masses.

Le théorique doit déboucher sur le pratique, sinon il n'est que verbalisme.

Je comprends aussi que l'exposé ou la "révélation" (au sens photographique) du théorique est l'interface, le point de jonction théorique au pratique et que, ici, en tant que de groupe de discussion, c'est à ce stade que nous en sommes.

Vous êtes engagé dans le pratique, M. Sauvé, nous le savons; moi, personnellement, j'en suis au stade "interface" de l'exposé de la théorie que j'assume.

Mon agir, mis à part mes actes intérieurs qui tendent à tout embrasser, ne dépasse guère la cellule familiale, mais je serai très bientôt prêt pour l'agir collectif, et de vous lire me conforte dans cette conviction.

Je suis absolument convaincu que nos défaites référendaires étaient principalement dus à des lacunes graves de la "théorie souverainiste" proposée aux Québécois.

Et je considère que vous remédiez en grande partie à ces lacunes.

C'est à cause des erreurs théoriques des souverainistes que les Québécois n'ont pas consentis à suivre le mouvement qu'impliquait leur exposé en période référendaire. Je ne prendrai jamais les Québécois pour des pâtes molles qu'on façonne à sa guise ou des idiots qui ne comprennent pas ce qu'on leur propose. J'ai la plus haute estime pour tous les Québécois "normalement constitués".

Les erreurs théoriques dont je parle sont manifestées dans la phrase de ce cher René Lévesque prononcée à la suite de la victoire péquiste de 1976, si ma mémoire est bonne: "Quelque chose comme un grand peuple".

Expliquons (petite épistémologie 101): Le mot chose est un "être de raison" qui n'est pas un concept indéteminé et vide, loin de là. Il vient de causa en latin, et donc il est étymologiquement relié à "cause" et, par là, épistémologiquement relié à la saisie par l'intelligence de la causalité impliquée dans l'existentialité d'un être.

Pour nous, dans l'immédiateté de la perception intellectuelle, opérée par la médiation de la connaissance sensible ou pas, absolument tout être est une chose. À cet égard, de toute évidence, la "chose-en-soi" est parfaitement inaccessible à l'être humain. Il ne faut pas confondre l'être-chose saisi avec l'être en tant qu'être. Kant fait cette confusion par ignorance des premìers principes métaphysiques et l'ntellectualité contemporaine est toute entière prise dans ce canular dévastateur qui rend imperméable au discours de vérité sur l'être naturel, ce n'est pas un détail dans l'histoire de la pensée. Il s'agit d'un sophisme, il implique une confusion et, comme je l'ai dit, c'est lui le Barbare envahissant par excellence.

D'autre part, avant de revenir au célèbre aphorisme de Lévesque, l'acte de connaître n'est pas le résultat d'une construction de l'esprit qui serait renfermé dans la "chose" fabriquée à partir d'un quelconque "truc posé dans l'être, insaisissable en lui-même". Non, en vérité, l'acte de connaître est un agir merveilleusement communicationnel (contre Habermas qui ne voit que la dimension d'extériorité de l'agir communicationnel), connaître résulte de l'actuation de l'intelligence par la présence en acte de l'être.

C'est véritablement une rencontre que de connaître vraiment, une rencontre de deux présences qui forme un lien de communion, connaître est un acte d'amour. Sans cet acte d'amour-connaissance, l'autre connu n'est pas saisi dans sa présence, l'Autre est un néant... car, c'est librement que j'aime-connais, et c'est librement que je m'extirpe de l'être-présence. Quand on ne comprend pas cela, on échaffaude des erreurs de théorie, comme l'indigeste construction de Sartre.

Pour l'instant, je ne peux pas me contraindre de ne pas tenir ces propos qui confinent lamentablement au soliloque philosophique, quand on aime la vérité, on est diffusif de soi. Donc et par conséquent... Si le Canada est un "machin impossible", selon René Lévesque encore, ce Québec "quelque chose comme un grand peuple" est un néant secrété par de pauvre petits esprits qui ont perdus la lumière.

Croyons-nous que Jeanne d'Arc, cette minable invincible, s'est battue pour "quelque chose comme une grande couronne héréditaire", "quelque chose comme un grand royaume"?

Croyons-nous aussi que les Québécois qui ont voté NON aux référendums n'avaient pas l'heur de savoir qui ils étaient et que c'est pour cela qu'il n'ont pas dit OUI à ceux qui leur proposaient de devenir souverainement ce qu'ils sont?

"Nous ne sommes pas quelque chose comme, nous ne sommes pas des choses comme, nous ne sommes pas des choses, nous ne correspondons pas à la chose que vous imaginez. Nous ne serons pas réduits à quelque chose comme vos grandes idées. Nous sommes des personnes que vous ne rencontrez pas et notre preuve la voilà: NON". C'est mon autopsie des référendums.

Nous avons tous entendu Claude Morin dire "avec la stratégie référendaire de 1980, nous ne pouvions pas perdre".

Les Non ont très bien vu que lorsqu'on emploie de tels raffinements stratégiques, c'est qu'on agit pour des fins qui sont les nôtres, et pas celles du peuple, cela, les vieux l'ont "tous" compris, j'en suis certain. Les uns ont dit "non pas, vos "choses" mettez-les ou je pense", les autres ont dit "oui, de toute manière, il faut passer par là".

Pour la suite, une élection référendaire? Oui, si, dans le "moment de vérité" que constitue l'interface théorique-pratique, M. Sauvé prend l'espace publique requise à l'exposé clair de ce à quoi nous faisons face.

C'est pour moi nécessaire avant le "moment de décision". C'est à dire qu'il est nécessaire que la "théorie souverainiste"comble ses lacunes et, je ne vois pas qui pourrait remplacer René-Marcel Sauvé, qui doit être complété par d'autres et très légèrement corrigé à certaines rares occasions, mais ce gars de chez nous dit des choses absolument indispensables.

Ce n'est pas sur la mort et l'âme que M. Sauvé a à écrire dans le Devoir.

Pour moi, il est certain que le PQ doit faire l'objet d'une implosion théorique et pratique, je n'ai jamais été péquiste pour cinq cennes, j'aime les péquistes, mais pas pour leurs lacunes. Je prédis que le PQ ne reussira pas à faire la souveraineté sans imploser, il n'y aura que des péquistes pour avaler le pettage de broue péquiste. Je ne serai jamais derrière le PQ s'il n'implose pas.

De toute manière, je ne veux être pour l'instant derrière rien, je ne suis pas prêt, mais je me tiens dans le lieu qui permet de sortir pour le vrai et le bien au moment opportun.

Daniel Couture

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 13:53

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1228

Merci Monsieur Couture pour cet hommage rendu à M. René Marcel Sauvé.

Monsieur Sauvé sait nous ramener vers l'essentiel, vers une compréhension des principes qu'il nous met de l'avant pour nous faire comprendre la démarche à suivre.

Si l'on se souhaite bien servir l'ensemble de nos interlocuteurs, faudra-t-il "vulgariser" davantage nos concepts, notre compréhension de la démarche à suivre ?

Dans un deuxième temps, vous nous soulignez, M. Couture, la nécessité de l'implosion du PQ. Je pense que vous avez trouvez la formule juste pour décrire la situation actuelle.

On ne sait pourquoi les membres actuels du parti ne commandent pas davantage l'action de ses élus et de la haute direction du parti lui-même ! Il y a eu un temps ou Montréal-Centre était le fer de lance des exigences d'ouverture, de remise en question. On s'est défait d'un grand nombre de ceux qui voulaient prendre une certaine place. Qui donc, dans ses rangs, pourra commander un Congrès Spécial d'orientation, pour réaliser un "brassage d'idées" nécessaire et obligatoire ?

http://iquebec.ifrance.com/quebecunpays/brassage-Robert%20Bertrand-Quebec-un-Pays.html

Ne nous leurrons pas, je pense qu'on va encore plus loin que de vouloir juste "brasser des idées" comme le propose le texte pré-cité. On a un GOUVERNEMENT DE TROP.

Nos affaires sont éparpillées. Nos façons de s'évaluer sont éparpillées. Notre société a besoin d'un statut officiel qui peut faire un consensus, qui va démontrer factuellement qu'on est une société sous la direction de l'État du Québec et que cet État du Québec a tous les pouvoirs entre ses mains pour agir et nous rendre efficace en tant que société, en tant que peuple, en tant que nation, en tant que pays.

Robert Bertrand

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Re: Un manque de héros !
René Marcel Sauvé
transmis par : Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   10-06-2003 21:48

Réaction de Monsieur René Marcel Sauvé au texte 10-06-2003 13:46
signé par Daniel Couture.

Le texte original de M. Sauvé est à la page suivante :

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1232

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La souveraineté n'est pas une théorie mais un ACTE qui marque un terme à l'intérieur d'une progression, à la fois en acte et en puissance, car l'acte précède la puissance.

Avant de faire l'objet de considérations juridiques et constitutionnelles, la souveraineté est ONTOLOGIQUE.

Elle appartient à l'ordre de l'existence et de l'Être comme finalité et de l'avoir comme moyen d'y arriver.

Dans l'ordre de la connaissance, l'acte et la puissance ne sont pas théoriques mais réels, comprenant des éléments tangibles et intangibles. Il est faux, sous prétexte de se croire "pratico-pratique" d'ignorer les principes qui gouvernent l'existence et l'essence.

Autrement, il n'y a que de l'agitation, pas d'action.

Comme dans la chanson, "il y en a bien, de ces gens de rien qui s'trémoussent et qui s'trémoussent. Il y en a bien de ces gens de rien qui s'trémoussent et qui ne font rien". Comme il y a des foules de gens qui se sont agités toute leur vie et n'ont rien accompli, parce qu'ils ne connaissaient ni le sens ni les principes qui gouvernent l'action, les classant souvent dédaigneusement comme des "théories".

Nous n'en sommes pas encore sortis, au Québec, de cette dichotomie simpliste entre la théorie et la pratique. Nous nous croyons faits ou pour l'un ou pour l'autre et c'est faux. Les commérages de la corde à linge à ce sujet nous ont fait beaucoup de tort et nous en font encore.

De gros efforts ont été fournis pour remédier à cette grave lacune pourtant. J'ai connu des dominicains, savants profs de philo grecque, qui étaient menuisiers et contracteurs en bâtiments et ils ne voyaient nulle contradiction entre leur philo et les principes de la construction. Un autre était conducteur de tramway dans les rues de Montréal. Un autre musicien. Un autre électricien.

En Allemagne, mes anciens profs, tous Privatdozent, archi-savants et cultivés, étaient, l'un mécanicien de diesel, l'autre menuisier en bâtiments, l'autre constructeur de bateaux à voiles, l'autre tailleur de pierres et constructeur de murs extérieurs. un autre père de famille et éducateur d'enfants, qui changeait les couches, bercait les enfants, leur chantait des berceuses, lavait leur linge, les promenait.

Nulle contradiction entre le fait d'être devenu savant et se préoccuper des choses simples comme on en rencontre tous les jours.

Klauzewitz (Vom Kriege (de la Guerre), a écrit que les grandes oeuvres de l'État s'accomplissent par des gens ordinaires comme ceux qu'on rencontre tous les jours.

Pour les Allemands, les mains et le cerveau ne font qu'UN SEUL ET MÊME CORPS ET QU'UN SEUL ET MÊME ESPRIT. De même pour les Danois, techniquement très habiles, même lorsqu'ils ont fait des études supérieures en littérature, philo ou autre sujet.

L'existence et la vie sont multiples et une, non une ou multiples.

L'organique est multiple à l'infini mais l'Esprit est UN. Il est important pour nous de combattre nos procédés réductifs hérités des commérages de la corde à linge, et cesser de penser que nous sommes théoriques ou pratiques, alors que la réalité se tient d'une seule pièce.

L'État est ontologique. Il relève de l'ordre de l'existence et de l'Être. Donc, demandons-nous d'abord ce qu'est l'existence et l'Être.

L'existence est relation en acte et en puissance.

Pour le comprendre, prenons l'acte de voir. C'est très simple, voir, n'est-ce pas et pourtant, c'est une merveille de chaque instant que peu de gens apprécient.

Voir est la relation en acte et en puissance entre ma faculté de voir (yeux, faculté de se déplacer pour mieux voir, cerveau), d'une part, et de l'autre, comme deuxième élément, l'infinité des sujets, objets et choses visibles qui m'entourent, que je ne verrais pas sans un jeu de lumières, naturelles d'abord, qui mettent en relation directe ma faculté de voir avec le monde visible.

En effet, dès qu'on se donne la peine de contempler l'univers sidéral, on constate que la lumière qui nous entoure offre une infinie variété de tons et de nuances, que ne peut gère remplacer la lumière articifielle. Tout celà pour nous permettre de mieux voir et de voir plus complètement. Vous prenez celà pour acquis? Pas moi. C'est une merveille de chaque instant et je ne trouve pas les mots pour témoigner de mon appréciation au Créateur qui nous accorde tant de faveurs.

L'acte de voir conjugue donc trois éléments distincts: ma faculté de voir, le monde visible et la lumière qui met en relation l'un avec l'autre.

Trois éléments dont chacun est multiple à l'infini, par ses manifestations(en acte) et ses possibilités (en puissance).

Or, ces trois infinis multiples ne font qu'UN SEUL ACTE DE VOIR, LE MIEN ET CELUI DE PERSONNE D'AUTRE CAR L'AUTRE OCCUPANT UNE POSITION AUTRE DANS L'ESPACE, NE FAIT PAS LE MÊME ACTE, ni les mêmes inférences puisque chacun peut avoir vu différemment auparavant, mais il est possible de s'entendre et se comprendre néanmoins.

Les trois éléments qui entrent dans l'acte de voir sont donc infiniment multiples alors que l'acte est un. N'est-ce pas une merveille de chaque instant.

Nous verrons plus loin ce que veut dire cette merveille pour la géopolitique et l'État, en tant qu'instrument obligé de notre agir collectif.

Transposons l'acte de voir à d'autres actes de l'existence, dont celui d'entendre, de sentir, de toucher, de marcher, de communiquer, bref, d'agir.

Ces actes simples et naturels sont aussi des relations en acte et en puissance, des merveilles de chaque instant, mais nos rationalismes nous interdisent de les apprécier, car pour les apprécier, il faudrait en reconnaître l'INTENTIONALITÉ.

Or, le fait d'avoir osé parler d'intentionalité m'a valu des objections de la part de mes derniers profs à l'U de M, férus de scientifisme et de positivisme à la Auguste Comte. Non, il n'y a ni universaux ni intentionalité ni finalité dans l'univers. Tout est sujet à scientifisme.

Si, en partant, nous rejetons le réalisme du principe de finalité et celui du principe d'intentionalité, comment pouvons-nous reconnaître et apprécier notre propre État, lequel existe déjà en acte et en puissance?

Je vous laisse sur cette réflexion car je dois aller coucher à Rigaud ce soir et ventiler la maison de notre fils et sa femme, absents pour quelque temps et qui nous ont demandé ce service, en même temps que prendre soin des chats.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   11-06-2003 12:32

Salutation citoyennes et citoyens !

Sur le plan du réel, un geste comme brandir un drapeau patriotique, ou une pancarte : "Québec, un pays français !", pourrait avoir un certain impact dans votre région... À supposer que vous ne puissiez pas le faire en dehors des temps permis... ne pensez-vous pas que cela pourrait faire réfléchir tout de même un bon nombre de gens ?

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: crevier michel (---.f1782.globetrotter.net)
Date:   11-06-2003 13:06

Pierre Lemoyne d'Ibervile née au Québec avec l'occupation britannique.

Ouisque grâce à l'astuce, l'intelligence il a su battre l'occupant anglais plusieurs fois sans subir de défaite.

En passant les Québécois n'ont jamais signé de capitulation avec l'ennemi anglais.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Gilles (---.qc.sympatico.ca)
Date:   11-06-2003 14:57

Salutation citoyennes et citoyens !

En effet, Monsieur Crevier, il y a eu dans le passé des héros, mais qu'en est-il aujourd'hui ? Le Québec a besoin d'une multiplication de "bougies d'allumage" sur la place publique...

Un citoyen tenace,
G. Brassard

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Re: Un manque de héros !
Auteur: crevier michel (---.f1782.globetrotter.net)
Date:   11-06-2003 16:03

L'attente de messie par pour moi. Les juifs en ont entedus un pendant 4500 ans et crucifié un faux prophète.

Nous en avons eu un ex-libéral fédéraliste, libéral-Bourassiste,progressite conservateur (même ministre), Bloquiste et Péquiste. Cela n'a pas levé bien fort....

Le jour où à l'image des juifs nous aurons la volonté de se faire un pays. De se donner les moyens comme eux.  Il a fallu la fondation du Sionnisme fondé en 1897, par Théodore Herzl (Auteur de l'Etat Juif - 1896-) .

Qui connaît Herzl?

Était-il un héro?  Les rabbins étaient contre son idée

Établir des objectifs et travailler. Sans Herzl les juifs attendraient encore le messie sans pays.

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Normand Calvé (---.qc.sympatico.ca)
Date:   12-06-2003 08:18

Définitions de grandes idées politiques retrouvées dans "Les Misérables" de Hugo;

" CONTRAT SOCIAL

Au point de vue politique, il n'y a qu'un seul principe;la SOUVERAINETÉ de l'homme sur lui-même. Cette souveraineté de moi sur moi s'appelle LIBERTÉ.

Là où deux ou plusieurs de ces souverainetés s'associent, commence l'ÉTAT. Mais dans cette association il n'y a nulle abdication. Chaque souveraineté concède une certaine quantité d'elle-même pour former le DROIT COMMUN. Cette quantité est la même pour tous. Cette identité de concession que chacun fait à tous s'appelle ÉGALITÉ.

Le droit commun n'est pas autre chose que la protection de tous rayonnant sur le droit de chacun. Cette protection de tous sur chacun s'appelle FRATERNITÉ.

Le point d'intersection de toutes ces souverainetés qui s'agrègent s'appelle SOCIÉTÉ. Cette intersection étant une jonction, ce point est un noeud. De là ce qu'on appelle le LIEN SOCIAL."

Je suggère une réflexion de votre part sur ce texte; à savoir à quel point il nous touche en tant que souverainnistes et québecois. Votre modèle de Québec indépendant rejoint-il ces valeurs, et comment ?

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Nadeau (---.sympatico.ca)
Date:   12-06-2003 11:59

Extrait du texte de Daniel Couture, rédigé en fil de discussion (plus haut) par Robert Bertrand le 10-06-2003 13h46:

"Pour moi, il est certain que le PQ doit faire l'objet d'une implosion théorique et pratique,...........".

Implosion: "La Grande Implosion" de Pierre Thuillier ou pourquoi les Occidentaux n'ont pas vu venir ........la fin???- Beau dialogue de l'auteur avec la journaliste Tatiana (tous deux jasent de la conscience réflexive, celle qui nous permet d'apprendre de nos expériences donc de nos choix et s'interrogent tout comme moi à savoir si elle ne fait pas défaut chez nous?

Sur le site: www.humains-associes.org

Il y a aussi (malheureusement) l'auteur Paul Alexis Ladame, ancien professeur de méthodologie de l'information à l'Université de Genève, et écrivain: "Plaidoyer pour une fédération planétaire" qui déboîte radicalement la souveraineté, le nationalisme. J'ai retenu de ma lecture ceci:

...............La raison majeure, c'est que le monde entier, sur le plan politique et économique, est atteint d'une maladie collective qui s'appelle nationalisme. Je ne critique pas le patriotisme. L'amour de la patrie est un sentiment noble, qui mérite d'être soutenu et respecté.

...........L'état aïgu de cette maladie est le concept de souveraineté nationale. Cette prétendue souveraineté est un mensonge, une (fallacy of misplaced conceptions). Aucun individu sur cette Terre, ne peut être absolument autonome, totalement indépendant et donc souverain, il dépend toujours de quelqu'u, de quelque chose, et finalement de Dieu, à plus forte raison une collectivité, et aujourd'hui plus que jamais.

.............La souveraineté, dite "pouvoir sans appel", n'existe pas dans la société humaine.

............Il est clair qu'aucun gouvernement souverain, Pas même le plus puissant, comme celui des USA malgré sa dette astronomique et la pauvreté d'une partie de sa population, ne peut, à lui seul, faire face à ses maux avec la moindre chance de les guérir. Pourquoi? Parce que la sacro-sainte "souveraineté nationale" des États-Nations coupables ou premières victimes de ces calamités, ne leur permettra pas d'intervenir.

...........Or, cette souveraineté est une pure construction de l'esprit

..........Le nationalisme aressif et protectionniste est une maladie, une paranoïa collective dont les vecteurs - politiciens professionnels, lobies, ceux qu'ils servent et ceux dont ils se servent- ne songent qu'à gonfler leurs comptes en banque au détriment du peuple

............Entendons-nous bien, il y a beaucoup de politiciens corrects,honnêtes et compétents et plus encore de citoyens qui ne demanderaient pas mieux que de se dévouer pour la collectivité, mais la télévision a transformé la res publica en show business.

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Je serai curieuse de connaître l'impact qu'a ou qu'aurait eu son livre. S'il n'est pas mêlé et embrouilleur de nature ce type, en tout cas, il reste mêlant.

Bref, le site regorge d'écrits d'auteurs de bouquins, puis d'un mur de graffitis nommé "Et si on se parlait d'amour".

Ce mur existe virtuellement et physiquement aussi (mur dans le Métro de Paris)-

Le 1-4-2003 j'y ai laissé un petit poème comme d'autres en laissent mais en m'indentifiant Kébekoise d'un Québec Pays (et au lieu d'inscrire Canada comme pays, je précise Pays du Québec) - en espérant qu'il y ait des amoureux du Québec.

Kébekoise

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   12-06-2003 12:18

Parce qu'il y a une séquence de textes parlant des principes de stratégie à mettre en pratique, j'ajoute cette intervention de M. René Marcel Sauvé.

Il y a, ici, du deux dans un.

Deux textes puisque j'en avais adressé un sous le titre de "Aide-toi et le cile t'aidera" signé par Paul Garneau et M. Sauvé y répond comme suit :

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1243

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Poursuivons Géopolitique 101 à partir des détails qu'expose monsieur Bertrand au sujet de l'empiètement des compétences du gouvernement centralisateur unitaire et arbitraire d'Ottawa, qui cherche le pouvoir absolu contre les provinces, pourtant appelées à devenir des États constituants d'une authentique confédération, laquelle est une Union d'États Souverains.

Pourquoi tous ces empiètements et cet acharnement contre le Québec d'abord, et maintenant contre les autres provinces?

Parce que la construction du Québec, en tant que nation(société territoriale de fait et de droit) et sa progression vers le statut d'État à reconnaître se sont poursuivies envers et contre les efforts répétés des United Empire Loyalists et des Orangemen pour nous réduire et nous fossiliser.

Reprenons notre premier principe: Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation et poussons plus loin notre exploration dans ce sens.

À la lecture détaillée de tout ce qu'Ottawa a fait pour nous inféoder davantage et nous réduire à l'état de nation fossile, nous serions facilement portés à nous décourager, à crier à l'injustice,(ce qui serait la bonne chose à faire), a hurler notre ressentiment contre les maudits Anglais qui nous veulent tant de mal.

Restons froids, cependant, résolus et déterminés devant l'adversité qui nous est servie et resservie de génération en génération. Nous devons apprécier le contexte dans son ensemble et la situation dans sa spécificité.

Apprécier est une fonction de l'esprit de discernement, par laquelle il s'agit de saisir l'essentiel d'une question complexe, dont l'adversaire cherche à nous cacher la trame. autrement, nous saurons ce qu'il y a lieu de faire et son projet en sera compromis.

À défaut d'apprécier correctement en partant, nous manquerons le coche pour la mise en pratique du deuxième principe, qui nous incite à déterminer des objectifs praticables et réalisables dans l'espace et dans le temps, afin de pousser l'adversaire hors du jeu.

Les plus grands États du monde se sont ruinés par le défaut de mettre ce principe en pratique, guidés par l'orgueil, l'ignorance, le sentiment, le ressentiment, le refus de l'effort requis, le réductivisme du réel vers une dimension unique et aisément perceptible et représentable à des "masses" ignorantes comme mules. Les plus grandes bourdes et les plus grands échecs ont à l'origine le défaut d'avoir correctement et rigoureusement apprécié le contexte et la situation et partant, à avoir déterminé quels objectifs étaient réalisables et aptes à maintenir le moral(troisième principe) et à inciter la coopération(onzième principe), à agir avec une économie maximale d'efforts et de moyens(cinquième principe), grâce à une concentration appropriée de l'effort dans le temps et dans l'espace(quatrième principe). On pourrait élaborer davantage. L'agir se définit en termes de principes à mettre en pratique mais se tient en un seul acte.

Prenons un exemple pour illustrer ce qui précède.

Dans Paris Match No 2820, du 5 au 11 juin 2003, (avec la photo de Johnny Halliday en page frontispice), que je ne lis pas beaucoup mais ça m'arrive), il faut voir à la page 38-39, commentaire sur les livres, un exposé assez détaillé sur le récent livre de Robert Littel, qui dévoile les bourdes tragiques de l'Amérique, selon l'auteur Christine Gomariz. Ce livre qui vient de sortir est publié chez Buchet Chatel et se détaille 23 euros.

Dans un texte de 906 pages que j'ai bien l'intention de me procurer, l'auteur s'attaque à la politique américaine de la guerre froide, à travers celle de la Central Intelligence Agency, organisation d'une incroyable stupidité, sans doute parce qu'elle a trop d'argent et trop de monde qui se contredisent et finissent par ne dire que des riens. L'auteur évoque aussi bien les erreurs des frères Kennedy sur Cuba que l'incapacité de Reagan et de son entourage de mesurer les dangers (réels et imaginaires) de la montée de l'islamisme.

Tout celà parce que le premier principe de la stratégie a été ignoré en premier lieu, en faveur d'expédients commodes, réductifs et simplistes, aux conséquences tragiques.

J'étais dans l'armée lorsque les Américains se sont embarqués dans l'affaire du Vietnam, dans l'ignorance totale et quasi absolue de la géographie, histoire,sociologie et économie de ce pays beaucoup plus complexe qu'on est porté à le croire de prime abord. A l'U de M, monsieur Robert Garry, qui avait vécu en Indochine à l'époque de la domination française, nous avait prévenus que les Américains se mettaient les pieds dans les plats par dessus la tête avec le Vietnam dont ils ne connaissaient rien ou presque rien. Mais leurs dirigeants simplistes voulaient "combattre le communisme". Bande d'idiots tragiques. Le " communisme" est une abstraction et le Vietnam une réalité. Aussi idiots que ceux et celles qui, chez nous, au Québec et au Canada anglais, veulent "combattre le séparatisme".

Comme ti-Jean Chrétien qui a déclaré que le "séparatissme est mort". Plus imbécile, tu meurs. Le "séparatisme" est une représentation réductive, simpliste et le Québec une réalité, le foyer national d'un peuple et les assises de son État, qui existent bel et bien quoi qu'on en dise et quels que soient les mots qu'on s'acharne à produire pour nier cette existence.

Pour ma part, je crois que les chefs d'État qui se sont donnés la peine d'apprécier correctement et rigoureusement chaque contexte et situation qui se sont présentés à eux sont rares. On les trouve dans les petits États, notamment en Suisse, au Luxembourg, en Belgique, en Norvège, en Suède, et particulierement en Finlande.

Pourquoi? Parce que conformément à l'esprit du petit groupe, les petits peuples sont plus proches de la réalité.

Nous poursuivrons notre définition du contexte(géographie, histoire, anthropologie, sociologie) et de la situation(le Je et Tu).
René Marcel Sauvé

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Robert Bertrand
Pour-le-Pays-du-Quebec@groupesyahoo.ca
Tuesday, June 10, 2003 9:31 PM
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Aide-toi et le Ciel t'aidera / Paul Garneau

Se rafraîchir la mémoire. Page de l'Histoire sur notre site de Québec un Pays

http://iquebec.ifrance.com/quebecunpays/histoire.htm

Texte présenté sur la page suivante : (Comme quoi que nous avons un Gouvernement en trop... Robert Bertrand)

http://cf.groups.yahoo.com/group/avant-garde_quebec/message/19055

Les événements marquant l’appropriation par le fédéral des compétences du Québec ou l’ingérence dans les compétences du Québec.

juin 2001: adoption du projet de loi C-7 sur le système de justice pénale pour adolescents.
Punitions infligées en fonction du type de crimes et non des circonstances et des possibilités de réhabilitation. Refus d’offrir la possibilité au Québec de se soustraire à ces nouvelles normes canadiennes. Adoption à l’encontre du vote unanime de l’Assemblée nationale et de l’ensemble des intervenants concernés.

mai 2001 :Politique des congés parentaux.
Refus de transférer au Québec, les sommes versées à l’assurance-emploi et servant aux congés parentaux pour que le Québec ait sa propre politique plus généreuse et ne couvrant pas que ceux et celles ayant droit à l’assurance-emploi, mais tous les travailleurs y compris les travailleurs autonomes.(Québec, 2 choix: 40 sem à 70% ou 50 sem. dont les 18 premières à 70% et les 32 autres à 55%; fédéral: 50 sem. à 55% (?)

2001 : Mise sur pied d’une Commission nationale sur la santé
Commission Romanow.
Redéfinir à nouveau le système de santé : n’avait pas donné suite à celle de 1994. Le Québec vient de le faire avec la Commission Clair.

2000 : Adoption du projet de loi C-20. Loi sur l’exigence de clarté.
Pas de négociation si question porte sur autre chose que la sécession et si le Parlement fédéral juge que la question n’est pas claire ou que la majorité n’est pas claire : remise en cause dans les faits du droit du Québec à décider librement de son avenir et du pouvoir de l’Assemblée nationale du Québec, de décider de la question; remise en cause de la règle démocratique fondamentale de l’égalité des voix reconnues par l’ONU (50% + 1 voix des voix exprimées) refus du fédéral de se soumettre à l’obligation que sa Cour Suprême lui a imposé de négocier au lendemain d’un oui à la souveraineté.

novembre 1999: Création des instituts de recherche en santé.
Permet des subventions fédérales dans les institutions de santé et d’éducation.

février 1999 : Entente sur l’union sociale.
Sans l’accord du Québec et après que les autres premiers ministres des provinces aient renié leur signature d’à peine trois jours, laquelle exigeait le droit de retrait avec pleine compensation pour une province. Cette entente autorise l’intervention du fédéral dans la recherche universitaire, l’aide à l’enfance et la santé, compétence exclusive des provinces.

1998 : Fondation canadienne pour l’innovation.
Fonds versés pour des projets d’infrastructures et de recherches dans les hôpitaux, les universités et les collèges.

1998 : Fondation des bourses du millénaire.

1997 : Déclaration de Calgary :
Abandon du concept de société distincte pour celui de caractère unique soumis à une clause Canada consacrant le principe de légalité des provinces (négation de notre statut de peuple).

1997 : Discours du budget; mise sur pied de quatre nouveaux programmes en santé et en éducation.

1996 : Conférence fédérale-provinciale;
dépôt d’un document préparé par toutes les provinces, sauf le Québec.
Propose d’établir des programmes nationaux pour combattre la pauvreté des enfants, des personnes handicapées et des chômeurs. Normes nationales, livraison de services par les provinces.

1996 : Discours du trône.
Propose formule de partenariat pour logement social et tourisme. Annonce mise sur pied d’une commission canadienne des valeurs mobilières. Québec a la sienne.

1995 : Année référendaire : injection de 35 millions dans le tourisme

1994 :Mise en place d’un Forum national sur la santé.
Redéfinir le système de santé.

1994 : Cour Suprême :
Établir la compétence fédérale sur les communications inter-provinciales.

1994 : Mise en marche d’une réforme des programmes fédéraux de sécurité du revenu.

1990 : Rejet de l’accord du lac Meech :
Rejet des demandes réparatrices et minimales du Québec, négociées par un premier ministre du Québec profondément fédéraliste..

1982 : Création d’un nouveau ministère fédéral de l’Expansion industrielle et régionale.
Présence du fédéral dans compétence provinciale du développement régional.

1982 : Rapatriement unilatéral de la Constitution sans l’accord du Québec.
Perte factuelle et de droit du veto constitutionnel pour le Québec. Réduction de compétences du Québec en matière de langue et d’éducation à cause de la Charte canadienne des droits et libertés. Négation du pacte entre deux nations.

1978 Cour Suprême :
Établir la compétence exclusive du fédéral sur la télévision et la câblodistribution.

:1975 : Cour Suprême :
Valide la loi fédérale anti-inflation, accroît le contrôle fédéral sur l’économie même en l’absence de guerre.

1973 : Cour Suprême :
Pouvoirs accessoires fédéraux quant aux effets civils du divorce (intrusion dans notre code civil).

Octobre 1970 : Imposition de la loi des mesures de guerre :
Suspension des libertés civiles, armée, arrestations arbitraires..

1971 : Cour Suprême :
Confirme l’étendue du pouvoir déclaratoire fédéral; ainsi le fédéral peut décréter unilatéralement que certaines infrastructures sont désormais de compétence fédérale.

1969 : Création des ministères fédéraux des Communications et de l’Expansion économique et régionale.
Nombreux chevauchements avec les compétences du Québec.

1967 : Cour Suprême :
Reconnaît un pouvoir au fédéral relativement aux jeunes délinquants; établit une compétence fédérale exclusive, malgré les objections du Québec, sur les gisements miniers sous-marins sur la côte du Pacifique.

1966 : Cour Suprême :
Permet au fédéral l’expropriation de terrains dans la région de Ottawa-Hull, malgré la compétence exclusive du Québec en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire.

1957 : Plan national d’assurance-hospitalisation.
intrusion en santé.

1957 :Conseil canadien des arts, des humanités et des sciences sociales.
Intrusion dans juridiction du Québec.

1951 : Subventions fédérales aux universités.

1951 : Modification de la Constitution qui établit compétence fédérale sur les pensions de vieillesse.

1944 : Conseil privé de Londres (avant Cour Suprême) Confirme le pouvoir du fédéral sur les matières inconnues en 1867.

1943 : Programme fédéral de formation professionnel.

1942 : Renonciation provinciale temporaire (la guerre) à la compétence provinciale sur l’impôt sur le revenu des personnes et des entreprises. Refus par la suite du fédéral de se retirer de ce champ..

1940 : Modification constitutionnelle établissant la compétence sur l’assurance-chômage.

1940 : Loi permettant de contrôler l’ensemble de l’économie canadienne pendant l guerre. Une mesure semblable sera prise en août 1945 pour viser la période d’après-guerre.

1931 : Conseil privé de Londres :
Décrète que la radiodiffusion et l’aéronautique sont de compétence fédérale.

1927 : Première loi fédérale sur les pensions de vieillesse.

1926 : Conseil privé de Londres :
Le fédéral amène la question du Labrador au Conseil privé de Londres qui décida sans consulter le Québec de donner le Labrador à Terre-Neuve, on enlève 110 000 milles carrés au Québec.

1923 : Conseil privé de Londres :
Donne au fédéral le pouvoir de légiférer dans un domaine provincial pour urgence nationale.

1919 : Subventions fédérales dans le réseau routier.
Infléchir les décisions dans un domaine qui n’est pas de sa compétence (pouvoir de dépenser).

1916-1917 : Premières intrusions fédérales dans le domaine de l’impôt direct réservé jusque-là aux provinces: taxe sur les profits d’affaire et impôt de guerre sur le revenu des particuliers. Ces mesures devaient être temporaires

1914 : Loi sur les mesures de guerre : possibilité d’abolition du fédéralisme en situation d’urgence.

1885 :Conseil privé de Londres :
Clause de paix, ordre et bon gouvernement, qui permet de suspendre des règles fondamentales du droit criminel en certaines situations. Confirmation de l’action fédérale dans l’affaire Louis Riel.

1882 : Comité judiciaire du Conseil privé de Londres :
Théorie des dimensions nationales permettant l’intrusion du fédéral dans des domaines de compétence provinciale pour des motifs d’intérêt national.

1867 Confédération :
Pacte entre deux peuples fondateurs (les autochtones n’ayant pas été associés à tort à cette négociation); cela a été reconnu par John A. McDonald, leader du Haut-Canada, et Georges-Étienne Cartier, leader du Bas-Canada. de plus, en 1956, la Commission royale d’enquête sur les problèmes constitutionnels affirme que les faits liés à la naissance de la fédération canadienne révèlent que :

‘’L’assentiment nécessaire à la confédération, les canadiens-français (le Bas-Canada) ne l’ont donné qu’à deux conditions: que l’union soit fédérative et que, dans cette union, ils soient reconnus comme tels, comme groupe national distinct, et même placés sur un pied d’égalité avec l’autre groupe ethnique.’’

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]

Merci René Marcel Sauvé, je suis d'accord avec ce que vous dites dans votre réponse à mon message, ce sont des choses que je connais bien pour les avoir enseignées. Mais je maintiens une "distinction non essentielle" théorie-pratique pour les raisons que j'exprimerai dans mon commentaire intercalé en bleu...

Votre générosité m'aura permis de préciser ce que je voulais dire.

Si j'ai parlé de moment de vérité théorique, d'interface, et de moment de décision pratique, c'est que ces moments sont inhérents à tout acte de la personne. J'ai fait mon mémoire de maîtrise en philo sur Personne et Acte de Karol Wojtyla et j'ai paraphrasé ses lumineuses précisions phénoménologiques autour de l'acte de la personne.

Je comprends parfaitement vos objections, les précisions que j'apporte ici ne les annulent pas, elles sont parfaitement valables. Si vous le voulez bien, comprenez simplement que l'interface théorie-pratique dans laquelle je me situe signifie que, "en pratique" je n'ai pas le loisir de suivre les exposés des membres de ce groupe au complet, mais que je peux préciser les questions de "principes fondamentaux"...

----- Original Message -----
From: Shirley
To: Pour-le-Pays-du-Quebec@groupesyahoo.ca
Cc: Michel Faubert
Sent: Tuesday, June 10, 2003 9:38 PM
Subject: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Re : Un manque de héros !

La souveraineté n'est pas une théorie mais un ACTE qui marque un terme à l'intérieur d'une  progression, à la fois en acte et en puissance, car l'acte précède la puissance.

Parfaitement, mais la distinction à faire, sans laquelle on risque fort de confondre la charrue avec les boeufs, c'est que ce n'est pas la même chose "d'être souverain en acte à l'intérieur d'une progression" et une autre chose D'EXPLIQUER ce qu'est être souverain en acte à l'intérieur d'une progression.
Avant de faire l'objet de considérations juridiques et constitutionnelles, la souveraineté est ONTOLOGIQUE.
Parfaitement, et c'est lumineux.
Elle appartient à l'ordre d l'existence et de l'Être comme finalité et de l'avoir comme moyen d'y arriver.

Dans l'ordre de la connaissance, l'acte et la puissance ne sont pas théoriques mais réels, comprenant des éléments tangibles et intangibles. Il est faux, sous prétexte de se croire "pratico-pratique" d'ignorer les principes qui gouvernent l'existence et l'essence.

Autrement, il n'y a que de l'agitation, pas d'action.
 

Oui, pas seulement dans l'ordre de la connaissance mais dans l'être aussi en tant que devenant également. Mais attention, comme vous le savez, la doctrine de l'entéléchie est facile à saisir, mais dans sa profondeur proprement inouïe, elle est subordonnée au principe des principes, le principe d'identité (c'est lui sur lequel nous aurons toujours à revenir, sa richesse d'élucidation à tous les niveaux de discours est infinie). L'acte-puissance explique la réalité incontournable du devenir, du mouvement, mais sa réalité ne fait pas que L'ÊTRE EST DEVENIR. C'est là la fulgurante méprise de la Grande Sophistique hégélienne, comme dit Jacques Maritain.
Comme dans la chanson, "il y en a bien,  de ces gens de rien qui s'trémoussent et qui s'trémoussent. Il y en a bien de ces gens de rien qui s'trémoussent et qui ne font rien". Comme il y a des foules de gens qui se sont agités toute leur vie et n'ont rien accompli, parce qu'ils ne connaissaient ni le sens ni les principes qui gouvernent l'action, les classant souvent dédaigneusement comme des "théories".
La distinction que je fais théorie-pratique n'a rien à voir avec une négation de quelque principe que ce soit de saine philosophie, je vous prie de me croire. Je ne classe pas dédaigneusement les principes de l'action dans des "théories". Je n'ai aucun goût pour le trémoussage verbaliste.
Nous n'en sommes pas encore sortis, au Québec, de cette dichotomie simpliste entre la théorie et la pratique. Nous nous croyons faits ou pour l'un ou pour l'autre et c'est faux. Les commérages de la corde à linge à ce sujet nous ont fait beaucoup de tort et nous en font encore.
Il n'y a nulle dichotomie réelle entre la théorie et la pratique, le reproche est bon pour les technocrates et cette espèce d'intellos que je ne qualifierai pas pour lesquels j'ai toujours eu un mépris vert qui m'a souvent fait manquer de charité chrétienne...
De gros efforts ont été fournis pour remédier à cette grave lacune pourtant. J'ai connu des dominicains, savants profs de philo grecque, qui étaient menuisiers et contracteurs en bâtiments et ils ne voyaient nulle contradiction entre leur philo et les principes de la construction. Un autre était conducteur de tramway dans les rues de Montréal. Un autre musicien. Un autre électricien.

En Allemagne, mes anciens profs, tous Privatdozent, archi-savants et cultivés, étaient, l'un mécanicien de diesel, l'autre menuisier en bâtiments, l'autre constructeur de bateaux à voiles, l'autre tailleur de pierres et constructeur de murs extérieurs. un autre père de famille et éducateur d'enfants, qui changeait les couches, bercaient les enfants, leur chantaient des berceuses, lavaient leur linge, les promenaient. Nulle contradiction entre le fait d'être devenu savant et se préoccuper des choses simples comme on en rencontre tous les jours.

Bien, très bien. J'ai étudié une année chez les dominicains à Ottawa, je n'aurais malheureusement d'éloges à faire que pour deux ou trois d'entre eux, j'ai également travaillé dans la construction, j'ai un cours de mécanique et je bricole un peu mes voitures et je suis "la reine du foyer" chez moi, les tâches ménagères, ça me connaît.
Klauzewitz(Vom Kriege(de la Guerre), a écrit que les grandes oeuvres de l'État s'accomplissent par des gens ordinaires comme ceux qu'on rencontre tous les jours.

Pour les Allemands, les mains et le cerveau ne font qu'UN SEUL ET MÊME CORPS ET QU'UN SEUL ET MÊME ESPRIT. De même pour les Danois, techniquement très habiles, même lorsqu'ils ont fait des études supérieures en littérature, philo ou autre sujet.

L'existence et la vie sont multiples et une, non une ou multiples.

Précision interressante, je ne suis pas certain de bien la saisir cependant...
L'organique est multiple à l'infini mais l'Esprit est UN. Il est important pour nous de combattre nos procédés réductifs hérités des commérages de la corde à linge, et cesser de penser que nous sommes théoriques ou pratiques, alors que la réalité se tient d'une seule pièce.
Je suis parfaitement d'accord, remarquez que ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai parlé de "moment" sans faire de "réduction à", j'ai même spécifier que la théorie sans la pratique, c'est du vide verbaliste.
L'État est ontologique. Il relève de l'ordre de l'existence et de l'Être. Donc, demandons-nous d'abord ce qu'est l'existence et l'Être.

L'existence est relation en acte et en puissance.

Oups, ici, il y a une précision nécessaire à apporter... Si tel était le cas Dieu, Acte pur, "n'existerait" pas. Pourtant Il existe bel et bien; comme disait excessivement Malebranche, l'existence de Dieu est la seule certitude, le reste n'est qu'hypothèse. C'est l'existence du mouvement (ou devenir) qui EST relation en acte et en puissance. Selon la définition géniale d'Aristote, comme on sait, le mouvement est l'acte de la puissance en tant qu'il est en puissance. L'existence est un concept difficile à saisir, le pauvre Kant s'y est emmêlé les pinceaux... Pour la saine philosophie, le philosophe par excellence de l'existence est le merveilleux théologien Thomas d'Aquin. Étienne Gilson le montre très bien, un freluquet comme moi qui est nul en latin lui doit beaucoup... L'essence de Dieu est d'exister nous dit saint Thomas. Pour l'être créé, ce n'est pas le cas, bien sûr. Or, et c'est là la plus forte preuve de l'existence de Dieu, qui est celle par la contingence, "ce qu'un être possède sans que ce le soit par essence, il le possède nécessairement par participation". Je pourrais en dire davantage et faire une mise en application de ces vérités premières aux principes dont nous discuttons ici... Pour ce qui nous occupe, je redis simplement que c'est une chose d'exister et de se mouvoir, c'en est une autre de se mouvoir en expliquant qu'on existe par participation.
Pour le comprendre, prenons l'acte de voir
("l'oeil" effectue des milliards d'opérations à chaque seconde).
C'est très simple, voir n'est-ce pas et pourtant, c'est une merveille de chaque instant que peu de gens apprécient.

Voir est la relation en acte et en puissance entre ma faculté de voir(yeux, faculté de se déplacer pour mieux voir, cerveau), d'une part, et de l'autre, comme deuxième élément, l'infinité des sujets, objets et choses visibles qui m'entourent, que je ne verrais pas sans un jeu de lumières, naturelles d'abord, qui mettent en relation directe ma faculté de voir avec le monde visible.

En effet, dès qu'on se donne la peine de contempler l'univers sidéral, on constate que la lumière qui nous entoure offre une infinie variété de tons et de nuances, que ne peut gère remplacer la lumière articifielle. Tout celà pour nous permettre de mieux voir et de voir plus complètement. Vous prenez celà pour acquis?  Pas moi. C'est une merveille de chaque instant et je ne trouve pas les mots pour témoigner de mon appréciation au Créateur qui nous accorde tant de faveurs.

L'acte de voir conjugue donc trois éléments distincts: ma faculté de voir, le monde visible et la lumière qui met en relation l'un avec l'autre.
Trois éléments dont chacun est multiple à l'infini, par ses manifestations (en acte) et ses possibilités (en puissance).

Or, ces trois infinis multiples ne font qu'UN SEUL ACTE DE VOIR, LE MIEN ET CELUI DE PERSONNE D'AUTRE CAR L'AUTRE OCCUPANT UNE POSITION AUTRE DANS L'ESPACE, NE FAIT PAS LE MÊME ACTE, ni les mêmes inférences puisque chacun peut avoir vu différemment auparavant, mais il est possible de s'entendre et se comprendre néanmoins.

Les trois éléments qui entrent dans l'acte de voir sont donc infiniment multiples alors que l'acte est un.

Une dernière fois, c'est éloquent, l'acte un de voir est distinct de son explicaction. Expliquer l'acte n'est pas voir. Expliquer voir n'est pas voir. Expliquer voir, c'est contempler (théorein) ce que nous faisons lorsque nous pratiquons l'acte de voir. Et il y a des principes pratiques pour voir, premièrement il faut ouvrir les yeux!
N'est-ce pas une merveille de chaque instant.

Nous verrons plus loin ce que veut dire cette merveille pour la géopolitique et l'État, en tant qu'instrument obligé de notre agir collectif.

Transposons l'acte de voir à d'autres actes de l'existence, dont celui d'entendre, de sentir, de toucher, de marcher, de communiquer, bref, d'agir.

Ces actes simples et naturels sont aussi des relations en acte et en puissance,  des merveilles de chaque instant, mais nos rationalismes nous interdisent de les apprécier, car pour les apprécier, il faudrait en reconnaître l'INTENTIONALITÉ.

Ici, vous me faite grandement plaisir. Car l'existence de l'intentionnalité est la modalité sans laquelle il n'y a pas de présence du MÊME en L'AUTRE et qui dit présence, dit amour, le seul mot qui vaille vraiment la peine d'être prononcer.
Or, le fait d'avoir osé parler d'intentionalité m'a valu des objections de la part de mes derniers profs à l'U de M, férus de scientifisme et de positivisme à la Auguste Comte. Non, il n'y a ni universaux ni intentionalité ni finalité dans l'univers. Tout est sujet à scientifisme.
Scientiste est un des synonymes d'intello inqualifiable.
Si, en partant, nous rejetons le réalisme du principe de finalité et celui du principe d'intentionalité, comment pouvons-nous reconnaître et apprécier notre propre État, lequel existe déjà en acte et en puissance?

Je vous laisse sur cette réflexion car je dois aller coucher à Rigaud ce soir et ventiler la maison de notre fils et sa femme, absents pour quelque temps et qui nous ont demandé ce service, en même temps que prendre soin des chats.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé

Daniel Couture

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mercredi 11 juin, 2003 22:59

Monsieur Couture,

J'ai imprimé votre texte que j'ai l'intention de lire et relire.  Vous avez fait sensiblement une démarche analogue à la mienne, géographie, géopolitique et vie militaire exceptés.

Ne soyez pas surpris si, en réponse à votre texte, je vous déclare que Dieu n'existe pas :  IL EST et ce n'est pas la même chose.

C'est nous qui existons. Voilà pourquoi j'affirme que l'existence est relation en acte et en puissance, ce qui est très différent d'ÊTRE ACTE AU SENS ABSOLU DU TERME, CE QUI ÉCHAPPE À L'ENTENDEMENT. Notre existence en acte, veut dire actuelle, que nous sommes en relation avec l'univers qui nous entoure et que cette relation actuelle est chargée de potentiel. C'est dans ce sens que j'emprunte l'expression latine in actu et in potentia.

C'est pourquoi je n'affirmerai pas avec Malebranche (que j'ai étudié avec Paul Lacoste) que Dieu existe. Pour moi, Dieu EST, point final et tout ce qui le concerne m'échappe, car étant créé, je n'ai pas la faculté de connaître et saisir l'Incréé et l'Innomable, à moins que l'Incréé ne vienne jusqu'à moi et ne se manifeste. Or, ce Dieu qui est venu jusqu'à moi, c'est le Christ. Je n'ai personne d'autre, que lui et l'Esprit saint,  pour me mettre en relation avec Celui qui a dit à Moïse: JHWH, Je suis Celui qui Est.

Pour moi, la foi dépasse la philo, ce qui ne doit pas être négligé car nous avons tous besoin de jugement critique.

Je vous laisse sur cette réflexion avant de revenir demain et de développer le sujet des principes universels de l'action.

René Marcel Sauvé

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Re: Un manque de héros !
Auteur: Robert Bertrand (---.sympatico.ca)
Date:   12-06-2003 12:48

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/1252

Aide-toi et le Ciel t'aidera / Paul Garneau

Géopolitique 101 (suite)

L'appréciation du contexte

Le contexte est tout ce qui est collectif dans une appréciation, soit, la géographie, le développement territorial, l'histoire, les communications et les continuités qu'elles engendrent, l'anthropologie, les institutions, les équipements collectifs, bref, tout ce qui, dans une population donnée, joue un rôle permanent dans le maintien des continuités nécessaires à l'existence.

Primitif, le contexte est fondamental et doit précéder tout le reste, non pas rejeter mais précéder, servir d'assise à ce qui vient ensuite.

Aussi, à cause de sa nature primitive (à ne pas confondre avec primaire), il n'y a pas de modèle dans l'appréciation d'un contexte. Par contre, les analogies sont permises, dans la mesure ou l'appréciation sait discerner les continuités particulières aux autres contextes, ce qui veut dire aux autres milieux géographiques, historiques, anthropologiques, etc.

La géographie au centre du contexte.

En affirmant que la géographie est au centre du contexte, je m'attire les coups redoublés des faiseurs de théories, des ratiocineurs, cuistres, savantasses et autres modélisateurs de l'humanité, toutes ces gens qui détiennent en somme le monopole de la vérité.

Au Québec, on a longtemps limité la géographie à la récitation des noms des pays et de leurs capitales respectives. On ne s'est pas demandé comment la géographie a pu jouer un rôle majeur dans notre survivance à nous, Québécois de souche (dans le sens géographique du terme, qui désigne la population enracinée sur place par osmose, acception qui n'a rien de raciste).

Comme géographe, j'ai été le premier fou à me poser la question à savoir quel est le rôle de la géographie dans notre survivance collective, dans le développement de nos continuités, dans nos expansions territoriales par symbioses et dans la naissance des assises de notre propre État naturel.

Personne au Québec n'avait la réponse.

Ce sont les m...Anglais qui l'avaient et c'est chez eux que je l'ai trouvée. À l'université, ma question était farfelue, prétentieuse, sans fondements, "déterministe" et "préjudiciable", question posée par un orgueilleux qui ne veut pas faire comme tout le monde et rédiger une thèse "ordinaire", pleine de descriptions superficielles appuyées par des statistiques. Seuls les professeurs Thomas Greenwood et Robert Garry enseignaient différemment, mais ils étaient débordés.

La première explication au sujet du rôle de la géographie dans notre survivance et nos progessions paradoxales, je l'ai trouvée chez Lord Durham, notre ennemi mortel, intelligent pourtant.

L'homme était plénipotentiaire en Amérique Britannique du Nord, et comme tel, il devait rédiger chaque jour une dépêche à l'intention de Lord Gleneg, secrétaire aux colonies, afin de le mettre au courant de ses activités et de ses appréciations des contextes et des situations qu'il rencontrait.

Remarquez que les Jésuites en font autant avec leurs Relations, ce qui leur permet de faire le point en toutes choses et de décider ce qu'il y a lieu de faire. Que celui qui est sur place rapporte correctement ce qu'il a vu et vécu, sans fioritures mais sans omettre aucun détail pertinent.

Savoir voir, sentir et écrire en somme.

Donc, alors que je parcourais les Durham Papers, édités par les soins de l'Université de Dublin, en Irlande, que je passais des journées entières à explorer chaque dépêche, une à une, je tombais sur celle qui portait le numéro 420, datée du 18 juillet 1838, rédigée à Niagara, en face de Buffalo, sur la fontière américano-britannique de l'époque, qui est restée la même aujourd'hui.

Cette dépêche insignifiante, d'une demi-page à peine, est le document le plus significatif de notre histoire à nous, Québécois et de l'histoire de tout le Québec.

Voici en substance ce qu'elle dit et je la cite de mémoire:

"Hier soir, j'ai été invité à soûper chez le gouverneur américain de Buffalo. J'ai traversé la rivière Niagara et j'ai déambulé à pieds dans la ville avant de me rendre chez le gouverneur.

Buffalo n'est plus un ensemble de cabanes de défricheurs.

La ville est arpentée (premier indice de la présence d'un État sur place), organisée. avec des maisons bien construites (architecture obligatoire, deuxième indice de la présence d'un État), les rues alignées, de l'ordre, de la méthode et des entreprises qui prennent rapidement de l'expansion (commerce et pouvoirs politiques)."

TOUT CELÀ À CAUSE DU CANAL ÉRIÉ AMÉNAGÉ TREIZE ANS AUPARAVANT. (EN 1825, CE QUI EST L'ANNÉE EXACTE DE L'OUVERTURE DE CE CANAL).

Après sa visite, Durham déplaça dès le mois d'août les troupes britanniques cantonnées au sud du Québec vers le Niagara.

Remarquez que le canal Lachine était ouvert depuis 1826 et servait de voie intérieure au commerce et que de plus, le chemin de fer prenait naissance.

Et maintenant, essayez d'expliquer ce qui s'est passé et qui a tellement d'importance pour nous?

Je vous laisse inférer et vous apporterai une réponse dans deux jours. En attendant, j'ai beaucoup de travail à faire.

Remarquez que nous travaillons toujours sur notre sujet, soit l'appréciation rigoureuse et correcte du contexte, notre contexte à nous, sans quoi nous allons continuer à nous débattre dans le noir.

René Marcel Sauvé

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dimanche 15 juin, 2003 15:53

Monsieur Sauvé, excusez le retard dans la réponse.

Je ne veux pas chercher de poux inutilement, cependant je dois souligner que votre distinction Être-Dieu, existence-être-créé est spécieuse, cela dit très humblement.

Si Dieu n'existe pas, il n'EST pas non plus, surtout LUI.

J'ai bien peur que votre position soit du nominalisme à rebours...

L'existence est "donnée" dans le "perçu" immédiat, on ne peut percevoir ce qui n'existe pas, on peut l'halluciner, mais c'est une autre histoire... On ne peut pas percevoir Dieu... conséquence il n'existe pas. Erreur logique, toute les tomates sont des légumes (tout ce qui est perçu existe), mais tous les légumes ne sont pas des tomates (tout ce qui existe ne peut pas "nécessairement" être perçu).

Je comprends parfaitement ce que vous dites, le "fossé" infranchissable qu'il y a de Dieu à nous n'est pas dans l'existence mais dans l'essence ou la nature.

Je l'ai dit en parlant de Kant, je pourrais le dire de bien d'autres, du philosophe "Alain" entre autre, beaucoup "s'emmêle les pinceaux" en ce qui a trait à l'existence. L'Être éternel (hors du temps) est éminemment existant, son essence est d'exister, comme le disait Thomas d'Aquin.

L'existence est le fait d'une saisie immédiate de "l'intuition intellectuelle". Par, avec et dans l'intuition sensible immédiate, il y a l'immédiateté de la saisie de l'existant-posé-face-à-soi par l'intelligence.

Si Dieu, en tant que tel, n'est pas l'objet d'une perception sensible immédiate, notre intelligence est bel et bien "la faculté de connaître et saisir l'Incréé et l'Innommable". De fait, notre intelligence est "capax Dei", elle est entièrement faite pour connaître Dieu, c'est la béatitude.

Après la mort, nous ne changeons pas de nature, ni de substance, ni de faculté, nous nous transfigurons... Il est faux de dire que nous n'avons pas la faculté de connaître Dieu, archifaux...

Nous ne sommes pas dans un état pour vivre selon l'actualisation pleine de notre faculté de connaître, voilà tout.

Mais beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens, et vous le savez parfaitement (contrairement à ce que les cons qui se pensent instruits disent) échappent dans cette vie à notre condition d'obscurcissement, et c'est l'expérience mystique. En précisant comme le dit JPII que la mystique catholique commence précisément là où s'achève la mystique hindou... Vive flamme d'amour de Jean de la Croix commence là où les Upanishads et la Baghava-Gita conduisent. Mais c'est encore une autre histoire.

Ce n'est pas le lieu je crois d'être "full précis" comme disent les jeunes à cet égard, puisque IL NE S'AGIT QUE D'UNE QUESTION DE RAFFINEMENT TERMINOLOGIQUE ET NON NOTIONNELLE.

Ce qui est plus important, par contre, c'est la notion ou le principe d'identité. Là, il y a à eu près tout à dire, à commencer par déterminer la racine absolument originelle de l'identité de l'être-de-l'homme. Car, si cette racine-source n'est pas assumer, toute autre identification est illusoire et est à mettre aux ratés de l'histoire qui, en apparence, est faite par les Ratés que nous sommes. Or, le pays du Québec est très loin de l'illusion, et les racines de notre identité relève du Mystère. J'en parlerai lorsqu'il sera à propos de le faire.

Pour l'instant, je termine cette "querelle terminologique" en disant que, je crois résumé la position de M. Sauvé avec laquelle je suis en plein accord, savoir que, le fait que nous existions en acte fait en sorte que tout ce que nous faisons en tant que souverain actuellement ne peut pas être une puissance par rapport à un acte qui existe déjà ou du "théorique qui deviendrait du pratique". Non, nous sommes un peuple, et, conséquemment, le moment étant venu, nous sommes un état, EN ACTE, c'est la reconnaissance de fait et de droit des AUTRES qui est en puissance...

Daniel Couture

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dimanche 15 juin, 2003 22:15

Monsieur Couture, laissez-moi le temps d'examiner ma position nominaliste à rebours. Résidu du jansénisme dans lequel j'ai été éduqué, sans doute. Aussi calviniste qu'un puritain de la Nouvelle Angleterre ou qu'un Boer d'Afrique du Sud.

Je me demande également si je n'ai pas transféré ma manie de la logique récursive dans l'épistémologie? Un de mes anciens mentors, le regretté Claude Lagadec, m'avait une fois critiqué en me disant que l'absence d'effet n'a pas de cause. Il m'a recommandé de l'écrire partout sur les murs de ma maison, dehors sur le parterre. dans les corridors et même sur mon papier à cul, afin de ne jamais l'oublier. Je n'ai pas oublié la leçon.

Maintenant, je vais ré-examiner mon nominalisme, en ligne et à rebours, mes   résidus de jansénisme et de calvinisme et je vous ferai part de mes réflexions.

Je me suis souvent demandé comment il se faisait que l'Église du Québec n'avait pas été excommuniée pour le schismatisme de son haut clergé, soudoyé par les Anglais et d'autre part, pour ses erreurs doctrinales. Question de politique sans doute.

Je n'ai entendu parler de Dieu dans  l'Église qu'à l'âge de 40 ans seulement. Auparavant, c'était surtout de la casuistique.

Dans de telles conditions, lorsqu'on se rend compte qu'on a fait fausse route, il est très difficile de défaire l'écheveau complexe des idées acquises pour les remplacer par d'autres.

Aujourd'hui, je me demande si l'Église aussi ouverte et  "libérale" si on peut dire, n'occasionnera pas de nouveaux problèmes peut-être aussi graves que les précédents.

Enfin, je dois me mettre au travail pour en finir avec l'État et les principes universels de l'action.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé

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lundi 16 juin, 2003 08:13

Le refus d'accepter l'inacceptable / Canada Day

Géopolitique 101

L'essentiel, c'est l'État

Au Québec, il est peu utile de parler nation ou indépendance à moins de préalablement concentrer tous nos efforts vers l'État.

Nous avons assez tourné en rond. Nous nous sommes suffisamment agités. Nous avons parlé pour parler plus que nécessaire. Certes, il y a eu des progrès considérables depuis 1960.

Un pas essentiel reste à franchir et nous devons tous y investir tous nos efforts: L'État du Québec, notre État à nous, qui existe bel et bien comme fait accompli mais dont nous n'avons pas encore suffisamemt conscience. Faute de nous concentrer vers cet objectif essentiel et central, nous allons tourner en rond, nous agiter et aller nulle part.

Ni la nation ni l'indépendance (aptitude et capacité de choisir ses dépendances) ne viendront au monde sans l'État du Québec, avec majuscule et qu'on se le dise.

La souveraineté s'accomplit dans et par l'État.

Qu'est-ce que l'État?

L'État est une société politique, avec un P majuscule, c'est-à-dire une société apte et capable d'agir avec envergure et effectivité, tant à court qu'à long terme.

L'État est à la fois un territoire, une histoire, un savoir, un pouvoir et un vouloir.

Il est à la fois complexe et simple, complexe sur le plan organique et simple sur le plan de l'Esprit. Il est identitaire, moral et pratico-pratique. Il est architectonique. Sa méthodologie est l'USAGE, suivant l'acception classique du terme, en ce sens qu'il emprunte à la fin le savoir nécessaire pour y parvenir, par opposition à la  technique pour la technique et la méthode pour la méthode, comme le veulent les positivistes à la Auguste Comte qui pullulent dans les facultés du haut savoir.

Enfin, l'État est nécessaire au bonheur humain, suivant l'acception aristotélicienne, qui définit le bonheur comme la qualité d'une vie complète.

Le bonheur est dans l'agir et l'accomplissement. Comme personne ne peut agir et accomplir seul(e) et ne peut agir que dans et par les autres et inversement, alors l'État est nécessaire, en tant que gérant des nécessités et de l'agir collectif, qui accorde à chacun(e) de ses citoyens et citoyennes les moyens nécessaires pour agir, se réaliser et s'épanouir.

Cet agir passe par la mise en pratique des douze principes de la stratégie, que nous élaborons en détails maintenant, afin de bien s'en pénétrer l'esprit et partant, orienter notre action en fonction de l'essentiel, soit, l'acquisition définitive de notre État du Québec et la mise au rancart de l'État centralisateur,
unitaire et arbitraire d'Ottawa, qui oeuvre à nous inféoder et nous fossiliser au profit d'une oligarchie en place depuis les débuts du régime anglais.

L'État et la Nation

Nous discernons entre l'État et la Nation afin de mieux voir les enjeux qui nous concernent.

Le Québec n'est pas une idéologie
mais une  réalité dans l'espace et dans le temps.

Afin d'éviter de palabrer inutilement, ce que nous sommes déjà trop portés à faire, au détriment de l'essentiel, mettons de côté les concepts et idéalismes autour desquels nous risquons de nous perdre en vaines querelles de mots.

Notre langage doit se développer en fonction des faits accomplis et des faits à accomplir, non de nous perdre dans des considérations abstraites.

La nation (avec minuscule) est une société territoriale, une société qui possède son territoire, de fait (de facto), par simple occupation du sol, par développement, défrichement, mise en valeur, aménagements des structures nécessaires à la vie organisée, notamment les communications, construction des institutions et des services essentiels à la vie commune. Le terme possession veut dire aptitude et capacité d'utiliser le territoire jusqu'au maximum de ses possibilités.

Or, nous sommes une nation, ainsi que je l'explique dans Géopolitique et avenir du Québec.

Nous ne sommes pas une Nation avec la majuscule, parce qu'il nous manque encore les assises de l'État avec majuscule.

La nation dont il est question est un terme employé par opposition à la tribu et au clan, en ce sens que le foyer national est beaucoup plus étendu et diversifié que celui des clans et des tribus. De plus, la nation est hétérogène et généralement exogame, contrairement à l'homogénéité des tribus et des clans, souvent endogame mais qui deviennent exogame par nécessité, afin de se protéger contre les problèmes génétiques liés à la consanguinité.

L'organisation de la nation est plus complexe et plus diversifée.

Nous parlons de nation, clans et tribus, non de races.

Le terme race ne veut pas dire racisme mais racines, dans la mesure où une société a établi de très longues racines dans un milieu géographique donné et par voie de conséquence, a fini par acquérir certaines caractéristiques particulières.

Celles-ci disparaissent dans les sociétés qui sont exposées à des communications complexes avec le monde extérieur, surtout celles qui vivent dans les carrefours naturels où circule beaucoup de monde d'origines diverses.

La race n'est pas une théorie mais un fait vérifiable chez les sociétés qui ont peu communiqué avec le monde extérieur, en raison des difficultés liées aux communications naturelles.  On trouve peu de races dans les carrefours où les populations se croisent et s'entre-mêlent. On trouve peu de races chez les nations qui se sont développées au cours de longues périodes historiques, car les nations sont assimilatrices, soit naturellement, soit par arbitraire. La nation naturelle assimile sans effort ni arbitraire les populations qui entrent dans sa composition.

On peut le vérifier en France, où au moins 40 peuples différents sont entrés dans la composition de la nation française. Les Français sont une nation, non une race.

De même les Québécois.

Le naturel opposé à l'arbitraire explique la différence entre la "Canadian nation" et la nation Québécoise.

Le Canada a été créé autour d'un État centralisateur et arbitraire pour assimiler en un grand tout homogène tous les peuples qui y sont inféodés, en commençant par nous, destinés à l'anglicisation, l'assimilation et la fossilisation. D'où le ONE NATION QUI EN RÉSULTE.

Si les Anglais et les Loyalistes n'ont pas réussi, c'est à cause de conditions naturelles, géographiques, historiques, religieuses, linguistiques, sociales et culturelles, et non à cause d'un ou deux facteurs seulement. À ces conditions s'est développpée chez nous une volonté, non pas de résister à l'assimilateur mais de l'assimiler dans notre propre territoire, là ou nous pouvons y concentrer nos efforts et réussir avec une économie maximale de moyens, deux principes de la stratégie que la nature nous a permis de mettre en pratique.

Notre nation s'est formée suivant un processus naturel sui generis et nous avons déjà assimilé beaucoup de monde, surtout dans la vallée du Saint Laurent, qui est un carrefour naturel mais périphérique par rapport aux autres régions des Amériques.

Mais comme nous n'avons pas les assises reconnues de notre propre État, alors nous demeurons une nation avec la minuscule et nos possibilités d'être reconnus comme tel demeurent réduites.

Ce dont il s'agit en effet, c'est bel et bien de notre État à reconnaître, par nous-mêmes d'abord, par les autres ensuite.

Nous poursuivrons.

René Marcel Sauvé

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----- Original Message -----
From: Robert Bertrand
To: Pour-le-Pays-du-Quebec@groupesyahoo.ca
Sent: Saturday, June 14, 2003 4:21 PM
Subject: [Pour-le-Pays-du-Quebec] Fw: Le refus d'accepter l'inacceptable / Canada Day

----- Original Message -----
From: Jean-Olivier Chenier
To: QuebecunPays@iquebec.com
Sent: Saturday, June 14, 2003 3:42 PM
Subject: Le refus d'accepter l'inacceptable

Le refus d'accepter l'inacceptable

Avec l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement fédéraliste à Québec, et si la routine de l'alternance du pouvoir qui perdure depuis 30 ans continue, les indépendantistes devront multiplier les occasions d'exprimer leur désir de faire du Québec un pays libre. Le 1 juillet prochain, nous aurons une occasion en or avec la manifestation contre le Canada Day organisée par le Mouvement de libération nationale du Québec.

Pourquoi dénoncer le Canada Day au Québec, communément appelé " Fête de la Confédération " et autrefois appelé " Dominion Day "? Parce que cette fête, que certains voudraient nous présenter comme " familiale ", représente le réaménagement du système mis en place en 1840 qui visait à mettre le peuple québécois en minorité et ainsi, en accélérer l'extinction nationale. C'était l'idée de lord Durham et on peut déplorer qu'il n'ait pas vécu assez longtemps pour constater que son beau rêve, semblable au projet hitlérien d'extermination des Juifs mais plus subtil et sournois, s'est avéré un échec. Récemment, un ultra-fédéraliste de Québec, Pierre Roy, bien connu des militants du MLNQ, affirmait que c'était grâce aux Anglais si on parlait encore le français! Il n'a sûrement pas lu le rapport Durham, ou on ne lui a pas enseigné à l'école, lui qui dit que les profs d'histoire sont tous des " séparatissss ". Faudrait peut-être rappeler àce monsieur que c'est aussi grâce aux Anglais si nos frères Acadiens ont connu les affres de la déportation et que l'assimilation des Franco-canadiens gagne du terrain au Canada. " C'est grâce aux Anglais si on parle encore le français "!!! La belle affaire!

Parlez-nous donc de l'Acte d'Union et du bannissement de notre langue jusqu'en 1848, monsieur le colonisé! Et vos chers Anglais auraient-ils reconnu la langue française en vertu de l'Acte de Québec s'il n'y aurait pas eu la révolution américaine? N'était-ce qu'une tactique pour nous garder dans le giron de ces grands " défenseurs " des peuples opprimés? Ce n'est pas grâce aux Anglais, à la reine Victoria ou à la Loi sur les langues officielles à PET si le français se parle encore ici mais grâce à la volonté de survie de notre peuple. Et n'eut été de la Loi 101, et malgré les nombreuses tentatives pour la démolir, le français serait encore plus menacé.

Contrairement à ce que veulent nous faire croire les médias et politiciens fédéralistes, comme si on était des innocents prêts à croire tout ce qu'on leur dit (dans certains cas, c'est malheureusement vrai), le Canada Day est loin d'être une simple " fête familiale " dénuée de toute connotation politique. Cet aspect " fête familiale apolitique " était déjà présent dans la Fête nationale des Québécois, réduite à l'appellation traditionnelle de " Fête de la Saint-Jean Baptiste ", et dernièrement, les mêmes éditorialistes vendus ont tenté de faire subir le même traitement à la Journée nationale des Patriotes. Et non content d'avoir fait honte à la fonction qu'il occupe, l'homme du Canada et des Canadians qu'est John Charest a " déploré la récupération politique " de cet événement d'importance historique. Tant qu'à pas participer, il aurait dû laisser faire les commentaires style croque-en-jambe...

Je ne comprends pas cette obsession qu'ont les fédéralistes de toujours dépolitiser des événements comme la Journée des Patriotes, la Fête nationale ou l'autre fête nationale, celle d'Ottawa. La Journée des Patriotes sert à rendre hommage à des hommes aux idées progressistes et qui n'ont pas hésité, malgré la pauvreté de leurs moyens, à prendre les armes pour défendre leurs idées et combattre pour libérer leur pays de la tyrannie colonialiste britannique. Et la Journée du 24 juin sert à exprimer notre fierté d'être Québécois, d'être un peuple avec une langue, une culture et une histoire qui le distingue du reste du continent. Et on voudrait nous convaincre qu'il n'y a rien de politique l\'e0-dedans, que ce ne sont que des " fêtes familiales " où on mange des hot-dogs en buvant une grosse liqueur ou une grosse bière? Ceux qui s'emploient à banaliser la portée politique de ces événements ont l'esprit plus étroit que leur trou anal...

Honorer des gens qui ont combattu pour leur patrie est un geste politique. Exprimer son appartenance à un groupe humain est aussi un geste politique. Et dénoncer l'aliénation, la dépendance et la soumission de son pays à un autre est également un geste politique. Des " fêtes familiales " y en a en masse à l'année longue, de Noël à Pâques en passant par le Jour de l'an, le Carnaval de Québec, le Festival de çi, le Rallye de ça et j'en passe. Amusez-vous bien, chers fédéralistes " apolitiques "!

Par le passé, certains ont critiqué l'initiative du MLNQ de tenir une manif anti-Canada Day. Et sans l'affirmer ouvertement, certains indépendantistes doivent qualifier d'inutile l'idée de dénoncer la fête de l'annexion du Québec; affirmer qu'il faut respecter ceux qui ne pensent pas comme nous. Certains ne viendront pas parce que c'est le MLNQ qui organise la manif et, l'esprit pollué par la pensée sectaire et convaincus d'avoir la bonne stratégie et que les autres doivent suivre, ils ne veulent pas être vus avec le " méchant " Raymond Villeneuve. C'est plateà dire mais ceux qui pensent ainsi ne sont pas de vrais militants prêts à tout pour la liberté de leur patrie. Ils n'ont pas compris que dans une lutte d'indépendance, l'objectif ultime doit avoir priorité sur les divergences d'opinion ou les guéguerres fratricides.

Donc, il ne faudrait pas manifester contre le Canada Day par respect pour ceux qui ne pensent pas comme nous? Que faire à la place? Rester chez soi à tondre son gazon? Nettoyer son char? Nous sommes une nation annexée et il ne faudrait pas dénoncer cela pour ne pas offenser les ti-vieux qui ont peur de perdre leur chêque de pension? Quand vous voyez vos compatriotes qui célèbrent la dépendance et qui crachent sur l'indépendance, vous n'avez pas le goût d'aller les " brasser " un peu, leur faire comprendre qu'il est tout à fait aberrant de célébrer sa mise en tutelle? Ce n'est pas anormal que ce soit le MLNQ qui organise cette manifestation depuis 6 ans; ce qui l'est, c'est qu'aucun parti ou mouvement indépendantiste ne fasse rien pour dire " LA FÊTE EST FINIE! " et que des gens qui disent vouloir l'indépendance stigmatisent ceux qui n'acceptent pas de voir leurs compatriotes crier " VIVE NOS CHAÎNES! " Il ne s'agit pas de casser la gueule de qui que ce soit mais d'ouvrir les yeux du plus grand nombre possible.

Manifester contre le Canada Day, c'est exprimer un refus. Le refus du Québec comme province d'un autre pays plutôt que d'être nous-mêmes un pays. Le refus d'être soumis à une Constitution imposée de façon anti-démocratique et dans laquelle le peuple québécois n'existe pas. Le refus d'un gouvernement fédéral qui veut changer les règles démocratiques, tout en prétendant défendre la démocratie, en imposant des " conditions " sur la majorité dans un référendum et l'intégrité du territoire. C'est aussi exprimer le refus de l'impérialisme fédéral dans nos affaires, le refus de devoir envoyer des milliards en impôts au pouvoir central pour qu'il " l'investisse " dans des intérêts contraires à la volonté des Québécois. C'est refuser " d'accepter l'inacceptable et de tolérer l'intolérable ", comme disait Hiro-Hito, en parlant de la défaite du Japon et de l'occupation américaine.

Si nous n'acceptons pas que notre pays soit la province d'un autre pays, nous avons le devoir de le dire haut et fort, sur toutes les tribunes et à toutes les occasions possibles. Et si nous voulons libérer notre pays, il faut mettre de côté toute attitude sectaire et divergence d'opinion qui ne nous aideront pas à atteindre le but ultime. De plus, nous devons écarter toute attitude de faiblesse qui consisterait à " respecter " nos ennemis alors qu'eux-mêmes ne se gênent pas pour nous écraser par tous les moyens. Le 1 juillet prochain, j'irai à Québec avec plusieurs autres militants pour lancer un message à ceux qui croient que le mouvement indépendantiste est mort. Le message que nous ne fêteront jamais notre annexion et que notre pays, nous l'aurons!

Simon Girard

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mercredi 18 juin, 2003 13:20

Géopolitique 101 de René Marcel Sauvé

Pensée du jour

Avoir son propre État et ne pas s'en servir, comme nous le faisons, pour préférer se soumettre au pouvoir de l'État central centraliste et unitaire d'Ottawa, est aussi fou que mourir de soif alors qu'on est plongé dans l'eau.

René Marcel Sauvé

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Friday, June 13, 2003 11:16 AM

Géopolitique 101 de René Marcel Sauvé

Je veux le souligner simplement.

Nous nous sentons privilégiés de bénéficier des connaissances, de l'expertise, de la générosité de Monsieur Sauvé que je salue, ici, particulièrement.

Il faut non moins souligner les questionnements, les dialogues, parfois virils mais toujours respectueux des uns et des autres.

Les apports des différents intervenants, nouveaux et plus anciens et ceux et celles qui nous lisent dans l'ombre, font en sorte que notre groupe de discussions atteint une rare qualité dans les échanges et les propos qui y apparaissent.

Merci à tous nos collaborateurs et collaboratrices.  Si nous en sommes là, c'est grâce à chacun et chacune.  Par le fait même, tout le monde s'en sent bénéficiaire.

Votre participation personnelle nous oblige tous et toutes à se questionner, à approfondir nos connaissances et nous sollicite à une réflexion et à une compréhension des exigences de divers principes qui sont énoncés et débattus.

Monsieur René Marcel Sauvé a su nous séduire par la qualité de ses textes et interventions.

Lorsque l'on dit qu'on en apprend par la lecture, par la présence de nos participants et participantes, c'est que nous avons chacun notre place dans ce groupe de discussions et je veux particulièrement vous remercier tous et toutes.

Il faudrait tous vous nommer, l'un et l'une et l'autre.  Vous le savez vous-même, que nous avançons, ensemble, par la participation des unes, des uns et des autres.

Il faut poursuivre.

Notre monde a besoin de se rendre compte qu'il y a une façon de faire dans la diversité et dans le respect de tous.

J'ai re-formulé la page "À la Une" que je vous invite à voir.

Il faut prendre le temps d'aller vers les liens et assimiler toutes ses données qui nous sont transmises par les uns et les autres.

Bonne lecture et à bientôt,

Robert Bertrand

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mercredi 18 juin, 2003 13:57

Salut bien,

Très belle pensée, M. Sauvé.

Et pourtant, que de palabres, que de mots, que d'exposés lisons-nous dans tous nos journaux, entendons-nous à la radio, voyons-nous, à la télévision.

L'essentiel, c'est une démarche, un plan, une stratégie des principes de fonctionnements.

Je vous le demande, un parti politique peut-il s'astreindre à ces principes de stratégie ?

Le Parti politique doit se faire élire, c'est un sine qua non ?

L'Histoire du Parti Québécois est présentée à la page suivante :

Le Parti Québécois a été au pouvoir.  Il se devait d'administrer.  Il avait une option.

Le Parti politique peut-il porter une voix, faire avancer des choses même si le Parti est au pouvoir ?

Robert Bertrand

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lundi 23 juin, 2003 14:53

Une nation
Michel Venne
Édition du lundi 23 juin 2003


Mots clés : Québec (province), Festival et fête, Pays

Le 24 juin est désigné comme la Fête «nationale» des Québécois. C'est parce que ceux-ci ont conscience de former une nation. Ni une région ni une tribu encore moins une ethnie. Une nation, c'est-à-dire, comme la définit Alain Touraine, une société qui a suffisamment débattu et réfléchi sur elle-même pour acquérir la conscience de former une communauté politique enracinée dans une histoire et dans une culture.

Cette nation est devenue pluraliste en changeant de vocable. Depuis les années 1960, nous nous désignons comme Québécois, ce qui inclut, bien sûr, la majorité d'ascendance canadienne-française, mais aussi tous les autres, immigrés des quatre coins du monde intégrés à cette communauté politique ouverte à tous les vents.

Au Québec, rares sont ceux qui nient ce caractère national. Le premier ministre Jean Charest a lui-même reconnu, il y a déjà quelques années, que le Québec forme une nation distincte. «Non seulement le Québec est-il une nation mais c'est une des nations qui ont, depuis 40 ans, remarquablement grandi», dit-il (allocution prononcée le 10 avril 2000 lors du lancement du recueil Penser la nation québécoise, publié chez Québec Amérique sous la direction de votre serviteur).

Cette déclaration de Jean Charest en avait surpris plus d'un. À peine trois ans auparavant, alors qu'il était chef du Parti progressiste-conservateur, à Ottawa, il suggérait aux premiers ministres provinciaux de s'atteler à la construction de «notre nation», le Canada. En 1997, il considérait le Québec et chacune des provinces comme des «régions» qui possèdent des «caractéristiques propres», dans notre cas une langue, une culture, le Code civil et des institutions (lettre au premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, le 8 septembre 1997).

Ce double langage n'est pas fortuit et il n'est pas rare. Le mot nation est un concept vexant, disait Max Weber. Vexant parce que chargé d'émotion. Vexant aussi parce qu'il recoupe plusieurs significations.

Dans le cas du Québec, certains, comme Jean Charest sans doute, et comme Stéphane Dion, vont admettre que les Québécois forment une nation au sens culturel ou social du terme : un groupe d'individus partageant des caractéristiques communes qu'il faut protéger.

Récemment, on a vu quelques paroliers du Québec tentés par un repli sur cette identité socioculturelle. Or, dans la modernité, la nation socioculturelle n'a guère d'avenir, sinon la folklorisation ou l'assimilation.

***
Il y a longtemps, déjà, que la nation a évolué d'un concept essentiellement culturel à un concept foncièrement politique. Le mot nation vient du latin nascere, qui veut dire naître. La nation renvoie donc, dans sa signification originelle, à des peuples ou à des communautés intégrées culturellement par le langage, les moeurs et les traditions. À ce sens classique du mot nation se superpose, à compter des temps modernes, un sens concurrent : nation désigne le peuple devenu souverain au détriment de la monarchie et de l'aristocratie.

À partir du milieu du XVIIIe siècle, les deux acceptions commencent à se recouper. Avec la Révolution française, la nation devient la source de la souveraineté étatique et acquiert le droit à l'autodétermination politique. La communauté fondée sur la volonté démocratique se substitue à celle fondée sur la cohésion ethnique.

Ce transfert a été accentué avec la modernité. Celle-ci n'a nullement nié l'identité socioculturelle des sujets mais elle a forcé ceux-ci à se déterminer non plus en se fiant à la tradition ou aux coutumes qui, jadis, exerçaient sur chacun une pression terrible, mais en exerçant consciemment des choix.

Ces choix sont toujours influencés entre autres par l'identité de chacun. Je suis moi. Mais l'une des choses qui font que je suis ainsi est le fait que je suis Québécois. Mais ils ne sont plus «dictés» par la tradition. La liberté individuelle est trop chère à chacun pour remettre en question ce progrès. Au niveau collectif, les choix sont déterminés par la démocratie. Et donc par des institutions politiques.

La puissance de l'identité socioculturelle ne suffit plus pour unir une communauté. Dans le contexte moderne, la seule voie de sortie pour les groupes minoritaires est de se doter d'une existence collective de nature politique, protégée par des institutions qu'ils contrôlent. La démocratie, en effet, n'a aucun sens pour un groupe minoritaire si les choix collectifs sont faits au sein d'institutions dans lesquelles c'est toujours une majorité étrangère qui exerce le poids le plus déterminant.

Or, au sein de la fédération canadienne, le poids du Québec est en régression pour des raisons démographiques mais aussi parce que le gouvernement fédéral a vu s'étendre ses pouvoirs dans un nombre grandissant de domaines.

Renvoyer les Québécois à leur identité socioculturelle, c'est les renvoyer à une époque révolue où les communautés exerçaient un contrôle étouffant sur les individus, un contrôle dont les Québécois ont justement voulu se débarrasser avec la Révolution tranquille. Cette régression pourrait mener à la folklorisation de notre identité. Mais comme cette voie n'est la préférée de personne, il y aurait un risque élevé qu'elle mène plutôt à une assimilation ou à une soumission tranquille.

La seule manière de sauver la nation québécoise est de protéger et d'étendre ses pouvoirs politiques, et donc la sphère d'influence de ses institutions démocratiques. C'est d'autant plus vrai à l'ère de la mondialisation. Le sens de la Fête nationale ne peut être celui de la régression. Il ne peut être que celui de l'émancipation, de l'élargissement de la portée politique de notre nation.

Bonne Fête nationale !

Michel Venne est directeur de L'annuaire du Québec, chez Fides.

vennem@fides.qc.ca

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Être minoritaire n'est pas une vocation
Réplique à Fernand Dansereau
René Marcel Sauvé
Géographe
Édition du mercredi 25 juin 2003

Le Devoir du 12 juin publie en page Idées un article rédigé par le cinéaste Fernand Dansereau ayant pour titre «La vocation minoritaire», avec pour thème central: le Québec n'a peut-être pas mesuré à quel point sa situation minoritaire est exemplaire dans le monde et porteuse de fécondité.

Je ne vois pas comment être minoritaire est une «vocation». Dans un ensemble politique donné, le statut de minoritaire est un non-statut. C'était le cas du Canada français. Au Québec, les Québécois sont majoritaires chez eux et c'est autre chose.

Le problème est lié au fait que le statut du Québec, foyer national d'un peuple, assise de son État, statut qui existe bel et bien de facto, n'est pas reconnu par le pouvoir central, centralisateur, unitaire et arbitraire d'Ottawa. Comme il n'y a pas de concession en politique, seulement des avancées et des reculs de pouvoirs et de statuts, les quelques «concessions» accordées au Québec, comme le «bilinguisme officiel» (sic) qui n'est qu'une mesure d'apaisement, résultent du fait que le pouvoir du gouvernement fédéral est menacé de s'effriter devant la progression des provinces vers les statuts à reconnaître d'États, de jure comme de facto. Telle devait être l'intention initiale, avec la fondation d'une «Confédération», une union d'États souverains qui devait débuter avec la construction des chemins de fer nécessaires au développement de petites communautés dispersées et éloignées dans un espace continental réel qu'est le Canada. Mais la Confédération était un euphémisme et un piège.

Un phénomène analogue aux États-Unis porte le nom de «statehood» et en Grande-Bretagne, de «dévolution». Les grosses transnationales cherchent à l'exploiter à leur avantage et cette intrusion contribue à retarder la progression de ce processus naturel vers son éclosion et la naissance de nouveaux pouvoirs devant lesquels Ottawa devra céder ou disparaître. Ce phénomène local s'inscrit dans des continuités inscrites dans la géographie et qui remontent au développement des communications. [...] Au Canada, la minorisation du Canada français et les tentatives actuelles de maintenir le statu quo des provinces inféodées au pouvoir central unitaire témoignent d'une volonté obstinée de chercher à garder le pouvoir pour le pouvoir. M. Dansereau, qui ratisse très large, ne s'en rend pas compte ou donne cette impression.

La mondialisation n'est pas une «révolution de civilisation», deux autres clichés commodes et lénifiants devant la progression exponentielle du capitalisme sauvage dans le monde actuel. C'est le chloroforme qui endort les consciences et dont M. Dansereau se fait le propagateur. Le «gigantisme» des entreprises, c'est localement, dans chaque localité du monde, qu'il faut le mettre à sa place, en conformité avec ces principes fondamentaux en stratégie : concentration et économie de l'effort, coordination et coopération. Ce gigantisme et ce mondialisme ne sont pas des phénomènes nouveaux. Les Phéniciens l'avaient pratiqué pendant l'Antiquité, en fondant leur puissance commerciale sur la Méditerranée. Au Moyen Âge, les Ligues hanséatiques ont constitué le gros du capitalisme de l'Europe du Nord, en fondant leur puissance sur les mers, avec armées et flottes de guerre. Les multinationales et les transnationales, également avec armées et flottes de guerre, celles des États-Unis et de l'Angleterre, font de même et cherchent à inféoder le monde entier à leurs intérêts. Les réponses naïves à ce problème actuel sont plus dangereuses que le danger représenté par le capitalisme international anglo-saxon. Comme toujours au cours de l'histoire, la détermination consciente accomplit davantage que le flottement dans les clichés qui donnent bonne conscience à rabais.

L'exemple cité par M. Dansereau (des travaux en laboratoire sur la dynamique des groupes) pour expliquer ce qu'il appelle la force des minorités est discutable et hors contexte. On ne peut généraliser à partir d'expérimentations en milieu clos. Toute force collective vient d'une part du nombre, de l'autre, de la concentration dans l'espace et dans le temps et finalement de la pertinence et la compétence de sa dynamique. Le nombre seul est insuffisant et c'est pour faire pencher la loi du nombre du côté loyaliste que l'inféodation de notre peuple à un pouvoir central unitaire a été décidée. C'est au Québec même et nulle part ailleurs que nous pouvons pratiquer la concentration du nombre et de l'effort dans l'espace et dans le temps, et sur le plan dynamique, la mise en pratique des autres principes permanents et universels de la stratégie d'État : simplicité, souplesse, coordination, coopération, administration et logistique. Sans oublier les principes cardinaux de l'appréciation rigoureuse du contexte et de la situation; détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables en matière d'espace et de temps, et maintien du moral. Toute communication qui éloigne de ces principes tend vers la désinformation.

La bonne conscience à rabais dont M. Dansereau se fait le propagandiste se poursuit particulièrement dans ses derniers paragraphes : «l'esprit rompu par deux drames référendaires [sic] qui lui ont cassé les reins [resic]». Les Québécois font leur dur apprentissage de la politique d'État. Les résultats référendaires démontrent une volonté progressive d'accéder au statut d'État, mais à la condition expresse de le faire d'une manière compétente, résolue et définitive. Notre peuple n'est pas «agaçant» au point de ne pas se rendre compte que les politiciens qui le dirigent ont manqué de compétence et de détermination. Comme les Australiens avec la monarchie britannique, dont ils veulent se défaire mais en sachant dès le départ vers quoi ils vont s'engager. Démolir un ordre de choses est comme démolir une maison. Il faut d'abord que la nouvelle maison soit en place et prête à servir. On ne démolit rien, finalement, on entre seulement dans quelque chose de neuf. Quant au «désarroi des peuples sans joie» (resic), il nous est infligé par la désinformation et la propagande. Autrement, nous avons fait la preuve de notre courage et de notre détermination collectifs à moult reprises.

Comme «pistes de réflexion», M. Dansereau ne s'engage pas outre mesure. Il veut que ce soit le Parti québécois et l'ADQ qui s'engagent dans la «piste de réflexion» version vocation minoritaire définitive qu'il propose. Serait-ce qu'au fond Ottawa craint que nous devenions prochainement un État à reconnaître et que les autres provinces décident de s'engager dans la même voie ? Voilà la «piste de réflexion» que je propose à M. Dansereau.

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mardi 1 juillet, 2003 21:56

Dans l'agenda?

Il me semble que le PQ devrait, après un certain recul (dans le désert?), reprendre où il en était quant à son plan d'action pour la souveraineté.  Ne serait-il pas bienvenue que les travaux d'élaboration de la constitution du Québec, la promotion de notre option et les débats utiles pour notre projet soient mis en chantier d'ici 1 ans?  Cette fois, élection référendaire ou référendum après élection, la parti serait fin prêt avant même les élections.  Il faut bâtir le momentum pour qu'aux élections personne puisse nous accuser d'improvisation.
 
Voilà une belle manière de maintenir le moral des troupes durant notre séjour dans l'opposition.
 
Qui sait à quoi le "brassage d'idée" anoncé par M. Landry ressemblera?  Le PQ s'aligne-t-il pour une ultime élection provinciale ou prépare-t-il un autre bon petit programme provincialiste?
 
Etienne Boulay

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mercredi 2 juillet, 2003 08:02

Je suis allé à Québec hier, participer à la démonstration contre la fête du Canada sur la place Dufferin. Nous étions très nombreux cette fois, plusieurs centaines, venus d'un peu partout.

Pierre Falardeau présidait et d'autres personnalités étaient présentes, dont Raymond Villeneuve, président actuel du MLNQ.

J'ai eu l'impression d'une fin d'époque. Stéphane Dion, qui devait semble-t-il, venir tenir le discours de circonstances, ne s'est pas montré. Du côté fédéraliste, il y avait beaucoup moins de monde qu'auparavant, surtout des petits vieux et des petites vieilles qui brandissaient le drapeau canadien.

Certains ont cherché un argument. avec nos jeunes mais je suis intervenu pour ne pas qu'il y ait de casse. À un petit vieux, j'ai demandé: "Tu es toujours à plat ventre devant les Anglais? -Bin, on a toujours été comme ça", qu'il me répondit. "C'est du fatalisme" lui répondis-je à mon tour et il se mit d'accord avec moi et me donna une tape amicale dans le dos.

Nous faire de même avec tous les fédéralstes du Québec et il n'en restera bientôt que quelques-uns.

Les temps sont révolus.

L'argument que j'ai employé était simple et il a réussi.

Mais j'ai senti une atmosphère de fin d'époque. Il manquait de tonus sur le côté fédéraliste.

Tous les manifestants se sont  réunis ensuite en face de l'Hôtel de Ville de Québec, où Pierre Falardeau et Raymond Villeneuve ont fait un discours de circonstance. Là aussi, j'ai senti une atmosphère de fin d'époque. Tout le monde était enthousiaste, pourtant, mais on sentait un vent de changement.

Bientôt, ces démonstrations ne seront plus nécessaires. Le temps des grands tribuns est terminé avec la mort de Pierre Bourgeault et désormais, c'est le temps de la stratégie d'État qui commence, et qui va réussir.

Je maintiens mes positions sur une élection référendaire et nous devons poursuivre dans ce sens.

En particulier:

Nous devons cesser de nous agiter et orienter notre action en fonction d'un ressentiment qui a déjà trop duré. Nous n'accomplirons rien avec du ressentiment.

Pour accomplir, il nous faut une volonté et une détermination conscientes et ce n'est pas la même chose. Laissons faire les Anglais et les fédéralistes de tous poils. Ils ne sont déjà plus dans le décor. Nous voulons notre État et cet État, nous l'avons déjà et il ne nous reste qu'à l'assumer.

Ce n'est pas une question de ressentiment mais de reconnaissance. En politique, il s'agit simplement d'être reconnu, non pas d'être aimé ou affectionné, seulement être reconnu et c'est l'essentiel.

Tant que nous ne serons pas convaincus que notre État, nous l'avons déjà et nous n'avons qu'à l'assumer et nous prendre en charge, nous ne pourrons convaincre les autres.

La reconnaissance passe par soi-même d'abord. Elle est un acte réel, radical, simple, sémelfactif, elle n'est pas une idéologie ou un sentiment ou un ressentiment.

Nous ne pouvons nous attendre à être reconnus comme peuple, nation et État par les autres si nous ne nous reconnaissons nous-mêmes d'abord. C'est une absurdité de colonisé que tout attendre de l'autre alors que nous avons déjà tout ce qu'il nous faut pour nous prendre en charge et poursuivre.

Ce syndrome de colonisé, de gens habitués à regarder les autres et attendre leur jugement comme un petit chien regarde son maître et attend son approbation, nous l'avons encore, même s'il est devenu atavique.

Le temps de la conscience agissante est arrivé pour nous et comme des adultes, nous devons laisser tomber nos derniers atavismes.

C'est dans cette perspective que j'ai vu dans la cérémonie d'hier une atmosphère de fin d'époque.

Dans peu de temps, il n'y en aura plus. Il y aura autre chose et nous regarderons en avant.

René Marcel Sauvé

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mercredi 2 juillet, 2003 08:43

Je suis  très heureux que vous en soyez arrivé à cette conclusion. Je le dis maintenant :  jamais je n'aurais participé à cette manifestation, je la considère d'arrière-garde.  Toutefois j'ai compris que ce sont les jeunes eux-mêmes que vous accompagnez qui devaient s'en rendre compte.

Ce sera dorénavant plus facile d'orienter leur action dans un sens positif. Je ne  crois pas que monsieur Pierre Falardeau soit le leader le plus approprié pour  entreprendre l'action pacifique et logique qui vous habite monsieur Sauvé !

Mauvais mélange comme dirait l'autre !

Félicitations pour la prise de conscience.   Oui, nous vivons collectivement une étape importante vers le troisième millénaire !

Que sera-t-il au juste ?  Sommes-nous prêts à l'aborder avec des solutions pacifiques de justice et d'Amour ?

Bonne journée monsieur Sauvé.

Valérienn Lachance

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mercredi 2 juillet, 2003 10:16

Monsieur Sauvé, vous dîtes des choses d'une justesse parfaite. Je ne peux pas discuter les éléments de stratégie que vous exposez: je n'en ai pas les moyens intellectuels et pratiques.

Pour l'instant, je me range derrière l'idée d'une élection référendaire et, à ce sujet, j'ai certaines choses à dire que je considère incontournables. Je m'excuse à l'avance si je répète ce qu'on a déjà dit sur le sujet dans ce groupe, je ne lis pas tout, faute de temps.

Selon mon point de vue:

1. Une élection référendaire est hautement souhaitable, sans être nécessaire. Elle est souhaitable comme est souhaitable une coalition rassemblée des "forces indépendantistes".

2. Les "forces indépendantistes" doivent être considérées selon deux aspects distincts et complémentaires, la quantité et la qualité.

2.1. La quantité: Il s'agit d'une élection référendaire, il s'agit donc, pour légitimer l'indépendance politique de l'État québécois, d'un nombre devant atteindre la majorité de la population. À cet égard, rien ne pourra jamais altérer le principe fondamental suivant: le pouvoir légitime de la quantité, inhérente à la logique démocratique, est une légitimité de fait et non de droit, au sens où celui-ci doit nécessairement s'articuler autour du respect de la dignité humaine, de la recherche du bien individuel et collectif et de la vérité (l'incertitude relative à l'atteinte du vrai et du bien ne peuvent en aucun cas rendre non-obligatoire leur recherche constante). La force de la quantité, à elle seule, ne peut être garante du bien-fondé d'une position.

2.2 La qualité: les "forces indépendantistes" possèderont une vraie légitimité de droit dans la mesure de leur correspondance au bien devant le droit naturel.

3. Le bourbier dans lequel se mantien la question de l'indépendance du Québec est consécutive à la confusion des deux aspects de quantité et de qualité impliqués dans l'État-Nation québécois. La confusion est inhérente à la logique démocratique et aux stratégies qu'on déduit à partir d'elle. C'est pour cette raison que le Parti Québécois cumule échec après échec à l'égard de la réalisation de l'indépendance. Car, face au bon sens, même si l'objectif du PQ est pleinement légitime, son discours sonne faux. Nonobstant leurs compétences politiciennes ou administratives, je suis convaincu qu'aux yeux des non-convaincus, la plupart des candidats péquistes sonnent faux, feu René Lévesque, Pierre-Marc Jonhson, Jacques Parizeau et Bernard Landry en tête de liste, sitôt qu'ils abordent la vraie question de l'indépendance.

4. La quantité majoritaire et la qualité vraie face au bien naturel ne sont pas incompatibles. Mais c'est la qualité vraie face au bien et au droit naturels qui est principe d'unité dans la quantité. En conséquence, il faut faire l'unité des "forces indépendantistes" par la recherche et la découverte d'un discours de vérité visant le bien de l'indépendance. En d'autres termes, les "forces indépendantistes" parviendront au discours rassembleur et unificateur quand, s'étant affranchies des aliénations pernicieuses et insidieuses du règne de la quantité, elles incarneront devant tout le peuple québécois la libération véritable qui est le fait de la seule vérité sur soi en tant que peuple.

5. Bourgault n'a jamais été marxiste, dit-il, parce que le bonheur collectif est impossible. "Jésus, beaucoup plus intelligent que Marx, a placé le bonheur ailleurs". Erreur et mensonge, Pierre Bourgault ne savait absolument pas ce qu'il disait. Le marxisme est un messianisme, mais le christianisme a été fondé par le Messie. Alors que Marx voit l'avènement du règne de l'humanité nouvelle dans l'aménagement des forces politico-économiques extérieures à l'homme, sans aucun égard à la vérité, le Christ annonce la Venue du Royaume de vérité de justice et de paix, sur la terre comme au ciel, par l'union transformante à l'intérieur de la Vie d'Amour Trinitaire.

6. La Pays du Québec sans référence à la vérité, je n'en ai rien à cirer. Ce serait une étape encore plus douloureuse de l'enfantement du royaume... Je ne suis ni confortable, ni indifférent, mais je ne méprise personne, nous nous mouvons tous à l'intérieur de notre alvéole de ténèbres. Alors, je défendrai avec toute mon énergie l'idée d'une élection référendaire avec le Parti Québécois comme instrument de ralliement si et seulement si, au sein de ce parti, des actions claires démontrant qu'on a sacrifié la quantité au profit de la qualité sont posées. C'est ce que j'appelais "l'implosion" du PQ.  À ceux-là qui se réclame d'ores et déjà du PQ, je dis, n'ayez pas peur de la vérité, elle délivre et prémuni contre le fanatisme et l'intégrisme.

Daniel Couture

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mercredi 2 juillet, 2003 09:44

Bonjour Monsieur Lachance,

Rappelez-vous ces paroles de Teresa de Cepeda y Ahumada (Ste Thérèse d'Avila, que je préfère appeler par son nom): Seul l'amour de Dieu est efficace. Et il est exigeant.

Très exigeant, extrêmement exigeant. Personne, quel que soit le degré ou l'héroisme de ses vertus, ne pourra se vanter de quoi que ce soit devant l'amour de Dieu qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.

Mais nous avons toujours cette mauvaise tendance de le réduire à notre dimension à nous.

Pendant ce dernier congé, j'ai loué un film extraordinaire: Le pianiste, de Roman Polansky.

Les débuts du film, qui raconte le massacre des juifs de Varsovie, est intolérable. Ce massacre se poursuit et se prolonge au delà des dernières limites de ma propre capacité de voir l'horreur et pourtant, j'ai été longtemps soldat. J'ai dû arrêter la projection du film à plusieurs reprises. Il y en avait trop et trop longtemps.

Puis, vint le moment de grâce, unique, inénarrable.

Parmi les grosses maisons détruites du quartier huppé de Varsovie, un pianiste juif de grande réputation, qui avait échappé aux massacres, vient se réfugier dans un grenier. Il trouve une boîte de converves, tente de l'ouvrir avec des outils de fortune, fait du bruit et attire l'attention. Soudainement, un officier allemand est devant lui, non pas un ss ni un membre de la Gestapo mais un simple capitaine  de la Wehrmacht, l'armée régulière allemande. Les deux hommes se regardent. Le juif, dépenaillé, affamé, sale, hirsute, longue barbe. L'Allemand, en grande tenue, propre, les mains dans les poches, très calme.

"Que faites-vous ici?" demanda l'allemand.

Le juif ne répondit pas.

"Est-ce votre résidence?" insista l'allemand.

Petit signe négatif de la part du juif.

"Me comprenez-vous", insista l'allemand, sans impatience ni hostilité.

"Je suis, euh, j'étais pianiste", répondit le juif.

"Suivez-moi" reprit le capitaine de la Wehrmacht.

Dans la pièce suivante, il y avait un grand piano de concert. Les propriétaires de la maison,partiellement détruite, semblaient riches et cultivés et avaient eu les moyens de fuir. Sur la console du piano, l'officier avait déposé son manteau et son képi. De toute évidence, il était venu pour y jouer pendant un moment d'accalmie parmi les cannonades et les bombardements. Ce sont des choses qui arrivent.

"Jouez", dit l'officier au juif.

Le pianiste s'assit et dans le froid intense de l'hiver polonais, il se réchauffa les mains un moment et commença à jouer. Dans cette atmosphère de guerre et de destruction, c'était d'une beauté incroyable.

Sans dire un mot, sans faire de bruit, l'officier s'assied calmement dans la pièce et écouta jusqu'à la fin.

"Vous vous êtes réfugié ici. Où habitez-vous au juste, montrez-le moi" demanda l'allemand au juif.

Le juif lui montra le grenier, où il se cachait, après avoir retiré l'échelle.

¸"Vous n'avez rien à manger"? Demanda l'officier.

Le pianiste lui montra la boîte de converves qu'il ne parvenait pas à ouvrir.

L'officier reprit son manteau et se retira.

Il revint le lendemain, et apporta de la nourriture qu'il donna au pianiste juif, avec un ouvre-boite.

Il retourna plusieurs fois par la suite apporter de la nourriture et des conserves au pianiste juif.

Au cours de la dernière visite, il annonça au juif que les Russes allaient bientôt venir et que les Allemands retraitaient. C'était encore l'hiver. Il donna encore un gros paquet de nourriture au pianiste et de plus, il enleva son gros manteau militaire gris et le donna à l'infortuné pianiste pour qu'il se recouvre.

"Comment puis-je vous remercier de tout ce que vous avez fait pour moi"? demanda le juif.

"Ne me remerciez pas. Remerciez Dieu", répondit l'allemand.

Cette histoire est vraie. Le pianiste a repris ses activités après la guerre et a vécu jusqu'en l'an 2000, alors qu'il mourut à  l'âge canonique de 88 ans.

L'officier allemand en question, qui a finalement été identifié, a été capturé prisonnier par les russes et est mort dans un camp de prisonniers en 1952 ou 53.

Dans cette affreuse histoire de massacres, cet instant de grâce a dépassé tout le reste. Dans le silence effrayant de la guerre et de la mort, deux hommes se sont reconnus comme frères. Pas nécessaire de se parler et se conter d'histoires. Voilà ce qu'exige l'amour exigeant de Dieu, monsieur Lachance.

À voir absolument, dans le silence et le noir des fins de soirées. Je suis sûr que trouverez facilement ce vidéo chez votre distributeur local.

René Marcel Sauvé

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mercredi 2 juillet, 2003 20:04

Monsieur Couture,

Vous associez élection référendaire avec coalition rassemblée des "forces indépendantistes". Voilà un motif stratégique majeur en faveur d'une élection référendaire.

Une élection ordinaire risque d'aliéner davantage les indépendantistes du PQ. Ils vont dire`"Tiens, encore des promesses vagues". Alors qu'une élection référendaire n'est pas une promesse mais une obligation de reconnaître et faire reconnaître le Québec en tant qu'État-nation, foyer national d'un peuple, apte et capable de se prendre en charge. Il n'y a plus à lésiner.

Alors qu'une élection peut être gagnée avec 42% des votes, une élection référendaire ne peut être gagnée qu'avec au moins 50% plus un des votes. Il est possible que l'élection à venir en rapporte bien davantage car le fédéralisme n'a plus la cote et Ottawa ne représente plus ce qu'il représentait,  en supposant qu'il ait déjà représenté quelque chose.

Avec une élection référendaire et un mandat clair reconnaître et faire reconnaître l'État et la Nation du Québec, le premier ministre élu pourra dès le soir de cette élection déclarer ouvertement que le Québec est un État-nation, par la décision d'une majorité de ses citoyens. En conséquence,

1. Toute la fiscalité doit être immédiatement transférée au Québec. Le Québec pourra DÉCRÉTER ET FIXER UNE DATE À LAQUELLE TOUTES LES TAXES ET TOUS LES IMPÔTS ET AUTRES REDEVANCES SERONT VERSÉES À QUÉBEC, AU QUÉBEC ET POUR LE QUÉBEC ET NULLE PART AILLEURS.

2. DÉCRÉTER QUE TOUTES LES COMMUNICATIONS TOMBENT IMMÉDIATEMENT SOUS AUTORITÉ QUÉBÉCOISE ET PERSONNE D'AUTRE.

3. DÉCRÉTER DES MESURES POUR ASSURER LA SÉCURITÉ DU QUÉBEC PENDANT ET APRÈS LA PÉRIODE DE TRANSITION QUI SUIVRA L'ÉLECTION JUSQU'À L'ADOPTION D'UNE CONSTITUTION NATIONALE.

4. DÉCRÉTER QUE LES LOIS FÉDÉRALES RESTENT EN VIGUEUR JUSQU'À NOUVEL ORDRE MAIS QUE LEUR GESTION TOMBE SOUS AUTORITÉ QUÉBÉCOISE, EN ATTENDANT LA PROMULGATION DE LOIS QUÉBÉCOISES NÉCESSAIRES À LA BONNE MARCHE DE L' ÉTAT DU  QUÉBEC.

5. QUE LA MONNAIE ET LES TIMBRES EN VIGUEUR RESTENT VALIDES JUSQU'À NOUVEL ORDRE.

6.  QUE LES ACCORDS INTERNATIONAUX CONCERNANT L'ESPACE AÉRIEN ET LES PORTS DE MER RESTENT EN VIGUEUR JUSQU'À NOUVEL ORDRE ET TOMBENT INSTAMMENT SOUS AUTORITÉ QUÉBÉCOISE.

7 TOUTE AUTRE MESURE JUGÉE UTILE ET PERTINENTE POUR ASSURER LE MAINTIEN DE LA PAIX SOCIALE ET DE L'ORDRE PUBLIC PENDANT ET APRÈS LA PÉRIODE DE TRANSITION.

POUR ACCÉLÉRER LE PROCESSUS, LE PARTI QUÉBÉCOIS DOIT DÈS MAINTENANT PRÉPARER CE PROCESSUS ET AUSSI UNE CONSTITUTION ET LA SOUMETTRE POUR APPROBATION AU COURS DE LA PREMIÈRE ANNÉE QUI SUIVRA L'ÉLECTION RÉFÉRENDAIRE.

 TOUT VOTE ACCORDÉ AU PARTI QUÉBÉCOIS À L'OCCASION DE L'ÉLECTION RÉFÉRENDAIRE SERA UN OUI À TOUTES LES PROPOSITIONS CI-DEVANT SOUMISES. ENTRE AUTRES, LE VOTE VA SIGNIFIER:

1. OUI, je reconnais le Québec comme mon État national.

2. OUI, je reconnais le gouvernement du Québec comme mon seul et unique gouvernement légitime et légal.

3. OUI J'APPROUVE QUE LE GOUVERNEMENT D'OTTAWA ET SES REPRÉSENTANTS NE SOIENT PLUS RECONNUS AU QUÉBEC.

4. OUI, je me reconnais comme Québécois(e) et non comme canadien ou canadienne.

5. OUI, j'appuie le gouvernement du Québec dans sa démarche pour que le Québec soit reconnu comme mon foyer national et l'assise de mon État.

6. OUI, j'appuie le gouvernement du Québec dans sa démarche pour que toutes les institutions, organisations, organismes et offices du gouvernement central, centralisateur, unitaire et arbitraire d'Ottawa soient prises en charge par le Québec et personne d'autre.

TOUTE AUTRE DÉMARCHE DOIT ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME DE LA TRAHISON.

René Marcel Sauvé

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jeudi 3 juillet, 2003 11:49

Bonjour à tous,

Les choses se précises en ce qui concerne l'élection référendaire (du moins pour moi).

Si je résume, pour gagner notre élection référendaire il faudrait aller chercher 50+1 % du vote exprimé en proposant qu'au jour 1 du mandat le Québec soit souverain.  De plus on s'entend sur la nécessité de s'impliquer dès maintenant, nous, le PQ et tout autre mouvement souverainiste dans la préparation de la passation des pouvoirs.  Le tout doit se faire dans la clarté en respectant un plan d'action (un processus) s'échelonnant jusqu'aux prochaines élections (point culminant).

Si ma perception est exacte dites-le moi.  Sinon clarifiez (s.v.p.).

Questions:

Qu'arrive-t-il si le PQ gagne les élections mais ne dispose pas du 50 + 1?  Certain préconise la tenue d'un référendum dans un tel cas (Germain Cherhal:

Doit-on songer à une coalition du PQ et de l'ADQ?  L'ADQ proposait un moratoire de 10 ans, en 2005 ça fera 10 ans que le dernier référendum aura eu lieu.

Il semble que le Conseil de la Souveraineté ne s'oriente pas pour être utile dans nos démarches.  Alors par où commencer?  Est-ce en core trop tôt?  Suis-je trop pressé?

Le plus difficile dans tout ça sera de maintenir le processus, et ce qui en découlera, clair et limpide.  Il sera facile de tomber dans la confusion.  Pour réussir il faudra se dire: "Keep it simple and stupid".

Etienne Boulay

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vendredi 4 juillet, 2003 21:58

Monsieur Boulay,

Permettez de corriger votre citation anglaise: Il faut dire:

Keep it simple stupid et non keep it simple and stupid.

Ce qui veut dire que le refus de la simplicité, qui est un principe fondamental en stratégie, n'est rien d'autre que de la stupidité. Il faut être intelligent pour être simple.

Réponse à votre question au sujet de l'élection référendaire:

Si le vote n'obtient pas le 50 plus UN, mais que le PQ gagne l'élection, il sera condamné encore une fois à donner au Québec un "maudit bon gouvernement provincial" jusqu'à ce que les "conditions favorables" soient réunies pour un référendum "gagnant". Nous retomberons alors dans les mêmes ornières parce que

1.Les militants indépendantistes qui refusent de faire confiance au P.Q. vont continuer de le faire et le Québec sera plus divisé qu'avant. Comme l'Écosse, dont le Scottish National Party est en existence depuis 1924 et qui ne parvient pas à se faire élire.

2. Entre l'élection qui portera le PQ au pouvoir et le prochain référendum, l'Argent se mettra de nouveau à l'oeuvre pour discréditer le PQ et faire reculer la cause de deux ou trois décades.

Voilà pourquoi je pousse de toutes mes forces pour une élection référendaire, tout en gardant le silence sur nos projets jusqu'à la dernière minute.  Pourquoi une telle élection aurait des bonnes possibilités (je ne dis pas de chance, car ce mot n'appartient pas à mon vocabulaire) de réussir?

1. Parce que la présence à Québec du gouvernement libéral de Jean Charest ne fera qu'accréditer davantage le fait maintenant reconnu qu'au Québec, comme partout ailleurs au Canada d'ailleurs, il y a un gouvernement de trop, un gouvernement dont personne n'a besoin. Le Canada a existé avant Ottawa. Il a existé avant Londres aussi. Il existera encore mieux sans Ottawa, car le Canada est un continent à part au nord des Amériques, comme je l'ai démontré. Or, un continent se prête naturellement à la formation de plusieurs États, dont le nôtre, le premier à venir à l'existence, pour la simple raison que les conditions géographiques et historiques nous ont été et nous sont encore favorables.

2. Dans trois ou quatre ans, cette preuve flagrante de l'inutilité du gouvernement central, centralisateur et unitaire sera encore plus évidente qu'elle ne l'est aujourd'hui. Et la crédibilité du PQ à cet effet s'en trouvera augmentée. Il faut frapper le fer pendant qu'il est chaud et il n'y aura pas de temps à perdre.

3. Jean Charest sait que ça ne marche plus entre les provinces et le fédéral mais n'a rien que des expédients à offrir. "Changer la "Constitution" est une perte de temps car cette Constitution est un noeud gordien que personne ne pourra dénouer. Dans ce cas, il faut trancher. C'est la loi de la nature.

L'élection référendaire offrira donc de "trancher d'un coup" et de ne plus s'ennuyer de "Constitution" qui n'aboutit nulle part.

Trancher, celà veut dire: TOUT LE POUVOIR AU QUÉBEC. OTTAWA EST DE TROP ET NOUS N'EN AVONS PAS BESOIN.

4. En stratégie, lorsque plus rien ne va, il faut prendre les devants et poser un geste hardi. Le problème est radical et demande une solution radicale. Cessons de nous entretenir de nos doutes et nos peurs:"Bin tsébin lâlâ si y'arrive ci et si y'arrive ça" Il n'y a plus de si ni de mais, il faut réussir. Point final.

5. Nous sommes au bord de l'échec et dans ce cas, il faut jouer le tout pour le tout, tout risquer, tout brusquer, trancher et trancher définitivement. Le ROC va retenir son souffle. Il prendra ensuite pour le gagnant car le grand orateur du monde a toujours été et demeure le succès. Les discours fondés sur le ressentiment ne mènent nulle part. Nous ne sommes pas "écoeurés par les m... Anglais ni les Canadians" Nous voulons simplement le pouvoir pour dominer à notre tour et qu'on cesse d'avoir peur et de brailler.

6. Vous n'êtes pas sans savoir que Terre Neuve et l'Ontario sont maintenant arrivés au stade auquel nous étions arrivés en 1980, avec notre premier référendum. La question posée par les Terre Neuviens et par l'Ontario est exactement la même: "Il nous faut négocier une nouvelle entente avec le gouvernement central d'Ottawa et le reste du Canada". Nous, du Québec, commençons à savoir que les "ententes" se négocient à partir d'une position de force et non en demandant de "négocier s'il vous plaît merci". La politique n'a rien à voir avec les manières serviles et obséquieuses. EST-CE QUE CELÀ EST EN TRAIN DE NOUS ENTRER ENFIN DANS LA TÊTE?

7. Le soir de sa victoire électorale, Jean Charest a déclaré:"ET maintenant, c'est le Canada qui va changer". IL sait ce qui se passe. Il a lu mon livre et il en a parlé avec Julie Snyder.  Quand Jean Charest déclare que le "Canada va changer", il croit naivement pouvoir s'allier les autres provinces pour obtenir des "concessions" d'Ottawa. Pauvre enfant. Il n'y a pas de concession en politique, absolument pas. Il n'y a que des jeux sans pitié d'INTÉRÊTS ET DE RAPPORTS DE FORCES DE MÊME QUE DES PRINCIPES LIÉS À L'EFFECTIVITÉ.

Ottawa a déjà envoyé tout ce beau monde promener, mais le "gentil"monsieur Benoît Pelletier croit encore aux vertus du ""fédéralisme" alors que le
"fédéralisme" n'est qu'un terme sans signification pour quiconque ne réalise pas le jeu des pouvoirs en cause.

Quand même, dans notre grande naïveté cartésienne, nous persistons à attendre une solution magique à nos problèmes "constitutionnels", ou problèmes d'État ou n'importe quel autre problème, tellement nous sommes habitués à nous laisser gouverner par d'autres.

Dans la conjecture actuelle et`à venir, soit au cours des prochaines années, il faudra trancher, comme Alexandre le Grand a tranché le noeud gordien.
Une décision hardie s'impose et nous devons tout risquer, en fait, risquer de tout perdre pour tout gagner, car dans ce jeu terrible de la politique, qui perd gagne et qui gagne perd et au cours des dernières années, nous nous sommes coupés les ailes pour nous donner des jambes.  Rappelez-vous le proverbe arabe qui dit qu'il ne faut jamais se couper les ailes, même pour se donner des jambes.

Voilà pourquoi j'insiste tellement pour que nous nous préparions à y mettre le paquet et à tout risquer, car nous n'aurons alors rien à perdre, sauf nous réduire à devenir un insignifiant "maudit bon gouvernement provincial".

Réfléchissez mais ne réfléchissez pas trop, pas au point de vous perdre en conjectures.

René Marcel Sauvé

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dimanche 6 juillet, 2003 21:36

Bonjour à tous,

Une question de stratégie:

Jusqu'où devons-nous aller dans les détails quant à l'élaboration de notre plan d'action?

Devons-nous préciser, outre la question à poser au peuple et l'échéance référendaire (élection référendaire ou référendum dans un délai pré-déterminé), les détails du pays Québec?

- Constitution
- Tout ce qui concerne la répartition de la dette
- Hymne national
- Système politique
- etc.

Pour ma part j'aime l'idée de bien préparer à l'avance les détails de l'avant pendant et après référendum.

Cela permet aux citoyens de s'impliquer dans le processus (dans l'éventualité où ces détails sont déterminés par une table de concertation).  De plus, ma perception est qu'en dévoilant longtemps d'avance notre plan d'action on permet aux fédéralistes de cracher leurs arguments contre notre projet bien avant que les citoyens se décident à nous appuyer ou non.  Rendu à la campagne référendaire, nous aurons entendus 1 000 fois leurs arguments et les effets de dissuasion et de peur seront alors dissipés.

Comme un train, le temps pour atteindre la pleine puissance est long, plus que la durée d'une campagne, mais une fois bien en route il est presque impossible à arrêter.

Y a-t-il erreur de stratégie?

P.S. "keep it simple and stupid" existe bel et bien dans le principe KISS.  C'est d'ailleurs cette expression que nous utilisions en marketing à l'université et elle est utilisée fréquemment.  Bref, "en toute simplicité"!

Etienne Boulay

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lundi 7 juillet, 2003 09:31

Bonjour Monsieur Boulay,

Nous devons en effet préparer d'avance notre élection référendaire, en soulevant un à un tous les faits pertinents à notre inféodation au pouvoir central, centralisateur et unitaire d'Ottawa et en réfutant une à une chacune des objections qu'il est possible de trouver contre la souverainté du Québec, réfutation qui ne peut réussir que dans la mesure où tous les Québécois(es) ou une majorité auront acquis le sens de l'État et des principes universels de l'action.

(Je m'excuse pour le grand paragraphe, je n'ai pas le temps d'en écrire un plus court)

Les discours sophistiqués ne mèneront plus nulle part. Il faut désormais des arguments de principes, des arguments concrets et c'est dans l'ordre du concret que nous devons nous entendre et faire consensus. Autrement nous continuerons de tourner en rond.

Je reprends votre interprétation universitaire de KISS. Je n'ai pas appris cette expression à l'université mais dans les écoles militaires du Canada et de l'Angleterre, où j'ai été instruit en anglais formel et anglais vulgaire. Chez les Loyalistes du Canada, chez les Anglais qui m'ont formé dans l'armée britannique, où j'ai servi, comme Charles Michel de Salaberry et beaucoup d'autres. chez les Américains, on interprétait unanimement le KISS comme Keep It Simple Stupid, ce qui veut dire en fait: Gardes ça simple, toi, espèce de cave (parce que tu rends compliquées et inaccessibles les choses les plus simples). Donc, Keep It Simple (you) Stupid man who makes things so complicated.

Le Keep It Simple and Stupid de l'université me surprend parce que ce n'est pas la première fois que je l'entends. Je ne puis y voir qu'une mauvaise interprétation du sens communément donné à cette expression par les Anglo-Saxons, qui me semblent pourtant conscients du sens de leurs paroles. D'ailleurs, je dois mentionner que, n'étant pas cartésiens comme nous le sommes, ils formulent davantage leur pensée suivant l'ordre des faits, plutôt qu'un ordre théorique. Ils sont plus concrets que nous, pas toujours compétents, certes, puisque nous pouvons les rattraper et les dépasser dans l'ordre abstrait. En collant davantage au réel et au concret et en accédant d'une manière authentique aux universaux qui forment le cadre réel d'une réflexion en profondeur, nous les dépasserons et c'EST CE QUE NOUS DEVONS FAIRE, NON COMME MINORITAIRES INFÉODÉS À LEUR POUVOIR MAIS COMME MAJORITAIRES CHEZ NOUS AVEC NOTRE PROPRE POUVOIR D'ÉTAT.

Quant au Keep It Simple Stupid, je crois qu'on ne peut pas être simple et stupide. On peut être simpliste et stupide et ce n'est pas la même chose. En fait, il est très difficile d'être simple, ce qui veut dire: saisir l'essentiel d'une question complexe et guider sa pensée et son action en conséquence. On est  facilement porté à s'égarer dans des considérations accessoires et secondes, ce qui explique la multiplicité des échecs dans tous les domaines. D'où nécessité en partant de bien comprendre le premier grand principe de la stratégie: appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation. Tout le reste dépend de notre compétence à saisir l'essentiel en partant, donc d'aller au plus simple que beaucoup ne voient pas parce qu'ils sont perdus dans l'accessoire.

Voilà pourquoi il ne faut pas être stupide mais simple.

Bonne journée

René Marcel Sauvé

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mardi 8 juillet, 2003 18:19

Je relis votre texte sur l'élection référendaire monsieur Couture et ma conviction à cet effet se renforcit de jour en jour. Il faut forcer le sort cette fois, autrement nous allons continuer à tourner en rond. Cette élection, il faut en répandre l'idée et la préparer jusque dans les moindres détails. C'est la seule manière de réformer le Parti Québécois et de lui inculquer les principes qui vont le faire progresser.

Il faut littéralement coincer tout notre monde en fonction d'une politique unique, dont nous aurons arrêtés les termes et les conditions. Personne ne pourra en sortir.

De la dictature? Non, de la détermination et ce qui est plus important, de la détermination consciente. Il faut se décider et se décider une fois pour toutes.

Il est une règle de base en stratégie: C'est dans les moments le plus difficiles qu'on trouve les ressources les plus inespérées. Avant de tout perdre, il faut lancer tous nos dés et jouer le tout pour le tout.

Nous avons tout à gagner et rien à perdre, car autrement, nous perdrons tout, ou presque tout, par notre faute, notre manque de résolution, de détermination, de lucidité froide et notre crainte de l'adversaire, qui n'est pour moi qu'une occasion de s'exercer à quelque chose.

Je retiens les termes de votre texte et nous en discuterons.

René Marcel Sauvé

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à suivre
 
 

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