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Le dernier mot revient au peuple québécois
Monsieur Lucien Bouchard
à la Faculté de droit de l'Université de Montréal
à Montréal, le jeudi 12 février 1998

Commentaires par Robert Bertrand
1999-12-23

La démocratie chez les nationalistes Canadiens.

Quand nos "nationalistes" du Canada hors nos frontières veulent nous donner des leçons de démocratie, voici que j'ai retracé le texte d'une allocution de Monsieur Lucien Bouchard prononcée à la Faculté de droit de l'Université de Montréal à Montréal, le jeudi 12 février 1998 sous le titre suivant :

"Le dernier mot revient au peuple québécois"

(Cette allocution, plutôt longue dans son texte écrit, se présente sous deux pages différentes dont les coordonnées apparaissent plus bas)

(...)
"Pourquoi ? Parce que le gouvernement fédéral est obsédé par un mot : le mot «unilatéral».

Au sujet de ce mot, le premier ministre Jean Chrétien a livré le fond de sa pensée, il y a quatre ans, lors de la «guerre du turbot», lorsqu'il a déclaré, et je le cite : «tous les progrès faits en droit international l'ont été à la suite de décisions unilatérales».

La vérité, c'est que la volonté d'agir seul, unilatéralement, d'imposer sa volonté d'en haut, fait partie de la culture politique du gouvernement canadien. Elle s'inscrit en continuité avec le caractère monarchique, colonial, dont le Canada ne s'est jamais complètement départi.

Au contraire, la volonté démocratique, la volonté d'agir sur la base de l'adhésion majoritaire, fait partie de l'histoire du Québec. Ce n'est pas un hasard, et nous n'avons pas le mérite d'avoir fait ainsi un choix moral supérieur. C'est simplement que, face à la puissance constituée à Londres, puis à Ottawa, nous, Québécoises et Québécois, n'avions que cette arme, le droit de vote, pour manifester notre force, pour nous faire entendre.

On retrouve cette opposition à chaque tournant majeur de notre
histoire. En fait, le geste unilatéral est en quelque sorte le péché
originel du Canada. Je m'explique.

Nous soulignons, cette année, le 160e anniversaire des événements de 1837 et de 1838. À l'époque, une majorité de Québécois, aux urnes, avaient voté pour le parti Patriote, qui détenait une écrasante majorité de sièges à ce qui est devenu notre Assemblée nationale, qui est comme vous le savez un
des plus vieux parlements du monde. Les Patriotes réclamaient pour le Québec le droit de se gouverner lui-même, ce qu'on appelait alors le «gouvernement responsable».  C'était un droit qui nous était cependant nié par la constitution alors en vigueur, constitution imposée par Londres. À la demande démocratique
des Québécois, Londres et les responsables coloniaux ont répondu par le refus et la répression.

Ensuite, unilatéralement, le pouvoir colonial a imposé une nouvelle constitution qui appliquait le fameux rapport Durham dont le but était d'assimiler les francophones dans l'ensemble canadien, en obligeant l'union du Bas-Canada, le Québec d'alors, avec le Haut-Canada, l'Ontario de l'époque.

Lors de la négociation de la constitution de 1867, qui créait la
fédération actuelle, plusieurs Québécois réclamaient la tenue d'un référendum et George-Étienne Cartier avait promis que le projet de fédération serait «soumis au peuple avant de devenir loi». La promesse ne fut pas tenue, car le pouvoir craignait un verdict populaire négatif. La Constitution ne fut approuvée qu'à la suite d'un simple vote au parlement de l'Union. Puis, l'élection qui a suivi de quelques mois le fait accompli, a été entachée d'irrégularités majeures, même pour l'époque. Dans le tiers des circonscriptions, il n'y eut même pas de vote. Et dans plusieurs circonscriptions, le vote fut interdit dans plusieurs quartiers fortement opposés à la fédération.

La recherche historique récente rapporte même des interventions qui font un peu sourire aujourd'hui. Le vote n'était pas secret, ce qui était l'usage.  Tous les évêques avaient fait savoir, par la publication d'une série de mandements et de lettres pastorales, que les catholiques avaient le «devoir de conscience» de voter pour les candidats favorables à la fédération. Des évêques avaient même envoyé des instructions dans les paroisses
indiquant qu'un vote pour l'opposition était un péché. Et si un
électeur refusait de se repentir, il ne pouvait recevoir l'absolution.  Malgré tout, 45% des électeurs ont eu le courage de s'opposer aux candidats favorables à la fédération. Le nombre de catholiques n'ayant pas reçu l'absolution lors des Pâques qui ont suivi l'élection de 1867 a ainsi presque doublé -- les électeurs refusaient de se repentir.

L'original de ce texte, on le retrouve à la page suivante du site de "Vigile"
http://www.vigile.net/3e/CS/bouchardderniermot.html

La même allocution se continue sur une deuxième page.  On peut y lire :

"Mais c'est ainsi que la constitution fondatrice du Canada n'a jamais obtenu de légitimité démocratique. "
(...)
"Selon le gouvernement fédéral, le dernier mot lui revient, à lui, en vertu d'une constitution qui n'a aucun fondement démocratique et de l'interprétation qu'en ferait une Cour qu'il a lui-même nommée. M. Chrétien nous dit: l'État, c'est moi; le droit, c'est moi; le choix, c'est moi, unilatéralement. Comme au temps des Patriotes, comme au temps de l'Union forcée, comme au temps de la constitution de 1867, comme au temps du coup de force de 1982.

Selon nous, selon tous les démocrates québécois et un nombre croissant de démocrates canadiens, le dernier mot n'appartient pas à un homme, pas à un gouvernement, pas à un texte imposé d'en haut. Selon nous, le dernier mot appartient à la démocratie québécoise, au peuple québécois. Et ce mot, que sera-t-il ?

Ce sera le mot Oui, prononcé le jour du prochain référendum."

http://www.vigile.net/3e/CS/bouchardderniermot2.html

Pour d'autres textes de Lucien Bouchard, vous pouvez consulter la page  suivante :
http://www.total.net/~qcunpays/LUCIEN-BOUCHARD.htm

Dans la démocratie à la Canadienne, on empêche de voter ceux qui sont défavorables à la volonté CANADIAN.  On se sert du Peuple.

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays,
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
http://QUEBECUNPAYS.iquebec.com
1999-12-23

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