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S’affirmer comme peuple francophone
en Amérique du nord.






Mes amis,

Nous voici à mi-chemin d’une campagne électorale où on doit choisir entre deux visions du Québec.  Dans quinze jours à peine, les femmes et les hommes du Québec, en très grand nombre je l'espère, vont envoyer un signal dans la boîte de scrutin.  Un signal à eux-mêmes, à leurs enfants et au monde.

Ils ont le choix.  En votant pour le Parti de Jean Charest, ils peuvent envoyer un signal de résignation.  Ils peuvent dire qu’après trente ans de revendications, de combats et
d’ambition, le Québec est fatigué, et se résigne.  Il se résigne à n’être qu’une province comme les autres.  Il se résigne à une constitution qui lui a été imposée contre son gré.  Il se résigne à se couler, inexorablement, dans le moule de ses voisins.  Jamais auparavant, les Québécoises et les Québécois n’ont envoyé ce signal.  Ni en votant Lesage, ni en votant Johnson, ni en votant Bourassa, ni en votant Lévesque, ni en votant Parizeau.

Au contraire, chaque fois, et avec chacun de ces chefs, les femmes et les hommes d’ici ont lancé un signal d’affirmation.  Maître chez nous, avec Lesage.  Égalité ou
indépendance, avec Johnson père.  Souveraineté culturelle avec Bourassa.  Souveraineté-association, avec Lévesque.  Souveraineté-partenariat avec Parizeau.

Chaque fois, chaque leader de parti savait que le Québec n’avait pas la place, l’espace, les pouvoirs qu’il lui fallait pour s’affirmer comme peuple francophone en Amérique du nord.  Et chaque fois, chaque leader de parti a travaillé pour élargir la place du Québec, donner plus de maîtrise aux Québécoises et aux Québécois sur leur destin.
 
 

Le PLQ est dirigé par un chef, Jean Charest, qui rejette catégoriquement et pour toujours le projet souverainiste.



Chaque fois, sauf cette année.  Pour la première fois, un chef de Parti affirme que s’il est élu, il ne cherchera pas à garantir plus de pouvoirs pour le Québec.  En début de semaine il a déclaré que s’il devenait premier ministre, il n’y aurait aucun amendement constitutionnel.  Aucune garantie nouvelle ou supplémentaire pour le Québec.  Nous,
souverainistes, nous avons procédé à un amendement constitutionnel, nous avons garanti le droit des Québécoises et des Québécois à des commissions scolaires linguistiques.  Mais si M. Charest avait été au pouvoir, il aurait dit : non, merci.  Pas de garantie pour les Québécois, ils n’en ont pas besoin.

Nous, souverainistes, affirmons que si nous voyons la possibilité de garantir le droit du Québec de se retirer des programmes  fédéraux avec compensation, nous voudrons le mettre dans la constitution.  Pas M. Charest.  Non merci.  Une entente administrative, fragile et réversible, ça lui suffit.

On peut se demander, pourquoi en veut-il si peu, pour le Québec ?  La réponse, on la retrouve dans le programme qu’il défendait pas plus tard que l’an dernier, comme chef du Parti conservateur fédéral.  Alors, il ne proposait pas plus de pouvoirs pour le Québec, il proposait plus de pouvoir(s) pour Ottawa, plus d’ingérence en éducation et en santé, en formation de la main d’oeuvre.  Ce n’est pas le droit de retrait qui l’intéressait, mais le droit d’ingérence, pour Ottawa.  Ce n’est pas étonnant qu’il ait de la difficulté, aujourd’hui, à défendre le contraire.

Et le référendum, cet outil qui permet de se faire donner un mandat clair du peuple du Québec sur une grande question de l’avenir de notre peuple ?  M. Charest dit : pas question.  Pas de référendum au Québec, peu importe la question, peu importe ce que fait le fédéral, peu importe la menace qui peut peser, demain, sur le Québec.  Et si Ottawa vote pour le recul de Calgary ?  Le Québec de Jean Charest aurait les mains attachées dans le dos.  Et si Jean Chrétien décidait d’intervenir davantage en éducation, en santé, en culture, et s’il tentait, à nouveau, d’affaiblir la Caisse de dépôt ?  Le gouvernement Charest aurait les pieds et les mains ligotés par son engagement : pas de référendum, pas d’amendement.  Le pire, c’est qu’il aurait, ce faisant, bâillonné le peuple du Québec, désormais incapable de faire entendre sa voix.

Pas de rapport de force, pas de mobilisation possible, pas de recours à l’autorité du peuple québécois.  Jamais le Québec n’aurait été si faible, si résigné, si démuni.

Jean Charest ne comprend pas que pour rester fort, le Québec doit avoir les mains libres.   Robert Bourassa souhaitait, au moins, conserver la carte de la souveraineté dans sa manche.  Même Daniel Johnson le fils, qu’on ne pouvait soupçonner de penchants souverainistes, déclarait qu’il y avait un peu de souveraineté dans chaque Québécois, y compris dans sa personnalité à lui, lui le chef du parti fédéraliste.  Les deux ont d’ailleurs voté, en 1991, en faveur de la loi 150 qui prévoyait, justement la tenue d’un référendum sur la souveraineté.

Pour la première fois, le PLQ est dirigé par un chef, Jean Charest, qui rejette catégoriquement et pour toujours le projet souverainiste.  Un chef qui tourne le dos à la phrase de Robert Bourassa, qui a déclaré le jour de la mort de Meech « quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable de choisir son destin et son développement ».  Nous savons maintenant que nous n’entendrons jamais Jean Charest prononcer cette phrase.

Jamais, en effet, un chef du PLQ n’a fermé aussi brutalement la porte à l’avenir du Québec.
 
 

Un modèle québécois



De Lesage à Parizeau, chaque fois, d’élection en élection, le Québec s’est dit à lui-même et a dit au monde qu’il y avait ici un peuple original, dynamique, dérangeant, qui ne se résignait pas et qui tenait à grandir, à sa manière.   Et, d’élection en élection, le Québec a grandi, le Québec s’est construit.  Parfois, en empruntant à ses voisins Nord américain des idées et des outils.  Parfois, en puisant en
Europe de l’inspiration et des exemples.  Toujours, en trouvant au fond de notre expérience et de nos valeurs la boussole qui nous guide.

Et nous avons ainsi façonné un modèle québécois, à nul autre pareil.  Nous ne prétendons pas qu’il est meilleur ou pire que ce que nos voisins ont développé.  Nous prétendons cependant qu’il nous ressemble, qu’il nous rassemble et qu’il nous grandit.

L’autre jour, dans une entrevue à Radio-Canada, Jean Charest a déclaré que, « le modèle québécois, c’est la langue et la culture »,  Il n’a rien compris.  Ou plutôt, il a exactement la même compréhension du Québec que Jean Chrétien et que les auteurs de la déclaration de Calgary.  Demandez-leur de décrire ce qui distingue le Québec, et voilà ce qu’ils disent : la langue, la culture.  Ils en mettent même un peu plus que Jean Charest, ils ajoutent le code civil.

Ils n’ont rien compris.

Le modèle québécois, c’est la décision qu’avait prise les Québécoises et les Québécois, avec une véritable équipe du tonnerre, de se donner des outils collectifs de
développement économique : la Caisse de dépôt, la Société générale de financement, Hydro-Québec, qui sont aujourd’hui des piliers de notre économie.   Cette semaine, grâce à la SGF, un siège social international de plus est venu s’installer à Montréal, et vous savez que Montréal est redevenu la capitale canadienne des sièges sociaux.  M. Charest, lui, veut couper les ailes de la SGF et il n’a eu rien de bon à dire sur la nouvelle voulant que Montréal soit redevenue, ces dernières années, un aimant pour les sièges sociaux.  En fait, il a trouvé cette nouvelle presque aussi mauvaise que lorsque le chômage est passé en bas du seuil psychologique de 10%.

Le modèle québécois, c’est aussi le fait qu’au Québec, le premier employeur privé est une coopérative : le mouvement Desjardins.  M. Charest n’est pas impressionné par le mouvement Desjardins, il veut lui couper les ailes et restreindre ses activités en matière d’assurance.  Pas nous.  Nous, nous sommes fiers du mouvement Desjardins et nous
allons continuer à l’appuyer.

À ces outils collectifs, façonnés par les Québécois et l’équipe de Jean Lesage, le gouvernement de René Lévesque a ajouté d’autres éléments du modèle québécois : les sommets économiques, la concertation.  Ils ont débouché, entre autres, sur les Fonds de solidarité des travailleuses et des travailleurs de la FTQ, un outil original en Amérique du Nord.

Cette semaine, grâce au Fonds de solidarité, à investissement Québec et à un entrepreneur québécois, les travailleurs de la Dominion Bridge sont retournés au travail et peuvent dire à leurs familles qu’ils ont un nouvel employeur et un bon boulot.  Le gouvernement libéral qui nous a précédés avait voulu couper les ailes du Fonds de solidarité, mais Jacques Parizeau a rétabli la situation et est allé plus loin.  Il a favorisé, avec le Fonds de solidarité, la création des Fonds régionaux de capital de risque, pour aider à préserver et à créer l’emploi sur tout le territoire.
 
 

Une façon de se gouverner et de voir l’avenir



Depuis deux ans et demi que j’ai l’honneur d’être votre premier ministre, j’ai eu à coeur de construire encore le modèle québécois, en donnant, plus de poids que jamais
à la concertation québécoise.  Au sommet économique de Québec, puis celui de Montréal, nous avons élargi la table
des décideurs pour la rendre encore plus rassembleuse.  Nous avons voulu que non seulement le gouvernement, les syndicats et le patronat soient des participants, mais
aussi les groupes communautaires, les étudiants, les autochtones, le milieu de l’éducation et des municipalités.

Et nous avons soumis à cette grande table une série de grands défis, que nous avons ensuite relevé ensemble.
Nous avons décidé ensemble d’éliminer en quatre ans le déficit record de 6 milliards de dollars que les libéraux nous ont légué et nous sommes en train de réussir.  Nous avons décidé ensemble de nous donner un objectif ambitieux de création d’emploi, en rattrapant et dépassant pour la première fois, en trois ans, le taux de création d’emploi du Canada.  Nous sommes en train de réussir.

Nous avons décidé ensemble de nous doter de garderies à cinq dollars, et c’est un très grand succès.   Nous avons décidé ensemble de protéger nos citoyennes et nos citoyens les plus vulnérables, en inventant la notion d’appauvrissement zéro, et nous avons tenu parole.  Et dans cette campagne, le Parti québécois s’est engagé, avant toute baisse d’impôt ou tout réinvestissement dans de nouvelles initiatives, à protéger le filet social de base du Québec : la santé, l’éducation et l’appauvrissement zéro.  Les libéraux, eux, ont délibérément écarté l’appauvrissement zéro.

Nous avons décidé ensemble de donner plus de pouvoirs aux femmes et aux hommes du Québec dans leur développement local et régional.  Et cela a conduit à la création des Centres locaux de développement, les CLD, où les membres de la concertation québécoise se réunissent désormais pour orienter, ensemble, le développement économique et social.  Et nous sommes heureux de constater que, dans ces nouveaux lieux de la concertation, il y a plus de femmes que jamais.

Au cours de cette campagne, nous nous sommes engagés à donner encore plus d’outils aux CLD pour qu’ils soient encore plus efficaces.  Le Parti de Jean Charest, lui, a commencé par annoncer l’abolition de la concertation locale, l’abolition du modèle québécois au niveau local.  Puis, il a changé d’idée.  Il a annoncé avec condescendance qu’il tolèrerait que certaines régions continuent à avoir leur CLD.  Tout un engagement.  Mais avec lui, qu’arriverait-il à la garantie qu’ont les représentants de l’économie sociale, des jeunes et des groupes communautaires à participer aux décisions ?

Nous, nous sommes contre l’exclusion.  Nous nous réjouissons d’avoir élargi la table dans nos sommets nationaux comme dans CLD, dans nos organismes comme
Emploi-Québec, pour la formation de la main d’oeuvre.  Nous voulons qu’on y trouve plus d’économie sociale, plus de femmes et plus de jeunes.  Et nous allons continuer.

Et c’est cette culture de la concertation et de l’ouverture qui fait en sorte qu’au Québec,  il y a eu quatre fois moins de jours perdus pour des grèves et des lock-out.  Quatre fois moins de familles aux prises avec des arrêts de travail.

Le modèle québécois, ce sont donc des outils de développement économique, ce sont donc des formules de concertation, c’est aussi une décision collective de se donner
davantage de services, davantage de solidarité sociale que chez nos voisins.  L’équité salariale, une des lois les plus progressistes au monde ; la perception automatique des
pensions alimentaires ; la loi anti-briseurs de grève, les services de garde à 5$, la liste est longue des décisions que nous avons prises et qui ne se retrouvent pas chez l’un ou
l’autre de nos voisins.

La raison est simple : contrairement à ce que pensent Jean Charest, Jean Chrétien et les premiers ministres qui ont signé l’entente de Calgary, le modèle québécois, ce n’est pas que la langue et la culture, c’est une façon de se gouverner et de voir l’avenir, un sens de la collectivité qu’on ne trouve pas ailleurs.  Cette semaine, vous le savez, j’ai critiqué les prises de position de M. Charest.  Comme beaucoup de Québécoises et de Québécois, nous avons constaté qu’il ne savait pas compter.  Avec lui, ce serait le grand retour des erreurs de calculs, des budgets troués et des déficits.
 
 

Jean Charest : l’homme du statu quo

Je vous pose la question : voulez-vous recreuser le trou du déficit dont on est en train de se sortir  ?  Voulez-vous recommencer les efforts qu’on vient de vivre pour réparer
encore les erreurs que les libéraux veulent répéter ?

C’est bien simple, ce que Jean Charest nous propose, c’est de gaspiller vos efforts et notre bonne gestion.  Pour emprunter une phrase connue : voter Jean Charest, c’est entrer dans un trou noir.

Car la vérité c’est qu’on ne sait plus trop quel est le programme de Jean Charest.  Au début de la campagne, il s’est présenté comme un homme de conviction qui viendrait
nous dire quoi faire : rompre avec la révolution tranquille, adopter le modèle de Mike Harris.  C’était dur, c’était dru, mais c’était clair.

Deux semaines plus tard, on ne sait plus très bien.  Il ne parle plus jamais de Mike Harris.  C’est étrange.

Alors moi, pour me préparer au débat, j’ai un problème.  Avec qui dois-je débattre.  Quel Jean Charest va se présenter au débat mardi soir ?  C’est une bonne question.

Est-ce le Jean Charest qui veut rompre avec la révolution tranquille, ou celui qui se dit enfant de la révolution tranquille, qui cite Bourassa et, cette semaine, René Lévesque ?   Est-ce le Jean Charest qui veut réduire de 30% la taille de l’État, ou le Jean Charest qui veut augmenter le nombre de salariés de l’État, dire oui à tous les groupes d’intérêts et creuser des déficits ?  Il faut le savoir.

Avouer que ça pose un problème : qui va se présenter au débat mardi, le Jean Charest qui veut mettre en cause les services de garde à 5$, ou le Jean Charest qui veut en
ouvrir d’autres ?  Le Jean Charest qui veut donner le droit de lock-out aux municipalités, comme il l’a dit aux maires, ou le Jean Charest qui veut réduire les services essentiels en temps de grève, comme il l’a dit à la FTQ ?

Le Jean Charest qui, il y a deux semaines, voulait tellement de changement constitutionnel qu’il réclamait la démission de Jean Chrétien, ou celui qui s’engage maintenant à ne demander aucun changement constitutionnel ?  Le candidat du changement est devenu en trois semaines le candidat de la résignation.  Peut-être que le Jean Charest qui va venir débattre mardi, c’est le Jean Charest de l’an dernier, celui qui propose de nouvelles intrusions fédérales au Québec, celui qui propose que des fonctionnaires fédéraux fassent passer à nos enfants des examens au primaire et au secondaire pour vérifier si on éduque bien nos jeunes ?  J’aimerais ça qu’il vienne au débat, ce Jean Charest-là.  Peut-être viendront-ils à plusieurs ?  Peut-être vont-ils débattre entre eux.  Le Jean Charest de la rupture contre le Jean Charest du statu quo.

Alors ça complique singulièrement ma préparation pour le débat, car je ne sais pas lequel de ces Jean Charest va se présenter mardi.  L’homme du statu quo ou l’homme
du tasse-toi mon oncle ?
 
 

Pour Jean Charest :
«  le danger, c’est le Parti libéral  ».



Peut-être que ce sera le Jean Charest qui veut, comme il l’a dit, « déranger les abonnés de l’État ».  Au débat, je pourrai lui redemander qui sont ces abonnés de l’État qu’il veut déranger : les parents qui utilisent les services de garde à 5$, les démunis qui sont protégés par la clause d’appauvrissement zéro, les jeunes entrepreneurs qui ont une aide de l’État pour lancer leur entreprise, les régions qui s’organisent dans les CLD, les étudiantes et les étudiants dont les frais de scolarité ne sont pas suffisamment élevés à
son goût ?

Finalement, la menace pèse sur beaucoup de monde.  Car les abonnés de l’État, ce sont chacun d’entre nous, tous les Québécois, qui ont la conscience de contrôler un État en Amérique du Nord, un seul et qui n’ont pas l’intention de le lâcher.

On dirait que ça le dérange.  Jean Charest, qu’on soit fier de notre outil collectif et qu’on ait l’intention de le garder et de le développer.

Mais il faut être de bon compte et admettre que M. Charest dit parfois des choses sensées.  Hier, par exemple, dans un moment de lucidité, il a déclaré : «  le danger, c’est le Parti libéral  ».  Les journalistes ont dit que c’était un lapsus !

Sérieusement, il y a une semaine, M. Charest a dit que le prochain siècle sera le siècle du Québec.  Nous, du Parti québécois, si nous avions dit une chose pareille, on nous aurait pour le moins accusés de faire de l’hyperbole.
Je l’ai mentionné tout à l’heure, Montréal et sa région connaissent un remarquable renouveau, comparé à la morosité qui régnait lorsqu’on a pris le pouvoir.   Les sièges
sociaux, aujourd’hui, c’est de plus en plus à Montréal que ça se passe.  Dans la métropole francophone d’Amérique.
 
 

Les Québécois présents dans le monde.



Le multimédia, c’est ici que ça se passe.  En aéronautique, en Montérégie, à Montréal et dans les Laurentides, le Québec se classe sixième au monde.

Nous sommes parmi les premiers en pharmaceutique, en ingénierie, en matériel roulant, en technologies de l’information.  Presqu’un demi-million de Québécoises et de Québécois oeuvrent dans la nouvelle économie et nous, du Parti québécois, voulons encore faire mieux, en permettant à
chaque région de reproduire le succès de la cité du multimédia et d’installer des Carrefours de la nouvelle économie sur tout le territoire.  Nous sommes en train de vivre au Québec, un décollage de la nouvelle économie.  Nous sommes en train de devenir un carrefour mondial de
l’innovation.  C’est parce que nous sommes différents, parce que nous sommes branchés à la fois sur l’Amérique et l’Europe, parce que nous sommes à la fois fidèles
à notre identité et superbement ouverts sur le monde.

Nous n’avons pas fini notre réforme de l’éducation et notre lutte contre le décrochage.  Nous n’avons pas fini d’intensifier nos efforts pour la formation, mais déjà nos jeunes étudiants se classent parmi les meilleurs au monde en mathématiques et en science.  Et ça promet.

Lorsque le promoteur du plus grand hôtel du monde cherche à présenter à Las Vegas un des meilleurs spectacles au monde, qu’est-ce qu’il fait ?  Il envoie quelqu’un dans
l’Est de Montréal rencontrer une entreprise créée par des gars de Baie Saint-Paul avec l’aide d’une subvention de René Lévesque.  Ça s’appelle : le Cirque du soleil.

Qui, aujour’hui occupe les trois premières places au palmarès français ?  Deux québécoises, Céline Dion, Lara Fabian, et un québécois, Luc Plamondon.  Nos metteurs en scène, nos cinéastes, nos troupes de danse, notre orchestre symphonique font l’envie de bien des grandes capitales.

Oui, il y a de quoi, ici, faire du Québec un succès.  Il n’y a qu’un problème : allons-nous avoir la permission ? C’est très sérieux.  Essayer de vous imaginer : le siècle du Québec, province comme les autres.  Le siècle du Québec, province égale à l’Ïle-du-Prince-Édouard.  Ou encore le siècle du Québec, société unique.

Dans le siècle du Québec de Jean Charest, nous n’avons pas droit de parole dans les forums internationaux sur la culture, sur l’économie, l’environnement.  Pour la culture, pour l’extraordinaire foisonnement culturel du Québec, c’est Sheila Copps, de Hamilton, en Ontario, qui nous représenterait.  Pour la technologie, pour l’extraordinaire décollage technologique du Québec, c’est M. Manley, celui qui refuse de faire sa part pour l’agrandissement du Palais des Congrès, qui prétendrait défendre nos intérêts.

Dans le siècle du Québec de Jean Charest, le peuple du Québec ne pourrait pas modifier sa constitution pour l’adapter à sa modernité et à ses valeurs, car dix autres
gouvernements ont droit de veto.  Dans le siècle du Québec de Jean Charest, nous ne contrôlerions que la moitié de nos impôts et de nos taxes, nous n’aurions la maîtrise
que de la moitié de notre développement régional.  Dans le siècle du Québec de Jean Charest, bien qu’étant le septième partenaire commercial des États-Unis, avant l’Allemagne et l’Angleterre, nous ne pourrions pas négocier nos arrangements commerciaux avec notre principal partenaire – c’est Ottawa qui s’occupe de ça.
 
 

Il nous revient à nous de prouver
que le peuple du Québec est un grand peuple.



Mais pour permettre au Québec de gagner, il faut ouvrir la porte, il faut lui donner des conditions gagnantes, il faut arrêter de demander des permissions aux autres, il faut se
lever debout et parler de sa propre voix, il faut être souverain.

Il y a 22 ans aujourd’hui, un grand leader québécois montait sur la scène du Centre Paul Sauvé.  Un député de Taillon.  C’était le 15 novembre 1976.

« Le Québec, a-t-il dit ce soir là d’une voix qui trahissait l’émotion, le Québec est peut-être quelque chose comme un grand peuple ».  Il faut lui donner raison, à René Lévesque.  Et il nous revient à nous de lui donner raison et d’enlever le mot « peut-être ».  Il nous revient à nous de prouver que le peuple du Québec est un grand peuple.

D’ici le 30 novembre, il nous reste deux semaines.  Deux semaines de travail sur le terrain, deux semaines de conviction, de porte-à-porte, de conversations avec nos
parents, nos amis, nos voisins.

Dimanche prochain, je vous donne un rendez-vous, pour une grande assemblée à Québec.   Le 30 novembre, le Québec aura besoin de chacun de ses citoyens, de chacune de ses
citoyennes.  Parce que le 30 novembre, il faut être nombreux à ouvrir la porte sur notre avenir.

Merci.

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1998-11-15

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Ce texte était encrypté.  En l'écrivant de cette façon, il devient possible de tirer des passages.  Nos chefs politiques devraient savoir et devraient comprendre que lorsqu'ils disent des choses importantes, lorsqu'ils se permettent d'écrire un discours, ils devraient le rendre accessible à l'ensemble de la population pour qu'il soit facilement lu et au besoin, relu.  Tout le monde ne possède pas les derniers logiciels permettant la lecture de ces textes ni un système informatique adéquat.

Voici donc, le texte intégral du discours de Monsieur Lucien Bouchard, lors de la dernière campagne électorale.

Les titres et sous-titres sont de ma responsabilité.

Responsable de cette présentation:
Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays
http://www.total.net/~qcunpays
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