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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Dans la diversité
Robert Bertrand

 
Quand j'ai créé mon site internet "Québec un Pays", je vous assure qu'il y avait divergences de vue, divergences d'approche.

De 98 à 2003, on a constaté une convergence plus grande vers l'objectif à atteindre.

Depuis 1960, 1965, 1970, il s'est créé divers groupes, ralliements, associations, toutes faisant valoir un point particulier et chacun voulant atteindre l'objectif principal tantôt de la République, tantôt la Souveraineté, tantôt l'Indépendance, tantôt le Pays du Québec.

Les approches des uns et des autres ont toujours été différentes.

Ce qu'il nous faut constater, à mon humble avis, actuellement, c'est que le Pays réellement reconnu n'est pas là.

Le Parti Québécois n'est plus au pouvoir, souhaité que ce soit ainsi par différents mouvements, associations, groupes Indépendantistes, Souverainistes, Républicains.

Pour les uns, le Parti Québécois au pouvoir présentait toutes les failles voulues pour ne pas atteindre l'objectif souhaité.  On souhaitait sa défaite.

Pour les autres, c'était de retarder l'échéance en lui faisant perdre le pouvoir.

Quoi qu'il en soit, on est devant l'évidence. Il faut que les forces Indépendantistes, Souverainistes, Républicaines, pour le Pays s'unissent pour en arriver à faire prévaloir notre point de vue.

Ce que je considère un peu extraordinaire, sur notre groupe de discussions, on constate des approches différentes, présentées ici, bien argumentées de la part de deux personnes qui ont leurs antécédents, leurs visions, leurs cheminements particuliers.

Sommes-nous là pour rejeter une option plutôt qu'une autre ?

Nous sommes, je dirais, au début d'un nouveau combat, un combat dont il nous faut regrouper les diverses tendances, les diverses approches.

Peuvent-elles ses approches avancées côte à côte ?

L'une approche démolit elle l'autre ?

Cela ne me semble pas être le cas.

Ces exposés, argumentés, nous font voir toute notre complexité.

Ce que je sais avec certitude, il faut que les jeunes embarquent pour que nous ayons notre Pays bien à nous.

La jeunesse d'aujourd'hui, comme notre monde d'aujourd'hui, est plurielle.

Notre monde du Québec manque-t-il d'information ?  de formation ?  de connaissance des faits ?

Nous n'avons pas beaucoup de moyens pour les instruire dans un cheminement plutôt qu'un autre.  Les perceptions jouent un rôle primordial dans la reconnaissance de ce que l'on nous souhaite, ne trouvez-vous pas ?

Nous avons 1 000 jours, 1 500 jours pour arriver à influencer, à convaincre, à donner l'envie du Pays qu'il nous faut proclamer.

Faudrait-il un centre de formation ?  une école ?

Toutes les tendances, toutes les approches pourraient être présentées.

Celles qui sont présentes ici, par votre participation, les unes et les autres, et par les autres que l'on peut lire ailleurs ?

Il faut notre "mijottoir" en quelque part pour que cela fasse boule de neige ?

Il y a déjà eu "la patente" dont nous a déjà présenté Gilles Rhéaume.

C'est du passé.  Qu'est-ce que l'on peut se donner en 2003 ?

Voir à faire converger nos différences pour les rendre acceptables à la majorité des Québécois.

Si on montre une "unité certaine" de tous les tenants du Pays, ne croyez-vous pas que nous pourrons atteindre nos objectifs ?

Dans la dispersion, dans l'insécurité, verrons-nous jamais le Pays que l'on veut ?

Se parler pour mieux se comprendre, pour mieux cheminer.

Ne vaut-il pas mieux se parler que de se rejeter ?

De part et d'autres, je peux vous assurer que l'on apprend.  On apprend parce que vous défendez un point de vue différent mais qui n'est pas absolument et totalement à contre sens.

Chacun étant libre de ses opinions, je veux bien que l'on s'exprime, que l'on fasse voir son point de vue, que l'on nous démontre la pertinence, si tel est le cas, que son option doit passer en premier, en deuxième...

Vous le savez autant sinon plus que moi :  "la lumière va jaillir" d'une saine discussion.

Bien amicalement et solidairement,

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Dans la diversité
René Marcel Sauvé
jeudi 24 avril, 2003 14:46

Monsieur Bertrand,

Je suis entièrement d'accord avec vous.

Nos perceptions étant toujours limitées, comme le démontre amplement Maurice Merleau-Ponty dans Phénoménologie de la perception, et comme nous pouvons nous en apercevoir nous-mêmes, nos perceptions étant limitées, donc, il est évident que nos discussions doivent se développer sur la base du talent de chacun, compte tenu de la nécessité de la complémentarité pour accéder à une vision plus spectrale de la réalité, vision sans laquelle nous ne pourrons que continuer de tourner en rond comme nous l'avons trop souvent fait.

Pourquoi?

Parce que beaucoup de discussions entre Québécois sur le problème du statut et du devenir du Québec, ont tourné à l'engueulade stérile, aux insultes personnelles, à l'acrimonie, aux arguments ad hominem.  Bref, les relations n'ont pas dépassé le niveau de l'affect.

Afin d'en prendre davantage conscience, je suggère (je n'impose pas mais je suggère) un ouvrage qui fait autorité depuis plus de 70 ans: Je et Tu. par Martin Buber. Aubier, Bibliothèque philosophique. Paris. 1969. 174p.

L'ouvrage a été composé en 1924 et rédigé en allemand car Buber, qui était juif, était aussi un intellectuel allemand. Cet ouvrage de haut calibre est recommandé entre autres par le Pape actuel aux catholiques du monde, soit plus d'un milliard de personnes maintenant. Il est intensément étudié par les écoles de psychologie des profondeurs. Il sert également dans les études politiques, compte tenu de son contenu à portée universelle.

Il incite le lecteur à confronter ses affects et à savoir quand il s'exprime librement, par un exercice de discernement propre à l'intellect agent, et quand il n'exprime que des affects, sous couvert de rationalisations commodes.  Ce travail de génie est une incitation à prendre conscience de nous-mêmes d'abord, afin de pouvoir agir collectivement ensuite.

Nous sommes loin du collectivisme qui brise la volonté de l'individu pour le faire entrer de force dans le moule abstrait d'une idéologie ou autre forme d'utopie, comme l'ont fait les fascistes, nazis et communistes, comme le font les gourous du sectarisme actuel.

Toute discussion valide sur un sujet aussi difficile que l'État doit graviter autour d'universaux que rejettent les idéologies, de droite ou de gauche et que rejettent également les sciences sociales actuelles piégées par le positivisme et le néo-posivisme.

Il y a aussi le fait qu'il existe beaucoup de gens qui sont incapables d'aborder la moindre discussion sans s'en prendre à l'interlocuteur. C'est ce qu'on appelle en littérature classique l'argumentation ad hominem. Les Romains connaissaient bien cette tendance souvent utilisée dans les procès lorsque les arguments objectifs énoncés par une partie demeurent irrecevables pour l'autre. J'ai été récemment exposé à ce genre d'argument dans une discussion publique sur une station de radio, avec un prof d'université, docteur de surcroît.

Manquant singulièrement de culture générale, sur-spécialisé, l'homme n'a pas trouvé mieux que m'insulter personnellement pour gagner sa cause.

En réponse, j'ai eu forte envie d'utiliser l'argument frappant, ce qui aurait eu pour effet de lui rabattre le caquet.

Je veux bien poursuivre les discussions sur votre site mais je demeure peu disposé à tolérer une argumentation ad hominem.

S'il n'est pas possible de sortir de l'univers des affects pour accéder à l'univers libre de la relation, libre veut dire libre d'affect, alors nous n'irons nulle part et nous continuerons de subir des reculs comme celui que nous venons collectivement de subir.

Je n'ai aucune prétention d'avoir toutes les réponses aux problèmes du Québec, du Canada et de l'Amérique du nord, loin de là mais j'ai maîtrisé des concepts et notions fondamentales qui ont fait leurs preuves et dont nous avons tous besoin pour poursuivre notre cause et faire un nouveau bond en avant, sur fond d'une plus grande maturité intellectuelle et mentale.

Ai-je tellement tort?

Bonne après midi.

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Dans la diversité
Valérien Lachance
jeudi 24 avril, 2003 17:09

Bonjour monsieur Sauvé.

Vous terminez en écrivant ceci:

Je n'ai aucune prétention d'avoir toutes les réponses aux problèmes du Québec, du Canada et de l'Amérique du nord, loin de là mais j'ai maîtrisé des concepts et notions fondamentales qui ont fait leurs preuves et dont nous avons tous besoin pour poursuivre notre cause et faire un nouveau bond en avant, sur fond d'une plus grande maturité intellectuelle et mentale. Ai-je tellement tort? Bonne après midi.
    Étant petit, et pour  en savoir davantage, je questionnais mon grand frère qui lisait tout ce qui lui tombait sous la main;
astronomie, physique, musique, de tout tout. Il était curieux et aimait les livres en anglais comme Popular Mechanics, livres en français, qu'importe. Il était bilingue.

    Je lui posais une question de quelques mots et......j'avais droit à un exposé de 10 minutes sans interruption sur le sujet.  Bien certain que je parcourais mes livres scolaires, mais je m'en tenais qu'à cela.

    C'est vers l'âge de 14 ans que les réponses de mon frère ne suffisaient plus !  Je commençai  alors d'acheter mes premiers livres.

    Merci de m'accompagner dans mon cheminement en exprimant  clairement et distinctement de courts résumés d'auteurs que  vous avez lus.

    Quant j'aurai 14  ans, j'achèterai mes propres livres  !! :- )

    Merci de rester présent.

    paix et joie

    Valérien L
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Dans la diversité
René Marcel Sauvé
jeudi 24 avril, 2003 19:52

Monsieur Lachance,

Aîné de huit enfants, j'ai été et je reste le grand frère de ceux et celles qui restent.

Je crois avoir toujours ou presque, joué des rôles qui tombaient davantage aux aînés qu'aux cadets et aux plus jeunes. Car la primogéniture s'avance et prend tous les risques, mais des risques calculés. Pour des raisons  que j'ignore, j'ai survécu à mes frères et soeurs et aussi mes cousins et cousines et j'ai enterré beaucoup de camarades.

 Pourquoi moi et pas les autres?

Je me suis posé la même question dans l'armée après avoir perdu une majorité de mes camarades, souvent tués hors des zones d'opérations, comme une majorité de soldats, le plus souvent de la manière la plus bête. J'ai survécu aux maladies tropicales dans la jungle d'Afrique Équatoriale, alors que d'autres mouraient, dont le médecin qui m'avait soigné et un des pères Blancs de la région, qui était physiquement plus fort que moi.

Allemagne de l'Ouest, basse Saxe, automne 1959, une épidémie de fièvre s'empare des troupes de l'OTAN et presque 80% des effectifs sont sur le dos. Il y aura des morts. Moi je m'en tire indemne.

Pendant plusieurs jours, j'ai rempli fonction d'infirmier pour tous ceux qui étaient trop faibles pour se lever.

Les Russes, qui manoeuvraient de l'autre côté de la Weser, ne devaient se rendre compte de rien.

Si j'affirme que je n'ai aucune solution à offrir, c'est parce qu'en fait, personne ne peut solutionner seul un problème d'envergure.

Par contre, j'offre, non pas une solution mais une méthode pour y arriver, une méthode qui a fait ses preuves comme j'ai pu le vérifier au cours de plus de cinquante années d'expérience vécue et étoffée d'études répétées et poursuivies sans arrêt, comme un maniaque qui a repris les cours, les livres et les voyages.

La méthode géopolitique est taillée pour  l'État et l'État seulement.

Pourquoi la refuser, l'ignorer, pour s'appuyer sur des idéologies, des acrimonies, ressentiments et autres inepties du genre?

Il est vrai que nous avons l'habitude de n'être qu'une province inféodée et que nous sommes aussi habitués à confier nos affaires importantes aux autres afin qu'ils décident pour nous, comme des enfants.

Cette méthode que j'ai enseignée à Toronto, parce que personne au Québec n'en voulait,  je l'ai  apprise chez les Anglais et les Allemands, qui ont une longue expérience de l'État, avec des réussites et aussi des échecs lamentables bien sûr. Au moins, ils ont essayé.

J'ai remercié les Anglais de m'avoir si bien instruit: "Maintenant, je vais m'en servir contre vous", leur dis-je. Cette remarque, qui portait sur l'État comme tel, n'avait rien de délétère ni d'offensant. Elle a provoqué des sourires.

Et après? Lorsqu'un nouvel État vient au monde, comme c'est notre cas présentement,  il n'y a rien de mal à profiter de l'expérience acquise par l'État précédent et même d'aller s'instruire chez les autres.

Les Francs du Rhin inférieur se sont instruits ou ont été instruits par les Romains, avant de les chasser de la plaine germano-polonaise et des bassins et plaines du nord de la Gaule. Nous nous sommes instruits avec les Français et les Anglais.

Les Français sont partis mais nous ne semblons pas encore vouloir nous prendre en charge et inviter les Anglais à partir en leur disant cette phrase devenue une formule consacrée:
 

"Nous sommes honorés de vous saluer mais nous avons le devoir de vous dire que vous ne représentez plus ce que vous représentiez".
Cette formule est servie par la Mafia aux membres dont on veut se défaire et qu'on invite d'abord à un grand banquet`
 
"Luigi, ce n'est plou comme c'était. Tou ne représennte plou ce que tou représenntais".


Et pendant que Luigi boit son cognac et fume son cigare, quelqu'un se charge de l'expédier en beauté afin qu'il meure heureux.

Les Yankees de Nouvelle Angleterre, révolutionnaires compris, se sont instruits de l'expérience britannique. Les Finlandais qui ont fait la guerre aux Russes en 1939-40, se sont instruits précisément chez les Russes.

Comme disait Bismarck:

"Les imbéciles s'instruisent par leur propre expérience. Je préfère m'instruire par l'expérience des autres".
Comme l'Allemagne de Bismarck était un pays nouveau, le chancelier de fer, comme on l'appelait, non parce qu'il était une brute mais parce qu'il pouvait faire face aux problèmes les plus graves, Bismarck, donc, a envoyé les Allemands s'instruire partout dans le monde de la révolution industrielle, afin d'apprendre au moins ce qu'il ne faut pas faire, ce qui est déjà beaucoup.

C'est ce que j'ai fait moi-même en allant m'instruire chez les autres.

Je me suis laissé instruire, comme un élève docile, chez ceux qui avaient de l'expérience, beaucoup d'expérience, notamment en Angleterre et en Allemagne. Comme preuve, j'ai épousé une anglaise du Yorkshire, qui, depuis les dernières vingt années, possède sa carte de membre du Parti Québécois et fait du porte à porte.

Je regrette seulement de ne pas pouvoir suffisamment faire profiter mon propre monde de tout ce que j'ai appris, alors que je suis encore en bonne santé et capable de m'exprimer.

Je n'invente rien et je ne fais que transmettre ce que j'ai appris chez les autres et qui a fait ses preuves.

Nous sommes uniques et identiques à nous-mêmes et à nous-mêmes seuls? Les autres aussi sont uniques et identiques à eux-mêmes et eux-mêmes seuls. Et ils sont aussi vulnérables que nous, quoi qu'on en pense. Et qu'on se méfie des apparences.

C'est dans le singulier qu'on peut identifier l'universel, d'où l'importance de savoir s'instruire chez les autres. Car l'identité se définit dans l'altérité et inversement. Cet énoncé est ontologique. Il n'est pas logique. Il se rapporte à l'être en tant qu'être, comme disait Aristote. Je sais que les apôtres de la philosophie moderne vont me traiter de tous les noms mais je préfère m'accrocher à ce qui a fait ses preuves, afin de repartir vers l'avant et progresser.

Si j'ai survécu, c'est sans doute parce que j'étais appelé à être un témoin de mon temps.

Et j'accepte volontiers de remplacer votre frère aîné qui semble avoir occupé une place importante toute votre vie.

Comme lui, j'ai tendance à écrire un chapitre ou même un livre lorsqu'on me pose une question.  Mais j'ai des limites.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Dans la diversité
Robert Bertrand
jeudi 24 avril, 2003 19:58

Bonjour à vous Monsieur Sauvé,

À l'âge où on en est rendu, si on me le permet, qui n'a pas connu d'affrontements, surtout dans le domaine politique qui est le nôtre ?

Qui ne croit pas que c'est sa perception, son analyse, son projet, sa façon de faire qui est la meilleure ?

J'ai enseigné trente ans surtout au niveau des secondaires 111, 1V et V.  Lorsque l'on est ouvert, combien de fois n'avons nous pas eu de confrontations sérieuses ?

Tout le monde le sait, quand c'est un professeur qui parle, combien les choses sont sérieuses....  (MDR)

Si l'on veut avancer, n'en faut il pas de ces questionnements, de ces confrontations, de ces remises en question, au besoin ?

Je n'ai pas la prétention de vous apprendre quoi que ce soit à cet égard.

Si une seule solution avait été la bonne, jusqu'à présent, pourquoi n'avons-nous pas le Pays attendu ?

Il y a une panoplie, un éventail de possibilités, de cheminements.  Tout ne se fera pas parce que l'on ose le présenter, parce que, qui que ce soit, le dit, l'affirme, le présente ?

Il faut donc permettre toutes les présentations des solutions dans le respect et le désir d'en apprendre dans cet arc-en-ciel des valeurs, des projets, des solutions envisagées.

C'est avec cet esprit que je vous lis tous, que j'en prends, que j'en ajoute à ma connaissance et à mon évaluation.

Qui ne fait pas cela ?

Comment attirer l'attention de plus de deux millions sinon trois ou quatre et même cinq millions de Québécois ?

Ne faut-il pas tirer, ensemble, vers un projet qu'il nous serait possible de fignoler, d'améliorer grâce à la contribution généreuse et nécessaire de chacun et chacune ?

Vous nous écrivez, Monsieur Sauvé :
 

"Je n'ai aucune prétention d'avoir toutes les réponses aux problèmes du Québec, du Canada et de l'Amérique du nord, loin de là mais j'ai maîtrisé des concepts et notions fondamentales qui ont fait leurs preuves et dont nous avons tous besoin pour poursuivre notre cause et faire un nouveau bond en avant, sur fond d'une plus grande maturité intellectuelle et mentale. Ai-je tellement tort? "


Suivant ma perception, n'est-ce pas ce que l'on attend, mutuellement et personnellement de tous ceux et celles qui veulent cheminer pour que nous puissions, ensemble, VIVRE NOTRE PAYS avec toutes les personnes de notre propre territoire ?

http://membres.lycos.fr/quebecunpays/NOTRE-PAYS-AVEC-TOUS.htm

Bien amicalement et en toute solidarité,

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Dans la diversité
René Marcel Sauvé
jeudi 24 avril, 2003 20:15

Monsieur Bertrand,

Comme Descartes, je n'ai pas de solution mais j'ai un excellent discours de la méthode qui a fait ses preuves ailleurs et voilà ce que j'offre dans Géopolitique et avenir du Québec et dans les prochains écrits.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Dans la diversité
René Marcel Sauvé
vendredi 25 avril, 2003 21:39

Bonsoir Monsieur Bertrand,

Je réponds à votre question:

Qui ne croit pas que sa perception, son analyse, sa façon de faire etc, est la meilleure?
Il ne s'agit pas d'être "meilleur" puisque le mieux est l'ennemi du bien. Comme nous sommes impliqués dans un combat politique d'envergure, ce qui compte, c'est la pertinence, que nos adversaires anglais appellent relevancy.

Comme je l'ai mentionné, nous traversons une crise grave et l'émotion dépourvue de réflexion, si fréquente et stérile, doit faire place à une connaissance des principes universels qui gouvernent la stragégie de l'action, principes qui ont leur point de départ dans la volonté consciente et dont nous devons nous instruire chez les nations qui possèdent depuis longtemps les assises de leur propre État, principes qui ont fait leurs preuves depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, à la condition de les connaître et les mettre en pratique.

En cette matière, il n'y a pas de dichotomie entre la "théorie et la pratique" comme l'expose si souvent la littérature.  La question qui se pose en partant est: de quoi s'agit-il?

Le but, c'est l'agir, non l'agitation stérile. Or, l'agir a son point de départ dans l'esprit de discernement et la volonté consciente, en principe et en pratique, non en théorie et en pratique. des principes qui ont fait leurs preuves dans une multitude de contextes et de situations.

Le principe est une certitude opérative et un universel: il n'est pas une théorie abstraite ni une opinion.

Je rappelle sommairement ces principes qui ne sont pas de moi mais d'auteurs classiques en matière d'État, que les auteurs littéraires seraient portés à appeler des "ouvrages raisonneurs".

Ces principes sont simples à énoncer mais pour quiconque n'a jamais été impliqué dans l'agir d'envergure, qui est l'agir d'un État, ils demeurent incompréhensibles:
 

1. Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation, qui exclut tout sentiment de vindicte.

La seule véritable force est l'objectivité et l'objectivité est une discipline, une conquête et non un héritage.

2. Détermination(vertu de la volonté consciente et libre d'affects) et maintien d'objectifs(réalisme du principe de finalité) praticables et réalisables en termes de temps et d'espace.

3. Maintien du moral, qui exige une connaissance des mécanismes intangibles de l'esprit humain.

4. Concentration de l'effort dans l'espace et dans le temps, parce que personne ne dispose de toutes les forces et de tous les moyens.

5. Économie de l'effort, qui exige de réaliser le maximum de résultats avec une dépense minimale de moyens et d'efforts, toujours parce que la nature humaine est limitée.

6. Simplicité, très difficile à réaliser pour quiconque n'a pas fait l'apprentissage de l'agir, tant individuel que collectif. De toutes manières, personne ne peut agir seul.

7. Souplesse, puisqu'il n'est pas possible de prévoir toutes les contingences et qu'il est souvent nécessaire de s'adapter à des imprévus sans pour autant perdre l'objectif de vue.

8. Sécurité, qui exige la loi du silence comme premier moyen de protéger ses intérêts et ses actes en même que d'autres précautions pour déjouer l'adversaire, mais sans sacrifier aux autres principes.

Remarquez qu'il ne s'agit pas de détruire l'adversaire, car l'adversité est nécessaire, mais il faut au contraire savoir tirer parti de l'adversaire,ce qui exige une intelligence à base de discernement.

Prétendre que l'adversité n'existera plus jamais dans un monde super intelligent est de l'utopie à la Fourier et à la Saint Simon.

9. Surprise, qui consiste à placer convenablement l'adversaire en face du fait accompli. Les Anglais sont passés maîtres dans cet art.

10. Coopération, parce que personne ne peut agir seul ni réussir seul.

11. Coordination, qui ne vient pas d'elle-même et doit être organisée. Les manquements à ce principe ont causé plus d'une catastrophe.

12. Administration et logistique, qui doit précéder tous les autres parce qu'on doit d'abord et avant tout évaluer ses moyens et décider ce qu'on pourra faire.

La stratégie n'est pas une utopie. Elle est en fait tout le contraire de l'utopie, mais lorsqu'on se donne la peine de mettre ses principes en pratique, on finit par réussir et le succès dure et perdure.

Et maintenant, je vais vous donner un petit exercice à partir de ces principes.

1. Analysez la dernière élection sur la base des douze principes. Posez-vous les questions suivantes:
 

Quelle appréciation a été faite du contexte et de la situation?

Quels objectifs ont été décidés?

Étaient-ils praticables?

Pourquoi une telle démoralisation?

Où, quand et comment fallait-il concentrer l'effort?

Les objectifs ont-ils été atteints avec une économie maximale d'efforts et de dépenses de moyens? Etc


2. Évaluez le fédéralisme unitaire, en vous servant des douze principes et en posant les mêmes questions, surtout en ce qui a trait à la concentration et l'économie des moyens et des efforts.

Dites ce qui arrive à chaque principe lorsque deux États sont superposés et dites ce qui va finalement arriver à l'un ou l'autre de ces États.

Votre réponse servira de point de départ aux arguments que vous apporterez dans l'avenir pour appuyer l'État du Québec et le faire reconnaître de droit (de jure) comme de fait (de facto)

Car il faudra désormais mener l'action sur tous les fronts, tous, sans exception.

La stratégie n'est pas de la littérature et l'étude des grands auteurs a pour objet de mieux comprendre les principes fondamentaux et leur manière de les appliquer dans des contextes et des situations différentes.

Les contextes évoluent et les situations varient, mais les principes demeurent les mêmes.

Voilà pourquoi on les appelle des constantes, par opposition aux variables, des universaux parce que quiconque veut agir avec effectivité ne peut le faire sans mettre ces principes en pratique, consciemment ou inconsciemment et finalement des certitudes opératives et non de simples opinions, hypothèses, ou thèses qui peuvent cependant s'inscrire dans les réponses apportées en application à chacun de ces principes et à tous ensemble, car ils se tiennent d'une seule pièce.

Enseigner les principes fondamentaux de la stratégie d'État est absolument tout ce que j'ai jamais essayé de faire, tant dans les institutions militaires que civiles. Il ne s'agit pas d'être beau, fin ou intelligent, mais de comprendre sur quelle base nous devons agir pour devenir un État reconnu.

Car l'État est une volonté et une volonté agit ou s'étiole.

"Il ne faut ni de si ni de mais, il faut réussir"
dit Napoléon.
Il se fit critiquer par l'oeil sévère de Henri Antoine Jomini, ce suisse que l'Empereur détestait mais dont il avait besoin. Jomini a prouvé d'une manière exacte quels principes ont été en cause dans chacune des guerres et des campagnes napoléoniennes et pourquoi l'Empereur a fini par échouer, non seulement sur le plan militaire mais sur les autres plans également, car les principes sont toujours les mêmes.

Aujourd'hui, les deux hommes sont partis mais les travaux de Jomini sont reconnus presque partout dans les États du monde actuel. J'ai étudié 54 pays sur place en tant que géographe et prof, tantôt avec
les soldats dont j'étais responsable et tantôt avec des étudiants.

Partout, il a fallu demander aux gens de la place de nous expliquer comment ils percoivent le contexte actuel par rapport aux États voisins qui les entourent, comment ils se percoivent comme État, comment ils analysent leur situation, déterminent leurs objectifs, maintiennent leur moral, etc.

Dans Géopolitique et Avenir du Québec,  j'explique l'histoire du Québec sur la base de ces principes.

Je n'ai aucune prétention littéraire. Je ne suis qu'un géographe mais qu'on m'accorde au moins ce qui m'appartient autrement je n'aurai pas autre choix que décrocher.

René Marcel Sauvé

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