Vous êtes dans     
 
 


 
 

Bulletin de l'Action nationale

du 1999-03-15

Desjardins détruit les pierres
de la campagne québécoise.
 Il commet un crime social plus pernicieux
que la fermeture des bureaux de poste.
Rosaire Morin
directeur de L'Action nationale


Notre pays, le Québec
 

"On ne s'entend plus venir au monde?"
Michel Garneau

Desjardins

Alphonse Desjardins, c'est l'architecte de la plus grande réussite québécoise.  Il voulait protéger "cette classe? livrée pieds et poings liés à toute la rapacité des exploiteurs, des intermédiaires avides, souvent malhonnêtes et  fraudeurs." (1)  Le fondateur s'opposait à tous les "tuyaux permettant à la pompe aspirante de la grande cité de drainer jusqu'à la dernière goutte de l'épargne locale." (2)

En 1999, Desjardins abandonne-t-il à leur sort les membres qui n'ont pas le sou ?  Fait-il de l'éducation coopérative ?  Favorise-t-il la participation des sociétaires ?  Respecte-t-il davantage la personne que le capital ?  L'intercoopération est-elle une réalité ?

Une adaptation s'imposait.  Mais la fin du siècle ne ressemble pas au début.  L'adaptation choisie est toute croche.  Aux premières heures de l'an 2000, ce sera la fin du commencement.  Les caisses coopératives seront  mortes.  Dans la vraie vie, Desjardins appauvrit le milieu.  Il est une "pompe aspirante" qui draine "l'épargne locale" vers les grands centres.  Il ferme des centaines de caisses et il entend fusionner les fédérations.   Le capitalisme triomphe.  Le sociétaire est un consommateur, un client.

Desjardins détruit les pierres de la campagne québécoise.  Il commet un crime social plus pernicieux que la fermeture des bureaux de poste.  Il lui avait fallu un siècle pour bâtir une réussite merveilleuse. En moins d'une décennie, il contribuera à son effondrement.  Il rasera un avenir laborieusement échafaudé.

Dans la vision du village global, Desjardins livre les pauvres "pieds et poings liés à toute la rapacité des exploiteurs, des intermédiaires avides, souvent malhonnêtes et fraudeurs?"  Dans le pays réel, c'est vers les prêteurs à gages que la "réingénierie" dirige les plus faibles.

Il y a peut-être une lueur d'espoir.  Si la coopération reprenait vie??  Si l'éducation coopérative renaissait??  Si les caisses récalcitrantes se regroupaient autour de la Fédération des caisses d'économie? ?  Jadis, il existait la petite fédération de caisses populaires de Montréal que les malins appelaient "la Fédération des protestants"?  Elle devrait renaître de ses cendres.  La coopération, c'est la prééminence du service social sur l'intérêt.  C'est un instrument de développement.

Rosaire Morin
directeur de L'Action nationale
Bulletin 8, Desjardins,
L'Action nationale, 425, boul. de Maisonneuve Ouest, Montréal H3A 3G5
Téléphone: 514-845.8533  -  Télécopie: 514-845-8529
http://www.action-nationale.qc.ca

Notes :
1.Réflexions d'Alphonse Desjardins, Confédération des caisses populaires et d'économie Desjardins du Québec, 1986, p. 12.
2..- Lettre à Jules Dorion, Québec, 23 janvier 1913, Réflexions d'Alphonse Desjardins, CCPED
 

Québec un Pays    Accueil   Je me souviens