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Le diocèse de Trois-Rivières 1852-2002

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Jean PANNETON
Le diocèse de Trois-Rivières 1852-2002
Éditions du Septentrion, 2003
 254 pages.

Compte rendu par :
Gilles Rhéaume
2003/08/06


Se pencher sur les phénomènes religieux demeure l’une des meilleures voies pour saisir la réalité sociale.

Les pionniers de la sociologie l’ont bien montré, eux et elles qui ont pris le temps de décortiquer plusieurs des aspects, des facettes de tout ce qui est relié aux pratiques, aux croyances, aux rites dans les sociétés. La connaissance de l’histoire de l’Église catholique au Canada-Français et au Québec devient un atout majeur pour quiconque veut comprendre le cheminement de l’Amérique française dans tous ses parcours et passerelles.

Depuis les origines, les institutions catholiques font partie du paysage laurentien. Souvent, pour ne pas écrire le plus souvent voire tout le temps, le rôle de l’Église aura été déterminant dans la vie de ce peuple pour qui Rome, faut-il le rappeler,  fut longtemps la seule véritable et authentique capitale…

Voilà pourquoi les ouvrages consacrés à la relation du vécu des diocèses, des communautés religieuses et des paroisses, par exemple, importent tant aux yeux des chercheurs et des amateurs d’histoire. Chacun de ces ouvrages porte un regard original sur une réalité complexe et diversifiée et jette ainsi un nouvel éclairage sur une des pages de l’Histoire qui demeurerait autrement fort  incomplète.

Plusieurs diocèses québécois ont déjà été l’objet d’études, de monographies et de publications diverses (ll faut signaler ici les récents ouvrages publiés à Rimouski et consacrés l’un à Mgr. Georges Courchesne, ce brillant intellectuel qui deviendra évêque de Rimouski et l’autre à l’histoire du diocèse lui-même).

C’est au tour du diocèse de Trois-Rivières d’être sur la sellette, avec un ouvrage moderne et rafraîchissant écrit par quelqu’un qui a longuement fréquenté et digéré et les textes et les personnes de la Mauricie. Le résultat est frappant: un livre écrit dans une langue remarquablement construite, un livre qui se lit comme un véritable roman tant les propos que l’on y trouve sont agencés de sorte que leur lecture suit logiquement un rythme qui ne veut s’arrêter qu‘à la dernière page du volume et qui même rendu là en redemande encore.

L’idée de séparer les époques en s’appuyant sur le règne des huit évêques (autrefois on aurait écrit sans hésitation  huit <<pontifes>>) qui dirigèrent le diocèse s’est révélée très efficace car elle a ainsi posé des transitions toutes naturelles entre les différentes époques.

Il est toujours intéressant de lire sur les faits et gestes de ces chefs d’abord spirituels mais dotés par ailleurs d’une phénoménale influence sur les affaires dites profanes.  La figure de Monseigneur Laflèche, disciple et successeur encore plus articulé, mieux formé que Mgr. Ignace Bourget de Montréal qui fut le chef de file des ultramontains, demeure un des monuments historiques de ce diocèse qui a connu d’autres grandes figures quoique moins connues à l’extérieur de la région.  Une exception cependant et elle est de taille. Mgr. Maurice Roy qui deviendra, après un bref passage sur le trône des Trois-Rivières, Primat de l’Église canadienne en devenant archevêque de Québec, est sans doute le plus illustre des évêques trifluviens.

L’ancien aumonier militaire déposa l’uniforme d’officier de l’armée canadienne pour revêtir les rochets, puis la mitre et finalement, la pourpre cardinalice. Ce qui n’enlève rien ni aux talents ni aux mérites des autres figures épiscopales qui, sans être devenu membre du conclave qui a pour fonction principale de désigner le <<successeur de Pierre>> quand le siège romain est vacant, ont tout de même participer pleinement au développement de l’Église de Trois-Rivières.

Ces <<successeurs des apôtres>>, pour reprendre l’usage officiel, ont été des entrepreneurs, des fondateurs exceptionnels.

Ce que nous découvrons sous la plume avisée, respecteuse et juste de l’auteur de ces pages.  Chacun de ces évêque a marqué le diocèse et a ainsi initié, encouragé des projets et des plans d’action qui ont façonné cette Église, cette ville et cette région.  Derrière chacune des institutions trifluviennes se trouve ou se cache l’œuvre directe ou indirecte de l’un ou l’autre de ces hauts dignitaires écclésiastiques. C’est toute l’organisation sociale de la capitale du cœur du Québec depuis 1852 jusqu’à nos jours qui est présentée en séquences dans ces pages où l’on assiste aux fondations multiples d’œuvres caritatives, d’éducation et de mise en valeur du patrimoine

L’ouvrage de Jean Panneton a aussi le mérite, puisqu’il couvre un siècle et demi d’histoire et qu’il s’étend jusqu’en 2002, de s’intéresser aux choses de ce temps.  À cet égard, l’histoire du statut et de la place des laïcs dans l’Église dans ce diocèse se dessine dans des pages où le détail devient lumineux et signifiant.  Il est possible de percevoir chez certains de ces prélats cette sensibilité aux nouveaux besoins découlant des changements sociaux et religieux.

La place de l’éducation, pour ne mentionner que ce grand secteur où l’Église de Trois-Rivières s’est grandement et longuement investie, tout comme elle le fit aussi en santé et en service social, est cardinale dans cette histoire si québécoise après avoir été longtemps canadienne-française.  Les écoles tenues par les frères et les sœurs, les couvents, le collège puis l’université ne sont pas que des mots.  Il en a fallu des énergies humaines, des ressources financières, du savoir-faire, de la détermination et de la patience pour arriver à combler les besoins en termes de services sociaux d’éducation d’une société qui s’industrialise et s’urbanise.

Il y a eu, et il y a toujours en cette région, un souflle, un dynamisme, cela est perceptible à lecture de ce livre.  L’histoire du diocèse de Trois-Rivières de Jean Panneton est une belle histoire.  Elle se lit merveilleusement bien et elle contient tous les éléments, toutes les clés et tous les indices qui permettent de poser le livre, une fois la lecture achevée, avec la satisfaction d’avoir appris beaucoup et ce, en mordant dans le plaisir que procure une bonne lecture.

Gilles Rhéaume
 

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