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Enseignement de Monsieur René Marcel Sauvé
(fait accompli !)

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Quelques sujets abordés sur cette page :

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- l'approche mercatique : présentation de Etienne Boulay et questions
- fait accompli : plusieurs questions et réponses
- Indépendance de l'Ontario : questions et réponses
- Fondation d'une organisation de type Greenpeace : Claude Poirier
- Annales et archives : nécessaires discussions
- Charbonneau invite les péquistes à faire preuve de lucidité
- JE ME SOUVIENS :  échanges
- Former - enseigner - groupes de formation
- L'alliance canadienne appuie Terre-Neuve, qui veut rouvrir la Constitution
 
 

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
Robert Bertrand
samedi 3 mai, 2003 21:05

Il y a deux ou trois mois tout au plus, je dois le confesser, je ne connaissais pas beaucoup de choses vous concernant bien que sur mon site je vous faisais une place relativement importante pour signaler vos documents et votre propre site internet.

Pour mettre à jour notre propre site, il faut faire une tournée et revoir ce que nous avons fait avec le temps.

Ce que j'ai fait et c'est alors que j'ai placé un et deux textes que vous avez écrits sur ce groupe de discussions.

J'en viens à l'essentiel de ce que je veux vous demander.

Pendant 18 ans vous avez enseigné à Toronto à des étudiants que j'imagine étaient surtout Ontarien ou provenant du reste du Canada, des étudiants et étudiantes qui pouvaient travailler de près ou de loin pour l'un ou l'autre de nos Gouvernements d'Ottawa ou d'ailleurs au Canada.  Peut-être y avaient-ils des députés, des ministres ?

Avez-vous enseigné, également à des Québécois qui prenaient vos cours dans une Université de l'Ontario ?

Cet enseignement de la Géographie politique a bien dû servir aux Autorités du Canada contre le Québec pour se marquer comme ils l'ont fait depuis 1995 par exemple ?

Avant 1995, c'était encore, plus ou moins, le Canada de deux Nations, de deux Peuples.

Maintenant, le Canada s'est défini comme étant Une Nation, Un Peuple, Un Pays.  Ils n'ont pas eu besoin de référendum pour affirmer cela, n'est-ce pas ?  Ils ont agit d'autorité, se croyant habilités pour ce faire même si on n'est pas venu devant l'électorat pour se faire plébisciter.

Autre constatation que j'ai faite :  La Reine lorsqu'elle intervenait publiquement, avant 1995, elle parlait en Anglais et en Français, parfois, les deux réseaux la présentait dans un discours Anglais sur les ondes anglaises et un discours en Français sur les ondes francophones pendant le temps des Fêtes ou pour la Fête du Canada et d'autres circonstances.

On le remarque : ce n'est plus le cas.  Lorsqu'elle parle, actuellement, elle parle aux Anglais du Canada, elle parle aux Canadians.  Elle nous ignore totalement.

Remarquez qu'on lui rend bien avec le drapeau plein mât à la suite du décès de la Reine Mère et lors de ses visites plus ou moins nécessaires ou obligatoires au Québec dans ses chefs-lieux frontaliers.

Avec une telle connaissance de ses faits, qu'est-ce qui NOUS empêcherait de dire officiellement et que ce soit officiel sur tous les documents du Québec, que le Québec est Un Peuple, Une Nation, Un Pays ?

Non seulement le dire mais que ce soit dans des écrits formels, les documents formels, les sites internet formels du Pays du Québec ?

Au pire, il y aurait des réactions à Ottawa.  Un fait accompli, n'est-il pas un fait accompli ?

Avec l'ensemble des connaissances que vous nous avez transmis, jusqu'à présent, je ne sais pas si vous me compteriez parmi vos "bons" élèves, vos "bons" étudiants ?

Est-ce que ma façon d'aborder ces questions conviendraient à votre enseignement ?

Bien amicalement et au plaisir de vous lire à nouveau,

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
René Marcel Sauvé
samedi 3 mai, 2003 23:13

Monsieur Bertrand,

À Toronto, j'ai enseigné à une caste, celle des intellectuels plus ou moins indépendants, avec des enfants semblables à eux. Même les autorités étaient très indépendants d'esprit et pour cette raison, j'ai été libre de faire ce que je voulais.

Jamais je n'aurais été invité à enseigner dans une grosse institution de riches loyalistes et je ne me faisais aucune illusion à ce sujet.

À Toronto, pendant les années où j'y étais, 70% de la population était d'origine et de langue étrangère à l'anglais et les étudiants de mes classes parlaient généralement entre vingt et vingt cinq lanques différentes et de toutes les religions. Le métro de Toronto a des affiches dans 120 langues.

Il me fallait donc procéder par le moyen de dénominateurs communs universels, afin de rejoindre tout ce monde venu de partout et de toutes les croyances. Je l'ai vu comme un événement exceptionnel dans une vie.  Or, le principal dénominateur commun universel en matière de spéculation rationnelle est Aristote. Tout le monde le connaît et le reconnaît. Toutes les définitions que j'ai données s'inspiraient de la pensée aristotélicienne et je n'ai eu aucune difficulté, ni avec les Juifs, les Musulmans, les Européens de l'Ést, les Arabes, les Iraniens (très nombreux), les Européens de l'Ouest et les quelques Ontariens d'Origine. J'ai eu quelques Québécois avec qui j'ai travaillé de toutes mes forces à aider, car ils avaient énormément de difficultés avec....le français.

Les plus grandes difficultés me sont venues des Franco-Ontariens, tellement conditionnés à parler anglais que je devais continuellement les pousser à parler français. Fait important à retenir: les Franco-Ontariens étaient plus royalistes et portés à la soumission servile que les Anglo-Saxons, alors que les Nord-Africains parlaient toujours français entre eux.

Les Russes, les Allemands, les Israéliens, les Arabes, les Iraniens, les Croates et les Portugais des familles instruites parlaient et écrivaient en français et je pouvais les corriger sans provoquer de réaction hostile de leur part.

Donc, pour toute la matière enseignée, je devais chercher le dénominateur commun universel avec lequel tous les élèves s'identifieraient sans difficulté. De nombreux auteurs sont universellement reconnus parce que la portée de leurs écrits est universelle et c'est ce qui compte.

Comme dans l'armée, il y a toujours eu quelqu'un au gouvernement qui me protégeait, à Ottawa et à Toronto.

Cette complicité ne m'a jamais manquée.

Ce qui nous empêchait de dire officiellement que le Québec est beaucoup plus qu'un statut particulier est l'ignorance.

Voici quelques thèmes à reconnaître:

1. Le foyer national d'un peuple. Lester B Pearson l'a reconnu mais les gouvernements du Québec ne se sont pas rendus compte de l'importance de cette reconnaissance qu'ils auraient pu développer, je ne dis pas exploiter. Ce n'est pas difficile de dire que le Québec est le foyer national d'un peuple (Quebec is the home of a people) ce qui est reconnu en Ontario depuis le milieu des années soixante. On peut spécifier que le statut officiel du Québec (de jure) est celui d'une province inféodée à un pouvoir unitaire et arbitraire, mais que dans les faits, le Québec est le foyer national d'un peuple, qu'on peut traduire par national homeland.

2. Foyer d'une nation distincte (homeland of a distinct nation)

Une nation est une société territoriale, qui possède son territoire, duquel elle tire la subsistance, l'identité et la raison de vivre.

Le terme posséder, distinct du mot avoir, a d'abord une signification biologique, qui se rapporte à l'osmose et la symbiose territoriales.

C'est ce qui distingue la territorialité humaine de la territorialité animale.

3. Siège d'un État distinct, par le développement de nos institutions nationales.

Notre osmose territoriale s'est réalisée à partir du moment où les premiers défricheurs ont commencé à faire de la terre pour en vivre. Tout le travail d'une osmose territoriale par un peuple ne prétend pas davantage. Primo vivere, disent les Romains. Or, la terre du Québec est une des plus dures et les plus ingrates du monde. Par contre, nous avons peu à peu réussi à en faire un milieu et un foyer de vie, ce que le Québec n'est pas à l'état primitif parce qu'il comporte trop de difficultés et d'obstacles géographiques, que nous avons presque tous vaincus.

Cette progression en continuité s'est accomplie sous les trois régimes extérieurs que nous avons connus: celui de la Monarchie française, puis celui de la Monarchie anglaise et depuis les débuts du 19e siècle, celui des United Empire Loyalists et des Orangemen, héritiers présomptifs de tout le territoire du Canada.

Comment celà a-t-il été possible alors que nous n'étions qu'une population de colons pauvres, sans moyens et sans défense, abandonnés et laissés seuls dans le Saint Laurent, d'où il a été question de nous déporter comme les Acadiens, avec octroi des terres que nous avions conquises par un travail acharné, à des colons anglais, écossais, irlandais et gallois "méritants".

Les Anglais ont cette manie cruelle de déposséder les peuples qui ont travaillé à construire un domaine viable et profiter ainsi du travail et de la misère des autres. Lorsqu'ils disent:" This is english territory, belonging to His Majesty the King or Her Majesty the Queen, le seul moyen de les déloger est la guerre et encore, en matière de guerre,ils sont plus malins que les autres, car ils savent planifier leur stratégie à long terme. C'est d'eux que j'ai appris les principes de stratégie que je cherche (désespérément) à vous inculquer tous.

IL NOUS FAUT LES APPRENDRE ABSOLUMENT ET APPRENDRE À LES METTRE EN PRATIQUE.

Les Anglais sont particulièrement forts dans l'application du principe de concentration et d'économie de l'effort. En somme, ils ne s'avancent que lorsque le terrain est sûr.

Avec les Anglais, donc, nous étions perdus.

Comment se fait-il que non seulement nous avons survécu, mais, paradoxalement, nous avons réalisé une osmose territoriale par un mouvement sui generis, une symbiose entre la région oékoumène et les régions naturelles adjacentes et de plus, nous avons construit les moyens de notre propre État, lequel État existe par fait accompli (de facto) ?

Comme je l'explique dans mon Géopolitique et avenir du Québec, la réponse n'est pas simple mais complexe, puisqu'elle comprend la géographie, l'histoire, la présence chez nous d'une langue d'État,
des réussites et des actes et par dessus tout, le départ des Loyalistes du Québec pour aller s'installer en Ontario méridional, afin de bloquer la pénétration américaine dans les basses terres des Grands lacs.

Ce vaste mouvement migratoire est une des conséquences de l'ouverture du canal Érié dans la vallée de la Mohawk en 1825.

Nous reviendrons en détails sur ces sujets car nous devons tous acquérir cette conviction que nous sommes bel et bien un peuple, que le Québec est notre foyer national, donc, nous sommes aussi une nation et de plus, nous possédons les assises de notre propre État.

Je suis le premier fou à introduire ces thèses en 1994, avec la publication de Géopolitique et avenir du Québec, après trente années de recherches et de tâtonnements.

Je ne peux m'attendre à voir les étudiants et les lecteurs comprendre d'un coup ce que j'ai mis plus de trente années à comprendre.

Les certitudes à ce sujet sont venues très lentement, car j'allais à l'encontre des idées reçues à notre sujet.

Les premiers lecteurs en masse de ce livre a été le cabinet de Jean Chrétien, qui a fait acheter toutes les copies vendues à Ottawa, car puisque mon texte avait reçu un accueil très favorable dans le Monde Diplomatique de septembre 1994, il était considéré comme une menace au pouvoir central d'Ottawa et il fallait par dessus tout ne pas attirer l'attention sur le sujet. D'où absence totale de publicité et de discussions de la matière dans les média. Celà ne me décourage nullement.

Il y a un an, un ami militant m'a proposé de m'introduire aux ordinateurs que je ne connaissais pas et à l'Internet: "Tu vas faire du chemin par ce moyen", me dit-il. Et il avait raison.

Quant à être reconnu, il ne faut pas s'y attendre car c'est à nous et à nous seuls qu'il appartient de nous reconnaître en premier lieu, ce qui n'est pas encore fait, loin de là.

Le travail à faire est immense.

Qu'on se mette dans la tête que personne d'autre ne nous reconnaîtra si nous ne nous reconnaissons nous-mêmes en premier lieu, avec l'argumentaire approprié et pertinent.

Nous reprendrons tous les thèmes que vous proposez mais ce soir, je dois m'arrêter car je suis fatigué après une journée de voyage.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
Robert Bertrand
samedi 3 mai, 2003 23:29

Bonsoir Monsieur Sauvé,

Sachez que je vous lis passionnément.

Je vous ai déjà signalé d'avoir une école pour former notre monde.

J'irais bien suivre vos cours malgré mes 69 ans.

Et je sollicite les plus jeunes à vous lire et à comprendre ce qui est écrit.

Il faut le reconnaître, il n'y en a pas beaucoup qui s'astreigne à lire, à comprendre et à questionner.

Je vous remercie de prendre le temps de nous inculquer autant de choses de votre savoir comme homme de l'armée, comme homme de lettre et comme être humain de grande qualité.

Un bon repos et à bientôt,

Robert Bertrand

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Un fait accompli ?
Etienne Boulay
samedi 3 mai, 2003 22:34

Cette solution avancée par plusieurs qui est de mettre Ottawa devant un fait accompli, la souveraineté, est difficilement envisageable.

Imaginons quelques instants la réaction d'Ottawa à l'anonce que le Québec proclame unilatéralement la souveraineté.  La machine se mettrait vite en marche pour discréditer le gouvernement du Québec et soulever la révolte des groupes anglophones et cie.  Dans un tel scénario, il serait même possible de voir un coup d'état.

Cependant, si l'appui à la souveraineté était de 50 ou 60% alors une telle déclaration deviendrait peut être crédible.

À moins que cela face l'affaire d'Ottawa?

Etienne Boulay
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Un fait accompli ?
René Marcel Sauvé
samedi 3 mai, 2003 23:29

Monsieur Boulay,

Je n'imagine rien parce que je suis géographe et non journaliste ou politicologue ou sociologue. Le terme fait accompli me semble avoir été très mal compris.

Nous sommes un peuple, une nation et un État de fait (de facto) et c'est ce que NOUS devons reconnaître pour nous-mêmes en premier lieu et ce que nous ne faisons pas parce que nous avons l'habitude de chercher de fonder nos statuts sur des expédients plutôt que des principes.

C'est dans ce but que j'ai travaillé et cherché pendant plus de 30 ans et finalement publié Géopolitique et avenir du Québec chez Guérin en 1994.

Il faut en premier comprendre ce que signifie devenir une nation et un État de facto et comment on peut le faire reconnaître de jure comme les autres ont fait depuis les derniers six millénaires.

Ce que j'affirme à ce sujet est de la géographie historique et de la géopolitque et non du sensationnalisme.

Je ne suis pas vendeur non plus. J'ai fait mon travail, faites-en ce que vous voulez.

Ma conclusion aujourd'hui est la même qu'il y a six ans au moment de la parution de ce livre:

Si les Québécois ne se reconnaissent pas en premier lieu, personne ne le fera pour eux. Personne, je répête, personne n'a jamais reconnu un peuple, une nation et un État qui ne s'était pas reconnu comme tel en premier lieu.

Il n'y a aucune solution magique à ce problème pas plus que celui de nos rapports avec l'État centralisateur, unitaire et arbitraire d'Ottawa.
La stratégie consiste à savoir agir, non à se chercher des formules toutes faites.

Je ne crains nullement Ottawa, je ne crains que la NOLONTÉ québécoise, potentiellement catastrophique.

J'ai bien dit Nolonté, et non Volonté, expression que j'emprunte à Mirabeau.

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
Valérien Lachance
dimanche 4 mai, 2003 08:42

Bonjour monsieur Sauvé,

    Vous écrivez:

   " Les premiers lecteurs en masse de ce livre a été le cabinet de Jean Chrétien, qui a fait acheter toutes les copies vendues à Ottawa, car puisque mon texte avait reçu un accueil très favorable dans le Monde Diplomatique de septembre 1994, il était considéré comme une menace au pouvoir central d'Ottawa et il fallait par dessus tout ne pas attirer l'attention sur le sujet. D'où absence totale de publicité et de discussions de la matière dans les média. Cela ne me décourage nullement. Il y a un an, un ami militant  m'a proposé de m'introduire aux ordinateurs que je ne connaissais pas et à l'Internet: "Tu vas faire du chemin par ce moyen", me dit-il. Et il avait raison."

    Quelque temps après la défaite du référendum de 1995, je me souviens d'avoir entendu une émission télévisée au sujet de la  stratégie que devait adopter Ottawa pour contrer la montée  souverainiste au Québec. Je ne sais qui, ni à quelle émission où l'on discutait de la "tactique militaire envisagée" pour  renforcer le pouvoir central du gouvernement d'Ottawa.

    N'avons-nous pas vu depuis ce temps, la marée montante des initiatives du gouvernement fédéral dans bien des domaines, notamment la création  du Conseil de  l'Unité canadienne,  le "tapissage" de drapeaux canadiens au Québec, l'invasion du gouvernement central dans les domaines réservés aux Provinces comme celui de la santé, les bourses du millénaires et tout ce que  l'on ne voit pas et ne savons pas ?

    En homme indépendant que  vous étiez et êtes toujours, rempli d'un savoir utile pour bâtir un État libre, vous avez mis votre talent, vos connaissance et votre expérience au service de ceux et celles qui ont su les reconnaître.

Sans vantardise vous avez expliqué, dit et redit cent fois le même discours à qui voulait bien l'entendre.

Quant à moi, le talent en moins, j'aurais agi de la même façon.

À nous Québécois de nous ouvrir les yeux maintenant et reconnaître la valeur de la tactique et l'approche que vous nous proposez pour rendre le Pays du Québec à sa pleine maturité.

Merci monsieur Sauvé et

Bonne journée,

Valérien Lachance
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
René Marcel Sauvé
dimanche 4 mai, 2003 10:18

Monsieur Lachance,

Ce que vous appelez avec justesse la marée montante des initiatives du gouvernement fédéral n'est au fond qu'une suite d'expédients commodes pour gagner du temps.

Ottawa n'a pas de stratégie, seulement des tactiques, des mesures à court terme, pour obtenir un effet immédiat, sans continuité. C'est de l'arbitraire et l'arbitraire n'a jamais empêché aucune empire de s'écrouler lorsque son heure est venue.

Ottawa est un État artificiel, construit par une oligarchie (il faut en comprendre le sens), sur une capitale artificielle, réelle et dangereuse pour nous, certes, mais que nous devons reconnaître pour ce qu'elle est: un expédient qui tente d'agir à long terme et se maintenir à perpétuité, envers et contre nature.

Le Québec est un État naturel, un État qui a débuté par un mouvement sui generis (j'insiste sur ce point) à l'intérieur de conditions favorables, tant dans l'immédiat que pour le long terme, en langue savante, tant dans le moment que dans l'instant, dans le changement et dans la continuité.

Regardez cette grande carte du Québec que vous avez su bien illustrer.

Elle montre le Québec comme le noyau dur d'un fruit qui attend sa saison pour germiner.

La vallée du Saint Laurent est le coeur de ce noyau et les régions adjacentes en sont la carapace.

En biologie, le noyau est le lieu où se dépose l'hérédité et d'où une nouvelle vie va germer. N'est-ce pas là notre histoire ? Que sont quatre ou cinq siècles dans une vie collective comme la nôtre ? Peu de temps.

La vie moderne, trépidante, centrée sur le moment isolé, nous a fait perdre le sens de l'instance, qui s'inscrit à l'intérieur d'une continuité qui se poursuit depuis maintenant quatre siècles. D'où notre grande difficulté à comprendre le sens d'une naissance et d'une croissance
sui generis, protégée par la nature, suivant une continuité providentielle, tant dans l'espace que dans le temps.

Nous avons connu des épreuves ? Et après ? D'autres peuples ont souffert beaucoup plus que nous, dans le corps, dans l'âme, dans l'esprit et dans le coeur. Nous ne sommes pas le seul peuple à avoir subi les foudres anglaises dans l'Empire Britannique.

Le sort réservé aux Irlandais, aux Écossais celtiques, aux Gallois, aux Acadiens, aux Yankees de Nouvelle Angleterre, qui ont vécu beaucoup plus de pendaisons publiques, destructions de récoltes et de réserves alimentaires et incendies de fermes et de propriétés que nous.

Pensons aux Boers d'Afrique du Sud, presqu'exterminés, aux Australiens et aux Néo-Zélandais. Même le peuple Anglais chez eux a été maltraité par ses classes dirigeantes et possédantes. Vous avez sans doute lu: La condition de la classe ouvrière en Angleterre, par Friedrich Engels. Ce n'est pas un roman à l'eau de rose.

Je suis marié depuis 48 ans avec une anglaise originaire de l'Angleterre industrielle, le nord-est. Son père a travaillé dans les usines de textiles alors qu'il n'avait que douze ans. Il a passé sa vie entière dans ces usines, alors que, sous la pression des syndicats, les conditions de travail ont fini par s'améliorer. Il n'a quitté que momentanément, de 1914 à 1917, pour aller obligatoirement dans l'armée défendre les intérêts des riches et il a été blessé dans les Flandres. Malgré tout, il a vécu et est demeuré actif jusqu'à  82 ans et il travaillait encore quelques journées par semaine.

Il a été un témoin de son temps.

Mon propre père a travaillé presque toute sa vie comme mécanicien de machines à tisser chez Dominion Textile, à Valleyfield d'abord, puis à Saint Henri et finalement, dans le "moulin" d'Hochelaga.

Lorsque nous nous sommes rencontrés à Montréal pendant l'automne de 1953, la jeune anglaise qui est devenue ma femme n'était pas une étrangère. Nous avions quelque chose en commun. Elle a appris le français, s'est assurée que les enfants aillent à l'école en français et elle est devenue membre et militante avec le Parti Québécois. Comme Daniel Turp, élu dans Mercier, elle est originaire du Yorkshire, dans le nord-est de l'Angleterre, ancienne colonie norvégienne comme la Normandie en France.

Je suis allé à maintes reprises dans le Yorkshire, particulièrement dans le district de Haworth, immortalisé par les soeurs Brontë. J'avais l'impression d'être dans le Saint Henri de Gabrielle Roy, avec plus de suie de charbon et de brume que chez nous.

L'essentiel pour nous doit consister à identifier l'oligarchie qui nous domine, l'Establishment, que nous devons mettre à sa place. La lecture des livres (traduits en français) de Peter C Newman va nous aider à y arriver.

Il faut aussi lire et étudier: Main basse sur le Canada. La tyrannie de la grande entreprise. Par Tony Clarke. Traduit en français par Florence Bernard et préfacé par Léo Paul Lauzon. Chez Boréal. J'ai oublié l'année et le nombre de pages. Très important à lire car il va nous permettre de mieux orienter notre action.

Tout celà dans le but de mettre en pratique le premier principe de la stratégie et je répète jusqu'à temps qu'il entre dans le fond des consciences:

Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation.

Les autres principes s'en suivent logiquement et ontologiquement.

Autrement, nous ne ferons que nous épivarder, nous énerver, nous émotionner, frapper dans le noir et aller nulle part.

Bonne journée,

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
René Marcel Sauvé
dimanche 4 mai, 2003 14:39

Monsieur Bertrand,

Vous écrivez

Cet enseignement de la géographie politique (à Toronto) a bien dû servir aux Autorités du Canada contre le Québec pour marquer comme ils l'ont fait depuis 1995, par exemple.

Cet enseignement a surtout servi à l'Ontario, comme contribution pour inciter les Ontariens à se reconnaître eux aussi comme un État. Aucun de mes étudiants, que je sache, n'est allé travailler pour Ottawa. Ils sont presque tous allés travailler pour l'Ontario et les organismes internationaux, pour lesquels je les avais aussi préparés.

D'autres sont retournés dans leur pays, notamment les Croates, les Tchèques, les Allemands, les Chinois et les Israéliens.

D'autres, garçons et filles, ont entrepris de voyager partout dans le monde et m'envoient de temps à autre des cartes postales, m'accusant d'être responsable de leur envie folle de voyager autant et de séjourner sur place assez longtemps, comme je leur ai fait faire pendant leurs études, alors que j'organisais les voyages et les accompagnais.

Au moment de la signature du Canada Act du 17 avril 1982 entre P.E. Trudeau et SM la Reine. j'étais à Washington et en Virginie avec un groupe nombreux d'étudiants, qui n'ont rien vu de ce qui se passait à Ottawa parce que les média américains n'en ont rien rapporté. Le Canada est trop insignifiant pour eux. Je me suis bien gardé de leur en parler.

Je poursuis mon investigation sur la progression de l'idée d'État en Ontario. La lecture récente du bouquin de John Ibbitson: Loyal no more, Ontario's struggle for a separate destiny (Harper Collins 2001), m'a appris qu'un progrès réel dans ce sens était en train de s'accomplir.

Récemment, une journaliste en bon terme avec Stéphane Dion a été informée par lui  que le gouvernement d'Ottawa s'inquète de la montée de l'idée d'État en Ontario."The name of the game is power and statehood" ai-je expliqué aux élèves, avec explication en français formel et beaucoup ont compris.

Beaucoup d'organismes publics ontariens ne portent plus de serment à la Reine, dont la police provinciale de l'Ontario et le Upper Canada Law Society, équivalent de notre Barreau du Québec. Je vois venir le jour ou les élus au parlement de Queen's Park à Toronto ne porteront plus de serment à la Reine, probablement longtemps avant que nos pleutres en fassent autant. Je crois que c'est un parlementaire britannique qui a dit: "The last shot in the defense of the British Empire will be fired by a French Canadian". Pauvres de nous.

Pensez un instant au combat féroce qu'Ottawa se prépare à livrer, un combat perdu d'avance mais que le gouvernement fédéral essaiera de résoudre par le bluff, le chantage, la manipulation, la menace, la propagande effrénée et autres expédients commodes.

Je me demande ce que fera Jean Charest lorsqu'il se trouvera pris dans l'engrenage? Je pense encore à cette maxime de Stéphane Zweig:
 

On trouve souvent son destin sur le chemin qu'on prend pour l'éviter.


Je ne serai pas du tout surpris de voir Jean Charest organiser le référendum que les péquistes n'étaient pas sûrs de vouloir organiser.
Le politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Indépendance de l'Ontario
Valérien Lachance
dimanche 4 mai, 2003 16:49

Bonjour,

Après  avoir lu les textes qui précèdent je retiens une  idée pour activer l'idée de l'indépendance du  Québec.

D'abord il s'agit de suivre une des consignes de monsieur Sauvé, passer à l'attaque, sortir de la position défensive, développer une ou plusieurs stratégies opératives et effectives!

Voici une suggestion.

Dans cette suggestion, je crois que la population du Québec réagirait  favorablement dans le seul but de ne point être devancé, réflexe national négatif, exploitable dans un but progressif !

Exemple:

Rendre public le fait que l'Ontario, ( non la Province d'Ontario) se prépare fébrilement à devenir un État Souverain, et qu'en fait,  il l'est déjà ( de facto ) Il ne lui reste qu'à obtenir la reconnaissance officielles de sa population, et qu'à cet effet, il peut compter sur la reconnaissance du Québec !

En faire une primeur journalistique, à la Une, un scoop comme on dit !

Plusieurs Québécois sortiraient de leur torpeur y compris le parti Libéral de Jean Charest.

Une grande ouverture s'offre à nous dans le domaine du "fait accompli" . Il  s'agir d'élaborer un projet !!

Qu'en pensez-vous ?

V L
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Monsieur René Marcel Sauvé :
votre enseignement ?
René Marcel Sauvé
dimanche 4 mai, 2003 18:46

Dans le Journal de Montréal d'aujourd'hui, en page 10, une photo du nouveau commandant militaire du Secteur Québec en train de signer sa prise de commandement.

Il s'agit du brigadier général Gaston Côté.

Cette cérémonie s'est faite en présence de madame Lise Thibault, lieutenant-gouverneur de Québec, représentante de Sa Majesté la Reine à Québec et non représentante du Québec qui n'est qu'un espace géographique inféodé et par conséquent n'existe pas, ni comme peuple et encore moins comme nation et État.

La cérémonie a eu lieu à la base de Saint Jean sur Richelieu, où j'étais muté en octobre 70.

En juillet 1971, à l'occasion de mon transfert de la base de Saint Jean sur Richelieu vers le Commandement de la Force Mobile à Saint Hubert, on m'a fait une petite cérémonie dont je vais vous raconter les détails.

Quelqu'un a fait un petit discours en mon honneur et à un moment donné, on m'a fait un joli petit cadeau, sous forme d'un grand cylindre de papier rond.

Puis le maître de cérémonie m'a dit: "Open it Marcel".

Ma femme et les autres épouses étaient présentes sur place.

Je l'ai ouvert et déployé.

C'était un drapeau canadien, un unifolié, dont on me faisait cadeau pour me rappeler que je suis un Canadian et pas autre chose.

Comme officier commissionné par Sa Majesté la Reine et toujours en service, je ne pouvais pas le refuser sans commettre un crime de lèse majesté.

Comme Québécois, je ne pouvais pas l'accepter non plus.

Bref, on me tenait solidement en tenailles. Il n'y avait rien à faire, en apparence du moins.

Tenant le drapeau dans un geste solennel dans mes mains, je me demandais que faire lorsqu'un petit démon est venu à ma rescousse.

En effet, il existe au fond des enfers un démon de la politique, Il s'appelle Belphégor. Il est un des sept archidiables qui règne au fond de l'enfer et Machiavel en a parlé dans une de ses histoires florentines célèbre qui porte justement pour titre: Belphégor. Selon Machiavel, cet archidémon avait été envoyé sur terre pour faire enquête sur une question particulière dont tous les démons voulaient savoir la réponse.

Je ne vous donnerai pas le sujet de cette enquête, pour éviter d'aggraver une nouvelle guerre des sexes.

Bon j'en ai déjà trop dit.

Moi, catholique pratiquant, je sais que je peux  lui demander de petits services, sans toutefois m'engager à son égard.

Je ne sais pas si je me suis réellement adressé à lui, peut être inconsciemment parce que j'étais réellement mal pris, mais à un moment donné, il m'a semblé voir une petite fumée noire sortir du plancher sur lequel je me tenais et une petite voix malicieuse me chuchoter quelque chose à l'oreille.

Maintenant, je savais ce que je devais faire.

Lentement et d'un geste encore plus solennel, j'ai levé le drapeau devant moi et j'ai dit, en anglais, lentement et en martelant chaque mot, pour être bien compris:

"This is a premature gesture on your part. Notwithstanding, I accept the surrender of your flag". (Ceci est un geste prématuré de votre part.

Néanmoins, j'accepte la reddition de votre drapeau)


J'espère que vous savez tous ce que veulent dire les verbes reddition et "surrender".  Lorsqu'on perd une guerre, on remet ses drapeaux. C'est l'acte de reddition.

Il y eût un grand cri dans la salle et des officiers se sont levés d'un coup pour m'enlever le drapeau.

Étant de constitution robuste, encore lutteur olympique, puisqu'à 41 ans, pendant que j'étais en service à Saint Jean, j'avais gagné la médaille d'or à l'Omnium de Montréal, (catégorie poids lourd (220 livres), capable d'étendre un homme par terre d'une seule mornifle, ma réputation était faite et personne n'a osé s'approcher.

Je suis resté froid, de glace, sans joie sans haine, comme l'enseignent Machiavel et son disciple Richelieu. Lentement, j'ai remis le drapeau dans son emballage et je suis parti.

Ma femme m'a dit:

"Je ne te savais pas si malin".


Le brigadier Côté n'a pas trouvé de phrase pour retourner l'événement qui rappelle aux Québécois leur inféodation à un pouvoir extérieur à eux.

Décidément, il ne connaît ni Machiavel, ni Richelieu, Talleyand, Metternich et le démon Belphégor.

Les Anglais, qui connaissent bien ce démon, lui ont composé une marche militaire qui porte pertinemment pour titre: Belphégor.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Enseignement
Robert Bertrand
lundi 5 mai, 2003 00:55

J'ai complété une page qui porte le nom d'ENSEIGNEMENT.

Vous avez, Monsieur, des élèves assidus dans l'arène virtuelle.

Vos élèves vous questionnent et aimablement, le professeur donne des réponses.

Les réponses nous amènent vers d'autres questionnements.

Voici le mien à la suite de la réalisation de cette page.  Vous comprendrez qu'il nous faut lire et parfois relire pour s'assurer de bien présenter et au besoin, corriger, s'il y a lieu de petites erreurs de frappes.

Voici ma question, pour ce début de journée suite à votre intervention de samedi le 3 mai, 2003 23:13 :

Vous nous dites :

"Voici quelques thèmes à reconnaître:

1. Le foyer national d'un peuple. Lester B Pearson l'a reconnu mais les gouvernements du Québec ne se sont pas rendus compte de l'importance de cette reconnaissance qu'ils auraient pu développer, je ne dis pas exploiter. Ce n'est pas difficile de dire que le Québec est le foyer national d'un peuple (Quebec is the home of a people) ce qui est reconnu en Ontario depuis le milieu des années soixante. On peut spécifier que le statut officiel du Québec (de jure) est celui d'une province inféodée à un pouvoir unitaire et arbitraire, mais que dans les faits, le Québec est le foyer national d'un peuple, qu'on peut traduire par national homeland.

2. Foyer d'une nation distincte (homeland of a distinct nation)

Une nation est une société territoriale, qui possède son territoire, duquel elle tire la subsistance, l'identité et la raison de vivre.

Le terme posséder, distinct du mot avoir, a d'abord une signification biologique, qui se rapporte à l'osmose et la symbiose territoriales.

C'est ce qui distingue la territorialité humaine de la territorialité animale.

3. Siège d'un État distinct, par le développement de nos institutions nationales.

Mon questionnement est le suivant :  C'est le Québec, finalement qui ne se reconnaît pas ?

Les autres nous le disent et on ne se reconnaît pas.  C'est bien ce que je dois comprendre ?

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D'autre part vous nous mentionnez ce qui suit :

"Il y a un an, un ami militant m'a proposé de m'introduire aux ordinateurs que je ne connaissais pas et à l'Internet: "Tu vas faire du chemin par ce moyen", me dit-il. Et il avait raison. "
Ce soir (dimanche, 4 mai 2003) je regardais une émission sur TV5.

Monsieur Bernard Pivot questionnait un certain Cheik Mobido Diarra.  Je n'ai pris que la fin de cette émission.  Ce Cheik est affilié avec l'Université de Boston et donne son enseignement virtuellement aux Africains dans au moins 5 ou 7 Pays.

Ce qu'il nous a dit, c'est qu'il donne des cours et des diplômes pour les étudiants qui réussissent, de vrais diplômes et non ceux que l'on achète sur internet, pour avoir suivi des cours sur tous les aspects de la société.

Ces cours sont suivis par plus de 25,000 élèves à 50,00$ pour l'inscription et les cours.  Pour les Africains.

Les mêmes cours qui sont donnés à l'Université de Boston, les étudiants doivent payer quelque 20,000 $ et plus, annuellement.

Il y a une porte d'ouverte pour des cours donnés sur internet.

Pourquoi toujours devoir créer de nouveaux établissements pour faire venir les étudiants alors qu'ils peuvent réussir, chez eux, dans leurs maisons ?  Les cours sont donnés sur écran géant dans des classes ou des lieux déterminés dans chacun des Pays Africains participants.

Un cours sur la stratégie, sur les principes, sur le Statehood, et tout le reste.  Cela peut se réaliser.  En s'affiliant avec une Université et avec du bon vouloir.

Avec Internet, le ou les professeurs sont à Boston et les élèves sont en Afrique.  Les élèves pourraient être au Québec également ? Non ?

Tous les sujets sont possibles.

Sur la page suivante, on nous parle de l'Afrique virtuelle :

En 1974 je formulais des propositions pour que ce soit possible.  Il y a des cours à distance, présentement, mais ils sont aussi dispendieux que si on allait les prendre à l'Université.

Ce Cheik qui a l'allure toute humaine et fort aimable a su allier le savoir et le peuple ou disons mieux, les peuples des Pays Africains.  Pourquoi pas tous les Peuples de la terre ?  Il doit bien y penser !

Il n'y a pas d'âge pour bien faire.  Il doit bien y avoir une place pour des Québécois dans cette Université de Boston, si on ne s'en fait pas ici ?

Je vous laisse là-dessus pour ce soir.

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Enseignement
René Marcel Sauvé
lundi 5 mai, 2003 10:10

Monsieur Bertrand,

Décidément, vous allez me faire travailler mais je m'en réjouis.

J'aime avoir du travail à faire et à 72 ans, je suis trop jeune pour même penser à la retraite. On s'en reparlera dans 20 ans.

Je pense à Sophocle, qui a écrit sa pièce maîtresse Oedipe-roi à l'âge de 75 ans. Il a  fallu presque 2000 ans à l'humanité pour en comprendre la profondeur et Freud en a été le premier interprète des Temps modernes. Qui m'a enseigné que c'est un péché grave contre l'Ésprit de cesser d'étudier et de s'instruire, même à 90 ans, péché grave parce que celui ou celle qui refuse de poursuivre sa formation se croît tellement supérieurement intelligent et en possession d'un savoir absolu, à ce point qu'il ne lui vient pas à l'idée qu'il ou elle ne connaît rien.

Qui m'a enseigné celà, pensez-vous ? Des prêtres catholiques comme ceux que je vois chaque dimanche ? NON. Des rabbins dans une synagogue où je suis allé prendre des cours pendant que j'enseignais à Toronto.

Toute cette histoire a commencé dans une salle de classe.

Je parlais de statut territorial et je citais l'Ancien Testament lorsque je me suis fait rabrouer par une élève, une jeune juive qui m'a laissé (charitablement j'ajoute) entendre que je ne savais pas de quoi je parlais.

J'en ai été mortifié.

J'avais des amis chez les Jésuites de Toronto, des Africains du Zaïre, dont plusieurs venaient de la forêt. J'étais étonné de leur savoir, que ne possèdent pas la majorité de nos prêtres diocésains. Je leur ai fait part de mes inquiétudes face à mon ignorance de l'Ancien Testament et ils m'ont conseillé de les accompagner (les conduire en fait parce qu'ils avaient aussi besoin de transport) chaque samedi matin prendre des cours dans une synagogue et participer aux Bar Mitzvah qui suivent.

Chez les Juifs, le Bar Mitzvah est le prédécesseur de notre cérémonie de confirmation.

Ces Africains, jésuites tout à fait en ordre, lisaient l'hébreu. À l'âge adulte de 36 ans, ils venaient à peine de recevoir l'ordination et leur communauté exigeait qu'ils poursuivent leurs études. À les voir avec leurs cicatrices tribales au visage, on en aurait facilement tiré d'autres conclusions. Les rabbins leur ont fait comprendre qu'étudier est aussi nécessaire chaque jour que l'air qu'on respire et la nourriture qu'on doit prendre.

Quand ils parlaient de péché, les rabbins insistaient sur le péché contre l'Esprit, le plus grave de tous, celui qui conduit vers la damnation éternelle. On retrouve toutes ces thèses dans Martin Buber: Je et Tu, que chaque Québécois et chaque Québécoise doit lire. La lecture et l'étude de Je et Tu est recommandée par le Pape actuel.

Le péché sexuel, laissez ça aux médecins, aux psychiâtres et aux moralistes.

Pensez sexualité en termes d'amour sponsal. Saint Thomas d'Aquin est d'accord. C'est dans l'esprit que se trouve le vrai péché et c'est là qu'il faut arracher le scandale qui nous empoisonne tous.

Comme catholique pratiquant, je me suis demandé comment il se fait que l'Église n'a jamais décrété que c'est un péché grave de refuser de s'instruire et d'instruire les autres afin qu'ils prennent conscience et puissent penser, s'exprimer et agir d'une manière authentique et vraie ?

Comme je ne veux pas commettre de péché contre l'Esprit, alors j'étudie chaque jour et je me laisse instruire par quiconque a quelque chose à dire et à enseigner.

Le fait d'enseigner demeure un cheminement privilégié vers le savoir, car, comme disent les Romains, enseigner, c'est apprendre deux fois.

Les réactions des élèves nous obligent continuellement à nous remettre en question, Par exemple, je viens de constater que le terme "fait accompli" doit être pensé et expliqué davantage, car il peut porter à confusion.

J'aurais dû spécifier que le fait accompli peut se signifier différemment suivant le temps à l'intérieur duquel il s'accomplit.

Dans notre cas, celui de tout le Québec et des Québécois, notre statut de fait (par fait accompli) s'est réalisé en quatre siècles pour l'essentiel, et il reste beaucoup de travail à faire.

Il s'agit ici de stratégie, d'agir à long terme. Nous devons aussi nous instruire en matière de tactique, qui vise l'effet immédiat. Attention, cependant, le succès tactique ne doit pas compromettre la réussite à long terme. Toute tactique doit tenir compte de tous les principes de la stratégie, afin de faire progresser sa cause.

Par exemple, les mesures adotées par Ottawa pour augmenter ou renforcir son pouvoir sur les provinces et les inféoder davantage, dont le Canada Act de 1982 et tout ce que vient de mentionner monsieur Lachance lorsqu'il décrit la politique d'Ottawa après le référendum de 1995. Ottawa remporte des victoires tactiques mais risque de tout perdre à long terme.

Est-ce que  nous aurions pu, tactiquement parlant, bloquer toutes ces mesures. Oui, je le pense, mais nous ne sommes pas assez malins pour le faire.

Je dois m'expliquer pour ne pas être incompris.

Nous avons tous des zones d'ombre, des noirs obscurs que nous pouvons et devons exploiter à notre avantage.

D'où ma référence au petit démon Belphégor dans un texte précédent, celui qui m'a inspiré ce qu'il fallait faire lorsqu'on m'a présenté le drapeau canadien d'une manière piégée et ambivalente bien sûr.

Au sujet de l'ambivalence, il faut relire le texte que Madame Ferretti a publié et qu'elle a tiré du journal Le Monde, par le philosophe allemand Jürgens Habermas. C'est un texte pour adultes avertis qui veulent en savoir davantage.

Ce petit démon, nous le portons tous en nous-mêmes, nous sommes tous porteurs d'ombres. Nous ne sommes pas Lumière. Nous sommes tirés du néant, du noir absolu et conduits petit à petit vers la Lumière. Nous n'avons pas à nous croire arrivés.

Pour Ottawa, qui vit d'expédients, le fait accompli se situe dans l'immédiat. Il est tactique d'abord et procède par l'effet de surprise. (sixième principe)
Ensuite, il exploite le succès du moment pour se prolonger dans le temps et l'espace. Mais c'est là une autre question.

Quant à notre fait accompli à nous, à notre statut de peuple, nation et État, c'est à nous d'en reconnaître le fait accompli en premier lieu et les autres nous reconnaîtront ensuite.

Je dois quitter pour conduire ma femme en ville où elle fait ses exercices. En attendant, je vous propose de lire Vigile, section actualité, les textes sur le B'nai Brith de France, suivi d'un autre texte sur l'ignorance crasse de P.E. Trudeau, qui se manifesta lorsque René Lévesque fut élu en 1976. C'est un texte en anglais, qui porte pour titre: Trudeau warned U.S. envoy that PQ win could bring "radical, socialist" state on borders.

Surprenant que ce texte ait été publié par CanWest News Service. Comme quoi la vérité finit par faire son chemin.

À bientôt

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Un fait accompli?
Etienne Boulay
mardi 6 mai, 2003 14:00

Bonjour à tous,

M. Sauvé, vous écriviez avec justesse ceci:

Nous sommes un peuple, une nation et un État de fait (de facto) et c'est ce que NOUS devons reconnaître pour nous-mêmes en premier lieu et ce que nous ne faisons pas parce que nous avons l'habitude de chercher de fonder nos statuts sur des expédients plutôt que des principes.
En terme concret pouvez-vous nous expliquer ce que doit faire un gouvernement pour promouvoir cette position?  Et nous les militants souverainistes ?

Je constate aussi l'importance d'envisager nos faits et gestes sur une échelle de temps multi-générationnelle.  Cela est juste mais exige une grande perspicacité pour ne pas désespérer et tout laisser tomber.  Peut-on à la fois être d'accord avec une approche à long terme pour prendre pays et désirer nous-même goûter le pays?

Peut-être que la compatibilité du court et long terme réside dans le fait que la somme de nos actions pour prendre pays aujourd'hui et les actions posées par nos ancêtres pour prendre pays hier ainsi que celles de mes enfants pour demain constitue une équation plus ou moins équilibrée qui nous mènera à l'indépendance.

Évidemment, le fait de reconnaître et d'accepter une approche à long terme peut changer drastiquement nos actions à court terme.

Par exemple, le 15 avril je prônais l'unification des forces souverainistes pour accoucher d'un plan d'action échelonné sur 4 ans afin de préparer la population à la prise du pouvoir par un gouvernement péquiste proposant un référendum rapide sur la souveraineté.  Si je pense à court terme ce plan devient une ligne de pensée exigeante mais réaliste dans la mesure où plusieurs sont d'accord avec cette approche.  Mais si je pense à long terme, je n'investirai pas mes énergies dans un tel programme.  Au lieu de cela je favoriserai la naissance de projets individuels qui encouragent la prise de conscience, l'éducation, de la population à des valeurs fondamentalement souveraines.  J'ai quelques cartes dans ma manche
qui pourraient servir la cause, mais de m'investir dans de tels projets signifie que je fonde très peu d'espoir de réaliser la souveraineté de mon vivant et que je le fais alors seulement pour mes enfants et petits enfants.

Vous tous qui écrivez sur ce forum, croyiez-vous qu'il est possible de se donner un pays à court terme (d'ici 10 ans)?

Pour revenir à ma première question, je soumets un élément de réponse.

Pour que le Québec avance sur le terrain de son indépendance, il nous faut un parti politique (un PQ ?) qui osera confronter l'adversaire fédéraliste, qui osera prendre un vrai leadership contrairement à ce que nous a habitué le PQ.  Un tel parti devrait tenir des prises de positions courageuses.  Déclarer la guerre aux GESCA et R-C de ce monde, offrir une alternative à leurs informations biaisées.

Prendre des décisions unilatérales même si cela veut dire être en opposition complète avec le fédéral (loi 101 forte, loi contre les jeunes contrevenants, programme des bourses du millénaire...).  Bref ne pas avoir peur de frapper le poing sur la table et se gonfler le torse au lieu
d'abdiquer.  Combattre le feu par le feu?

Est-ce cela de se reconnaître comme un État ?

Etienne Boulay
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Un fait accompli?
René Marcel Sauvé
mardi 6 mai, 2003 16:13

Vous êtes sur la bonne voie, monsieur Boulay.

Avant les politiciens, il faut instruire le peuple et travailler de toutes nos forces à transformer son champ de conscience d'un peuple qui se croît "vaincu" comme on lui a planté dans la tête à un peuple qui a gagné toute la longueur et ne le sait pas.

Les politiciens vont suivre. Ils ne précéderont pas le peuple, pas au Québec pas plus qu'ailleurs en Amérique du Nord.

Nous sommes Québécois, descendants des peuples des mers froides de l'Europe du nord, avec racines françaises, gréco-latines, judéo-chrétiennes, anglaises par la domination britannique mais aussi parce que nos ancêtres ont conquis et dominé l'Angleterre pendant quatre siècles.

Nous sommes différents des Français des régions éloignées des côtes de la Picardie, Normandie, Bretagne, Anjou et Aquitaine. Tout comme en France, le caractère des gens diffère sensiblement d'une région à l'autre. Tout celà est naturel.

Nous sommes aussi des nord-américains, les premiers Européens en fait à avoir fondé une colonie en Amérique du nord.

Ces multiples apports, nous devons les assumer pour nous-mêmes et en tirer une synthèse originale et unique, qui soit notre affaire à nous.

En même temps, nous devons nous reconnaître nous-mêmes comme un peuple, une nation et un État mais nous manquons de l'argumentaire nécesaire pour être reconnus et c'est le but de mon travail de géographe, spécialisé en géopolitique (étude du statut de facto des États du monde) et de la polémologie (étude des conflits et des guerres) de trouver cet argumentaire dont l'utilité diplomatique est indéniable.

À cette fin, nous avons une grosse lacune à combler et ce n'est pas ce  qu'on serait porté à penser. Voici de quoi il s'agit:

Nous ne tenons pas d'annales, de comptes rendus détaillés de nos actes et c'est très important de le faire pour nous reconnaître nous-mêmes et identifier nos accomplissements.
Pendant la crise d'Oka, j'ai demandé à l'administration municipale si elle avait des annales de ses activités passées, afin de répondre aux accusateurs qui prétendaient que les Mohawks étaient possédants de facto comme de jure du territoire qu'ils occupent et à partir duquel ils nous font baver.  Rien, absolument rien.

Les journaux du Canada anglais et les revues avaient la partie belle contre nous. Surtout la Diane Francis, qui connaît l'importance des registres publics et qui peut se moquer de nous comme elle veut.

Construire un chemin dans le bois ne semble pas grand chose, mais si on ne se donne pas la peine d'en inscrire l'histoire quelque part, alors n'importe quel quidam ira raconter que nous n'avons jamais construit ce chemin et ne pouvons le revendiquer comme faisant partie de notre patrimoine légitime. De même pour tous les travaux d'aménagements du territoire, comprenant défrichements, épierrement, préparation des sols pour la culture, construction des voies publiques, des institutions et tout le reste.

Notre histoire est trop centrée sur les personnalités envisagées hors contexte et c'est une erreur grave.
Nous devons raconter notre histoire comme l'histoire d'une prise de possession territoriale par les réalisations qui sont les nôtres et aussi par le fait que NOUS avons acheté les domaines, terroirs et propriétés des Anglais, Écossais, Gallois, Irlandais et United Empire Loyalists.

À ma connaissance, seul Mgr Louis Zéphirin Moreau, qui était un saint homme par ailleurs et qu'on s'attend à voir canoniser, avait suffisamment les pieds par terre pour tenir compte des conquêtes qui ont été faites dans son diocèse (Saint Hyacinthe), par achats de propriétés appartenant aux Loyalistes. C'est lui qui a fait ouvrir les premières caisses populaires dans la cave de la cathédrale Saint Hyacinthe afin d'acquérir l'argent pour acheter les propriétés des Loyalistes en partance pour l'Ontario méridional, vingt ans après la construction du canal Érié aux États Unis et dont les Anglais en avaient perçu les effets et réagissaient en déplacant leurs pions vers le Niagara.

Tout saint homme qu'il était, Mgr Moreau a réalisé concrètement ce qu'il convenait de faire. (Voir son histoire par Jean Houpert, ancien secrétaire de la Faculté des Lettres de l'Université de Montréal et qui m'a enseigné l'histoire de la littérature française. Je cite cette référence de mémoire)

Toute notre histoire se tient d'une seule pièce et c'est une histoire de conquérants sans prétention mais encore faut-il que nous sachions reconnaître nos actes.

C'est une conquête territoriale qui mérite d'être reconnue et à laquelle nous ne portons aucune attention.

La seule institution qui, à ma connaissance, tient une annale est l'Université Laval.  Je le sais parce que, pendant que j'étais en service dans l'armée, on m'a envoyé comme officier d'état-major en résidence sur le campus de l'université afin de recruter les futurs officiers qui étaient envoyés faire leur entraînement pendant l'été dans tous les camps de l'armée et toutes les bases de l'aviation, à raison de douze semaines par été pendant trois années consécutives et une réunion par semaine pendant les sessions d'automne, d'hiver et de printemps.
Or, la préparation des annales faisait l'objet d'une présentation publique chaque année, à l'issue d'un banquet officiel. J'y avais été invité en février 1966, comme représentant des Forces Armées sur le campus et je me rappelle que Jean Lesage était présent à la table d'honneur.

Je me rappelle avoir vu le recteur faire une lecture détaillé du rapport annuel, car c'est bel et bien en quoi consiste une annale. . Il a lu simplement ce qui a été fait et accompli pendant toute l'année dans tous les domaines, études, programmes, services, bâtiments, fonds disponibles, etc etc,

Les Chinois tiennent des annales depuis plus de 5000 ans et on peut savoir tout ce qui s'est passé en Chine dans chaque région, tout ce qui influence la vie collective, champs cultivés, état de la terre et du climat, état des récoltes, problèmes économiques locaux. C'est une mine d'or pour les générations actuelles. Ceci est  autrement plus instructif pour savoir à quoi s'en tenir que le théories creuses des cuistres et savantasses dont les belles thèses s'empoussièrent sur les tablettes des institutions du haut savoir.

C'est en tenant un compte rendu rigoureux de tous nos actes publics qu'on peut identifier et défendre notre statut de peuple, nation et État de facto, par fait accompli.

Nous sommes habitués à des coups de force qu'on nous impose comme des faits accomplis alors que nous avons nous de véritables faits accomplis à reconnaître.

Un statut est l'état de ce qui est investi. NOUS, Québécois et Québécoises, avons investi pendant quatre siècles pour faire du Québec notre foyer national et l'assise de notre État. C'est par là qu'il fallait commencer en premier lieu et non par des théories abstraites et idéologiques. C'est à partir de ces faits que nous nous  ferons reconnaître en commençant par nous reconnaître nous-mêmes.

Le reste appartient à la tactique.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Un fait accompli?
Jean Lapointe
mercredi 7 mai, 2003 09:11

Monsieur René Marcel Sauvé a écrit :

À cette fin, nous avons une grosse lacune à combler et ce n'est pas ce  qu'on serait porté à penser. Voici de quoi il s'agit:

Nous ne tenons pas d'annales, de comptes rendus détaillés de nos actes et c'est très important de le faire pour nous reconnaître nous-mêmes et identifier nos accomplissements.

Question à monsieur Sauvé:

Est-ce que le protocole d'entente dont il est question dans l'article qui suit ne va pas dans le sens de ce que vous considérez, je trouve avec raison, comme indispensable de faire ?

Il y a aussi des maisons d'édition qui y travaillent également. Je
pense ici en particulier aux Editions Septentrion.

Qu'y aurait-il d'autre à faire?

lapointe
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Un fait accompli?
René Marcel Sauvé
mercredi 7 mai, 2003 09:40

Monsieur Lapointe,

Le protocole d'entente que vous mentionnez est déjà un progrès remarquable dans le bon sens.

Ce qui reste à faire peut se résumer à ceci:

Chaque corps public et chaque institution doivent tenir leurs annales.
Beaucoup de travail pensez-vous ?

Beaucoup moins qu'on pense, parce qu'il s'agit simplement de résumer les faits d'une manière pertinente afin de statuer (de se prononcer sur les statuts), ce que nous avons de la difficulté à comprendre parce que précisément, les corps publics, gouvernement municipaux et gouvernement du Québec, ne tiennent pas d'annales dans lesquelles leurs actes sont consignés à des fins de référence pour informer ceux et celles qui prennent la relève et par la suite, les générations à venir qui ont besoin de prendre conscience des actes et statuts antérieurs afin de mieux statuer sur le présent.

Nous sommes humains et la mémoire est une faculté qui oublie, à dit
quelqu'un.

Comme je l'ai mentionné dans la crise d'Oka, il aurait été indispensable de lire les annales de la municipalité et aussi des Sulpiciens de même que des actes publics et notariés afin de savoir à quoi s'en tenir avec les Mohawks et avec nous-mêmes.

Dans le passé, j'ai fait du travail sur la frontière germano-hollandaise et chacun des États concernés, Allemagne et Hollande, possède des registres de tous les actes antérieurs afin que toute dispute et conflit puisse se régler sur une prise de conscience rigoureuse des faits qui ont fait la différence entre un statut de fait, (de facto) et les discours politiques et polémiques.

S'il existe un vide factuel, il sera très difficile pour les juristes, les
nôtres et les autres, de se prononcer d'office sur notre statut de nation et d'État.

Nous devons combler ce vide. Nos historiens doivent travailler davantage dans ce sens que sur les personnalités.

Non qu'il faille négliger les personnalités, mais il faut les associer
davantage avec les actes accomplis d'un commun accord et dans l'intérêt général. Voilà où je veux en venir.

Par exemple, j'aimerais voir un compte rendu détaillé de tous les achats de terres, de terroirs, de sites et d'entreprises effectués par des Québécois depuis les premiers départs des Loyalistes vers l'Ontario méridional et vers l'Ouest. Un jeune historien a travaillé dans ce sens (j'ai oublié son nom) et l'enseignement de ces résultats doit s'inscrire dans l'enseignement de l'histoire du Québec.

Notre enseignement doit être davantage tourné vers l'agir et sa finalité
l'ACTE.

Voyez en anglais le terme ENACTMENT, ce qui veut dire mise officielle en acte et des STATUTS qui lui servent de régulateur et de guide.

Combien de Québécois ont été instruits de la signification, du sens, de la portée et de la dynamique des Westminster Revised Statutes de décembre 1931, qui faisaient du Canada un État presqu'indépendant par rapport à l'Angleterre, statut territorial et titres exceptés.

Je suis né en mars 1931, avant ces statuts et lorsque je suis entré en
Angleterre pour la première fois, pendant l'hiver 1957, le douanier anglais a refusé d'estamper mon passeport: "You're a British Subject" me dit-il.

Donc, je suis né dans l'Empire Britannique.

La question:

À quand les Statuts Refondus du Québec?
Toute notre démarche serait beaucoup plus facile si nous savions à quoi nous en tenir à ce sujet.

Je sais que la démarche lourde du géographe n'est pas très flamboyante ni brillante mais elle mène surement à bon port.

Bonne journée

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : l'approche mercatique?
Etienne Boulay
mercredi 7 mai, 2003 12:06

Bonjour à tous,

Dans la foulée des derniers échanges portant sur l'importance de se
reconnaître nous même comme État et en constatant le travail à accomplir pour y parvenir, je vous soumets une méthode un peu simpliste pour accélérer la cadence: l'approche mercatique (marketing).

J'imagine le regard rébarbatif de certains, mais si on n'en discute pas on ne peut rien en tirer!

La société d'aujourd'hui étant devenue une société de consommation de masse, on se rend compte avec quelle rapidité il est possible de créer des produits / entreprises à succès.  Pensez à certains jouets ou films que les gens s'arrachent dans les magasins et comment plusieurs entreprises ont connu des succès montres.  Le marketing est devenu une arme redoutable et elle réussit des coups assez incroyables.  Le bilan social et écologique est effroyable, mais le bilan économique est formidable.

Pour ma part j'ai toujours eu de bonnes idées en marketing mais le côté immoral (lavage de cerveau) qu'il propose m'a toujours fait fuir cette profession.  Cependant, pourquoi être plus catholique que le pape et s'abstenir d'utiliser des outils qui ont fait leurs preuves, surtout quand c'est pour une cause aussi noble que de donner la liberté à un peuple?

Alors, de la même manière que l'on vend un produit, nous pourrions nous inspirer d'un plan marketing (les 4 P: prix, produit, pipeline de
distribution et promotion) pour convaincre la population qu'elle mérite sa souveraineté.  Un tel plan présente plusieurs avantages comme entre autres:

le suivi, la distribution des tâches, l'imputabilité, sa mise à jour, la clarté des tâches à accomplir et son cadre financier.
Certains diront qu'il y en a eu des publicités et des campagnes
promotionnelles dans le passé, mais je ne crois pas que cela n'ait été fait dans un cadre rigoureux englobant l'ensemble des facettes d'un plan marketing.

Une question qui me vient à l'esprit, c'est comment financer ?  Si on pousse l'analogie entre notre cause et le marketing plus loin, on se dit qu'en affaire une entreprise sera prête à financer le développement et la mise en marché d'un produit si celui-ci a un potentiel de rentabilité intéressant.

La question est donc: qui a avantage à ce que nous devenions souverain ?

Ajoutons: comment les convaincre de financer notre cause ?

Si nous trouvons les réponses à ces questions, nous pourrons travailler sur une structure crédible pour gérer notre projet.

Comme je le disais, c'est un peu simpliste mais cela a l'avantage de tenir dans un cadre où tout le monde s'y retrouve et bien sûr, il y a de la place pour tout le monde (penseurs, gestionnaires, gens de terrain...).

Pensez-y.

Etienne Boulay
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Un fait accompli?
Etienne Boulay
mercredi 7 mai, 2003 12:02

Je désire préciser que mon message précédent sur l'approche mercatique est un projet servant à rehausser la confiance des Québécois et l'estime que nous avons de nous.

Je le précise pour ne pas paraître complètement "din patates"!

Il y a sûrement un apport important à tirer de la refonte des "Statuts du Québec" comme vous le dites M. Sauvé.

Etienne Boulay
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : l'approche mercatique?
Robert Bertrand
mercredi 7 mai, 2003 13:26
(...)

L'approche du plan marketing me semble intéressant.

Ce que je constate, c'est que ce plan devrait être assumé par un
regroupement tel "Le Conseil de la Souveraineté" ou un autre qui
conviendrait à l'ensemble des regroupements souverainistes qui
détermineraient le groupe-principal d'action pour la Souveraineté.

Un Parti politique a d'autres objectifs qui lui sont normalement
prioritaires :  prendre le pouvoir.

Alors si le Groupe-Principal créé prend son envol et qu'il devient crédible auprès de la population, ce pourrait être ce corps constitué qui cheminerait tel que vous nous le signalez.

Et comme tous les Partis politiques au pouvoir ou en attente du pouvoir voient dominer l'option et prendre de plus en plus de place, qui fera l'Indépendance ?  Qui fera la Souveraineté ?

Il faudra voter pour le Parti qui placera _notre_ option dans son programme et que ce soit certain qu'il faudra aller suivant la volonté bien claire de la population et du parti.

On a quelques mois pour organiser ce Groupe-Principal d'abord pour le faire cheminer et faire s'enthousiasmer trois millions de personnes de nos concitoyens et concitoyennes.

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
archives
Andrée Ferretti
mercredi 7 mai, 2003 13:03

Bonjour monsieur Lapointe,

Je vous saurais gré de préciser  la nature et le sens de votre propos  quand vous écrivez:

Nous ne tenons pas d'annales, de comptes rendus détaillés de nos actes et c'est très important de le faire pour nous reconnaître nous-mêmes et identifier nos accomplissements.
Vous référez-vous aux actes et aux accomplissements des indépendantistes ou de ceux, historiques et présents de tous les "acteurs" de la construction du pays du Québec, depuis des siècles et dans tous les domaines de l'activité humaine?

Dans le premier cas, je ne saurais vous dire que ces annales et compte-rendus existent de manière exhaustive, mais je peux vous confirmer que tous les procès-verbaux de toutes les réunions tenus par toutes les instances du RIN ont été déposés aux archives nationales du Québec, de même que les documents relatifs à la vie personnelle et politique des André d'Allemagne, Marcel Chaput, René Lévesque, etc.
Comme il est de tradition, ici comme ailleurs, ces documents ne sont accessibles à tout le monde que 50 ans après avoir été déposés et, aux chercheurs spécialisés, suite à la démonstration des qualités scientifiques du chercheur à les consulter.

Pour de nombreux autres documents utiles à notre connaisance des activités et des réalisations de nos prédécesseurs, ils existent en très grand nombre au Centre de recherche de l'Institut Lionel Groulx. Là aussi, ne serait-ce que pour les protéger de la déterriorisation matérielle et d'un mauvais usage, il faut montrer patte blanche pour y accéder.

Dans le deuxième cas, je peux vous assurer qu'existent des archives d'une richesse inépuisable aux actes de toutes natures qui rapportent la vie personnelle et l'action collective de tous les habitants de notre territoire, depuis 1608,  vous ne trouverez pas meilleurs endroits que dans les archives de nos grandes communautés religieuses. Mais là aussi l'accès est réservé, et encore plus farouchement qu'ailleurs, aux chercheurs qualifiés.

Autrement dit, si nous voulons connaître notre histoire officielle comme notre histoire populaire, il faut nous fier à nos historiens.

Puisque vous parlez des éditions du Septentrion, je me permets de vous donner un exemple concret de ce que je viens de vous dire, même, si pour le faire, je devrai, ce que je trouve indécent sur un réseau, parler un peu de moi, c'est-à-dire de ma fille. Elle est historienne du Québec, spécialisée dans l'histoire du rôle social de l'Église du Québec et au Québec. Elle a publié récemment chez Septentrion une Histoire des Dominicaines de Trois-Rivières.  Pour avoir accès aux documents archivés et conservés à la maison-mère de cette Congrégation, elle a dû obtenir non seulement les lettres de recommandation habituelle du départemment d'histoire de Trois-Rivières où elle enseigne, en tant que professeure titulaire, non seulement fournir des exemplaires de ses ouvrages précédents, entre autres, de sa Brève histoire de l'Église au Québec, publié chez Boréal, mais également avoir l'appui du Père Benoît Lacroix, dominicain qui l'estime beaucoup.

Cela pour vous dire que si l'on ne veut pas sans cesse réenvinter la roue, il serait bon de savoir et de penser que nos idées sont rarement originales et reposent sur des savoirs établis que, parfois, nous aurions intérêt à connaître, avant de les émettre comme nouvelles ou originales.

Et, je vous en donne ma parole, je ne parle pas ici pour vous.

Bien amicalement,

Andrée Ferretti.
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
archives
René Marcel Sauvé
mercredi 7 mai, 2003 14:49

Madame Ferretti,

Vous adressant à monsieur Lapointe, vous dites:

Et je vous donne ma parole, je ne parle pas ici pour  vous.
Pour qui parlez-vous alors, Madame Ferretti ? Qui est visé par vos remarques qui empruntent l'objectivité pour mieux masquer leur subjectivité ?

Moi, je parle d'annales qui prouvent les statuts territoriaux de fait. Il s'agit de tenir compte des aménagements qui ont été faits dans le territoire, afin que les Anglais ne puissent pas dire:

"Vous n'avez rien fait et le territoire ne vous appartient pas. Vous n'êtes que des squatters".
Madame Ferretti n'a pas vécu l'expérience de se faire lancer cette remarque au visage jusque dans les universités et par les intellectuels du Canada anglais. Que dire contre une avocate Mohawk qui m'a coupé la parole en me disant: "vous n'avez rien à prétendre. Vous n'étiez pas là les premiers".  Et Anglais présents d'approuver.

Je me suis fait prendre à partie jusque sur le terrain des ambassades du Canada presque partout où je suis allé. Qu'auriez-vous fait à ma place ? Un homme ne peut pas gagner un argument chargé d'insultes en administrant un bon coup de poing sur la g.... de l'interlocuteur, qui pourrait cependant se montrer plus respectueux. D'autre part, comment trouver les mots simples et qui vont loin?

Les actes des congrégations religieuses ne vont rien changer à ces questions de statuts, qui appartiennent à la politique comme telle, c'est-à-dire aux lois concrètes qui régissent les intérêts et les rapports de forces et qui sont fondés sur l'implacable logique des faits, que ne connaissent pas les philosophies savantes que j'ai pourtant étudiées et qui m'ont laissé sur ma faim. Pourquoi ? Parce qu'elles posent plus de problèmes qu'elles ne peuvent en résoudre.

Ayant été formé par des membres de la Congrétation Sainte Croix et chez les Dominicains, ayant de la parenté chez les Oblats, les Soeurs Grises et les Sulpiciens, je suis un peu beaucoup au courant des travaux exécutés par les communautés religieuses, qui sont maintenant accusées de tous les crimes et qui ont été incapables d'endiguer la vague d'athéisme qui a saisi le Québec à partir de la Révolution tranquille, par des gens en possession de la vérité comme il n'y en avait jamais eu auparavant.

Comme officier de l'armée impliqué dans les guerres civiles en Afrique équatoriales, (dont les connaissances ne valent pas bien sûr un raisonnement cartésien et kantien), j'ai été impliqué avec les missionnnaires Blancs d'Afrique et les Jésuites et je suis au courant et conscient des régistres, diaires et annales tenues par ces communautés.

Ces documents peuvent servir à informer l'administration romaine et à statuer sur la communauté elle-même,  mais ne sont pas suffisants pour que les communautés religieuses aient d'autres statuts politiques que ceux d'usufruitiers, comme nous-mêmes en tant que  peuple.

Je n'émet rien d'original quand je dis que l'usufruitier ou squatter en politique, est quelqu'un qui utilise un bien collectif, notamment un territoire, sans le posséder, de fait ou de droit.

J'aimerais vous voir vous débattre avec votre argumentaire contre les intellectuels du Canada anglais, notamment la Diane Francis, qui a affirmé, "preuves en main", dit-elle, qui nous ne possédons pas la moindre parcelle du territoire du Québec.

Le Canada anglais est archi convaincu que nous ne possédons rien.

Certes, nous "avons" le Québec mais nous ne le "possédons" pas.

En fait, selon le Canada anglais, nous pourrions être déportés comme les Acadiens, sous l'euphémisme "resettle",  Les Anglais ne disent pas que les Acadiens ont été déportés mais "resettled", relogés. C'est ce qu'on enseigne dans les écoles. Tout le territoire du Canada, Québec compris, est possession de jure de la Couronne Britannique.

Pour opposer ces arguments, madame Ferretti, vos arguments philosophiques et révolutionnaires vont conduire vers la guerre civile que vous prétendez ne pas vouloir.

La guerre commence avec les mots et les jugements suggérés sournoisement par les mots. Ce n'est peut-être pas un savoir établi mais c'est ce que j'ai constaté au cours de mes 28 années de carrière, avec ma  formation comme géographe.

Il n'y a rien d'original dans ce savoir qui m'a été enseigné par d'autres et dont j'ai pu me rendre compte de la pertinence, avec les années vécues en contextes et en situations concrètes, réelles, radicalement exigeantes.

L'argumentaire que je propose peut conduire rapidement vers des statuts reconnus et éviter les confrontations et les guerres. Mais je suis militaire, dont il faut inévitablement que ce soit moi qui cherche la guerre. Il n'est pas possible que, connaissant la guerre, je puisse aussi proposer les moyens de l'éviter.

L'essentiel, ce sont les actes, reconnus ou non, par lequel nous prétendons être possédants au moins de fait du territoire sur lequel nous vivons. Je n'ai aucune prétention de produire des idées originales ou nouvelles, seulement de vous faire profiter de l'expérience vécue par les autres peuples, nations et États du monde.

Comme le dit Bismarck:

"Les imbéciles profitent de leur propre expérience. Je préfère apprendre par l'exérience des autres".
Bismarck est un gros lourdaud au sang épais, au raisonnement probant et souvent lourd. Donc il ne peut pas être aussi intelligent que Baruch Spinoza, Leibniz, Kant, Descartes, Schopenhauer, Kierkegaard et tous les philosophes du Siècle des Lumières, dont les idées pour idées qui les caractérisent, avaient incité Nietzsche à en prévoir les effets catastrophiques pour l'Europe.

Mais ces philosophes disaient la vérité parce qu'ils écrivaient une foule de raisonnements tirés de l'abstrait alors que Bismarck, concret, ne pouvait pas dire la vérité. Encore une fois, l'argument ad hominem l'emporte.

Bismarck parlait de l'État allemand, nouvellement créé après les initiatives de Frédéric de Prusse à partir de 1755 et qui a été parachevé en 1867, confirmé et plus ou moins reconnu par la suite. Il fallait en effet s'instruire de l'expérience des autres parce que l'Allemagne est un État neuf. Ni Guillaume Deux, ni Hitler et les Nazis, n'ont jugé valable de s'instruire par l'expérience des autres. Ils connaissaient Hegel, donc, ils possédaient une gnose contre laquelle aucun argument concret n'aurait pu s'opposer.

Je ne crois pas être sorti de mon domaine déjà exigeant pour m'aventurer dans les plate bandes des autres.

Ce que j'ai dit se rapporte au statut territorial qui doit être prouvé si nous voulons gagner notre cause et obtenir des Statuts Refondus, point de départ obligé vers l'indépendance, selon la mentalité politique anglaise, que je connais pour l'avoir vécue sans l'inventer.

Comme je ne suis pas très brillant, autrement j'aurais fait un autre métier, alors je vois les murs et les portes ouvertes.

Cette fois, je suis conscient de me frapper la tête dans un mur.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re-Archives
José Fontaine
mercredi 7 mai, 2003 15:04

Dieu sait que je trouve souvent le Québec meilleur que la Wallonie
mais cela m’étonne un peu qu’il y aurait ce manque d’archives ou d’annales.

Il est vrai que RM Sauvé veut peut-être parler d’autre chose.

Ce qui est sûr c’est qu’en Wallonie nous sommes face à l’amnésie
de la population mais c’est un problème en aval (les citoyens,
les élèves, etc.), non en amont (historiens archivistes etc.).
Bien que je ne sois pas toujours très content de la manière d’écrire l’histoire de la Wallonie.

Par exemple, j’ai découvert, bien que n’étant pas historien professionnel, qu’il y avait eu en juillet 1950 une tentative tout à fait sérieuse et crédible, au coeur d’événements d’une rare violence visant à faire abdiquer Léopold III, pour établir un gouvernement provisoire wallon qui aurait déclaré l’indépendance de la Wallonie. Il y a un article maintenant dans l’Encyclopédie du mouvement wallon.

En revanche, l’histoire de la Résistance en Wallonie (résistance
aux nazis est très mal écrite et on l’oublie au point que certains pensent que seules les Français auraient résisté - mais eux font des films etc.).

D’autre part, j’ai toujours eu le sentiment que l’histoire du Québec est bien connue des Québécois bien enseignée et qu’il y a une bonne recherche, en plus une mémoire populaire vivante (je songe aux festivités pour les “patriotes” de 1837 ou à celles qui ont fêté la Grande Paix de Montréal en 2001 etc.).

De loin, nous avons l’impression que le Québec est une illustration charnelle, vivante de sa devise “JE ME SOUVIENS”. C’est même quelque chose qui m’émeut car ce “JE ME SOUVIENS” est
en lui-même une sorte d’insurrection.

L’histoire est une chose centrale. Si le Traité franco-allemand a tellement de fécondité, je pense que c’est parce que les Français et les Allemands ont voulu regarder leur histoire en face.

Et on pourrait étendre cela à l’Europe car au moins, nous nous souvenons d’une chose: Le caractère intolérable de la guerre. Je le dis sans être un pacifiste inconditionnel mais trop c’est trop. Nous avons été trop loin en Europe entre 1940 et 1945. Et pas seulement les nazis...

José Fontaine

(Wallonie)
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Archives - Annales
Fondation d'une organisation
de type Greenpeace
Claude Poirier
mercredi 7 mai, 2003 15:47

Vous êtes rapide sur la gâchette monsieur Sauvé.

Je ne veux pas discuter si vous avez raison ou tort puisque je me sens bien innocent dans les domaines que vous abordez ici.

Mais attaquer Andrée Ferretti à partir de l'article qu'elle venait d'écrire pour faire préciser des propos sur les archives, ne contient pas à mon sens d'attaques de sa part. Si vous vous attaquer à elle c'est bien à ce qu'elle représente et non à son écrit. Vous condamnez de grands esprits au profit de Bismark et de vous. Mais il n'y a pas qu'un chemin pour comprendre les réalités humaines collectives et il n'y a pas non plus que les esprits cartésiens pour en tracer la voie historique.

Quand j'écrivais l'autre jour qu'il y avait ici trop d'âneries qui
étaient écrites, je voulais parler de ceux qui y apportent leur dieux
et leurs religions et ceux qui approtent des sujets qui n'ont rien à
voir avec le thème de ce groupe. Je m'oppose à ce que toutes
discussions sur tous les sujets possibles puissent avoir lieu ici. Ce
que je désire par contre c'est des échanges qui nous permettent de penser l'action.

Dans Avant-garde-québec j'avais proposer la fondation d'une organisation du type Greenpeace pour éveiller le
peuple à la nécessité du pays. Monsieur Bertrand s'était montré
intéressé ainsi qu'une autre personne.

Si ce n'est pas ce genre d'organisation qui doit naître je m'en fou. Ce que je sais par contre c'est la nécessité pour le plus grand nombre de personnes de se rassembler pour discuter de ce qui devrait être fait.

C'est tout de même curieux que des centaines des milliers de personnes trouvent le moyen de manifester dans la rue leur opposition à la guerre en Irak alors qu'on n'est pas capable de le faire pour le Québec.

Vous ne trouvez pas ça étrange qu'on laisse cette grande réalité qu'est la nôtre (le peuple) entre les mains de quelques politiciens plus passionnés par le pouvoir que par le pays à venir ?

Comment demeurer à la tête de la province durant des années sans pratiquement parler du pays à faire? Le doute m'habite fortement sur leurs intentions. S'ils avaient peur de perdre l'élection qui vient d'avoir lieu c'est réussi et sans parler de l'indépendance.

L'attente c'est une pulsion de mort.

L'action combattante c'est une pusion de vie.

Je propose encore une fois à nos valeureux guerriers

- de se lever,

- de se déplacer,

- de se rassembler et

- de discuter de ce qu'il faut faire.

Il pourrait être décider

- de faire la vie dure à Charest et sa bande de fédérastes,

- rédiger un manifeste pour le pays

- et un projet de société (l'argumentaire en faveur du pays, une démocratie plus directe par la prise de parole des citoyens et citoyennes...)

- fonder une organisation active (sortir le fédéral du Québec en s'appropriant les plaines d'Abraham, les parcs, les lieux
historiques,

- manifester à Ottawa,

- dénoncer et revendiquer dans la rue tout ce qui est relié au pays à naître...)

Ce sont de bonnes idées à mettre marche dont nous avons besion pour mobiliser du monde. Et ces idées novatrices et mobilisatrices doivent naître dans des assemblées avec des gens qui ne pensent qu'à ça.

Claude Poirier

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : l'approche mercatique? /
Charbonneau et la lucidité
Robert Bertrand
mercredi 7 mai, 2003 15:42

Il faudrait lire ce qui s'écrit à la page suivante :

http://www.souverainete.info/forum/read.php?f=7&i=8815&t=8815

Charbonneau invite les péquistes
à faire preuve de lucidité

Presse Canadienne

Québec

L'ex-ministre Jean-Pierre Charbonneau invite les péquistes à faire preuve de lucidité et à admettre que le Parti québécois n'arrivera jamais, seul, à réaliser la souveraineté du Québec.

«Le PQ ne fait plus le plein de souverainistes. C'est un parti de gauche et beaucoup de gens ne s'y sentent pas à l'aise. Il faut établir une coalition avec des nationalistes de toutes mouvances et adopter un programme politique», a déclaré l'ancien ministre des Affaires intergouvernementales, mardi, en entrevue à La Presse Canadienne.

Jean-Pierre Charbonneau se défend bien de dresser un constat d'échec à l'égard du PQ, mais fait remarquer que «la seule fois où la souveraineté a presque triomphé, au référendum de 1995, c'était grâce à une coalition avec l'ADQ». La coalition de 1995 proposait la souveraineté-partenariat, un concept d'association que l'ex-ministre, comme son collègue François Legault, juge dépassé sinon nuisible à la cause souverainiste.

«Continuer à mettre l'accent sur le projet d'une nouvelle union canadienne, c'est continuer implicitement à dire qu'il y a un trop gros risque à vouloir s'affranchir complètement de la tutelle de l'autre. C'est accréditer la peur plutôt que renforcer le désir de liberté. C'est consolider les résistances plutôt que de renforcer les motivations», indique-t-il.

Selon lui, le Parti québécois doit prendre tout le temps nécessaire pour
contribuer à bâtir la nouvelle coalition, même s'il lui faut prolonger son séjour sur les banquettes de l'opposition.

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Commentaires de Robert Bertrand :

Sur le fond, je pense que plusieurs se rejoignent.

Il sera sain de voir les discussions qui pourront prendre place à
l'intérieur de la course à la Chefferie pour savoir jusqu'à quel point il y aura volonté de mettre en place un Groupe-Principal / Conseil de la
Souveraineté / autre appellation possible.

Est-ce que le Parti doit porter en son sein une clause UN à l'égard de la Souveraineté ?

Ne devrait-il pas y avoir une clause faisant une référence avec la volonté de la population de réaliser son Indépendance, sa Souveraineté, son Pays ?

En soi, ce serait le "Groupe-Principal / Conseil de la Souveraineté / autre appellation / qui ferait la promotion avec l'ensemble des groupes sur le terrain dans les différentes régions, dans les différents villages, villes, sociétés....

Face à cette volonté populaire qui pourrait surgir par la force et la
qualité de notre travail commun, il pourrait y avoir plusieurs partis
politiques qui pourraient se rendre à l'évidence que c'est la seule voie à emprunter pour le Pays du Québec.

Est-ce que je rêve d'imaginer cela comme ça ?

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : l'approche mercatique? /
Charbonneau et la lucidité
Claude Poirier
mercredi 7 mai, 2003 15:54

Quand Jean-Pierre (Charbonneau) parle ici de peur, désir, des résistances et des motivations il se réfère à l'étude que moi et des collègues avons réalisée en 1982 pour le P.Q.

Il devrait le dire.

Claude poirier
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re-Archives / annales
Robert Bertrand
mercredi 7 mai, 2003 16:07

Cela m'apparaît que les annales et les archives soient deux éléments différents dans l'analyse ou les présentations qui nous ont été faites.

C'est ma première appréhension :

les annales seraient reliées à la géographie, au terrain, à l'espace, ce que l'on a défriché, l'espace qu'on est allé occupé sur l'ensemble du territoire du Québec.  Je pense au Curé Labelle et il y a tous les pionniers dans chacune des régions du Québec.  Ce qui s'est fait matériellement, sur les lieux où les Québécois ont mis les pieds et ont travaillé ;

les archives seraient reliées à des personnes, les agirs de ces personnes dans leurs créations, leurs réalisations, leurs mouvements, leurs associations.

Si je me trompe, je vous invite à me corriger.

Et Monsieur Fontaine, le "Je me Souviens" il faudrait voir jusqu'à quel point nos concitoyens et concitoyennes veulent ou savent se souvenir ?

Il faudrait demander qui est le Premier Ministre du Québec pour avoir une réponse étonnante de possiblement 25% ou 30% de la population qui le saurait.  Demandez qui est votre représentant élu dans votre propre comté ?  On aurait quel pourcentage de bonnes réponses...  Et je ne parle rien en regard du Canada.  Ce serait encore pire.

Des groupes font un travail monumental pour chercher à _nous_ faire se souvenir.

On a de plus en plus de monuments qui sont élevés dans nos grandes villes touristiques.  Les touristes en apprennent sur nous-mêmes.  Les citoyens et citoyennes visitent-ils leurs propres villes ?

"De quoi devons-nous nous souvenir ?" nous demandent plusieurs touristes ou visiteurs.

Il faudrait voir ce que l'un et l'autre de nos participants et participantes à ce groupe pourraient nous répondre, non pas par leurs connaissances personnelles, mais ce que disent les personnes autour d'elles.

N'est-ce pas que ce serait intéressant de le savoir ?

Évidemment, tout dépend toujours du milieu qui est propre à chacun et chacune.

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : l'approche mercatique? /
Charbonneau et la lucidité
Robert Bertrand
mercredi 7 mai, 2003 18:39

"IL DEVRAIT LE DIRE" de dire Claude Poirier

Qui, je vous le demande, a cette reconnaissance fondamentale de ce qu'il reçoit ?

Je vous le dis comme cela m'est arrivé et comme cela arrive à bien d'autres :  combien de fois intervenons-nous et l'on formule des propositions, des recommandations, des suggestions et dans votre cas, des analyses, des documents, des recherches et....

On n'a pas toujours le crédit de la part des autres.

C'est pour cela que de tout temps que j'ai produit des données, je n'ai
jamais compté là dessus.  Tout le monde cherche à se donner le crédit pour ce qu'il fait, lorsqu'il a un poste d'autorité ou autres.  Vous en êtes conscients.

Lorsque j'entends parler d'une proposition, d'une suggestion que j'ai mis de l'avant, je me dis, tout simplement, que l'on a des idées, mais que ces idées passent la rampe.  Les gens en Autorités s'en servent en quelque part.

Je me rappelle que, un haut fonctionnaire m'avait appeler pour me demander des détails sur la proposition que je faisais, cela avait rapport à la diminution du nombre des municipalités et des commissions scolaires dans les années 74-75-76.  Je mentionnais, dans mes propositions, qu'il y aurait alors, qu'un centre de recrutement par région ou par regroupement de municipalités ou de commissions scolaires plutôt que d'avoir un chargé de ce poste dans chacune des municipalités etc...

C'était vrai pour différents services comme la publicité sollicitant les
étudiants à s'inscrire aux cours :  chacune, de son côté faisait cette
publicité.  Étant regroupé, il y avait une seule information.   D'où des
frais en moins.

Cela a fait son cheminement et on le voit, maintenant, après avoir
fusionné... on voudrait défusionner...

C'est comme l'idée des bibliothèques municipales...  Il en fallait une dans chaque municipalité.  J'allais plus loin :  une bibliothèque, est-ce une bâtisse ou un concept devant servir l'ensemble de la population pour des livres, des oeuvres, des écrits à rendre accessible à tout le monde ?

J'ajoutais que cela pouvait se faire par internet, cela pouvait se faire par des services à domicile.

On pourrait commander un livre, une oeuvre et la recevoir par courrier spécial ou courrier ordinaire.

Pourquoi refaire ce que les romains ont fait ?  On vit en 2003.  A-t-on le droit de s'adapter à notre temps, à nos besoins, à notre siècle ?

J'avais besoin de le dire...

Tout ne se fait pas comme on le veut, mais un moment donné cela va entrer dans les moeurs, si on prend le temps de présenter nos idées telles qu'elles sont.

Je n'ai jamais demandé d'être payé pour toutes les suggestions, propositions ou recommandations que j'ai fait.

Cela, pour moi, me semble permettre une certaine évolution dans les esprits et dans les réalités qui nous entourent.

On doit "servir le monde et non des bâtisses".  C'était le titre d'une de
mes parutions.

Je m'excuse pour cet aparté.

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
l'approche mercatique?
Valérien Lachance
mercredi 7 mai, 2003 18:48

Bonsoir monsieur Boulay,

Vous revenez avec le message de ce matin avec raison.

Pendant les dix dernières années de fin  de ma carrière, j'ai travaillé à la  promotion et la vente d'armoires de cuisine.

Je connais bien les quatre "P"  dont vous parlez et qui pourraient servir de méthode pour vendre le Québec aux Québécois

Dans le premier paragraphe vous écrivez:

"l'importance de se reconnaître nous-même comme État et en constatant le travail à accomplir pour y parvenir"
J'aurais préféré lire: ....comme État (de Facto ) et réaliser tout le  travail accompli à ce jour.  l'État existe déjà monsieur Boulay, et il n'y a rien à ajouter, sauf, que nous ne le reconnaissons pas nous-mêmes, et encore moins ne 'est-il par les autres !

La description de tâche serait donc:

a) Vendre le Québec ( de facto) aux Québécois et aux Québécoises

b) Tenir un référendum

c) Faire reconnaître  le Pays du Québec par la Communauté Internationale.( de jure )

On pourrait  appeler cela la  formule VTF

Vous dites plus loin :lors, de la même manière que l'on vend un produit, nous pourrions nous inspirer d'un plan marketing (les 4 P: prix, produit, pipeline de distribution et promotion)

Je connais bien les 4 "P" produit, prix,  promotion, "pipeline"

Pour le référendum 95, Jacques Parizeau aurait, à mon avis, emprunté une formule semblable avec sa partie de hockey en  trois périodes,  incorporant les quatre P dans sa  stratégie ! Vous vous rappelez ?

Le résultat fut  foudroyant si ce n'eut été de l'accueil massif d'immigrants à l'occasion du référendum, et de la visite impromptue  de citoyens d'outre frontières venus nous dire à la dernière minute qu'ils nous aimaient !

Votre idée est excellent monsieur Boulay. Je la soutiens.

VL
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
annales et archives
Andrée Ferretti
mercredi 7 mai, 2003 19:22
"Cela m'apparaît que les annales et les archives soient deux éléments différents dans l'analyse ou les présentations qui nous ont été faites."
Non, cher, très cher monsieur Bertrand, ce n'est pas cela.

Les annales sont, comme le mot le désigne, le rapport, année après année, des événements qui marquent la vie d'un peuple, d'une communauté, à la limite, d'un individu. Ce sont des documents parmi d'autres documents: juridiques, constitutionnels, militaires, scientifiques, délibérations, mémoires, etc. qui constituent les archives nationales de l'histoire d'une nation ou de toutes autres communautés.

Amicalement,

Andrée Ferretti.
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
annales et archives
Robert Bertrand
mercredi 7 mai, 2003 20:16

Merci de nous avoir éclairer dans cet esprit de dialogue.

Nous sommes sur nos terres, sur notre sol Québécois depuis quatre cents ans.  De quelque 40, 50 ou 60 milles on est devenu 4 et plus de 7 millions de Québécois.

Même les premiers colons et les Chefs d'alors n'ont-ils pas marqués leurs présences de façon soutenue ?  Je pense au Trait Carré à Charlesbourg, c'est là depuis fort longtemps.  Les bourgs de Québec et les Faubourgs de St-Jean-Baptiste, de Limoilou et d'autres.

Je parle pour la région de Québec que je connais mieux.  La division des terres, était-ce un produit des Français ou des Anglais du temps ?  On pourrait également nous parler de la région de Montréal, de l'Abitibi, de la région de Sherbrooke, du Lac St-Jean.

Il y a eu des établissements, il y a eu des modèles particuliers dus à notre présence française en Amérique.  De telles réalités ne venaient-elles pas des Français d'Amérique que nous étions ?

Qu'ont apporté les autres groupes du temps ?  Comme culture, comme réalités chez nous ?

Les anglais, comme nous le souligne M. Sauvé qui voudraient nous faire croire qu'ils nous ont tout donné... Qu'est-ce donc, concrètement disent-ils qu'ils nous ont apportés ?

Lorsqu'ils auraient voulus nous "déportés" n'était-ce pas parce qu'il y avait quelque chose d'intéressant qu'on leur aurait laissé ?

Les Acadiens ne leur ont-ils pas laissé les plus belles terres ?

Qu'ont-ils apportés aux Acadiens ces Anglais de l'époque ?

Ils s'agissaient bien des Anglais, n'est-ce pas ?

N'ont-ils pas apporté la mort, la dislocation des familles, des paroisses, la déportation dans combien de Pays de la terre ?

Vraiment, ils ont été généreux de faire voyager les Acadiens et les faire mourir dans de minables bateaux !

Tout le monde n'accepte pas de dire :  "Tirez les premiers !" me semble-t-il.

J'aimerais cela connaître l'analyse de ces gens du Pays qui nous est étranger.  Il me semble qu'on pourrait avoir de bons dialogues assez virils, assez francs, assez perturbateurs ?

Merci à vous de nous permettre de se questionner et de voir diverses facettes de notre réalité.

On en apprend tout le temps, tous les jours ne notre vie... je pourrais dire.

Merci bien de toutes vos interventions et sachez qu'on vous lit avec beaucoup de plaisir.

Faut-il insister, c'est parce qu'il y a un tel dialogue qu'on est choyé d'apprendre autant.

Bien amicalement,

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Je me souviens
Andrée Ferretti
mercredi 7 mai, 2003 20:41

Cher monsieur José Fontaine,

Ce mot pour vous dire qu'à mon grand dam je dois, à l'instar de monsieur Bertrand, vous désullisionner sur la puissance agissante de notre devise.

En effet, et paradoxalement, c'est depuis la renaissance, avec la révolution tranquille et des innombrables transformations nécessaires de notre société qu'elle a entraînées, dont la plus importante, celle de la liaison entre la prise de conscience de notre identité nationale spécifique et de notre droit à la consacrer dans l'avènement de l'indépendance politique de notre État, que les Canadiens-français du Québec ont commencé à perdre la mémoire de leur histoire.

Pour la RAISON PRINCIPALE que l'école a alors cessé de la leur enseigner.

On se serait attendu qu'avec l'arrivée du Parti québécois au pouvoir, cette matière, importante en soi et plus encore dans notre contexte, soit obligatoirement remise au programme.

Ce ne fut pas le cas.

Pourtant, la connaissance de notre histoire nationale est le premier ferment, et le plus fort, qu'on puisse brandir en faveur de l'indépendance.

Qu'ajouter?

Je vous salue chaleureusement, monsieur Fontaine et vous remercie de votre intérêt constant pour l'évolution de marche vers notre indépendance nationale.

Andrée Ferretti.
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
l'approche mercatique?
Etienne Boulay
mercredi 7 mai, 2003 21:18

Bonsoir M. Lachance,

Le problème de 1995 avec le référendum de Parizeau était la période de temps sur laquelle les activités de promotion ont eu lieu.  Cette fois nous avons 4, 5 ou 6 années devant nous pour travailler.

Je me rappelle dans mes cours de marketing l'étude des courbes de vie des produits et services.  Les quatre phases de cette courbe étaient: Introduction, Croissance, Maturité et Déclin.  Voici un résumé que j'ai adapté à la cause que nous défendons.

Introduction:

l'idée de la souveraineté est une idée nouvelle pour les Québécois. Elle nécessite des investissements importants sur le plan du développement, de la mise en marché et de la vente. Souvent la rentabilité tarde parce qu'elle n'est connue que de quelques militants, ou des « innovateurs ».

Les défis inhérents au développement d'un nouveau mouvement qu'est la souveraineté requièrent le passage par plusieurs étapes (évaluation des besoins, planification stratégique, financement, ressources humaines, marketing...).

Croissance:

le nombre d'adhésion au mouvement ne cesse d’augmenter. Aux militants s’ajoutent les citoyens que l’on peut qualifier d’« adeptes précoces » et la « majorité précoce ». Grâce à sa croissance en popularité le travail pour convaincre devient plus facile et moins lourd à porter pour les militants.  Cette popularité attire l'attention du fédéral.

Maturité:

les adhésions se stabilisent, ayant atteint leur sommet. Cependant, le fédéral, attiré par le succès des efforts des souverainistes, a créé une pression sur le mouvement et sa promotion.

Chez les citoyens, la « majorité tardive » décide d'adhérer au mouvement à cause de la qualité de l'argumentation et l'attrait pratico pratique de la souveraineté.

Les souverainistes doivent alors décider s'ils veulent rajeunir ou redéfinir le mouvement, en vue de le relancer en phase de croissance, ou réduire de façon importante les énergies afin de conserver un certain nombre d'adhérants.

Déclin:

les adhésions chutent. Des groupes souverainistes disparaissent et le fédéral est féroce. Le mouvement doit absolument faire marche arrière afin de se redéfinir.

Certains peuvent décider de désinvestir ou de se retirer du mouvement ou de chercher d’autres alternatives.

Question:

Où en sommes-nous?

Etienne Boulay
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Ou en sommes-nous ?
Claude Poirier

Ou en sommes-nous demande Étienne Boulay?

Nous en sommes toujours à naviguer entre les désirs et les
résistances de cette collectivité pour son pays à faire naître.

Dans une période donnée les désirs sont plus forts et dans une autre ce sont les résistances qui le sont.

Pour l'instant, les résistances sont plus fortes que les désirs. La force des désirs reviendra mais quand ? C'est à ce moment qu'il faut faire un référendum.

La défense par excellence des québécois à l'égard de l'indépendance
du Québec c'est l'AMBIVALENCE. C'est notre histoire qui a construit en nous ce sentiment déroutant.

Il faut le dire, un référendum c'est un moment fort qui mobilisent désirs et résistances puisqu'on parle alors de la vraie chose: le pays à venir, cet objet qui fait à la fois frayeur et exaltation.

Que faire?

C'est ce que nous nous sommes évertués à dire aux politiciens du
parti québécois durant vingt ans. Il n'ont écoutés qu'eux mêmes. Eux
aussi sont habités par ces résistances.

En période référendaire ils laissent passer dans leurs discours autant leurs propres résistances que les désirs de la collectivité.

Ils doivent en fait que laisser passer les désirs.

L'une des résistances, c'est la peur de réussir.

Quand on ne parle pas du pays en termes de désirs le peuple entend
les résistances à travers la crainte de parler de l'indépendance.

C'est ce qu'a bien réussi Landry lors de la dernière campagne
électorale.

Moins on veut en parler et plus le peuple a peur. Plus on
veut lui en parler en termes de désirs et moins le peuple a peur.

J'ai eu l'occasion en 1995 de rencontrer les députés du parti
québécois dans une salle du parlement pour leur expliquer ce qui se
passe dans le peuple quant à l'indépendance. Je leur ai posé deux
fois la question: Levez donc la main ceux qui n'ont pas peur de
gagner un référendum? Personne n'a levé la main.

Cela ne nous dit pas ce qu'il faut faire demain matin !

Deux choses sont certaines:

1- On ne peut pas compter sur ce parti politique pour plusieurs années et

2- il ne faut pas garder le silence.

C'est pour ces raisons que je souhaite, dans le plus bref délai, le
rassemblement de plusieurs citoyens et citoyennes qui vont se battre
à faire travailler les désirs des québécois.

Je passe ici nombre de détails puisque c'est un livre qu'il me faudrait écrire.

Mes amitiés à tous

Claude Poirier
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re-Je me souviens
José Fontaine
jeudi 8 mai, 2003 05:50

Chère Andrée Ferretti,

Je ne mets pas un instant en doute votre appréciation de la mémoire au Québec.

Ce n’est pas la première fois (JL Dion l’a fait sur AGQ), que devant
mon admiration pour le Québec des Québécois me disent : holà! ce n’est pas si sûr que vous ne le dites etc.

J’en tire une conclusion, c’est que les petites nations qui ne sont pas encore reconnues grâce à l’établissement d’un État souverain (un État la Wallonie et le Québec en ont tous deux et je suis d’accord Avec RM Sauvé pour dire que cela instaure une situation de facto), ont tendance à se dénigrer.

Je dois dire qu’en Wallonie, j’ai entendu mille fois des comparaisons faites avec le Québec à notre détriment et par des militants wallons sincères.

Cela ne doit pas nous empêcher d’être lucide sur nos lacunes mais doit aussi nous rendre lucides sur notre propension à nous sous-estimer.

J’ai eu une discussion avec mon ami Piché-Durocher sur AGQ à ce sujet, étant quand même impressionné par le statut d’ ESPACE PUBLIC du Québec avec une presse, une télé parlant abondamment – comme on le fait d’élections nationales sur les élections québécoises (analyses, sondages, controverses complexes etc.)

Là, je peux dire qu’en Wallonie nous n’avons jamais eu d’élections “régionales” séparées.  Les premières se tiendront en juin 2004.

Déjà en 1990, l’actuel Président du parlement wallon me disait (mais comme les choses n’avancent pas vite !), que ce serait une chance d’étaler le débat sur la Wallonie à la Une pendant plusieurs semaines, renforçant d’autant la conscience wallonne.

Avec des affiches partout dont l’enjeu serait wallon.

On verra.

Mais ceci dit, la confiance en soi c’est une chose assez étonnante. Je me permets de vous dire ceci qu’il en va de même de la confiance en soi des individus dans leur capacité sur tous les plans.

Il y a par exemple des femmes réellement belles (l’avis est unanime à ce sujet chez les hommes), à qui l’on peut le dire sans équivoque à partir d’un certain degré d’amitié vraie. Souvent, j’ai remarqué qu’elles en doutaient.

Je vais vous raconter une histoire que je ne pense pas être futile, loin de là même!

J’ai un jour longuement parlé avec une dramaturge liégeoise qui voulait me convaincre que tous les Belges étaient laids. Cela a été un courant important sur le plan littéraire et au-delà que de s’auto-dénigrer, certes surtout à Bruxelles, ce courant ne mordait pas en Flandre ni même en Wallonie.

Je me souviens de la discussion avec cette jeune femme (hélas morte d’un cancer). Je le raconte à mes élèves quand je dois expliquer ce courant étrange dit de la “belgitude”.

Elle tenait beaucoup à dire que tous les Belges étaient laids. C’était cousu de gros fil blanc que de lui dire qu’elle en était le premier démenti.

Et pourtant j’avais envie de le dire finement. Mais je l’ai “attaquée” en parlant de mes soeurs, de ma mère, de plusieurs Wallonnes, assez évidemment belles.

Et puis à un moment, hors de tout calcul, excédé par ses dénégations, je lui lance:

“Quand nous étions adolescents à l’Athénée de Dinant, l’idée fixe
que nous avions c’était que toutes les Liégeoises étaient belles!”

Et là, elle me sort “Oui, mais cela c’est vrai!”

(Liège est la plus importante ville de Wallonie, elle était très liégeoise)

J’avais “gagné”  sans l’avoir vraiment voulu par cette dernière remarque.

Bernanos dit quelque part que le secret de la générosité c’est de s’aimer soi-même simplement, sans orgueil ni égoïsme.

Eh bien! je pense que le Québec est beau, qu’il est grand, qu’il est digne d’être un pays se tenant debout face à l’Histoire et que je l’aime! Et que je l’envie !

Le but de la vie ce n’est peut-être pas de gagner à tout prix et chaque fois mais c’est de gagner quand même et autant avoir un moral de vainqueur.

José Fontaine
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Je me souviens
Andrée Ferretti
jeudi 8 mai, 2003 06:19

Cher José Fontaine,

  Encore une fois merci pour votre déclaration d'amour pour notre pays.

  Je crois que les indépendantistes (je ne parle pas des tenors de la souveraineté-association et autres détournements du but essentiel) sont en effet des militants qui ont une grande confiance en eux et plus encore dans leur peuple. Pour entreprendre une lutte de libération nationale et la mener à la victoire, il va de soi qu'il faut d'abord croire à cette victoire.

  Cela dit, pour y arriver, il faut également regarder la réalité en face. Constater que malheureusement, de très nombreux Québécois et Québécoises, particulièrement ceux âgés de moins de 30 ans, ignorent leur histoire nationale et que cette ignorance est une ( pas nécessairement la plus importante) des entraves à notre marche vers l'indépendance, m'apparaît faire partie de l'évaluation nécessaire de nos forces et de nos faiblesses, sans laquelle il n'y a pas posibilité d'élaborer une stratégie efficace.

  Il est vrai par ailleurs que nous avons de très nombreuses possibilités de nous en instruire, grâce aux romans historiques publiés en quantité depuis une vingtaine d'années, grâce aussi aux séries télévisées sur le sujet: documentaires et télé-romans.

Souvent, malheureusement, ce sont les personnes déjà intéressées par notre histoire, quelques unes même la connaissant déjà bien, qui lisent ces livres et regardent ces émissions.

Une enquête a déjà été menée à ce propos. Si j'en retrouve la trace, je m'empresserai de vous la communiquer.

  En toute solidarité et amitié,

Andrée Ferretti.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
s'impliquer, s'investir pour avancer
Robert Bertrand
jeudi 8 mai, 2003 17:38

Bonjour monsieur Poirier,

Vous nous dites :

"nous nous sommes évertués à dire aux politiciens du parti québécois durant vingt ans".
Serait-ce là une erreur de la part de nous tous ?

On peut apprendre de notre passé :  Comment René Lévesque a-t-il su
impliquer les Québécois et les Québécoises ?

Avant même qu'il vienne en politique, je pense qu'il a été demandé pour faire partie du Parti Libéral sous Jean Lesage, René Lévesque était connu comme journaliste, comme animateur d'une émission de télévision : "point de mire".

On me reprendra si je fais erreur.

René Lévesque a su nous faire connaître le Québec, les points percutants de nos paroisses de la Gaspésie qu'il connaissait bien, ceux de diverses régions du Québec et il nous démontrait les lacunes profondes pour le développement économique de nos régions :  les 25 cycles.

Une fois au Gouvernement, il a su démontrer qu'il fallait procéder à la
nationalisation de l'électricité.  Il expliquait, plus souvent que moins
souvent, à tous les Québécois et Québécoises... il parcourait toutes les
régions.  Il s'est dépensé sans compter.

Des journalistes de cette envergure, en voyez-vous maintenant ?

Les vedettes de nos téléjournaux, bien payés pour ce faire, quand ils ne sont pas propriétaires-animateurs-vedettes de leurs propres émissions gyrophares plus qu'informatrices, pensent à leurs propres "poches" qu'à servir l'ensemble des Québécois.  Ils n'ont pas le faux sourire ni la fausse envergure pour rien.  Voyez-les !  Examinez-les !

Ils sont propriétaires de leurs émissions.  Ils dirigent comme les
multinationales.   Il faut que ce soit payant.

Utilisent-ils les recettes de stratégies et des principes que Monsieur Sauvé cherchent à nous inculquer ?

Ce que l'on peut essentiellement dire, c'est qu'ils servent leurs intérêts
et non l'intérêt supérieur de Peuple et de la Nation Québécoise.

Une preuve de plus ?

LCN depuis près de deux ans présentait en écriture, au bas de l'écran, le nombre de civières dans les corridors, pour quelques uns des hôpitaux de Montréal et parfois, de la Ville de Québec.  Le hasard d'une élection ?  Le lendemain de l'élection plus d'information concernant les civières....  Les problèmes des hôpitaux sont tous disparus ?

Non.

Quelqu'un avait pour mission de servir des intérêts d'un groupe
particulier.  Il fallait miser sur les hôpitaux, les malades en attente.  À
qui cela devait-il profiter ?  Quels intérêts devaient servir LCN et TVA ?

Vous ajoutez :

"Quand on ne parle pas du pays en termes de désirs le peuple entend les résistances à travers la crainte de parler de l'indépendance. "
Quel organisme, quelle institution, quel groupe devaient ils nous entretenir de ses désirs ?

Vous concluez :

"C'est pour ces raisons que je souhaite, dans le plus bref délai, le rassemblement de plusieurs citoyens et citoyennes qui vont se battre à faire travailler les désirs des québécois."
Par votre intermédiaire, je m'informe en vous questionnant ?

Il existe des groupes souverainistes, par exemple le MLNQ, la SNQ et
d'autres.  Les auriez-vous approchés ?

Martin Lamontagne qui vient sur ce groupe de discussions est en relation avec différents groupes également.

Avec des idées, un programme, une façon de faire, pourquoi ne pas joindre le réseau de télévisions communautaires et au besoin, parcourir le Québec et y présenter une émission que vous réaliseriez sur ces ondes ?

Je le dis comme je le pense :  Combien y avait-il de personnes autour de René Lévesque pour vendre ses idées ?

Combien y avait-il de personnes autour de Marcel Chaput ?  de Raymond Barbeau ?  d'André d'Allemagne ?

Il me semble que ces personnes se sont investies elles mêmes et les autres sont venues se joindre par la suite.

Je sais que ce n'est pas facile.

Une autre façon de faire, celle suggérée par Monsieur Sauvé, s'imprégner des principes de la stratégie à suivre.

Je ne sais pas si je fais erreur, mais il me semble que cela s'adresse à un groupe, à un regroupement, à un mouvement, à une association.

Est-ce qu'on peut faire cela seul, au départ ?

Je m'interroge.

Il faut s'en parler pour bien comprendre et cheminer avec un certain aplomb.

Robert Bertrand
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
s'impliquer, s'investir pour  avancer
Martin Lamontagne
jeudi 8 mai, 2003 17:27

Robert Bertrand écrit :

Il existe des groupes souverainistes, par exemple le MLNQ, la SNQ et d'autres.  Les auriez-vous approchés ?

Martin Lamontagne qui vient sur ce groupe de discussions est en relation avec différents groupes également.

Avec des idées, un programme, une façon de faire, pourquoi ne pas joindre le réseau de télévisions communautaires et au besoin, parcourir le Québec et y présenter une émission que vous réaliseriez sur ces ondes ?

Je le dis comme je le pense :  Combien y avait-il de personnes autour de René Lévesque pour vendre ses idées ?

Nous sommes à l'étape de la remise en question et du renouveau.

Il est (certain) qu'il se produira un changement de nos élites dans les jours qui suivent, si ce n'est pas déjà fait.

C'est absolument nécéssaire voir vital.

Le PQ une fois regenéré pourra travailler vers la souveraineté, mais l'histoire récente nous aurra apris qu'il ne faut plus faire confiance au PQ les yeux fermés.

On a 4 ans pour faire le ménage et je crois que les groupes souverainistes qui ne sont pas des partis politiques ont un travail de terrain à faire pour aller chercher le 10 % de gens qui sont souverainistes mais qui ne sont pas intéréssé par le PQ.

Martin Lamontagne
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
s'impliquer, s'investir pour avancer
René Marcel Sauvé
jeudi 8 mai, 2003 18:26

Monsieur Bertrand,

Je peux vous avouer à tous quelque chose que je n'ai pas dit depuis que nous sommes en relation.

Depuis que je suis revenu au Québec il y a six ans, je donne chaque mois un cours de géopolitique, stratégie générale et tactique au MLNQ dirigé par Raymond Villeneuve.

Le MLNQ n'est pas le FLQ des années 60-70. Il se compose de gens de tous âges et de toutes conditions, des gens plus instruits, plus mûrs, dont certains sont très instruits: des ingénieurs, scientifiques, intellectuels de haut niveau, jeunes hommes et jeunes femmes, tous déterminés à passer aux actes, sans violence physique on espère, afin qu'une décision soit prise et mise en vigueur.

Personne n'a lancé aucune bombe depuis que je donne des cours et il y a eu de belles réussites, dont la visite surprise à Shawville, qui a obligé le maire anglophone et orangiste de la place à s'asseoir avec nos membres et à discuter au moins des moyens à prendre pour que Shawville, dans Pontiac, respecte nos lois.

Une autre belle réussite: Chaque année le 15 février, jour de la pendaison de De Lorimier, la ville de Québec hisse le drapeau des Patriotes sur son mat protocolaire.

Les membres ont réussi à inciter plusieurs commerces anglophones et
allophones qui ne respectent pas la loi 101 d'obtempérer et lorsque ces gens savent à qui ils ont affaire, ils ne font pas d'histoire et se soumettent.

Il y a eu de bonnes réussites dans l'ouest de Montréal et il y en aura
d'autres.

Donc, venez vous inscrire et participer.

Comme dans le passé, la police peut venir faire son petit tour tant qu'elle voudra. Ceci ne nous énerve nullement.  Nous avons eu des conversions parmi les policiers, des vraies, non des fausses car le temps et l'expérience nous ont permis à tous de faire la différence.

Nous ne sommes plus des enfants, Et nous travaillons au développement d'une politique de défense fondée sur la dissuasion, qui est très exigeante et demande beaucoup de savoirs et de compétences dans tous les domaines.

Les réunions ont lieu une fois par mois, généralement le premier dimanche du mois, au

Centre Saint Pierre,
1212 rue Panet,
près de René Lévesque,
à Montréal.

Vers 13h30.

Vous êtes tous invités, si vous êtes aussi déterminés que nous le sommes bien sûr.

Finalement, je travaille à régler cette épineuse question d'annales reliées au statut territorial, de facto comme de jure.

Je vous conseille à tous d'étudier et de bien étudier les rubriques
suivantes sur vos instruments de recherches:

1. Les Annales chinoises
2. Le Domesday Book en Angleterre
3. Le Topographical Description of the Province of lower Canada par Joseph Bouchette en 1815.

Je vous reviendrai et nous comparerons nos notes.

D'accord?

René Marcel Sauvé
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
s'impliquer, s'investir pour  avancer
Valérien Lachance
jeudi 8 mai, 2003 18:30

Bonsoir messieurs  Poirier et Lamontagne,

Non pas "aller chercher'  les souverainistes mais.... former des non-souverainistes, les convaincre que nous sommes un Pays, un peuple, les instruire sur notre statut de fait, qu'on existe déjà mais,  qu'on ne  le sait  pas ? de sorte qu'ils deviendront librement des  souverainistes convaincus et se joindront éventuellement  d'eux-mêmes au mouvement indépendantiste.

Il y a UN VASTE PROGRAMME D'ÉDUCATION À ENTREPRENDRE.

C'est ce que j'ai  retenu de l'enseignement de monsieur Marcel Sauvé.

J'ai l'impression qu'il y a des élèves qui n'ont pas écouté ! :-))

Bonsoir, paix et joie

Valérien
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
s'impliquer, s'investir pour avancer
Claude Poirier
jeudi 8 mai, 2003 18:31

Je voulais parler de mon groupe et non de tous.

Claude
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Les Greenpeace de l'indépendance
Claude Poirier
vendredi 9 mai, 2003 01:18

Plusieurs soulèvent l'argument suivant quant à la mise au monde d'une autre organisation voulant faire la promotion de l'indépendance du Québec:

il existe suffisamment d'organisation qui le font.
C'est bizarre puisque je ne les entends pratiquement jamais ces
organisations. Dans les rares cas ou ça se produit leurs paroles sont
toujours les mêmes.

L'organisation Greenpeace "québécoise"

Une nouvelle organisation à la Greenpeace c'est une organisation qui pose des gestes d'éclats visant à éclairer toute la population québécoise sur son état quant à ses dynamiques émotives qui font oeuvre de résistances (peur de tout perdre, on est bien de même, c'est grâce aux anglais si nous avons ce que nous avons...) et montrer par des actes de courage leurs désirs (le désir de l'aventure, de la conquête pour reprendre ce que l'on a perdu, donner du sens à je me souviens, aider à comprendre et calmer les peurs, montrer les désirs du pays interdit).

Des actions favorisant la prise de parole au peuple doivent aussi être entreprises puisqu'elles sont incontouranbles dans la prise de conscience des malaises qui habitent ce peuple quant à son avenir.

Il se bouche les yeux.

Il faut des gens pour l'aider à les ouvrir.

Des actions ponctuelles à réaliser selon des événements socio-
politiques...

Cette organisation doit être suffisamment originale pour attirer les
médias.

Il reste bien sûr des choses à définir mais ce n'est pas
insurmontable loin de là.

Est-ce qu'il y a des gens qui sont prêts à en discuter dans ce groupe?

Qu'ils se lèvent alors.

Claude Poirier
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Les Greenpeace de l'indépendance
Robert Bertrand
vendredi 9 mai, 2003 09:44

Sous le concept des "Greenpeace de l'Indépendance" (personnes qualifiées pour des activités d'éclats) ne pourrait-on pas imaginer des groupes, des associations, des mouvements déjà existants ou autres qui incluraient de telles démarches, de telles activités en leur sein ?

Ces groupes existants devraient être contactés et ils pourraient se mettre en communication avec vous, pour les intéresser à intégrer un tel type d'activités comme proposées.

Comme il y a des lecteurs qui sont déjà actifs, la seule chose que je
souhaite, c'est qu'ils se mettent en relations avec vous et voir si la
chimie se réalisera entre vous et eux ?

L'autre alternative, c'est d'aller voir ce que les autres font et voir si
vous pourriez y apporter votre grain de sel.

Je le dis en toute ouverture, et il n'y a d'obligation en rien dans une
démarche volontaire qui pourrait être faite.

M. Sauvé nous a donné certaines coordonnées.

Il le dit en ces termes :

"Les réunions ont lieu une fois par mois, généralement le premier dimanche du mois, au Centre Saint Pierre, 1212 rue Panet, près de René Lévesque, à Montréal. Vers 1330h.  Vous êtes tous invités, si vous êtes aussi déterminés que nous le sommes bien sûr."
C'est parce que cette information nous a été transmise officiellement que j'en parle.

Pour se rendre compte effectivement d'éventuelles possibilités de travailler ensemble et de soumettre un projet tel que "les Greenpeace de l'indépendance", est-ce que ce serait avantageux, nécessaire, intéressant que d'aller voir pour constater de visu ce qui est envisageable, de part et d'autre ?

Toute notre vie on en apprend.

C'est le 14 mai, à Montréal, qu'il y a une rencontre.  M. Sauvé nous en a déjà parlé.  Il pourrait le faire à nouveau.

Le 19, c'est la fête des Patriotes.

Ce sont des moments propices pour se rencontrer et établir des liens.
Premiers pas pour des cheminements qui pourraient suivre, il me semble.

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
doute
Claude Poirier
vendredi 9 mai, 2003 13:46

Je me demande Monsieur Sauvé si vous ne travaillez toujours pour le
fédéral?

Je ne dis pas ça parce que je suis paranoiaque mais vous semez le doute en moi !

Claude Poirier
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
doute
René Marcel Sauvé
vendredi 9 mai, 2003 15:35

Il est évident que vous me cherchez noise, monsieur Poirier.

Toute votre pensée se résume à être pour ou "contre".

Elle est manichéenne et simpliste, provocante pour ne pas dire pire.

Vous n'avez pas dépassé le stade du miroir.

Toute personne que vous rencontrez doit être à votre image et votre ressemblance, une projection de vous-mêmes et de vos représentations. L'altérité vous échappe.

NOUS, Québécois, avons payé et payé et repayé jusqu'à 34% du budget de la défense au gouvernement fédéral.  Ma famille, parents, grands parents, cousins et cousines a fait sa grosse part.

J'ai fait plus que ma part en servant aussi longtemps, mais il ne vous vient pas à l'esprit qu'une telle longueur de service peut avoir pour objet de trouver moyen d'en sortir d'une manière ou d'une autre.

Pendant toutes les années au cours desquelles j'ai servi, la représentation québécoise dans les Forces armées n'a jamais dépassé 8% (j'ai bien dit huit).

C'est du masochisme  évidememment.

Où sont passés les 28% de différence ? Réponse: aux soldats et officiers anglais, qui se sont payés de belles formations comme pilotes (à un demi-million chacun), quittes ensuite à se trouver de belles places dans les compagnies aériennes. Mais pour vous monsieur Poirier, qu'un anglais profite des payeurs de taxe du Québec pour faire carrière dans les forces armées, celà vous paraît tout à fait normal. Qu'un Québécois en fasse autant, il devient tout de suite suspect, et bien entendu, qu'on n'aille pas accuser l'accusateur de paranoïa, ce ne serait pas gentil du tout du tout du tout.

À la révolution américaine, George Washington et la totalité de ses
officiers, sous-officiers et soldats étaient issus de l'armée britannique,
qu'ils combattaient de toutes leurs forces. Ils ont servi dans l'armée
britannique parce que l'armée britannique manquait d'effectifs et acceptait des Yankees dans ses rangs.

Toutes les armées du monde manquent d'effectifs, ont toujours manqué d'effectifs. Êtes-vous capable de comprendre celà, monsieur Poirier, ou préférez-vous quelque théorie creuse et propre à rationaliser vos affects et créer l'impression d'une certaine objectivité ?

Les Irlandais qui ont constitué l'IRA avec Michael Collins avaient en
majorité été formés dans l'armée anglaise et ont retourné leurs armes contre leurs "maîtres" parce que les maîtres ne méritaient pas mieux.

Êtes-vous capable de le comprendre monsieur Poirier?

En 1939, contre l'armée russe du maréchal Clément Woroschilow envahissait la Finlande, la majorité des effectifs des forces de défense finlandaises avaient reçu leur formation militaire dans l'armée russe, dont le célèbre maréchal KGE Mannerheim, héros national de Finlande. Mannerheim a servi plus de 30 ans comme officier de l'armée russe. Il est devenu général et a commandé une division russe en Bessarabie pendant la guerre 1914-18.

Il a ensuite participé à l'indépendance de la Finlande, puis à
l'organisation de sa défense et la majorité des Finlandais étaient contre lui. (Beaucoup de Claude Poirier en Finlande je suppose).

Idéalistes et idéologues, sans doute sous l'influence des philsophies des Lumières (Les Filandais lisent beaucoup et je le sais pour avoir travaillé avec eux au Proche Orient), le peuple finlandais voulait la NEUTRALITÉ POUR LA FINLANDE, CET ÉTAT NEUF EN 1921, FLAMBANT NEUF, PARCE QUE JAMAIS AU COURS DE LEUR 800 ANS D'HISTOIRE, LES FINLANDAIS NE S'ÉTAIENT PRIS EN CHARGE ET NE S'ÉTAIENT GOUVERNÉS EUX-MÊMES.

Comme tous les peuples qui n'ont jamais connnu l'État, ils avaient des idées et des idées et des idées et des idées et se battaient entre eux pour leurs idées. Résultat: plus de 250,000 morts dans les guerres civiles qui ont suivi l'indépendance finlandaise. Tous des pacifistes et des antimilitaristes.

Même problème en Irlande à la même époque exactement. Solutionné par des guerres civiles atroces entre Irlandais, toujours par des pacifistes et des antimilitaristes à la tête bourrée d'idées pour les idées et quand on a une idée dans la tête, on ne l'a pas dans les pieds.

La NEUTRALITÉ POLITIQUE ? Je n'ai absolument et archi-absolument rien contre, si vous êtes capable de me comprendre.

Seulement, la neutralité politique, comme le pensent beaucoup de Québécois imbus de grands idéaux et de grandes idéologies, qui ne veulent pas de "militarisme", la neutralité politique, donc, n'est POSSIBLE QUE DANS CERTAINES CONDITIONS.

En voici quelques unes, croyez-moi si vous voulez:
 

1. Alliances économiques et commerciales. Il est évident que les partenaires commerciaux, Allemands, Russes, Anglais, Français ou Américains, dans le cas de la Finlande de 1925, ne vont pas accepter n'importe quel arrangement pour les affaires. Car les affaires sont les affaires, monsieur Poirier, de sorte qu'un État ne peut pas toujours faire ce qu'il veut.

C'est vrai que si vous étiez chef de l'État du Québec, les choses se passeraient très différemment et votre conception des alliances, fondées sur votre justice, élimineraient tous les obstacles.

Toujours est-il que les Finlandais, qui étaient aux prises avec ces problèmes d'envergure, qu'aucun philosophe ne peut résoudre, voulaient la neutralité et rien d'autre, incapables de discerner dans la réalité entre ce qui est possible de faire et ce qui ne l'est pas.

2. Pacifistes, antimilitaristes comme vous, Monsieur Poirier, dont la justice pourrait transformer le monde, les Finlandais ne voulaient pas d'armées.

Mannerheim, qui était régent de Finlande à cette époque, a tenté en vain de leur expliquer que, sans DÉFENSE TERRITORIALE CRÉDIBLE, la neutralité finlandaise ne serait jamais reconnue. Peine perdue.

Encore une fois, en 1934, Mannerheim, qui prévoyait la seconde guerre mondiale, (qui n'aurait jamais eu lieu si vous aviez été là, évidemment), tenta encore une fois de persuder les Finlandais de la nécessité d'organiser une défense crédible, si on veut la neutralité.

Peine perdue. Mannerheim s'est encore une fois frappé la tête contre un mur.

En 1939, la Russie, qui prévoyait une attaque allemande contre son
territoire, demanda à la Finlande de lui céder temporairement le port
finlandais de Viipuri, les lacs Ladoga et Onega, pour ravitailler
Léningrad (St Petersbourg) dans le nord en cas de guerre. De plus, les Russes exigèrent la neutralité des mines de nickel de Petsamo dans le grand nord finlandais.

Refus des Finlandais d'obtempérer. Les Allemands veulent la même chose que les Russes, les Anglais veulent le nickel, les Français veulent le nickel, les Américains veulent le nickel, un matériau stratégique de première importance, non seulement pour la guerre militaire mais pour la guerre technologique qui s'annonce.

Résultat: les Russes montent une armée d'un million d'hommes sous le commandement du maréchal Woroschilow, que Mannerheim connaît bien. Fin novembre 1939, ils attaquent la Finlande sur trois fronts.

Cette fois, les Finlandais sont aux abois. Ils demandent l'impossible à
Mannerheim, qui déploiera tout son savoir pour battre l'armée russe.

Mais la Finlande n'a pas d'armée. Rapidement, Mannerheim rassemble dans la population finlandaise les soldats, sous-officiers et officiers, tous d'un certain âge, qui ont fait une carrière militaire chez les Russes. Profitant du froid extrême, des petits groupes attaquent les ravitaillements russes par derrière (on ne fait pas ce travail avec des amateurs) et saissisent les armes, munitions et équipements qui vont peu à peu permettre aux Finlandais de constituer une force de défense, qui grâce au génie de Mannerheim, gagnera bataille sur bataille, jusqu'à la grande victoire de Suomussalmi entre le 21 et 24 décemnbre 1939.  Il fait alors 50 sous zéro en Finlande.

Médusés, les Russes se contenteront de ce qu'ils ont exigé: le nickel de
Petsamo, devenu Petchenga, que la Russie ne remettra jamais à la Finlande; le port de Viipuri, devenu Viborg et la région des lacs.

Les Finlandais ont fini par comprendre que la neutralité politique n'est pas dans les mots mais dans les actes.

Les Claude Poirier de Finlande ont souffert assez de misère pour comprendre que lorsqu'on leur dit: "Il y a un mur là devant vous", il ne (doit) pas répliquer en accusant l'interlocuteur de militarisme et de fédéralisme ou autre idéologie du genre.

Des exemples de militaires formés dans une armée étrangère et qui se
retournent défendre les intérêts de leur propre peuple, je peux en citer
beaucoup d'autres mais j'ai autre chose à faire.

J'ai tenté ce matin d'expliquer que la politique est affaire de nécessités
qui n'ont pas de lois, donc d'intérêts, de rapports de forces et
d'effectivité, pas d'idéologie.

Je sais que ma longue réponse ne convaincra pas monsieur Poirier, beaucoup trop intelligent pour saisir les données concrètes de ce monde trop bas, trop terre à terre, manquant de grands "idéaux".

J'espère que d'autres vont comprendre.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
Claude Poirier
vendredi 9 mai, 2003 18:33

C'est bien ce que je prévoyais comme réponse: l'attaque et la
défense.

L'attaque contre moi à l'aide d'une psychologie à la petite
semaine et la défense en utilisant nombre d'exemples servant à étaler
un savoir (que vous faites souvent étalage et qui a pour effet de
séduire un certain nombre de personnes de ce forum) tout à fait
fonder sur le narcissisme et non sur l'accusation que j'ai porté à
votre égard. C'est bien là la position du coupable.

Vous êtes un guerrier monsieur qui joue au fin connaisseur des grands esprits de ce monde. En condamnant nos penseurs, la philosophie et le siècle des lumières à titre d'obsession dont vous ne connaissez même pas l'ABC, vous révélez votre état d'esprit rigide, autoritaire, matérialiste et totalitaire.

Je ne veux plus rien à voir avec vous monsieur.

Claude Poirier
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Monsieur Sauvé
René Marcel Sauvé
vendredi 9 mai, 2003 21:35

Vous souffrez du délire d'interprétation, monsieur Poirier.

Vous n'avez pas lu le texte que je vous ai composé en réponse à vos provocations. Celà se voit.

Je ne sais pas où j'ai "condamné VOS penseurs" ni la philosophie (VOTRE PHILOSOPHIE) ni le Siècle des Lumières (VOTRE SIÈCLE SANS DOUTE), encore moins à titre "d'obsession"(sic), dont je ne connais même pas l'ABC (resic).

J'émets des réserves à leur sujet et ce n'est pas la même chose. C'est vous qui voyez des condamnations là où il n'y en a pas.

Comment pouvez-vous dire que je "joue au fin connaisseur des grands esprits de ce monde" et en même temps me traiter de tout ce qui n'est pas fin. Non, mais, décidez-vous dans un sens ou dans l'autre.

J'ai au moins 16 ans de plus que vous. Donc, j'ai fait plus de chemin que vous, autant dans l'espace que dans le temps.  Seize années d'avance, c'est beaucoup dans une vie active.

Avoir travaillé dans 54 pays, il faut au moins reconnaître cette expérience.

Pourquoi en prenez-vous ombrage ?

J'aurais pu rester à Toronto et travailler à la souveraineté de l'Ontario. Elle s'en vient maintenant.

J'avais l'intention de le faire mais Pierre Falardeau, le cinéaste, m'a demandé de me rapatrier.

Je vous ai dit et écrit que j'ai toujours respecté l'enseignement de mes
aînés avertis. Reconnaissez que j'ai fait plus de chemin que vous et cessez de vous montrer aussi ombrageux.

Je propose des règles à suivre et des moyens de sortir de la rigidité du fédéralisme unitaire, des moyens qu'on ne trouve que dans la réalité, non dans les idéologies, dont on peut identifier les composantes chez les auteurs qui s'y connaissent en matière d'États, de pouvoirs, de passions du pouvoir et de la possession, des auteurs qui ont fait leurs preuves et vous m'accusez d'être rigide, autoritaire (allez au moins le demander aux soldats et officiers que j'ai commandés), "matérialiste" (sic) et totalitaire (resic encore une fois).

Au moins, ayez la maturité d'aller vérifier vos dires chez mes anciens
étudiants. Autrement, c'est votre crédibilité qui en souffrira et n'allez
pas me blâmer ensuite.

Alors que les choses se fassent selon votre parole, monsieur Poirier. Je
suis sûr et certain que le monde s'en portera beaucoup mieux.

Vous me faites l'impression d'un homme seul qui a besoin d'une femme.

Trouvez-en une alors. Réflexe de matérialiste, comme vous dites si bien.

Finalement, moi qui ne suis pas gentil du tout du tout du tout, pourrais-je vous proposer une lecture pertinente au débat en cours:

RAPPORTS DE FORCES. Par Carlo Gainsbourg. (Histoire, rhétorique et preuve) École des hautes études en sciences sociales. Gallimard Le Seuil. Paris. 2003. 123p.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Former/enseigner
Valérien Lachance
samedi 10 mai, 2003 09:34

Bonjour monsieur Sauvé,

    Le travail d'éducation que vous poursuivez auprès des jeunes
souverainiste au Centre Saint-Pierre que je connais bien d'ailleurs, ne
peut que cautionner l'entreprise dont vous faites partie.

La collaboration des professionnels chevronnés du Centre nous indiquent que vous faites partie d'une équipe multi-disciplinaire qui ne saurait s'aventurer dans des sentiers inconnus ! Autrement ce n'eut pas été possible.

    Monsieur Robert Bertrand n'avait-il pas fait une suggestion
semblable sur ce forum il y a peu de temps !

    Que monsieur Raymond Villeneuve se soit inscrit à ces cours, tant
mieux. Je le  félicite.

    Ce Centre est voué à la formation de la jeunesse semblable à  ce que faisait autrefois les JOC et les JAC dans plusieurs paroisses et qui
ont formé la plupart des grands hommes publis du Québec et du
Canada ( français) encore en service aujourd'hui.

Le Chanoine Lionel Groulx comptait beaucoup (sur) ces mouvements voués à la jeunesse patriotique notamment les  "Jeunes Laurentiens" pour lesquels il avait mis tant d'espoir !

Félicitations monsieur Sauvé

Valérien L
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'Alliance souverainiste !
Valérien Lachance
samedi 10 mai, 2003 11:40

L'alliance canadienne appuie Terre-Neuve,
qui veut rouvrir la Constitution
Hélène Buzzetti
Le Devoir

Édition du samedi 10 et du dimanche 11 mai 2003

Mots clés : Canada (Pays), Terre-Neuve et Labrador (province), Pêche, Constitution, alliance canadienne

Ottawa - L'Alliance canadienne a uni sa voix à celle du premier
ministre de Terre-Neuve hier en se disant d'accord avec la réouverture de la Constitution canadienne afin d'apaiser le sentiment d'aliénation des régions du pays.

Selon John Reynolds, leader en Chambre de l'Alliance canadienne, la
dernière sortie de Terre-Neuve est une preuve que l'insatisfaction des provinces «se répand» partout au pays. «Ce n'est plus propre au Québec», a-t-il lancé hier à la sortie de la Chambre des communes.

«[Jean] Charest, la province de Québec et la population du Québec ont les mêmes inquiétudes que celles que nous avons en Colombie-Britannique. Nous avons maintenant des gens à Terre-Neuve qui ont les mêmes problèmes. Ce n'est plus un problème typique du Québec. Le Québec a pris une bonne décision en élisant un gouvernement qui appuie le Canada, mais il y a des changements qui
doivent être apportés. Mon parti appuie des changements constitutionnels, tout comme une plus grande égalité à travers le Canada, et le temps est venu d'avoir cette discussion.»

Selon lui, «il n'y a aucun doute» au sujet de l'appétit des Canadiens
à rouvrir le dossier constitutionnel. En tout cas, il croit que le gouvernement libéral actuel est bien mal placé pour en juger. «Ce gouvernement a presque perdu ce pays il y a quelques années. [Les libéraux] ne sont pas des experts en matière de ce qui est bon ou pas pour le Canada.»

Le premier ministre de Terre-Neuve, Roger Grimes, a déposé une
résolution jeudi devant son assemblée législative, demandant à amender les Terms Of Union, ce document qui a officialisé l'entrée de la province au sein du Canada en 1949. Le premier ministre veut obtenir la gestion partagée des pêches avec le gouvernement fédéral ainsi que l'enchâssement dans la Constitution d'un conseil conjoint de gestion des pêcheries.

M. Grimes a pris ces grands moyens en réponse au nouveau moratoire
quasi total sur la pêche à la morue décidé par Ottawa. Le gouvernement de Terre-Neuve estime que ce moratoire pourrait coûter 43 millions de dollars à l'économie et affecter 4400 emplois. Plus tôt cette semaine, M. Grimes avait aussi déclaré que la province ne poursuivrait pas en justice les pêcheurs qui refuseront de respecter
ce moratoire.

M. Grimes semble jouir d'appuis dans sa démarche. Le premier ministre de l'Alberta, Ralph Klein, n'a pas hésité à dire que les pêcheries reposent sur une ressource naturelle et devraient donc relever de la compétence des provinces, pas d'Ottawa. Il est en faveur
de changements constitutionnels puisque l'Alberta demande une réforme du Sénat.

«Je ne crois pas que les Albertains et les Canadiens aient envie de
discuter d'un ensemble de changements constitutionnels comme Meech ou Charlottetown en proposaient, a déclaré M. Klein. Mais il y a certaines choses sur lesquelles les Albertains sont d'accord en lien avec la Constitution, et l'une d'elles est la réforme du Sénat. Si ce sujet était séparé du reste, l'Alberta serait d'accord pour demander des changements constitutionnels. En fait, je déposerai une résolution» en ce sens, a-t-il dit.

Selon Ralph Klein, le premier ministre de Terre-Neuve aurait commencé à solliciter l'appui de ses homologues en vue d'inscrire ce sujet à l'ordre du jour de la rencontre des premiers ministres provinciaux, en juillet.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Stéphane Dion, ne
s'est pas étonné de cette montée du sentiment autonomiste. Selon lui, il faudra s'attendre à en voir de plus en plus au Canada. «Je pense que ce qui se produit, c'est que les grands dossiers qui nous occupaient
tellement par le passé, comme l'endettement du pays, l'économie flageolante, le chômage, la pauvreté [...], sont moins présents dans l'opinion publique. Alors, qu'est-ce qui émerge ? Des questions [...] qui mettent plus les relations fédérales-provinciales à l'avant-scène, et ça, il faudra bien apprendre à gérer cela. C'est un peu la rançon des succès que nous avons eus par le passé.»

M. Dion n'en démord pas pour autant : il n'est pas question d'accéder
aux demandes de Terre-Neuve. Il ne voit d'ailleurs pas en quoi une gestion provinciale des pêcheries aurait permis de mieux protéger les stocks de morue qu'une gestion fédérale. «Les ministres des Pêches provinciaux poussaient toujours pour avoir plus de pêche.  Toujours.»

Interrogé au sujet de la latitude qui existe vraiment à cet égard, le
constitutionnaliste Gérald Beaudoin insiste pour dire qu'à moins d'une réforme constitutionnelle en bonne et due forme, un transfert de responsabilité n'est pas envisageable. Mais il serait possible de signer une forme d'entente de gestion sans rouvrir le panier de crabes constitutionnel.

Stephen Scott, professeur de droit à l'université McGill, abonde dans
ce sens. Il explique que les Terms Of Union comprennent un passage sur la pêche. Il serait donc possible d'en discuter comme d'un dossier n'impliquant que la province de Terre-Neuve. S'il le voulait, le fédéral pourrait alors procéder selon une formule bilatérale, comme il l'avait fait avec le Québec pour abolir la confessionnalité des commissions scolaires. «Il y a une possibilité», dit-il.

Transmis par :
VL
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Enseignement
Robert Bertrand
samedi 10 mai, 2003 12:02

Quelques sujets abordés sur cette page :

- Enseignement de monsieur René Marcel Sauvé

- l'approche mercatique : présentation de Etienne Boulay et questions

- fait accompli : plusieurs questions et réponses

- Indépendance de l'Ontario : questions et réponses

- Fondation d'une organisation de type Greenpeace : Claude Poirier

- Annales et archives : nécessaires discussions

- Charbonneau invite les péquistes à faire preuve de lucidité

- JE ME SOUVIENS :  échanges

- Former - enseigner - groupes de formation
 

Qu'attendent les Québécois et les Québécoises ?

Ils veulent que tous ceux et celles qui veulent un Pays du Québec travaillent dans le même sens et donnent assez d'indications qu'ils sont capables de s'accepter, de travailler, de se développer et de vivre ensemble dans une certaine harmonie.

Tout ce qui se fait contre ce courrant de pensée et d'action est un élément de discorde, de trouble, de mésentente.

Vous croyez que c'est ce que les Québécois et les Québécoises veulent vivre ?

On cherche l'harmonie, la réussite en acceptant les uns et les autres dans ce qu'ils sont dans leur être personnel et collectif.

Faire un pas vers l'un ou vers l'autre, est-ce un compromis ?

Il me semble qu'avant de se rejeter, de se combattre, il y a lieu de voir, bien souvent, de visu, ce que sont les autres personnes, les autres actions, les autres groupes, les autres mouvements, les autres idées.

Dans la page présentée, ci-haut, on trouve les questionnements, les réponses, les interrogations et les possibles moyens de trouver chacun une façon de travailler qui devrait être acceptable pour les uns comme pour les autres.

Si on n'est pas prêt à entrer dans une démarche commune, au moins, acceptons les démarches individuelles telles qu'elles sont entreprises et voyons voir, si les chemins des un et des autres devraient arriver à une croisée pour cheminer par la suite, peut-être en parallèle, mais en étant conscient que les uns et les autres existent et qu'ils sont en cheminement.

Parfois, en se relisant, on peut découvrir ce que l'on n'avait pas vu, ce qu'il nous était impossible d'apprécier.

Robert Bertrand
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(d'autres textes suivront...)
 
 

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