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Montréal, le 22 décembre 1999
 

Madame Hélène CARRÈRE  D’ENCAUSSE
Secrétaire perpétuelle
Académie française
Paris    F R A N C E
 

Madame la Secrétaire perpétuelle,

Si nous nous permettons aujourd’hui de nous adresser à vous, c’est que toute votre carrière a été marquée au coin d’un intérêt constant et favorable aux aspirations naturelles des peuples.  Comment ne pas saluer les longues et fructueuses recherches qui jalonnent votre démarche intellectuelle et qui font de cette dernière une des pièces maîtresses de la réflexion politique de cette fin de siècle.  C’est donc en toute confiance que nous vous partageons notre inquiétude et notre espoir…

Le peuple québécois est engagé depuis quarante ans dans un processus démocratique d’affirmation nationale dont l’indépendance est l’aboutissement raisonnable et logique.  Depuis 20 ans, deux référendums sur la souveraineté ont eu lieu, l’un en 1980 et l’autre en 1995.  Lors de cette dernière consultation populaire, le OUI à la souveraineté a obtenu, malgré de nombreuses irrégularités quand à la confection des listes électorales, 49,4% des voix avec un taux de participation de plus de 90%.  Depuis, le Canada anglais n’a cessé de radicaliser ses positions afin de contrer le mouvement souverainiste québécois.  Le dernier épisode de cette saga, est le projet de loi C-20 du gouvernement central visant à <<encadrer>> le prochain référendum.  Ce projet de loi, croyons-nous, menace les libertés politiques fondamentales du peuple québécois.

Parmi les mesures de cette législation en devenir, il faut signaler l’évacuation de la règle universelle du 50%+1 des votes exprimés.  En effet, Ottawa veut donner plus de poids aux votes fédéralistes qu’aux votes souverainistes.  Il nous apparaît inacceptable qu’à l’aube de l’an 2000 un peuple entier soit dépossédé arbitrairement et brusquement des instruments de son développement démocratique.  Cela serait contraire aux Droits de l’homme qu’au Québec nous désignons Droits de la personne.  Le droit des peuple à librement disposer d’eux-mêmes est un des acquis du Siècle des Lumières dont la France a été un des acteurs les plus importants et les plus déterminants.  L’Académie française est en quelque sorte la fiduciaire du génie français dont le Québec est partie intégrante.

Nous ne vous demandons pas d’intervenir dans une affaire canadienne.  Ce que nous souhaitons toutefois c’est que vous connaissiez les tenants et les aboutissants d’une volonté canadienne qui risque, si par malheur, le Parlement canadien endossait ce projet de loi, de priver le peuple du Québec du patrimoine universel en matière de valeurs démocratiques.  Nous vous ferons parvenir dès le début de la prochaine année un mémoire au sujet des droits politiques des Québécois au Canada.

Recevez, Madame la Secrétaire perpétuelle, l’expression de nos sentiments les plus fraternels,

Gilles RHÉAUME
Président de la Conférence internationale des peuples de langue française (1982-1985)
Professeur de philosophie
Directeur de l’Institut d’études des politiques linguistiques
Président du Mouvement souverainiste du Québec
59006-6595, rue Saint-Hubert
Montréal  État du Québec
Canada  H2S  3P5
Courriel :  gilles_rheaume@moncourrier.com

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