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Claude Boulay

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Richler et ses acolytes


On m’a demandé d’écrire une présentation pour mon livre L’impérialisme « canadian », chevalier servant Mordecai Richler, que M. Robert Bertrand offre en version intégrale aux abonnés de son site "Québec un pays". Je crois que la meilleure chose à faire est de montrer l’importance pour le Canada anglais du livre de propagande anti-québécoise de Richler Oh Canada! Oh Quebec!

On peut, en effet, se demander pourquoi on s’attarderait encore à cette œuvre de haine, publiée il y a plus de dix ans. Et valait-il la peine d’écrire tout un livre pour répliquer à Richler?

Il faut comprendre que le livre de Richler est un phare pour les propagandistes du Canada anglais. On le vénère, on lui voue un culte, bref on se pâme. Et on en copie le style et les techniques.

Dans L’impérialisme … , au chapitre 19, j’ai cité quelques uns des admirateurs de l’ouvrage de Richler, comme le Windsor Press Club (les joyeuses commères de Windsor) et l’historien Ramsay Cook, qui s’étaient répandus en louanges pour leur héros. La vague d’admiration délirante ne s’est pas arrêtée là. La revue Saturday Night a ouvert ses pages à cet auteur, pour qu’il y publie une chronique régulière. En 1994, il y écrivait que, dans un Québec indépendant, les enfants de familles à revenus modestes seraient élevés dans des enclos, comme des porcelets. Comme quoi sa déclaration dans le New Yorker, à l’effet que nos grands-mères étaient considérées comme des truies, n’était pas un incident de parcours. Il y tenait, à ses comparaisons avec la race porcine.

Peu avant sa mort, Mordecai Richler a été nommé Compagnon de l’Ordre du Canada. À cette occasion, Mme Adrienne Clarkson, Gouverneure générale, déclarait : "Il était unique, il n’y aura jamais une autre voix comme la sienne". (Je rappelle ici que Mme Clarkson faisait partie des 100 tartuffes qui, lors du dénouement de la crise d’Oka, signèrent une page suintante d’hypocrisie dans le Globe and Mail. (Voir L’impérialisme…, chapitre 14.)

On a dit que l’imitation était  la plus sincère des flatteries. Ron Graham, journaliste et éditeur, est un de ceux qui ont rendu hommage à Richler de cette manière. Dans The French Quarter, il utilise les mêmes techniques que le grand-prêtre pour s’attaquer au nationalisme québécois : sélection des faits, déformation. Il se sert du même procédé que Richler pour ternir la mémoire de René Lévesque. Il ressort exactement la même petite phrase attribuée à Lévesque, citée en bas de page du Journal d’André Laurendeau, et qui peut être interprétée comme une marque d’admiration pour le FLQ (Voir L'impérialisme…, chapitre 11.) Comme Richler, Graham passe délibérément sous silence tout ce que Lévesque a écrit pour condamner le FLQ. Comme procédé de propagande par sélection, on ne fait pas mieux.

Il faut mentionner aussi le traducteur de Richler, Daniel Poliquin. Dans mon livre, je m’étais moqué doucement de sa traduction bancale. Voici quelques exemples de perles que j’y avais glanées :

"Modest French Canadian maidens : Les modestes bonnes canadiennes françaises".

"The roof…superimposed as a function of the tower : Le toit (du stade olympique) dont la fonction réelle était de soutenir la tour…"

J’avais supposé que le traducteur était un étudiant qui cherchait à se faire un peu d’argent en s’adonnant à la traduction. Je ne voulais pas l’écorcher, mais déplorer que le Conseil des Arts du Canada ait subventionné un travail de si piètre qualité. J’ai appris plus tard que M. Poliquin était un traducteur rémunéré par le gouvernement fédéral.

En octobre 1997, le journaliste André Lachance, de Recto Verso, décrit une rencontre mensuelle de l’équipe et des supporteurs de Cité Libre. On y retrouve, entre autres, Esther Delisle, disciple et protégée de Richler, ainsi que Pierre Elliott Trudeau. Ce soir-là, le conférencier invité est notre Daniel Poliquin, présenté comme un universitaire ontarien chevronné. Il fait une apologie de l’assimilation : "L’assimilation n’est pas une trahison, un meurtre ou une apostasie. C’est seulement la conséquence naturelle d’une réalité normale. Ça ne fait même pas mal. On se réveille un matin devant ses petits-enfants qui vous disent Grand-Dad au lieu de grand-papa. J’ai même connu des assimilés heureux…Où est le mal? Cessons de nous dire que l’assimilation est une tare….La langue n’est qu’un instrument de communication qui ne pèse pas lourd à côté de la justice."

Ces bonnes paroles auraient sûrement fait plaisir à Lord Durham. En tout cas, elles furent appréciées par les personnes présentes, qui applaudirent à tout rompre.

Poliquin, comme Ron Graham, a compris que la meilleure façon de s’attirer des éloges au Canada anglais était de pondre un livre contre le nationalisme québécois. En 2000, il publiait Au nom du père, traduit en anglais en 2001. Je n’ai pas encore eu l’honneur de lire cet ouvrage. Je m’en fais quand même une idée en lisant les éloges qu’il s’est attirés de la part des faiseurs d’opinion canadiens anglais :

Philip Resnick, dans le National Post : "Daniel Poliquin sets out in this book to tear a few stripes off the prevailing consensus in Quebec. And he has succeeded with considerable brio".

Jeffrey Simpson, dans le Globe and Mail : "Iconoclasts have torn apart Quebec nationalism before. Rarely, however, has the ripping been done with such eloquence and sustained ferocity as has Poliquin in In the Name of the Father". (Simpson en oublie la syntaxe, tellement il est ému.)

Le livre de Poliquin a été mis en nomination par le Writers’ Trust of Canada pour le Shaughnessy Cohen Prize, "honoring excellence in political writing". En fait, un article ou un livre qui s'en prend au Québec et au nationalisme québécois suscite toujours un enthousiasme jouissif chez les nationalistes canadiens anglais. C'est normal. L'objectif fondamental du Canada, tel que défini par Durham, n'est-il pas la disparition de la nation québécoise par sa mise en tutelle par le Canada anglais et l'assimilation de ses citoyens?

On sait aussi qu’un livre de Poliquin, L’écureuil noir, a été finaliste pour un prix du Gouverneur général. Vous vous étonnez qu’un auteur qui n’a pas plus le génie de la langue puisse être considéré pour un prix littéraire? C’est pourtant bien simple : pour tout ce qui scribouille au Canada anglais, si vous écrivez contre le Québec, vous êtes un génie.

Quel a été le comportement des médias québécois devant le phénomène Richler? Ont-ils vigoureusement défendu le Québec devant ses attaques haineuses? Prenons La Presse comme exemple. Lorsque le livre de Richler parut, il y a eu quelques molles protestations dans les éditoriaux et les chroniques. Alain Dubuc, alors éditorialiste en chef, écrivit courageusement quelque chose comme "Je pourrais donner la réplique, mais je ne le ferai pas".

Par contre, les lettres de lecteurs indignés déferlèrent pendant plusieurs jours. Jusqu’à ce que quelqu’un dans la haute direction de Propagande Canada mette un frein; "M. Richler est de notre côté. C’est quelqu’un que l’on voit souvent en compagnie de Pierre Elliott Trudeau. Son rôle est de chauffer les Canadiens anglais contre le Québec. Il faut le laisser travailler en paix". Et le débit de lettres de protestation fut abruptement interrompu. Jamais plus, dans ce journal, on ne se permit de critiquer le grand homme. Bien plus, un programme de réhabilitation fut entrepris. En 1995, Mme Nadia Khouri publia un livre qui constituait un hymne de gloire à Mordecai Richler. Mario Roy, alors éditeur des pages littéraires de La Presse, jugea bon de consacrer la page B1 du journal, avec photo couleur et tout le saint-frusquin, à cette hagiographie. Plus tard, ce fut à Mme Esther Delisle, la protégée de Richler, que M. Roy accorda le même traitement. Aujourd’hui, ce même Mario Roy fait partie de l’équipe éditoriale de La Presse. Propagande Canada récompense ses braves petits soldats.

Voyez-vous, le rôle assigné aux médias francophones est différent de celui joué par les médias anglophones. Il serait contre-productif de leur demander de distiller la haine contre le Québec comme le font leurs pendants de langue anglaise. Bien sûr, ils doivent faire une propagande incessante contre la souveraineté et, lorsque le parti souverainiste est au pouvoir, ils doivent s’efforcer de constamment présenter de façon négative tout ce que fait le gouvernement. Mais pour ce qui est de la campagne hystérique qui sévit contre le Québec dans les médias anglophones, leur rôle est de la cacher, autant que possible, car si les Québécois francophones se rendent compte de ce qui se passe, ils pourraient avoir une réaction non désirée.

J'ai rappelé plusieurs fois, dans des lettres à La Presse, que l'accusation numéro 12 retenue contre les criminels de guerre nazis, lors des procès de Nuremberg, était "Les tentatives de dénationalisation des habitants des territoires occupés". Aucune de ces lettres n'a été publiée. Vous croyez que c'est un hasard?

Pour les propagandistes anglophones, c’est une situation rêvée. Dans la guerre contre le Québec, ils peuvent multiplier les coups sans risquer d’en recevoir. Et le grand dessein de Lord Durham peut être poursuivi, avec la collaboration de journalistes francophones complaisants à la solde de Propagande Canada.
 
Tout ça me rappelle un passage de Éducation européenne, de Romain Gary: "Les pieds dans ses pantoufles, un sourire satisfait aux lèvres, M. Karl (officier nazi en France occupée) continue son admirable rapport. Se faire amis, écrit-il, tel est le secret de mon modeste succès, telle doit être notre devise dans ce pays… Jouer avec les bébés. Céder sa place dans le métro…Les petites attentions font de grands amis. Du charme, de la bienveillance… Les bourgeois de Paris n'ont pas l'habitude des luttes souterraines. Ils ne nous aiment pas encore, mais déjà ils nous admirent. Dans cinquante ans, les fils oublieront que leurs pères parlaient français."

Claude Boulay
 

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'IMPÉRIALISME "CANADIAN" - Chevalier servant: Mordecai Richler
Étienne Boulay
vendredi 30 mai, 2003 22:23



L'IMPÉRIALISME CANADIAN
CHEVALIER SERVANT:  MORDECAI RICHLER
de Claude Boulay texte original en .zip que vous pouvez télécharger
en . doc

Bonsoir à tous,

Pendant que l'on médite sur le oui ou le non de plonger dans l'action, je vous propose une lecture que très peu ont eu l'occasion de faire.

Mon père, Claude Boulay, a écrit en 1995 une réplique à Mordecai Richler.  À l'époque je l'ai aidé dans sa démarche en me rendant régulièrement à l'UQTR, l'UQAM, McGill... faire des recherches et en préparant la mise en page et l'édition.  Ce fut toute une entreprise.

Les maisons d'éditions refusant de publier son livre, mon père prit la décision de s'auto-éditer.  Il sorti l'argent de ses poches et donna le contrat aux "Éditions du bien public" pour l'impression.

Évidemment, il fallait le distribuer ce livre, alors je me suis mis à la tâche de rejoindre les librairies du Québec de mon sous-sol et de placer en consignation des copies du livre.

Pour faire une histoire courte, mon père a un talent certain pour l'écriture et le livre mérite d'être lu, mais nous ne sommes pas une famille de vendeurs.  Si vous me le permettez, je vous propose la lecture du premier chapitre et d'autres par la suite si vous désirez...

À bientôt.

Etienne Boulay
 


INTRODUCTION

Comme presque tout le monde au Québec, et même au Canada, j'avais appris, à l'automne 1991, que Mordecai Richler avait écrit un article dans The New Yorker qui n'était pas très flatteur pour les Québécois.  Les lettres dans les journaux montraient bien que Richler s'était appliqué à être le plus insultant possible, mais je me disais qu'on le citait probablement hors contexte.  C'était agaçant qu'il eût choisi de publier ce genre de diatribe dans une revue américaine, mais je n'eus aucune peine à oublier ce fait divers.

Quand le livre parut au début de 1992, il y eut une nouvelle flambée de lettres aux éditeurs et une interview de Richler par Madeleine Poulin à l'émission Le Point.  Je voulus savoir de quoi il retournait et je me décidai à acheter le livre.

La lecture de cette oeuvre me laissa abasourdi!  Ceci n'était pas simplement une autre crise de bile par un de nos Anglais grincheux.  C'était un travail de propagande, malicieuse et systématique, dirigée contre un groupe, les Québécois francophones. Rien n'était laissé de côté, pas une tactique n'était oubliée, pour créer la pire image possible des Québécois.

Il n'y avait pas à chercher loin, non plus, pour savoir pourquoi Richler se livrait à ce jeu.  C'était clairement indiqué dans la publicité à l'endos du livre.

" Quebec is on the verge of holding a referendum to decide its political future, and Mordecai Richler's gloves are off." (Le Québec est sur le point de tenir un référendum pour décider de son avenir politique, et Mordecai Richler laisse tomber les gants.)
Il se proposait donc comme champion du One Canada et il voulait détruire la réputation du Québec aux yeux des Canadiens anglais et des Américains, afin que personne ne soit disposé à écouter ce que nous pourrions avoir à dire.

Ce n'était pas un travail de finesse.  On connaît bien la technique qui consiste à créer une fausse image en assemblant habilement quelques vérités soigneusement choisies.  Mais Richler y allait de grossières fabrications !

Plus j'avançais dans ma lecture, plus je devenais convaincu que les lettres aux journaux ne suffisaient pas, même si plusieurs d'entre elles donnaient le démenti à Richler sur plusieurs points bien précis, et même s'il y en avait qui étaient écrites par des Juifs et par des anglophones qui compatissaient avec les Québécois devant cette attaque hargneuse et mensongère.  Quand Richler eut écrit lui-même une lettre aux journaux (en tout cas à La Presse) pour se justifier, le débat s'éteignit, quelques-uns étant convaincus qu'il avait raison, d'autres le considérant comme un cas désespéré, la plupart, je suppose, simplement lassés de tout le débat.

J'ai voulu faire la démonstration que ce livre constituait une oeuvre de littérature haineuse dans la meilleure tradition, élaborée de longue haleine, constituée de centaines de capsules obscènes recueillies et conservées avec une patience infinie au cours des années, petites chiures glanées de son journal favori ou de lectures choisies, ou apportées par ses fidèles compagnons de taverne; tout un assemblage de ragots englués dans la fange de ses propres fabrications. J'ai voulu surtout dénoncer le procédé de Richler, afin de décourager d'éventuels imitateurs qui voudraient l'appliquer, que ce soit contre les Québécois ou contre d'autres groupes.

Je crois avoir fait le nécessaire dans ce livre pour démontrer ce qu'était l'oeuvre de Richler. Je ne me suis pas attardé, bien entendu, à répliquer à chaque déclaration, raillerie ou anecdote qu'il présente.  Les recherches qu'il faut faire, dans certains cas, sont très ardues.  Il y a sûrement certains points aussi sur lesquels il dit la vérité, ne serait-ce que par hasard.  N'importe qui pourrait écrire une encyclopédie sur nos travers et folies.

Odieux par son contenu, l'ouvrage ne se rachète pas par sa facture.  Il est difficile d'imaginer ramassis plus amphigourique de répétitions, de béquilles de style, de coq-à-l'âne, d'illogismes, d'anecdotes et de citations complètement hors de propos, à seule fin de remplissage.  Je consacre d'ailleurs un petit chapitre à rire doucement de son style affligeant.  C'est étonnant, quand on y pense, car c'est un auteur qui avait une certaine renommée.  Ou bien on s'est montré trop indulgent envers lui par le passé, ou bien ses sentiments envers les Québécois lui font perdre tous ses moyens.

Je dois avouer aussi que la manière brouillonne de Richler m'a causé des problèmes.  J'aurais voulu présenter mes propos dans un ordre acceptable, mais essayez donc de suivre les méandres de sa méthode.  Pour mettre en valeur sa précieuse collection de sottises, il plante sa fourche dans le tas de fumier et, avec le geste auguste de l'épandeur, lance dans toutes les directions.

*  *  *

Un grand nombre des sources que je cite sont des textes anglais.  J'ai cru que cela donnerait une plus grande crédibilité à mon livre pour le bénéfice de certains lecteurs.  Pour citer ces sources je me suis appliqué à utiliser, le plus souvent possible une traduction existante, dans le but d'éviter toute subjectivité qui serait introduite avec ma traduction.  Cela n'a pas toujours été possible.  Par exemple, je n'ai pas pu obtenir la version française des Débats de la Chambre des Communes pour la cinquième session de 1939, la session spéciale de guerre.  La copie de la salle de lecture de la Bibliothèque nationale à Ottawa est manquante.  Par acquit de conscience, j'ai demandé qu'on me fasse monter la copie des archives et l'on me répondit qu'il n'existait pas de copie pour cette session en français.  Les commis auront probablement fait erreur; il serait étonnant qu'on ait une version française pour toutes les autres sessions, mais pas pour celle-là.  Quoi qu'il en soit, je n'ai pas poursuivi plus loin mes recherches et j'ai plutôt traduit moi-même les textes anglais.

Autre exception, le livre de Cecil Woodham-Smith, The Great Hunger.  Une version française existe, intitulée La grande famine, mais c'est une version abrégée, et certains des passages que je cite ne s'y trouvent pas. J'ai donc complété en traduisant moi-même ce qui me manquait.

Dans les nombreuses citations que je suis bien obligé de faire du livre de Richler, j'aurais voulu appliquer le même principe.  Je le fais dans la mesure du possible, mais la traduction "officielle", par Les Éditions Balzac, est tellement bourrée d'erreurs que je dois souvent la corriger.  Voici quelques exemples de perles, dans l'ordre où on les trouve dans le livre:

For all that the Equality Party was still considered ... (p.70.)
(non seulement le Parti Égalité était-il toujours considéré ... P.86.) 1

... the dour Scotch Presbyterians ... (p.71)
(...les tristes presbytériens écossais... p.89.)2

 Un presbytérien est un triste presbytérien, comme le veut le dicton.

... modest French Canadian maidens...(p.80.)
(... les modestes bonnes canadiennes françaises ... p.100)3

Comment interpréter cela?  Que seules les bonniches pouvaient être pucelles?

A rally organized by the League in February, its speakers urged on with shouts of ... (p.90)
(À l'occasion d'un rassemblement organisé en février par la ligue, les orateurs lancèrent des slogans comme ... p.109)4

Améliorer encore les inventions de Richler, il faut le faire!

... those United Empire Loyalists - from whom, Walter Stewart has written, one out of six English - speaking Canadians is descended -... (p. 102)
(... ces Loyalistes de l'Empire uni - à propos desquels, a écrit Walter Stewart, un Canadien anglais sur six est le descendant ... p.123)5

 Doux Jésus!

We also read novels by French Canadians (in my case, in translation), among them ... The Plouffe Family ... (p.106).
(On lisait également des romans de Canadiens français (dans mon cas en traduction), parmi lesquels ... La famille Plouffe ... p.127.)

Ce serait bien étonnant.  Le roman que Roger Lemelin a écrit s'intitule Les Plouffe.

In the heat of the campaign, Trudeau made a pledge that, so far as he was concerned, he honored when he delivered a Charter of Rights to the country at large. ( p. 125.)
(Dans le feu de la campagne, Trudeau promit une charte des droits au pays tout entier, promesse qu'il honora dans la mesure où il était concerné. p.148.)6

Encore une amélioration sur Richler.  Non seulement Trudeau n'a pas promis une Charte, mais Richler ne prétend pas qu'il l'a fait.

I want to enjoy Le Weekend, but this makes me ornery.  (p.137.)
(On aimerait profiter d'un week-end au Québec, mais il est interdit d'y prononcer ce mot. p.160)7

L'élève dépasse le maître!  Il faudrait lui expliquer que, s'il est bon que le traducteur cherche à se mettre dans la peau de l'auteur, il n'est pas nécessaire d'aller jusqu'à adopter ses vices.

... a wooden nickel ... (p.162.)
(... un cinq cents de bois... p.187.)

Suggérons-lui "pas un liard" ou "pas une cent percée" ou "pas un kopeck".

The roof ... as a function of the tower ... (p.233.)
(Le toit ... dont la fonction réelle était de soutenir la tour ...p.267.)8

On comprend maintenant que les poutres du stade tombent!

Je ne voudrais pas accabler inutilement le pauvre traducteur. Si ça se trouve, c'est peut-être un étudiant qui n'a pas pu se dégoter un meilleur boulot.  Avec beaucoup de travail, il deviendra sûrement un jour un traducteur de première classe.  Notons cependant que cette traduction fut subventionnée par le Conseil des Arts du Canada.  Si cet organisme a accepté le produit tel qu'il est, sans y relever les erreurs et sans exiger qu'elles soient corrigées, s'est-il acquitté de son devoir de bien administrer les fonds publics?

Ces messieurs du Conseil des Arts se récrieront.  On ne saurait les rendre responsables de la qualité de la traduction! Le soutien financier allait à l'oeuvre originale, chef-d'oeuvre qu'il fallait récompenser, et qu'il fallait mettre à la disposition des lecteurs francophones du monde entier dans les plus brefs délais!

Pendant ce temps-là, une publicité du gouvernement fédéral nous dit: "Le racisme, c'est à nous d'y mettre fin."  Tout cela est sans doute l'application, dans la bureaucratie fédérale, du principe de "Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche."

NOTES INTRODUCTION

1. Il aurait fallu traduire: "Même si le Parti Égalité était toujours considéré..."

2. "Les austères presbytériens écossais..."

3. "Les modestes jeunes filles canadiennes françaises..."

4. "Un rassemblement organisé par la Ligue en février, où les orateurs étaient encouragés par les cris de..."

5. "...ces Loyalistes, dont un Canadien anglais sur six est un descendant, selon Walter Stewart..."

6. "Dans le feu de la campagne, Trudeau prit un engagement qu'il prétendit plus tard avoir tenu en faisant adopter une charte des droits pour l'ensemble du pays."

7. "J'aimerais profiter du week-end, mais ceci me met en boule."

8. "Le toit...comme fonction de la tour..."
 
 

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