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Jacques Parizeau

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QUÉBEC un Pays rend hommage à

Jacques Parizeau
 
 


 

«Voulez-vous que le Québec
devienne un pays souverain
(ou indépendant)»?
 

Jacques Parizeau d'accord avec la Cour suprême.

L'ex-Premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, donne raison à la Cour suprême du Canada sur la nécessité d'une question claire à un éventuel référendum. Dans une lettre ouverte publiée par le quotidien «Le Devoir»,  il propose la question suivante : «Voulez-vous que le Québec devienne un pays souverain (ou indépendant)»? M. Parizeau ajoute que les questions des référendums de 1980 et 1995 n'étaient pas claires.
Les illusions perdues de Parizeau
Parizeau, le Marcos du Nord ?
Pierre Dubuc
L'aut'journal
Le Sommet de Québec, où le Québec n’avait même pas un rôle de figurant, fait perdre beaucoup de ses illusions, semble-t-il, à Parizeau. « Ériger un panneau devant les salles de réunion pour faire savoir qui l’on est a quelque chose de pathétique », écrit-il dans le texte remis au Devoir.

Parizeau semble se rendre compte soudainement des véritables enjeux de la ZLEA, mais également de l’ALENA. En parlant du chapitre 11 de l’ALENA, qui donne droit aux entreprises de poursuivre des gouvernements, il écrit : « Il n’est pas évident que le gouvernement canadien ait vu toute la portée de ce qu’il signait. » Nous pourrions ajouter : et de ce que Parizeau appuyait !

Parlant de l’Accord multilatéral sur les investissements (l’AMI), il écrit : « Et si le projet passait, une bonne partie de ce qu’on appelle le modèle québécois devenait illégal. » Et il affirme que « la ZLEA, c’est l’AMI en plus dur ». En somme, la ZLEA constituerait un carcan encore plus contraignant que la Confédération canadienne !

(...)
« À force de vouloir tout gagner, les grandes sociétés privées sont en train de faire réapparaître une lutte des classes. »
 
 

La Révolution tranquille: 40 ans plus tard....

Parizeau défend la place du Québec à
l'heure de la mondialisation
Dans le monde nouveau qui se profile, chaque nation
veut avoir son mot à dire à l'échelle mondiale, et le
Québec veut aussi y être.
SILVIA GALIPEAU
Le Devoir 1.4.00


Parizeau pour un contrôle québécois du Groupe Vidéotron M. Parizeau estime que les États qui assistent à l'apparition d'oligopoles de la connaissance doivent jouer un rôle actif parce qu'il y va de leur souveraineté


Jacques Parizeau au Devoir:
le Canada n'a pas le choix de négocier
Il importe de gagner la lutte des mentalités,
affirme l'ancien premier ministre
François Normand
LE DEVOIR
Le vendredi 17 décembre 1999


«Le commerce du Québec avec les États-Unis représente [en valeur] le commerce des États-Unis avec l'Argentine, le Brésil et le Chili réunis.»

C'est pourquoi un Québec souverain devrait garder, selon lui, le dollar canadien. «Le Canada
anglais ne voudrait pas qu'on l'utilise. Mais attention, on est propriétaires du quart de la masse
monétaire. Ce n'est pas une dette, c'est un actif», insiste-t-il.

En janvier, le Sénat américain se prononcera sur un projet de loi qui faciliterait l'extension du
dollar américain à d'autres pays qui voudraient l'utiliser comme monnaie nationale.

Et à ses yeux, Ottawa vient ironiquement de donner au gouvernement Bouchard l'occasion de
relancer ce débat. «C'est un "timing" intéressant, dit-il. Ça donne la possibilité de reprendre le
débat sur l'avenir politique du Québec en parlant de la souveraineté mais aussi du fédéralisme.»
 


Un homme d'État
PAR PAUL WARREN
PROFESSEUR TITULAIRE À LA FACULTÉ DES LETTRES

«Jacques Parizeau n'est pas dedans le Québec. Il est devant. Il s'exhibe, immense, superbe
et souverainement indépendant.»    25/01/96   L'histoire reconnaîtra Jacques Parizeau
comme l'un des plus grands hommes politiques du Québec
GÉNÉALOGIE DE JACQUES PARIZEAU
 

Lettre ouverte aux souverainistes
«Qu’il s’agisse du Bloc québécois
ou du Parti québécois,
il faut parler du pays
et de ce que l’on veut qu’il devienne»
Montréal, le 19 décembre 1996



 

De : Robert Bertrand
Date :  SAM 19, DÉC 1998  6:30
Objet :  [Av.-g.Qc] Ne faut-il pas s'approprier LE PAYS

REMARQUES:

Pour bien se comprendre, je me permets de publier le texte intégral que monsieur J.L.Dion m'a écrit sur mon site QUÉBEC, Un Pays.

Et ma réponse suit immédiatement après.

-------
Le pays
Thursday, 17-Dec-98 20:54:28

206.231.213.49 writes:

Je viens de parcourir à l'instant le site « Québec un pays! ».

C'est une initiative très louable pour faire parler du Québec, de notre Cause et de l'avenir que nous souhaitons pour notre --futur-- pays.

Nous sommes tous conscients qu'il ne faut pas prendre nos désirs pour des réalités. Nous savons que nous avons encore énormément de travail à faire pour accéder à la souveraineté nationale et internationale.

Nous avons encore beaucoup de compatriotes de toutes origines à convaincre de l'importance de nous donner un pays --qui nous ressemble--. Nous devons travailler fort à tout ce --qui nous rassemble--.

Il ne faut pas s'illusionner: pour réussir, il faudra communiquer «Le goût du Québec» à beaucoup de nos compatriotes.

Bien sûr, la démocratie c'est 50% + 1 voix. Toutefois, le véritable défi est d'arriver au point où ce sera un fort mouvement populaire de partout qui réclame ce fameux référendum gagnant ! C'est alors que nous pourrons espérer une victoire dépassant largement le 50% minimal et qui sera incontestable pour tous nos ennemis de l'intérieur et de l'extérieur.

Retroussons nos manches! Saisissons la plume! Prenons le bâton du pèlerin!
Agissons !

Jean-Luc Dion

Animateur du forum Avant-garde Québec:
http://cf.groups.yahoo.com/group/avant-garde_quebec/
Près de 8000 messages déjà lus et toujours croissant! Apportez vos bonnes idées!

JL.Dion@C...

.-.-.-.-.-.

Ne faut-il pas s'approprier LE PAYS

Quand on est jeune, combien de fois ne nous a-t-on pas dit: "Agis en homme !" "Fais ton homme". Agir, en un mot, comme si c'était le cas!

C'est un peu l'essence même de ce concept qu'il nous faut créer, ensemble. Agir comme étant un Pays. Et démontrer, par les exclusions que l'autre (le ROC) va faire, qu'il nous manque quelque chose, qu'il nous manque des atouts pour être vraiment ce que l'on veut être.

N'est-ce pas nous qui voulons prendre cette place? Il s'agit de la prendre. D'agir comme si c'était déjà en place. Oui, il y a des limites. Ce sont ces limites-là qu'il nous faut découvrir ensemble, et qu'il faudra analyser le cas échéant.

(J.L.Dion) ---- C'est une initiative très louable pour faire parler du Québec, de notre Cause et de l'avenir que nous souhaitons pour notre --futur-- pays.

Depuis 1993, j'étais le rédacteur d'un BBS. Le RENOUVEAU POLITIQUE BBS. Depuis environ un an ou deux je souhaitais bien ouvrir un site sur INTERNET. Il m'a fallu apprendre et surtout aller dans la direction que je nous souhaite collectivement. Et le voilà, le bébé. Et la voilà, cette créature qui se veut être un instrument de plus pour nous faire prendre conscience, à nous tous Québécoises et Québécois de ce que nous sommes, de ce qui est nôtre et qu'il nous reste à finaliser.

--- Nous savons que nous avons encore énormément de travail à faire pour accéder à la souveraineté nationale et internationale.

Voilà des termes qu'il nous faut, me semble-t-il utiliser de moins en moins. Ces termes d'indépendance et de souveraineté, nous les avons utilisés à satiété. L'étape de PAYS reste à franchir.

Parler de PAYS pour le construire, pour le façonner à notre image, à ce que nous sommes tous individuellement et collectivement. Les jeunes sont nés avec ses concepts et ils les ont entendus ad nauseam. Offrons leur le PAYS à construire, le PAYS à organiser, le PAYS à façonner à leur image. C'est un concept moderne, révélateur, novateur, et rempli de promesses.

----- Nous avons encore beaucoup de compatriotes de toutes origines à convaincre de l'importance de nous donner un pays --qui nous ressemble--.

On peut se poser la question. Mais que faisons-nous, collectivement, comme PEUPLE pour chercher à les intégrer, pour chercher à leur permettre de prendre leur vraie place avec nous pour construire ce PAYS qui est le leur comme le nôtre? Que faudrait-il faire?

Le PEUPLE du Québec inclut toutes ces communautés culturelles qui sont diversifiées. Qu'en connaissons-nous de leur propre culture? Que faisons-nous pour mieux les connaître ces diverses cultures? Combien de communautés culturelles avons-nous sur notre propre territoire? N'est-ce pas à cette réalité qui est nôtre, sur notre territoire, dans notre PAYS collectif qui est nôtre et qui est leur également, n'est-ce pas à cette réalité qu'il nous faut découvrir, à apprécier, à chercher à déveloper?

Ces communautés culturelles sont nôtres, vivent une nécessité d'être également reconnues pour ce qu'elles sont, pour ce qu'elles veulent être dans ce PAYS qui est leur tout autant qu'il est nôtre. Il faut défendre leurs droits autant que nous défendons les nôtres. Ils sont des nôtres.

----- Il ne faut pas s'illusionner: pour réussir, il faudra communiquer «Le goût du Québec» à beaucoup de nos compatriotes.

Qu'est-ce que l'on dit au reste du Canada, nous-mêmes? Ils doivent nous accepter tels que nous sommes. Un PEUPLE différent. Alors, pourquoi n'en serait-il pas de même pour nos propres compatriotes des diverses communautés culturelles qui forment cet éventail de notre propre réalité Québécoise?

Qu'est-ce que nous connaissons de ces diverses communautés culturelles qui sont avec nous depuis quelques générations maintenant? Ils sont des nôtres et nous ne les connaissons à peine.

Notre devoir, n'est-il pas de les découvrir? d'enrichir leurs propres différences? de leur permettre de prendre toute leur place?

Toutes les communautés culturelles font partie intégrante de notre "nous" collectif. Qui peut nous parler de ces diverses communautés culturelles qui sont des nôtres?

En effet, le travail que nous nous devons de faire, il est dans nous; dans notre propre façon de voir notre réalité collective. Elles ne sont pas différentes. Elles veulent jouer un rôle dynamique en autant qu'elles soient connues, reconnues, qu'elles se développent dans leurs propres identités collectives qui façonnent globalement notre PAYS commun.

N'a-t-on pas un profond examen de conscience à faire face à la reconnaissance de leurs propres réalités? Ne croyez-vous pas que ces communautés culturelles ne font qu'attendre que nous ayons également "le goût" d'elles à l'intérieur de notre propre pays qui est également leur?

Dans ce forum d'avant-garde, je souhaiterais y introduire ce premier article pour marquer le début de ma propre participation.

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/
 
 

De :  "Richard Gervais" <rgervais@s...>
Date :  SAM 19, DÉC 1998  17:16
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Ne faut-il pas s'approprier LE PAYS

"S'APPROPRIER LE PAYS"

Jean-Luc Dion avait écrit :

>"Nous [...] avons encore énormément de travail à faire pour accéder à la souveraineté nationale et internationale."

Robert Bertrand (du site "Québec un pays") lui répond :

>"Voilà des termes qu'il nous faut, me semble-t-il utiliser de moins en moins. Ces termes d'indépendance et de souveraineté, nous les avons utilisés à satiété. L'étape de PAYS reste à franchir. Parler de PAYS pour le construire, pour le façonner à notre image, à ce que nous sommes tous individuellement et collectivement. Les jeunes sont nés avec ses concepts et ils les ont entendus ad nauseam. Offrons leur le PAYS à construire, le PAYS à organiser, le PAYS à façonner à leur image. C'est un concept moderne [le concept de pays], révélateur, novateur et rempli de promesses."

N'est-ce pas là jouer sur les mots? Les expressions "accéder à la souveraineté" et "s'approprier le pays" sont elles différentes au point d'en faire le plat que vous faites?

Personnellement, je trouve même que "s'approprier le pays" perd en précision sur "accéder à la souveraineté". Le pays, nos aïeuls en parlaient déjà : un Canada français mythique, sans frontière déterminée, ethnique (sans péjoration), spirituel... C'est récemment dans notre histoire que la revendiation du pays s'est précisée en celle, politique, du Québec souverain. La bataille est même entrée dans des clarifications opérationnelles et stratégiques sur la façon d'y parvenir.

Enfin ! Si vous voulez mettre en avant l'idée de "s'approprier le pays", allez-y. J'embarque d'ailleurs volontiers. Mais ne supposez pas dépassés ceux qui mettent en avant l'idée de faire l'indépendance nationale. C'est blanc bonnet, bonnet blanc; sinon, peut-être un tantinet méprisant pour les devanciers des années soixante et soixante-dix...

Richard Gervais
19 décembre 1998
 

De :  Robert Bertrand
Date :  DIM 20, DÉC 1998  5:24
Objet :  [Av.-g.Qc] Les devanciers... on s'en inspire.

Bonjour Monsieur Gervais,

Notre objectif, quel est-il ? La réalisation concrète du Pays. Vous en êtes et j'en suis. Les quarante dernières années nous ont permis de connaître différents thèmes exploités par nos divers partis politiques pour se faire élire.

La raison d'être de mon propre site en fait état de façon on ne peut plus claire. Il s'agit de lire, sous le thème JE ME SOUVIENS, l'évolution des mots employés. Les uns n'enlèvent rien aux autres. Ils marquent simplement une évolution.

Et, vous me le permettrez, personne n'est diminuée parce que les mots ont changé. Ces mots ont eu leur valeur en leur temps. Vous l'admettrez, l'évolution se fait ainsi.

Je vous transmets, ici, le texte auivant que l'on retrouve sous la plume du rédacteur:

Bienvenue au Pays du Québec.  Québec Un Pays.

Un Pays auquel on s'identifie collectivement comme Peuple. Parce que nous voulons nous réaliser nous-mêmes pour mieux servir le monde dans lequel on vit.

Pour ce faire, il nous faut la maîtrise des outils économiques pour qu'ils soient à notre service collectif.

Un Peuple égal aux autres Peuples de la terre.

Je me souviens

Dans les années 50, Maurice Duplessis consacrait ses énergies à l'Autonomie Provinciale.

Je me souviens

En 1960, Jean Lesage nous a enrichi collectivement autour de l'idée de Maître chez nous.

Je me souviens

En 1966, Daniel Johnson, le père, conviait le Peuple du Québec à l'Égalité ou l'Indépendance.

Je me souviens

René Lévesque et le Parti Québécois ont sollicité un mandat du Peuple du Québec pour franchir, ensemble, l'étape de la Souveraineté-Association.

Je me souviens

Robert Bourassa de son siège de l'Assemblée Nationale et de sa position très claire est venu confirmer tous nos efforts antérieurs comme collectivité et comme Peuple.

Je me souviens

En 1990, Robert Bourassa a solennellement déclaré:

 « Le Canada anglais doit comprendre d’une façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. »

Je me souviens

Et Jacques Parizeau, avant l'élection, durant la campagne électorale, et après son élection, a convié le Peuple du Québec à se prendre en mains pour établir la Souveraineté du Québec avec ou sans Partenariat.

Je me souviens

Maintenant, Lucien Bouchard, nous parle de la confiance en nous-mêmes pour créer les conditions gagnantes pour accéder finalement à la réalisation concrète de notre Pays égal à tous ceux qui se retrouvent à la table des Nations-Unies.

Travaillons, ensemble, pour réaliser le Pays du Québec, notre Pays.

Personne d'autre ne pourra le faire à notre place.

Gens du Pays, c'est votre tour...

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays

Et vous me soulignez:

> N'est-ce pas là jouer sur les mots? Les expressions "accéder à la souveraineté" et "s'approprier le pays" sont elles différentes au point d'en faire le plat que vous faites?

Alors, si on dit la même chose avec des mots différents, on ne s'emportera pas. Et si nous gagnons de nouveaux adeptes avec des nouveaux mots, n'est-ce pas là un objectif qu'il nous faut atteindre?

On a déjà exploité "J'ai le goût du Québec" et c'était bien. Et maintenant, on pourrait exploiter "J'ai le goût du Pays" et ce serait également bien. Il y a une évolution, il y a une étape.

Et, avec raison, vous me le soulignez:

> Le pays, nos aïeuls en parlaient déjà : un Canada français mythique, sans frontière déterminée, ethnique (sans péjoration), spirituel... C'est récemment dans notre histoire que la revendiation du pays s'est précisée en celle, politique, du Québec souverain.

Il m'apparaît que je suis en parfait accord avec ce que vous me dites. Et vous le semblez bien également.

> Enfin ! Si vous voulez mettre en avant l'idée de "s'approprier le pays", allez-y. J'embarque d'ailleurs volontiers.

Dans ce forum dit "avant-garde", je veux croire qu'il ne sera pas rejeté du revers de la main, ou du clavier, des idées possiblement anciennes ou possiblement neuves, des idées dans un emballage nouveau, je pourrais dire, des idées qui ne feront que mieux faire avancer et progresser l'objectif commun que nous avons.

>Mais ne supposez pas dépassés ceux qui mettent en avant l'idée de faire l'indépendance nationale. C'est blanc bonnet, bonnet blanc; sinon, peut-être un tantinet méprisant pour les devanciers des années soixante et soixante-dix...

Un objectif de mon texte est de bien faire ressortir ce que je viens tout juste de lire. Je ne vous connais pas personnellement, donc je ne fais aucune référence ni à vous, ni à d'autres qui pourraient participer dans ce forum, et j'insiste, dit "avant-garde".

Si l'objectif de ce forum c'est d'entendre et de voir toujours les mêmes choses, il ne faut surtout pas faire appel à des nouveaux venus pour participer. Ces nouveaux venus peuvent présenter de nouveaux éclairages, de nouvelles avenues pour finaliser la question de Pays que nous voulons.

Est ce que Jean Lesage a été moins ou plus important que Daniel Johnson, le père? ou vice-versa ? Vous me comprenez bien, "les devanciers des années soixante et soixante-dix..." ont autant de valeur sinon plus que les nouveaux venus ou vice-versa.

L'Histoire nous le confirmera en son temps.

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/
 


La déclaration unilatérale est indispensable
Le seul tribunal compétent pour déterminer
si un peuple aura un pays est celui du peuple.

Le Canada n'acceptera de discuter après un référendum gagné par les souverainistes que s'il sait que, d'une façon ou d'une autre, le gouvernement du Québec procédera et que d'autres gouvernements l'appuieront. Si la souveraineté paraît inévitable, le Canada a tout intérêt à s'y associer, à s'y joindre, à l'accompagner. La meilleure façon d'obtenir l'autorisation du Canada,
c'est de ne jamais renoncer, fût-ce un moment, à une déclaration unilatérale de souveraineté.
Montréal, le 16 septembre 1997


Le vieux tyran et la démocratie
Montréal, le 1er novembre 1995
par Pierre Lemieux
Lucien Bouchard, chef du parti sécessionniste au Parlement fédéral,
déclarait au soir du référendum: "La démocratie est le fondement de tout."

Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien,
y allait du sien dans son discours: "En démocratie, le peuple a toujours raison."
 
 

Lettre ouverte aux juges de la Cour supême
Montréal, les 4 et 5 septembre 1998
L'ancien Premier ministre du Québec
réagit à l'avis qu'a rendu la Cour suprême,
le 20 août 1998, sur la sécession du Québec
 

L'AMI menace-t-il à la souveraineté des États ?
Cette conférence de Monsieur Jacques Parizeau
a été prononcée en marge de la campagne électorale,
le 4 novembre 1998, au Cégep Maisonneuve.
Elle porte sur l'Accord multilatéral sur les investissements



 

S'il y a un problème, c'est celui de l'intégration des arrivants
Richard Gervais
21 décembre 1998
De :  "Richard Gervais" <rgervais@s...>
Date :  LUN 21, DÉC 1998  23:10
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Divers fronts d'activité

OUVERTURE AUX (OU DES) COMMUNAUTÉS CULTURELLES ?

Robert Bertrand, de "Québec un pays", insiste pour dire que les Québécois doivent user d'imagination quant aux moyens de s'ouvrir aux communautés culturelles. Il déplore qu'on ne fasse pas de ce thème notre pain quotidien.

Personnellement, je n'en verrais nullement l'utilité. Les Québécois SONT ouverts auxdites communautés. Selon moi, il y a de la culpabilisation mal placée dans ce discours de l'ouverture aux communautés. Il est vrai que les adversaires de la cause indépendantiste reprochent au peuple québécois sa soi-disant fermeture, son côté "parochial". Mais il ne faut quand même pas reprendre à son compte cette calomnie.

Il est bien évident que les Québécois ne doivent pas se fermer aux communautés. On est d'accord. Mais supposer qu'ils le sont est une fausseté. Et on cède à cette fausseté quand on appelle à l'ouverture.

S'il y a un problème de ce côté d'ailleurs, c'est bien plutôt l'inverse : la fermeture des communautés culturelles au fait québécois (et leur grande ouverture au fait canadien-anglais). En d'autres termes, s'il y a un problème, c'est celui de l'intégration des arrivants.

Malgré la volonté des Québécois en ce sens, les pleins moyens leur manquent à cet égard. Le Québec n'est pas encore un État...

Richard Gervais
rgervais@sympatico.ca
21 décembre 1998
 

De :  "Robert Bertrand"
Date :  MER 23, DÉC 1998  5:09
Objet :  [Av.-g.Qc] Est-ce à dire…?

Est-ce à dire?

Est-ce à dire qu’on est satisfait de la situation? Qu’il n’y a plus rien à faire? Plus rien à dire? Qu’on s’en lave les mains ? Qu’on passe à autre chose?

Peut-on admettre que les membres de ces diverses communautés culturelles se sentent québécois, chez nous ? Pourquoi en est-il autrement ? On a rien à changer dans nos attitudes? dans nos comportements? dans nos relations avec ces communautés?

Qu’est-ce que vous proposez en retour ? Quelles sont vos suggestions ? Se satisfaire béatement de cette situation ? Jouer à l’autruche ?

Lorsque je vois qu’il y a une situation à corriger, je me permets de soumettre des propositions, des suggestions, parfois des recommandations. Pourtant, dans mon texte original, n'y a-t-il pas des suggestions. Pourquoi faut-il que vous passiez totalement à côté ?

Il me semble qu’il y a assez de gens qui parlent des deux côtés de la bouche en même temps. Quant à moi, je ne veux pas jouer à ce jeu. J’y reviens à nouveau, un groupe dit d’avant-garde et qui ne s’ouvrirait qu’aux seules avenues du passé? qu’aux seuls thèmes exploités dans le passé ? Je comprendrais assez bien les anglais, ou quiconque d’autres faisant partie de telles communautés culturelles de ne pas s’intéresser et de ne pas participer dans nos échanges. Un peu d’ouverture d’esprit et une vision d’avenir, pourrait faire changer bien
des choses, ne trouvez-vous pas?

Vous reprenez cette phrase avec à-propos:

« Robert Bertrand, de "Québec un pays", insiste pour dire que les Québécois doivent user d'imagination quant aux moyens de s'ouvrir aux communautés culturelles.
En effet, si, pour des raisons qui vous sont personnelles, vous êtes satisfaits que ces dites communautés s’excluent d’une fois à l’autre, pour prendre position pour ce que l’on pourrait appeler, les positions du Pays étranger, grand bien vous fasse ! Je crois, de mon côté, que nous nous devons de bien comprendre les ressentiments, les craintes, les difficultés que ces communautés vivent, pour qu’elles puissent finalement se sentir aussi Québécois que chacun d’entre nous.

D’une part, on veut augmenter la portion des adhérents pour un oui à notre Pays et on resterait totalement cloisonné dans nos modèles de réflexions qui ne font avancer personne? S’ouvrir à l’autre, n’est-ce pas chercher à les comprendre?

On peut jouer à l’idée de la poule et de l’oeuf, à quoi cela nous avancerait-il ? Est-ce à elles, (les communautés culturelles) seulement, de devoir nous comprendre ou est-ce à nous, également, de mieux comprendre leur vécu? leurs aspirations? leurs besoins fondamentaux? et que sais-je encore?

Et à l’idée soumise pour devoir mieux comprendre, mieux saisir les situations vécues par les diverses communautés qui semblent loin d’être acquises au Pays du Québec, comme un Pontife, vous nous soumettez :

« Personnellement, je n'en verrais nullement l'utilité. Les Québécois SONT ouverts auxdites communautés.  Selon moi, il y a de la culpabilisation mal placée dans ce discours de l'ouverture aux communautés. »
Permettez-moi de vous signaler que je ne me sens coupable de quoi que ce soit! J’ai la lucidité de constater que, factuellement, il y a un problème chez nos communautés culturelles. Et, ce n’est pas en ignorant la situation, vous me le permettrez, ou de parler du haut d’un piédestal, que l’on pourra faire avancer la compréhension entre tous les québécois de toutes origines.
«Il est vrai que les adversaires de la cause indépendantiste reprochent au peuple québécois sa soi-disant fermeture, son côté "parochial". Mais il ne faut quand même pas reprendre à son compte cette calomnie. »
Sans doute, ces adversaires, comme vous dites, doivent avoir parfaitement tord? Qui donc, sommes-nous, pour porter de tels jugements ? Pourquoi donc, la communauté anglophone s’intéresse-t-elle à ces communautés culturelles autres? Pourquoi, dans les médias anglophones, journaux et télévisions, en font-ils état? Et pourquoi, nos médias francophones les ignorent-elles ou presque ?

Et après avoir tout dit cela, vous me le permettrez encore, vous venez de comprendre qu’

« Il est bien évident que les Québécois ne doivent pas se fermer aux communautés. On est d'accord. »
Remarquez, que l’idée de fermeture aux communautés provient de votre propre écriture et non de la mienne. Parce que l’on souhaite s’ouvrir à quelque chose, faut-il comprendre qu’on était hermétiquement fermé auparavant ? Est-ce là votre raisonnement ?

À vous lire, il semble bien que oui :

« Mais supposer qu'ils le sont (fermer aux communautés) est une fausseté. Et on cède à cette fausseté quand on appelle à l'ouverture. »
Faudra-t-il vous demander, à l’avenir, en quels termes il nous faudra parler, proposer des choses? Vous avez droit de vous attacher à un mot dans une phrase qui ne vous convient pas pour en faire toute une présentation. Et, vous aurez compris que je prends le temps de répondre cette fois-ci.

Finalement, vous admettez :

« S'il y a un problème de ce côté d'ailleurs, c'est bien plutôt l'inverse : la fermeture des communautés culturelles au fait québécois (et leur grande ouverture au fait canadien-anglais).
Si ces communautés culturelles sont ouvertes au fait canadien-anglais, vous en connaissez les raisons ? N’est-ce pas, entre autre raison, parce que nos anglophones québécois se cherchent des appuis pour défendre leur propre cause et cherchent à assimiler les personnes des diverses communautés culturelles ?

Si, tel est le cas, pourquoi que nous, les francophones, n’en faisons-nous pas autant? Avez-vous le sentiment que l’on en fait autant que les anglophones? Pourquoi les rejetteriez-vous du revers de la main?

Et vous terminez, en nous disant :

« En d'autres termes, s'il y a un problème, c'est celui de l'intégration des arrivants. Malgré la volonté des Québécois en ce sens, les pleins moyens leur manquent à cet égard. Le Québec n'est pas encore un État... »
L’immigration n’est-elle pas devenue sous la responsabilité Québécoise ? Agir en État avant de l’être! Agir en homme avant de l'être, comme je disais dans une intervention antérieure. Devenir responsable. Pourquoi pas des sessions de « bienvenue » au Québec avec tous les nouveaux arrivants ? Dans le Salon Rouge, par exemple?

Je viens de jeter un coup d’oeil à cette page provenant du Gouvernement du Québec :

http://www.mrci.gouv.qc.ca/52_2.asp?pid=206

Entre autres choses, on peut y lire ceci :

Le ministère a notamment pour mandat de favoriser le rapprochement interculturel
de sorte que tous et chacun participent pleinement, avec tout leur potentiel, leur apport et leur personnalité propres, au développement de la société québécoise.

Dans cette partie, nous présentons différents outils dont s’est doté le ministère pour encourager le pluralisme et l’ouverture à l’égard de la diversité au sein de la société québécoise.

Ai-je besoin d’y ajouter quelque chose ?

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays.
22 décembre 1998
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/

=============
De :  "Pierre Grandchamp" <pierregr@c...>
Date :  MER 23, DÉC 1998  14:15
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Est-ce à dire…?

M.Bertrand:

Est-ce à dire qu’on est satisfait de la situation? Qu’il n’y a plus rien à faire? Plus rien à dire? Qu’on s’en lave les mains ? Qu’on passe à autre chose ?
Peut-on admettre que les membres de ces diverses communautés culturelles se sentent québécois, chez nous ? Pourquoi en est-il autrement ? On a rien à changer dans nos attitudes? dans nos comportements? dans nos relations avec ces communautés?
P.G.:
Nous venons de franchir une étape essentielle: re-election d'un parti souverainiste(avec ses forces et ses faiblesses...avec les forces et les faiblesses des personnes qui en composent le gouvernement)!

Qu'on reporte la tenue du prochain référendum entre 2000-2002? Pas de problème avec cela! Sauf que, comme les suggèrent plusieurs messages sur ce forum, il va falloir repréciser notre projet souverainiste, le re-situer. Dans ce contexte, j'y vois 4 éléments:

1-Préciser le projet de société d'un éventuel Québec souverain...

2-User de dynamisme et d'intelligence auprès de certaines communautés culturelles.Tout comme M. Bertrand, je pense qu'il nous faut oublier le passé. Il nous faut aller chercher des "oui", un par un. Il faut dès maintenant que le mouvement souverainiste re-définisse son approche auprès de ces communautés en faisant preuve du plus d'imagination possible.

3-Il faut expliquer aux gens l'impossible réforme du fédéralisme:ceci signifie cibler la clientèle de l'ADQ. Comme disait Lucien Bouchard:"Le Rapport Allaire, c'est un film en noir et blanc".

4-Il faut que dans les prochains mois, des structures du genre "Etats Généraux" ou de toute autre nature soient mises en place pour préparer le prochain référendum et répondre aux 3 questions ci-haut énoncées.

Pierre Grandchamp

http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
 
 

De :  "Michel Sarra-Bournet"
Date :  JEU 24, DÉC 1998  20:14
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Communautés culturelles et FHQ

Bonjour à tous,

Je reviens avec quelque retard sur le débat concernant l'attitude du mouvement souverainiste face à la diversité culturelle de la nation québécoise.

La déclaration maladroite et franchement erronnée (voir ci-dessous)de Jacques Parizeau n'est pas le seul geste que je dénonce. Elle n'en est que le déplorable aboutissement.

Dès le conseil national de janvier 1993, plus de cinq ans avant le référendum, Jacques Parizeau fermait la porte aux nouveaux Québécois. Voici ce qu'en disait Raymond Giroux dans un éditorial du Soleil intitulé "Nous autres et les autres, encore..." ,le 26 janvier 1993: "Les péquistes se débattent comme des diables dans l'eau bénite. Leur chef, Jacques Parizeau, vient de ressortir haut et fort les vieux fantomes nationaleux. Les vrais Québécoise, ceux qui savent bien voter, sont francophones. Les autres, oublions-les pour le moment. Tel est le
message qui ressort du Conseil national du Parti québécois de la fin de la semaine dernière."

J'avais des citations plus directes de Monsieur, mais je les ai égarées. Je vais les retrouver en janvier. Merci à ceux qui ont retrouvé des citations récentes de Monsieur pour étayer mon argument. Toutefois, ce qu'il importait de démontrer, c'est que si l'écrasante majorité des non-francophones (à la notable exception de 40 000 d'entre eux)ont voté NON, c'est qu'on ne leur a jamais demandé de faire autrement.

Or, le soir du 30 octobre 1995, Monsieur Parizeau ne faisait pas qu'un constat mathématique. Il blâmait "l'argent et des votes ethniques". C'est là que réside l'erreur. En effet, plus des deux tiers de ceux qui ont voté NON étaient des francophones.

Alors qui blâmer? Ces francophones, dont Monsieur disait qu'on pouvait faire l'indépendance uniquement avec eux? Les non-francophones, qui ont rarement eu une autre image des souverainistes que celle de l'intorance et de l'exclusion? Ou Monsieur Parizeau qui, par son mot d'ordre de 1993, excluait les non-francophones de la clientèle souverainiste?

À cet égard, j'ai lu un article choquant de Pierre Drouilly dans la Presse du 16 décembre "Sondages: il faudra à l'avenir attribuer tous les votes des non-francophones au PLQ." Voici l'essence de son argument: S'il y a eu une différence entre les "prédictions" des sondages et les résultats de l'élection du 30 novembre. C'est que les 7 à 10% de non francophones sondés qui disaient avoir l'intention de voter PQ ont menti. Rien de moins!

Encore boucs émissaires! Sont-ils responsables de El Nino et du verglas, tant qu'à y être?

Je tiens ce discours très dur parce que nous sommes entre nous, parce que ce forum se nomme "avant-garde" et qu'il doit porter la réflexion plus loin que la simple évocation des Plaines d'Abraham que plusieurs ramènent incessamment, et parce que pour faire avancer le Québec on doit remettre en question notre stratégie jusqu'à ce que l'on gagne.

À ce titre, je vous conseille le collectif des Intellectuels pour la souveraineté, "Le pays de tous les Québécois" (vlb, 1998).

Joyeuses Fêtes!

Michel Sarra-Bournet, Ph.D.
FAX: (450) 629-7207
 

Et nous avons le culot de les blâmer!

Chers amis,

Les soi-disants "communautés culturelles" sont des groupes de personnes d'origines autres que canadienne-française. Toutefois, ils font partie de la nation québécoise. Les individus qui en font partie sont moins sensibles à l'histoire du Québec (leurs ancêtres n'ayant pas vécu ici), mais ils sont davantage sensibles à l'instabilité politique. Leur comportement vis-à-vis notre projet national s'explique donc.

Il s'explique d'autant plus qu'ils ont reçu de la part des souverainistes des messages contradictoires.

D'une part, notre projet national est inclusif, puisqu'il parle de faire un pays pour tous, peu importe l'origine, pourvu que le français soit la langue commune, et que tous adhèrent à un minimum de valeurs communes.

D'autre part, depuis que Monsieur Parizeau (pour qui j'ai le plus grand respect et avec qui je suis d'accord sur presque tout, sauf ceci) a dit qu'il ne fallait pas parler à "ces gens-là, parce qu'ils voteront toujours contre nous, de toute façon".

Nous avons donc laissé toute la place aux Libéraux fédéralistes pour dire du mal de nous.

Alors, il s'en est suivi que le 30 octobre dernier, 95% des "non-francophones" ont voté NON. Et on les a blâmés!

Quel message d'exclusion! Nous prétendons que nous voulons faire un pays pour tous les Québécois, et nous excluons près de 20% de notre population dès le départ.

Et nous avons le culot de les blâmer!

Pourtant, plus de la moitié de ces gens parlent français (même si ce n'est pas leur principale langue domestique). En effet, 93% des Québécois parlent français, même si un peu moins de 82% l'ont comme langue maternelle ou comme langue parlée à la maison.

Le processus d'intégration en français des nouveaux Québécois est en marche depuis 1977 et l'adoption de la loi 101. Malgré la difficulté de cette marche, nous avons fait des progrès énormes.

Toutefois, nous nous refusons d'effectuer une intégration "politique" des nouveaux venus. Posons-nous la question: est-ce que nous les rejetons en tant que membres de notre nation?

Pouvons-nous continuer de les blâmer d'adopter avec réticence la langue de la minorité (car le français est toujours minoritaire en ce pays: le Québec n'est pas encore indépendant)?

Pourquoi nous acharnons-nous à ne recruter qu'au Lac Saint-Jean, à Québec et en Beauce, là où il ne reste que 30% de fédéralistes, alors que nous avons un potentiel immense (95%) chez les non-francophones. (N.B. Je prends non-francophone au sens de "n'ayant pas le français comme langue maternelle.)

Un dernier mot d'optimiste:

40 000 non-francophones (5%) ont voté NON au dernier référendum. Nous avons perdu par 26 000. Si non avait doublé ce nombre (80 000 ou 10% seulement), nous aurions gagné par 54 000 voix.

Alors, qui est à blâmer?

Michel Sarra-Bournet, Ph.D.
FAX: (450) 629-7207
Courriel: msb@colba.net ou
msarrabournet@hotmail.com
 

Communautés culturelles et FHQ
- c'est la perception qui compte
De :  "christian sinave"
Date :  MER 23, DÉC 1998  20:49
Objet :  [Av.-g.Qc] Communautés culturelles et FHQ

Intéressantes, les différentes idées émises sur ce forum, cette dernière semaine. Les communautés culturelles: elles sont très sensibles et réagissent mal à des propos qui pourraient ressembler, avec beaucoup d'imagination, à l'ombre d'un début d'une critique à leur endroit. Il est vrai que les fédéralistes exploitent au max ce phénomène et continueront à le faire.

Il est probablement vrai, également, de dire que la fermeture de ces communautés à l'idée de l'indépendance du Québec est plus grande que le manque d'ouverture de certains souverainistes à l'égard de ces mêmes communautés. Cependant, la réalité est une chose, la perception de la réalité en est une autre. Et dans le combat de boxe qui nous oppose aux fédéralistes, c'est la perception qui compte. Le modèle de rôle est capital. Si nous pouvions avoir quelques députés, voire même quelque ministres, issus de ces communautés et quelques autochtones épousant notre cause, ce ne serait pas à dédaigner. Alors oui, changeons nos attitudes, même si elles n'étaient pas, généralement, répréhensibles, et que nous n'avons pas à nous culpabiliser. Ce qui compte, c'est de gagner. Parizeau avait raison (sauf pour l'argent, à mon avis), mais quelle erreur de sa part.

Les FHQ: Ici, je vais en irriter plusieurs. C'est tout à fait vrai, les législations de différentes provinces sur la langue d'enseignement, étaient odieuses, mais n'ont eu, à mon avis, qu'un effet minime sur l'assimilation des communautés françaises, hors Québec. Ce qui a joué c'est LE NOMBRE. Exemple, le Nouveau-Brunwick, seule province bilingue. Il y a 3 NB, le NB anglais (Fredericton, Saint-John): pas de français, le NB bilingue (région de Moncton, avec sa forte minorité acadienne, son université etc...): prédominance de l'anglais. Le NB français (la péninsule acadienne et la région d'Edmonston): aussi français que le Saguenay/Lac St Jean. Autre exemple: les communautés anglaises du Québec hors Montréal. Communautés hyper protégées. Au Lac-St-Jean: disparues, assimilées. Dans la ville de Québec: en voie avancée d'assimilation.

Dans l'Estrie (ma région): agonie lente et progressive. Savez-vous que le "Sherbrooke Record", quotidien anglophone de la région, où Conrad Black a fait ses premières armes journalistiques, a déjà eu des correspondants à l'étranger? Actuellement, c'est à peine plus qu'un bulletin paroissial. Les jeunes anglo-estriens, ont, ou bien quitté le Québec ou bien se laissent assimiler. À Sherbrooke, on a fermé le Sherbrooke Hospital, seule institution hospitalière anglaise (ou plutôt bilingue) de la région. En tant que médecin, j'ai vécu toutes les phases de la fusion hospitalière à Sherbrooke. Cette fermeture se justifiait dans le contexte de la réforme de la santé dont l'ami Jean a tant parlé, et ce d'autant plus que la clientèle de cet hôpital (ainsi que le personnel) était majoritairement francophone, donc aucun sentiment de culpabilité de ma part, mais voici donc l'exemple de la minorité la mieux protégée au monde, les dispositions législatives n'ont eu que peu d'effet, seul LE NOMBRE a décidé de son sort. L'avenir des FHQ, hors NB, désespéré. Quant à leur attitude anti-souverainiste, comment l'expliquer? Je ne sais pas, s'agit-il d'une relation love-hate avec le Québec?

J'oubliais, j'espère que l'intervenant, qui pense que seules les personnes nées au Québec devraient avoir le droit de voter dans un référendum sur la souveraineté du Québec, est prêt à reconsidérer son opinion. Ce genre d'affirmation, vous vous en doutez bien, serait de nature à nous discréditer totalement auprès des néo-québecois. En tant que "Québecois francophone non de souche" (quelle expression boiteuse!), je n'aurais pas pu, ainsi que mon épouse, voter oui. Imaginez ma frustration!

Christian Sinave
csinave@courrier.usherb.ca

Membre d'IPSO
 

De :  "Pierre Grandchamp" <pierregr@c...>
Date :  JEU 24, DÉC 1998  13:21
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Communautés culturelles et FHQ

M.Sinave:
 

Les FHQ: Ici, je vais en irriter plusieurs. C'est tout à fait vrai, les législations de différentes provinces sur la langue d'enseignement, étaient odieuses, mais n'ont eu, à mon avis, qu'un effet minime sur l'assimilation des communautés françaises, hors Québec. Ce qui a joué c'est LE NOMBRE......


P.G.:
Pas en irriter mais en décevoir car votre affirmation n'est pas conforme aux faits: il y a corrélation très étroite entre "le nombre" et les législations anti-français et surtout anti-écoles françaises.

Je ne m'étendrai pas la dessus, c'est tellement évident! A titre d'exemple, à l'origine,1870, le Manitoba devait être une 2e province canadienne française. Louis Riel, leader démocratiquement élu par la population (de ce fait est un Père de la Confédération) avait délégué 2 émissaires à Ottawa qui en sont revenus avec un Acte confédératif du Manitoba qui en faisait la 2e province française de la Confédération aux mêmes titres que le British North America Act(1867) reconnait au Québec. Le Manitoba original se voulait une copie conforme du Québec.

En 1896, l'acte constitutionnel fut unilatéralement (tiens! on connaît cela au Québec!) déchiré et converti par un autre qui convertit cette province française en une unilingue anglaise...On connaît le reste:expulsion des francophones, interdiction d'enseignement en français, spoliation des terres...etc...

En somme c'est pas compliqué:quand tu veux assimiler un peuple, tu t'arranges pour lui donner le moins possible d'institutions dans sa langue notamment les écoles......C'est cela l'histoire!

Le fameux règlement 17 en Ontario a fait en sorte que jamais une "vraie" université francophone soit crée. Pas d'institutions et pas de financement:cela mène à l'assimilation...donc à la diminution en nombre. C'est évident! Il y a déjà eu 500 000 franco-ontariens:au dernier recensement il en restait 287 000 utilisant encore le français à la maison!

Et dire que le nouveau député provincial de Sherbrooke disait ,en mai dernier, que:"Si nous avons conservé notre langue et notre culture c'est grâce à la générosité et à bienveillance de nos voisins anglophones"!!!!!!!

Joyeux Noel !

Pierre Grandchamp

http://pags.citenet.net/users/ctmx5332/
 

Cessons de verser dans l'angélisme et regardons la réalité en face
Danièle Fortin
20 décembre 1998
De :  "Danièle Fortin" <zelda3@v...>
Date :  LUN 21, DÉC 1998  21:17
Objet :  [Av.-g.Qc] Nous...et les «autres»

Bonjour à tous,

Voici ma première intervention (officielle) au sein de ce forum qui, comme je le mentionnais à J.L. Dion, est un modèle de civisme et qui plus est, se démarque par la qualité des propos tenus.

Ceci dit, je ne peux rester insensible à l'"invitation" de Robert Bertrand à nous ouvrir davantage aux communautés culturelles . Évidemment , il est de notre devoir de faire en sorte que cette portion de la population québécoise jouisse des mêmes privilèges que les Québécois de souche. Évidemment, nous avons tout à gagner à connaître leur langue, leurs coutumes bref, à les écouter. Monsieur Bertrand nous rappelle, avec raison, qu'"il faut défendre leurs droits autant que nous défendons les nôtres". À cet impératif, l'intervenant ajoute qu'"ils sont des nôtres.".

Cher Monsieur Bertrand, cessons de verser dans l'angélisme et regardons la réalité en face :
la majorité des membres des communautés culturelles ne nous suivent pas dans notre projet d'affirmation nationale. Rappelons-nous les efforts déployés par le Père Couture, Ministre des communautés culturelles sous le Gouvernement Lévesque et de son successeur, Gérald Godin. Je m'autorise un tel commentaire pour la simple et bonne raison que j'habite un quartier à forte concentration ethnique et si je n'ai pas entendu au moins à 500 reprises la "parole" soi-disant malheureuse de Jacques Parizeau lors de la défaite de '95, je ne l'ai pas entendue une seule fois!

C'est à se demander si cet "énoncé" n'est pas utilisé à des fins de rhétorique victimaire plutôt que dans sa situation conjoncturelle!

On me signale la gravité de cette assertion en me rappelant que J. Parizeau dut démissionner.

Ce qui est absolument faux. Toute personne bien informée sait qu'il était prévu, advenant une victoire du "non", que J. Parizeau démissionnerait. N'avait-il pas fait cette confidence lors d'une entrevue accordée à Stéphan Bureau et réalisée le matin même du 30 octobre?

Je ne voudrais pas faire ici office d'éteignoir et discréditer la bonne volonté de tous ceux qui s'emploient à s'ouvrir à la différence, à la reconnaissance de l'autre. Mais voilà, comment puis-je reconnaître l'autre quand je n'ai pas moi-même d'identité propre au sens "officiel" du terme? Pour tous ces "autres" je suis d'abord Canadienne. Comme le disait avec tant de lucidité notre défunt poète, Gaston Miron : "Y'a d'quoi à devenir schizophrène!"

Je crois plus nécessaire sinon urgent de faire oeuvre de pédagogie auprès des Québécois d'origine. Combien de Néo-Québecois ne m'ont-ils pas fait remarquer à quel point nous étions divisés sur la question nationale. C'est quand nous serons tous et toutes convaincus que la souveraineté est indispensable à notre épanouissement que nous serons convaincants et pas autrement.

Danièle Fortin
Montréal
20 décembre 1998
 

La déclaration de Jacques Parizeau

J'aimerais d'abord rappeler à M. Sarra-Bournet que «les groupes de personnes d'origines autres que canadienne-française» ont voté «non» à 95% quelques heures AVANT que Jacques Parizeau fasse sa «malheureuse» déclaration.

Par contre, je ne savais pas (ou peut-être que mon inconscient l'a-t-il censuré?) que notre ancien Premier Ministre avait dit «qu'il ne fallait pas parler à ”ces gens-là, parce qu'ils voteront toujours contre nous, de toute façon.”» Peut-être que quelqu'un, dans ce forum, confirmera ou infirmera ce qu'avance l'intervenant.

Pour ma part, comme je le mentionnais dans un message précédent, dès que j'annonce mes couleurs politiques à un Néo-Québécois ou Néo-Québécoise on ne tarde pas à me ramener à l'ordre, neuf fois sur dix, en me signalant que Jacques Parizeau a accusé l'argent et LE VOTE ETHNIQUE.

Je voudrais, ici, en finir une fois pour toutes avec cette parole que je qualifie de providentielle pour les fédéralistes et je cible surtout les fédéralistes issus des Communautés culturelles. Tel un cri de ralliement cette déclaration agit... Tout en étant proférée elle entre en action. Dans la théorie de l'énonciation, nous nommons ceci un «performatif»: «un énoncé qui par sa nature même effectue une action.»* Et comment entre en fonction l'énoncé performatif parisaltien utilisé avec tant de bonheur par nos amis fédéralistes? Par un rejet, un commandement:«fermes-la!»

Tant et aussi longtemps qu'on me servira un tel argument je ne ferai pas de quartier.

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*Angenot, Marc, «Glossaire pratique de la critique contemporaine», (article”performatif”), Montréal,
Hutubise HMH, 1979, p. 152

Danièle Fortin
Montréal
22 décembre 1998
 

De :  "Robert Bertrand"
Date :  DIM 27, DÉC 1998  4:54
Objet :  [Av.-g.Qc] Ils font partie de la nation québécoise

Bonjour Monsieur Sarra-Bournet

C’est avec plaisir que je vous lis. Parfois on se fait une certaine idée de nos diverses
communautés culturelles et voilà que vous nous situez bien le contexte de nos compatriotes.

«Les soi-disant "communautés culturelles" sont des groupes de personnes d'origines autres que canadienne-française. Toutefois, ils font partie de la nation québécoise.»
C’est une affirmation, je dois le dire, que l’on ne voit pas souvent. Cela me fait grand plaisir. Je dois vous l’avouer. C’est une affirmation que je considère fondamentale. Si ce fondement existe, cela veut-il dire qu’il existe dans plusieurs communautés culturelles ? N’a-t-on pas raison de se demander pourquoi les rapports entre les diverses communautés culturelles et les
québécois francophones ne sont-ils pas plus visibles que cela ? Qu’est-ce que l’on pourrait mieux faire ou tout simplement faire pour que nous, les francophones, vivions plus confortablement ce sentiment d’appartenance que nos compatriotes ont, de notre Pays du Québec ?

Dans votre présentation, vous ajoutez :

« Les individus qui en font partie sont moins sensibles à l'histoire du Québec (leurs ancêtres n'ayant pas vécu ici), mais ils sont davantage sensibles à l'instabilité politique. Leur comportement vis-à-vis notre projet national s'explique donc. »
Et vous ajouter :
« Il s'explique d'autant plus qu'ils ont reçus de la part des souverainistes des messages contradictoires. D'une part, notre projet national est inclusif, puisqu'il parle de faire un pays pour tous, peu importe l'origine, pourvu que le français soit la langue commune, et que tous adhère à un minimum de valeurs communes ».

« D'autre part, depuis que Monsieur Parizeau (pour qui j'ai le plus grand respect et avec qui je suis d'accord sur presque tout, sauf ceci) a dit qu'il ne fallait pas parler à "ces gens-là, parce qu'ils voteront toujours contre nous, de toute façon ».

« Nous avons donc laissé toute la place aux Libéraux fédéralistes pour dire du mal de nous. »

Si je fais une si longue citation, c’est que je crois que l’on part de loin. Et je cherche foncièrement à bien saisir l’importance de votre vision des choses. J’ai le sentiment qu’il y a une longue tradition, chez les responsables politiques (est-ce seulement du Parti québécois) pour pratiquement « cibler » les communautés culturelles pour les déboires de notre volonté commune d’atteindre l’objectif du Pays à réaliser.

On nous cite Jacques Parizeau ; n’y a-t-il pas eu auparavant, Gérald Godin, et possiblement d’autres députés ou ministres des gouvernements Lévesque ou même de Parizeau qui ont dû parler autrement ?

Est-ce que l’on retient quelque chose des autres députés ou ministres dans les cercles des diverses communautés culturelles ?

Personnellement, je n’ai pas compris le peu de présences de nos Chefs politiques lors de la dernière élection auprès de la population non francophones. Je pense que cela a été vrai autant chez les responsables du Parti québécois que les responsables du Parti libéral ? J’ai vu la présentation de Mario Dumont et de quelques candidats de son parti politique parlant aux électeurs en diverses langues. Je dois l’avouer, cela me paraît bien peu faire de cas d’une
population que l’on devrait courtiser, quelles que soient les circonstances.

Je ne vois aucune raison valable qui pourrait motiver nos partis politiques de devoir agir de cette manière. J’apprécierais votre vision des choses à cet égard.

Pour la période du référendum 1995, vous nous signalez ceci :

« Alors, il s'en est suivi que le 30 octobre dernier, 95% des "non-francophones" ont voté NON. Et on les a blamés! »
Et vous ajoutez, non sans raison :
« Quel message d'exclusion! Nous prétendons que nous voulons faire un pays pour tous les Québécois, et nous excluons près de 20% de notre population dès le départ. »
Et je cite encore :
« Et nous avons le culot de les blâmer! »
Je n’en reviens pas. Vu de Québec, j’ai le sentiment qu’une bonne partie de notre population analysant, plus ou moins consciemment, une telle façon d’agir, i.e. ne pas s’occuper d’une partie de la population du Québec, de l’exclure, n’a pu accepter de voter pour le OUI. J’irai encore plus loin, n’a pu accepter d’accorder un mandat de tout repos ce dernier 30 novembre. Fondamentalement, le Québécois veut réaliser son Pays, sa souveraineté, son indépendance, en voulant qu’une bonne partie des anglophones, des membres des communautés culturelles
différentes soient également des nôtres, et votent avec nous.

Et je pense, qu’aussi longtemps que l’on verra des gens excluent, la population francophone ne suivra pas. Le Québécois ne fera son Pays sans l'apport d'une partie de sa population des diverses communautés culturelles.

Est-ce choquant pour certaines personnes ? Cela voudrait-il dire qu'ils sont participants dans cette volonté d'exclusion? Possible ! Mais tel est la perception que j’ai. Et j’analyse notre évolution depuis les années 56.

Vous me permettrez, Monsieur, le constat étant établi, qu’est-ce qu’il nous reste à faire ? Comment réaliser un dialogue fructueux avec et auprès des membres des diverses communautés ? Vous nous signalez qu’ils sont québécois, qu’ils se sentent québécois et qu’ils se sentent excluent. Effectivement, il y a des gens qui ont agi en les excluant. Comment agir maintenant ?

Vous auriez des avenues à suggérer ? des approches à formuler ?

Monsieur le Maire de Montréal a rencontré lors des élections des groupes différents. Faudrait-il que le Conseil des Ministres se réunissent dans diverses sections de Montréal ? Ou quoi d'autre?

J’arrête là pour le moment. Au plaisir de vous lire à nouveau Monsieur Sarra-Bournet. Et, disons-le, le forum avant-garde est ouvert à tous pour agir et réagir.

Ne faut-il pas trouver des solutions ensemble pour marquer une évolution vers une réconciliation certaine et sentie ?

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/
 

De :  "Jean-Luc DION"
Date :  LUN 28, DÉC 1998  4:12
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Ils font partie de la nation québécois

Chers amis,

En rapport avec la question en titre, il faut absolument aller lire très attentivement l'article de Denis Gaumond qu'on trouve sur le site de «Vigile» à l'adresse suivante:

La partition tranquille du Québec
Montréal, l'île, serait-elle déjà devenue la onzième province canadienne, résultat d'une «partition tranquille» qui se serait insidieusement mise en place au Québec ?
Denis GAUMOND
Quand on y aura bien réfléchi, en le recoupant avec beaucoup d'autres textes bien documentés, nous pourrons sans doute mieux débattre des mesures urgentes à prendre pour réaliser l'unité nationale majoritaire des Québécois de toutes origines en vue d'un référendum gagnant sur l'indépendance du Québec.

Jean-Luc Dion

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De :  "Pierre Grandchamp" <pierregr@c...>
Date :  LUN 28, DÉC 1998  14:06
Objet :  [Av.-g.Qc] Re: Ils font partie de la nation québé

"Ces attaques multiples sont pour l'instant dirigées contre les élites souverainistes et leurs partisans. Elles visent cependant à provoquer chez l'ensemble des francophones, et plus particulièrement chez les nationalistes «mous», un grand sentiment collectif de culpabilité. La stratégie est efficace à un point tel que le dernier sondage Sondagem (Le Devoir, 12-9-97) fait dire à une majorité de Québécois que «plus le Canada anglais est intolérant envers eux, plus ils affirment devenir fédéralistes !» Le syndrome de Stockholm est devenu québécois. Non pas se contenter de tendre la main, mais, en plus, présenter l'autre joue. Bref, en redemander !"
Cette citation du texte de Guimond, suggéré par M.Dion, m'amène à formuler un commentaire.

Je suis toujours frappé par l'analogie entre la position de beaucoup de francophones hors Québec et celle de beaucoup de fédéralistes francophones québecois:celle de la résignation tranquille associée à la peur entretenue par le systeme! C'est ce que Marc Labelle appelle

"l'autovalorisation compensatrice de l'impuissance du dominé"..."Davantage, les concessions faites par le dominé sont interprétées par lui-même comme un acte de générosité de sa part!"
Pierre Grandchamp

http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
 
 

De :  "Bernard Frappier"
Date :  MAR 29, DÉC 1998  15:09
Objet :  [Av.g.Qc] Des minorités à convaincre et des arguments convaincants !

J'ai remarqué avec plaisir l'accroissement des activités du Forum, et c'est très encourageant. Car je devine, du moins je le souhaite ardemment, que l'année 1999 sera l'année de la "riposte" du mouvement souverainiste québécois aux agressions fédérales incessantes depuis le 30 octobre 1995... Et ce Forum y contribuera certainement.

Comme le suggère Claude Bariteau dans son "Québec, le 18 septembre 2001", il nous faut une approche très positive, qui cherche son équilibre entre le fondement culturel et les nouvelles exigences de la mondialisation pour justifier la nécessaire souveraineté du Québec. Et qui valorise la "démocratie forte" à la Barber. L'article de Guiseppe Sciortino, ce matin dans LeDevoir (29.12.98), va dans ce sens. Il en donne un aspect fort intéressant (une forme de démocratie directe, recourrant à la procédure du référendum à initiative populaire). Ces procédures sont indispensables pour rendre convaincant aux yeux des Nations-unies le verdict "assuré" d'un OUI au prochain référendum.

Assuré mais pas encore acquis.

Assuré parce que la nécessité de la survie comme peuple l'impose, sans quoi ce sera la minorisation définitive du peuple québécois dans un fédéralisme hiérarchique de subordination, et à terme la mort de la culture française en Amérique. Toute la question est de savoir si le peuple québécois veut vivre!

Mais pas encore acquis, car la "preuve" n'a pas encore été faite que la souveraineté serait profitable à tous, autant aux citoyens des communautés culturelles qu'aux Québécois de souche. Cette preuve, il faut l'administrer avec toute la force de l'évidence, et l'approche de Bariteau est tout à fait convaincante à cet égard. Puisque les Québécois d'autres souches souffrent des mêmes conséquences négatives sur l'économie québécoise de la "subordination" aux intérêts ontariens ou canadians des décisions prises par d'autres, et qui nous sont imposées, n'ont-ils pas le même intérêt "économique" à favoriser la solution souverainiste???

Assise culturelle - la langue et la culture françaises, la mémoire et la solidarité - et assise économique. Pour ma part, je refuse absolument à séparer les deux choses.

Les Québécois de souche ont le droit de nourrir leur motivation nationale (non pas "ethnique", à quoi les fédéralistes - citélibristes - voudraient bien la réduire). Je veux la libération de mon peuple de la tutelle impériale de la pseudo-fédération canadian. La profondeur historique est légitime, nécessaire, car elle donne son sens et sa force à cette lutte. Pourquoi y renoncer? Comment d'ailleurs pourrait-on la dénier? Serait-ce convaincant aux yeux des peuples du
monde de nier pareille assise? Non, il faut demeurer ce que nous sommes, rester congruents. Admettre la dimension culturelle de notre lutte. En insistant cependant sur la dimension civique - démocratique - que les porteurs de ce projet national se sont imposée, et par laquelle les Québécois de souche convient tous les Québécois, sans égard à leurs origines, à joindre les rangs et à produire la décision qui ouvrira l'avenir et qui fera naître un nouveau pays profitable à tous ses citoyens. Racine culturelle et ouverture démocratique - y compris la démocratie économique: partage des richesses et participation aux décisions d'orientation économique - , voilà les deux faces de notre projet.

Refuser l'ouverture démocratique, d'une part, ce serait se laisser piéger dans le mythe de la "fécondité du chaos", comme l'ont cru les Patriotes de 1837 ou les felquistes de 1970, c'est-à-dire que la violence peut régler notre sort. Ce n'est pas notre choix, trop d'exemples dans le monde actuel montrent à l'évidence les coûts de l'aventure et l'incertitude du résultat.

Refuser la dimension culturelle, d'autre part, c'est priver les Québécois de souche du droit à la mémoire, de la fidélité dans la chaîne des générations. Ce serait tout de même fantastique que chaque communauté culturelle ait le droit de se souvenir, mais pas les Québécois de souche. Les minorités auraient des droits refusés à la majorité! Le Québec est pluriel, je veux bien, mais donnons aux choses leur proportion. Si les minorités souhaitent autant cultiver leur différence, c'est par rapport à la majorité que nous sommes et à l'identité que nous représentons. Alors, pourquoi taire cette identité? Pourquoi craindre de la cultiver? Nous sommes des Québécois de souche, avec notre manière d'être et nos manières de faire. Avec notre histoire et notre avenir. Nous sommes une majorité nationale qui cherche à être reconnue comme peuple et qui se présente comme société politique originale. Notre identité, ce n'est pas en tant que différence
que nous la posons, mais en tant que foyer de convergence de valeurs qui font ce que nous sommes et qui s'offrent à ceux que nous accueillons. Ce n'est pas en tant qu'"ethnie" que nous agissons, détruisant tout ce qui s'écarterait d'une appartenance généalogique. C'est en tant que majorité nationale. Ouverte et accueillante et tolérante. L'appartenance à notre société politique se fonde sur un critère civique: la citoyenneté, ou la liberté et l'égalité de tous. Il n'y a
pas de charnier ici, ni d'épuration, ni de fascisme, ni de racisme. Qu'on se le dise! Et ceux qui prétendent le contraire sont des "sacripants"...

Le grand mot d'ordre, c'est ENSEMBLE, soyons parfaitement ce que nous sommes.

La fédération canadian nous prive de cette reconnaissance... pour son propre malheur. Les Canadians veulent un pays multiculturel, grand bien leur fasse!  Qu'ils se construisent donc un Canada à leur image. Quant à nous, ce n'est pas notre choix de société. Alors sortons de cette cage..., et hâtons-nous de bâtir un pays qui nous ressemble: français, solidaire et démocratique.

Cette reconnaissance nous sera sans aucun doute accordée par le concert des nations, j'en suis convaincu, compte tenu de la procédure exemplairement démocratique de notre démarche et de la nécessité chaque jour plus évidente du cadre national pour la gestion économique et la protection des acquis sociaux dans un monde ouvert et menaçant.

Notre tâche, comme le soulignent de nombreux intervenants dans ce Forum, c'est d'approfondir le débat public sur ce projet, son fondement, sa justesse, sa légitimité et les conditions de sa réussite. Nous n'avons plus droit à l'erreur! À ce sujet, l'essentiel, à mon avis, c'est de situer le projet souverainiste dans le cadre international. Et le sortir du mantra du renouvellement... de
l'irréformable fédéralisme canadian.

Il faut déplier ce projet et le présenter aux Québécois dans ses dimensions véritables, celles qui font un pays: souveraineté-sécession et responsabilités internationales. Cessons de leur faire croire que le pays ne peut naître et vivre sans la permission de l'Autre. Nous n'avons pas à nous dire dans les mots tordus de l'Autre. Nous devons nous dire nous-mêmes, dans nos propres mots, et parler non pas aux Canadians, mais d'abord aux Québécois, ensuite au monde.
Adressons-nous dès maintenant et agissons en fonction de la communauté internationale. La chance du Canada s'est épuisée en 1982. C'est tout.

Bernard Frappier
www.vigile.net
Avec mes meilleurs voeux pour l'année 1999!!!
 

De :  Patrick Andries <pandries@c...>
Date :  MER 30, DÉC 1998  16:42
Objet :  [Av.g.Qc] Re: [Av.-g.Qc] Communautés culturelles et FHQ

Le 23/XII/98 à 20h49, Christian Sinave écrivit :

[CS] Les FHQ: Ici, je vais en irriter plusieurs. C'est tout à fait vrai, les législations de différentes provinces sur la langue d'enseignement, étaient odieuses, mais n'ont eu, à mon avis, qu'un effet minime sur l'assimilation des communautés françaises, hors Québec. Ce qui a joué c'est LE NOMBRE. Exemple, le Nouveau-Brunwick, seule province bilingue. Il y a 3 NB, le NB anglais (Fredericton, Saint-John): pas de français, le NB bilingue (région de Moncton, avec sa forte minorité acadienne, son université etc...): prédominance de l'anglais. Le NB français (la péninsule acadienne et la région d'Edmonston): aussi français que le Saguenay/Lac St Jean.
[PA] Le nombre est certes un élément important mais il ne peut tout -- et de loin -- expliquer. En effet, comment expliquer alors que les anglophones qui étaient une minorité après la Conquête sont devenus la majorité ?

[PA] Il faut introduire l'élément des pouvoirs gouvernementaux et du pouvoir d'assimilation qui n'était pas directement lié au nombre mais bien à la puissance. C'est grâce à ces pouvoirs que les Anglais ont fait venir des masses d'immigrants (non-anglophones) et les ont assimilés (de force dans des écoles anglaises, en interdisant dans les Prairies les écoles allemandes et ukrainiennes d'abord permises). C'est grâce à ces pouvoirs et à cette puissance d'attraction que même les immigrants qui venaient au Québec, et plus particulièrement à Montréal dans une ville à majorité francophone (mais une majorité pauvre), se sont systématiquement assimilés
dans une grande majorité aux Anglophones.

[PA] Ce phénomène est toujours à l'oeuvre aujourd'hui de façon visible en Acadie, par exemple. Edmunston qui est une ville à très grande majorité francophone ne parvient pas à assimiler la majorité de ces immigrants non-francophones (ni même allophones, les Chinois qui tiennent certains restaurants par exemple). Le taux d'assimilation à l'anglais en Acadie est toujours de loin supérieur au taux au Québec. Pourquoi ? N'est-ce affaire que de nombre ou plutôt d'un manque de protection législative (cf. Loi 101)? Il y a fort à parier qu'en séparant l'Acadie du reste du N-B et en y appliquant les mesures linguistiques qui s'y imposent, le taux
d'assimilation diminuerait vite. Évidemment, on pourra argüer que cette division n'est pas possible précisément parce que le nombre n'y est pas. C'est possible mais il s'agit là d'une circonstance récente (la démocratie règne au Canada depuis que les Anglophones y sont majoritaires).

[PA] Notons enfin que la francophonie hors Québec se porterait infiniment mieux si à la fin du siècle passé, le gouvernement fédéral avait décidé de subventionner l'immigration de francophones dans les Prairies, comme il le fit pour les immigrants d'Europe centrale (voyage payé de Russie jusqu'à Winnipeg), plutôt que de laisser ses fils francophones partir en
Nouvelle-Angleterre. En donnant cet argent aux Canayens en plus des terres concédées, on aurait pousser plus d'un fils de paysans à s'établir directement à l'Ouest, plutôt que de compter sur l'Église pour aller les chercher un par un en Nouvelle-Angleterre quand l'économie y passait par un creux. Il aurait sans doute également fallu créer un climat plus serein à l'Ouest : éviter le lynchage des amis de Riel, les rixes contre les francophones, interdire l'interdiction des écoles francophones, etc. Toutes ces mesures auraient fait en sorte que notre nombre aurait été bien plus grand. Ne comptait-on pas à une époque autant de Canuck en Nlle-Angleterre
que de Canayens au Québec ? Ces mesures ne furent pas prises uniquement à cause de notre petit nombre (33% à l'époque), mais parce que le système et le pouvoir britannique le permettait, les valeurs cocardières de l'époque les approuvaient et les suscitaient.

[PA] Si je suis en désaccord quant à l'unicité du facteur d'assimilation que vous avancez : le nombre, il faut cependant que j'avoue que les Québécois ont toutes les raisons d'être inquiets quant à leur natalité désastreuse. Ils ne doivent pas compter sur les masses d'immigrants en
espérant qu'elles voteront en majorité pour l'indépendance et défendront le français, ceux-ci dans leur énorme majorité suivront et s'intègreront à un Québec indépendant une fois les faits accomplis, pas avant. La natalité des Québécois présage mal de notre avenir. Le peu de mesures en faveur des familles de classe moyenne ayant plus de deux enfants est patent, éclatant. Le fédéral s'en soucie comme de sa dernière culotte (le Canada peut compter
selon lui sur les immigrants, un enfant = une charge, un choix de consommateur équivalant à l'achat d'une voiture, pas de raison de subventionner ce choix), le provincial privilégie les petites familles pauvres (monoparentales), pas nécessairement le meilleur vecteur de
réussite sociale, ni de grandes familles. Pour les familles ayant deux enfants ou plus (dont les mères restent souvent à la maison quand leurs enfants sont en bas âge et n'utilisent donc pas les garderies) : rien.

[PA] Évidemment, on n'en entend pas parler. Surtout pas dans la grande presse indépendantiste. Le Devoir se penchera sur les familles monoparentales, les chômeurs, Jean-Paul II «le réac», le sort des «gays», les syndicats, la prêtise des femmes, le SIDA, l'enrichissement multiculturel, le théâtre élitiste, etc. Nous l'aurons cherché...

P. A.
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CAFI
Comité d'action pour le français dans l'informatique
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H3B 2Y5
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Télécopieur : (514) 877-9890
 

Réactions de Christian Sinave

Réactions de Alain LaBonté

Christian Sinave :
Je réalise combien la position d'un gouvernement souverainiste à l'intérieur du Canada est intenable. Le but premier d'un gouvernement du PQ est de réaliser la souveraineté du Québec et non pas de gouverner une province canadienne. Après 30 ans d'efforts, nous sommes revenus quasiment au point de départ, avec Lucien Bouchard qui va aller négocier l'union sociale et avec un Bloc qui s'enlise à Ottawa.
 

Alain LaBonté
Peu importe tout ce qui pourra être dit, une constitution devrait faire l'objet d'un référendm pour être légitime, pour être le fait du peuple. Or elle n'a jamais été légitimée par ce moyen, ni par la population québécoise, ni par la population canadienne non plus.

Robert Bertrand
Vivre son PAYS, affirmer son PAYS

Richard Gervais
Si l'on peut brandir l'épouvantail des coûts autant contre l'unité que son contraire, c'est que la question essentielle n'a pas à voir avec l'économie. L'économie n'est jamais un argument politique; c'est seulement un argument de politicien.

Claude Corbo
Lettre fraternelle, raisonnée et urgente à mes concitoyens immigrants

Christian Sinave
Car, à mon avis, ce qui est important dans tout ceci, ce n'est pas la réalité, mais bien la perception de la réalité par l'ensemble de ceux qui ont le droit de vote au Québec.

http://cf.groups.yahoo.com/group/avant-garde_quebec/message/360
 

Courtiser les non-francophones
est une perte de temps, affirme Parizeau

Simple question de réalisme, a-t-il expliqué
aux étudiants de l'UQAM

JEAN DION

LeDevoir 27 mars 1997

Plusieurs centaines d'étudiants de l'Université du Québec à Montréal ont réservé hier un accueil extrêmement chaleureux à l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, venu leur faire part de ses réflexions d'entre-deux-référendums.

Le mouvement souverainiste québécois doit faire son deuil de l'appui des non-francophones à sa cause, estime Jacques Parizeau, qui ne considère pas que ce constat soit un motif de discrimination, mais plutôt l'illustration du simple «réalisme politique».

«C'est simplement une question de réalisme. Si j'avais un conseil à donner, mes conseils seraient largement basés sur le fait que je ne vois pas, chez les anglophones et certains groupes ethniques, la possibilité, rapidement, de changer les opinions dominantes.»

«La politique, c'est un art, c'est une conviction. Mais si on veut être capable d'avoir une action efficace, il faut être réaliste. Pas méchant, réaliste. Pas discriminatoire, réaliste. Pas vindicatif, réaliste. C'est ça que j'ai essayé de faire, peut-être maladroitement», a déclaré hier l'ancien premier ministre du Québec dans une allocution de près d'une heure prononcée devant un auditoire gagné d'avance au grand amphithéâtre de l'UQAM.

Cette dernière phrase faisait évidemment allusion à «l'argent et des votes ethniques» évoqués par M. Parizeau le soir du 30 octobre 1995, des propos qui le talonnent toujours. Une expression, au demeurant, dont il reconnaît qu'elle «n'était pas très bien choisie», mais dont il maintient qu'elle reflétait «fondamentalement» la réalité.

«Cela ne veut pas dire que ceux dans ces communautés [culturelles] qui appuient la souveraineté du Québec ne sont pas importants pour nous, ni qu'on ne les aime pas. Cela veut dire qu'au plan de l'organisation d'une campagne référendaire, il y a des clientèles et il faut en tenir compte», a-t-il ajouté hier en réponse à un étudiant qui s'enquérait de ses remarques «mathématiquement vraies mais politiquement désagréables».

Dans son exposé, où il a tracé le bilan de la longue marche des souverainistes, M. Parizeau a tenu à souligner qu'il était «compréhensible et normal» que les non-francophones rejettent massivement l'option. Mais le corollaire, a-t-il prévenu, est qu'il est acceptable que la majorité linguistique s'organise pour ne dépendre que d'elle-même. «Avec les autres, ça va prendre pas mal plus de temps» pour les convaincre d'adhérer pleinement au Québec. «Ça ne sert à lien de se voiler la face et de se couvrir la tête de cendres.»

L'adhésion totale à un pays sera d'ailleurs au coeur de la prochaine bataille référendaire, a-t-il poursuivi. «On va avoir à choisir entre être Canadiens ou être Québécois. On ne peut pas être tout ou vouloir tout dans la plus grande confusion.» Et le choix sera sans équivoque: le statu quo et la culture pancanadienne bilingue ou la décision de dire «nous sommes Québécois, français, à la fois d'origine et de culture. Mais pas dans le sens raciste du terme.»

A cet égard, M. Parizeau s'en est vigoureusement pris aux campagnes de dénigrement du Québec qui le dépeignent comme un creuset de xénophobie au passé chargé. «Je refuse la culpabilité par association historique, a-t-il lancé. Autrement, on n'est pas sortis de l'auberge.»

«On cherche à l'heure actuelle à nous faire honte sur ce plan-là. Mais c'est la langue qui est importante. Ce n'est ni la race ni la couleur [...] Des fois on en a marre. On est un des pays les plus tolérants, les plus démocrates qui soient. Est-ce qu'on pourrait nous reconnaître pour ce que nous sommes?», a-t-il lancé sous des applaudissements nourris.

Et si, en fin de compte, il est clair pour Jacques Parizeau qu'aux deux avenues proposées par le Canada, «le statu quo ou sortez», il faut dire «sortons», il serait en revanche «arrogant» pour le mouvement souverainiste de prévenir, comme certains l'ont suggéré, que le prochain référendum sera le dernier peu importe son résultat.

«Qui peut vous engager, vous, pour tout votre avenir?», a-t-il dit aux étudiants. «Vous ferez des référendums quand vous voudrez. Elle est de moins en moins la mienne et de plus en plus la vôtre, cette société-là. Chaque fois que des gens vous diront des choses comme ça, envoyez-les paître.»

Vote ethnique et immigrant
page sur Vigile.net
 

Questions référendaire
1980

« Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

OUI =     40,44%
 NON =     59,56 % 


 
 
Questions référendaire
1995
« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente du 12 juin ? »

OUI =     49,6%
NON =     50,4% 

Le Mouton noir
Résumé

Cette fascinante chronique de l'après-Meech dresse le bilan politique d'une année qui s'annonçait comme un tournant majeur dans l'histoire du Québec et du Canada. De St. John's à Vancouver, le cinéaste observe et questionne. Des hommes politiques (Robert Bourassa, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard...), des présidents de commissions (Claude Béland, Jean Allaire, Keith Spicer...), des politicologues (Daniel Latouche, Philip Resnick...), des jeunes militants. Entrecoupé d'extraits de films reconstituant la vie des grands hommes politiques (Sir Georges-Étienne Cartier, John A. Macdonald, Louis-Joseph Papineau...), ce long métrage documentaire établit un éloquent parallèle entre les discours d'aujourd'hui et ceux d'hier.
Y a-t-il eu crime?
LAURENT LAPLANTE
Le 10 mai 1997
Dans ce que les médias dénomment l'affaire Parizeau, on trouve un assez large choix d'aspects indigestes. Le plus troublant est peut-être celui-ci : les plus beaux cerveaux de notre élite politique et médiatique, sans se sentir ridicules, ont d'emblée crucifié un livre dont ils n'avaient même pas entrevu la couverture
Jacques Parizeau au Devoir:
Le Canada n'a pas le choix de négocier : Il importe de gagner
la lutte des mentalités, affirme l'ancien premier ministre


«Le commerce du Québec avec les États-Unis représente [en valeur] le commerce des États-Unis avec l'Argentine, le Brésil et le Chili réunis.»

En janvier, le Sénat américain se prononcera sur un projet de loi qui faciliterait l'extension du dollar américain à d'autres pays qui voudraient l'utiliser comme monnaie nationale.


Jacques Parizeau
Pour qui le QUÉBEC n'a pas réaliser son rêve!
Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?

Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?

Élu chef du Parti québécois en 1988, Jacques Parizeau a porté son parti au pouvoir lors des élections de 1994. Un an plus tard, il remplissait sa promesse de tenir un référendum sur l'avenir politique du Québec, dont c'est aujourd'hui le premier anniversaire. Pour la première fois depuis son retrait, en janvier dernier, de la vie publique, M. Parizeau revient sur le résultat de cette consultation populaire. Dans ce texte dont il a réservé la primeur aux lecteurs du Devoir, il en fait le bilan, dégage quelques perspectives en vue d'une prochaine consultation et analyse la stratégie du gouvernement Bouchard.

À l'occasion du premier anniversaire du référendum du 30 octobre, on m'a beaucoup sollicité pour présenter mes commentaires et mes impressions. J'ai choisit Le Devoir pour cela et je remercie la direction de m'ouvrir ses pages.

Ce texte n'a rien d'académique. C'est celui d'un homme dont la carrière politique est terminée mais qui reste engagé. La souveraineté du Québec me paraît nécessaire pour le peuple québécois. Il a besoin d'être responsable de lui-même. Les citoyens doivent être responsables de l'avenir de leur pays.

Il faut que nous entrions dans la mouvance internationale si prometteuse à la fin de ce siècle et qui fait que des pays petits par leur population et par la taille de leur économie peuvent se développer, prospérer, s'épanouir, à la condition d'appartenir à de très grands marchés. La thèse selon laquelle les nationalistes québécois se referment sur eux même est une vue de l'esprit qui retarde. Le repli à notre époque n'est pas possible. On voyage trop, on est trop branché sur les réseaux de communications internationaux, on est trop ouvert sur le commerce, nord-américain en particulier, pour que même une nostalgie de repli puisse perdurer. Nous n'avons vraiment pas le choix. Et cela tombe bien. Nous arrivons de mieux en mieux à pénétrer le village global. Des gens d'affaires aux artistes, les réussites se multiplient.

Être ouvert aux autres ne veut pas dire que l'on ne s'occupe pas de ses propres intérêts. Les règles de comportement internationales ont évidemment réduit, à juste titre d'ailleurs, l'éventail des instruments d'intervention des gouvernements. Mais cela ne les laisse pas désarmés pour autant. Les peuples, les nations, les États ont des intérêts à protéger. Chacun apporte au monde quelque chose qui lui est propre sur le plan culturel, sur celui des orientations sociales ou sur celui des modes d'organisation de son économie. Défendre ses intérêts, les promouvoir, ce n'est pas une option, c'est tout à fait naturel.

Je ne veux pas aborder de façon précise ou détaillée les événements qui se sont produits sur la scène politique depuis un an. Je dois dire cependant que chaque fois que j'entends parler d'un "plan" destiné à faire interdire un prochain référendum au Québec, je souris. Si on tient absolument à nous imposer une élection référendaire... Mais venons-en aux choses sérieuses.

Il faut revenir à deux questions fondamentales, essentielles :"Qui sommes-nous ?" Et "Où allons-nous ?"

Le référendum d'il y a un an a beaucoup clarifié les choses : 61% des francophones ont voté OUI. Sur l'île de Montréal, 69% ont voté OUI. Les francophones représentent 83% de la population du Québec. Pour une fois, la réponse est claire ; elle n'est pas unanime, mais dans une démocratie, il faut se méfier des unanimités. Donc, la majorité des Québécois francophones veulent que le Québec devienne un pays. Ils ont choisi leur identité et leur pays.

Quant aux Québécois autres que francophones (17% de la population), presque tout le monde a voté NON. Il y a eu des exceptions, bien sûr, et certains ont voté OUI avec plus de ferveur encore que bien des francophones. Dans beaucoup de communautés, le pourcentage de NON semble avoir été supérieur à 95%. Des records absolus ont été atteints. Dans plusieurs bureaux de scrutin de l'ouest de Montréal, il n'y a eu aucun OUI.

À l'appel de leurs leaders et de leurs organisations, tous ces gens ont réclamé de rester canadiens. Pour certains groupes, c'est tout à fait compréhensible. Ils préfèrent continuer de faire partie de la majorité canadienne plutôt que de devenir une minorité au Québec. Leur intérêt leur dicte cette attitude. Jusque là, ils sont canadiens et fiers de l'être.

Alors qu'en est-il du peuple québécois ? Il est constitué essentiellement de francophones (quelle que soit leur origine) qui partagent une culture qui leur est propre. Des minorités s'y ajoutent et ont indiscutablement enrichi la culture québécoise. À part les autochtones qui forment des nations distinctes, canadiens anglais de souche ou immigrants de diverses dates, s'ils cherchent, dans leur presque totalité, à demeurer canadiens, une fois la souveraineté réalisée, ils devaient s'intégrer, et à leur rythme, au peuple québécois. En tout cas, on le souhaite. Est québécois qui veut l'être.

Où allons-nous ? Il y a dans le cheminement de notre gouvernement des orientations qui provoquent des interrogations et qui, je pense, doivent être abordées avec une certaine candeur.

Que le gouvernement ne parle plus que rarement de la souveraineté du Québec n'est pas en soi étonnant. On peut avoir comme tactique pendant un temps de laisse les gens respirer. Après tout, ils ont eu quatre scrutins en quatre ans sur la souveraineté. Sans doute, puisque la souveraineté continue d'être attaquée, et n'est plus défendue, l'appui populaire glisse dans les sondages. On a bien connu cela dans le passé. Cela se renverse. Mais il ne faudrait pas attendre trop longtemps. Plus le glissement se prolonge, plus il est difficile à renverser.

De même, le nouveau gouvernement veut, c'est naturel, chercher à faire la paix avec les anglophones, surtout avec les gens d'affaires anglophones. Ce n'est pas le premier gouvernement à faire cela ; il ne sera pas le dernier non plus. J'ai moi-même trop essayé pour ne pas comprendre. Habituellement, il ne sort pas grand-chose de tout cela : les intérêts sont trop divergents. Il ne faut simplement pas trop donner en échange de promesses à venir. L'épisode Galganov, à la fois ridicule et symbolique, suivant le discours du Centaur, a cette fois calmée le jeu.

Tout ce qu'il faudra éviter, c'est de croire que l'amélioration des rapports avec la communauté anglaise de Montréal est une sorte de condition nécessaire à la création d'emplois et au rassemblement de capitaux. Cela fait longtemps (trente ou quarante ans) que ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, le développement de l'économie du Québec n'est plus conditionné par les réactions de quelques centaines de personnes installées dans le Golden Square Mile ou a Westmont.

Ce que je trouve le plus inquiétant pour la suite des événements, c'est l'objectif budgétaire que le gouvernement s'est fixé : ramener le déficit à zéro.

La situation est étrange. Quand le Parti québécois est élu en 1994, il est, comme tous les gouvernements, préoccupé par sa situation budgétaire. Sans doute beaucoup de petites provinces canadiennes sont-elles en train de faire disparaître leur déficit, mais compte tenu de la nature de leurs opérations et de l'absence de certaines responsabilités, il leur est plus facile d'arriver à diminuer le déficit qu'en Ontario, par exemple, au Québec ou même en Colombie-Britannique.

Dans l'ensemble, les gouvernements de nos jours sont assez peu commis à faire disparaître complètement leurs déficits. Les signataires de Maëstricht ont fixé à 3% du PIB leur objectif de déficit pour adhérer à la monnaie commune et ils ont beaucoup de difficulté à y arriver. M. Chrétien s'est fait élire sur la promesse de ramener le déficit du gouvernement fédéral canadien non pas à zéro, mais à l'équivalent de 3% du PIB. Les États-Unis ont adopté une loi antidéficit qu'ils se sont hâtés d'oublier ; c'est la reprise de l'économie surtout qui réduit le déficit depuis quelque temps.

L'Ontario traverse une formidable transformation budgétaire où on sabre dans certaines dépenses pour financer des baisses d'impôts. Ce n'est pas le déficit qui est au centre des préoccupations (il n'a été réduit, après tout, que de 15% par rapport aux beaux jours de Bob Rae), c'est une vision de la relance de l'économie. Cela n'est pas très en accord avec les idées social-démocrates de beaucoup d'entre nous, mais enfin, c'est une politique.

À Québec, en prenant le pouvoir en 1994, on avait promis d'éliminer le déficit des opérations courantes, c'est-à-dire les emprunts pour payer l'épicerie, mais pas le déficit qui découle des investissements, L'économie était trop faible pour cela. Et après tout, il n'est pas déshonorant d'avoir une hypothèque sur sa maison. Une fois l'objectif atteint, il resterait donc un déficit de deux milliards de dollars, soit un peu plus de 1% du PIB.

Mon gouvernement ne s'est pas mal débrouillé. L'année 1994-1995 s'est soldée par un déficit de 5,7 milliards, et, l'année suivante, de 3,9 milliards, soit la moitié de son objectif. Pendant une année référendaire ! Pas mal du tout ! Et tout cela dans une sérénité relative.

On avait indiqué cependant aux électeurs que les compressions fédérales nous frapperaient de plein fouet en 1996-1997 si le vote au référendum nous empêchait de sortir du Canada. Même l'objectif restreint à l'égard du déficit serait difficile à maintenir.

Au début de 1996, le gouvernement du Québec change d'objectif, le durcit en quelque sorte. On viserait maintenant l'élimination complète du déficit, sur un horizon de temps un peu plus long que l'échéancier original. C'était placer la barre bien haut.

Pour permettre de réaliser le nouvel objectif budgétaire qui avait été élaboré l'année précédente et qui avait donné de bons résultats (enveloppes fermées, compressions sélectives).

Le ministre des Finances avait préparé les projections de revenus sur la base d'une croissance de 1%, ce qui semblait alors très conservateurs. Aujourd'hui, ces projections semblent exagérées. On risque d'entrer dans la spirale connue : on coupe, les revenus prévus tombent, on recoupe, ils tombent encore. Je crois qu'à vouloir en faire trop, on affecte la santé de l'économie.

On dit en anglais " la paille qui cassa le dos du chameau" en parlant des charges énormes que l'on peut faire porter à l'animal jusqu'à ce qu'il s'effondre.

Je n'aime pas non plus voir un représentant du syndicat financier qui distribue les obligations du Québec occuper un poste important dans le triangle de protection que forme, pour nous maintenir à l'abri des pressions financières, le ministère des Finances, la Caisse de dépôt et Hydro-Québec.

On peut résister, on le sait maintenant, à la propagande économique et aux campagnes de peur. Elles ont toujours visé les francophones et ils ont voté très majoritairement OUI il y a un an.

Mais il faut faire attention de ne pas se faire mal à soi-même, de ne pas nuire à sa cause et de ne pas faire perdre espoir ceux dont l'avenir en dépend.

Il y a tant à faire dans ce chantier que devrait être l'économie du Québec. Il y a tant de choses que l'on peut amorcer, quitte à les développer quand nous serons enfin sortis du système et que nous aurons enfin le contrôle de nos moyens.

La morosité est mauvaise conseillère. Il faut, tous ensemble, se redonner le goût de bouger. Il y a des obstacles, bien sûr. Il y en a toujours chaque fois que l'on veut changer quoique ce soit. Il ne faut pas les exagérer non plus.

Jacques Parizeau Montréal, le 30 octobre 1996


Parizeau tient à être entendu

EDMONTON (NORMAN DELISLE PC 3 février 1998) - L'ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau insiste: il veut être entendu devant la commission d'accès à l'information pour y révéler les moyens qu'il avait mis en place en octobre 1995 afin de faire face aux tentatives de déstabilisation financière» des adversaires de la souveraineté.

Dans une lettre qu'il vient d'adresser à la commissaire Diane Boissinot, M. Parizeau demande de pouvoir faire le point sur «la plus solide et la plus remarquable des opérations qui a précédé le référendum du 30 octobre 1995».

La Commission d'accès doit se pencher à compter de cette semaine sur une requête du député libéral de Châteauguay, Jean-Marc Fournier, qui exige que lui soit remis une copie de ce qu'il appelle «le plan 0», c'est-à-dire le plan mis en place par le gouvernement du Parti québécois en 1995 pour faire face aux résultats du référendum sur la souveraineté du Québec.

Jusqu'à maintenant, le ministère des Finances a refusé de divulguer ce plan.

Le député Fournier avait exigé la semaine dernière la comparution de M. Parizeau devant la Commission d'accès à l'information, notamment afin de vérifier l'importance des liquidités qui avaient été débloquées en octobre 1995 pour faire face à toutes les éventualités.

La commissaire Diane Boissinot avait rejeté pour l'instant la demande de M. Fournier, jugeant que la comparution de l'ancien premier ministre était «prématurée». Mme Boissinot ajoutait toutefois que M. Parizeau pourrait être convoqué au besoin.

C'est cette remarque qui a fait bondir M. Parizeau.

Dans sa lettre à la commissaire Boissinot, et dont la Presse canadienne a reçu copie, M. Parizeau insiste pour être entendu comme témoin. «Depuis qu'en 1962, un syndicat financier qui déterminait les conditions des emprunts de l'Etat a failli faire échouer la nationalisation de l'électricité, pourtant approuvée par la population du Québec, je n'ai eu de cesse que les pouvoirs publics québécois aient les moyens de leurs politiques», écrit M. Parizeau.

«A cet égard, la plus solide et la plus remarquable des opérations a indiscutablement été celle qui a précédé le référendum du 30 octobre. Elle a été montée et dirigée par Jean Campeau, alors ministre des Finances, avec l'aide de ses hauts fonctionnaires», poursuit l'ex-premier ministre.

Cette opération avait consisté à réunir quelque 17 milliards de dollars en liquidités, provenant principalement de la Caisse de dépôt et placement, du ministère des Finances et d'Hydro-Québec. «Si les Québécois avaient voté OUI, le gouvernement du Québec aurait disposé des moyens nécessaires pour faire face aux tentatives de déstabilisation financière qui apparaissent chaque fois que l'électeur québécois veut changer quoi que ce soit d'important», affirme l'ex-chef du gouvernement.

M. Parizeau note enfin que son témoignage devant la Commission d'accès à l'information aura «une portée pédagogique».

Pour le député libéral Jean-Marc Fournier, le témoignage de M. Parizeau mettra vraisemblablement dans l'embarras le premier ministre Lucien Bouchard.

Ce dernier soutenait en effet à l'Assemblée nationale à l'automne 1996 que le plan mis en place lors du référendum constituait «de la gestion courante pour un gouvernement».

Les propos de M. Parizeau donnent plutôt à penser qu'il s'agissait d'une manoeuvre exceptionnelle et extraordinaire. «Le gouvernement prévoyait des impacts négatifs à la souveraineté et il les a cachés à la population», estime le député Fournier.
 

La ZLEA serait plus néfaste que l'AMI,
estime Jacques Parizeau
par Robert Bertrand
une charte des droits de l'entreprise


La ZLEA serait plus néfaste que l'AMI, estime Jacques Parizeau

François Cardinal, LE DEVOIR, Le samedi 5 mai 2001

Craignant se faire resservir un plat encore plus indigeste que l'Accord multilatéral sur l'investissement, le libre-échangiste qu'est M. Parizeau dénonce les termes actuels de négociation de la Zone de libre-échange des Amériques. Il craint en effet que, si rien n'est fait, la naissance en 2005 d'un tel marché continental ne se traduise par la création d'une charte des droits de l'entreprise privée au détriment des gouvernements et de la société civile.

«À la lecture du texte, écrit-il, on se rend compte qu'il s'agit d'une nouvelle tentative d'écrire, pour les trois Amériques, une grande charte des droits des multinationales. C'est l'AMI en plus dur encore, si cela est possible. Les droits des gouvernements sont plus réduits, plus édulcorés qu'ils ne l'étaient dans l'AMI.»

Il déplore en ce sens que le Canada, par l'entremise de son ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, ne fasse absolument rien pour éviter la catastrophe. Il rappelle d'ailleurs que si ce n'avait été de la vigilance de la France dans le cadre des négociations avortées de l'AMI, le modèle québécois serait vite devenu moribond, et ce, avec la complicité d'Ottawa.

«Le Québec l'a échappé belle, estime-t-il. Le gouvernement fédéral l'a très mal informé de ce qui se passait. Il a renoncé à l'exception culturelle générale sans le dire. Et si le projet passait, une bonne partie de ce qu'on appelle le modèle québécois devenait illégal. C'est depuis cet épisode que le gouvernement du Québec exige, sans succès jusqu'à maintenant, d'être présent à des négociations internationales qui concernent à ce point son avenir.»

(...)

"Par ailleurs, l'ex-premier ministre profite de la tribune qui lui est offerte pour faire mousser la cause souverainiste, surtout, dit-il, que le Québec se trouve dans une «situation délicate», voire «potentiellement dangereuse». «Tenu à l'écart des négociations, il n'est pas vraiment au courant de ce qui se passe. Ériger un panneau devant les salles de réunion pour faire savoir qui l'on est a quelque chose de pathétique. Il fallait le faire, sans doute, mais on ne peut éviter de penser qu'à 52 000 voix près, le Québec aurait participé à ces réunions avec plusieurs pays bien plus petits que lui», rappelle-t-il."

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Robert Bertrand :

Au dessus des Gouvernements, on y trouve "les droits des entreprises", "les lois du marché".

Qui dit Gouvernement, actuellement, dit tout simplement : le Chef du Gouvernement. Les parlementaires ne font qu'accepter ce que le ou les Chefs-Dictateurs décident.

Nous, "les nous autres des différents peuples" on vote pour "notre" député, on vote pour "notre" représentant.

On vote... une fois à tous les quatre ou cinq ans, normalement, et les décisions nouvelles par les Chefs-Dictateurs, se prennent sur une base quotidienne, d'heure en heure, pour "notre" plus grand bien commun !
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«La ZLEA, c'est l'AMI en plus dur, et le Canada laisse faire»

«À force de vouloir tout gagner, les grandes sociétés privées sont en train
de faire réapparaître une lutte des classes»

Jacques Parizeau, Ancien premier ministre du Québec
Le samedi 5 mai 2001



Il est regrettable que le Sommet des peuples d'Amérique se soit terminé par une sorte de condamnation générale du libre-échange. Plusieurs des participants avaient montré de la clairvoyance dans l'étude qu'ils avaient conduite des diverses facettes de la Zone de libre-échange des Amériques. Et, finalement, toutes les distinctions et les nuances se sont estompées au profit d'une condamnation dogmatique. On ne condamne pas les marées. On construit des digues, des jetées, on se protège, en somme. On n'excommunie pas la mer.

Le libre-échange international s'étend dans le monde comme le libre-échange intranational s'est établi à l'intérieur de chaque pays, il y a bien longtemps.

(...)

En 1995, le président de la société helvético-suédoise ABB (solidement implantée au Québec, soit dit en passant) a résumé de façon lapidaire l'objectif des sociétés multinationales et transnationales:

«Je définirais la mondialisation comme la liberté pour mon groupe d'investir où il veut, le temps qu'il veut, pour produire ce qu'il veut, en s'approvisionnant et en vendant où il veut et en ayant à supporter le moins de contraintes possible en matière de droit du travail et de conventions sociales.»

La Chambre de commerce internationale embrasse ce credo avec enthousiasme et les pressions deviennent de plus en plus pressantes pour que, dans les conflits qu'un tel credo ne manquerait pas de susciter, une entreprise puisse poursuivre un gouvernement devant un tribunal international et en obtenir des compensations financières pour les profits perdus à cause des politiques suivies par ce gouvernement. Vaste programme!

(...)

À force de vouloir tout gagner, les grandes sociétés privées sont en train de faire réapparaître une lutte des classes. On croyait que le phénomène s'était beaucoup atténué. On voit maintenant se répandre la crainte, la suspicion et la confrontation. Les gouvernements ont leur part de responsabilité en laissant s'accréditer l'impression qu'entre politique et affaires, il y a plus que collaboration, il y a collusion.

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Robert Bertrand

La pensée de Monsieur Parizeau est limpide, il fait un bref historique de l'évolution des différents traités auxquelles nos sociétés diverses, nos Pays, sont parties prenantes.

Lorsqu'il y a "collusion" voilà bien que nos "parlementaires", nos Chefs-Dictateurs ne sont plus au service de leurs concitoyens qui les élisent. Ils deviennent au service des financiers, des "puissants" de ce monde.

Quels "maîtres" servent-ils, une fois élus "démocratiquement" ?

Est-ont convaincu qu'ils servent nos intérêts, en premier lieu ou en dernier lieu ?

Ont-ils le choix d'agir comme ils le font ?

Sont-ils à "notre" service ? Servent-ils d'abord, les intérêts des Puissants ?

Quand un ancien Premier ministre nous parle de "collusion", peut-on considérer qu'il y a "anguille sous roche" ?

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays

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De :  Line Pelletier
Date :  SAM 5, MAI 2001  23:04
Objet :  Re : une charte des droits de l'entreprise
 

Monsieur Parizeau avait déjà beaucoup fait pour bien faire comprendre les enjeux de l'AMI. Il a même publié une plaquette "Une bouteille à la mer?" chez vlb éditeur en 1998. Je crois qu'il est impératif que des gens de tous les milieux s'impliquent pour bien expliquer les enjeux de cet accord. Après tout à quoi servira la reconnaissance nationale si ce ne sont plus les États qui dirigent les nations.

Les enjeux sont vraiment là. Les compagnies et les investisseurs ne sont pas nécessairement mal intentionnées. Mais leur premier devoir est de satisfaire l'appétit gargantuesque de leurs actionnaires. Donc si les compagnies s'arrogent le droit d'imposer leurs dictats aux États, nous pouvons craindre à juste titre pour notre niveau de vie. N'oublieons pas que nous faisons partie des privilégiés, notre société est riche et avancée au niveau social. C'est pourquoi la souveraineté du Québec est encore plus nécessaire. Il faut acquérir la possibilité de faire des alliances avec d'autres nations pour faire en sorte que la ZLEA ne sonne pas le début d'un nivellement par le bas du niveau de vie des travailleurs. Il importe également que l'industrie n'ait pas préséance sur les États. Les Entreprises ont profité et profitent encore des avantages que leur procurent les États par le biais des sous puisés dans les goussets des contribuables. Dans ce cas précis, les transnationales évaluent les avantages des pays entre eux. C'est un peu ce qui se passe à Davos
une fois par an, si je ne m'abuse.

Pour distribuer la richesse, il faut d'abord pouvoir la créer. En ce sens, il est acceptable que les différentes nations proposent des avantages aux entreprises dans l'espoir qu'elles choisiront de s'implanter chez elles. Les retombées économiques par la création d'emploi et les sommes d'impôt récupérées ainsi, justifient ce type d'intervention. Cependant ce n'est pas aux entreprises d'exiger les conditions de leurs implantations dans les nations de leur choix. La libéralisation des échanges commerciaux peut être avantageuse. Le Québec en a d'ailleurs largement profité. Mais il faut éviter que cette restructuration des échanges économiques dilue le pouvoir des États et affaiblisse la démocratie. On aura beau inclure toutes les clauses démocratiques que l'on voudra. Si l'État n'a plus jurdiction sur ses normes environnementales, sur ses normes en éducation, sur sa langue d'usage, sur les services collectifs qu'elle gèrent, etc. Si l'État passe ses énergies et l'argent des contribuables dans sa défense pour des poursuites des entreprises en vertu de la "discrimination" qu'entraîne telle ou telle norme de l'État par rapport à tel autre dans tel autre pays. On n'est pas sorti de l'auberge. La sauvegarde de la démocratie passe sûrement par une extension des discussions des enjeux de la ZLEA comme cela s'est fait lors du sommet des Peuples. Les syndicats pensent poursuivre leurs actions dans des regroupements syndicaux. Il faut que les enjeux soient clairement exposés à la population. Je ne crois pas non plus que de s'opposer à toutes formes de libéralisation des échanges commerciaux soit une avenue gagnante. Mais de prendre notre place dans ces négociations pour faire valoir nos vues, exposer notre modèle social, démontrer les avantages notre modèle par rapport à d'autres. Enfin, prendre part aux discussions pour pouvoir influer sur notre avenir comme société, comme peuple américain à part entière.

Line Pelletier

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Il déplore en ce sens que le Canada, par l'entremise de son ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, ne fasse absolument rien pour éviter la catastrophe. Il rappelle d'ailleurs que si ce n'avait été de la vigilance de la France dans le cadre des négociations avortées de l'AMI, le modèle québécois serait vite devenu moribond, et ce, avec la complicité d'Ottawa.

«Le Québec l'a échappé belle, estime-t-il. Le gouvernement fédéral l'a très mal informé de ce qui se passait. Il a renoncé à l'exception culturelle générale sans le dire. Et si le projet passait, une bonne partie de ce qu'on appelle le modèle québécois devenait illégal. C'est depuis cet épisode que le gouvernement du Québec exige, sans succès jusqu'à maintenant, d'être présent à des négociations internationales qui concernent à ce point son avenir.»

Quand un ancien Premier ministre nous parle de "collusion", peut-on
considérer qu'il y a "anguille sous roche" ?   Robert Bertrand
 

Une charte des droits de l'entreprise vs les droits des Peuples

Jacques Parizeau lance la Bataille de Beauce 19.5.01

«Je viendrai ici aussi souvent que vous le voudrez pour vous appuyer» a promis M. Parizeau aux 150 membres et sympathisants du Conseil souverainiste de Beauce et de la SNQ Chaudière -Appalaches venus le rencontrer à l’occasion d’une conférence sur la mondialisation et la souveraineté

Deux économistes favorables au Pays du Québec  Pourquoi ?
Qu'est-ce qu'il nous faut pour comprendre ?
Robert Bertrand 2001/03/19
Parizeau était le "fonceur", Bouchard a été le "manipulateur". Les Historiens trouveront les mots justes pour décrire la période Bouchard.

Bernard Landry est là.   Il a le talent de "frondeur", le "pédagogue" au service de la cause du Québec.    C'est curieux :  deux économistes.  Parizeau et Landry.  Ils sont tellement favorables à la création du Pays ? Pourquoi ?
 

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