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Jean-Paul 11 en Espagne

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Le journal Le Monde et nos commentaires
(René Marcel Sauvé -- José Fontaine -- ) suite à la visite de Jean-Paul 11 en Espagne


En Espagne, le pape a défendu l'unité nationale contre les séparatismes

LE MONDE | 05.05.03 | 13h41   •  MIS A JOUR LE 05.05.03 | 13h52
 
 
À Madrid, devant un million de personnes, Jean Paul II en a appelé aux "racines" catholiques du pays et de l'Europe face au "nationalisme" diviseur et au laïcisme.

Madrid de notre envoyé spécial

Les "no a la guerra" et "viva el papa" se fondaient dans la foule. Madrid avait ressorti les insignes et les badges des manifestations pacifistes du mois de mars. Les quarante-huit heures de Jean Paul II dans la capitale espagnole, samedi 3 et dimanche 4 mai, furent une sorte de trêve nationale dans un pays divisé.
 
Un million de Madrilènes ont quadrillé, dimanche matin, les larges avenues Goya et Genova et tout le quartier d'affaires menant à la place Colon, où le pape a canonisé cinq religieux espagnols. La veille au soir, sur la base militaire aérienne de Cuatro Vientos (Quatre Vents), 600 000 jeunes avaient réussi à redonner un mince sourire à son visage ankylosé par la maladie.

Le pape octogénaire sait, mieux que quiconque, la part d'illusion qu'il y a dans ces moments d'unanimité autour de lui. Mais il avait à cœur de venir à Madrid affirmer que l'avenir de l'Espagne passe par son unité et que ce pays, où la foi chrétienne s'est effondrée, ne doit pas désespérer de son passé catholique. Et l'ironie de l'histoire veut que ce soit un vieux pape polonais qui - devant la famille royale, José Maria Aznar, l'opposition socialiste et les autorités régionales réunies - vienne condamner le nationalisme basque et réchauffer la ferveur religieuse de jeunes qui, depuis longtemps, ont déserté les églises.

"EUROPE DE L'ESPRIT"

"Tu es jeune !" lui crie la foule, samedi soir, aux Cuatro Vientos, après avoir entendu Jean Paul II témoigner que, prêtre depuis cinquante-six ans, il n'avait jamais regretté d'avoir consacré sa vie au Christ. "Jeune ? Vous savez quel âge j'ai ? J'ai 83 ans", répond Karol Wojtyla qui ne paraît jamais aussi en forme que lors de tels rassemblements. "Alors, je suis un jeune de 83 ans !"... A ceux qui ont défilé contre la guerre en Irak, il a confié le message le plus politique de sa visite : "La spirale de la violence, du terrorisme et de la guerre provoque la haine et la mort. Soyez des acteurs de paix. Écartez-vous de toute forme de nationalisme exacerbé, de tout racisme et intolérance. Réduisez vos ennemis à la force du pardon. Témoignez que les idées ne s'imposent pas, mais se proposent." De longs applaudissements saluent chaque phrase de ce nouveau décalogue.

Si la condamnation du "nationalisme" visant les groupes extrémistes basques n'est pas nouvelle dans la bouche du pape, celle de samedi devait rassurer à la fois les autorités espagnoles et la hiérarchie catholique. Dès son arrivée à l'aéroport de Barajas, le roi Juan Carlos l'avait espérée en reprenant habilement les récentes condamnations portées par le pape contre toute forme de "terrorisme". L'Église espagnole est elle-même divisée par le séparatisme basque. Avant son arrivée en Espagne, le pape avait reçu une lettre de 560 prêtres des diocèses de Bilbao, Saint-Sébastien, Vitoria, Pampelune et Bayonne, réclamant le droit à l'"autodétermination" des Basques et expliquant le terrorisme par "les discriminations contre les minorités nationales".

S'il rêve d'une Espagne unie, c'est que le pape a une haute idée de son rôle dans l'Europe à construire. Il n'est pas venu à Madrid parler seulement de paix comme idéal moral pour l'humanité. Il a aussi repris son vieux thème, développé dès 1982 à Saint-Jacques-de-Compostelle, selon lequel l'Espagne - comme l'Europe - ne peut assurer son développement que dans la mémoire de ses "racines chrétiennes". La polémique sur la référence à Dieu dans la future Constitution européenne l'a atteint. Et dimanche, sur la place Colon (Christophe Colomb), après avoir canonisé cinq fondateurs de congrégations, il a lancé à la foule : "Connaître et approfondir le passé d'un peuple veut dire renforcer et enrichir sa propre identité. N'abandonnez pas vos racines chrétiennes. Ainsi, vous serez capables d'apporter au monde et à l'Europe la richesse culturelle de votre histoire."

Ce n'est pas un programme pour la seule Espagne, mais pour l'Europe entière. Une "Europe de l'Esprit", a-t-il insisté, c'est-à-dire une Europe "fidèle à ses racines chrétiennes, non pas fermée sur elle-même, mais ouverte au dialogue et à la collaboration avec les autres peuples de la terre, une Europe agissant comme un phare de civilisation et de progrès pour le monde, décidée à unir ses forces et sa créativité au service de la paix et de la solidarité". Espagne unie, Europe unie autour de leurs valeurs. Comme prévu, l'entretien que le pape a eu samedi avec José Maria Aznar, à la résidence du chef du gouvernement espagnol, n'a pas porté sur les divergences au sein de l'Union, ni sur le rôle de l'Espagne dans la crise irakienne. Le Vatican et Madrid ont cherché à dissiper les nuages nés du soutien espagnol à l'intervention américaine.

Car le pape a trop besoin de l'Espagne "catholique" pour faire avancer son idée de l'Europe. Une Europe qu'il a mise en garde, à Madrid, contre deux dangers : le "nationalisme" diviseur et un laïcisme qui, à l'entendre, voudrait écarter toute référence aux valeurs chrétiennes dans les textes fondamentaux de l'Union. Le succès de sa cinquième visite en Espagne tient non seulement à sa performance physique, mais aussi à la fermeté d'orientations données par celui que ses jeunes hôtes de samedi appelaient le "grand-père de la nation".

Henri Tincq
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Jean Paul II veut aller en Mongolie en août

Porte-parole du Vatican, Joaquin Navarro-Valls a confirmé, dimanche 4 mai à Madrid, dans un entretien à la RAI 1, le projet du pape de se rendre en Mongolie la dernière semaine du mois d'août. Ce pays ne compte qu'une centaine de catholiques, mais Jean Paul II entend répondre à l'invitation du président Natsagiin Bagabandi, qui lui avait déjà demandé, après la chute de l'URSS, de faire venir des missionnaires catholiques à Oulan-Bator.

À Madrid, dimanche, le pape est pourtant apparu très éprouvé. Lors de la cérémonie de canonisation (qui a duré trois heures), il a été conduit à l'autel assis dans un fauteuil transporté par une estrade mobile. Le public de la basilique Saint-Pierre à Rome savait déjà que Jean Paul II - 83 ans le 18 mai - n'était plus capable de marcher, en raison d'une douloureuse arthrite au genou. La confirmation en a été donnée pour la première fois au cours d'un voyage.

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Je vous présente, ci-après, les liens présentant les textes originaux de ce qu'a véritablement dit le Pape.

On sera à même de juger la justesse des propos du journal Le Monde.

http://www.zenit.org/french/visualizza.phtml?sid=34944

http://www.zenit.org/french/visualizza.phtml?sid=34942

http://www.zenit.org/french/visualizza.phtml?sid=34941

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Fw: L'importance de la déclaration du Pape ?
Robert Bertrand
vendredi 9 mai, 2003 13:25

Bonjour Monsieur René Marcel Sauvé,
 
Je viens de lire cet article.
 
Quel message cela envoie aux autres qui veulent prendre UNE PLACE dans le monde ?
 
Ne sachant trop que dire, je vous laisse le soin d'analyser et d'intervenir sur le gorupe de discussions, si vous le jugez à propos.
 
Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Fw: L'importance de la
déclaration du Pape ?
René Marcel Sauvé
vendredi 7 mai, 2003 8:00PM

Monsieur Bertrand,

Au sujet de la déclaration du Pape pendant sa visite en Espagne, j'ai imprimé le texte du journal Le Monde afin de pouvoir l'examiner à loisirs. Voici ce que j'ai relevé:
 
1. Le Monde écrit:

Le pape octogénaire sait mieux que quiconque, la part d'illusion qu'il y a dans ces moments d'unanimité autour de lui. Mais il avait à coeur de venir à Madrid affirmer que l'avenir de l'Espagne passe par son unité et que ce pays, où la foi chrétienne s'est effondrée, ne doit pas désespérer de son passé catholique.
Commentaire:
 
C'est Le Monde qui le dit et on peut l'interpréter comme on voudra. Le Monde ne rapporte pas intégralement les paroles du pape.
 
2. Le Monde écrit encore
Et l'ironie de l'histoire veut que ce soit un vieux pape polonais qui-devant la famille royale, José Maria Aznar, l'opposition socialiste et les autorités régionales réunies, vienne condamner le nationalisme basque et réchauffer la ferveur religieuse de jeunes qui, depuis longtemps, ont déserté les églises.
 Commentaire:
 
Encore une fois, c'est le Monde qui le dit. Il n'y a aucune référence aux paroles réelles du pape, ni surtout à la référence "nationaliste basque".
 
3. Voici quelques paroles du pape:
"Écartez-vous de toute forme de nationalisme exacerbé, de tout racisme et intolérance. Réduisez vos ennemis à la force du pardon",
 Commentaire:
 
Ce message peut servir autant au nationalisme espagnol et centralisateur de Madrid qu'aux Basques, qui se battent pour la reconnaissance de jure comme de facto de leur État national. Le pape demande aux uns et aux autres de faire preuve de bonne foi et de se montrer raisonnable et ne vise pas particulièrement les Basques.
 
4. Le Monde écrit encore:
"Si la condamnation du "nationalisme" visant les groupes extrémistes basques n'est pas nouvelle dans la bouche du pape, celle de samedi devait rassurer à la fois les autorités espagnoles et la hiérarchie catholique".
Commentaire:
 
C'est le Monde dit que le "nationalisme" visait les groupes extrémistes basques. Non pas tous les Basques ni le mouvement d'indépendance basque. Et encore, le pape n'a nommé personne en particulier. Le pape s'oppose à l'extrémisme et à la violence mais ne s'oppose pas au droit des peuples de disposer d'eux-mêmes, de se prendre en charge et de décider pour eux-mêmes.

Implicitement, il ne peut faire autrement que reconnaître le peuple basque, son statut de nation, antérieur à celui de la nation espagnole, comme nous au Québec, qui sommes antérieurs comme statut collectif à la canadian nation et au pouvoir centraliste, unitaire et arbitraire d'Ottawa. Le pape ne peut pas nier un statut naturel mais ne peut pas non plus se prononcer directement contre l'arbitraire des autorités en place, notamment celles de Madrid, ce qui risquerait de provoquer des incidents graves en Espagne.
 
5. Le Monde écrit

L'Église espagnole elle-même est divisée contre le séparatisme basque. Avant son arrivée en Espagne, le pape avait reçu une lettre de 560 prêtres des diocèses de Bilbao, Saint Sébastien, Vitoria, Pampelune et  Bayonne (en France ?) réclamant le droit à l'autodétermination des Basques et expliquant le terrorisme par "les disciminations contre les minorités nationales".
Commentaire
 
Si Le Monde avait pu nier l'existence de cette lettre, je pense qu'il l'aurait fait. Les prêtres basques ne cherchent pas à excuser le terrorisme mais à l'expliquer, ce qui veut dire qu'ils le regrettent. Il est évident que l'intransigeance des autorités espagnoles est en cause, avec ses prisons et ses tortures.
 
6. Le Monde écrit encore:
S'il rêve d'une Espagne unie, c'est que le pape a une haute idée de son rôle (sic) dans l'Europe à construire.
Commentaire

Comment le Monde peut-il connaître les rêves du pape ?

On ne parle pas de "rôle" dans la mentalité catholique parce que le mot rôle appartient au théâtre et non au réel et il n'est pas question de réduire l'Église à un immense "showroom" de la spiritualité du monde. Or, toute spiritualité vise l'altérité absolue, non la représentation théâtrale.
 
Le Monde fait de l'interprétation à sa manière.

7. Le pape a dit sur la place Colon:

"Connaître et approfondir le passé d'un peuple (donc les Basques compris puisqu'ils sont un peuple) veut dire renforcir et enrichir sa propre identité. N'abandonnez pas vos racines chrétiennes. Ainsi vous serez capables d'apporter au monde et à l'Europe la richesse culturelle de votre histoire."
Commentaire :

On est donc plus au théâtre ni dans la politique.
 
8.  Le Monde écrit encore:

Car le pape a trop besoin de l'Espagne "catholique" pour faire avancer son idée de l'Europe (sic). Une Europe qu'il a mise en garde à Madrid contre deux dangers: le "nationalisme" diviseur et un laïcisme qui, à l'entendre, voudrait écarter toute référence aux valeurs chrétiennes dans les textes fondamentaux de l'Union.
Commentaire :

C'est encore l'opinion du Monde et cette opinion n'est pas une certitude ni une thèse valable.
 
Voilà donc quelques réflexions à la lecture du texte du  journal Le Monde sur la visite du pape en Espagne.

Il me semble évident que Paris craint le "séparatisme" breton, qui rapprocherait la Bretagne de l'Angleterre, le puissant régionalisme aquitain, qui pourrait rétablir l'Aquitaine dans son statut quo ante de duché ou l'équivalent. de même pour le Languedoc. Le Monde parle pour lui-même et pour cette raison, je le trouve peu crédible.
 
René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Espagne, Pape et Monde
José Fontaine
jeudi 8 mai, 2003 03:44

Un très bon numéro relativement récent de la revue “Les Temps modernes” donna la parole à toutes les tendances basques. La violence basque est une réponse à la violence d’un État lui-même violent, l’État espagnol et dont les Basques ont eu jusqu’il y a peu de bonnes raisons de se méfier. Les prisonniers basques – quels que soient leurs raisons ou leurs torts – sont traités de manière inhumaine. Il semble bien que ce qui a rapproché Aznar des USA c’est la lutte contre le terrorisme et il y a un terrorisme basque assimilé au terrorisme. Je pense que les coalitions nationalistes au Pays Basque l’ont toujours emporté et on juge généralement que l’autonomie du pays Basque est très étendue. Dans Les Temps modernes, on fait un parallèle avec la Catalogne et le Québec  disant que l’État britannique (canadien) ou l’État espagnol est à la fois un État moins centralisé que l’État français (laissant subsister des autonomie sociales fortes), mais en même temps violent.

On fait circuler pour le moment sur Internet un extraordinaire pastiche du journal Le Monde (intitulé “The Monde”) où il est imaginé que des forces anglo-américaines appuyées par l’armée monégasque (?) viennent rétablir “la liberté” en France. Les deux grands du “Monde “ actuel (Plenel et Colombani) , s’y fendent d’un éditorial favorable à l’invasion américaine et anglaise, The Monde allant même jusqu’à saluer les envahisseurs en anglais!
 

En fait c’est très bien fait et cela illustre pour moi la récente thèse de Péan et Cohen qui prétendent à juste titre que “Le Monde” a une vision atlantiste de la réalité, veut jouer le jeu de l’american way of life sous prétexte de modernisme et a trahi l’héritage républicain français de son fondateur. Même sur l’Europe “Le Monde” a une vision peu indépendantiste (indépendance de l’Europe) et s’il a été contre la guerre en Irak, c’est mollement. En fait ”Le Monde” est assez typique de ce qu’est politiquement et moralement le néolibéralisme: individualisme forcené, méfiance vis-à-vis des États et de l’idée de nation, soutien aux autonomies régionales comme la Corse de manière si poussée que devant des commissions d’enquêtes parlementaires, certains juges ont même déclaré que les nouvelles données par “le Monde” (grâce à  ses contacts avec les juges et la police) auraient permis aux assassins du préfet de Corse de fuir au bon moment.

Le Monde allait auparavant dans le sens des choix profonds de la société française. Je pense que ce n’est plus le cas. Dan,s le pastiche du Monde le président Chirac est accusé de nationalisme et de paléo-gaullisme. Mais je crois au contraire que la France dans son alliance avec l’Allemagne a posé les jalons d’une véritable Europe indépendante. Et le fait que l’État belge soutienne cette politique est significatif car l’État belge a été traditionnellement plus pro-anglais et atlantiste que pro-français, ce qui peut à certains égards se comprendre (et pas seulement par l’hostilité des Flamands à la France). La réconciliation franco-allemande, leur politique indépendantiste européenne facilite une politique étrangère plus européenne de l’État belge d’autant plus que – fait capital – cette politique est soutenue tant en Flandre qu’en Wallonie et est menée par un Wallon.

Il y a quelque chose d’inouï dans la position française, allemande et de l’État belge vis-à-vis des USA actuellement.

Autre trait comique: dans le pastiche du “monde” on y annonce que le P¨M espagnol a demandé aux USA d’envahir l’Espagne  où il n’a plus que 2 à 3% de popularité et où les manifestations contre les USA se multiplient. Caricature, certes, mais Aznar en Espagne et Berlusconi en Italie ont manifestement agi contre leurs opinions publiques dans la guerre de l’Irak (manif et sondages très clairs) et même Blair en Grande-Bretagne.

Je crois au monde multipolaire que préconisent la France et l’Allemagne. Car un tel monde redonne sa chance à toutes les nations, grandes moyennes ou petites alors que l’alliance atlantique n’est qu’un prolongement de l’hégémonie américaine.

Il est significatif que même en France, on songe quand même à donner plus d’autonomie aux Régions voire même un pouvoir législatif (d’amendement des lois nationales). Certes, les Républicains purs et durs le regrettent mais en même temps cette souplesse vis-à-vis des revendications identitaires est un signe de la décrispation des Européens (y compris les Anglais qui sont réellement généreux vis-à-vis de l’Écosse qui a même la faculté de siéger au Conseil des ministres européens: ce n’est pas l’indépendance mais au Royaume Uni on partait d’un État strictement unitaire en 1997).

Curieusement on se dit que si le Québec était dans le Royaume Uni, les Anglais auraient au moins accepté les avancées les plus fortes du Lac Meech.

Il y a une expérience terrible que l’Europe a faite: celle de la guerre, les Allemands surtout qui ont été les victimes de graves crimes de guerre de la part des Anglais et Américains (les bombardements aveugles de 43 à 45 tuant des centaines de milliers de civils).

Je crois sincèrement que cette relation décrispée à la réalité nationale est l’avenir dans la mesure où elle maintient la nation tout en en éliminant les aspects le s plus outrancièrement nationalistes.

José Fontaine

(Wallonie - européenne)
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: L'importance de la
déclaration du Pape ?
René Marcel Sauvé
Vendredi le 09 mai 2003 10:10 AM

Bonjour tout le monde,
 
J'espère que je ne vous ai pas trop choqués en vous apprenant que je suis un des instructeurs du MLNQ depuis des années. Je ne suis pas un combattant de la première heure. Dans l'armée, j'ai organisé un réseau de surveillance que beaucoup ont appelé le "réseau Parizeau".
 
Dans son livre magistral sur Jacques Parizeau, Tome Deux. le journaliste Pierre Duchesne consacre une douzaine de pages à cette histoire.
 
J'ai dîné cette semaine avec Jean Marie Cossette, qui a été arrêté pendant la crise d'Octobre alors qu'il n'avait rien fait de mal, ni même d'illégal. Homme solide, entrepreneur et très actif à 75 ans, il n'est pas sorti traumatisé de l'expérience et il a même converti l'officier de la GRC qui était venu l'arrêter. Voilà ce que j'appelle un homme fort.
 
Pour ma part, j'ai fait pire que tous ces gens innocents qui ont été arrêtés et mis en prison et personne n'a osé me faire la moindre menace. Comment en faire autant? Simple: Lisez et étudiez Machiavel, qui connaît la nature humaine et la nature des choses. Il le dit lui-même: "Nous suivons la nature qui est changeante et qui suit la nature ne peut encourir blâme".
 
Or, la nature, c'est la loi des nécessités qui n'ont pas de loi.
 
Cette loi est là, présente devant chacun de nous et dans chacun de nous.  Elle n'a été débattue par aucun philosophe du Siècle des Lumières.
 
Pourquoi? Parce que ces philosophes ont rejeté la nature pour l'idée, rien que l'idée, des idées et des idées et des idées, des tonnes d'idées, toutes aussi brillantes les unes que les autres, encore des idées, qui dépassent ma petite intelligence, toujours collée à la nature et aussi au surnaturel qui est altérité absolue.
 
Que l'idée soit pour ou contre nature, on ne se pose même pas la question, tant on est porté à croire que l'idée est l'expression même du réel que la liberté est  la liberté de choix(de choix des idées pour les idées) confondue avec l'authentique liberté,  la Liberté avec un L majuscule, laquelle est complètement dans la détermination consciente et procède par voie de principes qui ont fait leurs preuves.
 
La liberté spinozienne va encore plus loin. Prolixe, elle jette pêle-même Dieu et la Nature et n'essayez même pas d'en discuter. L'idée s'impose comme une certitude absolue.
 
Confronté très tôt à l'hostilité anglo-saxonne, loyaliste et orangiste dans l'armée, j'ai décidé de suivre les conseils des vieux camarades qui avaient fait la Seconde guerre mondiale avec le Royal 22e Régiment,(donc en première ligne) et qui se sont donnés la peine d'instruire et de former les plus jeunes.
 
D'abord, ils m'ont fait profiter de leur propre expérience tant dans les cours d'instruction qu'en manoeuvre et dans les théâtres d'opération du Proche Orient. Comme personne, soldat ou officier, n'a jamais fait l'expérience de la guerre avant d'y être allé, il est donc essentiel de s'en instruire par l'étude et l'expérience des autres. Comme en toutes choses par ailleurs, excepté ceux et celles qui croient que les idées pour les idées règlent tout.
 
Le vieux  m'ont conseillé de lire et d'étudier Machiavel, Klauzewitz, Sun Tsu,Jules César, Blaise de Monluc, Marmont, Richelieu, Talleyrand, le prince de Metternich, Jomini, Mannerheim,  et autres auteurs qui collent à la nature que NOUS n'avons pas inventée mais à l'intérieur de laquelle NOUS devons agir, non en s'y opposant mais en sachant composer adéquatement avec les événements, afin de pouvoir procéder par un seul objectif simple à la fois, identifiable et réalisable en termes de temps et d'espace.
 
J'ai suivi leurs conseils. Je n'ai pas cherché à finauder, bien que, ayant complété des études universitaires, y compris la philo à l'U de M, j'aurais été en mesure de crâner pour crâner. L'éducation familiale m'avait appris à respecter l'enseignement des aînés qui ont quelque chose à dire.
 
Et voilà pourquoi j'ai pu me permettre une série de coups et m'en tirer,  pendant les années de service dans l'armée, tant au Québec qu'au Canada et à l'étranger. Providentiellement, j'ai toujours eu un aîné expérimenté pour me conseiller, ce qui rend la tâche beaucoup plus facile.
 
La grande nouvelle de ce matin dans Le Devoir, c'est la colère terreneuvienne et la croissance de l'hostilité des gens de Terre Neuve à l'égard d'Ottawa, Le petit Stéphane Dion à môman lâlâ a répondu sèchemernt par une fin de non recevoir au gouvernement de Terre Neuve, qui demande un partage des compétences en matière de pêcheries.
 
Bien sûr, Stéphane Dion est encore en position de force, et par conséquent intraitable,  selon les maîtres de la stratégie d'État chez qui je suis allé m'instruire, en commençant par Machiavel, que j'ai étudié à Florence même, en Italien formel, langue très difficile s'il en est une, ceci afin de ne rien manquer. Et ces maîtres m'ont appris qu'en pareille circonstance, on va au théâtre ou à la pêche ou dans un bon restaurant.
 
Que ferons-nous ? Rien parce que l'adversaire est en position de force. Certes, on peut réparer les dommages, par charité chrétienne, mais sur le plan politique, on ne peut pas agir tout de suite. Nous n'allons pas gaspiller nos énergies à des protestations inutiles et des scènes d'indignation.
 
Mieux vaut rester froid et attendre son heure. Elle viendra sûrement, cette heure.
 
Sous Bernard Landry, on m'avait demandé d'entreprendre des recherches sur Terre Neuve, afin de rétablir entre les Terreneuviens et le Québec des relations fort tendues depuis l'histoire des chutes Churchill. Je n'ai pas même eu le temps de me mettre sérieusement au travail, passé le stade préliminaire de la cueillette de renseignements pertinents, notamment la géographie et l'histoire de Terre Neuve. La deuxième étape exige entre autre un voyage systématique à Terre Neuve, pour cueillir des renseignements sans en avoir l'air, donc un voyage de vacances, selon toutes apparences, avec épouse et petites filles de préférence. Les meilleurs renseignements se cueillent dans les hôtels et les restaurants,où les gens sont détendus, parlent et parlent et parlent et parlent encore. Il suffit d'écouter sans avoir l'air de rien, tout en mangant quelque plat délicieux. Joindre l'agréable à l'utile, quoi ?  Ne dites celà à personne.
 
Pas de papier à notes, seulement de la mémoire.
 
Ce sera partie remise.
 
En attenant, je crois vous avoir déjà informé du fait que la prochaine province à devenir une grosse méchante séparatisse est l'Ontario, Je le tiens de différentes sources à Toronto, dont quelques sources officielles dont je vous ai informés (Qui a voulu me croire ?) et aussi d'une autre source: Stéphane Dion à môman lâlâ en personne, par l'entremise d'une journaliste avec qui j'ai échangé quelques renseignements anodins.(celà aussi est machiavélique).
 
Bon, comme le conseille Machiavel, c'est maintenant le temps de prendre un café et me préparer à aller conduire ma femme en ville où elle va faire ses exercices.
 
Bonne journée tout le monde.
 
René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la
déclaration du Pape ?
Robert Bertrand
vendredi 9 mai, 2003 13:25

Bonjour,
 
J'avais demandé à Monsieur Sauvé, dans un courriel personnel, de me commenter l'article du journal Le Monde.
 
Ce qu'il a fait.
 
Comme il est intervenu ce matin, à la suite des différentes interventions d'hier, et croyant sans doute l'envoyer sur le groupe de discussions, je vous le transmets tel quel.
 
Robert Bertrand

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