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L'importance de la Géopolitique

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Dialogue :  Robert Bertrand, René Marcel Sauvé, Béatrice Nadeau, Valérien Lachance, José Fontaine, Daniel Couture,
 


L'importance de la géopolitique
Robert Bertrand
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
samedi 5 juillet, 2003 14:30


Introduction à la géopolitique

1 Les préoccupations des géopoliticiens "marins"

2 La géopolitique "terrienne" allemande

3 La géographie, ça sert à faire la guerre (Yves Lacoste)

4 Vers une géoéconomie ?

http://medintelligence.free.fr/bdgeopolitique.htm#introduction

Il nous faut apprécier le savoir et la mise en pratique des principes de la stratégie.

Nous avons notre maître à penser sur ce sujet dans notre groupe de discussions. (René Marcel Sauvé)

Parfois, juste pour apprécier ce dont on possède, n'est-il pas bon de jeter un coup d'oeil et voir l'appréciation de d'autres en regard de l'importance de la géopolitique de nos jours ?

Bonne lecture.

Robert Bertrand

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la géopolitique
René Marcel Sauvé
samedi 5 juillet, 2003 20:09

Merci pour les notes au sujet de la géopolitique, monsieur Bertrand.

Je les ai parcourues et bien entendu, j'ai eu à étudier les auteurs mentionnés, dont Mahan, Haushofer, que j'ai étudié à l'Institut Geschwitzer Scholl à Munich, après avoir été initié à la matière par Thomas Greenwood à l'Institut de Géographie de l'Université de Montréal.

Harlford Mackinder, fondateur du London School of Economics, a été un des premiers auteurs étudié.

De même le suédois Rudolf Kjellen, l'allemand Friedrich Rätzel, l'américain Spykman et "la géographie, ça sert à faire la guerre, d'Yves Lacoste. Tous ces auteurs sont en général cités hors contexte et par conséquent mal appris et mal compris, ce qui a fait beaucoup de tort à la discipline.

Les meilleurs auteurs en géopolitique sont: Aristote, Jules César, les Médiévaux, dont S Thomas d'Aquin, Duns Scot, Sun Tse, Machiavel, (oui, Machiavel, à lire dans les textes originaux en italien), et finalement Antoine Henri Jomini, qui a explicité les principes de la stratégie d'État. Jomini est un Suisse qui a fait son apprentissage dans les guerres napoléoniennes et a pris les mesures qu'il fallait pour ne pas que la Suisse retombe sous domination autrichienne avec le Congrès de Vienne de 1815.

Pourquoi? Parce qu'ils ont compris le principe de transcendance qui est présent dans le réel et qu'on ne peut voir lorsque l'esprit est piégé par des "modèles" et des idéologies.

Quant à la lecture et interprétation des événements actuels, je recommande Le Monde Diplomatique, plus réellement géopolitique que beaucoup de cuistres en la matière et qui s'improvisent experts du jour au lendemain pour satisfaire une clientèle de plus en plus nombreuse mais pas nécessarement attentive.

De même qualité sont les journaux suivants pour ceux qui peuvent les lire dans la langue où ils sont écrits: Frankfurter Allegemeine (équivalent au Monde Diplomatique), Manchester Guardian (très bien), Asai Shimbun (publié à Tokyo et aussi approfondi que le Monde Diplomatique).

Le New York Times est parfois très bien et pousse vers l'objectivité quasi impossible dans des écrits de ce genre et que pourtant, nous devons trouver.

Mais je recommande au moins Le Monde Diplomatique, écrit en un français simple et exigeant et qui paraît une fois par mois.

René Marcel Sauvé

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la géopolitique
Béatrice Nadeau
lundi 7 juillet, 2003 00:17

C'est bien parti pour le côté pratico-pratique.  Joindre l'utile à l'agréable et saisir la possibilité offerte de mieux discerner les principes de la stratégie.

LA LOI DE LA PRÉSENCE

VIVRE DANS L’INSTANT PRÉSENT

Le temps est un grand paradoxe car il s’étire entre un passé et un futur qui ne sont pas réels, sauf dans notre esprit.  Le concept du temps est une convention intellectuelle et linguistique, une convention sociale. Mais la vérité profonde, c’est que nous ne disposons que de l’instant présent.

Nous  (tous les membres) possédons également la Loi de la Méthode:

LES LOIS DE LA MÉTHODE

PRENDRE LA VIE UN JOUR À LA FOIS

La méthode transforme n’importe quel chemin de vie et une série de petites étapes qui, atteintes l’une après l’autre, conduisent vers n’importe quel but.  La méthode transcende le temps, enseigne la patience et repose sur les bases solides d’une préparation minutieuse. Elle est l’expression de la confiance dans l’épanouissement de notre potentiel.

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Ma suggestion:  Y'a t-il lieu de faire une Assemblée nationale de "Rue", comme il y a eu le "Parlement de la rue" en 1996 (date citée de mémoire)?  Il se peut que ma question soit hors contexte, mais elle m'apparait réalisable pour réunir les forces sociales.

Kébekoise

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la géopolitique
René Marcel Sauvé
dimanche 6 juillet, 2003 10:11

À tous les Québécois(es).

L'année 2008 marquera le quatrième centenaire de la fondation de Québec par Samuel de Champlain.  C'est en prévision de cette occasion qu'Ottawa fait des pieds et des mains pour récupérer les festivités à son avantage politique et économique.

IL FAUT QUE L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC SOIT RÉALISÉE AVANT 2008 ET QUE CES FESTIVITÉS SOIENT EXCLUSIVEMENT LES NÔTRES.

René Marcel Sauvé

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la géopolitique
Valérien Lachance
dimanche 6 juillet, 2003 14:00

Bonjour M Sauvé.

En effet, récupérons nos  biens usurpés en devenant un Pays avant  2008.

Se tiendra probablement à cette même date le CONGRÈS  EUCHARISTIQUE  INTERNATIONAL de Québec, un des souhaits de M. Bertrand.

Il devrait y avoir À QUÉBEC  un centre de coordination de tous ces événements afin que nous puissions être informé de l'avancement de l'organisation tant à Québec, à Ottawa qu'en France.

Bon après-midi

Valérien Lachance

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 Extrait de l'allocution de Mgr Marc Ouellet.

"Congrès eucharistique international de 2008, que nous espérons célébrer ici à l’occasion du 4ième centenaire de la fondation de Québec. Dans la joie de cette première Eucharistie et en vue de ce rendez-vous historique,"

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la géopolitique
René Marcel Sauvé
dimanche 6 juillet, 2003 22:10

Géopolitique 101

Rappel de quelques notions de base.

Je sais que le sujet est difficile.

Je ne suis pas plus intelligent que personne d'entre vous et je vous avoue qu'il m'a fallu plus de 40 ans d'études et de travail sur le terrain avant de commencer à savoir ce que je faisais en géopolitique.

Je compte bien me montrer assez bon pédagogue pour que vous appreniez aussi rapidement que possible. Si vous avez des questions à poser, n'hésitez pas à me les demander. Je me ferai un plaisir de répondre.

La géopolitique n'est ni une théorie, ni un ensemble de théories ni une idéologie et encore moins une gnose.

Tout ce qui s'apparente à des théories n'est pas géopolitique, quoi qu'on en dise.

Ce sont les faits qui comptent en géopolitique et c'est dans le fait, au sens de fait accompli, qu'il faut travailler pour avancer. Mais la loi des faits est beaucoup plus rigoureuse que celles des théories et des formulations abstraites. Car le fait suppose le contexte à l'intérieur duquel il s'est constitué.

Remarquez que les mots que j'emploie n'ont rien d'euphorique, ni de métaphorique. Le langage de la géopolitique est simple mais la simplicité, qui est un principe fondamental en stratégie, est difficile à acquérir. Il n'est pas facile d'être simple.

La géopolitique est un outil de travail pour apprécier (au sens actif du terme, non pas analyser au sens philosophique du terme mais apprécier, au terme d'un  Acte de Présence par l'esprit de discernement, un problème humain d'envergure.

La procédure à suivre est concrète, elle n'est  pas une méthode au sens abstrait et philosophique du terme. Elle a pour objet de trouver des solutions réalisables, valables, hardies et non dépourvues d'originalité.

La géopolitique est tout le contraire d'une utopie.

Elle a peut-être le grand défaut de vouloir se couper les ailes pour se donner plus de jambes, mais on peut y remédier par une connaissance accrue des principes universels de l'action. En parlant d'ailes, il faut éviter de faire comme Icare, qui vole trop haut avec ses idéaux et qui finit par se brûler les ailes (justement) et tomber brutalement par terre.

Pour augmenter ses possibilités (pas des chances, ce mot est étranger au vocabulaire de la géopolitique et de la stratégie) de réussir, elle s'appuie sur des principes qui ont fait leurs preuves (pas des théories abstraites mais des principes, ce qui est tout autre chose).  En somme, la géopolitique est pratico-pratique. Elle trouve son idéal dans le réel concret et vécu à chaque instant, non dans l'abstrait et l'angélisme qui donne bonne conscience à rabais.

Importance du principe de réalité.

Ce principe était bien connu des Grecs, mais les modernes y ont substitué l'idée pour l'idée et ont abouti à des monstruosités qui nous hantent et vont nous hanter longtemps encore. Si vous voulez élaborer davantage sur cette question fondamentale, je vous recommande la référence actuelle suivante:
Carlo Ginzburg
Rapports de forces.
Histoire, rhétorique et preuve
Hautes Études
Gallimard/Seuil
Paris, janvier 2003 pour la traduction française. La première édition, en italien formel, est parue en 2000.

Il s'agit d'un travail rigoureux, qui expose le problème de la loi naturelle des faits confrontés au langage.

L'auteur explique les contiguïtés très fréquentes entre les faits tels qu'ils se sont produits et les mots employés pour les exprimer. Il est bien entendu que les Grecs connaissaient ces contiguïtés et ont tenté d'y apporter remède dans les règles qui régissent la langue ancienne grecque, connue pour sa précision et sa clarté. Le latin a été une deuxième tentative de s'exprimer en fonction des faits et des preuves et non de spéculer pour le plaisir de crâner pour crâner, comme le fait le monde occidental depuis l'ère des philosophes.

La loi des faits.

La loi des faits et le principe de réalité qui a préoccupé la psychanalyse moderne, à partir de Freud, révèle un seul et même problème fondamental: celui de l'effectivité du langage.

Nous parlons et écrivons trop et mal et plus souvent qu'autrement pour ne rien dire de valable.

D'autre part, nous ne portons pas suffisamment attention au réel qui nous entoure, de sorte que nous nous condamnons nous-mêmes à nous enfermer dans une coquille vide, que ne rempliront pas les lectures et les cours les plus savants.

Nous avons encore à apprendre à être-là et à être-avec et c'est tout le problème de la psychiatrie contemporaine (et de la géopolitique) qui apparaît sous ces deux formules simples, à la fois ontologiques et épistémologiques.

Curieux que ce soit une majorité de gens "instruits(sic)" qui aient le plus besoin du psychiâtre ou du psychanalyste. Serait-ce qu'ils ont été mal instruits? Qu'il aurait été préférable de ne pas avoir d'instruction du tout que de sombrer dans la confusion mentale et la dépression, causées par l'absence de réalisme élémentaire dans le langage et dans le propos?

Voilà autant de questions d'ordre épistémologique qui préoccupent les sciences actuelles et les disciplines humaines et humanistes. C'est aussi le premier problème de la géopolitique.

La solution ne viendra pas des universités, sclérosées par l'enfermement dans des modèles inattaquables sur le plan logique, mais qui ont  peu de rapports avec le concret. Elle viendra d'ailleurs.

J'ai brièvement mentionné que les travaux anciens et les classiques ont plus de valeur pour les études géopolitiques que les auteurs modernes. Non que les modernes soient complètement de travers mais leurs méthodes sont souvent, pas toujours mais souvent,  trop théoriques, trop idéalistes et trop éloignées du réel. Pourquoi? Parce que les modernes refusent de voir la transcendance qui fait partie du réel, croyant au contraire que la perfection du monde viendra de quelques grands idéaux.

Le principe qui gouverne la perfection du monde est présent chez vous, là où vous êtes, à l'heure que vous êtes en train de vivre. Dommage que vous ne le voyez pas et que vous soyez portés à aller chercher ailleurs.

Car vous ne le trouverez pas ailleurs. Certes, vous pourrez y trouver quelques leçons utiles, mais c'est par l'Acte de Présence dans le réel que vous ferez les plus grands progrès, pas les plus spectaculaires, mais les plus réels et les plus vrais.

Voilà le point de départ de la géopolitique et de la stratégie, de même que les principes sur lesquels elle appuie son action.

Nous reviendrons encore une fois sur les caractéristiques du réel, par rapport au virtuel, confronté au problème de la perception et de la représentation.

N'hésitez pas à communiquer pour dire ce que vous comprenez, ce que vous ne comprenez pas et ce que vous aimeriez voir développer davantage.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Importance de la géopolitique
José Fontaine
lundi 7 juillet, 2003 11:31

Nous avons eu la chance de rencontrer Yves Lacoste qui est le fondateur de la géopolitique française à travers la revue HÉRODOTE.

Il nous a expliqué la différence qu’il ya avait entre la géopolitique et la science.

Pour lui, le meilleur mot qui désigne la géopolitique est le mot “savoir”.

Il n’aimait pas les modèles mathématiques permettant par exemple de comprendre la situation des villes sur la Méditerranée occidentale. Pour lui ce genre de chose ne servait à rien.

L’une des plus grandes choses qu’il m’ait dite par rapport à la Wallonie c’est que la Wallonie est difficile à penser pour la France car, quoique de langue française très bien assimilée, elle n’est pas en France. De sorte que c’est un pays à la limite impossible car si la Wallonie est française, elle ne l’est pas du fait d’une francisation opérée par la France (les colonies françaises qui ne sont pas des colonies de peuplement) ou parce que ses habitants viendraient de France comme les Québécois.

Alors, c’est un tabou et d’autant plus un tabou que la France tend, dans es objectifs nationaux, à conquérir la Belgique (dans sa marche vers le Rhin, ou les “frontières naturelles” qui est sans doute un mythe mais qui a été opérationnel).

Il en va de même pour la Suisse romande.

Je dis cela car les Québécois n’ont pas le même rapport à la France que nous ou les Suisses romands.

Et aux yeux des Français, il est presque anormal que nous existions. Bien que les choses changent. On le sent.

Par exemple, le Tour de France qui est plus qu’un événement sportif en France qui est un événement à travers lequel la France se donne en spectacle à elle-même (qui agit dans la représentation géopolitique de la France), eh bien! ce Tour de France restera cinq jours en Wallonie l’an prochain. Jamais, dans aucun pays d’Europe (où va parfois le Tour de France), le Tour de France ne sera resté aussi longtemps. Pour la Wallonie, ce sera une occasion de se donner en spectacle à la France.

La chose a été rendue possible en partie au moins par le fait qu’il y a un État wallon qui peut soutenir ce projet financièrement. D’ailleurs le Tour de France ne viendra qu’en Wallonie. Il n’ira ni en Flandre ni à Bruxelles. Et je trouve que c’est mieux ainsi, du moins du point de vue des relations publiques, ce n’est pas par exclusivisme que je le dis.

À chaque fois que je m’adresse aux Québécois, je me dis qu’on devrait mieux se connaître “nous tous les deux” aussi...

José Fontaine

PS: Par exemple, je me dis que la Wallonie peut avoir un rôle – modeste – dans l’aide à apporter au Québec.

Il m’a semblé quand Landry était venu en Europe en 2001 que l’Allemagne lui avait permis beaucoup de chose.

Chez nous, il s’était exprimé à la télé et cela ne m’étonne qu’à moitié car en Flandre aussi l’opinion est favorable au Québec (et donc  à son indépendance). Je dirais que même au Royaume Uni (qui a quand même permis une autonomie très poussée de l’Écosse), le fait qu’une partie de pays (exprimons-nous comme cela), réclame un statut particulier est quelque chose qui est favorablement envisagé, sauf peut-être en France mais en Italie, en Espagne, en Allemagne (pays fédéral), au Danemark  (dont se sont détachés le Groenland et l’Islande sans même parler de la diversité scandinave), la revendication du Québec est, je le crois, considérée comme légitime.

Bien sûr la France est aussi favorable au Québec car c’est un souvenir d’elle-même.

Et d’ailleurs les unitaristes belges francophones ne sont pas insensibles à la lutte québécoise mais ne soutiendraient certainement pas les indépendantistes. (Par “unitaristes”, je comprends ceux qui regrettent vraiment le passage de l’État centralisé belge à l’État fédéral et qui, je pense, ne sont plus très nombreux).

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Importance de la géopolitique
René Marcel Sauvé
mardi 8 juillet, 2003 12:18

Monsieur Fontaine,

Yves Lacoste a réalisé ce que Jules César avait compris deux millénaires avant lui: que la Belgique est la Belgique et la France est la France.

Même si elle faisait partie des Gaules, la Belgique était déjà à cette époque une entité distincte, par sa géographie et par les relations qu'elle entretenait avec son entourage immédiat.

Cette radicalité, qui n'a rien d'un déterminisme, est un élément fondamental dans le principe de réalité.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Réponse à RM Sauvé
José Fontaine
mardi 8 juillet, 2003 16:17

Cependant, la Belgique de César c’est un vaste pays englobant tout le Nord de la France y compris Paris (Lutèce à l’époque), donc s’étendant du Rhin à la Seine (il suffit de regarder les cartes dans un dictionnaire à l’article “Gaule”).

Mais évidemment, même des gens qui ne sont pas unitaristes, estiment que la Belgique a des racines nationales anciennes.

Personnellement, je pense cependant qu’elle contient deux peuples et deux nations.

Évidemment deux nations qui ont affaire l’une avec l’autre d’une manière complexe dans un lien de type confédéral, qui n’est pas encore totalement confédéral mais qui comporte des aspects vraiment confédéraux.

Personnellement, je ne me dis jamais belge mais wallon. Et cela notamment parce que, lors que (ce qui est rare, je le regrette), j’ai l’occasion d’assister à une réunion où l’on parle l’anglais, on me demande directement si je suis français. Or à cette question, la seule réponse adéquate me semble être celle que je fais. Car un Flamand parlant l’anglais ne sera jamais identifié à un Français. De plus je décline une identité fameuse pour une identité plus obscure.

Mais ceci n’est plus tout à fait de la géopolitique?

José Fontaine

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Réponse à RM Sauvé
René Marcel Sauvé
mardi 8 juillet, 2003 16:21

Vous n'aurez donc aucune difficulté à comprendre que nous ne sommes pas canadiens mais Québécois, monsieur Fontaine.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Québécois, pas canadiens
José Fontaine
mardi 8 juillet, 2003 17:56

Non, Monsieur René-Marcel Sauvé, si vous saviez!

Jusqu’au fameux “VIVE LE QUÉBEC LIBRE!”, on parlait de “Canadiens français” et puis ce cri nous a éclairés.

En plus, à l’époque – et cela demeure – j’étais ardemment gaulliste. Je le suis resté.

J’ai lu beaucoup sur le Québec, y compris sur les Forums.

Les années 1970 et 1980 ont été en Wallonie une époque où l’on raisonnait beaucoup entre militants wallons à partir du Québec, notamment cela a appuyé une revendication d’être considérés comme distincts de la France tel que vous le voulez pour vous-mêmes.

Aujourd’hui l’engouement pour le Québec est sans doute moindre mais celui des années antérieures n’était pas une mode passagère. Aujourd’hui, il faudrait repenser ces relations. Je n’ai aucun plan en tête. Je me contente de venir vous parler car c’est déjà une manière de se tenir par la main au-dessus de l’océan.

José Fontaine

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Québécois, pas canadiens
Daniel Couture
mardi 8 juillet, 2003 21:14

Enfin un gaulliste avoué, je n'en connaissais qu'un autre, André Frossard. Je ne peux pas être gaulliste, comme tel, mais je le suis de tout coeur. De Gaulle est un très grand homme, plus qu'on ne l'imagine d'ordinaire.

Dès la première phrase de ses mémoires de guerre j'ai su que De Gaulle était plus grand que ce que la France était devenue. "J'ai toujours eu une certaine idée de la France". C'est par cette phrase pleine d'humilité qu'il entame le récit du calvaire de l'occupation jusqu'à la libération qui n'en fut pas réellement une.

Cette idée de la France du Général est la même que celle que j'ai du Québec. Car le Québec, c'est la Fille de la Fille ainée de l'Église. Tout l'héritage du baptême de Clovis rejaillit sur le Québec. Si ce sont les guerres qui façonnent l'histoire, ici-bas, sur cette terre d'exil, elles ne sont que des faits obéissant à des lois qui n'altèrent en rien les principes de l'axe inflexible de la Détermination divine qui ramène tout à l'unité.

Un État, une Nation, un Peuple n'est grand que dans la mesure où il concourre à l'unité des États, des Peuples, des Nations. L'unité n'est pas l'uniformité. L'unité est formée par la participation librement solidaire à l'harmonie des éléments distincts qui composent un ensemble de personnes ou de peuples. L'uniformité, c'est le nivellement totalitaire comme dans l'URSS ou l'unilatéralisme de la dictature financière comme les États-Unis le font actuellement pour le monde.

De Gaulle, quand j'y pense!

Le pauvre homme ne pouvait pas faire grand chose. Mais il a quand même beaucoup fait... La France a conservé le prestige de son vin et de son fromage, Paris reste Paris... Mais quel homme nous a-t-elle donné depuis la deuxième grande guerre? La moisson est maigre. Ne me parlez pas des artistes, ni des savants ou des philosophes, un grand homme, une grande femme, c'est un saint, une sainte. Regardez l'histoire de la France, comme elle en a produit de ces grands hommes! Je pourrais en nommé cinquante de mémoire absolument illustre qui ont réellement infléchit le cours de l'histoire. Mais voilà, la France a renié les promesses de son baptême. Non, De Gaulle ne pouvait pas faire grand chose, j'aurais voulu qu'il fut martyr, mais rien n'aurait changé, il semble bien que trahir un si grand héritage, un divin héritage soit sans repentance.

En tout cas, eu égard à la géopolitique, le monde arabe commence à se réveiller.

La "vraie France" aurait été le meilleur instrument de paix. Comme elle est devenue, elle ne peut rien faire. Ce qu'elle a fait dans la récente guerre en Irak montre très bien que la France est à côté de ses pompes, emberlificotée dans une querelle de mots recherchant le côté glamour des choses. PFFEUUHH! Méprisable.

Si Bush avait dit qu'il voulait faire comme en Yougoslavie.... au lieu de la "rhétorique de la menace par les armes de destructions massives" on l'aurait suivi (Bernard kouchner)...  Bush n'a pas cessé de dire qu'il voulait libérer les Irakiens, mais son discours n'était pas glamour. Sa rhétorique n'était pas cosmétique, elle était réaliste. Mais au lieu de voir que son discours n'était pas sophistique parce qu'il était sincère, on s'est empressé de penser que l'équipe Bush était composée de triple cons impérialiste sans vision aucune. Et le pétrole? Allons donc, ce n'est même pas sérieux... Comme si le rôle des Américains étaient facile à jouer, et comme s'ils ne faisaient bénéficier personne de leur statut de leader mondial. Ah! la petitesse de l'envie qui rend aveugle.

Cependant, je dois le préciser pour ceux qui ne lisent pas entre les lignes, les Américains ne seront jamais l'instrument de paix dont la Communauté des peuples a besoin, la cohésion du peuple melting-pot américain est beaucoup trop molle, de toute manière leur empire est rongé par l'immoralité.

À bientôt

Daniel Couture
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Québécois, pas canadiens
René Marcel Sauvé
mercredi 9 juillet, 2003 09:43

Voici quelques éléments concrets et importants du point de vue stratégique.

Le gouvernement fédéral a versé plus de $39 millions à quelque 4 000 fonctionnaires pour la "qualité" de leur performance, qui signifie autant de mesures pour justifier l'augmentation des pouvoirs du gouvernement central et en particulier la mise en place d'un système pour détruire au Québec toute tentative de poursuivre sa progression vers le statut d'État, de droit (de jure) comme de fait (de facto).

Deuxième élément: les propositions de Jean Charest et Benoît Pelletier aux provinces pour la "création" d'un Conseil de la Fédération ne peuvent venir que tout droit de la bureaucratie fédérale et de ses tentatives répétées d'instaurer le centralisme unitaire en permanence partout au Canada, grâce au Québec "redevenu fédéraliste".

Cette fois, les provinces prennent leurs distances. La bureaucratie, il y en a déjà trop. Deux gouvernements, un à Ottawa et l'autre dans la province, il faut trancher maintenant et décider d'en éliminer un, celui d'Ottawa.

La "Constitution" canadienne est un noeud gordien qu'on ne pourra dénouer que par une solution radicale. En attendant le moment, les provinces reculent devant les propositions d'Ottawa et de son valet du Québec, Jean Charest.

Il est évident pour tout le monde maintenant que les pays les mieux gouvernés et qui jouissent du niveau de vie le plus élevé sont les États modestes: Norvège en tête (indépendante de la Suède depuis 1905, au prix de trois référendum difficiles et bloqués par les milieux d'affaires), Islande (indépendante du Danemark depuis 1948), Irlande du sud, indépendante de l'Angleterre depuis 1921, au prix d'une guerre féroce, Hollande (Pays-Bas), qui a finalement pris ses distances par rapport aux Habsbourg et, ce qui est encore plus surprenant, la Navarre, ou Pays Basque espagnol, qui jouit du plus haut niveau de vie en Europe, malgré une guerre civile qui dure et perdure et aboutira avec l'indépendance totale par rapport à l'Espagne.

On peut effectuer un examen critique de toutes ces données, sur la base des principes universels de l'action:

1. Dans le monde complexe où nous sommes plongés, appelé à devenir encore plus complexe, il est plus facile aux entités géopolitiques modestes d'apprécier correctement et rigoureusement les contextes et situations qui se présentent et d'éviter les manipulations de la part de lobbies qui veulent réduire la politique à leurs intérêts particuliers.

2. La confiance est plus facile à gagner et à maintenir dans une société où tout le monde se connaît que dans une autre dominée par la loi inique de la masse et d'une bureaucratie inerte. (Principe de maintien du moral)

3. Il est plus aisé de déterminer des objectifs praticables et réalisables dans une société aux dimensions humaines, comme celle de l'État naturel du Québec, que dans une société massive, centralisatrice et unitaire, exposée à basculer dans l'utopie.

4.  Il est plus aisé de concentrer l'effort au bon moment et au bon endroit dans une société aux dimensions humaines que dans une organisation de masse.(Principe de concentration de l'effort dans l'espace et dans le temps)

5. Le principe d'économie de l'effort, qui consiste à obtenir le maximum de résultats avec un minimum d'efforts et de dépenses de moyens, est plus facile à mettre en pratique dans un pays où tout le monde se connaît que dans une organisation massive et abstraite.

6. Le principe de souplesse est également plus facile à mettre en pratique, car la souplesse signifie qu'il ne faut pas compromettre les objectifs proposés, tout en s'adaptant aux imprévus.

7. Le principe de simplicité, difficile à mettre en pratique, devient possible dans une société aux dimensions humaines, où l'essentiel est aisément identifiable.

8. Le principe de sécurité, beaucoup plus facile à mettre en pratique avec un minimum d'efforts, sans basculer dans la paranoia, comme c'est le cas pour les organisations anonymes de masse, qui finissent pas dépenser des fortunes inutiles pour leur "sécurité" devenue un fardeau collectif et une source d'irritations.

9. La coopération est plus aisée à obtenir lorsque tout le monde se connaît et sait effectivement en qui on peut avoir confiance que lorsqu'on fait affaire avec des inconnus, comme c'est le cas dans des organisations de masse.

10. La coordination est plus aisée à réaliser dans un État aux dimensions naturelles, que dans un immense État bureaucratisé à l'extrême et écrasé par sa propre lourdeur.

11. Il est plus aisé de faire face à l'adversité pour une petite société bien gouvernée que pour une autre écrasée par le poids de sa propre administration. D'où la mise en pratique du principe de surprise, qui consiste à placer convenablement l'adversaire devant le fait accompli, sans pour autant adopter des mesures délétères à son égard. Car l'adversité est là pour durer et il est important d'en prendre conscience afin d'en prévenir les effets pervers. Certes, la coopération est un autre principe mais dans l'action, tous les principes se tiennent comme les doigts d'une main, de sorte qu'il est toujours nécessaire devant l'adversité, qu'on doit identifier correctement et rigoureusement, de savoir mettre l'adversaire à sa place sans le détruire ni lui nuire dangereusement.

12. Administration et logistique. Regardez la carte du Québec. Regardez la carte des États qui réussissent, Il est évident que la mise en pratique du principe d'administration et de logistique est beaucoup plus réalisable dans un territoire aux dimensions connues et contrôlables, plutôt que dans un territoire immense que personne ne peut desservir avec efficacité, à court terme et effectivité, à long terme.

En conclusion, on voit  que la géopolitique et les principes universels de l'action ne sont ni des idéologies ni des utopies et que c'est à partir d'événements concrets comme ceux que je viens brièvement de mentionner qu'il faut développer nos thèses et préparer la venue au monde de notre propre État, qui existe bel et bien comme fait accompli mais que nous n'avons pas encore assumé, parce que nous sommes habitués à l'inféodation et la soumission servile et avons peur de décider. (lire à ce sujet le texte sur le malheur par Simone Weil).

Il ne faut pas attendre que les événements décident pour  nous, ce qui nous exposerait à des désordres et des situations potentiellement explosives que nous voulons éviter.

René Marcel Sauvé

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'importance de la géopolitique
René Marcel Sauvé
mercredi 9 juillet, 2003 16:58

Pour Béatrice Nadeau,

Vous écrivez: La loi de la présence. Permettez-moi de corriger car il s'agit de l'Acte de Présence, ce qui est autre chose.

Vous écrivez; Vivre dans l'instant présent. Je corrige car il s'agit d'être présent dans l'instant, ce qui est beaucoup plus exigeant que de profiter d'un bon moment.

Je vous invite à faire la différence entre moment et instant.

Le moment est furtif. L'instant s'inscrit dans une continuité qu'il prolonge.

Par exemple, il est 1652h ce mercredi 9 juillet 2003. Ce qui est en train de se produire et qui vous incite à agir d'une manière ou d'une autre, en fonction de ce qui était, de ce qui est et de ce qui vient, voilà ce qu'on appelle l'instant. Cet instant est chargé d'instances.

Surgit une occasion inattendue et vous sautez dessus afin de prendre un bon moment en dehors de toute continuité ou préoccupation, c'est le moment et non l'instant.

La parole par exemple peut n'être que l'exploitation d'un moment donné et elle peut aussi être une instance déterminante. en ce sens qu'elle incite à l'acte.

Le principe universel qui régit l'agir humain est aussi une instance, puisqu'il s'inscrit dans une continuité.

J'attire sommairement votre attention sur ces aspects de la métaphysique qui nous intéressent tous et dont nous avons besoin de connaître pour agir à la fois avec efficacité et effectivité.

René Marcel Sauvé

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