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Le Canada de l’an 2000
ou variations sur un  pays impossible

N.B. :
À l’occasion du Ier juillet, cette série de textes
veut illustrer comment et combien le Canada est incompatible
avec les revendications naturelles et historiques
du peuple québécois.
 

Un véritable tombeau pour la langue française
Premier d'une série d'articles

         par Gilles Rhéaume
Mouvement Souverainiste du Québec
Institut d’études des politiques linguistiques
26 juin 2000

Parmi les nombreuses raisons québécoises de quitter la galère canadienne, celles qui découlent de la question linguistique sont les plus impérieuses.  La place et l’avenir de la langue française interpellent toutes les consciences et commandent l’attention et l’engagement de chacun… Le versant sociolinguistique de la question nationale est au cœur des aspirations québécoises les plus naturelles, les plus légitimes et les plus criantes… L’histoire de la langue française au Canada et au Québec est celle d’une résistance séculaire aux assauts aussi répétés que systémiques d’une majorité hostile aux besoins de sa minorité que les aléas de la politique française d’Ancien Régime ont complètement abandonnée et trahie !

Quiconque prend le temps de se pencher quelque peu sérieusement sur les données de cette problématique spécifiquement linguistique ne peut qu’adhérer aux conclusions qui s’imposent d’elles-mêmes tellement le portrait qui s'en dégage est d’une irréfragable luminosité, d’une saisissante acuité et d’une désolante et irréversible fatalité.  Il y a au Canada une telle désintégration des communautés francophones, un tel cadenas sur la francisation de ces sociétés et un tel blocage sur l’évolution  naturelle de celles-ci qu’il est étonnant que ce secret soit encore parmi les mieux gardés qui soient.  Toutes les institutions canadiennes, Radio-Pravda et RDI au premier chef, entretiennent, chaque jour, l’illusion d’un Canada accueillant pour les Francophones.  Pourtant les faits et les chiffres rendent caduc tout optimisme.  La langue française au Canada est dans un état sociolinguistique pitoyable.

La désintégration des communautés francophones

La langue est une institution sociale qui préexiste et survit aux individus.  Elle est un bien social nécessaire au développement des personnes.  Elle est transmise aux individus par le groupe comme une clé, un instrument et un outil.  En principe et par définition, la langue est un atout qui enrichit l’individu et lui permet d’évoluer au sein de sa communauté, de subvenir à ses besoins fondamentaux et de s’épanouir culturellement et politiquement…   Voilà pourquoi la territorialité linguistique est une des colonnes de la vie sociale et voilà aussi pourquoi  tous les peuples de la terre adoptent les mesures qui s’imposent afin d’assurer la pérennité de leur langue en toutes circonstances.  Qu’en est-il au Canada ce fossoyeur des droits linguistiques naturels?

Le Canada est un pays anglophone.  Partout dans toutes les provinces la langue anglaise est la langue du développement et le français celle d’une minorité dépossédée de son être linguistique.  Les taux d’assimilation ont largement dépassé le point de non-retour.  Les générations montantes sont anglicisées.  Les Francophones unilingues sont des handicapés sociaux dans leur propre pays.  L’intolérance, le mépris et l’arrogance de la majorité anglaise ne sont que les conséquences logiques d’un linguisticocentrisme dont les ravages sociaux ne se comptent plus.  L’Ontario est un véritable tombeau pour les francophones de cette province.  Ostracisée comme elle l’est depuis toujours, la communauté de langue française la plus importante en nombre hors du Québec connaît les affres d’une domination et d’une sujétion qui est en parfaite contradiction avec les droits linguistiques fondamentaux les plus universellement reconnus.  Nous reviendrons sur la Déclaration de Barcelone qui est le point culminant. Personne ne s’émeut des droits des francophones.  Ce ne sont pas les sursauts de la Commissaire aux langues officielles du Canada qui peut changer quoi que ce soit aux tendances lourdes de cette pseudo fédération. La fermeture de l’Hôpital Montfort, seul centre francophone de son genre au Canada anglais, le refus qu’Ottawa, la capitale nationale du Canada, pays qui pourtant se prétend bilingue, de reconnaître un statut officiel au français, ne sont que les exemples les plus frappants du racisme de cette première province canadienne en importance dont l’ultranationalisme et la discrimination sont devenus proverbiales tant l’outrecuidance en est le tissu.

Le Nouveau-Brunswick a opté pour un bilinguisme de façade qui se veut anesthésique.   Les sociétés bilingues n’existent pas ailleurs que dans la mythologie canadienne. Les Acadiens, dont l’histoire est celle d’un peuple martyr, sont pris en otage par une politique qui vise leur distanciation de leurs cousins québécois qui leur sont présentés comme des impérialistes sans vergogne.  La vitalité et la solidarité qui les caractérisent leur permettent toutefois de survivre et de résister tant bien que mal aux efforts assassins de la majorité anglaise.  Leur minimisation est absolue…  Ottawa se sert d’eux contre le Québec.  La France est aussi d’une inconsistance déconcertante en se faisant l’alliée voire la complice de cette vaste et perverse magouille…

Les autres provinces maritimes ont presque achevé l’assimilation des communautés francophones.  Des décennies de combats acharnés pour obtenir une simple école.  Pendant ce temps l’érosion linguistique est affolante…

L’Ouest canadien est encore pire dans  ses visées assimilatrices et ses politiques d’atomisation du fait français.  La Colombie-Britannique, la Saskatchewan, l’Alberta et le Manitoba ont une histoire sociolinguistique qui les disqualifie tellement les mesures racistes jalonnent le vécu de ces provinces anglaises.

Statistiques Canada est une autre instance de cette désinformation.  En effet, le Canada, tout comme le faisait l’Union soviétique, travestit la réalité sociologique pour satisfaire ses diktats idéologiques.  Les questions posées lors du prochain recensement sont adoptées par le gouvernement canadien.  Incroyable mais vrai !  Les données statistiques sont devenues des instruments de camouflage de la réalité sociolinguistique des Francophones du Canada et du Québec…

Le Québec est sociolinguistiquement prisonniers d’un régime constitutionnel qui lui interdit d’être lui-même.  Ce sera le sujet du prochain texte alors que nous nous pencherons sur le cul-de-sac dans lequel le Québec français est encarcanné au nom du droit et de la force du nombre…  A suivre.

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Le Canada est un tombeau pour la langue française
Deuxième partie

La constitution canadienne
est un cul-de-sac pour le Québec français
 

Par Gilles Rhéaume
Mouvement souverainiste du Québec
Institut d’études des politiques linguistiques
27 juin 2000


Une des principales sources du blocage linguistique que subit le Québec français réside dans le texte même de la constitution canadienne.  Ce blocage le prive de vivre pleinement sa réalité linguistique au nom d’un ordre sociolinguistique qui lui est étranger et hostile, contraire à ses droits et réducteur de ses aspirations les plus légitimes.

En vertu de ce texte de type impérialiste du British North America Act et du Canada Bill, seul le Québec, de toutes les provinces canadiennes, est contraint depuis 1867 d’appliquer sur son territoire un bilinguisme intégriste qui l’oblige à réduire la place de sa langue nationale dans les rapports sociaux de type institutionnel.  Le Nouveau-Brunswick qui s’est voulu officiellement bilingue ces récentes années connaît une toute autre réalité sociolinguistique sur lequel il faudra revenir…

Depuis 1760 le peuple québécois est dépossédé des instruments de son épanouissement linguistique.  Ce colonialisme linguisticocentriste a rendu obsolète la connaissance et l’usage de la langue d’un peuple installé en Amérique du Nord depuis bientôt un demi-millénaire.

La loi canadienne interdit au Québec d’appliquer sa Charte de la langue française puisque deux principes sociolinguistiques s’affrontent sans cesse générant ainsi un déséquilibre social qui provoque des conflits sociaux qui  détruisent les droits linguistiques naturels du Québec français.

Le droit linguistique canadien est un archaïsme

La constitution canadienne et la loi sur les langues officielles qui en est le modèle ont retenu le principe dit de la personnalité alors que la Charte de la langue française du Québec s’inspire de celui dit de la territorialité.

Le principe de la personnalité est une séquelle de la préhistoire juridique alors que le droit des gens, le jus gentiles, qui est antérieur à la modernité.  Un anachronisme qui ne se retrouve maintenant que dans quelques sociétés.  La presque totalité des États du monde appliquent le principe de la territorialité des langues.  Du temps ou les changements de monarque étaient monnaie courante le droit des gens autorisait les peuples à conserver leurs droits domestiques et historique malgré l’arrivée d’un nouveau suzerain.  Ainsi un roi ou un empereur devait appliquer plusieurs droits sur son territoire.  C’était bien avant que les États modernes ne soient constitués et ne soient déterminés par les lumières de la raison démocratique.  Le Canada, malgré le caractère périmé et passé date de cette option, a voulu l’institutionnaliser assurant ainsi la pérennité de son linguisticocentrisme qui fait de la langue anglaise la lingua franca de tout le Canada et laissant ainsi la partie congrue au Québec français.

En vertu du droit linguistique canadien au Québec le français et l’anglais sont sur un pied d’égalité ce qui fait que la majorité française n'a pas le choix de la deuxième langue.  Ce qui est exceptionnel dans le monde.  Même les Belges ne sont pas tenus d’apprendre obligatoirement l‘autre langue officielle de ce royaume.  Ils peuvent choisir leur deuxième langue apprise.  Cette liberté nous est refusée au Québec au nom de ce fameusement triste linguisticocentriste canadien qui bloque les horizons sociolinguistiques de tout un peuple.

Le droit linguistique québécois, un droit inachevé

La Charte de la langue française qui détermine le droit linguistique québécois a choisi la modernité de la philosophie sociolinguistique en privilégiant le principe de territorialité des langues comme la presque totalité des États de droits du monde.  Cela n’exclut pas les autres langues.  Au contraire cela  avantage leur floraison créatrice d’une façon beaucoup plus féconde et beaucoup plus riche que ne le fait le droit politique canadien tout appauvrissant qu’il est de la diversité linguistique du monde actuel.

La loi 101, la Charte de la langue française du Québec, ne peut donc pas s’appliquer tant et aussi longtemps que le Québec demeurera une province canadienne.  La constitution canadienne ne lui permet pas de s’ouvrir vraiment aux autres langues de l’univers qui devraient etre mieux enseignées dans les écoles.  Le Québec prescrit l’enseignement de l’anglais des toutes premières années du primaire et ce, jusqu'au terme des études collégiales.  Cela n‘existe nulle part ailleurs au monde…  La refrancisation du Québec passe par le bris du lien confédéral. Seule la souveraineté ouvrira la porte de cette normalisation sans laquelle la louisianisation du Québec serait irréversiblement le lot de tout un peuple…

Qui plus est, les tribunaux, tous contrôlés par le pouvoir politique canadien sont réfractaires aux objectifs du Québec français.  Tous les chapitres de la loi québécoise ont été charcutés par la main judiciaire dont les magistrats sont nommés arbitrairement par Ottawa.  Les juges sont le plus souvent des amis du pouvoir canadien.  Leur hostilité aux aspirations légitimes du peuple québécois est gage de leur avancement dans la magistrature…

La loi linguistique du Québec est totalement asservie aux diktats du Canada.  Ce qui trouble les perceptions et empêche le Québec de connaître la liberté linguistique…  Il faut relire l’histoire de l’union soviétique pour trouver un linguisticocentrisme aussi pervers que celui du Canada…

Les tendances mondiales en matière de droits linguistiques

Qu’en est-il des tendances actuelles dans le domaine de la sociologie des politiques linguistiques ?  La Déclaration de Barcelone de 1996 et les nouvelles législations des États seront l’objet d’un prochain texte.

Commentaires et questions :

gilles_rheaume@moncourrier.com

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Le Canada est un tombeau pour la langue française  III

Quand l’ignorance des réalités sociolinguistiques fait loi

Par Gilles Rhéaume
Mouvement souverainiste du Québec
Institut d’études des politiques linguistiques
28 juin 2000


Il y a quelques jours encore une fois les francophones de ce pays raciste qu’est le Canada ont été humiliés et méprisés en Colombie-Britannique alors que les élèves ont été expulsés d’une école anglaise.  En l’an 2000 il est simplement abominable que de tels méfaits puissent encore se produire.  Il faut écrire encore car cela n’est pas un cas isolé.  Trois fois hélas !  Toutes les provinces anglaises sans exception ont eu et souvent ont toujours ce type de comportement animé par un ultranationalisme qui déshonore ses auteurs et marque au fer rouge tous ceux qui n’adhèrent pas au linguisticocentrisme d’un régime qui n’en finit plus de persécuter les parlants français.  Tous les domaines de l’activité sociale sont affectés de cette maladie mentale d’un nationalisme frileux qui marginalise tout ce qui n’est pas pareil.  Honte au Canada !  Honte aux dirigeants de cette dictature linguistique, honte aussi aux artisans et aux complices de ce détournement de la justice naturelle !

Qu’en est-il ailleurs de par le monde ?

Pendant longtemps les adversaires du Québec français ont répété les pires faussetés sur les situations linguistiques qui règnent un peu partout sur la planète.  Tout a été dit afin de disqualifier les efforts de l’État québécois pour que la langue de son peuple reprenne le statut qui lui revient de droit, de jure.  Parmi les énormités les plus diffusées celles concernant les politiques linguistiques des États ont laissé des traces indélébiles y compris dans les consciences des responsables politiques les plus aguerris…  Évoquons certaines d’entre elles avant de s’attarder aux tendances sociolinguistiques actuelles.

1- Il serait contraire aux pratiques des États que d’intervenir dans le domaine du statut des langues

Combien de fois n’a-t-on pas entendu répéter par les ténors du Non au Québec que les politiques linguistiques étaient contraires aux pratiques historiques ?  Pourtant l’Empire romain a eu bel et bien des politiques linguistiques dûment enregistrées qui ont voulu faire du latin la langue officielle.  Et que dire de la France de la renaissance qui a voulu imposer le dialecte de l’Île-de-France afin de suppléer aux difficultés générées par l’usage des milliers de patois du Royaume !  La Révolution française aussi, sous l’inspiration de l’abbé Grégoire est allée dans le même sens.  Napoléon a lui aussi mis sur pied des politiques linguistiques partout où son empire s’est déployée.  En Angleterre, en Irlande, en Écosse, aux Pays-Bas et en Espagne il en fut également de même.  L’histoire de l’humanité est truffée de ce type d’interventions.

Pourtant  les adversaires du Québec français, dont de nombreux éditorialistes et chroniqueurs d’une presse trop souvent ignorante de ces questions, ont fini par culpabiliser le peuple québécois qui en garde encore des séquelles…  Tous les pays de la terre ont des politiques qu’elles soient patentes, officielles ou encore qu’elles soient le fait de pratiques séculaires.  Même les magistrats canadiens sont ignares de ces choses tout aveuglés qu’ils sont de leur suffisance nationaliste, tout serviles qu’ils sont aux diktats du régime.  En prétendant faussement que le Québec faisait exception avec ses lois linguistiques, ces apôtres du mensonge ont voulu empêcher tout un peuple de vivre chez lui dans sa langue.
 


2- La Belgique a bien deux langues officielles et la Suisse trois officielles et quatre sont nationales alors le Québec pourrait bien être bilingue

Ici encore rien n’est plus pervers que ce sophisme des forces du Non au Québec.  D’abord en Belgique il y a trois communautés linguistiques et non pas deux.  La flamande ou la néerlandaise, la française et aussi l’allemande dans les Cantons de l’Est.  Mais chacune de ces régions est unilingue.  Parfaitement unilingue !  En pays flamand tout est en néerlandais partout.  L’école, les tribunaux, l’administration et tout le reste aussi.  Il en est de même en Wallonie avec le français.  Les camions de la poste sont unilingues que ce soit à Liège, Namur ou Charleroi.  Il n‘y a que Bruxelles qui soit bilingue et c’est la source de grandes tensions entre les deux principales communautés…

En Suisse c’est exactement pareil.  Les cantons sont unilingues.  L’État fédéral répond aux lettres qui lui parviennent dans la langue de l’adresse postale du correspondant.  Il y a bien quelques coins bilingues mais la territorialité linguistique est la colonne de la Confédération helvétique.

Rien de cela dans les propos dévastateurs des adversaires du Québec français.  Aucune nuance dans leur rhétorique, que du mensonge.  Tout semble permis pour réduire la place et le statut du français au Québec.

Les experts québécois de ces questions que disent-ils devant autant d’insanités ?

Un silence complice caractérise ce quarteron.  Afin de ne pas déplaire aux pouvoirs établis, ils optent trop souvent pour un mutisme total.  La liberté académique leur permettrait pourtant de relever et de dénoncer ces contrevérités.  Au Québec défendre le fait français est un handicap…  Il est plus facile de dénigrer les efforts de refrancisation.  Cela est mieux vu.  Partout y compris dans les officines les plus autorisées…  Le savoir en ce domaine, comme en beaucoup d’autres, est carrément méprisé au nom d’un snobisme grossier et primaire.  Personne ne semble vouloir se pencher sur ce qui se passe ailleurs.  L’ignorance et la servitude font mieux que la connaissance et la liberté…

Alors que de plus en plus de peuples de la terre œuvrent à la consolidation de leurs réalités linguistiques, le Québec se vautre dans une attitude suicidaire héritée d’un colonialisme éhonté…  Rien n’est ménagé pour s’assurer que les Québécois s’anglicisent…  L’éducation au premier chef est devenu un lieu d’anglicisation généralisé.  Au lieu de favoriser la connaissance de plusieurs langues, l’école et le Cegep sont les foyers d’une uniformisation aussi bête qu’idiote.  En parcourant les cursus académiques des pays du monde, il est pourtant aisé de constater combien le bilinguisme intégriste, celui contraint tout un peuple d'apprendre la même deuxième langue est exceptionnel pour ne pas dire rarissime.  Rien n’est plus triste que cette véritable déchéance linguistique qui ne peut qu’appauvrir le Québec français tellement il est inspiré par une ignorance crasse et une idéologie perverse !

Le Canada est le fossoyeur de la langue française.  Le Québec ne doit pas, ne doit plus s’encrasser dans un bilinguisme aussi assassin, aussi glottophage que celui que nous connaissons depuis trop longtemps…

Les États-Généraux de la langue française sur lesquels nous reviendrons doivent être autre chose qu’une tombola !

Le nom de Charles Taylor  en tant que commissaire  n‘a rien pour rassurer.  C’est lui qui a dit que la loi 101 était de l’hystérie !  Voilà le type d’homme qui plaît aux autorités !!!

Pauvre Québec français !  Que sont tes amis devenus ?

gilles_rheaume@moncourrier.com

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Le Canada de l’an 2000
ou variations sur une pays impossible
Quatrième partie

Le Canada est un tombeau pour la langue française
 

La tendance mondiale du droit linguistique

Par Gilles Rhéaume
Mouvement souverainiste du Québec
Institut d’études des politiques linguistiques
1er juillet  2000



Le peuple québécois est ouvert sur le monde.  Il en a toujours été ainsi.  Les sirènes du vieil âge colonial sont prisonnières de leurs chimères discriminatoires.  Sa géographie et son histoire  font foi au contraire d’une constante aspiration vers les autres peuples.  Le Québec fait partie du monde.  Il a sa place. Au sein de la Francophonie son action est déterminante et au sein des organisations de langues latines sa présence est reconnue et appréciée.  En Europe ses partenaires sont nombreux et aussi ses alliés.  Au sein même du Commonwealth anglais l’Irlande et l’Écosse sont des amies. En Afrique et en Asie on retrouve aussi de précieuses affinités.  Le Québec et le monde se ressemblent.  Au  regard de la question linguistique il faut que cet intérêt se déploie davantage.  Tous les pays font face aux nouvelles réalités sociolinguistiques.  La globalisation des rapports sociaux a aussi son versant linguistique.  Ainsi depuis plusieurs années des efforts internationaux  considérables ont été consacrés au renouvellement et a l’actualisation du droit linguistique.  Le consensus s’est fait autour de la nécessité d’une Déclaration universelle des droits linguistiques.  L’UNESCO a soutenu cette démarche qui a réuni des savants, des spécialistes et des experts des questions reliées aux questions linguistiques.  Un texte dit la Déclaration de Barcelone de juin 1996 a été adopté après de longs travaux.  Une philosophie du droit et des politiques linguistiques émarge de la lettre et de l’esprit de ce texte.  Le Québec doit enrichir sa réflexion sociolinguistique de cette approche  porteuse d’une vision nouvelle.  Il s’agit ni plus ni moins d’une éthique des rapports linguistiques qui commande une attention immédiate.  L’assemblée générale des Nations-Unies doit adopter cette déclaration universelle.  Le Québec doit s’y préparer.

Une véritable révolution épistémologique se profile à l’horizon sociolinguistique.  Un basculement  qui ne peut que commander une remise en question des idées reçues en cette matière.  Signalons donc certains des principaux éléments théoriques qui sous-tendent cette déclaration universelle des droits linguistiques.

1- Les droits linguistiques des droits collectifs

Par nature la langue est un phénomène social.  Quelle que soit la définition proposée la langue est constituée de sons qui font sens !  Un bruit porteur d’un message telle est l’essence du mot.  Il est donc nécessaire de percevoir cet outil de communication comme partie intégrante du social.  La langue évolue au sein de la communauté.  Elle préexiste et survit à l’individu.  Elle assure aux sujets la capacité de dire et aussi celle d’être compris.  Elle est une institution pour le groupe dont elle est le moyen de communication.  Ainsi la langue est une œuvre collective et communautaire.

Un comité des Nations-Unies a statué que les droits linguistiques étaient des droits collectifs.  En choisissant cette approche c’est le versant patrimonial et sociétal de l’activité linguistique qui devient le tamis de l’éthique et des politiques linguistiques.  Ainsi les droits linguistiques ne pourront plus au Canada et au Québec demeurer étrangers encore bien longtemps au caractère essentiellement communautaire des attributs du juridisme sociolinguinstisque.  L’individu n’a de sens propre que face au groupe.  C’est le noyau dur du concept même d’individu que d’être en rapport avec les autres.  Quand il s’agit de la langue cette caractéristique est encore davantage importante tant la communauté est en un élément définissant !

Voilà pourquoi la Déclaration dite de Barcelone insiste tant sur le groupe et la communauté linguistique en tant que balises des droits linguistiques…

2- Le territoire comme lieu de la communauté linguistique

La notion de territorialité des langues est un autre paramètre incontournable du nouveau droit linguistique de ce troisième millénaire.  Les communautés linguistiques se voient alors reconnues comme prédominantes sur leur territoire historique.  Le lien entre la notion de territoire et le concept de communauté linguistique est porteur d’un regard neuf sur l’éthique de l’activité sociolinguistique.  La personnalité, ce principe de justice héritée du droit des gens qui a précédé le droit moderne, deviendra obsolète, passée date et périmée.  Le droit linguistique canadien devra nécessairement ajuster ses concepts fondamentaux aux nouvelles réalités éthiques de la sociolinguistique tout imbibée qu’il d’une philosophie des politiques linguistiques qui deviendra rapidement anachronique.  Les communautés linguistiques sur leur territoire doivent cohabiter avec d’autres groupes linguistiques dont les droit sont eux aussi incontournables mais la notion de prédominance vient assurer les communautés de la pérennité de leur code linguistique sur leur territoire historique.  Ainsi l’activité sociolinguistique qui se déploie sur un territoire donné devra assurer la pérennité du code linguistique de la communauté linguistique dont il est le lieu d’évolution.  Les autres groupes linguistiques du dit territoire se doivent donc aussi de participer pleinement à cette consolidation sociolinguistique…

La Charte de la langue française du Québec devra elle aussi refaire ses devoirs afin de se rendre conforme à cette nouvelle éthique dont certains fondements interpellent certains de ses principes de base.  La tension créatrice entre la territorialité et la personnalité sociolinguistiques connaîtra ainsi une nouvelle vitalité, prendra une nouvelle direction et portera de nouveaux fruits.  Le poids ontologique du droit linguistique canadien sur celui du Québec a lourdement influencé l’articulation conceptuelle de ce dernier…

D’autres concepts fondamentaux de cette Déclaration universelle des droits linguistiques dite de Barcelone méritent aussi d’être examinés.  Nous y reviendrons.

gilles_rheaume@moncourrier.com

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