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Léo-Paul Lauzon

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Léo-Paul Lauzon

Chaire d'études socio-économiques de l'UQAM.

Notre petitesse prive le Parlement
d'êtres supérieurs
Michel Bernard et Léo-Paul Lauzon, oct 98

La " petitesse " :  c'est que tout simplement
les affairistes ne sont pas des hommes d'État
mais des individualistes qui poursuivent
leurs intérêts strictement personnels.
Ils ne volent tout simplement pas assez haut,
ni intellectuellement, ni moralement.
 

Robin des Bois des temps modernes
 

 Une société d’État devrait offrir beaucoup plus de transparence qu’une société privée où le bonheur des investisseurs passe avant celui des simples citoyens. « Non seulement faut-il conserver nos acquis sociaux, mais l’État devrait être capable de redistribuer la richesse, relève-t-il. Il faut faire une réforme de la fiscalité, car la classe moyenne et les pauvres sont trop taxés! » Son verdict est sans appel : les républicains de droite encouragent les inégalités. Mais, il ne faut pas condamner pour autant les sociétés étatiques. « On cultive la haine de l’État, dénonce amèrement Lauzon. On nous fait croire que s’il n’y a plus d’État ni de syndicats, nous serons libres... Libres de quoi? D’être des esclaves! »
 Contes et comptes du Prof Lauzon.
Le néolibéralisme dénoncé net, fret, sec!

 
On comprendra facilement à la lecture du sous-titre de cet ouvrage que Léo-Paul Lauzon n’est pas un partisan de la nouvelle économie et du néolibéralisme. Le prof Lauzon est un libre penseur et c’est à ce titre qu’il s’exprime ici et ailleurs, en toute liberté. Deux grands principes guident sa pensée et ses prises de position : le refus de se soumettre aux diktats des penseurs de la mondialisation de l’économie et le parti pris évident envers les travailleurs et les plus démunis d’une société qui tend de plus en plus à les oublier. Et deux soucis le motivent plus que tout : relancer le vrai débat politique en proposant des solutions concrètes, et démystifier certains sophismes et mensonges qui ont cours chez nos gouvernements et leurs spécialistes en économie.
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Le Wednesday, October 14, 1998
Michel Bernard et Léo-Paul Lauzon, oct 98
 

Tous les porte-queues des chambres de commerce et des associations de patrons se frottaient les mains d'aise. Alors que les libéraux menaient dans les sondages, Charest et son parti des affairistes et des bien nantis, avaient chargé Charles Sirois, une vedette du milieu des affaires, de recruter les nouveaux candidats libéraux parmi les affairistes. Enfin, on allait prendre d'assaut le gouvernement et faire changer les règles du jeu en faveur des compagnies. On se régalait déjà de baisses d'impôts des compagnies, de la "libéralisation" du droit du travail et de l'environnement. On allait faire du cash en paix.

Dans l'édition du 8 octobre de la grosse Presse à Desmarais, Claude Picher versait des larmes de sang. Le recrutement des candidats affairistes a foiré lamentablement . Pourquoi ? Pas assez payant ! Il fallait voir le bon Picher, tenter d'excuser ses maîtres à penser. C'est parce que le métier de député ne paie pas disait-il. " Au Canada, où l'on entretient le culte de la petitesse, on ne sera content que le jour où notre premier ministre se promènera en Lada. La même remarque s'applique au Québec . " Leur désintéressement honore la nature humaine.

Nous allons vous dire où elle est la " petitesse " : c'est que tout simplement les affairistes ne sont pas des hommes d'État mais des individualistes qui poursuivent leurs intérêts strictement personnels. Ils ne volent tout simplement pas assez haut, ni intellectuellement, ni moralement. Leur idéal social se résume au cash. " la rémunération moyenne des présidents des grandes entreprises canadiennes inscrites à la Bourse se situe à 862 000 $ ", " Il faudrait finalement être assez fou pour troquer tout cela contre un salaire 13 fois moindre…et 13 fois plus de troubles."

Picher continuait : " il est clair qu'ils privent la société québécoise de leurs talents " ; " Tant qu'il en sera ainsi, ne nous plaignons pas que la vie politique est incapable d'attirer des candidats forts " ; " la politique est un monde déroutant pour l'homme d'affaires habitué aux réunions expéditives, aux documents clairs et aux décisions rapides ".

Eh oui ! On se passera de leurs talents expéditifs. Voter des lois ce n'est pas acheter et vendre des cossins ou spéculer, ça implique la civilisation, ça demande de la réflexion. Les petits dictateurs de " shop " trouvent la démocratie emmerdante, il faut consulter, c'est long ! Imaginez que l'on veuille comme Bernard Lemaire construire des barrages privés, les camions pourraient commencer à bétonner si ce n'était pas de ces maudites études d'impact environnementales " pour quelques anguilles. " Les candidats forts pourront continuer de faire des bêtises expéditives comme les présidents de ces dix-neuf banques japonaises sur le bord de la faillite qui coûteront 90 milliards $ de fonds publics en 1998. Ça n'a pas empêché ces présidents de se payer des salaires jusqu'à cent millions de dollars par année. Comme quoi l'argent n'attire pas nécessairement le talent. Comme Long Term Investment, une firme américaine de spéculation qui avait réuni 200 milliards pour un usage strictement spéculatif.

Elle a été sauvée par la Federal Reserve qui craignait un effet d'entraînement.

Les talentueux de Picher et de Charest pourront continuer de grenouiller en finançant le Parti Libéral. Ils pourront continuer à fausser le jeu démocratique avec leur cash. Comme leurs menaces lors des référendum. Comme les grandes banques canadiennes qui ont donné 1 112 000$ au Parti Libéral fédéral en 1997 et qui pourront fusionner entre elles et avec des compagnies d'assurance, des sociétés de placement, tout en maintenant des taux usuriers sur les cartes de crédit et en nous vantant les vertus de la concurrence.

Ils pourront continuer de violer la démocratie comme Power corporation, propriétaire de compagnies d'assurance et de journaux, qui vantait récemment dans ses journaux la privatisation des services de santé pour servir les affaires de ses compagnies d'assurance. " Si les riches pouvaient se payer un système privé, ça libérerait le système public, c'est le gros bons sens " disent-ils . Le tout à partir d'un sondage SOM-La Presse rempli de questions biaisées du genre " Seriez-vous d'accord avec la privatisation des services de santé si les coûts baissaient ? ". L'exemple américain nous démontre que 40 millions de citoyens ne peuvent pas se payer l'assurance-santé privée et que ce nombre augmente d'un million par année. De plus, les compagnies augmentent à tous les jours la liste des médicaments et services non couverts.

Des talentueux expéditifs comme le Conseil des chefs d'entreprises ; cent cinquante compagnies canadiennes qui demandent au fédéral des baisses d'impôts de 18 milliards en sept ans. Par hasard, le détournement de l'argent des travailleurs dans les surplus comptables de l'assurance-chômage s'élèvent à un montant de 20 milliards alors qu'il n'y a plus que 37% des chômeurs couverts.

Pauvres de nous, on ne les aura pas dans le Parlement pour nous dire quoi faire ! Ils vont nous priver de leur grandeur pour nous punir de notre " petitesse ". On a encore laissé passer nos sauveurs, eux qui sont déjà nos Pères Noël de l'emploi : eux qui veulent tellement notre bien… Ce qui est le plus étonnant, c'est que dans un article traitant du métier ingrat de député, Picher ne peut s'empêcher de continuer de descendre l'État " compromis ", " la vie politique est incapable d'attirer des candidats forts ". La grosse Presse à Desmarais fait plus que sa part pour écoeurer les hommes publics : parlez-en à Alain Dubuc.
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ALLOCUTION DE LÉO-PAUL LAUZON

Les Orphelins et Orphelines de Duplessis

Bonjour,
 

En avril dernier, la Chaire d'études Socio-économiques de l'UQAM publiait les résultats d'une étude portant sur les aspects socio-économiques de l'internement des orphelins de Duplessis. Le lendemain, les représentantes de certaines communautés religieuses impliquées, annonçaient leur intention de poursuivre légalement les auteurs de l'étude ainsi que l'Université du Québec à Montréal. Cinq mois plus tard, nous n'avons reçu aucun document nous informant de l'existence d'une telle poursuite. Néanmoins, l'annonce de cette poursuite a pu semer un certain doute quant à nos conclusions qu'il me fait plaisir de vous présenter en partie, au risque d'une deuxième poursuite !!!

L'Église a profité monétairement des institutions de charité des congrégations religieuses comme en fait foi son opposition au transfert de ces responsabilités à l'État. La mainmise de l'Église sur des institutions telles la santé, l'éducation et l'assistance publique lui garantissait alors une influence sociale, économique et politique. Leurs actifs immobiliers prenaient de la valeur dans le temps et pouvaient être revendus à profit. La valeur des biens immobiliers de l'Église pour la santé et la protection de l'enfance sont évalués en 1930 à 434 millions de dollars de 1999.

La principale raison qui a pu conduire à l'internement de milliers d'enfants est la différence entre la subvention reçue par les orphelinats et celle reçue par les asiles. Ainsi, l'orphelinat de l'Immaculée de Chicoutimi recevait un per diem de 0,70 $ en 1956 pour les enfants de plus de cinq ans alors que le per diem de Saint-Jean-de-Dieu était, pour la même année, de 2,25 $ (soit trois fois plus élevé). De plus, les congrégations religieuses n'étaient plus tenues d'éduquer ces enfants et les faisaient travailler sans rémunération.

Le gouvernement du Québec a certainement contribué aux problèmes des enfants illégitimes par ses politiques sociales. Les allocations familiales étaient notoirement plus basses au Québec que dans le reste du Canada, ce qui contribuait à l'éclatement des familles pauvres et à l'engorgement des orphelinats. Par exemple, une famille québécoise de dix enfants touchait une allocution mensuelle de 57 $ en 1950, contre 140 $ pour une famille ontarienne.

Les enfants placés dans les orphelinats durant les années 1940 et 1950 sont en réalité en grande majorité des enfants de familles divisées qui ne peuvent assumer leur charge. Les orphelinats sont surpeuplés en raison des enfants qui ont encore au moins un parent. Les familles versaient généralement des montants aux orphelinats pour la garde de leur (s) enfant (s) et ces pensions versées étaient supérieurs aux allocations gouvernementales. Cela a pu conduire à « évacuer » des orphelinats les enfants moins « payants », ces illégitimes pour qui les communautés ne recevaient pas de sommes d'argent de parents.

Les données sur l'orphelinat de l'Immaculée de Chicoutimi démontrent que les orphelinats ne sont pas destinées aux illégitimes. On constate que les illégitimes disparaissent des orphelinats en quasi-totalité avant l'âge de six ans. Il serait étonnant d'attribuer ce fait uniquement aux adoptions.

Le gouvernement du Québec avait également comme politique de favoriser largement la construction et l'exploitation d'hôpitaux à l'aide de subventions que le gouvernement fédéral octroient à compter de 1948. De 1948 à 1953, le gouvernement fédéral a déboursé 94 millions de dollars dans la santé, dont 31 % ont été alloués au Québec. À titre de comparaison, l'Ontario n'a reçu que 26 % de cette somme au cours de la même période.

Le gouvernement québécois préférait donc construire de nouveaux hôpitaux pour « entreposer » les malades mentaux, profitant des importantes subventions du gouvernement fédéral, plutôt que d'investir dans le mieux-être des malades. Le réseau psychiatrique se retrouvait donc face à un sous-financement chronique et à une pression à la baisse continuelle de ses taux d'occupation qu'il fallait compenser par de nouvelles admissions.

Dans au moins un cas, soit celui du Mont-Providence, le gouvernement du Québec a directement contribué à l'internement d'enfants normaux en institut psychiatrique pour pouvoir profiter des subventions du gouvernement fédéral.

Les congrégations religieuses on eu un net avantage financier à transférer des enfants normaux « illégitimes » dans des hôpitaux psychiatriques, notamment pour profiter d'un per diem plus important. Les communautés religieuses on réussi à obtenir, en dollars constants de 1999, environ 70 millions de dollars en sonunes additionnelles pour les années de 1940 à 1960. Ce montant constitue selon nous un minimum puisqu'il ne tient pas compte du travail non rémunéré des enfants ni des revenus additionnels que les communautés religieuses ont obtenus en évacuant des orphelinats les « illégitimes » pour faire place à une clientèle plus payante.

Il est donc clair aujourd'hui que des enjeux économiques ont eu un impact sur l'intemement de ces enfants.

Merci
 
 
 
 
 
 

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