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Le nationalisme du Canada est du néocolonialisme
ou
quand les avatars de l’intransigeance
deviennent l’ossature de tout un régime
Gilles Rhéaume
Le 14  juillet 2000


Rien n’est plus inquiétant qu’un État atteint de ce nationalisme expansionniste qui exclut, qui rejette et qui harcèle tout ce qui n’est pas conforme à l’idéologie officielle.  Pour arriver à ses fins un tel État doit recourir à des subterfuges si nombreux dans leurs expressions.  L’ultranationalisme dont est atteint le Canada est un mal profond qui dénature le politique, assombrit le social et travestit le culturel en une vaste entreprise de propagande !  Un des pays les plus modernes du monde en est réduit à utiliser les méthodes les plus perverses pour atteindre ses objectifs de normalisation.

Le Canada se comporte à l’égard du Québec, de son peuple, de sa langue et de ses institutions comme le faisait Moscou à l’égard des peuples de l’ancienne Union soviétique…  Un pays doctrinaire, sectaire qui ne ménage rien pour combattre les aspirations naturelles de tout un peuple.   La vie démocratique canadienne est un leurre.  Le Canada impose la dictature au Québec.  La dictature de la force et du pouvoir, du nombre et de l’argent.  Avec la loi C-20 Ottawa et le Canada anglais ont choisi la voie de la forfaiture en s’appuyant sur un ignoble droit de conquête.  En refusant à tout un peuple, le peuple québécois, l’égalité démocratique, le Canada a manqué à ses engagements internationaux et à ses obligations statutaires d’État de droit.

Il devient ainsi nécessaire d’alerter l’opinion publique internationale et de l’informer des assauts répétés d’un peuple contre un autre.  Les Québécois sont une minorité nationale au Canada…

Une nation s’est construite sur les bords du Saint-Laurent.  Dès le XVIIe siècle, la communauté internationale a été témoin de l’émergence des Français d’Amérique.  Au siècle suivant les puissances européennes, en apposant leurs signatures sur les traités, en paraphant les textes officiels, ont reconnu en fait et en droit  l’existence du peuple du Québec et de ses principales caractéristiques socioculturelles.  Après près d’un demi-millénaire de présence active dans la partie septentrionale du continent, ce peuple en est réduit à vivre les affres terrifiantes d’une inqualifiable servitude politique qu’une majorité hostile et nationaliste s’obstine à maintenir et à augmenter tel un étau dévastateur de ses droits historiques…
 

L’impérialisme canadien est un néocolonialisme

L’ultranationalisme canadien est de type impérial.  La culture politique de ce pays est encore et toujours toute empreinte de l’autoritarisme que lui a légué l’impérialisme anglais qui est et son géniteur et son père nourricier.  Ainsi la supériorité anglo-saxonne est au cœur de la culture canadienne.

Imbue d’un chauvinisme destructeur, la conception canadienne est basée sur un linguisticocentrisme qui n’en finit plus de s’acharner sur la langue et la culture françaises du Canada-Français et du Québec.  La constitution canadienne est porteuse de cette même vision impérialiste qui a fait et qui fait encore maintenant tant de ravages sur tous les continents et dont les fruits amers continuent de pervertir la démocratie.  Le néocolonialisme peut prendre diverses formes.  Au Canada il est de type juridico-constitutionnel.

Le peuple québécois n’a aucune existence officielle au Canada.  L’usage même de nominatif est contraire à la culture canadienne.  Il y a des Canadiens de langue française au Québec mais, en vertu d’un ultranationalisme systémique, les Québécois ne forment pas un peuple.  Ni la constitution de 1867 ni celle de 1982 ne reconnaissent le caractère national de leur communauté.  Pire encore toute velléité québécoise est assurée d’échouer sur les rives peu accueillantes du droit canadien et de sa magistrature tout inféodée qu’est cette dernière aux diktats d’Ottawa et du Canada anglais.

Le Québec est pris dans un carcan juridique qui lui interdit de se réaliser et de s’épanouir tant la rigidité de la philosophie canadienne est aux antipodes de la tolérance et de l’ouverture et allergique à tout ce qui est québécois…

Soumis à une constitution qui lui est étrangère le peuple québécois est bloqué dans son développement.  Une majorité qui lui est historiquement hostile lui refuse le droit à l’épanouissement au nom d’une soi-disant unité nationale qui sert de paravent aux efforts incessants visant à rapetisser le Québec, sa langue, son peuple et ses institutions…

Ce néocolonialisme fait en sorte que le droit canadien  endigue le droit québécois y compris dans les domaines qui relève de ses compétences constitutionnelles.

Dans le domaine linguistique les conséquences de cette domination d’un peuple sur un autre sont dramatiques.  La Charte de la langue française dite aussi la loi 101 est ainsi régulièrement déboutée par des tribunaux dont les magistrats, tous nommés arbitrairement par Ottawa (il n’y a pas d’école de la magistrature au Canada, les juges sont des avocats) appliquent brutalement un droit qui est déterminé par le gouvernement central.

Ainsi depuis 1977, année de l’adoption de la loi 101 sous la recommandation du regretté Docteur Camille Laurin, tous les chapitres de cette loi ont été invalidés en vertu des lois canadiennes.  Qu’il s’agisse de la  langue de la législation, du travail, de l’école, de l’administration ou encore de celles des affaires ou de l’affichage commercial la prédominance du droit canadien l’a emporté sur les intérêts sociolinguistiques du Québec, seul territoire de langue française du Canada…

Le colonialisme quelle que soit sa forme est condamnable car il est nécessairement porteur d’une conception qui est contraire aux droits des peuples et de leurs ressortissants.

Il n’y a pas que les types de colonialisme les plus épouvantables qui sont inacceptables aux yeux de la communauté internationale.  Celui qui prévaut au Canada est tout aussi néfaste.  Il tient tout un peuple en otage par la force du nombre et l’abus de pouvoir.  Quand en plus ce pays est dirigé par des Jean Chrétien et des Stéphane Dion, qui sont des tartufes qui maquignonnent les libertés fondamentales au nom d’un intérêt idéologique parmi les plus totalitaires du monde libre…

Gilles  Rhéaume
Mouvement souverainiste du Québec
Institut d’études des politiques linguistiques
Courriel :  gilles_rheaume@moncourrier.com


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