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«Les fils de la cordonnière»

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Pauline GILL
«Les fils de la cordonnière»
VLB éditeur,
Montréal, 2003,
602 pages

Compte rendu par
Gilles Rhéaume
2003/10/15



Avec ce quatrième volume consacrée à la «cordonnière», l’auteure continue sa longue et intéressante saga de la famille Dufresne dont le nom restera à jamais associé à Maisonneuve, cette ville devenue par la suite un des quartiers montréalais.

C’est par leur mère, la Cordonnière, par sa vie, par son œuvre que nous pénétrons leur univers pour nous y installer confortablement.

Ce dernier tome ouvre les portes du XXe siècle et de sa modernité; le XXe siècle s’est entamé comme celui des vivants.  Les frères Dufresne prenant alors le relais de leur mère si visionnaire, si audacieuse et si innovatrice.  Cette fresque, qui demeure l’une des plus populaires, les plus enracinées dans ce pays de toute l’histoire de notre littérature, mérite pleinement le succès qu’elle ne cesse de rencontrer. Ce n’est qu’avec peine qu’on en cesse la lecture. On ne pose le livre qu’avec difficulté tant le sujet est passionnant, tant le style de Pauline Gill est entraînant et tant le portrait qu’elle brosse de cette époque et de ses héros est prenant, voire captivant et ensorcellant.

La place qu’a tenu cette famille bien de chez nous dans la construction de Maisonneuve est si importante et a laissé tellement de traces, encore aisément visibles aujourd’hui, contribue, sans aucun doute, au triomphe de cette espèce d’encyclopédie sur la vraie naissance de ce district qui porte fièrement le patronyme du fondateur de Ville-Marie.

Le génie de l’écrivain aura été de donner forme et vie  à des personnages aussi riches et aussi complexes.  Grâce à sa plume alerte et vivace, cette famille et leur quartier peuple l’imaginaire de tout un peuple, celui qui aime la lecture et ses plaisirs, les livres et leurs savoirs.

L’ouvrage, dès les premières pages, pose brillamment les jalons d’une intrigue qui enchante immédiatement le lecteur et le pousse à poursuivre…

On ne peut s’empêcher, en parcourant ces pages, de penser aux «Grandes familles» de Maurice Druon de l’Académie française qui a tant marqué la littérature française, donc aussi, naturellement la nôtre qui ne saurait être sans le canal vivifiant de la Francophonie.  C’est sans aucune hésitation que nous comparons les deux œuvres car elles sont toutes les deux magistrales et parlantes.  Maurice Druon et Pauline Gill, dans des contextes aussi différents que semblables, ont réussi à faire partager aux foules les aléas de famille.  Faut dire qu’Émile Zola avait donné l’exemple, ouvert la voie avec sa collection sur les Rougon-Maquart…  Quelle agréable compagnie !

Faire de Maisonneuve une cité exemplaire, un foyer du modernisme aurait bien pu être la devise de cette famille si impliquée dans son milieu au plan socioéconomique et dont les réalisations, comme le merveilleux Marché de Maisonneuve, le bain public et le Château Dufresne, n’ont cessé depuis d’éblouir et de faire rêver.

Un sentiment de fierté habite celles et ceux qui prennent le temps de découvrir ces lieux à l’architecture si harmonieuse qui a traversé les époques.  Les Dufresne ont été de grands bâtisseurs, des faiseurs de ville, de places fortes un peu comme l’ont été les Abbés de ces fameux monastères du Moyen âge qui voyaient grand et loin.

Les Dufresne, une abbaye familiale !

Des générations entières de résidents de ce coin de pays se sont régalées et se délectent toujours, un siècle plus tard, des réalisations des héros de Pauline Gill, cette pro de l’écriture née à L’Islet, qui vit à Longueuil, depuis le début des années soixante-dix et qui, après une carrière dans l’enseignement, à laquelle elle mit fin en 1990, pour se consacrer pleinement à l’écriture.

Le clan des Dufresne, comme toutes les familles, a connu des difficultés, des deuils, des peines et des drames dont le livre n’est pas exempt.  Ce qui contribue grandement à l’atmosphère de l’ouvrage.  La place réservé au fameux secret de famille montre bien comment ce clan a porté ce fardeau. Il y a de l’humain, beaucoup d’humain dans cette œuvre et cela la rend davantage crédible, plausible.

Une multitude de sentiments habitent le lecteur au fil des pages et des chapitres.

Personne ne peut rester indifférent devant cette relation d’une véritable épopée.  Que de recherches, que de réflexion ont dû être investies par l’auteure et ses assistants pour que le produit fini soit aussi intéressant et ce, jusqu’à la dernière ligne de la dernière page.

Un sens de l’histoire très aiguisé, de plus en plus aguerri exhale de cette œuvre.

Un fumet bon à respirer.  Un mets qui s’harmonise avec tout.  Une couleur qui se porte partout, en toutes circonstances.  Un chef d’œuvre pour gourmets et dont les gourmands apprécieront les qualités qui font un bon roman !  Une histoire, une belle histoire, bien racontée, avec des personnages attachants et des événements qui se présentent à nous à l’intérieur d’une intrigue inépuisable.  Et c’est tant mieux.

Nous recommandons donc ce volume.  Un excellent cadeau à offrir ou à recevoir.

Gilles Rhéaume
 

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