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Michel Chartrand et Simone Monet-Chartrand

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QUÉBEC un PAYS rend hommage à
 

Monsieur Michel Chartrand et

Madame Simone Monet-Chartrand
 

Michel Chartrand

Un site exceptionnel pour deux êtres d'exception
L'engagement.
C'est ce qui définit le mieux les vies
de Simone Monet-Chartrand
et de Michel Chartrand
Deux êtres profondément impliqués dans leur époque,
deux êtres d'action, chacun à sa manière.
 

On était deux jeunes, à 22, 24 ans, revendicateurs,
on n'acceptait pas cette société-là.
On voulait changer le système politique, on voulait changer les gouvernements.
Et Michel disait déjà qu'il ferait de la politique, qu'il ne serait jamais élu,
qu'il serait dans l'opposition, qu'il ne ferait jamais d'argent,
qu'il serait contre la guerre, qu'il irait en prison.
Alors c'était vraiment pas un bon prospect, comme on disait à l'époque.

Michel Chartrand est un des plus anciens leaders syndicaux du Québec.
Son style coloré et flamboyant ne manquera sûrement pas de vous faire passer
une soirée d'échanges riche en histoire et probablement de remettre
certaines théories en question.
Il n'y a pas de plus beau spectacle que celui d'un homme libre.

Fernand Foisy raconte Michel Chartrand
Extraits de Les voies d'un homme de parole


 
1941 Janvier. Un mois d’entraînement militaire à Huntingdon. Il a été renvoyé du Canadian Officer Training Corps (COTC) pour avoir refusé de remplir et de signer les formulaires d’engagement pour service actif imprimés uniquement en anglais.

Le 14 février, jour de la Saint-Valentin, fiançailles non officielles avec Simonne Monet, à Sainte-Adèle. Michel a 25 ans.

Président gérant fondateur de la coopérative La Bonne Coupe, avec son futur beau-frère Joachim Cornellier. Il se met à la recherche d’une manufacture à Sherbrooke pour les besoins de la coop.

Il se lie à Alfred Rouleau (qui deviendra président du Mouvement Desjardins), membre de la JIC, et, au mois de juin, il voyage avec lui dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean afin de parler de coopératisme et de tenter de fonder des coopératives de fabrique de vêtements.

Il milite au sein du mouvement coopératif «Maître chez nous».

En juillet, il est conscrit dans le COTC, corps-école des officiers de l’Université de Montréal au camp militaire de Saint-Jean.

Octobre. Retraite spirituelle au monastère cistercien d’Oka pour réfléchir sur le mariage chrétien.

Il poursuit ses cours du soir à l’Institut canadien d’orientation professionnelle.

1942 17 février. Mariage de Simonne Monet et de Michel Chartrand à la chapelle de l’église Notre-Dame de Montréal. Le mariage est béni par le chanoine Lionel Groulx.

Septembre. Membre fondateur de la Ligue de défense du Canada et du Bloc populaire.

Il travaille à un plébiscite contre la conscription, chez les étudiants, avec François-Albert Angers, André Laurendeau et Philippe Girard, organisateur à la CTCC (ancêtre de la CSN), la Confédération des travailleurs catholiques du Canada.

Quelque 10 000 personnes assistent à un rassemblement de la Ligue de défense du Canada, au marché Saint-Jacques, à Montréal. Il participe à l’organisation.

Henri Bourassa, fondateur du journal Le Devoir, fait un discours à cette occasion; le «vieux chef» nationaliste a 78 ans.

Organisateur, avec Marc Carrière (qui sera emprisonné quelques mois), de la campagne du candidat des conscrits, Jean Drapeau, jeune avocat, contre le général Laflèche dans la circonscription d’Outremont, à l’élection partielle du 30 novembre 1942. Michel s’y fait remarquer par son style oratoire.

Travail à plein temps comme typographe à la boutique de son père, l’Imprimerie Stella, rue de Brésole, dans le Vieux - Montréal, jusqu’en 1949.

1943 11 mars. Naissance du premier enfant: Marie - Mance - Micheline.

1944 30 janvier. Naissance d’un deuxième enfant: Hélène.
Participe, en compagnie de Simonne, à l’École des parents.
Michel fait la rencontre du chercheur Burton Ledoux, lequel s’intéresse aux maladies industrielles comme la silicose.

6 novembre. Le père de Michel, Louis Chartrand, meurt à l’âge de 77 ans.

8 décembre. Naissance d’un troisième enfant: Marie-Andrée.

Celle-ci mourra accidentellement, le 3 mars 1971, à l’âge de 26 ans. Michel venait alors tout juste d’être libéré, après une détention de quatre mois à Parthenais, le 16 février 1971, après avoir été emprisonné le 16 octobre 1970 en vertu de la Loi des mesures de guerre.

1945 Candidat du Bloc populaire canadien aux élections fédérales du 11 juin 1945, dans la circonscription de Chambly-Rouville. Il aborde les thèmes de la dépendance économique.

1946 Participe à la fondation de la Caisse populaire Desjardins de Montréal-Sud (Longueuil).

Le 1er février, naissance d’un quatrième enfant, le premier garçon: Louis-Lionel-Alain, Louis en l’honneur du père de Michel, Lionel en l’honneur du chanoine Lionel Groulx et d’un frère de Michel, décédé, et Alain en l’honneur du grand-père de Simonne

Michel suit des cours donnés par le chanoine Lionel Groulx à l’École sociale populaire.

1948 Par un article de Berton Ledoux, publié dans le numéro de Relations de mars 1948, il découvre l’horreur de «l’abattoir humain» de Saint-Rémi-d’Amherst (Laurentides) où des dizaines de mineurs de la mine de kaolin sont morts de silicose.

3 janvier. Naissance d’un cinquième enfant: Suzanne-Geneviève.

1949 13 février. Début de la grève des 5000 travailleurs de l’amiante à Thetford-Mines et à Asbestos. Il fait plusieurs voyages à Asbestos pour encourager les grévistes.  Il se documente sur le syndicalisme.

1950 En septembre, il participe pour la première fois au congrès de la CTCC (la CSN) à Sherbrooke.

Il est organisateur pour la Fédération nationale du vêtement de la CTCC, d’août 1950 à décembre 1951.

1951 Il travaille dans la région de Victoriaville et de Shawinigan pour la Fédération nationale du vêtement de la CTCC et devient agent d’affaires au Conseil central de Shawinigan. Il assume cette fonction jusqu’en février 1952.

Il intervient dans la grève des travailleurs de l’Alcan de Shawinigan et est arrêté par la Police provinciale.

1952 Il travaille encore pour la Fédération nationale du vêtement de la CTCC à Victoriaville, à Sherbrooke (grève des employées de la Classon).

Responsable de la mobilisation des syndiqués de Shawinigan et de Grand-Mère pour les travailleurs et travailleuses de la Wabasso.

Il devient agent d’affaires pour le syndicat de Rubin à Sherbrooke. Grève. Chroniques radiophoniques deux fois par semaine. Arrestations, procès et incarcération de février à juin.

En septembre, il participe au congrès de la CTCC à Shawinigan et il décline sa mise en nomination au poste de deuxième vice-président de la CTCC.

2 mai. Début de la grève chez Dupuis et Frères. Grève tumultueuse pour la reconnaissance du syndicat.

Après la grève, en juin, il devient agent d’affaires pour le Syndicat du commerce (dont fait partie le Syndicat des employés de Dupuis et Frères). Il occupera ce poste jusqu’en septembre 1953, puis y reviendra de façon intermittente jusqu’en 1957.

Participe à l’organisation du syndicat des travailleurs du textile de la Celanese à Sorel.

Organise des séances de formation syndicale pour la CTCC avec le responsable, Fernand Jolicœur.

10 décembre. Proclamation de la Loi de l’émeute à Louiseville. Après la levée de la Loi de l’émeute, Michel revient au local du syndicat des travailleurs et y voit les murs maculés du sang des travailleurs battus par les policiers.

1953 Membre fondateur du Syndicat des permanents (employés) de la CTCC, le 15 mai, et il est élu membre du premier comité de direction du syndicat.   Engagé comme propagandiste temporaire à la CTCC. Congédié puis rétabli dans ses fonctions à la suite de la décision du tribunal d’arbitrage présidé par Pierre Elliott Trudeau, en octobre 1954. Jean Marchand, alors secrétaire général de la CTCC, s’était opposé à sa réembauche, après quelques accrochages…

De 1954 à 1957, il sera deux fois remercié par la CTCC — disons plutôt par Marchand — et il gagnera ses deux arbitrages. La première décision arbitrale est signée par Pierre Elliott Trudeau et la seconde, par Me Théo L’Espérance.

21 avril. Naissance d’un sixième enfant: Madeleine.

1954 En septembre, il participe au congrès de la CTCC, à Montréal. Il se présente au poste de secrétaire général contre Jean Marchand. Marchand domine. Chartrand est battu.

9 juillet. Naissance du septième et dernier enfant: Dominique.

30 octobre. Il démissionne de son poste d’organisateur au sein de la CTCC.

1955 Travaille au Conseil central de Shawinigan comme conseiller technique. Il participe à la grève des travailleurs de la Consolidated Paper (division Belgo), la Belgo.

1955 et Sept arrestations, sept incarcérations, trois condamnations,

1956 dont une rejetée par la cour d’appel; les deux autres condamnations attendent toujours une décision; elles sont toujours pendantes.

1956 Conseiller technique du Conseil central de Shawinigan - Grand - Mère pour les grévistes de Canadian Resins, Canadian Carborandum, Dupont.

À la radio, il anime une série de tribunes téléphoniques dans la région de la Mauricie.

De juillet à décembre, il décide d’aller travailler dans l’organisation-information pour les Métallos de la FTQ à Rouyn-Noranda. Il est responsable de l’éducation syndicale.

Sollicité par Jean-Paul Geoffroy, Gérard Pelletier et Pierre Trudeau, il adhère à la CCF (Cooperative Commonwealth Federation), chez Mme Thérèse Casgrain.

En août, il participe, à Winnipeg, au Conseil national de la CCF. Par la suite, la CCF devient au Québec le Parti social-démocrate (PSD). Michel en est le chef provincial.

Candidat aux élections provinciales pour le PSD dans la circonscription de Chambly. Il récolte 877 voix contre 20 031 pour le candidat Robert Théberge du Parti libéral du Québec.

1957 Leader et non plus chef québécois du PSD.  Il participe à la grève des travailleurs de l’Alcan à Arvida.  Revient au Syndicat des travailleuses et travailleurs de Dupuis et Frères comme agent d’affaires.  Candidat dans Longueuil pour le CCF-PSD (coalition) à l’élection fédérale du 10 juin. Il obtient 1758 voix. Il est battu.

11 mars. Début de la grève de six mois des travailleurs de la Gaspé Copper Mines (Noranda) à Murdochville, membres des Métallurgistes unis d’Amérique (FTQ), sous la présidence de Théo Gagné. Michel s’y rend durant ses vacances et soutient les grévistes. Il participe à 32 assemblées pour parler des conditions de travail et de la compagnie. Il fait une série d’émissions radiophoniques à Matane et à New Carlisle.

Il sera congédié à son retour à Montréal et il devient le «chauffeur» de Gérard Picard, président de la CTCC.

7 septembre. Michel participe à la manifestation de solidarité avec les grévistes de Murdochville devant le parlement de Québec, où Duplessis est toujours au pouvoir: 7000 manifestants.

1958 Candidat, en mars, à l’élection fédérale dans la circonscription de Lapointe (Arvida) pour le CCF-PSD. Victoire morale: 7042 voix.   Élu membre du conseil d’administration de la Caisse populaire des Syndicats nationaux de Montréal.

29 décembre. Grève des 75 réalisateurs francophones de la télévision de Radio-Canada à Montréal. Plus de 2000 syndiqués de la société d’État respectent les piquets de grève, dont les membres de l’Union des artistes (FTQ). L’arrêt de travail mené par la CTCC prend fin le 9 mars 1959.

1959 Participe au congrès national de la CCF à Regina.  Candidat à l’élection partielle provinciale pour le PSD au Lac–Saint-Jean: il recueille 3286 votes. Victoire du candidat de l’Union nationale (avec Duplessis au pouvoir), qui obtient 8489 voix.  Retourne à l’imprimerie.

1960 Aménage une imprimerie (les Presses sociales) dans un local près du PSD à Montréal, puis en loue une dans le Vieux - Montréal, angle Saint-François-Xavier et Saint-Alexandre.
Voyage dans l’Ouest canadien, participe au congrès de la CCF à Winnipeg.

28 septembre. La CTCC devient la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

1962 26 janvier. Mort de la mère de Michel, Mme Hélène Patenaude-Chartrand, à l’âge de 89 ans.

Il publiera Gilles Vigneault, Pierre Vadeboncœur, Claude Péloquin, la revue Our Generation Against Nuclear War de Dimitri Roussopoulos, la Revue socialiste et le journal Le Peuple, organe du Parti socialiste du Québec (le PSQ, dont il sera président), des recueils de poésie, dont le premier recueil de poésie de Denis Vanier, Je, et des conventions collectives de travail.

1963 Participe à la «Marche pour la paix», depuis la ville de Québec jusqu’à l’extrême sud de la Floride.  Il est arrêté pour avoir distribué des tracts sur la voie publique, à Trois-Rivières, avec sa fille Marie-Andrée.

8 décembre. Membre fondateur du Parti socialiste du Québec (PSQ) après la rupture avec le NPD sur la question du Québec à l’intérieur du Canada et sur les armes nucléaires. Il devient le premier président du PSQ.   Assiste comme observateur au congrès du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN).

En décembre, il passe par le Mexique pour aller à Cuba avec un groupe de sympathisants de la révolution cubaine.

1964 Il imprime Socialisme 64, revue à laquelle il collabore et qui deviendra Socialisme québécois en 1974.  Dissolution du PSQ.

1965 Participe à une assemblée publique, à Montréal, pour célébrer le 1er Mai, fête des travailleurs. Reprise d’une tradition internationale abandonnée en Amérique du Nord depuis la guerre.

1966 Il participe aux assises préliminaires des États généraux du Canada français, les 25, 26 et 27 novembre, à Montréal.

1967 Il est engagé dans le mouvement Solidarité avec le Viêt-nam.Il participe aux premiers États généraux du Canada français, du 23 au 26 novembre, à Montréal.

1968 Retour au syndicalisme.

Fernand Foisy a écrit deux livres sur Michel Chartrand.
Le premier: Michel Chartrand - Les dires d'un homme de parole
Le deuxième: Michel Chartrand - Les voies d'un homme de parole.
Les deux chez Lanctôt-Éditeur.


SIMONNE CHARTRAND

Pour moi, y a des violences justifiées. Comme des guerres de
libération nationale. En Amérique du Sud, en Afrique,
contre les dominateurs, les colonisateurs, tout ça.
Mais moi je suis de l'école de Ghandi, de Lanza del Vasto,
de David Thoreau. Et je n'ai pas de mérite à ça.

Simonne Monet-Chartrand
ses réflexions - violence et conciliation
l'amour quotidien - la mort de Marie
vivre ce à quoi on croit - le féminisme et le pouvoir
pouvoir et politique  -  sa jeunesse - la famille
l'action communautaire -  la crise d'octobre - l'écriture

C'est dans mon tempérament, la conciliation,
c'est dans mon tempérament de trouver
toute autre forme de réglementation
plutôt que par la violence.
Mais se choquer une bonne fois contre une injustice,
piquer une bonne colère, là... T'sais, quand le Christ est arrivé dans le Temple
qu'il a sacré tout ça par terre.  Il y allait pas mal à la Chartrand,
il n'y allait pas doucement, hein?  "vous êtes des hypocrites,
des sépulcres blanchis".  Ben, quand Michel dit ça aux multinationales
et aux gouvernements, je dis que c'est un crisse de fou.
Je veux dire qu'il est fou comme le Christ était fou
de ne pas vouloir un royaume, de ne pas vouloir des biens matériels,
de ne pas vouloir le pouvoir.  Le Christ est pas venu chercher le pouvoir.
Il est venu apporter l'amour entre les hommes. Ce n'est pas pareil

Ma mère avait fait son conservatoire de théâtre,
elle n'avait pas le droit de vote.
Mon père était un ex-député, y'était devenu juge,
donc il n'avait pas le droit de vote.  Et moi,
je croyais que c'était parce que je n'avais pas 21 ans.
On m'a dit : "non, c'est parce que tu es une femme".
Alors je suis devenue féministe ce jour-là et je suis restée féministe.
 

J'ai souvent eu l'impression de
vivre en veuve de guerre.
Vu les fréquentes absences de Michel et ses séjours plus ou moins
prolongés à l'extérieur, ou en cellule.
Je l'ai cependant toujours appuyé dans ses campagnes politiques
et syndicales.  C'est ensemble
que nous avons vécu nos engagements sociaux.
 

Il y a 24 ans déjà...
25 septembre 1975 :
Président du Conseil central de Montréal depuis 1969,
jusqu'en 1978, Michel Chartrand continue toujours
de militer pour les gagne-petit et pour une plus grande justice sociale.
Le 25 septembre 1975, il participait à un débat midi à l'UQAM.


 
 
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