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Marcel Pepin et le Québec français
par Gilles Rhéaume
7 mars 2000



 
 
 

Le rôle déterminant qu’a joué admirablement bien Marcel Pepin dans le développement des idées sociales au Québec a été à juste titre abondamment souligné.  Comment en effet ne pas reconnaître avec gratitude l’œuvre gigantesque d’un homme du pays qui, sans relâche et pendant des décennies, a investi le meilleur de lui-même dans la défense et l’illustration des droits sociaux, notamment en mettant toutes ses énergies au service des libertés ouvrières les plus fondamentales ?  Son action en faveur du Québec français commande également toute notre reconnaissance.  Cette facette de son engagement  mérite d’être davantage connue car elle révèle l’intimité qui existait à ses yeux entre les droits sociaux et les droits du français au Québec, particulièrement dans le monde du travail.

Si le concept du Québec français fait aujourd’hui consensus, il faut rappeler que tel ne fut pas toujours le cas.  Ce concept est le fruit d’une démarche qui s’est articulée au début des années soixante-dix alors que les chefs syndicaux, avec d’autres dirigeants de corps constitués, sous la direction dynamique de Francois-Albert Angers, ont créé le Front du Québec français qui deviendra le Mouvement Québec français.  Ce fut l’époque des luttes linguistiques, celle de la poudrière linguistique pour reprendre l’expression de Pierre Godin.  Cette période parmi les plus effervescentes de l’histoire du Québec moderne a connu une incontournable facette sociolinguistique.  Jamais la loi 101, la Charte de la langue française n’eût été imaginable et concevable sans l’engagement constant, le dévouement exemplaire de ces pionniers des droits du français dont Marcel Pepin fut l’un des principaux animateurs.

La langue française était une langue de deuxième classe au Québec.  Les travailleuses et les travailleurs du Québec étaient bafoués dans leurs droits linguistiques les plus naturels.  Dans leur propre pays les francophones du Québec devaient travailler dans une autre langue que la leur.  Un véritable colonialisme d’ordre linguistique caractérisait cette époque sombre.  Les spécialistes du monde entier reconnaissent l’état de sujétion linguistique que durent subir les gens du pays…  Grâce au courage et à la ténacité de ces artisans du Québec français, dont Marcel Pepin au premier chef, la revendication linguistique en matière de langue de travail a pavé la route à un des chapitres les plus importants de la Charte de la langue française conçue par le regretté Docteur Camille Laurin.  Les droits dont jouissent présentement les francophones au Québec sont le fruit des efforts de cette génération de militants persévérants.

Le versant linguistique de l’œuvre de ce géant fait partie de l’impressionnant patrimoine que laisse Marcel Pepin.  Nous sommes tous et toutes les bénéficiaires et les fiduciaires de ce précieux héritage .

Par Gilles Rhéaume
Directeur de l’Institut d’études des politiques linguistiques
Président du Mouvement souverainiste du Québec

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