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Neutralité du Pays du Québec -- discussions

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Irlande Pays Neutre
Bel exemple pour le Québec
Jean-Marc Rioux
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
dimanche 8 juin, 2003 01:34

Re: Québec Indépendant: PAYS NEUTRE [11:1075:1138]
Date: Dim, 8 Juin 2003 00:25:41 -0400
De: Jean-Marc Rioux <jmrioux@acica.com>

http://www.souverainete.info/forum/read.php?f=11&i=1138&t=1075

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IRLANDE PAYS NEUTRE !
BEL EXEMPLE POUR LE QUEBEC !
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L'«hystérie militariste» du Canada anglais
- Montréal doit éviter le sort de Belfast
Robert Dole

Originaire de Washington, diplômé de Harvard, l'auteur a enseigné aux universités de Metz, Bonn et Lodz. Auteur d'un essai sur Le Cauchemar américain, il enseigne présentement à l'Université du Québec à Chicoutimi.

LeDevoir 17 janvier 1998
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En tant qu'Américain francophile pacifiste, j'aimerais répondre à l'article de mon cher ami Guy Bouthillier paru dans Le Devoir du 13 décembre et portant le titre «Nés un 1er juillet». M. Bouthillier y fait référence à l'hystérie militariste de certains Canadiens anglais qui ne prévoient rien de moins qu'une guerre civile si le Québec devient un pays indépendant. Je crois que l'histoire de l'Irlande a beaucoup de points en commun avec celle du Québec et j'aimerais que les Québécois puissent tirer les leçons qui s'imposent lorsqu'on regarde l'évolution du nationalisme irlandais.

Je connais bien l'Irlande puisqu'elle est le premier pays où j'ai habité lorsque j'ai quitté les États-Unis pour toujours en 1968. J'ai découvert dans le village médiéval de ma grand-mère, dans le sud-ouest de County Cork, une manière de vivre qui me plaisait beaucoup plus que tout ce que j'avais vu dans mon pays d'origine. Je suis devenu citoyen d'Irlande en 1974. Si quelqu'un me demandait dans quel pays je suis le plus chez moi, je dirais probablement que c'est le traversier qui navigue entre Le Havre et Rosslare.

J'ai fait référence à la disparition de la langue irlandaise lors de mon intervention à la commission Bélanger-Campeau en 1990. J'ai fait la constatation que toutes les langues minoritaires du monde qui disparaissent sont celles de peuples qui n'ont pas la souveraineté politique. J'ai fait une analogie entre Montréal et Dublin en disant que la langue irlandaise était condamnée à mourir parce que la capitale du pays était toujours une ville de langue anglaise. S'il devient impossible de vivre en français à Montréal, la langue française disparaîtra dans deux générations dans le reste du Québec.

J'ai fait encore référence à l'Irlande lors de mon intervention devant la Commission sur l'avenir du Québec en 1995. J'ai recommandé que le Québec indépendant suive l'exemple de l'Irlande et qu'il devienne officiellement un pays neutre et pacifique. Le Québec pourrait faire comme l'Irlande et écrire dans sa constitution qu'il ne fera jamais partie d'aucune alliance militaire. En ce sens, il ferait comme la grande majorité des pays du monde. De toute manière, dans l'ère nucléaire, toute guerre mondiale devient impensable. Nous savons tous que la race humaine est stupide mais nous espérons qu'elle ne soit pas assez stupide pour s'éliminer définitivement...
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JMR
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Re: Irlande Pays Neutre
Bel exemple pour le Québec
René Marcel Sauvé
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
dimanche 8 juin, 2003 11:09

L'idée d'un Québec indépendant et neutre a beaucoup de valeur et de mérite, celà va sans dire.

Les Irlandais ont choisi la neutralité et ont réussi. Les Belges aussi ont choisi la neutralité et ont échoué. Les Hollandais aussi ont choisi la neutralité et ont échoué. Les Finlandais, nouvellement indépendants, pour la première fois de leur histoire, depuis le traité de Tartu de 1921, ont aussi choisi la neutralité face à la Russie et à l'Allemagne. Ils ont échoué.

Les Suisses ont choisi la neutralité afin de se distancier des guerres qui ont opposé l'Italie, la France, l'Allemagne et l'Autriche. Ils ont réussi, parce qu'ils ont su mettre en pratique les principes universels de la stratégie d'État, développés par Antoine Henri Jomini, qui avait combattu comme général d'état-major pendant les guerres napoléoniennes.

Les Suédois ont choisi la neutralité afin de prendre leurs distances avec l'Allemagne, l'Angleterre, la France et la Russie au sujet du passage naturel constitué par les détroits scandinaves: le Skaggerat et le Kattegatt. Les Suédois ont réussi, parce que, à l'instar des Suisses, ils ont su mettre en pratique une rigoureuse politique de défense et de dissuasion, sans quoi leur neutralité n'aurait pas été reconnue.

Dans les conditions à venir,qui s'annoncent, la neutralité sera possible et envisageable pour le Québec devenu souverain. En effet, il est possible dès maintenant de constater  que le régionalisme en Amérique du nord et en Europe va créer un nouvel équilibre des forces et des  jeux d'intérêts en présence, et  dont le Québec pourra  tirer avantage. La neutralité de l'État
du Québec devient souhaitable et potentiellement réalisable dans les conditions suivantes, sommairement estimées à partir de l'expérience vécue par les autres États mentionnés, dont la géographie et l'histoire ne sont pas tellement éloignés de la nôtre:
 

1. Lorsque le territoire est placé en dehors des centres de communications des grands États. Dans ce cas, la neutralité peut s'imposer de soi sans qu'il devienne nécessaire d'élaborer une politique de défense capable de dissuader. C'est le cas de l'Irlande, qui est une île isolée qui s'avance dans l'Atlantique nord et dont la position géographique ne pose aucun problème aux communications maritimes des grands États.

Certes, l'Irlande a été convoitée à cause de ses richesses naturelles et de la beauté de son territoire mais ce n'est pas la même chose.

2.  Lorsque le territoire occupe une position-carrefour entre plusieurs États qui doivent emprunter le territoire "neutre" pour communiquer vers le monde extérieur. C'est le cas de la Belgique et la Hollande. Or, ni Belgique ni la Hollande sont des territoires militairement défendables avec une économie de moyens. Celà est d'autant plus important que dans leurs cas, la neutralité est presqu'impossible sur le plan diplomatique, à cause de cette position géographique désavantageuse en partant.

Car la neutralité  doit s'appuyer sur une diplomatie crédible, doit aussi disposer des moyens de la défense, afin de la renforcer. En fait, il lui faut parfois  de  formidables défenses, aptes et capables de dissuader le recours aux armes pour régler des conflits d'intérêts et de rapports de forces. Ni la Belgique ni la Hollande n'ont été en mesure de fournir l'effort militaire nécessaire à la dissuasion et en conséquence, leur neutralité n'a pas été reconnue.

3.  Lorsque le territoire peut servir de tremplin, ou de tête de pont par une puissance pour en envahir une autre. C'est la cas de la Suisse, de la Suède et de la Finlande. Dans ce cas, une puissante force de dissuasion est nécessaire pour que la neutralité soit reconnue, de droit(de jure) comme de fait(de facto).

Les Suisses et les Suédois l'ont compris. Pour appuyer leur neutralité, les Suisses ont organisé sur leur territoire un formidable système de défense, très discret par ailleurs, mais potentiellement efficace en cas de besoin. Ce système est toujours en vigueur et tous les Suisses doivent y participer d'une manière ou d'une autre, en suivant un programme d'entraînement et de formation obligatoires, à temps partiel, certes, mais continu, avec des rappels, pendant la durée de la vie active. Chaque année, à l'automne, les grandes manoeuvres, devenues une tradition chez les Suisses, permettent  de vérifier l'état de la défense. Les Suédois font de même.

Nouvellement indépendants, les Finlandais ont refusé de penser en termes de dissuasion et de défense pour appuyer leur neutralité. Résultat: lorque l'Allemagne nazie et la Russie de Staline sont entrés en guerre, la crédibilité finlandaise en matière de neutralité était nulle. Les Finlandais ont cru, naïvement, qu'il suffit de se dire neutre et de dire qu'on ne veut pas la guerre pour que la neutralité soit reconnue ipso facto et que le spectre de la guerre s'éloigne en même temps. Mais les Finlandais ne se sont jamais gouvernés eux-mêmes au cours de leur histoire. Ils ont vécu plus de 600 ans sous gouverne suédoise et plus d'un siècle sous gouverne russe. En conséquence, ils ne connaissaient pas les principes de la stratégie d'État.

S'ils ont réussi à s'en tirer sans trop de mal de cette guerre, qui leur a infligé de lourds dommages, c'est à cause de têtes de génie comme celle du célèbre maréchal Karl Gustav Emil Mannerheim, héros national en Finlande. Or, Mannerheim, s'est instruit chez les Russes. Pendant la domination russe de la Finlande, Mannerheim a servi comme officier dans l'armée russe. Il a combattu pendant la guerre Russo-japonaise de 1905, à la bataille de Liao Yang, (que nous devions étudier en détails dans l'armée britannique où j'ai servi).  Il a combattu pendant la guerre 1914-18 comme commandant d'une division russe sur le front de Bessarabie. Chassé par les Bolchéviques, il est revenu en Finlande. Devenu un des artisans de l'indépendance finlandaise, il a cherché désespérément,de convaincre le peuple finlandais de la nécessité d'organiser une solide défense du territoire finlandais pour appuyer la neutralité que souhaitaient les Finlandais. Ce fut peine perdue.  Lors de l'invasion de la Finlande par l'armée russe du maréchal Clément Woroschilow fin novembre 1939, les Finlandais n'avaient presque pas d'armes ni armées à leur opposer.

Mannerheim, qui connaissait la logistique russe, à fait attaquer et saisir les ravitaillements des russes en armes et équipements et la résistance finlandaise s'organisa avec le butin saisi à l'ennemi. Toujours avec ce même génie, l'homme de 75 ans a poursuivi la guerre et à la bataille de Suomussalmi, entre le 20 et 25 décembre 1939, administra à l'armée russe une des pires défaites de son histoire.

La Finlande a perdu la Karélie, le port de Viipuri, devenu le port de Viborg, les lacs Ladoga et Onega, le nickel de Petsamo dans le Grand Nord finlandais. Les Russes y ont construit tout de suite un chemin de fer reliant Petsamo(devenu Petchenga) à Murmansk, ce qui veut dire qu'ils ne remettront jamais ces mines de nickel, matériau stratégique de premier ordre.

Le refus de la part du peuple finlandais de comprendre que la neutralité est peut-être une noble et belle ambition, mais qu'elle est d'abord et avant tout une politique qui doit être crédible, a coûté cher à ce pays nouvellement indépendant, pour la première fois dans toute son histoire. Est-ce que le peuple Québécois va s'instruire de cette expérience?

ET  LE QUÉBEC

Par sa géographie, le Québec est à la fois un passage stratégique important vers l'intérieur de l'Amérique du nord et une tête de
pont, une porte d'entrée vers le haut Saint Laurent et les Grands lacs.

Pour réussir, la neutralité québécoise devra comporter les objectifs suivants:

1. Assurer l'intégrité du passage du Saint Laurent, avec le respect imposé des lois internationales et des accords concernant le trafic maritime, la protection de l'environnement, les limites imposées au tonnage, la nature des cargaisons, les vitesses, l'inspection des navires, la vérification des qualifications des équipages, le contrôle du trafic, l'entrée de la Voie maritime, le maintien de la navigation pendant les saisons hivernales, etc. La compétence, l'intégrité et l'impartialité de l'autorité québécoise en cette matière ne devra jamais être mise en doute.

2. Le contrôle du trafic aérien et l'interdiction de l'espace aérien québécois en cas de nécessité. Ce contrôle devra être renforcé par les moyens appropriés.

3. Le contrôle du trafic routier qui emprunte le territoire québécois pour circuler d'est en ouest et inversement.  Il est recommandé d'adopter une politique analogue à celle de la Suisse à cet égard et d'obliger tous les transporteurs routiers à prendre le chemin de fer, dont la qualité et la célérité du service seront garanties par l'administration québécoise. Il s'agit ici du transit.

4. Le contrôle des communications électroniques sur tout le territoire québécois, en conformité avec les accords locaux et internationaux.

5. La prise en charge des moyens propres à dissuader d'avance le recours aux armes pour régler les conflits d'intérêts. Une politique de défense analogue à celle de la Suisse et la Suède est recommandée.

6. Il faudra régler le problème du statut des eaux territoriales fluviales et maritimes et ces questions ne se règlent pas par elles-mêmes, par le laisser faire.


En conclusion sommaire, le succès d'une politique de neutralité pour le Québec dépendra des conjectures qui vont se présenter et  que les  Québécois devront apprécier à leur mérite afin d'en tirer tous les avantages possibles.

De plus, une rigoureuse politique de défense et de dissuasion sera
nécessaire pour assurer la crédibilité de cette neutralité. Par rapport à la Suisse, la Suède,la Finlande, la Belgique et la Hollande, le territoire du Québec est naturellement doté de formidables défenses naturelles qu'il sera possible d'exploiter afin de créer au Québec un sytème de défense territoriale crédible et potentiellement capable de dissuader tout recours à la force pour régler les différents.

La politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité.

À défaut de le comprendre, le Québec risque gros sur le plan
politique et diplomatique. Il ne faut pas faire comme les Finlandais, qui ont appris par leur propre expérience, alors qu'ils auraient pu s'instruire de l'expérience des autres, puisque leur indépendance n'est survenue qu'aux débuts du Vingtième siècle.

Voilà donc quelques considérations sommaires à ce sujet.

René Marcel Sauvé

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Re: Irlande Pays Neutre
Bel exemple pour le Quebec
Jean-Marc Rioux
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
dimanche 8 juin, 2003 12:56

Merci M. Sauvé,

Je sentais que vous interviendrez dans ce débat en cours sur Souverainete.Info. :)

D'ailleurs, dans l'espace consacré à ce sujet sur ce Forum de Souverainete.Info, je vais envoyer immédiatement votre contribution.

Nous voyons maintenant toute l'importance du présent Forum et de bien d'autres aussi, afin de penser démocratiquement le Pays du Québec avant, pendant et après l'indépendance, dans la plus grande liberté d'expression respectueuse des autres aussi. Et notre ami Robert Bertrand a parfaitement raison de le souligner aussi constamment.

Comme le dit le proverbe populaire: il y a en a plus dans plusieurs têtes que dans une seule.

Comme vous le soulignez avec mults exemples intéressants, les aspects géopolitiques et géomilitaires 'civiques' de la Neutralité sont très importants et méritent d'être scrutés plus à fond dans notre contexte spécifique québécois. Ce n'est pas un dogme en soi, c'est une perspective parmi d'autres.

L'aspect 'dissuasif' de la neutralité démocratiquement envisagée est indéniable aussi avec effet d'entrainement chez nos proches voisins en accord phasé avec 'l'altérité mondialiste' actuelle dont les échos se manifestent de plus en plus dans le Monde Diplomatique de Monsieur Ramonet. La non-participation aux guerres offensives et aux alliances militaires 'quasi-automatiques' qui les soutendent, ne signifient nullement qu'une garde nationale québécoise à 'participation civique' n'ait pas un rôle à jouer dans ce cadre de pensée. Bien au contraire.

J'ai remarqué sur d'autres Forums, que nos adversaires nous lisent beaucoup, et que le sujet de la Neutralité du Québec suscite, pour la première fois des points de convergence de pensée, parmi les plus progressites d'entre-eux et les *divisent enfin', d'autant plus que je m'appuie sur PET et sur bien des articles de Cité Libre, pour peaufiner mon argumentaire à leur contact..:)

Comme quoi, il ne faut jamais craindre le franc dialogue même avec nos ennemis, pq cela nous permet, de démontrer leurs contradictions et les faiblesses de leur pensée, tout en polarisant leurs interventions, sur des sujets où nous les déclassons totalement. Dans mes études en géopolitique historique à l'Université Laval au début des années 70, j'ai au moins appris cela: ne jamais combattre l'enenmi sur son terrain fort avec des Tire-pois, mais au contraire, le piéger sur notre 'terrain fort' par des moyens démocratiques dissuasifs et une logistique efficiente.

D'ailleurs, les remises en question des actions belliqueuses unilatéralistes de Blair et de Bush présentement dans le monde et même dans leurs propres pays sont aussi une manne à exploiter à fond, afin de peaufiner notre argumentaire global sur notre Neutralité dynamiqueement souhaitable et enracinée dans l'insconscient collectif québécois, notre partrimoine national et nos mentalités populaires.

Jean-Marc Rioux

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Neutralité
José Fontaine
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
lundi 9 juin, 2003 04:56

La neutralité est une chose qui peut avoir plusieurs significations.

“e +onde” a défendu une politique de neutralité pour la France dans les années 49-50 par opposition aux USA, mais en fait il s’agissait plutôt d’indépendance.

La neutralité belge de 1831 est une neutralité imposée à ce nouvel État duquel on espère qu’il n’interfère pas dans les luttes européennes, ni en faisant partie d’une alliance ni en commençant un conflit. Ce qui est une souveraineté limitée, en un sens. Cette neutralité tenue jusqu’à l’année 1914, année où l’invasion allemande a obligé l’État belge (aux termes des traités de 1831) de répondre à cette agression, ce qu’elle fait, moins bien à Liège (malgré la légende) mais mieux face à l’Yser.

La Paix de 1919 a libéré l’État belge de cette obligation de neutralité et il a alors été entraîné dans une alliance militaire avec la France qui l’a conduit à réoccuper une partie de l’Allemagne militairement en 1923.

On a alors vu l’État belge comme un vassal de la France et le mouvement flamand a lutté contre cela.

En 1936, le roi Léopold III en est revenu à une neutralité mais pas celle d’avant 14, une neutralité choisie.

Des minorités agissantes côté wallon y ont vu un abandon de la France et plus que cela une rupture de l’alliance entre démocraties.

Avant 1940, une partie de l’armée belge stationnait face à la France pour maintenir l’illusion de la neutralité belge. Quand l’Allemagne a envahi à nouveau la Belgique le 10 mai, le 28 mai, l’armée belge devait capituler. Sa résistance aurait pu être meilleure mais elle s’est pas entièrement faite en coordination avec la France (qui allait être vaincue quelques jours plus tard).

La Flandre approuvait cette politique, la Wallonie non. Il y a eu sept fois plus d'attentats de la résistance en Wallonie qu’en Flandre contre les nazis.

Les prisonniers soldats flamands furent libérés par les Allemands, la sélection se faisant notamment avec des collaborateurs flamands.

Au lendemain de la guerre, des Congrès nationaux wallons se réunirent, au bord de la proposition séparatiste.

Léopold III (emmené en Allemagne), ne put rentrer au pays.

Lorsqu’il y revint en juillet 50, la Wallonie entra en insurrection allant jusqu’à arracher les drapeaux belges des institutions publiques pour les remplacer par les drapeaux wallons et un Gouvernement provisoire wallon se forma à Liège, qui ne fut pas proclamé car le roi se retira.

Les deux neutralités belges sont des neutralités qui entament la souveraineté. La deuxième, étant une façon de ne pas vouloir prendre part à l’histoire.

Il me semble que la neutralité suédoise a impliqué que la Suède laisse passer l’armée allemande sur son territoire en 1940 pour aller envahir la Norvège, faculté que l’État belge refusa à l’Allemagne en 1914 (qui voulait envahir la France).

D’une certaine façon “neutralité” = “indépendance” (c’est ainsi qu’on appela la politique de l’État belge en 1936: “politique d’indépendance”).

Mais dans le cadre de l’Union européenne, il me semble que tous les États qui en font partie ne peuvent plus être “neutres”. La “neutralité” comme refus des dépendances militaires est sympathique. La neutralité comme abstention de solidarité ne l’est pas.

L’Irlande neutre en 1920, c’est bien normal encore que les Irlandais (je ne les juge pas) ont été aidés par les Allemands lors de l’insurrection de 1916 et aussi pendant la révolution française (en 1798, je pense mais sans réussite). Ils ont refusé en 1943, 1944 que les soldats écrivains stationnent sur leur île. C’est la raison d’être de l’obsession de l’Angleterre sur l’Irlande qui leur semble un poignard sans cesse brandi derrière son dos.

La Suisse a longtemps considéré  que l’appartenance à l’ONU était une violation de sa neutralité mais pas la SDN (Société des nations ancêtre de l’ONU qui est un organisme un peu différent: l’ONU est à certains égards la prolongation d’une alliance militaire, la SDN est plutôt une organisation pensée selon les idées de Kant, plus réaliste qu’on ne le pense. La SDN a songé à se doter d’une armée permanente. Les USA n’en firent pas partie mais bien que très européenne d’autres États dans le monde en faisait partie, le français y prédominait.

Soumis au débat s’il y a des erreurs.

La neutralité au sens de la non participation à une association d’États est une politique impossible en Europe sauf à sortir de l’Union européenne.

Et l’Union européenne n’est pas qu’une association économique.

Elle n’est pas non plus une alliance militaire. Mais pourrait avoir une armée. La France, l’Allemagne et l’État belge le souhaitent. Il existe d’ailleurs déjà des régiments européens (notamment en Macédoine) et un corps franco-allemand avec participation belge et hollandaise (sauf erreur de ma part). Les USA sont évidemment opposés à cela.

L’Europe-puissance pourrait – croisons les doigts – ne pas avoir une volonté d’être impériale, peut-être par sagesse succédant aux folies des guerres qui ont déchiré l’Europe et l’ont traumatisée pour longtemps, d’où la réserve en Europe par rapport à l’exhibition du drapeau national, les positions franco-belgo-allemandes sur l’Irak, contre la guerre.

(L’URSS et l’Allemagne ont eu respectivement 9 et 17 millions de morts en 1940-1945,

la France près de 2 millions en 1914 mais rien que de jeunes soldats,

l’État belge 100.000 morts aux deux guerres,

la France encore 600.000 en 1940-1945 malgré que sa participation ne fut pas continue,

l’Angleterre a eu moins de morts que la France et sauf le blitz en 1940 a vu son territoire épargné de bombardements et évidemment d’occupation,

la France a été meurtrie par la défaite terrible de 1940, durablement et le gaullisme s’explique tout entier par la volonté de se sauver de cela)

José Fontaine

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Re: Neutralité
René Marcel Sauvé
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
lundi 9 juin, 2003 21:40

Merci d'avoir étoffé le propos sur la neutralité, monsieur Fontaine. Le Québec a besoin de s'instruire sur ces questions, encore trop théoriques pour nous, qui n'avons aucune expérience immédiate de l'État.

La Belgique existait au temps de César, qui en fait mention dans son traité sur la guerre des Gaules (le célèbre De bello gallico): Omnis Gallia est in partes tres divisa. In prima incolunt Belgiae. Toute cette histoire fascinante s'est produite hier.

Tous les Québécois et toutes les Québécoises authentiquement intéressés de voir le Québec accéder au statut reconnu d'État doivent lire et étudier la guerre des Gaules de Jules César. Ne craignez rien. Les Classiques Garnier en fournissent un exposé détaillé, avec d'un côté le texte original en latin (fascinant à lire)  et une bonne traduction en français.

Ce que raconte César, le ton précis de ses exposés sur les questions politiques et militaires auxquelles il a été confronté, est une mine d'enseignements valables pour nous deux mille ans plus tard, période très courte dans l'histoire de l'humanité qui, comme le dit la Bible, passera comme un éclair.

La question: comment inciter les Québécois intéressés par l'avenir et le devenir du Québec à lire et à s'instruire de l'expérience des autres?

Vos voisins Hollandais ont eux aussi connu l'Empire romain.

De fait, les Romains ont presque exterminé les Bataves des bouches du Rhin, qui avaient osé leur résister. S'ils avaient réussi, le monde n'aurait jamais pris connaissance de l'existence de ces grands Hollandais de très haute taille, femmes comprises. J'en demeure encore vivement impressionné depuis ma dernière visite à Eindhoven, où la compagnie hollandaise Philipps est établie.

Les Bataves existent encore et se distinguent des Frisons, plus trapus et rougeauds du nord de la Hollande et qu'on retrouve également en Allemagne du nord. J'en ai pris connaissance lors de mes incursions pour trouver quelques explications valables sur l'existence de la frontière germano-hollandaise.

Pour tirer d'utiles leçons de cette histoire, il faut suivre dans le cours inférieur du Rhin l'évolution de l'Empire romain, jusqu'à sa décadence et aux invasions barbares, celles  qu'on connaît par l'Histoire et dans lesquelles sont impliqués les Wisigoths d'Alaric, les Francs Saliens, dont beaucoup d'entre nous sont descendants, les Vandales, les Suèves, les Alains, les Burgondes, les Alamans, les Huns, surtout les Angles, les Jutes et les Saxons, qui ont envahi les Iles Britanniques et en ont chassé les Celtes qui y habitaient, lesquels se sont réfugiés en Bretagne, en Irlande, au Pays de Galles et en Galice espagnole, Assistons à l'arrivée des Vikings, des Svers, fondateurs de la Suède, des Suomen, fondateurs de la Finlande. Les Svers, (d'où le nom de Sverige, pour désigner la Suède en suédois), sont devenus un État en
1525, après plus d'un millénaire d'histoire et beaucoup d'hésitations chez le peuple, qui a fini par comprendre et par suivre Gustave Vasa, le fondateur de l'État suédois.

Les Suomen n'ont pris conscience de leur statut d'État de fait que pendant le dernier quart du Dix-neuvième siècle. Lire l'histoire de la Finlande sous domination russe, c'est s'aider à mieux comprendre l'histoire du Québec.

Nos propres ancêtres, originaires des côtes de la France maritime, ont tous été impliqués dans cette histoire des peuples du nord de l'Europe, qui ne sont nullement des étrangers pour nous.

Alors pourquoi se comporter comme si l'étude de toute cette histoire était aliénée par rapport à nous, leurs descendants directs en Amérique du nord?

Toute cette histoire est riche en enseignements pour nous et si nous voulons éviter les erreurs commises, alors à nous de nous en instruire en premier lieu.

Les années 415 à 430 A.D. sont particulièrement intéressantes pour nous, Québécois, qui sommes en train d'accéder au statut reconnu d'État de jure comme de facto. Il faut ensuite y donner suite en étudiant les circonstances qui ont entouré l'indépendance de la Suède, en 1525, puis, celle de la Belgique et de la Hollande, y compris la période formative des États belge et hollandais avant le Dix-neuvième siècle et les événements qui ont entouré leur reconnaissance finale, quoique toujours précaire.

Nous comprendrons mieux l'histoire de la formation de l'État du Québec, auquel fait maintenant suite celle de l'Ontario, de la Nouvelle Écosse, l'Alberta, la Colombie Britannique et Terre-Neuve.

Ce n'est ni idéologie ni dogme officiel, seulement un processus d'évolution naturee, sui generis, qui est en train d'aboutir sous forme d'États nouveaux dans l'échiquier du monde actuel et à venir. C'est à nous, Québécois, de prendre l'initiative dans ce sens et ce sera tout à notre honneur d'oser le faire.

Dans mon livre, Géopolitique et avenir du Québec, je fais aussi quelques comparaisons avec les États baltes: Estonie, Latvie et Lithuanie. Le Québec et le reste du Canada s'inscrivent géographiquement dans le sillage des peuples du nord de l'Europe. Alors pourquoi ne pas chercher à comprendre en remontant loin dans nos racines?

Merci encore une fois, monsieur Fontaine. Votre texte mérite d'être lu et conservé.

René Marcel Sauvé
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Bel exemple d'un État neutre efficace
Jean-Marc Rioux
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 10 juin, 2003 14:25

Bel exemple, en effet, d'un État neutre efficace et mondialement influent !  Le futur Québec indépendant-Pays neutre pourrait s'en inspirer !

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Le mardi 10 juin 2003
Comme d'ambassadeur

Le Vatican aurait rejeté la candidature d'Alfonso Gagliano

Presse Canadienne
Ottawa

Le Vatican aurait rejeté la candidature d'Alfonso Gagliano selon le quotidien Toronto Star de mardi qui ajoute que le refus aurait amené le premier ministre Jean Chrétien à abandonner son projet de nommer son ancien ministre des Travaux publics au poste d'ambassadeur auprès du Saint-Siège, en Italie, comme il le réclamait.

Le quotidien affirme que lors de discussions informelles au sujet de la candidature de M. Gagliano, le Vatican a clairement laissé entendre qu'elle ne serait pas acceptée. Le premier ministre Chrétien a pu ainsi battre en retraite discrètement et éviter une situation embarrassante.

L'ancien ministre responsable des contrats de commandite au gouvernement, qui occupe actuellement le poste d'ambassadeur au Danemark, continue d'alimenter la controverse au Canada avec de nouvelles révélations selon lesquelles son fils, Vincenzo Gagliano, aurait tiré avantages des contrats fédéraux.

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Re: Bel exemple d'un État neutre efficace
René Marcel Sauvé
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 10 juin, 2003 18:07

Donc, le Vatican n'accepte pas l'arbitraire, même lorsque, en position de faiblesse devant un pouvoir établi, il a dû reculer. Je pense à la Seconde guerre mondiale évidemment.

Je ne crois pas que Karol Woytila (nom qui rime avec Attila), qui est probablement descendant des Huns, avec un nom pareil, sans doute le premier Hun à devenir pape, soit le genre d'homme pour plier devant l'arbitraire des États, quels qu'ils soient. Il n'a pas eu peur ni de la Gestapo ni de la KGB ni des rideaux de fer et de bambou et ce sont eux qui sont tombés, pas lui. Il en avait vu d'autres avant de devenir pape. Il est l'homme du Christ, non l'homme d'un système.

En tout cas, il n'a peur de personne. J'avais quelques amis au Vatican et en 1999, la "gang" s'est mise à spéculer pour savoir qui remplacerait ce pape à la capacité de travail énorme et à la couenne un peu trop dure pour beaucoup de monde à l'intérieur de l'Église. Car il semblait clair à ce moment que l'Église aurait un nouveau pape avant 2000, probablement un juif cette fois, en la personne d'Aaron Lustiger, archevêque de Paris, ainsi que semble le vouloir la prophétie qui qualifierait le prochain pape par la caption latine: De gloriae olivae. À la gloire de l'olive, qui est le rameau d'Israël.

Mais on ne connaissait pas la robustesse peu commune de Karol Woytila. ce descendant des envahisseurs venus de l'Est, les plus "toffes" parmi les "toffes".

Si mon ti-Jean Chrétien a cru impressionner Karol Woytila, il s'est trompé. C'est le moins qu'on puisse dire. Il peut garder son p'tit Alphonse pour lui et continuer à le laisser dîner en tête à tête avec madame Lise Thibault, la femme du pouvoir pour le pouvoir.

Bel exemple pour nous tous en tout cas.

René Marcel Sauvé
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Re: Bel exemple d'un Etat neutre efficace /
l'adieu refoulé
Robert Bertrand
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mercredi 11 juin, 2003 09:59

Gagliano restera au Danemark, dit Chrétien
La reine avait pourtant déjà planifié une cérémonie d'adieu à celui que certains envoyaient au Vatican

http://www.ledevoir.com/2003/06/11/29633.html

PC
Édition du mercredi 11 juin 2003
Mots clés : Canada (Pays), Danemark (pays), Gouvernement, chrétien, gagliano

Ottawa -- La reine du Danemark a beau avoir mis à son horaire une audience d'adieu pour l'ambassadeur canadien Alfonso Gagliano, le premier ministre Jean Chrétien assure que son ancien ministre ne quittera pas Copenhague.

De Seigneur et Maître de son patelin, il est devenu un embarras... ( pardon, un ambassadeur).

Ils ne le veulent plus et il doit rester collé à son poste selon la volonté du Grand Bénéficiaire.

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Pour se débarrasser d'un Gouvernement de trop, ne faut-il pas y découvrir toutes ses lacunes, les mettre en évidence tout en valorisant notre propre Gouvernement National du Pays du Québec ?

Robert Bertrand

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Le Devoir
Valérien Lachance
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
lundi 16 juin, 2003 09:51

Commentaires de Valérien  Lachance :
Dénoncer l'injustice, défendre les droits et libertés, OUI mais,
NON à la haine anti-Américaine.

Attention ! Nous partageons le même continent ?

Le Québec pourrait-il avoir un rôle neutre et pacificateur dans le monde ?

Les nouveaux casques bleu !

VL

"Les États-Unis et l'Europe sont aujourd'hui confrontés au défi de bâtir des ponts d'amitié avec le monde musulman et de redorer l'image d'un Occident guidé par des valeurs d'espoir, de progrès et de libertés fondamentales. L'héritage des partisans du dialogue tels Daniel Pearl, symboles de l'humanité et la bonne volonté de l'Occident, sera le puissant catalyseur qui enclenchera ce processus"

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