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La crise d’octobre
1970-2000
Souvenirs et savoirs
Par Gilles Rhéaume
7 octobre 2000
 
 

I-  POURQUOI  TANT D’IMPORTANCE CETTE ANNÉE


Nous assistons présentement à une vaste MASCARADE.  Savamment orchestrée cette entreprise de récupération politique, de dénaturation des faits, de négation de l’histoire et de culpabilisation du Québec tout entier n’a qu’un but :  cacher la vérité sur l’époque Trudeau car ce Canada n’a pas mieux fait que Milosevic en jonglant avec les libertés politiques. Tout cela eu égard à ce qu’il est convenu d’appeler la crise d’octobre 1970, dont l’an 2000 marque le trentième anniversaire et tout cela… au moment même du décès de ce Pierre Elliott Trudeau.  Voilà l’affaire !

Octobre 1970 :
Le Canada contre le Québec, comme d’habitude…

Habitude hautement traditionaliste voire réactionnaire dont les Québécois ne semblent pas, par ailleurs, ni se lasser ni en mesurer vraiment le prix et les coûts, unanimes qu’ils ne sont pas à exiger la souveraineté. Et surtout  à la réaliser et à la façonner cette extraordinaire aventure humaine qui est celle de se donner démocratiquement un pays !

Il n’est toutefois et heureusement pas nécessaire, en vertu des règles de l’ONU, du droit international et des pratiques diplomatiques, d’être unanimes pour que le Québec devienne automatiquement un pays.  La communauté internationale connaît le Québec.  Les chancelleries sont bien au fait de la question québécoise… Les Québécois ignorent encore trop comment et combien les peuples de la terre les attendent dans le concert des nations.  Le monde entier sait qu’en 1995 le OUI est passé à quelques dizaines de milliers de voies de l’emporter et que le Québec devienne un pays…  Le 49,4% a fait son tour du monde comme en 1967, le «Vive le Québec libre» du Général de Gaulle avait fait d’abord le sien inaugurant ainsi l’internationalisation de notre cause…

Il y a cinq ans les Québécois se sont fait voler un pays, le leur, le Québec qui devrait déjà posséder son siège à l’ONU… Nous pouvons dire que le Canada a volé ce pays non seulement aux Québécois mais aussi au monde entier car c’est un jour de fête partout chez les peuples que celui de leur indépendance… Le mémoire du MSQ, déposé récemment auprès de plusieurs instances internationales, dont l’ONU, se penche sur cette triste et immense magouille du NON lors du dernier référendum.  Avec les élections fédérales, la question du Québec remonte à la surface…  Et nous sommes en octobre, en octobre 2000.

En fait ce qui rend la crise d’octobre si fébrile dans nos souvenirs c’est que la mort du vénéré Pierre Elliott Trudeau coïncide précisément avec le trentième anniversaire de ce moment si signifiant, si pédagogique et si archétype de notre histoire.

Ce qui s’est produit en octobre 1970 s’inscrit naturellement dans le sillon de tout ce qui a précédé depuis le Québec a été annexé aux colonies britanniques d’Amérique du Nord à la fin du 18e siècle.  La répression systématique subie par les Francophones partout au Canada et qui dure depuis plus de trois siècles, a pris plusieurs formes tout au long de l’histoire du Québec :  occupations militaires, parlements bidons, ségrégations linguistiques, constitutions imposées, lois, décrets et règlements discriminatoires voire racistes etc. etc. etc.  Le Canada anglais est le maître et il sait très bien le montrer quand il le faut, c’est-à-dire tout le temps…

Octobre 1970 est aussi annonciateur, fondateur d’un des canons du credo de l’ultranationalisme canadien : «Un Québécois indépendantiste n’a pas la même valeur humaine qu’un Canadien qui vote dans la Province de Québec».  Le C-20 de Stéphane Dion est la conclusion logique de l’application en octobre 1970 de la loi des mesures de guerre. C’est au niveau des droits sacrés de l’être humain que cette crise a consacré la prédominance de la force sur le droit lorsqu’il s’agit du Québec, des Québécois, de leur langue, leurs droits et leurs institutions.

Le départ de Trudeau «le grand penseur», «le plus brillant de sa génération», «l’intellectuel haut de gamme», «l’ami des Droits de l’homme» ne peut que raviver l’intérêt pour une des périodes les plus noires du Canada.  Ce qui est arrivé en 1970 n’est pas une petite affaire.

Un quart de siècle après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale et après toutes les ignominies que l’on sait eu égard aux Droits de l’homme, un Canada, un  pays allié des démocraties, un pays anglais par sa langue, son droit et sa politique, suspend, en temps de paix, au Québec, dans la seule province française du Canada, les libertés naturelles et civiles en invoquant une tyrannique et despotique loi des mesures de guerre.  John Conway, dans son livre lumineux, Rendre des comptes, traduit en français et paru chez VLB n’hésite pas à parler de  TERRORISME D’ÉTAT  pour qualifier le comportement du Gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, ce geôlier du Québec !

Voilà les faits !  Plus de 3000 gestes policiers posés contre des citoyens et des citoyennes, de leurs enfants, de leurs parents et de leurs proches.  Des centaines et des centaines d’arrestations et d’incarcérations.  Des milliers d’interrogations, d’intimidations, et d’humiliations ont été perpétrées sans égard aux droits fondamentaux de ces Québécoises et de ces Québécois…

A suivre…

Gilles Rhéaume
gilles_rheaume@moncourrier.com
 
 

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