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Parti Québécois
Région de la Capitale nationale.
 
 

Ouvrir le Québec sur le monde


Le comité

    Le comité de réflexion et d'action stratégique de la
    région de la capitale nationale a été créé à la
    demande du Conseil régional du Parti Québécois de
    la capitale nationale. M. Marcel Lefebvre a été
    mandaté par le président du Conseil régional pour
    présider ce comité. Les personnes dont les noms
    suivent ont participé aux travaux de ce comité :

        M. Claude Bariteau, M. Jean-Pierre Roy,
        M. Henri Laberge, M. Léonce Gaudreault,
        M. Mario Desjardins, M. Jeannot Richard,
        Mme Annie Burelle, M. Georges Cyr, M.
        Alyre Potvin, Mme Hélène Renaud-Lortie,
        M. Gilles Gaumond, M. Bruno Leclerc, M.
        Simon Hamel, M. Alain Ratté, M. Yves
        Poisson, Mme Vicky Trépanier, M. Marcel
        Lefebvre

Ses objectifs

    Le président régional du Parti Québécois, M. Gilles
    Gaumond, a fixé les objectifs suivants au comité :

        Répondre à l'appel de Lucien Bouchard
        d'entreprendre une réflexion en profondeur
        sur le projet souverainiste en sorte de
        déboucher sur un discours nouveau et des
        stratégies nouvelles.
        Cibler particulièrement la région de la
        Capitale nationale en sorte d'augmenter le
        vote favorable à la souveraineté de 10 %
        lors du prochain référendum.

Ses travaux

    Le comité de réflexion et d'action stratégique s'est
    réuni pour la première fois le 19 avril 1999 et il a
    tenu depuis huit réunions plénières au total. Deux
    comités restreints se sont également réunis à
    plusieurs reprises avec l'intention de préparer la
    réflexion du comité plénier. Ces comités restreints
    ont tenu plus d'une quinzaine de réunions. Les
    avenues de réflexion retenues par le comité ont été
    les suivantes :

        a) Le Québec et la problématique
        canadienne
        b) La définition d'un projet souverainiste
        rassembleur par le biais de la citoyenneté
        c) La visualisation du Québec souverain
        d) La souveraineté et la capitale nationale
        e) Stratégie, pédagogie et communication
        souverainiste.

Le présent document

    Ce document de synthèse rend compte de l'état actuel
    des travaux du comité. Il a été rédigé dans le but de
    communiquer aux diverses instances du PQ le
    contenu du travail de réflexion entrepris.

Structure du document

    Le document "Synthèse des travaux" est structuré de
    la façon suivante pour chaque item de réflexion
    faisant l'objet d'un chapitre :

        1. Présentation de la conclusion telle que
        formulée et endossée à l'unanimité par le
        comité.

        2. Développement, explication, fondement
        de la conclusion du comité.

        3. Répercussions de la conclusion du
        comité, le cas échéant, sur le programme
        du Parti Québécois.
 

Chapitre premier :


Sortir le Québec de la
problématique canadienne
 

Pour un projet souverainiste fort tourné
vers le monde et l'avenir.


Conclusion telle que formulée par le comité

             Le Québec ouvert sur le monde
         et plus particulièrement sur les Amériques
 

Énoncé de principe (préambule)

    a) Fondamentalement un peuple souverain est libre
    de ses choix ;
    b) Pour être libre, le Québec doit sortir du Canada et
    concevoir le partenariat comme possible mais non
    indispensable ;
    c) L'affirmation de souveraineté, sans référence
    nécessaire au partenariat canadien, a l'avantage de
    mettre fin à l'ambivalence des Québécoises et des
    Québécois mais surtout de mettre l'accent sur les
    relations économiques nord-sud et les autres États
    souverains ;
 

En conséquence,

    Il est résolu de proposer aux Québécoises et aux
    Québécois de voter en faveur d'un Québec souverain
    qui serait en mesure de négocier librement des
    ententes économiques et politiques avec les autres
    États du monde et de participer à l'élaboration d'un
    vaste marché commun des Amériques et de soutenir,
    le cas échéant, le projet d'une monnaie commune.
 
 

Réflexion sous-jacente.
 

L'impasse

L'avenir du Québec dans le Canada n'est plus possible sauf
dans l'éventualité où il serait prêt à renier sa différence
spécifique. Forcé par le contexte de la mondialisation vers une
centralisation toujours plus grande, le gouvernement du Canada
tente d'homogénéiser toutes ses provinces par l'union sociale et
l'envahissement de leurs champs de compétence. La
mondialisation donne au Canada un prétexte de plus pour
mener à terme sa vision du Canada, dont le germe présent dans
"l'entente" de 1867 n'a cessé de s'affirmer au grand jour
depuis. Avec cette vision, la population du Québec devrait se
fondre dans le grand tout canadien, accepter le nivellement et
devenir l'une des minorités culturelles francophones du
Canada. Le "nation building" canadien déploie tous les moyens
à sa disposition pour inciter les Québécois à se définir ainsi,
ce qui se traduit par une attaque tous azimuts du mouvement
souverainiste.

Un Québec libre de ses choix hors de la problématique
canadienne.

Le Canada a tout avantage à ce que le Québec maintienne son
discours habituel sur le partenariat. Ce discours, en effet, lui
donne l'occasion de dire non et d'affaiblir du même coup tout
projet souverainiste qui voudrait l'inclure comme condition.
Enfin, advenant qu'un projet de souveraineté avec partenariat,
comme proposé en 1995, soit négocié un jour, cela permettrait
au Canada d'exploiter l'attachement de plusieurs au Canada et
de trouver un compromis dans le sens d'une plus grande
autonomie pour le Québec mais à l'intérieur du Canada.
Stratégiquement, l'offre de partenariat comme donnée
essentielle au projet souverainiste laisse entendre à la
population québécoise que le projet de souveraineté n'a pas de
valeur intrinsèque. C'est la meilleure façon d'entretenir le
doute sur la pertinence de ce projet dans l'esprit des indécis.

Cesser d'accorder priorité au partenariat avec le Canada
implique de l'audace, implique que l'on mette fin à un vieux
rêve, mais présente à la population un projet souverainiste fort,
confiant en lui-même et plus susceptible de faire diminuer les
doutes chez ceux qui en ont encore. Promouvoir la
souveraineté du Québec sans traits d'union, c'est croire aux
vertus de la souveraineté.

Dans le nouveau contexte de la globalisation des marchés, tout
se décide aux grandes tables internationales où seuls les États
ont droit de participation. Comment l'État canadien, qui
s'acharne à nier la réalité d'une nation politique québécoise,
pourrait-il prétendre défendre les intérêts particuliers du
Québec? Celui-ci n'a donc plus le choix : il se doit de
participer en tant qu'État aux diverses tables de négociation
internationale. La progression rapide dans les esprits de l'idée
d'une monnaie des Amériques jouera dans le sens des intérêts
d'un Québec souverain atténuant les arguments pour une union
monétaire Québec - Canada. Le Québec doit s'inscrire, au
contraire, dans les tendances fortes actuelles, c'est-à-dire la
mondialisation et le marché commun avec les Amériques, à
plus court terme avec l'Amérique du Nord. La taille du Québec
est un atout dans cette nouvelle dimension de la
mondialisation. Elle permet une plus grande flexibilité et, de
ce fait, une meilleure adaptabilité aux changements en cours.
Par ailleurs, il ne faut pas négliger le fait que le Québec
profitera des ententes négociées par les pays les plus puissants
et des mécanismes et règlements acceptés par eux. Le cas
récent du Costa Rica, un petit pays de 3,1 millions d'habitants,
qui a gagné sa cause devant le panel de l'OMC contre les
États-Unis, qui lui avaient imposé des restrictions sur la vente
de ses textiles sur le territoire américain, en est la preuve.

Répercussion sur le programme du Parti Québécois

Une telle définition du projet souverainiste du Parti Québécois
obligera à des remaniements au programme. En particulier le
paragraphe 3 de l'item A du Chapitre 1 où il est question de
l'offre de partenariat devra être revu pour tenir compte des
réflexions qui précèdent. Le paragraphe 7 du même item A du
chapitre 1 devra également être reformulé en sorte de mieux
signaler que l'utilisation de la monnaie canadienne par le
Québec ne pourra qu'être temporaire et que l'objectif, s'il est
avantageux pour le Québec, sera de participer à l'adoption
d'une monnaie des Amériques.

La fin d'un rêve et l'abandon de la notion de peuple
fondateur.

Minimiser l'importance du partenariat implique, en
contrepartie de valoriser les capacités des Québécois, toutes
origines confondues, de relever les défis de la mondialisation
en cours. Surtout de dynamiser l'économie du Québec en
développant ses meilleurs atouts et en donnant une nouvelle
impulsion à la région montréalaise, ce qui aura des
répercussions sur tout le territoire du Québec. Procéder ainsi
sera, à notre avis, la meilleure façon de faire face aux
hésitations des Québécois et des Québécoises qui se disent
attachés au Canada. C'est le cas notamment des Francophones
d'Amérique qui ont fondé ce pays les premiers et ont cru en
1867 que le Canada les avait reconnus comme peuple
fondateur. Dans les faits, cela n'a jamais été vrai. La
découverte récente de l'absence du droit de veto, après le
rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, a sonné la
fin d'un rêve : celui d'être reconnu par le reste du Canada.
Meech et Charlottetown sont venus enfoncer le dernier clou
dans le cercueil de ce vieux rêve, tenace, et qui sous-tend son
ambivalence légendaire. L'histoire, surtout les dix dernières
années de blocage constitutionnel devraient suffire à
convaincre tous les Québécois de l'inexistence d'un partenariat
Québec - Canada.

Pour les autres Québécois, minimiser le partenariat impliquera
aussi un deuil. Il ne faut pas le négliger. Aussi, faudra-t-il faire
valoir les avantages de la nouvelle approche, notamment le
recours à l'un des atouts majeurs du Québec dans la
mondialisation en cours, soit la capacité de pouvoir
commercer avec des pays de langues très variées grâce à
l'existence d'une main-d'oeuvre québécoise pouvant s'exprimer
dans plusieurs langues, notamment l'anglais, tout en ayant le
français comme langue de travail. Dans le même ordre d'idées,
il faudra aussi faire valoir que l'abandon du rêve canadien
pour les Québécois, c'est surtout de réaliser le pays du Québec
en luttant contre les cloisonnements de toutes sortes par
l'exclusion et la ghettoïsation et en favorisant l'enracinement
d'une démocratie forte.


Ouvrir le Québec sur le monde : chapitre 1 et présentation
Ouvrir le Québec sur le monde : chapitre 2
Ouvrir le Québec sur le monde : chapitre 3
Ouvrir le Québec sur le monde : chapitre 4
Ouvrir le Québec sur le monde : chapitre 5
Ouvrir le Québec sur le monde : chapitre 6 et conclusion
 
 

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