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Pierre Bourgault

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QUÉBEC un Pays rend hommage à
Pierre Bourgault
 

1934-2003

Nous ne voulons plus être une province
«pas comme les autres»,
nous voulons être un pays comme les autres."

-On m'a demandé l'autre jour :
Qu'est-ce qu'un Québécois?
J'ai répondu : C'est quelqu'un qui veut l'être.
Quelqu'un qui assume le passé,
le présent et l'avenir du Québec.


Témoignage de Pierre Bourgault
quelque temps  avant sa mort
1934-2003

 


Texte transcrit par Valérien Lachance
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
jeudi 3 juillet, 2003 16:38

 Le coeur bat plus vite que de coutume et le cerveau explose.  Je me demande lequel des deux  explosera  le premier, à  moins que je m'occupe de tout cela moi-même, ce qui  n'est pas une si mauvaise idée après tout.

Je m'engloutis dans toutes les contradictions.  Je suis vivant mais je suis mort. Je suis résigné mais je veux me battre. Un instant je m'imagine longeant les murs sans lever le regard, puis je décide de porter la tête haute et de soutenir les terribles regards de tous ces accusateurs qui disent encore m'aimer.

Je veux vivre et je veux  mourir. Je veux  ignorer le bourreau qui ne sait pas ce qu'il fait, puis je veux me venger.

Je veux dormir mais rester vigilant. Je suis allumé puis, je m'éteint. Je me suis toujours un peu  moqué de la mort, la mienne, et celle des autres. Tout s'arrête et  voilà, c'est tout. Je ne l'ai jamais souhaitée, mais je n'ai jamais non plus tenté de l'ignorer. Je savais qu'elle viendrait en son temps. Je souhaitais quelle soit simple, qu'elle soit douce et qu'elle me prenne à l'improviste sans m'avertir qu'elle s'amenait.

Mais voilà qu'elle se présente devant moi dans toute sa brutalité, avec une brusquerie sauvage qui m'arrache de terre avec violence. Je comprends maintenant pourquoi il vaut mieux ne pas connaître le jour de sa mort, car autrement, on devient un mort vivant ! Vous vous levez un matin et tout va bien, puis quelqu'un vous annonce que vous serez exécuté dans l'après-midi. Entre le matin et l'après-midi il y a l'éternité. Pas la vie, l'éternité qui comme on le sait, ressemble parfois à l'enfer. Oui, c'est de cela qu'il faut parler, l'enfer.

J'y suis plongé depuis cinq jours entouré de tous ces démons déchaînés , les miens et ceux des autres, ils m'assaillent de toute part et me roulent dans la boue. Je ne suis plus rien, moins que rien et pourtant il me reste la rage, oui cette sorte de rage qui est plus que de la colère. Oui cette rage incandescente qui me brûle et me consume comme le feu le ferait sur un bûcher ! Voilà cinq jours que ça dure, non seulement l'épouvante ne diminue pas, elle s'installe à demeure. Je sais que le fusil a craché son feu mais je ne sais pas quand il m'enflammera le cerveau.

Inconsciemment, je longe déjà les murs et ne regarde plus les gens, les voisins, les passants dans leurs yeux.

J'attends. Une attente habitée de toutes les angoisses, de tous les cauchemars, je ne me déplace plus que lentement comme si je craignais arriver trop vite au but.

Je regarde mon chien avec plus de tendresse que d'habitude et c'est dans une sorte de brouillard que j'aperçois ma terrasse abondamment fleurie.  Je vois à peine les fleurs qui ne sont plus que des  taches de couleur imprécises qui s'évanouissent en plein soleil.

Désormais, je sais ce qu'est la folie, le retrait, le refus, le départ ailleurs. Je me sens devenir fou.  Je commence à comprendre que la mort et la folie ne sont peut-être qu'une seule et même chose, je n'en peux plus.

Ah! tuez-moi et au plus tôt et qu'on en finisse enfin.

Je suis mort et je vis, l'horreur absolu. Ce n'est pas tant la mort en soi.  C'est la mort qui surgit nulle part dans l'humiliation et l'opprobre. Ce n'est pas la mort tout court, c'est la mort qui s'accompagne d'un jugement injuste et de la condamnation sans appel. C'est la mort qui survient dans les cris de vengeance.  C'est la pire des morts, c'est la mienne.

J'ai connu tout au long de ma vie des souffrances individuelles et de lourdes épreuves mais, réunies toutes ensemble, elles pèsent bien peu auprès de la tourmente dans laquelle je suis plongé !

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Merci à Monsieur Valérien Lachance d'avoir pris le temps de nous transmettre ce document par écrit.

Robert Bertrand

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Si les Américains savaient...

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Ni héros ni martyr
Pierre Bourgault
novembre 1970
extrait de "écrits polémiques"

<< Pour moi, la violence reste le dernier recours. Je résisterai toujours à m'y laisser entraîner sous le seul prétexte qu'elle existe. J'essaie de voir clair et j'essaie de rester libre.

Ce n'est pas facile. Parfois je me dis que je ne suis pas dans le FLQ tout simplement par manque de courage et puis, dans la minute suivante, je m'apercois que j'ai d'autres raisons, dont la principale est le sentiment que je renierais ainsi tout ce pourquoi j'ai toujours combattu.

Suis-je un peureux? Bien sûr, comme tout le monde.

Mais j'ai assez souvent triomphé de ma peur pour savoir que je pourrais encore la vaincre si j'en sentais la nécéssité absolue.  Ma vie, et la vôtre, valent-elles plus que la cause que je défends?

"Better dead than red" disent certains Américains.  Il vaut mieux être mort que communiste.  Je trouve cela complètement stupide.  Je crois qu'il vaut mieux être communiste que mort.

Mais comment cela s'applique-t'il à nous?

Il vaut mieux être mort dans un Québec indépendant que vivant dans la confédération Canadienne, disent certains.  Ah oui ?  Quel étrange sentiment !  N'y a t'il pas là une volonté de suicide évidente ?  Est-ce la peur de vivre, beaucoup plus dure à supporter que la peur de mourir ?

Et toute cette misère et cette indignité qui m'entourent ?

Y suis-je donc si insensible que je refuserais de sacrifier ma vie pour les faire disparaitre ? Toutes ces questions que je me pose et auxquelles je ne trouve pas de réponse...

Et pourtant, malgré tout j'ai choisi.

Je continue à priviligier la cause de la vie sur toutes les autres causes.

Je continue à croire que l'homme n'est grand que vivant.  Je continue à affirmer que je ne ferais pas l'indépendance du Québec pour les morts.

Et puis tres égoistement, je veux être là le jour de l'indépendance.  Pas vous ?

Tuer pour la cause ?  Mourir pour la cause ?  Non !  Ni héros ni martyr.

J'ai toutes les raisons de vivre et laisser vivre.  Et je veux mourir sans raison, tout simplement, un jour, comme on meurt et depuis toujours, comme un homme, parce que c'est fini, parce que c'est ainsi.

Sans drapeau, sans fusil, sans patrie, sans discours, sans larmes, tout nu, enfin désarmé et pour toujours.>>

Pierre Bourgault,novembre 1970

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Bourgault hospitalisé
Jean Lapointe
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
vendredi 13 juin, 2003 08:55
Pierre Bourgault suspend ses activités

Pierre Bourgault iquebec.ifrance.com

Pierre Bourgault a été hospitalisé dimanche soir dernier à la suite
de problèmes de santé jugés passablement graves par ses médecins.

Âgé de 69 ans, M. Bourgault doit suspendre momentanément toutes ses activités, entre autres comme chroniqueur au Journal de Montréal et à l'émission quotidienne Indicatif présent de Marie-France Bazzo à la radio Radio-Canada.

Depuis le début des années 60, Pierre Bourgault, considéré comme le père de la cause de l'indépendance du Québec, n'est jamais demeuré longtemps inactif.

Il a été, avec André D'Allemagne et Andrée Ferretti, l'un des
fondateurs du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), qui a vu officiellement le jour le 10 septembre 1960.

Il en a été le président jusqu'à sa dissolution lors de la création
du Parti québécois.

Durant plus de 40 ans, son charisme et ses dons d'orateur l'ont mené sur toutes les tribunes, qu'il a occupées brillamment pour y
défendre ses idées.

Pierre Bourgault est un personnage fascinant, indissociable de la
réalité québécoise. Communicateur dans l'âme, il a été tour à tour
journaliste, homme politique, professeur en communication à l'UQAM, écrivain, animateur à la radio et même acteur, dans le film Léolo du regretté Jean-Claude Lauzon.

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Hommage :
Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
2003/06/16

Pierre Bourgault.

La qualité de sa langue, la profondeur de ses convictions, la fougue de ses discours, l'enthousiame communicatif et la chaleur de sa présence, autant de caractéristiques qui nous a fait connaître et apprécié cet homme de caractère, de présence, d'amitié.

Pour les uns, c'en était trop qu'un homme puisse réunir en son sein autant de valeurs !  On voulait qu'il soit là et pourtant on le souhaitait effacé.

C'est douleureux de ne pas se faire accepter, tel qu'on est, avec toutes ses qualités et ses défauts.

C'est lui, Pierre Bourgault.

C'est un peu à l'image du Québec pour le reste de ce Pays qui nous est étranger.

On aime le Québec en autant qu'il soit effacé, en autant qu'il ne prenne pas trop de place.

Pierre Bourgault, pour ce que l'on en connaît par ses écrits, par ses discours, par ses interventions dans les émissions trop peu nombreuses où il était l'invité, a marqué plusieurs générations de nos concitoyens et concitoyennes.

On ne pouvait rester indifférent à sa présence, à sa culture, à son charme personnel.

Comme le grain meurt pour voir apparaître le blé, Pierre Bourgault nous quitte pour mieux voir fleurir la réalité Québécoise, ici et ailleurs dans notre monde.

Le Québec aux Québécois !  Le Québec Libre !  Le Québec Pays !

L'Histoire lui réserve une place d'honneur.

Salut Pierre Bourgault.

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Pierre Bourgault n'est plus
Yves Sabourin
lundi 16 juin, 2003 15:19

Homme de conviction et de paroles, il aura su nous faire partager tant par ses écrits que par ses chroniques, ses interventions radiophoniques et ses dicours politiques enflammés, son espoir en ce Québec en devenir.

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Décès de Pierre Bourgault
Bernard Landry
lundi 16 juin, 2003 18:31

"... il était un humaniste et un philosophe et que son héritage culturel est universel allant jusqu'au cinéma et aux paroles de chansons."

... Il a compris tôt, avec André D'Allemagne, fondateur du R.I.N., Marcel Chaput et avant bien d'autres que la nation québécoise ne pouvait se contenter du statut réducteur de simple province d'une autre nation. Dans des conditions extrêmement difficiles, il a poursuivi cet idéal et l'a fait rayonner. Fidèle à la cause avant tout, il n'a pas hésité à faire disparaître son parti pour faire avancer l'indépendance à travers une coalition plus vaste et plus prometteuse, le Parti Québécois sous la direction du grand René Lévesque.

     L'intérêt personnel était pratiquement inexistant pour Pierre Bourgault. Il voulait le mieux pour son pays et sa nation et il n'a reculé devant aucun sacrifice y compris des années d'extrême précarité matérielle en dépit de ses immenses capacités professionnelles et uniquement à cause de son engagement politique.

     Il compte parmi les plus grands idéateurs de la cause nationale et l'un de ceux qui aient convaincu le plus de gens d'y adhérer. Pierre Bourgault est un modèle d'engagement citoyen voué au service d'un idéal collectif. Il peut servir d'exemple dans le service d'un projet noble au-delà de tout intérêt particulier.

    Pour les millions d'hommes et de femmes qui poursuivent la recherche et la construction du Québec indépendant, son départ comme sa vie constitue un formidable appel à l'effort et à l'espoir.

Il y a quelques jours, lors de notre ultime entretien, il m'a suggéré de rappeler à nos compatriotes que l'indépendance c'est tout simplement la capacité pour le Québec de voler de ses propres ailes. Toute sa vie inspire l'excellence et le dépassement. C'est une belle leçon de courage pour tous et toutes et un bel appel à la jeunesse du Québec pour qu'elle continue la poursuite de l'idéal incarné par Pierre Bourgault."
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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Pierre Bourgault n'est plus
Jean-Marc Rioux
lundi 16 juin, 2003 16:09

... Pierre, était en même temps, un grand idéologue et un homme d'action au verbe "charismatique" rassembleur, et ce dans une langue instrumentée qui a toujours fait "pâlir"
ses dénigreurs.

Le Québec, notre patrie, a perdu son fils le plus illustre: le combattant communicateur de la Res Publica. québécoise exemplaire.

L'homme de chair et d'os est mort!  Mais son esprit demeurera toujours en nous, et son coeur généreux et ouvert sur le monde palpitera toujours  en nous aussi.

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"Le Québec est désormais privé d'une parole forte, libre et unique"
Line Beauchamp
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
lundi 16 juin, 2003 19:12

"Le Québec est désormais privé d'une parole forte, libre et unique" -  La ministre Line Beauchamp

    QUEBEC, le 16 juin /CNW Telbec/ - C'est avec tristesse que la ministre de la Culture et des Communications, Mme Line Beauchamp, a accueilli la nouvelle du décès de M. Pierre Bourgault, journaliste, homme politique et professeur à la retraite de l'Université du Québec à Montréal.

    "Sa présence dans le paysage médiatique québécois et sa fougue à défendre notre langue nous manqueront. Pierre Bourgault a gagné, par son charisme et sa superbe maîtrise de la parole et des idées, une liberté de ton et de discours que beaucoup lui enviaient. Au fil d'une longue et imposante carrière, il a participé, avec une passion toujours plus sincère, à bâtir un Québec moderne et résolument français", a déclaré Mme Beauchamp.

    Pierre Bourgault est né à East Angus en 1934. Après un passage en politique, il devient un communicateur recherché, et aborde avec une même aisance les métiers de journaliste, de chroniqueur et d'animateur. Avec une plume d'une rare élégance, il a signé des articles pour bon nombre de revues et de quotidiens dont L'Actualité, Le Journal de Montréal, Perspectives, Le Devoir, The Gazette et The Globe and Mail. En 1976, il accepte l'invitation de l'Université du Québec à Montréal et devient professeur au Département des communications, poste qu'il occupe jusqu'en 2000. En reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la qualité et au rayonnement de la langue française, le gouvernement du Québec lui décerne en 1997 le prix George-Emile-Lapalme.

    "Ses collègues, ses élèves, ses admirateurs et même ceux qui ne partageaient pas toujours ses idées reconnaissent et respectent en lui l'intellectuel raffiné et entier. Parfois bourru, toujours direct, Pierre Bourgault nous laisse cette impression d'authenticité et de profonde rectitude qui est la marque des êtres d'exception", a conclu la ministre.

    La disparition de M. Bourgault a été annoncée aujourd'hui par les autorités du Centre hospitalier de l'Université de Montréal où il avait été admis le 8 juin dernier. La ministre de la Culture et des Communications a tenu à offrir ses plus sincères condoléances aux proches et aux amis que M.
Bourgault laisse dans le deuil.

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Re: Pierre Bourgault n'est plus
Daniel Couture
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
lundi 16 juin, 2003 23:03

J'ai suivi aussi souvent que j'ai pu les interventions de Pierre Bourgault.

Il était intelligent et j'aime l'intelligence.

J'ai rarement été pleinement d'accord avec lui; à mon humble avis il manquait souvent de profondeur.

Suis-je le seul à avoir remarqué que sa chronique quotidienne à Indicatif présent, même si son format était conjugué sur le mode subjectif, mettait en présence un homme au jugement le plus souvent très discutable. Je tente d'être objectif, même si c'est difficile, cet homme que j'aimais était au antipode et de la psychologie de ma personnalité et de mes convictions religieuse et morale.

Ce serait facile de démontrer où il errait, selon moi, mais je veux présenter en peu de mots ce qui reste vraiment de Bourgault, son apport indéniable au Québec de ce jour.

Premièrement, on ne le relève pas assez,

il était un homme d'action, un grand homme d'action, ce sont ses actions convaincues qu'il aura laissées.

Ce n'était pas un philosophe, contrairement à ce qu'on a dit, parce que c'était un tribun, comme on l'a dit aussi. Un philosophe défend la vérité d'abord et avant tout.

Le moteur de Bourgault ce n'était pas cela, comme il l'a dit en pesant ses mots, c'était la justice et la liberté.

Or, excusez ma franchise, mais la débandade intellectuelle, morale et religieuse, que nous avons vécus (Dieu merci, par ailleurs, car il s'agissait d'une crise de croissance nécessaire), a créé dans les esprits et dans les discours des hommes d'actions et de convictions, dont Bourgault était rien de moins un des premiers représentants, une disjonction absolument fallacieuse entre la vérité et la morale. Si bien que l'action politique (René Lévesque, principalement) et le discours de conviction (Pierre Bourgault, principalement) a relégué les deux aux oubliettes pour ne servir que les valeurs de justice et de liberté sans référence à la vérité sur l'homme et à son nécessaire parachèvement éthique, ce qui les rend vide de sens aux yeux des attentifs.

C'était, et fut ce que firent Lévesque et Bourgault tout au long de leur carrière, se condamner à ne pas atteindre des actions et des paroles proprement rassembleuses parce qu'elles n'étaient pas actes et paroles d'intégration et de transcendance de la personne.

Chez l'homme, il n'y a pas de dichotomie privé-public, "ce que tu fais parle si fort que je n'entends pas ce que tu dis"... J'admirais les amples qualités de Bourgault, mais, maintenant qu'il nous regarde "d'un balcon d'en-haut", je pense qu'il trouverait admirable la manière dont il pourrait servir le pays du Québec si on se servait de lui pour montrer que ce qu'il a dit VOULAIT DIRE AUSSI CELA qu'il n'a pas dit.

Vive et bien sentie sympathie à ceux qui l'on connu.

Daniel Couture

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Re: Pierre Bourgault n'est plus
René Marcel Sauvé
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 17 juin, 2003 07:43

Pierre Bourgeault, je ne l'ai connu que par ses discours et ses écrits.

J'ai bien connu Raymond Barbeau et André d'Allemagne pourtant, avec qui nous discutions très discrètement de défense territoriale. Ces trois hommes connaissaient bien leurs auditeurs et savaient quelle orientation donner à leurs discours, mais Bourgeault a remué davantage le public québécois afin de l'introduire dans une autre conscience. Travail difficile s'il en est un et qui est loin d'être terminé.

Je comprends mal son athéisme, qui était aussi celui de beaucoup
d'indépendantistes. Comme s'il fallait être athée pour être libre.

Mais libre de quoi?

La foi en Dieu et la religion nous ont-ils fait tellement de tort?

Notre religion était faite pour les gens de la campagne et de la mer.
Certes, elle n'était pas adaptée pour la mentalité des villes, ni des temps actuels, mais il fallait patienter.

Né parmi les manufactures, entre les lignes de chemin de fer, le marché Atwater et le canal Lachine, parmi des gens d'autres religions qui ne cessaient de nous faire la morale et nous culpabiliser, j'ai senti très tôt que nous aurons tous un immense combat à mener pour nous libérer, comme individus d'abord, comme peuple ensuite.

Mes parents et grands-parents, qui vivaient à proximité, venaient de la campagne. Tous déracinés, impressionnés par les réussites des Anglais, en partie acculturés à leurs idées, ils s'adaptaient pourtant très bien au milieu urbain et industrialisé tel qu'il se présentait à l'époque.

Ils parlaient bien français pourtant, qu'il fallait connaître pour
fréquenter les églises et aller à l'école.

La religion leur apportaient à la fois un réconfort et un sentiment
d'identité qui les faisait vivre. Les grosses églises, comme Sainte
Cunégonde sur la rue Saint Jacques et Saint Irénée sur la rue Atwater, leur donnait un sens de leur valeur qui compensait largement pour leur infériorisation en face des patrons anglais.

Certes, leur foi et leurs bondieuseries étaient empreintes de naiveté mais au moins elle répondait à un besoin chez ces gens illettrés
et elle leur permettait de traverser les pires épreuves.

Il ne fallait par leur en vouloir au point de tout jeter par dessus bord.

En toutes choses, le discernement a toujours sa place.

J'ai l'impression qu'au Québec, l'athéisme a été importé d'ailleurs et
transmis par les livres. Nous avons connu et longtemps vécu le jansénisme importé des plaines du nord de la France. J'en ai beaucoup souffert et j'en souffre encore. Les White Anglo Saxon Protestant nous ont transmis leur matérialisme et leur calvinisme.

Avec la révolution tranquille, nous allions connaître l'athéisme du siècle des Lumières.

Pour un petit peuple comme le nôtre, sans défense ou presque, celà faisait pas mal de doctrines à évaluer, accepter, assimiler ou rejeter.

Mais je ne viens pas a bout de comprendre l'athéisme, qui revient pour moi à rejeter le réalisme du principe de causalité, d'intentionnalité et de finalité. Même s'il m'arrive de dérailler vers le nominalisme (à rebours, comme dirait monsieur Couture), l'ontologie et la logique aristotélicienne et thomiste me permettent  de me remettre sur rails.

Mais pourquoi prendre une décision aussi radicale que l'athéisme pour enfin trouver la liberté tant cherchée et peut-être la solution à tous nos problèmes?

Je me le demande et qui est capable de répondre le fasse.

René Marcel Sauvé

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Fw: Décès de Pierre Bourgault
Raymond Villeneuve et le MLNQ
saluent la mémoire de Pierre Bourgault
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 17 juin, 2003 08:43

Le Mouvement de Libération Nationale du Québec (MLNQ) et son président Raymond Villeneuve, ex-felquiste et ex-président national des Jeunesses du RIN, tiennent à rendre hommage au patriote Pierre Bourgault à l’occasion de son décès.

Raymond Villeneuve a connu Pierre Bourgault au RIN à l’époque de la naissance du mouvement indépendantiste et tient à saluer la détermination qui l’animait dans la cause de l’indépendance nationale. Détermination qu’il a d’ailleurs transmis au président du MLNQ Raymond Villeneuve.

Ainsi, le président du MLNQ se souvient de ses débuts au RIN. " C’est Rodrigue Guité et Pierre Bourgault qui m’ont recruté au RIN le 14 janvier 1961 et j’ai toujours admiré le fait que Bourgault n’avait pas peur de brasser la cage. Par exemple, je me souviens bien qu’il était au courant du Comité de Libération Nationale, comité d’agitation (graffitis, petits sabotages, etc.) duquel a émergé le FLQ, et favorable à ses actions ", raconte Raymond Villeneuve, ex-riniste et ex-fondateur du FLQ.

Par ailleurs, Raymond Villeneuve salue la mémoire de Pierre Bourgault en soulignant les qualités de l’homme qui ne connaissait ni la peur ni l’opportunisme. " Bourgault avait l’audace et la détermination de ceux qui sont là pour vaincre. Par exemple, il ne fallait pas qu’il ait peur des hauts cris des modérés et des fédéralistes pour accepter, en avril 1968, un des chefs historiques du FLQ tel que moi à la présidence des Jeunesses du RIN. Pierre Bourgault disait à l’époque que l’indépendance est une question de vie ou de mort et il a ainsi inspiré beaucoup d’indépendantistes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Bourgault n’avait pas l’attitude de peureux de certains chefs indépendantistes d’aujourd’hui ", a fait valoir Raymond Villeneuve.

Finalement, le MLNQ et son président tiennent à affirmer que la mort de cet ardent indépendantiste qu’était Pierre Bourgault est une grand perte pour le Québec. Si certains ont regardé de haut ce que l’on a pu qualifier de " radicalisme " chez Bourgault, le MLNQ salue la mémoire d’un homme déterminé à libérer son pays d’un joug étranger. Le MLNQ s’inspire et continuera de s’inspirer du patriotisme de Pierre Bourgault, lequel n’avait peur, avec raison, ni des manifestations violentes, ni de la confrontation avec les ennemis du peuple québécois. De même, Pierre Bourgault décrivait le RIN en 1960 comme un " mouvement de libération nationale " loin de la politicaillerie et du carriérisme. C’est ce qu’est le MLNQ et nous continuerons à nous inspirer de Pierre Bourgault. Merci Bourgault!… Nous vaincrons!
-30-
Raymond Villeneuve
Président du MLNQ
Ex-Président national des Jeunesses du RIN
Pour le bureau politique du MLNQ
(514) 279-1118

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Re: Pierre Bourgault n'est plus
Daniel Couture
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 17 juin, 2003 09:31

Monsieur Sauvé, étant d'une génération qui ne connait rien de la religion, je comprends l'athéisme.

"Pourquoi prendre une décision aussi radicale que l'athéisme pour enfin trouver la liberté tant cherchée et peut-être la solution à tous nos problèmes? Je me le demande et qui est capable de répondre le fasse".
Je pense que vous connaissez la réponse mais je l'exprime quand même:
"Si Dieu existe, l'homme n'existe pas. Si Dieu existe, c'est lui qui détermine ce qui est, ce qui est bien, ce qui est vrai, ce n'est pas moi. Ma liberté est la possibilité de m'opposer au décret extérieur à ma subjectivité; or, Dieu est le décrétant absolu, il ne faut pas qu'il existe... La liberté qui appartient à Dieu, il faut la rapatrier en l'homme".
Ce raisonnement athée est logique, constitue une formidable promotion de la subjectivité humaine, et n'a aucunement besoin d'être confronté à la réalité extérieure. C'est ainsi qu'on est devenu imbu d'une dogmatique sauvage, absolument imperméable à l'ouverture requise pour la recherche de la vérité qui se laisse toujours trouver. C'est l'humanisme athée auquel s'oppose l'humanisme intégral qui voit que l'homme n'acquiert la liberté qu'en sortant de lui-même en rencontrant l'Autre, pour le "mêmifier" dans l'amour. C'est à condition de prendre conscience de son "conditionnement dogmatique idolâtre de soi-même" qu'on découvre qu'il faut chercher la vérité pour la trouver.

Daniel Couture

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Re: Pierre Bourgault n'est plus
Valérien Lachance
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 17 juin, 2003 09:35

Bonjour,

    J'ai bien lu les textes qui précèdent, et ne prétend en rien répondre à la question de Monsieur Sauvé. J'apprécie aussi les commentaires de monsieur Couture. Cependant, les événements courants de la vie sont souvent chargés de réponses pour qui veut bien entendre. Voici une anecdote.

    En visionnant les nouvelles RDI comme bien d'autres, j'apprends avec consternation la mort de notre compatriote Pierre Bourgault.  Je réfléchissais à sa vie trépidante et sa mort m'attristait plus particulièrement  pour des raisons autres que les médias en général.

    Soudain, une première citation de notre ami Pierre à l'écran:

"Si Dieu a créé l'homme à son Image et à Sa ressemblance, j'aime mieux croire qu'il n'existe pas"
    Et je pensais à son âme immortelle qui parcourait l'au-delà à la recherche d'un lieu de repos, cet espace infini d'en haut que les Bouddhistes appelle, "la réalité céleste",  le paradis des chrétiens, par opposition à celle d'en bas "l'illusion  terrestre".  Et je termine la journée en priant et demeurant dans le calme.

    Ce matin, au retour de la messe le téléphone sonne. C'est ma fille, la plus jeune des sept enfants. Elle s'excuse du retard pour  me souhaiter "bonne fête papa" ne pouvant le faire le  jour même de la fête des Pères. Il est nécessaire de savoir ici qu'elle est profondément chrétienne engagée dans son milieu. Elle me connaît comme souverainiste engagé.

Pour l'essentiel, la discussion se poursuit ainsi:

Bonne fête papa

Merci ?

Ton idole est décédé aujourd'hui !

Oui, j'ai appris, mais sache, qu'il ne l'était que pour la préservation de la langue et le combat pour un Pays, pour le reste j'étais en profond désaccord avec lui.

Comment çà ?

Il était athée et cela me faisait craindre le pire pour lui et le Peuple du Québec ! Son salut et le nôtre.

Comme ça tu n'a jamais été entièrement pour lui ?

Non, pcq'il nie l'existence de Dieu et cela me fait très mal ! C'est le fondement de ma foi et la culture de la majorité des Québécois. Comment aller au Ciel sans croire à Dieu ? Je préfère de loin aller au Ciel parlant en anglais que de me retrouver dans la géhenne me lamentant en français pour l'éternité!

Tu as bien raison me dit-elle !

Je suis inquiet du salut de son âme mais, il ne faut pas juger et présumer du pire, pcq que Dieu et Amour de Miséricordieux.   Le  repentir avant le dernier souffle de vie vaut quand même le salut. Dieu seul sait.  Prions pour lui et remercions-le pour toutes ses bonnes actions qu'il a fait pour le Pays du Québec.

Je te laisse et te remercie de tes bons souhaits

Au revoir  papa

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Pierre Bourgault (1934-2003)
- Mort d'un homme libre
Jean Dion
Édition du mardi 17 juin 2003

Mots clés : Québec (province), Parti politique, Décès, pierre bourgault

Ces dernières années, quand on sonnait chez Pierre Bourgault avenue du Mont-Royal, au coeur du quartier qu'il aimait tant et qu'il ne quittait pratiquement plus que pour essayer son «char», la passion de sa deuxième vie, un timbre au rez-de-chaussée avertissait qu'on pouvait ouvrir la porte. Puis, au premier étage, une autre porte s'entrebâillait et une voix, cette voix de stentor qui avait remué tant de foules et qu'avait à peine écorchée le passage des ans, lançait: «Avez-vous peur des chiens?»

(...)

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Bourgault
José Fontaine
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 17 juin, 2003 11:18

   D’après ce que je sais de l’histoire du Québec et du RIN en particulier il faut associer Pierre Bourgault à deux autres personnes, André d’Allemagne (que je connais mal) et Andrée Ferretti qui est parfois des nôtres sur ce Forum et à qui ce décès doit rappeler bien des combats notamment celui qu’elle soutint en prison durant plusieurs semaines en Octobre 1970, isolée et mise au secret.

Je pense, vu de chez moi, que le RIN a eu une importance capitale dans la lutte pour l’indépendance et je vois que même Charest se joint aux éloges,

José Fontaine

Sur l’athéisme et la foi, j’ai été très impressionné par la conclusion du livre de C.Taylor “Les sources du moi” où il explique que le christianisme a une ambition formidable pour le moi qui ne se retrouve pas nécessairement dans l’athéisme dont pourtant l’on doit dire qu’il est une grande tradition humaine, évidemment.

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Re: Pierre Bourgault n'est plus
René Marcel Sauvé
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
mardi 17 juin, 2003 14:30

Merci de votre réponse, monsieur Couture.

Vous écrivez:

Ce raisonnement est logique, constitue une formidable promotion de la subjectivité humaine, et n'a aucunement besoin d'être confronté à la réalité extérieure.

C'est ainsi qu'on est devenu imbu d'une dogmatique sauvage, absolument imperméable à l'ouverture requise pour la recherche de la vérité qui se laisse toujours trouver.

Ceci éclaire ma lanterne en effet. Beaucoup de choses trouvent leur place dans ma tête, confuse devant ce que vous appelez justement la formidable promotion de la subjectivité humaine. Je pourrai plus facilement trouver les arguments nécessaires pour élaborer la doctrine stratégique dont nous avons besoin pour poursuivre notre cause.

Plus nous penserons objectivement en termes et en principes de stratégie d'État, plus nous créerons nous-mêmes les fameuses "conditions gagnantes" que tant de monde attend pour prendre une décision, alors que les éléments nécessaires sont déjà en place, sauf qu'on est probablement trop subjectifs pour les voir avec un oeil froid et résolu.

Plusieurs siècles avant notre ère, le célèbre Sun Tsu avait été confronté au même problème et avait tenté d'y répondre en publiant son traité sur l'art de la guerre.

Ce traité n'a rien perdu de sa fraîcheur, car la nature humaine reste la même. Ce sont les contextes et les situations qui varient et nous incitent à faire avancer les choses à  l'intérieur de continuités naturelles, sans pour autant nous enlever une liberté d'action qui n'est pas un héritage mais une conquête.

 Le principe qui exige en partant d'apprécier objectivement et
rigoureusement les contextes et situations qui se présentent ne change pas. Il est universel, dans le temps et dans l'espace et c'est ce que tous les Québécois et toutes les Québécoises doivent comprendre et apprendre à fond.

Il est évident que notre souveraineté, ce qui veut dire la pleine accession à notre statut d'État, risque de devenir casus belli. Et puis àprès?

Mais la subjectivité actuelle interdit même de mentionner le mot guerre, alors qu'effectivement, nous sommes en guerre depuis les débuts de notre histoire en Amérique du nord. Nous n'en sommes pas morts, mais nous n'avons toujours pas d'État à nous, un État unique qui soit le nôtre et non une province inféodée à un État  centraliste, unitaire et arbitraire, qui se croit en droit de nous dicter notre ligne de conduite.

Nos ancêtres de Normandie, de Bretagne, du Poitou, de l'Anjou et de l'Aquitaine, ont connu plus d'un millénaire de guerres souvent atroces contre nos ennemis héréditaires, anglo-saxons, toujours les mêmes. Et puis après? La vie est un combat et vaincre un adversaire n'a rien à voir avec la haine et le mépris de l'autre.

En fait, c'est la loi de l'amour du prochain qui nous dicte la nécessité de mettre de l'ordre en toutes choses et de mettre à sa place qui a besoin de prendre sa place et non de le laisser accaparer notre champ d'action,  Non seulement nous avons le droit d'agir mais agir est d'abord un devoir et nous avons grand tort de nous inféoder nous-mêmes comme nous le faisons, sous prétexte que l'adversaire ne "veut pas!" ou est trop fort pour nous, ce qui est faux, lorsqu'on examine à fond les principes universels de l'action comme nous allons continuer de le faire.

Non seulement nous avons survécu, nous avons créé notre foyer national et les assises de notre État. Donc, nous avons le devoir d'agir en conséquence.

Ce n'est pas une faveur mais un devoir.

La question qui se pose est celle-ci: est-ce que la "subjectivité" interdit la notion et la réalité de devoir au sens objectif du terme?

Il ne s'agit pas d'agir parce qu'on a des gonades qui nous y poussent mais parce qu'on DOIT LE FAIRE.

Je vois maintenant comment notre "formidable subjectivité" nous écrase, car elle nous a rendus inaptes à rencontrer l'autre et l'Autre, ami et ennemi compris.

Décidément, il y a du travail à faire pour agir avec effectivité, ce qui
signifie dépasser l'efficacité et le résultat immédiat pour savoir viser
plus loin et réussir à plus long terme.

En 1960, avec les débuts de la Révolution tranquille, une période trouble s'annonçait pour nous.

En fait, ce n'était pas une révolution mais la venue au monde d'un nouveau peuple, d'une nouvelle nation et d'un nouvel État dans l'échiquier du cosmos actuel et à venir.

Une naissance dans les douleurs de l'enfantement, comme toutes les naissances, qui perdent leur sens lorsqu'on les induit au chloroforme. Il faut se voir et se sentir naître même si ça fait mal.

Comme le Portugal en 1262, la Suisse en 1291, la Suède en 1525, la Norvège en 1905, l'Irlande et la Finlande en 1921, l'Islande en 1948 et le Groenland en 1979, pour ne citer que les pays périphériques de l'Europe, analogues à nous qui sommes prériphériques par rapport à l'Amérique du nord.

Nous sommes arrivés au neuvième mois, nous, Québécois(es).
Il est inutile, futile et dangereux d'appréhender notre mise au monde comme une mise à mort.

Nous sommes appelés à naître comme État national, autant
que nous sommes déjà nés comme peuple et comme foyer national et si nous y échappons, ce sera pour notre honte collective et le monde entier nous traitera d'andouilles ou de pleutres, comme l'a déjà fait P.E. Trudeau, qui nous méprisait copieusement.

Nous n'avons pas le droit d'avoir peur et qu'on se le mette dans la tête et dans le coeur une fois pour toutes.

Notre propre existence s'inscrit dans les continuités des peuples
périphériques de l'Europe. Nos ancêtres viennent du nord du 45e parallèle et nous y vivons encore.

Notre tour de venir au monde arrive et nous avons l'obligation d'y voir et d'agir en conséquence.

Bonne après midi.

René Marcel Sauvé

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Funérailles à la basilique pour un athée
Clairandrée Cauchy
Édition du mercredi 18 juin 2003

Mots clés : Québec (province), Décès, Religion, pierre bourgault, funérailles

Les funérailles de Pierre Bourgault auront lieu samedi, à 11h30, à la basilique Notre-Dame, conformément à ses dernières volontés. Pour la première fois de son histoire, la Basilique sera l'hôte d'une cérémonie laïque, dite civique, afin de respecter les convictions de Pierre Bourgault, connu pour être un athée convaincu.  (...)

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Successeurs de Bourgault
Michel Venne
Édition du mercredi 18 juin 2003

Mots clés : Québec (province), Parti politique, Décès, pierre bourgault

À quoi sert une parole si elle est désarmée?

Pierre Bourgault n'a jamais eu d'autre puissance que celle du verbe, qu'il a mise au service de la justice et de la liberté. C'est avec des mots, et rien d'autre, qu'il a fait apparaître un pays dans l'imaginaire tout en lui conférant vraisemblance, maniant la langue dans tous ses registres, capable d'étaler une dialectique irréfutable mais aussi, avec la musique de Robert Charlebois, d'exhorter les Québécois à se grouiller le cul.  (...)

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Citation de Bourgault
Jean Lapointe
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
jeudi 19 juin, 2003 08:05

Extrait du livre « Écrits polémiques 1960-1981, page 98-100 » :

Citation:

« L'indépendance est un instrument

Nous avons dit et répété sur tous les toits que l'indépendance du Québec n'est pas une solution à nos problèmes mais un instrument pour nous aider à appliquer des solutions. Je veux le répéter encore une fois.

Nos adversaires, depuis toujours, ont voulu faire croire que nous offrions à la population du Québec la solution-miracle qui allait régler tous nos problèmes. Bien sûr ils ajoutaient que nous sommes des rêveurs, qu'il n'existe pas de solutions-miracles, qu'il faut être réalistes, etc.

Or nous ne sommes pas des rêveurs et nous savons que l'indépendance n'est pas une panacée. Il est temps que tout le monde nous comprenne et qu'on écoute ce que nous disons vraiment plutôt que de nous prêter un lot d'intentions plus farfelus les unes des autres.

En fait, nous sommes si conscients que l'indépendance n'est pas une solution que le RIN a voulu se donner un programme politique le plus complet jamais présenté à l'électorat québécois.

C'est dans le programme qu'on trouve les véritables solutions. Mais on s'apercevra vite à la lecture de ce programme que les solutions proposées sont presque toutes irréalisables sans cet instrument essentiel qui s'appelle l'indépendance. C'est l'indépendance qui nous fera récupérer les pouvoirs et l'argent nécessaire pour appliquer notre programme dans tous les domaines, économique, social, culturel et politique. Sans cet instrument, toute bataille devient futile, tout effort est vain.

Bien sûr on objectera qu'il est difficile pour un pays de vivre indépendant. Nous le savons. Nous savons que l'indépendance nous forcera à prendre des responsabilités que d'autres assument à notre place aujourd'hui. Nous savons qu'il est possible que nous commettions des erreurs que d'autres commentent à notre place et que nous pouvons accuser en toute bonne conscience.

Nous savons qu'il est difficile pour un individu d'assumer une vie d'adulte, de se sevrer de ses parents. Nous savons qu'il n'en va pas autrement pour les nations et qu'il nous serait beaucoup plus facile de rester dans la Confédération que d'assumer l'indépendance du Québec.

Si nous nous engageons quand même, c'est que nous savons d'autre part que l'indépendance nous permettra de servir d'abord nos intérêts, nos priorités, nos aspirations, au lieu de toujours servir ceux des autres. On dira que nous sommes pas prêts. Ceux qui le disent s'imaginent que l'indépendance est une récompense pour les peuples parfaits.

Bien au contraire l'indépendance est l'instrument des peuples faibles, des peuples qui n'ont pas de pouvoirs, des peuples qui manquent de moyens. C'est parce que nous ne sommes pas prêts qu'il faut faire l'indépendance. Elle vient non pas à la fin de la vie d'un peuple mais au début : c'est-à-dire au moment où ce peuple entend assurer sa pleine liberté et assumer ses pleines
responsabilités.

Non, l'indépendance n'est pas une récompense, c'est un effort.

Non, l'indépendance n'est pas une solution mais un instrument - un  instrument essentiel.

Non, l'indépendance n'est pas un extrémisme, c'est la chose la plus normale du monde.

Cent dix-huit pays indépendants siègent aujourd'hui aux Nations-Unis. Jamais aucun d'entre eux n'a songé un seul instant abandonner son indépendance. Tous les peuples ont constaté qu'elle avait une valeur indéniable. C'est à notre tour maintenant. Je me refuse à croire que Pierre Elliott-Trudeau puisse seul avoir raison contre deux milliards d'hommes.

L'indépendance, le 15 mars 1966 »

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Re:  Pierre Bourgault
Yves Sabourin
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
jeudi 19 juin, 2003 10:01

Voici le texte que j'écrirai aujourd'hui dans le registre des condoléances de Pierre Bourgault à la SSJB

Plus qu'un libérateur de peuple, il a su redonner aux Québécoises et Québécois l'essentiel: la dignité.

Yves Sabourin

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Fw: Deux ou trois choses
que je retiens de lui
Laurent Laplante
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
jeudi 19 juin, 2003 18:37

Dixit Laurent Laplante, édition du 19 juin 2003 :

DEUX OU TROIS CHOSES QUE JE RETIENS DE LUI

 « Je crois, comme Québécois, m'acquitter d'une dette en saluant Pierre Bourgault d'un dernier merci.

Je n'ai jamais été de ses intimes, mais la petite société québécoise met forcément en contact de façon au moins sporadique des gens qui ont le même âge et qui pratiquent des métiers complémentaires. Voici quelques souvenirs personnels qui ont résisté au passage des décennies et qui, à mes yeux, dépeignent l'homme. »  (...)

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Un hôpital ou un pays?
Christian Rioux
Édition du vendredi 20 juin 2003

Mots clés : Québec (province), Hôpital, pierre bourgault, cigarettes

Tout ce fatras de mots sur la cigarette de Pierre Bourgault, son tabagisme et quoi encore... C'est à croire que le Québec est vraiment devenu un hôpital où l'on donne des leçons d'hygiène personnelle jusqu'aux morts, fussent-ils des hommes aussi libres que Pierre Bourgault.

En effet, saviez-vous que Pierre Bourgault fumait trois paquets par jour ?, nous raconte la presse depuis plusieurs jours. Des gitanes, en plus, tout de même !

Eh oui, Pierre Bourgault fumait, comme des millions de personnes sur la planète. Il fumait, comme d'autres boivent, sacrent et se rongent les ongles. Cela n'avait pas plus à voir avec ses idées indépendantistes que son orientation sexuelle n'expliquait ses convictions social-démocrates.

Qu'on le laisse donc en paix avec ses cigarettes !

(...)

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FW : Bibliothèque nationale du Québec rend hommage à Pierre Bourgault
[Pour-le-Pays-du-Quebec]
jeudi 19 juin, 2003 18:37

   MONTREAL, le 20 juin /CNW Telbec/ - La Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) tient à rendre hommage à monsieur Pierre Bourgault, communicateur et chroniqueur, décédé à Montréal, le lundi 16 juin 2003.

    La BNQ présente à compter d'aujourd'hui, à l'entrée de la salle de lecture de l'édifice Saint-Sulpice, situé au 1700, rue Saint-Denis à Montréal, les oeuvres écrites de Pierre Bourgault. C'est sa façon à elle de rendre hommage à celui qui fut un homme de paroles et de convictions et dont l'oeuvre, éclectique et fouillée, reflète toujours une parfaite maîtrise de la langue française.

(...)
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Re: Fw: Drapeau en berne à la mémoire de
Pierre Bourgault
Robin Philpot
 [Pour-le-Pays-du-Quebec]
vendredi 20 juin, 2003 21:10

Voici un article dans le journal internet américain Counterpunch sur Pierre Bourgault.  Counterpunch a 60 000 visiteurs par jour.

Robin Philpot
June 20, 2003

A Radical from Quebec Passes
Pierre Bourgault, 1934 - 2003
By NORMAN MADARASZ

Quebec political activist and intellectual, Pierre Bourgault was a man for whom politics and passion were woven from the same thread. The greatest orator that either Quebec or Canada produced of his generation, perhaps even of the century, he triggered the spark sending the province's "Revolution tranquille" into turmoil and rage.

That so-called "Quiet Revolution" refers to the period of Quebec's opening onto the outside world following a lengthy retreat. It may have been festering as far back as the colony's failed aspiration to independence in the 1837-38 uprising. What otherwise remains certain is its ultimate culmination in Premier Maurice Duplessis' democratic dictatorship. Duplessis seated his political power with the aid of the Catholic Church in a heady brew of nationalist protectionism. It took place at the cost of the Church's dominance over the souls--and minds--of the former French colony. When he died in 1959, political and social liberty finally reached Quebec.

Among its offspring, the Rassemblement pour l'independance (RIN) was a festive sixties' rendition of a two-century old dream: freedom of the French-Canadian nation from British subjection. Among its founding members, Pierre Bourgault set it ablaze with his fiery orations when assuming its leadership in 1964. He died on Monday, June 16, bequeathing a haze of some 3500 speeches left untranscribed. They hover ethereally over the French-speaking province's claims to cultural and national distinction.

Bourgault was born in East Angus, Quebec on Jan. 23, 1934, and was educated by the Jesuits at College Jean de Brebeuf in Montreal. Like Louis Riel, another notable French-Canadian radical--albeit Metis--Bourgault initially considered becoming a priest. An atheist and homosexual, he became instead "Quebec's official separatist icon: the standard against which others gauge their level of militancy", as journalist Benoît Aubin once said of him.

If icons all feedback to archetypes, then Bourgault cast a Hamlet-like figure over Quebec politics. As the leader of a political party, he was the first to call out for Quebec independence in 1964. Four years later when de Gaulle uttered his fateful words on the balcony of Montreal City Hall, he was merely preaching to the converted.

Bourgault was especially the militant and intellectual to have ushered in his generation to the awareness that political reform in Quebec was akin to Third-World struggles against colonialism. Political reform could therefore only mean independence from the colonial Empire, represented in its later-day by the Canadian Federal Confederation. He took no short cuts to prove it. And the first victim was hope in the aspirations of the Quiet Revolution itself.

Quebec is the core of what was once called Nouvelle France: the land of the French Canadian nation. It was conquered by the British between the years of 1754 and 1763. The 1763 Treaty of Paris set the stage for France's willed exclusion from the North American setting. In doing so it abandoned its settlers to a country which Jacques Godbout argues in his film The Fate of America really longed for 'the village'--which is what the Iroquois meant by
their word 'Kanata'. With a fleet of seventy vessels and Iroquois warriors, Great Britain undertook a full-scale colonial invasion of Canada, capturing the fortress acropolis of Quebec in 1759. In addition to recently acquired Acadia, British North America then counted fifteen colonies. For the next two-hundred years the British either strived or yearned for the francophone population's assimilation. This was the ghost haunting Bourgault's nights, and the voice that became verse and rasp in his smoke-incensed larynx was its very own.

It was a voice that could stir a crowd into fury and outburst. Its pitch is said to have even frightened its player. When he approached the orator's stage, Bourgault rubbed words together to spark fire. A lover of the French language, he also spoke English with a gentleman's finesse. But he never forgot his stint in the Federal army in which every dictum had to be uttered in English.

A defining moment in the Quebec struggle for independence took shape in the infamous Saint-Jean Baptiste riot of 1968. Crowds gathered at the edge of Montreal's Lafontaine Park to view the annual parade in honor of Quebec's patron saint. Among them was the star of Trudeaumania, acting-Prime Minister Pierre Elliott Trudeau, a homegrown product of the federal Liberal party running for his first election as head of state. Even more, it was the eve of a federal election held against a background of growing insurrection in Quebec. Trudeau, a staunch opponent of the 'independantistes' whom he had tainted in an article as "not social nationalists, but national socialists", was favored to win. In his hometown, Trudeau's appearance on national television meant to prove Quebec's love for Confederation. Bourgault's RIN had other ideas.

In one of the truly outstanding historical documentaries on Canada, Donald Brittain's three-part The Champions, Bourgault is confronted to the filmmaker's prodding questions. 'Who organized the Saint-Jean-Baptiste riot?' "I did," responded Bourgault unequivocally. It was a night of frenzy rarely seen in Quebec, comparable only to "Samedi des Matraques" (Truncheon Saturday), a vicious police crackdown on demonstrators against Queen Elizabeth II's 1964 visit to Quebec. Then, the police violence had occurred despite Bourgault's call for restraint. In a furious speech, he had just called for Quebec to seek independence from Canada.

On June 24, 1968 Bourgault chose not to let history repeat itself. As the Molotov cocktails and bottles flew into the VIP grandstand, pelting the fleeing dignitaries, mounted police charged the thick crowd. Bourgault recounts how his people were spread about to seek both shelter and tilt the brewing passion of a youth swept up by the world student movement. Despite the police brutally and indiscriminate violence, Trudeau remained in his seat. In an evening meant to offer a heroic welcome, Bourgault handed his rival a hero's stage.

Unbeknownst even to him, he had just signed Trudeau's ticket to become the most influential politician in Canadian history. As for Bourgault himself, police spotted him immediately. First to be arrested and charged with inciting a riot, he was acquitted a week later.

Failing to get elected at the helms of the RIN, the project of Quebec's future convinced Bourgault of the need to step back from the leadership. When another of Trudeau's rivals, Rene Levesque's Movement Souverainete-Association turned into a full-fledge party, the Parti Quebecois (PQ) in 1968, Bourgault dissolved the RIN. He called for his movement to rally to the new hopeful and work in haste for independence. Side-lined and feared by Levesque, Bourgault was still elected to the Party's executive committee and never lost his vision of an independent Quebec based on humanist principles.

Under Levesque, the Parti Quebecois was first swept to power in the fall of 1976. It held the first referendum on Quebec independence in May 1980. Bourgault appeared as a commentator on the French-language national network, SRC (Societe Radio-Canada), on Referendum night. As the results streamed in against the Sovereignists, Bourgault showed another side of his impenitent passion. Unable to witness the defeat, he turned his back to humiliation and to the screen broadcasting the referendum results. Stupefied silence was the order of the day. He would next open his mouth only to call for Levesque's ousting: "it's with death in my soul to have to call for the resignation of the greatest statesman Quebec has ever produced".

Always on the vanguard, he began writing an English-language column in the meantime for the arch-conservative Montreal daily, the Gazette. In doing so, he entered the lion's den. "A shouting match is better than the dreadful silence that sows distrust between partners and turns true friends into enemies," is how he explained his move. To this day, the Gazette has been rabidly opposed to French Canadian nationalism and has always interpreted Quebec politics through the attenuating spectrum of Anglo-Saxon rights. And when the Brits left the land subsequent to the 1976 PQ victory, the newspaper then increased its font to include ethic English-speakers.

Bourgault's essays dealt with issues of civilization, morality and critical thought. In a piece from May 1982, he wrote of the racism expressed toward Quebec's fleet of Haitian taxi drivers. "It is almost natural to be born a racist," he wrote. Only to challenge his readers: "It's a crime to remain one."

With his fine intellectual's eye, oratory wit and communicator's heart, it was no wonder that the next major PQ leader after Rene Levesque, Mr. Jacques Parizeau, sought his services as political 'communications' advisor. Yet the hamlet would soon overwhelm the village. At first, Bourgault was damned for preaching sedition: "If a vast majority of franco-Quebecers vote Yes and are prevented from (becoming sovereign) because the English vote against, then it's a dangerous situation." Then he shamed by lashing out at Quebec's minorities: "It is the Jews, the Italians and the Greeks who cast an ethnic vote. It is they who are racist, not us. They have only one objective, to block (sovereignists). To win a referendum we will have to do like them: an ethnic vote!" Premier Parizeau could only repeat Bourgault's verdict when learning of defeat in the 1995 referendum by less than one percent. It still remains that "money and the ethnic vote" did indeed block an overwhelming majority of Quebecois from winning their referendum. He was at his most Hamlet-like in the tone of his resignation from government advisory functions: "I have become an embarrassment to my allies.  Since the sovereignist cause comes above all else and I can no longer serve it correctly, I am definitely quitting the political scene and leave others, no doubt more able and efficient than I, the care of defending and promoting (sovereignty)." Few however will be able to speak so strikingly from where it made collective sense to seek historical retribution.

As if in a morality tale, when Quebec finally rid itself of the Catholic
Church's paternalism and weaned itself from a corrupt democracy in the early sixties, it awoke to a world in which its language and culture were immediately made vulnerable. Numbering less than 4 million at the time and with the specter of fully anglicized New Orleans as a nearby memo, the 'French-Canadians' had cause to worry.

Under the dominance of Anglo-Saxon industrialists and financiers, its people were as undereducated and unskilled as Blacks and Natives even for the 1960s' work force. As Jean Lesage's provincial government took office in 1960 it implemented an urgent plan to modernize the province. It had to prepare a work force to confront the Anglo-American system that had dominated it for decades. This preparation would bear its fruit with the flight of Anglo business in the late-1970s, petrified by the prospect of a 'French' take-over. Quebecois men could now strive for more than to be priests and school teachers, and young women began streaming through the university doors.

The most ambitious step in the public transformation of Quebec into French came with the enactment of Law 101, the French Language Charter, in 1977. French became de facto the official language of the province--just as Canada as a whole was going through the strokes of becoming bilingual. For all its brilliant accomplishments, the PQ's work on rallying immigrants to the just cause of Quebec independence has been the major obstacle to fulfilling its historical project.

The quality of Quebec's intellectuals has often balked at convincing the stubbornness of the other. At the same time, many intellectuals have all too easily embraced the myth of the American and French republics as if seeking remoteness from the British system at any cost and irrespective of the government in charge. In that, they submit to the attraction most often exerted by the southern neighbor onto Quebec's immigrant populations and their offspring. Locked in a blind spot, the two persuasions have not met.

Bourgault's column in the 1980s for the Montreal Gazette was a rare glance given to Anglo readers of the level of intellectual debate occurring just across the language divide--if only they would learn the province's official language. As the son of Hungarian political refugees, I was often uncertain where to stand on the provincial national issue. Bourgault's writings and speeches were instrumental for lifting Quebec out of the provincialism of the debate as depicted by the Gazette as well as by many French Canadian federal politicians eking out a living in Ottawa. He placed its struggle on a broader world-historical plane. As such he wrote and spoke like a comet, or a shining star, an artist/radical who made revolt crystal clear by painstakingly polishing its essence: words that when uttered have the character to shape the common good and collective will.

In 1980 he spoke as if today: "I will walk no longer."

Norman Madarasz, born and raised in Montreal as a 'bilingual allophone', teaches and writes on philosophy and international relations in Rio de Janeiro. He welcomes comments at nmphdiol2@yahoo.ca.

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
FW: Aile Parlementaire
- Salut à Pierre Bourgault
dimanche 22 juin, 2003 14:35

QUEBEC, le 21 juin /CNW Telbec/ - A l'occasion des funérailles de monsieur Pierre Bourgault, des membres de l'Aile parlementaire du Parti Québécois ont tenu à témoigner de l'influence de ce grand québécois sur leur engagement politique :

"Pierre Bourgault a incarné la fidélité à ses convictions malgré des déceptions et des déboires".
- André Boulerice,  Député de Sainte-Marie/Saint-Jacques

"Bourgault était doué d'une fulgurante intelligence associée à une grande sensibilité à la cause de l'indépendance du Québec. Il fut pour moi un modèle de courage, de ténacité et de liberté d'esprit".
- Danielle Doyer, Députée de Matapédia

"Il aura été l'un des premiers à défendre avec passion l'indépendance du Québec. L'option souverainiste que nous portons aujourd'hui a été façonnée par son intelligence, sa liberté d'expression et son amour pour notre patrie".
- Marjolain Dufour,  Député de René-Lévesque

"Son entrée fulgurante dans la vie publique aura secoué toute velléité de résignation, à l'état d'infériorisation, dans lequel se retrouvait le peuple québécois. Il aura su insuffler de la confiance en soi et du dépassement collectif".
- Louise Harel, Députée de Hochelaga-Maisonneuve

"J'ai rencontré Pierre Bourgault la première fois en 1969 dans le sous-sol de la maison familiale dans l'Est de Montréal qui servait de local d'organisation et de rassemblement de militants de la première heure dont mon père Marcel Léger et l'équipe du RIN, j'avais 13 ans. Des dizaines de personnes réunies et venues entendre cet orateur brillant et passionné que fut Pierre Bourgault. Mon père m'a inculqué l'engagement politique; Pierre Bourgault m'a donné le goût de convaincre le monde entier".
- Nicole Léger, Députée de Pointe-aux-Trembles

"La contribution de Pierre Bourgault à la promotion de la souveraineté du Québec est immense. Il a inspiré toutes les générations par sa loyauté à notre idéal".
- Guy Lelièvre, Député de Gaspé

"Pierre Bourgault était d'abord un homme de liberté qui aura entraîné avec lui toute une génération à se mettre en marche vers le pays à bâtir".
- Sylvain Simard, Député de Richelieu

"Il aura inspiré, sans le savoir, mon militantisme au sein du Parti Québécois, en ce que j'ai toujours préservé ma liberté de parole et de pensée. Je n'oublierai jamais que pour Pierre Bourgault, la prise de parole et surtout sa maîtrise est, d'abord et avant tout, "l'instrument privilégié de la liberté" nationale".
- Luc Thériault, Député de Masson

"Pierre Bourgault était un grand tribun et utilisa ses talents pour promouvoir jusqu'à la fin de sa vie l'indépendance du Québec. Il fut aussi un grand pamphlétaire et refusa aucun débat. Les gens de Mercier et du Plateau Mont-Royal pleurent la mort de Pierre Bourgault et saluent la mémoire de l'un des personnages les plus fascinants de l'histoire contemporaine du Québec".
- Daniel Turp, Député de Mercier

"Il était d'une rigueur intelligible, une grande source d'inspiration et un homme très engagé".
- Cécile Vermette, Députée de Marie-Victorin

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
FW: Aile Parlementaire
- Salut à Pierre Bourgault
Robert Bertrand
dimanche 22 juin, 2003 16:28

FW: Aile Parlementaire - Salut à Pierre Bourgault.

Tout le monde peut convenir que Pierre Bourgault n'était pas un saint, qu'il était beaucoup de choses comme le notait Madame Brazzo.

Il est un fait indéniable, Pierre Bourgault a été fidèle à son Pays qu'il a toujours voulu.

En lisant les quelques commentaires, ci-haut,  (ci-après, dans ce cas-ci ) de certains parlementaires, qui ont bien voulu manifester à la suite de son décès, je me demande :

Où sont-ils les autres pour affirmer le Pays du Québec ?

N'ont-ils pas été élus sous la bannière du Parti Québécois, celui qui veut le Pays du Québec ?

Est-ce cette race de monde qui entoure Bernard Landry, actuellement ?

10 DéputéEs se sont manifestéEs ouvertement ?  Il faut ajouter, certes, Pauline Marois, présente aux funérailles.

Combien d'autres faut-il ajouter ?

Et les autres, comment manifestent-ils leur attachement au Pays du Québec ?

Il me semble que ce n'était pas une obligation d'aller se cacher dans les garde-robes... !

Avoir la foi en son Pays et le proclamer comme d'autres l'ont fait, c'est trop dur pour tous les membres élus du Parti Québécois ?

Faut-il laisser passer et ne rien dire...  alors que c'était l'occasion rêvée de s'affirmer, de se présenter, de le dire, notre Pays du Québec ?

Ne faudrait-il pas insister pour réclamer une prise de position ferme quant à l'avenir du Pays ?  Où logent-ils tous ces parlementaires éluEs ?

Robert Bertrand

c.c. au Parti Québécois
Votre commentaire a été acheminé.

Merci !
http://partiquebecois.org/zones/www/index.php?pg=76
ce 22 juin à 16h21

cc: http://www.souverainete.info/forum/read.php?f=7&i=10074&t=10074
22-06-2003 16:10

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Pierre Bourgault reçoit
le Prix Georges-Émile-Lapalme
Matinternet 7 décembre 1997

La plus haute distinction accordée
par le Gouvernement du Québec
dans le domaine de la qualité
et du rayonnement de la langue française

Pierre Bourgault, qui est né à East Angus en 1934, a été Président du Rassemblement pour l'indépendance nationale de 1964 à 1968. Sur les tribunes, il se révèle fougueux, éloquent, enlevant. On parle de son " verbe de feu ". Il fascine. Pour plusieurs générations de Québécois, comme le dit la directrice du Devoir, Lise Bissonnette, il sera " un maître de la langue ".
 
 

Les prix du Québec 1997-1998

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Le Vrai Pierre Bourgault

Portrait de Pierre Bourgault (communication)

Homme de passion et de conviction, Pierre Bourgault est l’un des plus grands orateurs que le Québec ait connus. En quarante ans de vie publique il a investi tous les lieux de parole, y faisant toujours sa marque: tribunes politiques, mass média, enseignement. Pour plusieurs générations de Québécois il a été, et demeure, un véritable «maître de la langue».

BOURGAULT Pierre
Pierre Bourgault honoré MATINTERNET -
Le 19 Novembre 2000 -

Le Conseil de la langue française a décerné cette année le prix Jules-Fournier 2000 à Pierre Bourgault. On veut ainsi reconnaître la vigueur de son style qui demeure à la fois simple et personnel, la clarté et la concision de son discours, l'humour incisif qui colore parfois ses textes, et son attachement indéfectible à la langue française. Le prix Jules-Fournier est décerné chaque année par le Conseil de la langue française à un journaliste de la presse écrite pour souligner la qualité de la langue dans ses écrits.


Michëlle Jean et Pierre Bourgault récompensés

(Canoë) - Les journalistes Pierre Bourgault et Michaëlle Jean ont reçu respectivement le prix Jules-Fournier et Raymond-Charette remis samedi par le Conseil de la langue Française à l'occasion du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec.
 

Pierre Bourgault
 

(East Angus, Compton, 1934 - ) Essayiste, Pierre Bourgault étudie au Séminaire de Sherbrooke et au Collège Jean-de-Brébeuf de Montréal jusqu'en 1952. Il étudie également le piano et l'orgue. Il exerce différents métiers, dont celui d'acteur, et devient annonceur de radio à Trois-Rivières, Sherbrooke et Ottawa, puis régisseur des plateaux à la télévision de Radio-Canada. Il poursuit en parallèle une carrière de journaliste au quotidien La Presse. Il collabore aussi à L'Indépendant avec des écrits souvent polémiques. Élu à la présidence du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) en 1964, il abandonne la télévision. À partir de 1971, il est pigiste pour plusieurs périodiques dont Le Jour, point de mire et Nous, sous le pseudonyme de Chantal Bissonnette. Il devient professeur au département de communication de l'Université du Québec à Montréal en 1976 et travaille de nouveau pour différents postes de radio. Il collabore également à The Gazette

KS

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Pierre Bourgault

Prix Georges-Émile-Lapalme 1997
Catégorie : Culturelle

Né le 23 janvier 1934
East Angus

Photo : Marc-André Grenier




Investir tous les lieux de parole : voilà le fil conducteur qui traverse les quelque 40 ans de vie publique de Pierre Bourgault. La langue, son principal « outil de travail », il s'en est servi partout, toujours. Sur les tribunes politiques, bien entendu, mais aussi, et peut-être surtout à la radio, à la télévision, à l'université, dans les colonnes des journaux, dans les pages d'une dizaine de livres, dans une chanson célèbre (Entre deux joints, mise en musique et popularisée par Robert Charlebois), et même au cinéma, dans Leolo.

Pierre Bourgault a ressenti très tôt une forte envie de s'exprimer. C'est à la station de radio CHLN, à Trois-Rivières, qu'il fait ses débuts comme animateur. Puis ce sera Sherbrooke, Ottawa et Montréal. Au début des années soixante, il fait un détour par la télévision de Radio-Canada, où il est régisseur durant trois ans. En parallèle, il s'illustre comme grand reporter à La Presse.

La politique l'absorbe ensuite. De 1964 à 1968, il sera président du Rassemblement pour l'indépendance nationale qu'il a contribué à fonder. Il affine alors son talent d'orateur. Sur les tribunes, il se révèle fougueux, éloquent, enlevant. On parle de son « verbe de feu ». Il fascine. Mais son magnétisme, son propre ascendant sur les foules, l'effraie parfois. Et en 1973, il abandonne une flamboyante carrière politique durant laquelle il avait prononcé en moyenne 235 discours par année, dont plusieurs à l'extérieur du Québec.

Pierre Bourgault revient au journalisme comme chroniqueur. Il distille ses opinions fortes et originales, qui ne sont pas exclusivement politiques, dans les grands journaux et magazines québécois et canadiens. En 1976, le décrocheur est devenu professeur à l'Université du Québec à Montréal, au Département des communications.

Pour lui, les Québécois souffrent dans leur rapport à la langue. Ils ont cette difficulté de nommer, de dire les choses. Ce flou de l'expression découle, selon Pierre Bourgault, d'une histoire et d'une situation politique. « Le joual est une conséquence d'une histoire vécue, faite de la Conquête et de la séparation d'avec la France. » Cette langue de minoritaire, de colonisé, il la fustige. Mais, précise-t-il, être colonisé, « ce n'est pas grave en soi ». Ce qui est grave, estime-t-il, c'est « de l'accepter et de ne pas travailler pour se débarrasser des conséquences  ». Pierre Bourgault, lui, en refusant de se plier, est devenu l'un des plus grands orateurs que le Québec ait connus

Pierre Bourgault (1934 - 2003)

Bourgault est né en pleine Grande Dépression. Ayant grandi en pleine ville de Montréal, il prend vite conscience de la fragilité du français et de la domination anglophone au Québec. Au début des années 60, il devient donc indépendantiste « par hasard et par... nécessité », comme il le dit si bien.

Ent' deux joints (1973)

Paroles : Pierre Bourgault
Musique : Robert Charlebois

Tout ça a commencé
Sur les plaines d'Abraham
La chicane a pogné
T'as mangé ta volée
Mais depuis ces temps-là
T'as pas beaucoup changé
J'te trouve ben magané
Pis encore ben pogné!

(Refrain : )
Ent' deux joints
Tu pourrais faire quequ'chose
Ent' deux joints
Tu pourrais t'grouiller cul!

Ta soeur est aux États
Ton frère est au Mexique
Y font d'l'argent là-bas
Pendant qu'tu chômes icitte
T'es né pour un p'tit pain
C'est c'que ton père t'a dit
Chez les Américains
C'pas ça qu't'aurais appris!

(Refrain)

Y t'reste un boutte à faire
Faut qu't'apprennes à marcher
Si tu fais comme ton père
Tu vas t'faire fourrer
Je l'sais qu't'es en hostie
Pis qu't'en as jusque là
Mais tu peux changer ça
Vite ça presse en maudit!

(Refrain)

T'as un gouvernement
Qui t'vole à tour de bras
Blâme pas l'gouvernement
Mais débarrasse toé z'en
Couche-toé pas comme un chien
Pis sens-toé pas coupab'
Moé j'te dis qu't'es capab'
Pis c'pays-là t'appartient!

(Refrain)

T'as pas besoin d'crier
T'as juste à t'nir deboutte
Ça sert à rien d'brailler
Mais faut qu't'ailles jusqu'au boutte
T'as rien à perdre vois-tu
Parce qu'ici au Québec
Tout commence par un Q
Pis finit par un bec!
 

Notice biographique

 (East Angus, Compton, 1934 - ) Essayiste, Pierre Bourgault étudie au Séminaire de Sherbrooke et au Collège Jean-de-Brébeuf de Montréal jusqu'en 1952. Il étudie également le piano et l'orgue. Il exerce différents métiers, dont celui d'acteur, et devient annonceur de radio à Trois-Rivières, Sherbrooke et Ottawa, puis régisseur des plateaux à la télévision de Radio-Canada. Il poursuit en parallèle une carrière de journaliste au quotidien La Presse. Il collabore aussi à L'Indépendant avec des écrits souvent polémiques. Élu à la présidence du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) en 1964, il abandonne la télévision. À partir de 1971, il est pigiste pour plusieurs périodiques dont Le Jour, point de mire et Nous, sous le pseudonyme de Chantal Bissonnette. Il devient professeur au département de communication de l'Université du Québec à Montréal en 1976 et travaille de nouveau pour différents postes de radio. Il collabore également à The Gazette

Katia Stockman
 

D'où lui vient son amour de la langue ? Il ne le sait pas vraiment. "C'est naturel, je pense, de vouloir maîtriser une chose pour laquelle on est doué. L'école et le collège (Brébeuf) m'ont aidé à le faire. La pratique a fait le reste." Et son entourage familial ? "Il n'était pas particulièrement favorable."
 

(...)  Il a d'ailleurs longtemps éprouvé un immense plaisir, " jusqu'à l'extase parfois", à soulever les foules. "Je n'en ai plus, admet-il. J'ai fait énormément de discours, près de 4 000 au total et c'est devenu une routine qui m'ennuie. Je n'ai plus de défi. J'ai atteint mon sommet : quand je suis à mon meilleur, je ne peux faire mieux."

(...)  Nous connaissons peu, par contre, le professeur. Pierre Bourgault enseigne, en effet, au département de communications de l'Université du Québec à Montréal depuis 1976. Intra muros, sa carrière universitaire n'est pas passée inaperçue. Ce décrocheur ­ il a terminé ses études classiques en première année de philosophie ­ a fait une entrée remarquée "par la petite porte", en pleine gloire politique. "Comme il y avait, à l'époque, peu de détenteurs de doctorat dans le domaine des communications, des praticiens comme moi ont été recrutés. La porte s'est vite refermée au désavantage de la discipline, qui a ainsi été privée de professeurs fantastiques en prise avec la réalité." Avec son franc-parler et sa fougue, il provoque, volontairement bien souvent, ses collègues de la première heure, qui répliquent en lui reprochant de s'éparpiller. "Les trois ou quatre premières années, les relations ont été plutôt difficiles. Ça n'a pas duré. Lors de la campagne référendaire de 1980, ils ont consenti des aménagements pour me permettre de faire une grande tournée." Au fil des ans, il a donné plusieurs cours, dont "Communication orale", "Analyse critique de l'information", "Journalisme d'opinion", "Évolution du Québec de 1960 à aujourd'hui". Ces titres reflètent l'homme.

Pierre Bourgault s'est immédiatement senti à l'aise dans une salle de cours. "J'ai probablement enseigné toute ma vie. Lorsque je prononçais des discours, j'enseignais. Je donne des cours magistraux et je le fais bien, de sorte que je trouve cela agréable et que mes étudiants apprécient. C'est très gratifiant d'avoir l'impression, illusion ou pas, de transmettre quelque chose de fondamental à quelqu'un." Ce "quelque chose", c'est d'abord le doute et la passion. "J'invite mes étudiants à toujours vérifier si j'ai tort ou raison. Par ailleurs, je suis profondément convaincu qu'il n'y a pas de meilleure influence que celle d'un professeur passionné (...)

Bourgault trace un bilan extrêmement positif de sa vie. "J'ai fait ma vie selon mes talents, mes forces, mes faiblesses. Selon les circonstances aussi. C'est par hasard que j'ai fait de la politique, que je suis devenu professeur. Rien de tout cela n'était prévu. Quand je cessais d'aimer une chose, je passais à une autre. J'ai eu une vie passionnante, très dure à certains moments, mais qui m'a fait ce que je suis aujourd'hui, un être serein et comblé. Si je n'avais pas été applaudi toute ma vie, je courrais après les applaudissements. Si je n'avais pas ce que j'ai matériellement et intellectuellement, je courrais après. Je n'ai plus de besoins... que de vagues désirs. C'est ce qui m'arrive de plus extraordinaire. J'ai toujours désiré avec une fébrilité épouvantable, état que je n'ai jamais aimé. Je vis désormais dans la sérénité la plus totale, en accord avec ce que je suis : un homme de réflexion et de contemplation." (...)

Jeanne Morazain

Faut-il encore lire Pierre Bourgault?
Louis Cornellier
Le Devoir, 28.11.99

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Le 25 novembre dernier, le MLQ remettait le prix Condorcet 2001 à Pierre Bourgault, polémiste, pamphlétaire,
communicateur, professeur et libre penseur bien connu pour ses prises de position sans compromis.

Voici des extraits de la présentation du lauréat faite à cette occasion par le président d’alors, Daniel Baril.

«Aussi loin que l’on puisse remonter dans ses écrits et ses discours, on constate que Pierre Bourgault a toujours été un militant laïque et un libre penseur convaincu. Ardent défenseur de l'école laïque, il a toujours cherché à brasser l'inertie des milieux politiques et cléricaux qui bloquaient les réformes scolaires et empêchaient la société d'avancer.

Dans un texte paru au Devoir dans les années 90, Pierre Bourgault fustige l’hypocrisie d’un Claude Ryan qui, d’une part, s’attaquait à la clause dérogatoire de loi 101 et, d’autre part, s’en servait pour protéger l’école confessionnelle; avec le même franc parler, il dénonçait «l’hypocrisie de la hiérarchie catholique qui fait semblant de lâcher du lest en se prononçant pour la déconfessionnalisation des commissions scolaires mais qui érige des barricades autour des écoles confessionnelles».

«Et tous les autres catholiques silencieux, écrivait Bourgault, sont-ils des intégristes? Si c’est l’école confession-nelle qu’ils défendent, qu’ils le disent.  Nous les combattrons.»

Et Pierre Bourgault les a combattus à plusieurs autres occasions en dénonçant l’opportunisme des silencieux qui faisaient «le jeu des intégristes». Pierre Bourgault le souverainiste n’a pas hésité non plus à ramener à l’ordre le Premier ministre Jacques Parizeau qui s’apprêtait à faire du libre choix entre l’école confessionnelle et l’école laïque sa politique scolaire. La voie qu’il lui proposait était plus difficile mais plus juste: réclamer plutôt l’abrogation de l’article 93 de l’AANB pour rétablir l’égalité des droits en éducation.

Le journaliste analyste a également combattu l’idée d’une école multiconfessionnelles dialogue». (...)

Dans le domaine de l’actualité plus récente marquée par les attentats islamistes et la guerre en Afghanistan, Bourgault le libre penseur a été l’un des rares commentateurs à oser faire ressortir la bêtise dans les propos des dirigeants politiques et des islamistes qui, chacun de leur côté, s’en sont remis à Dieu pour justifier leur guerre sainte respective. «Dieu vient de déclarer la guerre à Dieu» écrivait-il dans le Journal de Montréal cinq jours après les attentats.

Pendant que les Jean Chrétien et George Bush appelaient les citoyens à la prière, Pierre Bourgault rappelait que «si Dieu existe, il ne peut être que du côté de toutes les armées ou d’aucune d’entre elles.  Je ne crois pas en Dieu, concluait -il.  Mais à ceux qui y croient, je dis: n’en faites pas un soldat. Je ne suis pas certain qu’il vous le pardonnerait».

Pierre Bourgault l’écrivain est aussi l’auteur d’un petit recueil de maximes délicieusement irrévérencieuses dont voici, un extrait qui vous donne le ton: «La foi transporte les montagnes. C’est vrai. La raison les lais se là où elles sont. C’est mieux».

Pierre Bourgault a laissé les montagnes là où elles sont. Il s’en est plutôt pris à l’hypocrisie, à la lâcheté, aux fourberies, aux injustices, à la bêtise, qu’il a réussi bien souvent à déplacer grâce à son parti pris humaniste.

Il y a trop peu de penseurs libres comme Pierre Bourgault au sein des médias englués dans la pensée unique et la rectitude politiquo-religieuse.

Le Mouvement laïque québécois se devait donc de souligner le courage, la justesse d’analyse et la profondeur des convictions de l’un de nos plus ardents défenseurs de la laïcité. C’est donc avec une immense plaisir que nous lui décernons le prix Condorcet 2001.»

Daniel Baril remet le prix Condorcet 2001 à Pierre Bourgault
Prix Condorcet 2001
 
 


 

[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Dany Leblanc
vendredi 4 juillet, 2003 20:08

Monsieur Valérien Lachance a écrit:

"Le refus d'accepter la vérité de l'immortalité de l'âme, amène l'angoisse, le néant. Nous ne sommes pas destinés au néant, ceux qui le savent vraiment, quittent cette vie dans la sérénité et parfois dans la joie ardente.  "

Bourgault est un athée, il ne croit pas à la vie après la mort et il a bravé la mort sans se donner des illusions.  Je ne sais pas encore la nature exacte de l'âme.  Cependant, je sais qu'on ne pense pas et on ne se souvient pas avec l'âme.  On pense et on se souvient avec le cerveau.  Le cerveau est un mécanisme qui codifie l'information et le manipule selon les besoins du corps.  C'est comme un ordinateur sauf que le cerveau est autonome.

Je ne dirais pas que j'ai la vérité.  Quand un char roule à 200 km à l'heure, on sait qu'il va finir par s'écraser; inutile de prétendre avoir la vérité.  Je ne suis pas un spécialiste du cerveau mais quand j'écoute parler un spécialiste, il ne parle pas d'une âme immatérielle qui pense et se souvient, non! il parle de différents mécanismes qui affectent le fonctionnement de la pensée et la mémoire.  C'est matériel comme je touche du bois. Il y a des cellules, des nerfs, des réactions chimiques, des molécules et d'autres mécanismes très matériels.  Quand le cerveau est affecté soit par la maladie ou par un accident, il fonctionne en moitié.  Quand le cerveau est en décomposition, c'est fini.   Il n'y a pas de baguette magique qui récupère la pensée et la mémoire de quelqu'un, pour les faire vivre dans une autre réalité. Non!  C'est trop invraisemblable.

Arrêtez de vous faire des illusions et regardez la mort à face.  C'est paniquant, c'est décevant mais on n'y peut rien.

Vous pouvez vous autoconditionnez de croire à Dieu, ça ne change rien à la réalité.  Vous pouvez utiliser le mot "Vérité" à chaque paragraphe, ça ne change rien à la réalité.  Vous pouvez dire que vous sentez la présence de Dieu, ça ne change rien à la réalité.  Vous
pouvez dire que des jeunes de la Bosni ont vu apparaître la sainte vierge, ça ne change rien à la réalité.  Et si Raël vous dit qu'il a voyagé avec des extraterrestres, ça ne change rien, non plus.  La réalité est que l'humain a tellement la chienne de mourrir, qu'il invente toutes sortes de niaiseries pour la nier.

Ça donne une bonne conscience de dire que vous avez la foi, mais c'est quoi la foi?  Avoir une confiance aveugle à quelque chose, croire éperdument!  C'est grave, il faut avoir le sens critique avant de croire à quelques choses.

Un enfant peut-il avoir la foi au Père Noël?  Est-ce que la foi est garant de vérité? Se dire avoir la foi, n'est-il pas une façon si jolie de croire aveuglément à quelque chose, peu importe si c'est vraisemblable ou pas?

Et douter! C'est si grave!  Ne doutez pas en Dieu car il écoute tout ce que vous pensez et vous commettez un pêcher.  Thomas, Thomas, ne soyez pas Thomas.   Thomas, c'est la preuve que douter est mal, c'est écrit dans la bible. Si la bible vous dit de vous jetez au dessus du
pont, faites-le aveuglément.

Ayez la foi et ne doutez pas car ça vous donnera une trop grande liberté de pensée.

Un serpent vous a piqué, le venin vous donne une douce sensation, dormez bien!

Dany Leblanc
Saint-Jude

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Valérien Lachance
vendredi 4 juillet, 2003 21:53

Bonsoir monsieur Leblanc.

Saint Paul dit bien, que nous avons trois corps; le corps physique, le corps psychique et le corps spirituel.

Tous les trois étant bien des corps matériel à densité différente mais néanmoins "matériel" avec la capacité de transmission de la pensée et des ondes! Ces trois corps sont imbriqués  les uns dans les autres semblable à une  fusée à trois étages dont le cerveau direction est au sommet ! Seul le troisième étage survit ? Les deux  autres auront servi à la propulsion et sont détruits !

L'eau d'ailleurs, étant  toujours "matériel",  peut se présenter sous trois aspects différents;  la  glace sur laquelle on peut marcher, l'eau dans laquelle on peut flotter ou caler, la vapeur et  l'humidité qu'on ne vois pas et  pourtant... elle est bien là en tant que substance physique et impalpable n'est-ce pas ?

Je n'entends point poursuivre ce dialogue sur la toile publique.  Merci quand même d'apporter des objections.

Elles fortifient ma foi.

Bonsoir monsieur Leblanc.

Valérien L.
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Fw: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Béatrice Nadeau
vendredi 4 juillet, 2003 22:35

À Joualvere, (Dany Leblanc),

Serais-tu "sans peur", t'exprimer aussi librement sans craintes de t'attirer la foudre?!!!

Je sais que non puisque tu crois que nous devons s'accepter dans nos différences: athéisme, christianisme et ceux qui continuent de crucifier un Jésus en le gardant sur la croix!!!

Là, où toutes les religions se rejoignent, c' est dans la contradiction.

Bourgault ne croyait pas à la vie après la mort:  alors fichons lui la paix plutôt que de discuter de son athéisme.

C'est rendu que l'un dit que l'angoisse est synonyme de néant. Aimons-le dans sa manifestation humaine (je précise: du temps de son vivant), de ce qu'il a laissé pour message: Des ailes pour le Québec et si nous voulons vraiment le faire revivre, disons-nous qu'il est en quelque sorte libéré par rapport à sa mission sur terre. Pourquoi serions-nous destinés au néant?

Si tu as été innovateur ou que tu as fait acquérir cette mentalité d'innovateur à d'autres de tes frères, j'ai la certitude que le néant serait plutôt un état du cerveau qui est déconnecté des fonctions corporelles. Ça n'a rien à voir avec l'âme surtout pas dans notre siècle où l'entropie spirituelle est semée et répandue comme mauvaises herbes. J'ai un message: Au nom de la liberté, de la fraternité, des millions sont morts à votre place. Devenez les creusets vivifiant le flambeau qu'il vous ont passé en tombant. Bourgault et bien d'autres qui sont morts ou qui mourront un jour ou l'autre, savent très bien que ce qu'ils laissent comme message est matière à interprétation comme l'ont été les textes bibliques  et pendant que vous confrontez les sources, les actes ne se font pas.

Il peut dire "Mission accomplie" celui qui a su transmettre le goût de l'acte. Pendant que certains, par croyance, attendent le règne de Dieu, les hommes s'entretuent pour des idéaux comme tombent les feuilles à l'automne afin que de nouvelles bourgeonnent.  Mais s'ils se donnaient les qualités de faire fructifier ces idées, ils en vivraient.

À chacun sa thérapie de l'Âme!

Ah! oui, vous disiez que Dieu écoute toutes nos pensées.........Vérité partagée........Écoutons  à notre tour ce qu'il nous dit, Lui seul sonde les coeurs et les reins.........et la foi, sans juger.

Entamons un Dialogue avec lui, et vous verrez vos idées regénérées........

Merci Dany Leblanc d'avoir poursuivi sur le sujet, ça m'a permis de m'exprimer.

Kébekoise

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Dany Leblanc
mardi 8 juillet, 2003 15:31

Monsieur Lachance, vous faites souvent allusion à Dieu dans vos textes et des fois vos textes n'ont aucun rapport avec l'indépendance du Québec.   Permettez-moi de dire un dernier mot.

Je crois à l'homme, je crois à la terre, je crois à la vie et à la mort et je crois à tout ce qui est vérifiable.  L'existence de Dieu n'est pas pour moi vérifiable et je n'ai aucune sensation de sa
présence.  C'est spécial d'avoir un être aussi important et d'avoir aucune preuve de son existence.  C'est comme cacher un chat sous un tapis.

Si certains se basent sur des faits vérifiables, d'autres se basent sur des coups de baquettes magiques.  C'est leur choix.  Croire à Dieu, c'est comme de la magie, tout est possible.   C'est pour cette raison que les croyants (en Dieu) et les athées n'ont jamais pu s'entendre car leur façon de voir le monde est inconciliable.

Nous vivons dans un monde à la fois simple et complexe.  Tout est interrelié sans que ça soit nécessairement en relation de cause à effet.  C'est dans ce contexte que l'interprétation devient multiple.

Les gens vont interpréter la réalité de façon à satisfaire leurs croyances ou leurs idéologies.

C'est bien de se détacher de ses croyances et de ses idéologies et de regarder la réalité avec plus de recul.

Pour terminer, l'histoire nous donne des leçons par rapport à Dieu et aux religions, en voici quelques une:

-  Le Dieu de la pluie a été remplacé par la météorologie.
-  Le sorcier a été remplacé par le médecin.
-  La terre plate au centre de la galaxie, avec Jérusalem au centre de celle-ci, a été remplacé par une sphère qui tourne autour du soleil.
-  Le fou possédé par le démon a été remplacé par le schizophrène.
- Adam et Ève ont été remplacés par la théorie de l'évolution des espèces.

Quand la science gagne du terrain, la religion se retranche dans les domaines encore méconnus.

La religion n'est donc pas un terrain sûr.

Dany Leblanc
Saint-Jude

Pour ceux qui ont mal interprété mes propos,  j'ironisais lorsque je disais que Dieu écoute tous nos pensers.  La schizophrénie n'a pas encore atteint mon cerveau et à trente ans, j'ai passé l'âge.

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Valérien Lachance
mardi 8 juillet, 2003 22:35

Bonsoir monsieur Leblanc.

 Puisque vous vous adressez à moi, je vous répond.

On m'a souvent dit que la foi est un don qui peut se demander !

Mais encore faut-il le vouloir ?

Si  vous vous sentez bien comme vous êtes monsieur Leblanc, demeurez-y , c'est votre affaire de ne point participer à l'héritage, puisque vous n'y croyez pas !

Vous n'ignorez pas non plus que je suis en mesure de parler de bien des sujets qui touchent le Pays du Québec.

Il y a les arts, la peinture, la musique que j'aime bien. Je fais de la peinture et je joue le piano.  Nous pouvons parler de ces choses si ça vous intéresse!  J'aime beaucoup les chants de folklore. J'en connais encore  plusieurs .

Vers dix-sept ans, j'avais organisé une petite chorale qui chantait chaque semaine au poste CKRS à Jonquière, Mon grand frère Georges était l'accompagnateur et moi je dirigeais la petite chorale qui s'appelait les " les carillonneurs" . Ces chants font partie du patrimoine du Pays du Québec . Les connaître et les faire connaître est une excellente chose pour notre futur Pays. "La bottine souriante" fait un excellent travail en ce sens.

Je suis un homme à tout faire à la maison, je répare presque tout.

J'ai construit  ma première maison à Arvida en 1947 au 122  rue Burma.  Oui de mes mains... avec un peu d'aide évidemment. J'ai fait  autre chose que de parler du bon Dieu dans ma vie. J'ai construit des centaines de maisons, j'ai eu ma propre compagnie... qui n'a pas durée
longtemps car... je donnais tout ce que le client demandait ! Jétais meilleur à travailler pour les autres et alors, c'est dans de telles conditions que je  pouvais être plus exigeant ! J'étais né pour être un bon salarié.

L'extension de la Ville de Baie Comeau, paroisse Saint-Georges, c'est moi qui fut le "building engineer" en 1956-57 pour la  cie Canadian British Aluminium. J'étais la courroie de  transmission entre  les Écossais qui dirigeaient l'entreprise de construction et les entrepreneurs locaux et régionaux. Pendant trois ans, je fus adjoint au directeur du département des immeubles de Québec-Téléphone à Rimouski. Le soir, fatigué, je priais avec les enfants avant de recommencer la journée le lendemain.

Il  en fut ainsi de 16 ans à 64 ans, car à cette époque il fallait quitter les classes assez tôt, afin d'aider les parents à subvenir à la famille de huit dont je fais partie. Je suis le quatrième,  4 filles et 4 garçons. Le frère aîné Georges est décédé en 1997.

Je n'ai aucun mérite à croire en Dieu monsieur Leblanc. C'est héréditaire. Mes parents étaient de fervent croyants. Ce sont eux qui m'ont  tranmis cet héritage culturel. C'est collé à ma peau, ça fait partie intégrante de mon moi conscient et inconscient.

Aujourd'hui je les remercie. pcq je suis heureux et ça me permet de comprendre bien des  choses.

Parlez-nous un peu de vous monsieur Leblanc, dites-nous ce que le vie vous a apporté de positif !

Par le ton que vous avez choisi, il est possible d'espérer de maintenir notre communication.

Paix et joie à vous monsieur Leblanc,

Valérien Lachance.

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Yves Sabourin
mercredi 9 juillet, 2003 08:25

En réponse à notre ami Dany Leblanc, je suis croyant et pratiquant, ce qui ne fait pas de moi le connaisseur de toutes choses, loin de là d'ailleurs.

Le foi est quelque chose de strictement personnel et à mon humble avis, elle devrait le demeurer.

On ne peut imposer sa croyance à qui que ce soit, autrement on tombe dans l'intégrisme. Malheureusement, certains y sont tombés trop souvent, et ce, sous des aspects de démocratie. Une chose demeure, la foi en Dieu et la religion sont deux choses bien différentes.

La croyance, la foi, est personnelle. C'est quelque chose qui se vit de l'intérieur, ce que la religion n'est pas!

En effet, les hommes ont inventé la religion, le rite religieux. Ainsi, l'Église catholique de rite romain qu'on le veuille ou non, a été mise en place comme système politique au départ. Combien de rois se sont servis de la religion afin d'asseoir leur pouvoir!

Combien de papes se sont servis de leur pouvoir temporel à des fins matériels? Combien de papes ont été créés par les pouvoirs politiques? L'un des plus grands manipulateurs politiques du XIIIe siècle n'a-t-il pas été  (Jacques Duèze) créé pape par la royauté francaise sous Philippe V le long, et ce, à des fins strictements politiques, sous le nom de Jean XXII ? La papaupé ne s'est-elle pas accoquinée avec le pouvoir politique afin de s'enrichir tant au plan financier qu'au plan matériel et politique ?  Que dire du système des indulgences? Belle escroquerie s'il en est une !

Que dire d'Henri VIII qui s'est fait sa religion à des fins strictement politiques. Plus récemment que dire que Pie IX et de l'infaillibilité papale ? de Pie XII et la deuxième guerre mondiale ? et de Jean-Paul II et sa guerre personnelle contre le régime soviétique ?

Donc il faut faire la différence entre la foi et la religion. Ici je n'ai fait que mentionner que la religion catholique romaine, que dire de l'islam et du judaisme alors...

J'espère qu'à l'avenir on fera la différence entre la religion et la foi.

Yves Sabourin

PS en passant, les évangiles ont été au départ transmises oralement, c'est entre les années 60 et 90 de notre ère qu'elles ont été mises sous formes écrites, et ce, par des hommes. Il ne faut surtout pas en faire la lecture selon la vision actuelle des choses, mais bien selon les valeurs de l'époque. Les évangiles doivent être lues et comprises selon un espace temps donné, celui du premier siècles de notre ère. Toute adaptation faite indique clairement une interprétation selon sa propre vision des choses.

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant  de mourir
Alain LaBonté
mercredi 9 juillet, 2003 10:09

A 22:35 2003-07-08 -0400, Valérien Lachance a écrit :
>Il y a les arts,  la peinture,  la musique que j'aime bien. Je fais de la peinture et je joue le piano.

[Alain]  Je ne peux résister à corriger l'anglicisme : vous jouez *du* piano et non *le* piano (« play the piano »)... Cela dit, j'apprécie ces échanges sur bien des sujets. Le Québec n'est en effet pas désincarné. Il est croyant ou athée, ou agnostique comme moi (ce qui est quand même un constat [certains diraient que c'est un début de foi, la nuance étant dans le constat de faits seulement, et le trouble à se dire « croyant », la foi en Dieu ne résidant d'après moi que dans la définition de ce qu'est Dieu, concept indéfinissable] en quelque chose de supérieur qui nous dépasse), ou pratiquant le piano, mangeant bien -- et différemment -- et cultivant ses
différences.

Alain LaBonté
Québec

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Dany Leblanc
mercredi 9 juillet, 2003 23:17

"Yves Sabourin"  a écrit:

> Une chose demeure, la foi en Dieu et la religion sont deux choses bien différentes.

Dans les messages, j'essaie d'être bref sinon j'écrirais des romans et je n'ai pas le temps.  Il m'arrive que je simplifie trop la réalité même si je fais un effort de nuancé.  Je saisis très bien vos propos.

Les tendances religieuses sont devenues multiples, même en intérieur du catholicisme.  Chaque personne a sa façon d'interpréter sa foi et souvent de façon fort différente, ce qui n'a pas toujours le cas.

Entre les intégristes et les théismes ouverts d'esprit, il y a des panoplies de tendances.  Difficile d'en faire une synthèse.

Dany Leblanc
Saint-Jude

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
(unknown)
Dany Leblanc
jeudi 10 juillet, 2003 16:26

Monsieur Lachance,

je suis content que vous intéresssez a d'autres sujets.  La culture folkorique et contemporaine sont insentielle pour maintenir l'indentité québécoise.

J'aime beaucoup l'architecture et je trouve que les presbytères sont souvent de très belle maison.

Les cathédrales sont de très beau batiment et c'est pour cette raison que je comprends Pierre Bourgault ait choisir ses funérailles dans une cathédrale malgré son athéisme.

Je ne sais pas si j'ai du mérite à être athée mais je suis né dans une famille catholique pratiquant.  Jeune, j'étais très croyant.  À l'âge de 10-11 ans, je rêvais de faire la réforme dans l'église catholique, sans farce.

Prêtrise au femme, mariage du prêtre, illimination des prières et textes redondantes à messe qui ne sert à rien, sont parmi des réformes que je rêvais.

Cependant, la religion était trop contragnante pour un libre penser comme moi.  De plus, je suis très exigeant sur les interprétations qu'on fait de la réalité.  Finallement, je n'ai peut-être pas de mérite à être athée.  Si je n'étais pas devenu athée, j'aurais été un réformateur.

Dany Leblanc
Saint-Jude

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Daniel Couture
jeudi 10 juillet, 2003 18:04

Bonjour monsieur Sabourin,

Je ne peux pas ne pas prendre l'occasion de faire quelques remarques importantes sur le sujet sans sortir tout à fait de notre sujet principal: le pays du Québec

C'est vrai que la foi diffère de la religion, Dieu merci.

Mais, il y a un mais de taille...

On a oublié la raison d'être des religions et on tire sur les institutions religieuses à boulet rouge en ignorant qu'on tente d'assassiner ce qui témoigne de la meilleure partie de nous-mêmes qui est le support de notre dignité. La religion, monsieur Sabourin, est là pour nous relier, tous ensemble, dans le Même Esprit de vérité.

Le mot de religion le dit, nous relier à l'Au-delà par la dimension profonde de notre intériorité, notre esprit.

La religion, bien qu'elle ait un versant temporel institutionnel extérieur, ce qui la rend vulnérable à toutes les "hommeries" abusives imaginables, elle a aussi un versant intérieur inviolable et immarcescible.

Il y a tellement à dire d'importance sur le sujet. Il y a une telle dyslexie de lecture de l'histoire au regard des religions. Les savants intellectuels d'aujourd'hui ont introduit dans la conscience collective de grands mensonges. La vérité est tout autre, on a tout de même le droit de mettre les pendules à l'heure de temps en temps...

Pour ce qui est de l'Église catholique, il s'agit de la partie de la théologie qui regarde l'ecclésiologie. L'essentiel à dire tient au fait que l'être humain est mutidimensionnel et que le Salut étant celui de l'être humain tout entier, les religions ne peuvent pas exister en dehors de la dimension temporelle matérielle de l'homme.

À la géopolitique 101 de René-Marcel Sauvé, il faudrait un pendant "Histoire véritable au regard des religions 101" pour faire face à la crise des savoirs de notre temps qui engendre une confusion hallucinante des esprits.

La question nodale, ce qui fait problème, c'est la légitimation de l'exercice du pouvoir, bien entendu. Dans son sens premier, le pouvoir est la capacité d'infléchir le comportement d'autrui dans un sens déterminé. Dans les relations intégrées à la réalité sociale, on sait que le meilleur moyen d'exercer un pouvoir est de donner quelque chose en retour de ce qu'on veut obtenir de quelqu'un. Le plus simple est de donner de l'argent. C'est pourquoi avoir de l'argent, dans une collectivité qui agit dans un monde d'extériorité, équivaut à avoir du pouvoir. Non seulement l'argent permet d'avoir pouvoir sur autrui, mais il permet d'acquérir liberté d'indépendance et d'action créative. On exerce un pouvoir sur autrui soit en fonction de son bien propre (comme lorsque je fais tondre mon gazon par mon voisin en lui promettant 20$), soit en fonction d'un bien commun, (comme lorsque le ministère des transports décide de faire faire une route par des salariés). Le pouvoir politique est légitimement exercé uniquement lorsqu'il vise le bien commun.

Ce qui fait problème pour les religions, c'est le pouvoir, je le répète.

Pour la conception du pouvoir issue de l'idéologie du libéralisme démocratique qui est la nôtre depuis la Révolution française, le pouvoir exercé par l'Église catholique n'est pas légitime, carrément. C'est ainsi qu'on a assisté à l'abandon progressif du pouvoir temporel de l'Église qui est réduit à sa plus simple expression depuis Vatican II.

Il faut prendre les choses comme elles sont et non pas dans un fouillis qui ne fait rien comprendre. Quelque griefs qu'on puisse faire, fondées ou non,  aux intitutions religieuses, elles existent pour rendre le monde meilleur.

Les religions se donnent des moyens d'actions dans la dimension d'extériorité de la réalité humaine pour contribuer à sa mission première: changer l'intériorité humaine. Si on ne comprend pas cela, on ne comprend strictement rien aux religions, comme Karl Marx. La religion est d'abord et avant tout affaire d'intériorité, sa dimension socio-temporelle est strictement un moyen par rapport à la fin qui est la réforme intérieure pour la sanctification de la personne. Il est impossible de prendre des moyens efficaces de sanctification sans assumer une dimension d'extériorité. Dans l'Église catholique, cette dynamique nécessaire est parfaitement et totalement présente dans l'Eucharistie où les Apparences extérieures du pain et du vin voilent une Présence réelle divine intérieure. Tous les sacrements ont une dimension matérielle extérieure qui est Signe de l'efficacité de la Grâce divine intérieure dont la diffusion est la raison d'être de l'Église.

Si vous parlez que du pouvoir temporel des ecclésiastiques, vous ne parlez pas de religion, vous ne prenez pas les choses pour ce qu'elles sont. Mais ce pouvoir existe réellement et c'est un paradoxe qu'il faut expliquer. Il y a bien un pouvoir politique "d'extériorité stricte" de l'Église catholique, destiné au développement du bien commun matériel de l'Église, mais ce pouvoir n'est qu'un moyen de dispenser efficacement un bien "d'intériorité stricte" qui est avant tout personnel: la Foi, l'Espérance et l'Amour en un mot le Salut.

Il s'agit d'un bien personnel, mais, s'agissant d'un bien spirituel, il ne peut se réduire à un bien strictement privé. La Foi,  intérieure et personnelle, ne peut "appartenir" à la personne seule comme un bien privé, la Foi vivante est communion intersubjective et la vie communautaire implique nécessairement une dimension "d'extériorité temporelle". La Foi est donc un bien de communion intersubjective "publique", contrairement au bien individuel matériel qui en est un de consommation "privée". Ce bien individuel de consommation nécessaire à l'expression de la dignité de la personne est le fondement du droit imprescriptible à la propriété privée. Mieux, eu égard à l'intégralité de la dimension d'extériorité temporelle de l'homme ce droit imprescriptible à la propriété privée est le fondement du droit à la liberté. La personne doit être libre de ses mouvements pour acquérir les biens nécessaires à l'expression indépendante de sa dignité. Mieux encore, la dimension d'extériorité de l'être humain inscrit dans une collectivité étant un lieu absolument incontournable de l'expression de sa dignité, le droit imprescriptible de la propriété privée est le fondement de la liberté religieuse. Cette conception du droit tire sa source dans la dignité de la nature humaine.

Cependant, la dignité de la personne fondée sur sa nature spirituelle impliquant une série de droits imprescriptibles de nature strictement privée suscite un ensemble de devoirs absolument imprescriptibles aussi.

À défaut de la nécessaire prise en charge des devoirs humains, la personne usurpe ses droits individuels. C'est ce défaut de la prise en charge des devoirs qui rend la société actuelle folle, non pas tant eu égard à la dimension d'extériorité qui n'a que la folie de l'injustice dans la répartition des richesses (penser à la disparité de cette distibution à l'intérieur des nations, mais surtout entre les nations). Le lieu de la folie du monde contemporain est celui qui correspond au lieu de ses devoirs premiers et profonds, c'est-à-dire, l'intériorité, dont s'occupe la morale.

Je m'excuse de faire un peu "exposé magistral", mais ce sont des choses parfaitement essentielles qui doivent obligatoirement être pris en charge par une véritable avancée vers l'actualisation de notre cher Pays du Québec.

L'État que nous avons déjà comme se tue à le répéter René-Marcel Sauvé tient sa pleine légitimité de notre maturité intellectuelle, morale, spirituelle, la religion se placera toute seule dans la floraison de nos droits parce qu'on assumera nos devoirs moraux fondamentaux.

Je le répète, je n'ai rien à cirer d'un Québec indépendant immature.

Mais ce n'est pas notre destinée, les échecs référendaires l'attestent.

La petitesse ténébreuse d'esprit des intellectuels comme le fut Pierre Bourgault correspond aux mensonges de la fausse indépendance d'esprit de la crise d'adolescence. Ce sont ces intellectuels imbus de pseudo-savoirs et de fausses libertés qui ont le haut du pavé depuis la révolution tranquille au Québec.

Je ne rejette pas en bloc tout ce qu'ils ont dit, pas du tout, on ne séduit pas avec le mensonge pur, mais la vérité pour être la vérité, il faut qu'elle soit pure à 100%.

Je pense au contraire que les principes de droits et de libertés issus de notre environnement culturel post-révolution tranquille, malgré leurs folles expressions a-morales, ont pavé la voie à la prise en charge mature de nos devoirs profonds.

On ne vit pas une histoire suréminemment mystique comme ce fut le cas au Canada-français sans avoir semé les germes d'une destinée portée dans les plus hautes altitudes spirituelles. Il m'est donné de voir s'accomplir cette destinée et elle frappera la face des Québécois qui pousseront un soupir de soulagement en se comprenant enfin eux-même dans la vérité qui libère.

Revenons un peu à la foi et la religion face au pouvoir.

Que bien des ecclésiastiques hierarchisés de l'histoire ait utilisé leur pouvoir temporel à des fins personnelles change strictement rien, à l'exercice légitime du pouvoir temporel de l'Église.

Les hommes sont souvent misérables et parfois odieux. Quand on considère les ignominies dont nous sommes capables, on pleure et on prie. Par rapport à l'exercice du pouvoir de l'Église, le paradoxe est plus profond lorsqu'on considère la dimension de la temporalité du Royaume de Dieu, autrement dit de l'Avènement du Royaume de Dieu, sur la terre où sa volonté sera faite comme au Ciel.

Cette mission spécifique de l'Église, ici, est non plus d'ordre strictement intérieur, mais elle assure la dimension de la temporalité extérieure et collective humaine également. Car le monde est appelé par les Évangiles, qui est un ferment dans la pâte des peuples (ou encore qui est l'Argile mélangé aux pieds de fer du colosse du songe de Nabuchodonosor qui garantit l'écroulement des empires de la terre qui deviendront la Montagne du Royaume) à devenir un paradis sur terre.

Il ne s'agit pas d'une interprétation personnelle, mais d'une mission essentielle de l'Église que Jean-Paul II rappelle solennellement en proclamant que nous sommes dans l'Avent de la Seconde Venue du Seigneur et en appelant tous les peuples à l'avènement Civilisation de l'Amour.

Ce n'est pas surprenant que notre perception des religions soit infectée par les abus de pouvoir des religieux. Mais regardez  aussi ceux qui ont été purs et dépouillés. Dans vos exemples, n'incluez pas que les misères de chrétiens ratés. Les seuls vrais saints disent ce que l'Église a à faire au monde.

Daniel Couture

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
(unknown)
Valérien Lachance
jeudi 10 juillet, 2003 18:09

Bonjour monsieur Leblanc.

Merci pour  vos commentaires que je considère très intéressants.  Vous avez  chez-vous un presbytère le plus célèbre  au Québec, celui  sur lequel fut hissé le drapeau du Québec pour la première fois en 1902 par le Curé Filiatreault, n'est-ce pas ?

Ce drapeau n'était autre que celui de Carillon modifié par le curé lui-même qui voulait un drapeau représentatif de tous  les Canadiens-français de l'époque, acceptable à la fois par les autres nationalités du temps ! Il  était avant-gardiste comme pas un de son temps  et fut  très  critiqué par son audace ! Il déclina toutes  les  suggestions qui lui étaient faites pour modifier son projet original, ce qui lui a valu des  ennuis considérables.....

«Il écrivit en 1902  un brochure sous le pseudonyme de "Le patriote"  où il  suggérait   que le  drapeau des Canadiens-français consiste  en une croix blanche  sur un champ bleu  avec  quatre fleurs de lys pointée vers le  centre, comme elles étaient sur le  drapeau (bannière) dit "de Carillon" »

Réf:  Histoire de Saint-Jude  par Raymoind Girouard, p 146 (d)
 
 

Voici le Curé Filiatreault dans son automobile en 1907

On sait que c'est ce même drapeau  qui fut hissé sur le parlement de Québec le 21 janvier 1948 ( avec les  fleur de lys pointée vers le centre) alors que les parlementaires en faisaiennt l'adption avec un léger ajustement  des fleurs de lys placés en position verticale.

Les cinq suggestions recommandées par Buroughs Pelletier, prés du comité pour le choix d'un drapeau, ont été refusées.

Chapeau au Curé Filiatreault de Saint-Jude pour l'heureuse suggestion d'un   drapeau national distinctif.

PS. Je fus dessinateur  en architecture pendant plusieur années, cours que j'ai acquis par correspondence ICS. ( trois années)

Bonne soirée monsieur Leblanc

Valérien L

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le curé Elphège Filiatrault
Dany Leblanc
jeudi 10 juillet, 2003 19:02

Valérien Lachance a dit:

 "Merci pour  vos commentaires que je considère très intéressants.
 Vous avez  chez-vous un presbytère le plus célèbre  au Québec, celui
 sur lequel fut hissé le drapeau du Québec pour la première fois en
1902 par le Curé Filiatreault, n'est-ce pas ?"
Je ne crois pas qu'on a conservé le presbytère de 1902.  Le presbytère que nous avons est relié à l'église.  Architecturalement parlant, ce n'est pas très intéressant.  Par contre en intérieur de l'église, c'est, d'après ce que j'ai entendu parlé, trés jolie.  Je ne l'ai jamais vu parce que je suis né à Saint-Barnabé Sud, le village d'à côté.

Le drapeau de Carillon flotte sur mon mat, en face du rang Des Quarante-huit.  La municipalité a fait imprimer ce drapeau à deux reprises.  L'an passé, j'en ai commandé trois, je pourrais en vendre un pour celui qui me le demande.

Elphège Filiatrault n'est peut-être pas très connu mais il a marqué le Québec.  En plus d'avoir eu ce grand curé, la famille de Pierre Bourgault vient de Saint-Jude.  Son père est né ici.  J'ai un de mes voisins qui est son cousin, il a des airs de famille avec Pierre et il
est très sympathique.

Saint-Jude est reconnu comme très nationaliste.  Qui sait?  Ce curé a peut-être eu une influence sur ses paroissiens, qui les ont transmis à leurs descendants.   C'est peut-être indirectement grâce à lui que Bourgault est devenu un grand nationaliste.  Ha! Tout se tient.

Dany Leblanc

Saint-Jude

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Bourgault peu de temps avant de mourir
Dany Leblanc
jeudi 10 juillet, 2003 19:19

"Daniel Couture"  a écrit:

> La religion, monsieur Sabourin, est là pour nous relier, tous ensemble, dans le Même Esprit de vérité. Le mot de religion le dit, nous relier à l'Au-delà par la dimension profonde de notre intériorité, notre esprit.
Tout ce qui relie, divise.

Vous ne pouvez pas relier tous les gens de la terre à une croyance.  Il y a forcément une division.  À moins qu'un jour, Dieu nous apparaît du ciel et que tous les gens de la terre ait la preuve de son existance.

Le mot vérité est dans dangereux car il nous empêche de s'ouvrir à d'autres points de vue.  C'est vrai pour la religion, c'est aussi vrai pour les grands courants idéologiques.

Dany Leblanc

Saint-Jude

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le curé Elphège Filiatrault
Valérien Lachance
jeudi 10 juillet, 2003 21:42

Bonsoir monsieur Leblanc,

Vous écrivez:
 

Elphège Filiatrault n'est peut-être très connu mais il a manqué le Québec.  En plus d'avoir eu ce grand curé, la famille de Pierre Bourgault vient de Saint-Jude.  Son père est né ici.  J'ai un de mes voisins qui est son cousin, il a des airs de famille avec Pierre et il est très sympathique.
Saint-Jude est reconnu comme très nationaliste.  Qui sait?  Ce curé a peut-être eu une influence sur ses paroissiens, qui les ont transmis à leurs descendants. C'est peut-être indirectement grâce à lui que Bourgault est devenu un grand nationaliste.  Ha! Tout se tient.
Oui vraiment. tout se tient. vous avez bien raison monsieur Leblanc.

Le Curé Filiatreault avait le même nationaliste de presque tous les curés de son époque. Il n'a pas manqué le Québec comme vous le dite, puisqu'il l'a vécu intensément de son temps ! C'est l'Église et les écoles de ce temps qui nous ont enseigné "l'histoire du Canada", via les frères et les religieuses. Dans bien des écoles il y avait des cadets et  la phafare, ce qui donnait un petit air militaire et la discipline que cela exigeait ( moi je jouais le baryton)  et le salut au drapeau tous les vendredis. C'était fameux comme discipline à côté de ce qui se passe aujourd'hui dans les écoles. Rien Rien Nada.

À vrai dire, c'est l'Église qui avait en main haute sur le nationalisme au Québec.  Nous devons le reconnaître.  Voici un extrait de texte qui en dit long à ce sujet.

D'entrée de jeu, je dois dire que ce n'est pas Jean Lesage qui a commencé la révolution tranquille mais bien Adélard Godbout. Il était très progressiste et avant-gardiste dans bien des domaines mais, tout comme notre frisé contemporain, il n'était pas nationaliste.

Je cite:

«Le gouvernement Godbout est en passe, mine de rien. d'effectuer tranquillement une révolution. Le projet qu'il prône est axé sur la modernisation de l'apareil politique, l'émergence d'un État-providience  et interventioniste, la réduction du rôle suppléant de l'Église et le dédouannement des idées. Son projet comporte un lacune: le refus ou l'incapacité de prendre en charge  le destin national jusque là assumé par l'Église. Cette déficience lui coûte le pouvoir aux élections de 1944.»

Réf: "Histoire du Catholicisme québécois" Par  Jean Hamelin tome 2 p. 32
 




Or, Maurice Duplessis opportuniste très rusé, dès 1936 profita du mécontentement des membres du parti conservateur et des libéraux, pour former un nouveau parti à caractère vraiment nationaliste, une alternative politique à l'éternel bleu et rouge de plusieurs décennies. Il fonda donc l'Union Nationale" qui a gouverné la Province pendant plusieurs années jusqu'à sa mort en 1959. C'était le premier parti à caractère vraiment "nationaliste" que se donnait le Québec que le PQ n'a vraiment jamais reconnu ni même salué au fil des ans. Il  était plus commode de le salir et de noircir son époque pour des motifs idéologiques qui prenaient déjà racine dans le milieu.  Il ne restait alors qu'un pas à franchir pour nous donner une "Assemblée Nationale" geste posé par Jean Lesage au grand dam de ses amis d'Ottawa d'où il était issu !

Le nationalisme québécois a donc franchi  trois étapes,

a) l'Église jusqu'en 1936,

b) l'Union Nationale jusqu'à la mort de Maurice Duplessis en 1959 ,

c) le Parti québécois depuis 1976 à 2003 avec des interruptions bien entendu

Cordialement monsieur Leblanc

Valérien L

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le Dieu Hasard
Alain LaBonté
vendredi 11 juillet, 2003 10:07






A 20:26 2003-07-10 +0000, joualvere a écrit :

>Je ne sais pas si j'ai du mérite à être athée [...]

[Alain]

Mérite ?

Pourquoi ?

J'ai toujours été frappé par la contradiction -- apparente à mes yeux -- de ceux qui se disent « athées ». À moins que ce ne soit pour des raisons politiques ou du style « m'as-tu-vu », il m'est toujours apparu futile et impossible de prouver que quelque chose n'existe pas. Faire un acte de foi comme le font les athées en la non-existence de ce qu'ils ne peuvent définir eux non plus (pas plus que les croyants) m'apparaît contradictoire en soi, ou relève de la volonté de se battre contre des moulins à vents, à moins, je le répète, que ce ne soit pour provoquer, à des fins politiques... ou exhibitionnistes.

Pour ma part, je préfère dire aux athées qu'ils devraient plutôt se convertir à l'agnosticisme, qui est plus tranquille. Agnostique moi-même (après avoir été croyant et souhaitant quand même encore aujourd'hui trouver des certitudes même si je m'avoue inhabile à les trouver), je ne sais pas définir Dieu, et il m'est alors difficile de dire que j'y crois dans ces conditions, mais il m'est tout aussi difficile de dire que je n'y crois pas. Ce n'est pas une question de croyance, mais d'impossibilité de définir et d'expliquer l'inexplicable de la création qui m'entoure.

Qu'on ne vienne pas me dire, comme au XIXe siècle, que ce que l'on ne peut ressentir par nos cinq sens n'existe pas. Les ondes hertziennes ont été découvertes depuis, et elles sont éminemment pratiques et fiables, on les utilise constamment et elles nous traversent en tous sens sans sans que l'on en ait quelque conscience que ce soit. Leurs radiations peuvent même tuer sans qu'on ne se rende compte de leur présence. De même, l'infini de l'espace (dans le microcosme, au plus profond du coeur  implosif [et sans grande concordance déjà avec notre notion de matériel] des quarks, des gluons et des bosons, comme dans l'immensité de l'espace intersidéral) est inexplicable à un esprit humain, bien que l'existence de l'infini soit évidente. On peut le conceptualiser par un symbole mathématique mais on ne peut prouver son existence évidente ailleurs que dans notre esprit logique qui ne peut quand même pas le comprendre autrement que par la notion du « bon sens » (si une telle notion a vraiment un sens sans intervention « divine », ce dont on peut aisément douter aussi) qui veut qu'après avoir exprimé un nombre, il y en ait toujours un qui suit... Quant à l'intelligence, elle a besoin d'un support matériel pour se manifester, bien sûr, mais on n'a pas d'expérience d'une intelligence ou d'une manifestation intelligente sans observateur. Or les lois de la nature sont intelligentes, en ce sens qu'elles ne sont pas dues au hasard (sinon la
probabilité que tout l'univers se disloque à chaque microseconde au hasard serait tellement grande que ce serait sans doute déjà arrivé -- or il y a une structuration sensible de l'univers, du moins de l'univers dans lequel on vit). Une intelligence sans observateur (donc inhérente à la matière -- ce qui pourrait alors être considéré quand même comme une certaine notion de divinité [d'où aussi mon incapacité à définir Dieu] -- même si elle serait alors impersonnelle) est-elle possible ? Je n'en sais rien, même si j'aimerais bien le savoir. D'où je suis agnostique. Mais pas athée.

Quant à la grande question : y a-t-il quelque chose après la mort ? Je sais que la Vie continue, impersonnellement, après la mort de ceux qui nous ont eux-mêmes engendrés. Je le sais parce que je le constate comme tout le monde. Le mystère de la reproduction -- un phénomène hautement intelligent et selon moi improbablement dû au hasard (de toute manière il est
impossible de prouver que c'est dû ou non au hasard au départ, mais... ça ne se produit de toute manière plus au hasard depuis qu'il y a reproduction) -- nous montre quand même que le Dieu Hasard, s'il existe lui aussi, fait quand même très bien les choses de façon ordonnée, et pas tout à fait aléatoire (à part certains accidents relativement rares) dans ce cas. Est-ce que ma personnalité à moi -- et la vôtre -- continuera (de façon personnelle, donc), je n'en sais rien, même si je le souhaite quant à moi de tout coeur, car j'aime la vie, comme la plupart des vivants. D'où aussi je suis agnostique, en souhaitant quand même de tout coeur aussi que les croyants aient raison, et en compatissant avec ceux qui trouvent la vie si mauvaise qu'ils ne souhaitent pas continuer à vivre après leur mort.

Depuis que je suis jeune, je me dis que c'est peut-être ça l'enfer, la non-existence, et peut-être créons-nous notre non-survie nous-mêmes en y renonçant au préalable. La pensée crée. Elle détruit aussi. Est-ce que cette vérité subsiste de manière personnelle après la mort ? Je ne le sais pas, hélas ! Mais, ma foi !, mon Dieu !, que j'aimerais bien le savoir !

Alain LaBonté
Québec

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Le Dieu Hasard
René Marcel Sauvé
vendredi 11 juillet, 2003 19:37




Géopolitique 101

Il existe une géographie et une géopolitique des religions.

Un géographe a déjà défriché une première fois dans ce sens. C'est le français Pierre Deffontaines et son ouvrage porte pour titre: Géographie et Religions. Publié chez Gallimard, une neuvième édition a paru en 1948.  Il s'agit d'un travail volumineux, de 439 pages.

Les sujets étudiés comprennent: Religion et géographie de l'habitation- la marque de la religion sur l'habitation- l'habitation des morts-habitation de la divinité.< Religion et peuplement-influence de la religion sur les sites et histoire du peuplement-religion et villes-religion et démographie-le peuplement des morts.

Religion et géographie de l'exploitation-religion et vie agricole-le rôle des facteurs religieux dans la géographie pastorale-religion et géographie industrielle-sacrifices et géographie de la consommation.

Religion et circulation-voyages et migrations pour causes religieuses-voyage des morts vers les morts-géographie des pèlerinages-importance et localisation des pèlerinages-attraction, spécialisation et périodicité des pèlerinages-transport des pèlerins-l'aide aux pèlerins-les villes de pèlerinages-

Échanges et commerces d'origine religieuse-la religion la route et les moyens de transport-

Religion et genres de vie-religion et alimentation-la religion, les travaux et les jours-le calendrier-les gens et les travaux de la mort-les genres de vie religieux-Prêtres et hommes de Dieu.

Il s'agit en somme d'un travail assez complet.

Je vous ferai part de mes propres observations sur les religions et la politique. Elles seront sommaires car je n'ai pas le temps d'en faire davantage. Comme géographe spécialisé en géopolitique, je vous ferai part de quelques facteurs de continuité en matière de religion.

Comme vous voyez, la géographie, qui est un métier fascinant, mène à tout.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Juste comme ça
Manon
samedi 12 juillet, 2003 03:15

Bonjour chers vous,

Depuis quelques temps il y a ici des discussions sur Dieu et la religion.

Je suis tombée sur ceci il y a quelques minutes (article de cyberpresse):
 

"Après le décès des siamoises iraniennes
Deux siamoises indiennes
décident de rester ensemble
Associated Press
Ahmadabad

La mort cette semaine des deux soeurs iraniennes siamoises au cours d'une
opération chirurgicale visant à les séparer a renforcé l'engagement de deux
siamoises indiennes à rester pour toujours ensemble.

«Si Dieu nous a fait (SIC) ainsi, alors c'est comme cela que nous devons
rester, ensemble pour toujours», a déclaré Ayara Ratun, qui est née, collée
avec sa soeur Jayara à la taille."

J'arrête ici, le reste de l'article suit.

Si Dieu les a voulues ainsi, elles doivent le rester, disent-elles.

Mais pourquoi Dieu a-t-il donné aux humains l'intelligence, la volonté et la capacité de soigner, guérir, changer des destins?

On peut dire qu'à chaque fois qu'un médecin intervient, la volonté de Dieu est changée, non?  Y a-t-il des critères pour dire que l'intervention d'un médecin est okay ou pas okay?  Est-ce qu'opérer quelqu'un pour le séparer de son frère est différent, point de vue "destinée voulue par Dieu, vue et acceptée par l'humain", que de mettre un pacemaker à un autre pour qu'il
"dure" plus longtemps?

Pourquoi certains humains se servent de Dieu pour accepter leur condition, comme dans ce cas-ci, alors que dans bien des cas d'opérations difficiles, où la survie tient du miracle, on entend dire que c'est Dieu qui a voulu que la personne opérée survive?  "On a tellement prié, Dieu nous a exaucés!" disent certains (surtout aux USA).

Je vois ici à quel point on peut se servir de Dieu pour justifier nos décisions, quelles qu'elles soient.

Anyway.  Je ne crois pas en Dieu.  J'ai cru un moment en une force ayant les mêmes qualités que l'on donne à Dieu:  bon, plein d'amour et bla bla bla.  Une force sans nom, sans religion, faite d'énergie merveilleuse en laquelle il suffit de croire pour que des changements surviennent.

Mais maintenant, je crois que c'est l'électricité dans notre cerveau qui crée notre âme, et ça me désole, m'effraye, m'horrifie.  J'aimerais croire en une vie éternelle après la mort, pour me rassurer et m'enlever cette peur viscérale que j'affronte de temps en temps.  Celle qui me fait crier "NON!" à l'intérieur de moi, avec une révolte incroyable, quand je me déclare juste pour voir:  "Je vais mourir un jour...".

Il n'y a aucune preuve que Dieu existe...  mais aucune qu'il n'existe pas, disait...  Alain Labonté?  Je ne me souviens plus.

Mais des preuves que rien n'existe, est-ce que ça a de la valeur?

Les armes en Irak...  on n'a aucune preuve de leur existence...  mais prouver qu'elles n'existent pas, est-ce possible?  N'importe qui peut prétendre qu'elles sont bien cachées dans des grottes et qui pourrait PROUVER le contraire?  À moins d'avoir une carte incroyable montrant tout de l'Irak, ses montagnes mais aussi son sous-sol, et ça n'existe pas!  (Ici peut-être que je fais preuve d'ignorance, il est peut-être possible à des satellites d'analyser le sous-sol...  anyway!)

Prouver quelque chose, c'est une chose.  Prouver un NON-quelque chose...   c'est autrement plus difficile, non?

Excusez la longueur.....  je me questionne.

J'aimerais bien que Dieu existe, que quand je mourrai il y aura un paradis, et que ce paradis soit une auberge-bibliothèque.  :-)

Manou
xxxxxxxx  gros becs à ceux et celles que j'aime!

Pis euh...  un petit "tata" aux autres.  :-p

Ah oui!  La fin de l'article pour ceux et celles que ça intéresse:
 

"Les soeurs Ratun ne possèdent qu'une seule paire de jambes et il n'est pas sûr qu'une opération soit possible si elles souhaitaient se séparer un jour.

Les deux soeurs de 34 ans sont arrivés à Ahmadabad, la plus grande ville de l'État du Gujarat dans l'Ouest de l'Inde, pour apparaître dans une foire quand elles ont entendu la mort des deux siamoises iraniennes lors de leur
opération de séparation.

«Elles devaient être au courant des dangers qu'elles encouraient. Leur mort
nous a choqué», a déclaré Ayara Ratun.

Les soeurs Ratun, nées dans une famille de paysans de l'Ouest du Bengale, ont traversé l'Inde pour apparaître dans des foires afin de subvenir aux besoins de leur famille."

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Juste comme ça
René Marcel Sauvé
samedi 12 juillet, 2003 08:30

Étant croyant et pratiquant, je ne fais pas de Dieu une projection de mes propres introjects. Dieu est l'Autre absolu. Il n'est pas une projection de moi-même ni de personne d'autre. Par exemple, je refuse de prêter serment, comme font les athées, non parce que je ne crois pas en Dieu mais que je ne veux pas impliquer Dieu dans mes propos, dont je tiens à assumer la
responsabilité.

Je ne crois pas que Dieu a "voulu" le malheur sous toutes ses formes, y compris les déformations, les maladies, la mort. Le mal reste un mystère. Dieu l'a permis pour que s'exerce la liberté et la responsabilité de chacun, que chacun et chacune y mette son talent et ses efforts en vue de combattre le mal comme il ou elle le peut et ne cherche pas à accomplir l'impossible, ce à quoi personne n'est  tenu.

La volonté véritable de Dieu, c'est que tous soient un, non pas au sens organique du terme, non pas au sens d'une fusion de l'humanité en un Grand Tout indifférencié, mais au sens de l'Esprit, qui est UN et le même pour tous. Quant à l'univers organique, il est appelé, comme nous pouvons le voir, à devenir de plus en plus contrasté et différencié. Il exigera des
adaptations que le monde d'hier n'a jamais connu et ce sera à notre honneur de nous adapter sans perdre le sens de l'existence et de l'Être. C'est le commencement de l'agir selon l'Esprit.

Si le monde est tellement contrasté et différencié, tellement chargé de problèmes de toutes sortes, c'est afin que l'Esprit se manifeste et transcende tout le reste, en attendant que vienne une autre vie, parfaite celle-là, dont personne n'a la moindre idée. Il y a eu des milliards et des
milliards de morts. Il y en aura encore. Nous y passerons tous, sauf la génération des derniers temps. Il y aura une résurrection définitive et éternelle, qui donnera à chacun et à cette foule que personne ne pourra compter la plénitude de l'existence.

Si je n'y croyais pas,avec toutes les épreuves, les difficultés et les misères qui ont jalonné mes 72 années de vie, les maladies, les bêtises, les stupidités, les erreurs graves que j'ai commises, je me serais suicidé il y a longtemps. J'ai une mémoire terrible, épouvantable, qui me fait surgir en un instant des événements vécus il y a quarante, cinquante et soixante ans,
comme s'ils étaient arrivés hier. Je me demande alors comment j'ai pu survivre à de telles erreurs, alors qu'en réalité, il n'y a pas eu de catastrophe. La lucidité se paie cher en termes affectifs. Elle a des avantages sur le plan intellectuel et sur celui de la perception, mais elle
comporte aussi des inconvénients graves.  Elle isole et expose à son propre jugement, souvent pire que le jugement des autres. D'où nécessité de la foi qui permet de transcender tout le vécu.

La foi nous dit que Dieu n'est pas nous, ni personne ni aucune projection de l'imagination. Dieu, nous le connaissons par le Christ, qui a horriblement souffert mais  n'a pas cherché un seul instant à faire appel à sa puissance divine pour changer l'ordre du monde:"Mon royaume n'est pas de ce monde".  Donc, il y aura un autre monde, une nouvelle terre et de nouveaux cieux.

Ce monde, dans lequel nous vivons, nous le transformerons par l'Esprit et il continuera de s'améliorer.

Que les jumelles soient décédées après une tentative de les séparer et leur permettre une vie distincte, c'était conforme à leur volonté et elle a été respectée. Que deux autres jumelles aient décidé le contraire, cela aussi se fera conformément à leur volonté. Il faut respecter absolument la vie mais personne n'est obligé de subir une opération pour la maintenir. On a tous l'obligation stricte d'entretenir la vie, la nôtre et à aider les autres à entretenir la leur, mais personne n'est obligé de faire reculer la mort, en commencant par la sienne, celle qui nous attend. On a le droit de choisir de se laisser emporter par la mort et ce n'est pas la même chose que le suicide ou l'euthanasie, où on choisit délibérément de s'enlever la vie qui nous est donnée parce qu'elle n'est pas conforme à nos modèles et nos idéaux. La mort qu'on accepte comme inévitable n'est pas la mort qu'on provoque.

Si nous passons par de telles épreuves, c'est afin que nous soyions les artisans de notre bonheur et de la grandeur à laquelle nous sommes appelés. Dieu nous vient en aide mais il n'est pas magicien et ne fait pas l'impossible. Il faut faire notre part, exigeante à l'extrême parfois, mais la récompense n'en sera que plus grande.

Relisez le texte de Simone Weil soumis cette semaine. J'aime lire les gens qui ont de la maturité d'esprit. Je vous conseille d'aller voir le film 24 heures dans la vie d'une femme.
suivant le roman de Stefan Zweig. C'est une étude des passions humaines, cette aptitude que nous avons tous de nous anéantir pour quelqu'un d'autre ou pour une cause.

Bonne journée et grosses bises à Manon B.

René Marcel Sauvé-

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Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec]
Juste comme ça
Daniel Couture
samedi 12 juillet, 2003 18:15

Bonjour Manon, j'ai savouré ton (si vous permettez que je vous tutoie...) message, plein de fougue et de lucidité vraie.

Je te remercie pour ce message en ce que tu me permets de ne pas être hors d'ordre. Parce que mes interventions sur ce groupe de discussion sont un peu détonnantes, étant donné que je m'intéresse principalement aux principes fondamentaux de la connaissance vraie et de l'agir bon de l'être humain.

Ici parce que tu abordes avec délicatesse et sincérité la question de l'existence de Dieu, je peux te répondre simplement. Aborder les principes fondamentaux est très exigeant, mais je désire te faire part de certaines conclusions absolument certaines concernant l'existence de Dieu et de l'âme fondées sur les principes les plus solides.

Rien n'est plus faux qu'il n'y a pas de preuve de l'existence de Dieu. Il s'agit d'un canular de l'agnosticisme ou de l'athéisme contemporain. Un grossier canular, car dans le FAIT de penser de dans L'EXISTENCE de la pensée, il y a nécessairement la saisie d'une cause première de la pensée et d'une cause première de l'existence.

Premièrement, l'être n'a pas de commencement, cela il faut le répéter sans cesse, c'est le point de départ de la première intuition philosophique véritable qui conduit à la contemplation de la vérité première: l'ÊTRE EST. C'est absolument vertigineux que nous puissions avoir une certidude parfaite de l'éternité de l'être, c'est un vertige inouï. Toujours, toujours, de l'être, sans commencement!!! Car si l'être a commencé, c'est le Néant qui a produit l'être, ce qui n'a absolument aucune existence a produit de l'existence. Cela est impossible de toute évidence, au sens le plus fort qui soit.

Réfléchissant comme il faut, puisqu'il y a de l'être qui commence -à commencer pas soi-même- il est impossible, ultimement, que ce soit autre chose que l'être sans commencement qui soit la cause de l'apparition de l'être qui a un commencement.

L'Être, éternel, c'est à dire sans commencement, cause première et ultime des êtres qui ont un commencement, voilà Dieu qui commence à se montrer dans toute la clarté d'une saisie intellectuelle parfaite. Mais ce n'est qu'un début. Il y a un nombre considérable de voies par lesquelles on affine cette saisie parfaite de l'intelligence. Ce n'est pas de l'existence de Dieu qu'il n'y a pas de preuve pour tout être pensant. De fait, tout être pensant, peut, par lui-même, en étant conséquent envers ses propres expériences sensibles et rationnelles, au moyen de raisonnements rigoureux successifs parvenir à la certitude parfaite de l'existence de Dieu.

On est convaincu du contraire, je le garantis toute mon énergie, à cause d'une propagande, d'un lavage de cerveau qui constitue l'horizon mondain de la conscience collective actuelle. Il en est de même pour l'immortalité de l'âme humaine, les grands philosophes qui ne sont pas des idéologues l'ont démontrée de bien des manières.

Ce qui ne fait pas l'objet d'une démonstration directe concernant Dieu, c'est ce qui fait proprement l'objet d'une révélation. C'est à dire que là il ne s'agit pas de connaître Dieu en son existence, sa nature et son essence, mais il s'agit de "faire connaissance avec Lui". Là les preuves sont indirectes. Toutes les révélations sont le fait de témoignages. Là, les preuves sont de l'ordre du raisonnement, non plus sur les principes de la connaissance et de l'existence, mais sur les principes de la validité des témoignages. Et des preuves de cet ordre, il y en a des milliers, sinon des millions qui correspondent aux plus grandes exigences principiels de la validité des témoignages.

Pourquoi on ne s'occupe pas de tout cela? Parce que nous sommes imbus de faux principes. La propagande marxiste et autres s'est attaqué avec génie et perfidie aux réalités profondes en l'homme. Et ce que nous donne à comprendre cette propagande, sur nous-même, en notre volonté liberté et en notre intelligence, nous interdit la voie de la contemplation véritable de la vérité qui nous porte.

Daniel Couture

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