Vous  êtes dans
Pierre-Elliot Trudeau

Recherches sur ce site
 

L'aéroport Pierre Elliot Trudeau
Plusieurs intervenants
Août-Septembre 2003

===============

Pierre-Elliot Trudeau
Il est mort, dans son lit, entouré des siens

================================================
In memoriam
Pleurons en choeur la mort du roi nègre

Distant, méprisant, presque dédaigneux à l’égard des siens, c’était, dit-on, un homme bien qui a tant aimé son peuple.

Candidat du NPD dans le comté fédéral de Mont-Royal en 1962, il n’aura mis que quelques brèves années à renier l’idéal social-démocrate pour réintégrer le libéralisme, plus susceptible de lui procurer le pouvoir qu’il a toujours convoité.

Anti-nationaliste chez lui, au Québec, il se fit pourtant champion du nationalisme canadien. Admirable abnégation de sa part.

Plus flamboyant que substantiel, PET a rapatrié la constitution du Canada sans l’accord de sa province, d’origine, pourtant la première qui, au départ, réclamait cette récupération formelle de l’autonomie canadienne.

Il ne mâchait pas ses mots, a-t-on soutenu.  Heureusement pour lui et pour son haleine car, aux syndiqués en grève de Lapalme, il n’a pas hésité à lancer un “Mangez d’la marde” plein de compassion pour les travailleurs.

Quant au célèbre “Fuddle duddle” masquant mal un plus classique “Fuck You” il ne visait que ses collègues du Parlement et témoignait bien sûr de sa grande foi en la démocratie.

“Brillant et haut en couleur”, a-t-on dit de lui, mais capable aussi de profiter d’une insurrection - par lui et ses sbires exclusivement, appréhendée - pour mettre en prison ses adversaires politiques, coupables ou non d’un crime de subversion qui n’existait pas aux termes de la loi, au moment où il aurait présumément été commis.

500 Québécois-es emprisonné-es pour leurs idées sans qu’aucun-e ne fut jamais trouvé-e coupable de quelque crime que ce soit. Les trois “colombes” qui, cinq ans plus tôt, s’étaient portées à la défense du Canada menacé par le FLQ se faisaient dorénavant faucons pour briser les reins des méchants séparatistes.

“Le plus grand politicien canadien du XXe siècle”, a-t-on encore prétendu, “Une tête exceptionnelle en politique”. Je veux bien le croire, si c’est de tête à claque qu’on parle.

Il ne faut pas s’attendre à ce que le peuple Québécois tombe en larmes et prenne le deuil de son bourreau.  PET ne fut jamais l’ami des siens et s’il faut le comparer à un autre personnage de notre histoire, c’est à Lord Durham qu’on doit penser. Les deux hommes ont partagé le désir d’écraser toute velléité de liberté culturelle chez ce que tous deux considéraient comme un peuple de simples porteurs d’eau. La différence, c’est que si Lord Durham représentait le colonialisme étranger, PET, lui, était issu de ce peuple qu’il s’est efforcé d’humilier au profit du colon, en bon roi nègre qu’il fut.

Jacques Larue-Langlois
* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !
avant-garde_quebec@egroups.fr
30 septembre, 2000 21:21
Transmis par :  Claude G. Charron

================================================
Contre Trudeau
Un virulent pamphlet de l'historien Michel Brunet
Louis Cornellier  Le Devoir 4.2.01
Virulent pamphlet anti-trudeauiste, cet opuscule du grand historien nationaliste Michel  Brunet (1917-1985) contient quatre articles publiés entre 1968 et 1974. Réunis et réédités par Guérin à l'occasion du décès de l'ancien premier ministre du Canada, ces textes visent entre autres à dénoncer l'opportunisme de Trudeau, ancien intellectuel citélibriste recyclé en politicard insolent, mais surtout à démolir la pensée trudeauiste, dépassée et fautrice de troubles.
(...)
================================================
Qu'est-ce que Pierre-Elliot Trudeau a fait pour le Québec, tout au long de sa carrière ?
Robert Bertrand, rédacteur, Québec un Pays 2000/09/30
La mort de Trudeau.  L'homme de cent milliards $

Trudeau au pouvoir, c'est l'homme qui a coûté aux Canadians, coast to coast, 100 milliards de dollars de déficit.

C'est maintenant que nous payons pour ses entourloupettes, ses belles façades lors des Conférences Constitutionnelles, et tous ses éminents spécialistes qu'il a su récompenser et qui se retrouvent au dortoir du Sénat pour l'encenser.

Écoutez la TV.  Écoutez les encenseurs largement payés par nos taxes et impôts.  Ils se permettent comme les Joyal de nous servir des leçons de faire pour nous demander de pardonner et de prier pour lui.  C'est maintenant qu'il faut dénoncer cette hypocrisie des doubles visages.

Trudeau, au plan financier, c'était l'incompétence au pouvoir.

Au plan relation publique :  il méritait une médaille d'or.

Pour le Canada des Canadians :  c'est un géant.

Pour le Québec des Québécois :  c'est le mépris.

Oui, il a été grand pour la Canada, infâme pour le Québec.

Je veux bien qu'on me dise ce qu'il a fait pour le Québec, tout au long de sa carrière !  Il a bien dit que nous étions des créateurs, des innovateurs, des artistes qui parcouraient et parcourent le monde avec grande renommée.  Ce sont les Québécois, les artistes, les artisans du Québec qui réalisaient et qui réalisent de belles et grandes choses.  Lui, Trudeau, pour le Québec, qu'est-ce qu'il a fait ?

Les gens du Parti politique, ceux qui ont profité de son passage, (cent milliards de déficit) de ses largesses, il serait de bon ton de nous les éloigner, d'éviter de les entendre, d'éviter les agenouillements.  Tel Pierre Juneau du CRTC que j'entendais le porter au nu, lui, son ami !  Et Marc Lalonde, le fidèle serviteur !

Pensez à Madame Chaput-Rolland qui pleurait devant toute son incompréhension de la réalité québécoise; André Laurendeau qui avait annoncé des recommandations qui sont laissées lettres mortes.  Et toutes les autres Commissions d'Enquêtes qui ne sont demeurés que des paravents pour mieux brouiller tout le monde.

Vous avez vu Jean Charest...  "je l'ai connu, j'avais 10 ans"...   Quand on a rien à dire....   qu'est-ce que l'on peut bien entendre !

L'un après l'autre, les bouffons du roi, viennent faire leur tour.... et puis s'en vont !

Merci à Bernard Frappier pour son merveilleux texte :

" Je ne peux pas "démissionner" du Québec, c'est mon pays!  Où donc irais-je?

Et ce pays, qui n'en est pas un, me tue, tellement il s'abaisse et s'humilie. Jusqu'à honorer la mémoire de celui qui a toujours travaillé à le minoriser!

Le temps était pourtant propice pour montrer au monde que l'État québécois,  en ne mettant pas ses drapeaux en berne, refusait de se joindre au concert d'éloges dans ce Canada-sans-le-Québec pour celui-là, aussi éminent fût-il par ailleurs, qui a voulu sa perte. Le fleurdelysé est malheureusement en berne...

Sortirons-nous donc jamais de ces comportements de "baisés-sans-fin" ?

«Et moi je sens en moi,
Dans le tréfonds de moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l'os
S'installer la colère.»
L'alouette en colère
(Félix Leclerc)

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
http://www.iquebec.com/quebecunpays/

* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !
avant-garde_quebec@egroups.fr
30 septembre, 2000 18:13
================================================

Trudeau et le nationalisme ou comment cet homme a créé et pratiqué le pire ultranationalisme d’État de toutes les démocraties occidentales
Par Gilles Rhéaume, 1er octobre 2000

I- Jalons de ses origines doctrinales

La stature de Pierre Elliott Trudeau fait de lui un monument si imposant qu’il est  permis de prendre ses distances d’avec les normes habituelles de la bienséance qui commandent le silence devant la mort… La démesure est trop vive !  Il est canonisé !  Lui- même trouverait cela ridicule…

Quoiqu’il en soit le spectacle auquel nous assistons est si indécent, du vrai burlesque, qu’il apparaît nécessaire de faire entendre un autre son cloche que celui de l’élite canadienne et de ses porte-voix que sont les médias dépossédés qu’ils sont de toute appréciation critique, de la plus élémentaire lucidité…

Pierre Elliott Trudeau aura été le Père du nationalisme canadien qui est un ultranationalisme d’État parmi les plus sectaires et les plus arrogants qui sont advenus et qui ont perduré depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale !

De Canadien-Français à Canadien

Trudeau, comme tous les petits-bourgeois instruits de sa génération tels Jacques Hébert, Jean-Louis Roux et autres, a baigné dans la pensée nationaliste qui a marqué l’Occident chrétien depuis le début du XXe siècle. Ne faisait pas des études qui veut au Québec…

Il suffit de s’attarder quelque peu sur l’histoire de France, d’Angleterre, d’Allemagne, d’Italie et de Belgique, par exemple, pour constater comment et combien la doctrine nationaliste fut celle de toute une époque.  Cette philosophie a profondément influencé toute une génération d’hommes bien éduqués. Le patriotisme en Occident est devenu du nationalisme !

Il est nécessaire d’examiner sérieusement ce milieu qui a construit le jeune Trudeau car là se trouve une des clés qui permettront de mieux saisir les sources de sa réflexion et les explications de ses décisions au moment où il sera Premier ministre du Canada.  Non pas que cette ambiance explique à elle seule la complexité de son cheminement mais elle constitue sans doute la thèse de la dialectique trudeauiste qui sera suivie, pour pasticher Hegel d’une antithèse, le communisme, et d’une synthèse, l’ultranationalisme canadien dont Trudeau aura été le concepteur et le propagandiste avant que des nains politiques, tels Chrétien, Dion, Copps et Gagliano, ne s’obstinent dans leur enlisement à pratiquer cet intégrisme, cette orthodoxie dévastatrice.

Trudeau a donc baigné dans l’océan nationaliste en vertu duquel la nation qu’elle soit ethnique, civique, politique ou géographique est l’horizon intellectuel incontournable ! La Nation est le point de référence.  Pas la langue, la Nation !  Rien n’est plus important que cela.  Le Dogme de l’indivisibilité du Canada, cette lubie, cette fiction de l’esprit, cette fixation, appartient à une catégorie d’idées bien précise.  Le Canada serait un Tout de type divin!

Son nationalisme est canadien ce qui le rapproche d’Henri Bourassa, le fondateur du Devoir, pour lequel le plus important pour le Canada est de se distancier de l’Empire britannique.  Le rapatriement de 1982 aura été pour un lui le nec plus ultra de sa carrière. Revenons en arrière. Durant la guerre de 39-45, il est avec les Michel Chartrand et les Jean Drapeau, opposé à la conscription.  Il n’ira pas sous les drapeaux…  Il écrira plus tard dans la revue de Groulx L’Action nationale pour combattre Ottawa dans l’affaire des subventions aux universités.

Il ira à l’école nationaliste que les Indépendantistes dénonceront en 1960 !  Lionel Groulx était fédéraliste ! Un jour peut-être le temps sera venu mais pas maintenant dit-il en 1967 et surtout pas avec le RIN et ses idées de gauche.

Trudeau est un  nationaliste de type conservateur contrairement à tout ce qui se dit depuis qu’il est mort.  Il suffit de savoir regarder pour voir combien le Canada a un ego disproportionné.

Ni Radio-Pravda (Radio-Canada) ni La Presse ni aucun autre média d’ailleurs ne présenteront cet aspect de la personnalité pourtant incontournable de Trudeau.  Il en est ainsi dans toutes les colonies comme les œuvres de Berque et de Fanon l’ont démontré.  Au Québec ce n’est pas notre peau mais notre langue qui est nègre…

Les nationalistes des années 1950 étaient férocement aussi contre Duplessis.

La vraie rupture d’avec le nationalisme traditionnel c’est l’indépendantisme du RIN.  Un monde sépare ces deux univers !  Cela non plus on ne l’entend pas souvent tant nos sciences humaines et sociales, dont les Commumications, sont encore imbibées du colonialisme.  Il faut du temps, trop de temps…

Bref, Trudeau était alors contre l’intrusion d’Ottawa dans les compétences provinciales, comme les nationalistes.  Il s’est opposé à la conscription et aux autorités religieuses en 1942, comme les nationalistes. Il critiquait vigoureusement Duplessis qui vendait la province aux intérêts étrangers, comme les nationalistes !

Au moment où le Canada tout entier s’émeut devant le départ du dernier homme capable de repousser l’échéance de l’indépendance du Québec, les Québécois doivent se rappeler que Pierre Elliott Trudeau a transposé au plan canadien certaines des valeurs du nationalisme canadien-français des années trente et quarante.  Il a élaboré un concept de nationalisme construit à partir d’un modèle des années trente qui insiste sur des valeurs hautement métaphysiques.  Il a aussi bien sûr privilégié certaines valeurs humanistes mais il a pris bien soin d’écarter de son éventail des droits de la personne le droit à la liberté d’opinion politique dont le C-20 est le plus parfait produit…

Cette obstination à refuser les libertés fondamentales à ses adversaires politiques est une des constantes de sa vie publique. Il aura dépasser en autoritarisme Duplessis lui-même…

Il faudra regarder ses amitiés plus à gauche, ses affinités avec Moscou, Pékin et La Havane pour mieux saisir cette autre source de l’idéologie de Trudeau.  Ce que nous ferons demain.

Grand démocrate hurlent les médias !

Un raisonnement spécieux que le sien.

Au service d’une cause aléatoire !

Gilles Rhéaume
================================================

Pierre-Elliot Trudeau
Quelques textes pour mieux connaître l'homme et le politicien

Pour les États-Unis, l'indépendance du Québec serait
"beaucoup plus grave que la crise des missiles de Cuba ", rien de moins qu'un crime contre l'histoire de l'humanité.

-Trudeau à Washington en 1977

La majeure partie des textes ont été tirés du forum
Forum « Avant-garde Québec »

S'il fallait que chacun de nous ré-écrive tout ce qui a été écrit, on aurait sans doute plusieurs volumes.

Il va de soi, comme le dit monsieur J-Y-Durocher (Date: 18 novembre,1999 13:56 Sujet: [A-g.Qc] Re: PRIX DU GOUVERNEUR) que nous étions en d'autres temps.

Le Québec vivait sa révolution tranquille, avec son "équipe du tonnerre" la mise en place de la nationalisation de l'électricité, d'un ministère de l'éducation qui transformait tout notre système : écoles polyvalentes, CéGEPS, Universités. Et pour couronner cet ensemble, on a connu L'Expo-67 et le Général De Gaulle.

Le Québec était en ébullition et a poursuivi en se donnant de nouveaux partis politiques : RIN et Parti Québécois. On a pris conscience de notre réalité québécoise avec la télévision et quasi un seul canal à voir fin les années 50 et au début des années 60.

Notre société québécoise a pris conscience d'elle-même avec des changements en profondeur : le concile oecuménique et la transformation de la société religieuse du Québec vers une société laique plus ouverte sur l'avenir et sur sa place dans le monde.

Face à nos compatriotes des autres provinces, nous étions en ébullition. Ils n'ont pratiquement pas vu venir la montée du nationalisme québécois. L'élection du Parti Québécois en 1976 a possiblement été un élément qui a permis à nos compatriotes des autres provinces de prendre conscience qu'ils existaient en tant que Canadiens.

Et Trudeau a imposé le bilinguisme à un Pays qui n'en voulait pas, qui n'avait pas d'entité unique, un Pays au contenu disparate. Il voulait créer le Pays Canadien alors que nous, nous étions déjà bien ancré dans notre Pays du Québec.

Oui, la monnaie est devenue bilingue, il y a eu le drapeau que l'on aurait souhaité différent en marquant la présence du Québec avec un peu de bleu possiblement. Il en fut autrement. Tout ce qui se faisait à Ottawa, se réalisait pour chercher à solliciter les Québécois pour les voir s'intéresser au Pays Canadien que les autres ont organisé à leurs goûts et à leurs rythmes.

De disparates qu'ils étaient, ils sont devenus un peu plus Canadiens. Du "pain et des jeux" comme à l'ancienne : le hockey Canada-Russie. De Québécois que nous étions devenus, ce qui se faisait ailleurs n'avait que peu d'importance. On cherchait par tous les moyens de nous embrigader. Comme on cherche à le faire encore avec les participants aux olympiques : il faut des porteurs de drapeaux.

Trudeau, à sa façon a donné un élan aux Canadiens pour qu'ils se prennent en mains, pour qu'ils soient moins britanniques. Les Québécois étaient déjà plus avancé dans leur affirmation authentiquement québécoise.

Il était de bon ton que les Canadiens forment un Pays face aux Québécois qui se considéraient déjà faisant parti du Pays Québécois.

Globallement, Trudeau-élu a agit en Canadien et on peut dire que nos hommes politiques Québécois-élus ont agit en Québécois. Chacun cherchant davantage à mieux se définir de part et d'autre.

Et nous voilà à la croisée des chemins : Québécois vs Canadiens.

Il va de soi que c'est shématisé. Essentiellement, c'est un peu le déroulement de la petite histoire.

Robert Bertrand, rédacteur.
Québec un Pays.
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !

========================================
Re: Pierre-Elliot Trudeau
Vendredi, 19-Nov-99 11:26:26
205.151.225.201 écrit:

"Pendant l'ère duplessiste, on ne pouvait pas remettre en question l'Eglise. Il y a un peu de ça ici."

Moi je répondrais tout de suite : "A l'ère Trudeauiste, on ne peut pas remettre en question le Canada."

Vous vous demandez peut-être qui est l'auteur de la première phrase? C'est un monsieur Philip Cercone, directeur-général de la McGill-Queen's Press, qui vient de publier en anglais et en français, un livre de Stéphane Dion intitulé Straight Talk, nous apprend Robert Dutrisac dans Le Devoir du 19 novembre 1999 (DION EST CONTENT D'ETRE PUBLIE EN FRANCAIS, p. A 2).

Et si l'édition française n'est pas publiée par l'une ou l'autre de nos maisons d'édition francophnones, ce serait, dit-on, parce que, après avoir été rapprochés, une vingtaine de nos éditeurs auraient refusé d'en assurer la publication.

C'est THE NATIONAL POST qui aurait rapporté ces propos de M. Cercone. D'après ce monsieur, auraient-ils écrit, c'est le climat politique qui prévaut au Québec qui serait à l'origine du manque d'intérêt manifesté par les éditeurs québécois et la raison l'incapacité pour les Québécois de se remettre en question, comme à l'époque de Duplessis.

Vous ne trouvez pas qu'il y a beaucoup de Trudeau là-dedans. Si pour nous en majorité au Québec, Trudeau c'est du passé, il semble bien que dans le Canada anglais il soit encore très présent. Eux ils possèdent la vérité. Nous, nous sommes de pauvres arriérés mentaux.

Désespérant. Désolant. Décourageant. Non?

Jean Lapointe
Montréal
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !

==========================================
Re: Re: Pierre-Elliot Trudeau
Vendredi, 19-Nov-99 11:49:52
205.151.225.201 écrit :

Jean Lapointe note ce qui suit :
Date: 19 novembre, 1999 8:59
Sujet: [A-g.Qc] Re: Pierre Elliott-Trudeau

"Pendant l'ère duplessiste, on ne pouvait pas remettre en question l'Eglise. Il y a un peu de ça ici."

Moi je répondrais tout de suite : "A l'ère Trudeauiste, on ne peut pas remettre en question le Canada."

(Robert Bertrand) Le Canada de ce temps, il était britannique : Union Jack, le Gouverneur Général du Canada était British, l'Acte de l'Amérique Britannique du Nord était en Angleterre. Je vous communique une expérience vécue :

en 1967 j'étais de passage en Italie et l'Ambasseur du Canada en Italie, à Rome, était un Écossais que j'ai rencontré, ne parlait pas un mot français ce que je lui ai fait reconnaître et n'avait jamais mis les pieds au Canada ce que je lui ai également reproché. Ce n'était pas un Canadien, c'était un britannique.

Le Canada n'était pas Canadien; il était britannique. Trudeau a voulu que le Canada soit Canadien. Il le faisait consciemment en rejetant le Québec et ce qu'il avait de fondamental : le peuple québécois. Aurait-il pensé que les Rocheuses valaient plus que la réalitéquébécoise : les gens du Pays, le peuple du Québec ?

Monsieur Durocher semble avoir retenu de bonnes choses en regard de Trudeau. Il a été bon pour avoir voulu rassembler les gens des autres provinces pour réaliser un consensus en regard du Pays Canadien. Il a mis de côté les Québécois qui sont en avance de 20 ans sur l'idée du Pays. Ce serait intéressant de lire de nouveau monsieur Durocher sur les idées maîtresses de Trudeau sur son idée d'englober le Québec dans ce Canada de ses rêves. Qu'est-ce que Trudeau a fait pour chercher à intégrer et le peuple du Québec et son élite dans ce Canada ?

Jean-Marc Rioux nous signale avec à-propos la crise d'octobre complètement fabriquée par Trudeau. Pour rassembler un peuple ne fallait-il pas des crises artificielles ou autres ? Fallait-il à ce point mépriser les nôtres pour créer son Canada ? Les taux d'intérêt à 20% et plus, c'est l'ère de Trudeau qui nous a donné ça, n'est-ce pas ? Ce n'était pas un économiste. Il fallait que ce soit le Canada qui sauve les peuples du Canada ! Le Québec n'embarquait pas dans ses façons de procéder mais le reste du Canada voyait un grand homme avec des visions canadiennes qui lui faisaient plaisir. Et n'est-ce pas Trudeau qui a voulu et a tout mis en oeuvre pour cette équipe Canada-Russie ? Et qui a imposé la Reine à l'ouverture des jeux Olympiques tenus à Montréal et payés par les Montréalais et la population du Québec ?

Québec était fier de ses réussites : Terre des hommes et les jeux olympiques. Le Canada a reçu tous les Présidents et les Chefs d'État de la terre. Il a fallu un De Gaulle pour démontrer au Canada que tous ces Chefs d'États et ces Présidents auraient dû faire un détour vers la Capitale Nationale du Québec. Ce sont les Québécois qui ont payé et qui payent encore pour de telles réalisations qui, au plan international, ont largement profité au Canada plutôt qu'au Québec, bien que, avec De Gaulle, chacun a pris la nouvelle mesure du Québec.

Et comme le souligne monsieur Grandchamp, Trudeau est un "héros" pour le reste du Canada. Et nous, nous le considérons comme méprisable pour notre peuple, notre nation, notre Pays.

Aucun homme politique (du pays Canadien), encore, n'a su élevé le Québec au rang où il se considère. Un peuple égal à l'autre peuple. Une nation égale à l'autre nation. Un pays égal à l'autre pays.

N'en déplaise à toutes les élites canadiennes confondues, Gouverneure Générale incluse, Cour Suprême incluse, politiciens Premiers Ministres des autres Provinces ou Ministres présents du Gouvernement Fédéral, rien n'y fait pour faire changer les Québécois.

Les Québécois se reconnaissent chez eux parce que les autres ne les reconnaissent pas pour ce qu'ils sont : un peuple, une nation, égal aux autres peuples et aux autres nations.

Il reste la finalité de cette reconnaissance soit à l'intérieur du Canada ou à l'extérieur du Canada à laquelle les Québécois seront encore conviés.

Et comme on le voit bien, les élites actuelles canadiennes se concertent pour ne pas que ce soit à l'intérieur du Canada.

À nous d'en prendre acte et d'agir pour notre propre finalité : le pays du Québec.

(Jean L.) Vous ne trouvez pas qu'il y a beaucoup de Trudeau là-dedans. Si pour nous en majorité au Québec, Trudeau c'est du passé, il semble bien que dans le Canada anglais il soit encore très présent.

(Robert) Pour le Canada, l'homme politique par excellence, n'est-ce pas Trudeau ?  Pour le Québec, l'homme politique par excellence, n'est-ce pas René Lévesque ?

On n'en sort pas. Deux réalités au Canada.

Il faut le reconnaître, notre élite fédéraliste n'a jamais aidé le reste du Canada à bien comprendre la réalité québécoise dans ce qu'elle a de fondamental : la question du peuple, la question de nation, son désir d'être présent sur la scène internationale pour son particularisme.

Pourquoi en est-il ainsi ?

J'esquisse une réponse qui est à parfaire : Ils sont des élus par des électeurs québécois.  Une fois élus, ils sont membres d'un parti politique canadien qui a une vision canadienne. Le parti politique domine.

Qui sont les membres influents de ces partis politiques ? Ce sont les financiers de Toronto.

Toute la finance canadienne se retrouve entre les mains des financiers de Toronto pour le service premier des intérêts des Ontariens. On le sait, quelque 20% de l'argent des Québécois revient en investissement au Québec.  Pourquoi ces gens du Canada y changerait quoi que ce soit ? Ils sont les grands profiteurs du système actuel.

Leurs intérêts financiers sont bien servis dans le modèle canadien actuel. Toute reconnaissance du Québec, un tant soit peu plus importante, ferait changer la donne financière de ce pays canadien qui nous est étranger.

Et toute l'élite canadienne ne travaille-t-elle pas pour défendre les intérêts canadiens ?  Y inclus tous les québécois de services qui se font élire ici pour mieux servir les autres !

Et que faut-il penser de ce que nous dit Jean Lapointe ?

" Eux ils possèdent la vérité. Nous, nous sommes de pauvres arriérés mentaux.

Désespérant. Désolant. Décourageant. Non?"

(Robert) Tout le côté financier des Québécois est mis de côté. Le jour que nous serons un Pays nous parlerons de façon égalitaire.

En attendant, c'est de mettre en évidence les atrocités, les disparités dans la gestion de nos sommes d'argent que nous comprendrons mieux l'importance des 7 millions de personnes que nous sommes en ce Pays du Québec.

Notre modèle d'investissement provenant des diverses caisses de retraites de tous nos syndicats ou presque, de nos investissements dans nos REER et les autres doivent se transférer au plus tôt sous la responsabilité de notre Caisse de Dépôt et de Placements du Québec, de la Fédération des Travailleurs du Québec. Fini de transmettre nos sommes d'argent dans nos diverses banques canadiennes : Toronto-Dominion, banque Royale, banque de Montréal, banque CIBC, banque de Nouvelle-Écosse.

Le jour où les Québécois comprendront l'importance des deux cents à trois cents milliards de dollars qui leur échappent, ce jour fera toute la différence dans nos relations Québec-Canada.

Voyez le texte suivant pour bien comprendre notre façon québécoise d'agir et l'agir des financiers de Toronto

Et qu'est-ce qui est "Désespérant. Désolant. Décourageant." comme nous le soumet Jean Lapointe ?

N'est-ce pas de notre faute collective à nous plutôt que de rendre les autres responsables de nos propres agirs collectifs ?

Robert Bertrand, rédacteur.
Québec, un Pays.
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
1999-11-19
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !

==========================================
Re: Pierre-Elliot Trudeau
Vendredi, 19-Nov-99 11:29:13
205.151.225.201 écrit :

Pierre Trudeau est un héros au Canada anglais. Il fut celui qui a attaché le grelot à Meech: Trudeau en fut le détonateur...  Chrétien le fossoyeur de l'Accord de Meech.

"En moins de deux ans, Trudeau publiera 2 livres anti-Meech. Le premier en mai 1987 avant même que l'Accord soit ratifié.Il multiplia les interventions. Ce faisant il amena des p.m. provinciaux à faire fi de leur promesse "d'examiner à titre prioritaire les conditions du Québec et de ne pas lier l'issue de cet examen à celui de leurs propres propositions constitutionnelles".-Pierre Fournier dans "Autopsie du lac Meech"....

Trudeau fut également férocement contre "l'accord" de Charlottetown!!! En fait, le petit Dion en est le parfait échotier!
Pierre Grandchamp

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
========================================
Re: Pierre-Elliot Trudeau
Vendredi, 19-Nov-99 11:37:09
 205.151.225.201 écrit :
Exact, Trudeau a joué un grand rôle pour le développement du nationalisme canadian, et pour le développement de la social-démocratie  canadian. Il était libertaire, beaucoup plus que libéral, et socialiste que capitaliste. Il se voulait probablement et sincèrement le défenseur d'un pays bilingue, pacifiquement neutre et protecteur des droits démocratiques de ses citoyens. Il était idéaliste et indépendant d'esprit comme intello. Il ne faut pas oublier que Trudeau et bien de de ses collègues avaient peur de toute forme de nationalisme, après la Seconde Guerre, à cause de tous les excès que les nationalismes de droite, d'extrême-droite et même d'extrême-gauche, avaient apporté comme horreurs dans leur sillage. Il ne faut pas oublier, que le fédéralisme mondialiste était vu avec la naissance de l'ONU alors, comme la garantie que de telles horreurs ne se reproduiraient plus. Trudeau a toujours essayé de prendre aussi ses distances par rapport aux politiques impérialistes américaines aussi.

Là s'arrête sa contribution, car pour nous Québécois et surtout les militants indépendantistes, il fut un renégat de son peuple, un traitre, un fasciste, et un anti-démocrate. Quiconque a été victime innocente de la Crise d'Octobre ne peut oublier ces faits non plus. Toutefois, l'intransigeance doctrinaire trudeauiste, était défiante pour les intellos québécois, et a permis à bon nombre d'entre-eux, à revifier la pensée nationaliste conservatrice traditionelle, a utlisé les grilles d'analyses sociales-démocrates de Trudeau en les perfectionant et en les modernisant pour arriver à une vison d'un nationalisme social-démocrate, ouvert sur les autres pays, humaniste et progressiste.  Comme adversaire politique, Trudeau fut le plus coriace, et j'oserais dire le plus stimulant..:)

Ses fils et petits-fils spirituels ne lui vont même pas à la cheville. Et d'ailleurs, il les a désavoués plus d'une fois par la suite.

En voulant éteindre le nationalisme québécois dans les annèes 60-70-80 par tous les moyens, à cause de son idéologie utopiste profonde et sincère, il a au contraire plus que quiconque stimulé au dépassement, notre propre nationalisme. Il a même ouvert le chemin sur notre positionnement éventuel sur la scène mondiale et démasqué bien malgré lui, l'hypocrisie du Canada anglais face aux francophones.

Si nous avions un rationaliste-mobilisateur et un intello convaincu et convaincant de la trempe de Trudeau à la tête du mouvement indépendantiste présentement, je puis vous assurer que le Québec serait déjà un pays bien assis à la Table de l'ONU.

< Ce sont dans les luttes féroces, avec leurs adversaires, que les peuples, puisent toutes leurs indomptables forces victorieuses >  PROUDHON

Jean Marc Rioux

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
============================================
Re: Re: Pierre-Elliot Trudeau
Vendredi, 24-Nov-99 09:27:38
205.151.225.201 écrit :

>S'il fallait que chacun de nous ré-écrive tout ce qui a été écrit, on aurait sans doute plusieurs volumes.

 >Il va de soi, comme le dit monsieur J-Y-Durocher (Date: 18 novembre, 1999 13:56 Sujet: [A-g.Qc] Re: PRIX DU GOUVERNEUR) que nous étions en d'autres temps.

>Le Québec vivait sa révolution tranquille, avec son "équipe du tonnerre" la mise en place de la nationalisation de l'électricité, d'un ministère de l'éducation qui transformait tout notre système : écoles polyvalentes, CéGEPS, Universités. Et pour couronner cet ensemble, on a connu L'Expo-67 et le Général De Gaulle.

Et comme le disait si bien Michel Vastel dans sa chronique politique du 15 novembre 1999: «Après la Révolution, la capitulation tranquille».

>Le Québec était en ébullition et a poursuivi en se donnant de nouveaux partis politiques : RIN et Parti Québécois. On a pris conscience de notre réalité québécoise avec la télévision et quasi un seul canal à voir fin les années 50 et au début des années 60.

>Notre société québécoise a pris conscience d'elle-même avec des changements en profondeur : le concile oecuménique et la transformation de la société religieuse du Québec vers une société laique plus ouverte sur l'avenir et sur sa place dans le monde.

>Face à nos compatriotes des autres provinces, nous étions en ébullition. Ils n'ont pratiquement pas vu venir la montée du nationalisme québécois. L'élection du Parti Québécois en 1976 a possiblement été un élément qui a permis à nos compatriotes des autres provinces de prendre conscience qu'ils existaient en tant que Canadiens.

>Et Trudeau a imposé le bilinguisme à un Pays qui n'en voulait pas, qui n'avait pas d'entité unique, un Pays au contenu disparate. Il voulait créer le Pays Canadien alors que nous, nous étions déjà bien ancré dans notre Pays du Québec.

>Oui, la monnaie est devenue bilingue, il y a eu le drapeau que l'on aurait souhaité différent en marquant la présence du Québec avec un peu de bleu possiblement. Il en fut autrement. Tout ce qui se faisait à Ottawa, se réalisait pour chercher à solliciter les Québécois pour les voir s'intéresser au Pays Canadien que les autres ont organisé à leurs goûts et à leurs rythmes.

>De disparates qu'ils étaient, ils sont devenus un peu plus Canadiens. Du "pain et des jeux" comme à l'ancienne : le hockey Canada-Russie. De Québécois que nous étions devenus, ce qui se faisait ailleurs n'avait que peu d'importance. On cherchait par tous les moyens de nous embrigader. Comme on cherche à le faire encore avec les participants aux olympiques :  il faut des porteurs de drapeaux.

Marcelle :
Pour remplacer les porteurs d'eau?...

Robert :
>Trudeau, à sa façon a donné un élan aux Canadiens pour qu'ils se prennent en mains, pour qu'ils soient moins britanniques. Les Québécois étaient déjà plus avancé dans leur affirmation authentiquement québécoise.

>Il était de bon ton que les Canadiens forment un Pays face aux Québécois qui se considéraient déjà faisant parti du Pays Québécois.

 >Globallement, Trudeau-élu a agit en Canadien et on peut dire que nos hommes politiques Québécois-élus ont agit en Québécois. Chacun cherchant davantage à mieux se définir de part et d'autre.

Marcelle :
 C'est étrange, mais s'il n'y avait pas eu Trudeau, je pense qu'il n'y aurait pas eu René Lévesque!.... c'est mon humble opinion.

Robert :
 >Et nous voilà à la croisée des chemins : Québécois vs Canadiens.

Marcelle :
Combien de temps durera la bataille? Avez-vous une idée?...  des décennies ou des siècles ?

Robert : >Il va de soi que c'est schématisé. Essentiellement, c'est un peu le déroulement de la petite histoire.

>Robert Bertrand, rédacteur.
>Québec un Pays.
>http://www.multimania.com/quebecunpays/
>http://www.total.net/~qcunpays/
>http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
>http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
Marcelle Vézina
===================================
Re: Pierre-Elliot Trudeau ----Les retours obligatoires.
Mardi, 23-Nov-99 19:16:48
205.151.225.201 écrit :
Les retours obligatoires.

Il suffit, pour créer des crises d’hypertensions aiguës chez certains nationalistes de prononcer le mot Trudeau. Dès lors, c’est l’infarctus mental prononcé, l’homme prend la couleur de la tomate la plus mûre, sa plume trouve le vinaigre le plus acide et on assiste à un tollé de protestations qui me fait rire.

Comme ce genre de crise n’est aucunement fatal, je persiste et je signe : Trudeau avait raison.

Et pour que l’on comprenne bien, je vais parler des Trudeau.

Le Trudeau d’aujourd’hui, cet homme exsangue qui voit son œuvre défendu par des gens d’une intelligence tellement primaire que jamais alors qu’il détenait le moindre pouvoir ils ne firent parti de son cercle intime. Voilà les exécutants politiques de ses basses et hautes œuvres promus aux titres de descendants de sa philosophie. Triste sort, mais preuve que l’histoire sait récompenser. Et punir.

Serait-il intellectuellement honnête avec ce qu’il fût qu’il devrait dénoncer ce qui est. Ce Canada que bâtit Jean Chrétien est à l’opposé même de la vision fédéraliste énoncée, avec une clarté qui manque beaucoup aujourd’hui, par Trudeau dans ses écrits pré politique.

Voilà la faiblesse de l’homme, être incapable de dénoncer ceux qui le trahissent car seul ceux-ci disent l’aimer.

Il y eu les autres Trudeau. Le politique. Celui qui était si Québécois, le précurseur de la pensée politique moderne du Québec incarnée par Bouchard. Fi des principes, fi des convictions, fi de la parole dite si le pouvoir est au bout du fil. Le compromis érigé en art absolu, la quintessence étant de plaire à tous, quitte à mentir follement disant à tous ce qu’ils veulent entendre et répétant que si le mot est dit il est vrai, même si la réalité est toute autre. Faire Potemkine à tout prix.

Trudeau aurait-il (été) capable d’être politique, de comprendre que le compromis déplaît à certains mais plaît à tous qu’il aurait pu faire le Canada. Celui des anglophones et des francophones, donc celui qui aurait reconnu qu’il n’y avait qu’une seule communauté politique minoritaire au Canada. Il le pouvait car le peuple canadien lui en avait donné le mandat, tant les Québécois que les gens des autres provinces. Il lui avait donné le mandat d’être généreux envers les francophones, quitte à bousculer ceux qui étaient réfractaires à cette idée.

C’est pour cela que je parle de retours obligatoires. L’élection de 1968 est celle de l’acceptation du fait français en Amérique du Nord. La vision de Trudeau, celle de l’Abbé Groulx, de la reconquête du territoire culturel et social des francophones au
Canada ne s’oppose pas à celle de Stansfield qui est de reconnaître que le Québec doit avoir une place particulière dans la Confédération. Il s’agit dans l’ensemble de la même problématique : l’acceptation du fait français au Canada. Donc du caractère même du pays et du sort qu’il avait, jusque là, réservé à ses communautés francophones, plurielles car elles sont nombreuses et disparates. Donc, si 95% des Canadiens et plus, partout au pays en 1968, votent pour un parti politique ( la position Néo-démocrate étant encore plus généreuse) qui admet que le temps est venu de redresser les torts ; on peut croire que Trudeau n’avait pas à se préoccuper des détails mais bien de passer à l’essentiel. Forcer le Canada à accorder rapidement l’ensemble des droits essentiels à la survie et à la promotion de la culture et de la société francophone partout, ou historiquement, celle-ci fût présente. Et cela dans tous les domaines et non seulement dans ceux du public.

Nous savons tous qu’il ne le fit pas. Qu’il n’osa jamais exprimer sa vision, qu’il recula devant les premiers obstacles venus, qu’il préféra la petite politique qui dénonce l’autre (dans ce cas-ci les Deux Nations) plutôt que la Politique qui exige l’action contre l’adversité, le courage contre l’outrage, le principe plutôt que la compromission.

Trudeau citait amplement Machiavel, il aurait fallu que nous le lisions aussi pour savoir que l’Italien aurait renié Trudeau. On préféra, une fois est l’habitude, les extraits à l’intégrale.

Deux échecs dans la vie d’un homme doivent suffire à en donner la mesure.

J’avais lu Trudeau de façon partisane, jeune. Je l’ai relu objectivement. Ce qu’il dit, l’analyse qu’il fait, les conclusions qu’il en tire.

Mais qui est Trudeau ?  Voilà une question qui mérite l’interrogation. Est-ce la personne, l’individu appelé du nom? Ou est-ce la parole prise par un individu d’une pensée collective ?

Donc, Trudeau est-il Trudeau ?

Dans le Québec où la poubelle est sous le tapis il ne faut jamais poser ce genre de question. Trudeau est ceci, Lévesque est cela, Bourassa une chose et les Johnsons une autre. Disons que la palette d’interprétation québécoise est parfois binaire et semble ignorer la nuance. Cela facilite le travail partisan mais obscure profondément le nécessaire travail de recherche et de réflexions sur ce qu’est le Québec.

Trudeau est-il Trudeau? Ou Trudeau ne serait-il pas le porte-parole et plume d’un collectif d’intellectuels qui ne disposaient, indépendamment, de la marge d’expression nécessaire à dire ce que disait Trudeau ?

Sur cela, silence. Trudeau écrit durant les années de gloire du Dupléssisme, alors que la Noirceur bénéficie des retombés de tout ce qu’elle combattit naguère. Peut-on, père de famille, se compromette en étant contre Duplessis, contre l’autorité épiscopale ? Alors, l’indépendance financière d’un célibataire est chose précieuse.

J’avance, depuis des années, que Trudeau le pamphlétaire était la voix et la plume visible de Cité-Libre. Je sais quelle contribution des gens, comme Roger Roland, lui aussi indépendant de fortune, ont fait à la plume de Trudeau. J’ai aussi des souvenirs de conversations alimentés au scotch dans un club privé qui habite aujourd’hui la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal où il était question que Trudeau n’avait pas tout écrit ce qui portait son nom. Voyez-vous, à la fin des années 60, il fallait parfois justifier les «erreurs » de jeunesse d’un Libéral qui, pour plusieurs, était un vire capot de la pire espèce. Donc, je ne puis affirmer que
Trudeau n’est pas Trudeau. Je peux douter que Trudeau ait été Trudeau cependant. Et je ne crois pas que le principal intéressé croit nécessaire de dire la vérité ; l’histoire nous aura –en effet- enseigné que sa pensée principale était de confondre son histoire avec celle de son pays et que pour lui, la vérité n’avait pas sa place dans sa réalité.

Jean-Yves Durocher
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
 ===========================================
Re: Re: Pierre-Elliot Trudeau ----Les retours obligatoires.
Mardi, 23-Nov-99 21:53:04
205.151.225.201 écrit :
Dans "Les retours obligatoires" sous la plume de monsieur Durocher, il nous apprend : " je persiste et je signe : Trudeau avait raison."

Il nous reste à savoir sur quoi ? Sur quoi Trudeau avait-il raison? On me dit que c'est sur ce qui a été "pré-politique" pour ensuite me souligner que Trudeau a des faiblesses :

 (J-YD) "Voilà la faiblesse de l’homme, être incapable de dénoncer ceux qui le trahissent car seul ceux-ci disent l’aimer."

(Robert Bertrand) Et ensuite on parle de Trudeau : "Le politique." L'homme élu.

(J-YD) "Trudeau aurait-il (été) capable d’être politique, de comprendre que le compromis déplaît à certains mais plaît à tous qu’il aurait pu faire le Canada. Celui des anglophones et des francophones, donc celui qui aurait reconnu qu’il n’y avait qu’une seule communauté politique minoritaire au Canada. Il le pouvait car le peuple canadien lui en avait donné le mandat, tant les Québécois que les gens des autres provinces. Il lui avait donné le mandat d’être généreux envers les francophones, quitte à bousculer ceux qui étaient réfractaires à cette idée."

Et de poursuivre : "C’est pour cela que je parle de retours obligatoires. L’élection de 1968 est celle de l’acceptation du fait français en Amérique du Nord. La vision de Trudeau, celle de l’Abbé Groulx, de la reconquête du territoire culturel et social des francophones au Canada ne s’oppose pas à celle de Stansfield qui est de reconnaître que le Québec doit avoir une place particulière dans la Confédération. Il s’agit dans l’ensemble de la même problématique : l’acceptation du fait français au Canada. Donc du caractère même du pays et du sort qu’il avait, jusque là, réservé à ses communautés francophones, plurielles car elles sont nombreuses et disparates. Donc, si 95% des Canadiens et plus, partout au pays en 1968, votent pour un parti politique ( la position Néo-démocrate étant encore plus généreuse) qui admet que le temps est venu de redresser les torts ; on peut croire que Trudeau n’avait pas à se préoccuper des détails mais bien de passer à l’essentiel. Forcer le Canada à accorder rapidement l’ensemble des droits essentiels à la survie et à la promotion de la culture et de la société francophone partout, ou historiquement, celle-ci fût présente. Et cela dans tous les domaines et non seulement dans ceux du public."

(RB) Et voilà que nous, Québécois, nous, du Québec, avions également voté très largement pour ce Trudeau-là. Il avait su nous embrigader dans cette possibilité de pays qui était à bâtir, à réaliser.

Et votre réponse à cette question est bien éloquente :

(J-YD) Nous savons tous qu’il ne le fit pas. Qu’il n’osa jamais exprimer sa vision, qu’il recula devant les premiers obstacles venus, qu’il préféra la petite politique qui dénonce l’autre (dans ce cas-ci les Deux Nations) plutôt que la Politique qui exige l’action contre l’adversité, le courage contre l’outrage, le principe plutôt que la compromission."

(RB) Et comment analyser votre prise de position ? " je persiste et je signe : Trudeau avait raison."

Il avait raison de vouloir une chose, de la présenter pour se faire élire à travers tout le Canada y compris par les Québécois. Alors qu'il est au pouvoir et qu'il a un ensemble de députés pour faire passer les lois qu'il veut bien, il n'y fait rien. Selon votre connaissance, qui donc l'a empêché d'aller au bout de tels objectifs ?

Vous ajoutez, pour notre compréhension de cet homme : (J-YD) "Deux échecs dans la vie d’un homme doivent suffire à en donner la mesure. "

(J-Y-D) Mais qui est Trudeau? Voilà une question qui mérite l’interrogation. Est-ce la personne, l’individu appelé du nom? Ou est-ce la parole prise par un individu d’une pensée collective ?

Donc, Trudeau est-il Trudeau ? "

(RB) Et voilà, après avoir failli à la tâche que lui-même s'était donnée de réaliser et créer un Pays avec deux nations, deux peuples, vous poursuivez en jetant un regard sur les seuls québécois.

Pourquoi nous faudrait-il apprécier une personne qui n'a pas accompli ce pourquoi il avait été porté au pouvoir ? Vous venez de nous le dire ci-haut :

(J-YD) "Nous savons tous qu’il ne le fit pas. Qu’il n’osa jamais exprimer sa vision, qu’il recula devant les premiers obstacles venus, qu’il préféra la petite politique qui dénonce l’autre (dans ce cas-ci les Deux Nations)"

Je vous lis et je ne vois que la présentation de réflexions en regard d'une seule des deux Nations, la nôtre :

(J-YD) Dans le Québec où la poubelle est sous le tapis il ne faut jamais poser ce genre de question. Trudeau est ceci, Lévesque est cela, Bourassa une chose et les Johnsons une autre. Disons que la palette d’interprétation québécoise est parfois binaire et semble ignorer la nuance. Cela facilite le travail partisan mais obscure profondément le nécessaire travail de recherche et de réflexions sur ce qu’est le Québec.

(RB) Si Trudeau a déjà vu la question de la Nation Québécoise qu'en est-il advenue par la suite de cette question ? N'a-t-il pas tout fait pour la réprimer, la diminuer, la faire disparaître ? Est-ce la faute de Trudeau et de quel Trudeau pour parler dans ce qui m'apparaît comme un labyrinthe sans fin ?

J'ai l'impression que vous cherchez à nous faire croire que Trudeau aurait été manipulé par d'autres intellectuels et que Trudeau ne serait plus responsable des positions politiques de Trudeau ?

Vraiment, on l'a vu notre vrai Trudeau au cours des années se foutre pour ainsi dire de nos Premiers Ministres du Québec avec le "mangeur d'hot-dogs" ou de René Lévesque à la table des rencontres des Premiers Ministres à Ottawa. L'appréciation des Québécois dûment élus à l'Assemblée Nationale et les prises de positions officielles de positions défendues à la quasi unanimité de l'Assemblée Nationale n'a jamais eu prises sur Trudeau, quel que fut ce Trudeau.

Faudrait-il croire que Trudeau se serait fait manipuler par quelqu'élite pamphlétaire ou imaginaire qu'on puisse chercher à nous présenter ?

L'être politique que le Québec a connu n'a pas rempli les promesses qu'il a lui-même faites : un "NON" voulant dire un "OUI" aux réformes nécessaires pour la satisfaction des Québécois.

(J-Y D) "J’avance, depuis des années, que Trudeau le pamphlétaire était la voix et la plume visible de Cité-Libre. Je sais quelle contribution des gens, comme Roger Roland, lui aussi indépendant de fortune, ont fait à la plume de Trudeau. J’ai aussi des souvenirs de conversations alimentés au scotch dans un club privé qui habite aujourd’hui la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal où il était question que Trudeau n’avait pas tout écrit ce qui portait son nom. Voyez-vous, à la fin des années 60, il fallait parfois justifier les «erreurs » de jeunesse d’un Libéral qui, pour plusieurs, était un vire capot de la pire espèce. Donc, je ne puis affirmer que
Trudeau n’est pas Trudeau. Je peux douter que Trudeau ait été Trudeau cependant. Et je ne crois pas que le principal intéressé croit nécessaire de dire la vérité ; l’histoire nous aura –en effet- enseigné que sa pensée principale était de confondre son  histoire avec celle de son pays et que pour lui, la vérité n’avait pas sa place dans sa réalité.

(RB) Comment devons-nous comprendre votre prise de position :  " je persiste et je signe : Trudeau avait raison."

Sur quoi avait-il raison ? De vouloir un Pays qu'il n'a pas su asseoir sur des assises autres qu'un injuste rapatriement ? Qu'il a rejeté l'existence de la Nation Québécoise alors qu'il en avait le loisir de la confirmer ? Qu'il a su jeter les bases de toutes
impossibilités de réformer la Constitution Canadienne sans donner une quelconque possibilité au Québec d'être lui-même sauf, hors la structure politique actuelle bien que la Cour Suprême vient d'imposer un juste dialogue sur les bases d'un référendum gagnant au Québec.

Pour les Québécois, Trudeau a été et demeure un Premier Ministre qui a favorisé l'émergence de la réalité Canadienne en foulant aux pieds la seule Nation Française de l'Amérique dont le berceau se trouve au Québec

Il est douleureux de se faire démolir par l'un des nôtres qu'on a porté au pouvoir. (un vire-capot de la pire espèce venez-vous de dire.) Et la situation demeure présente pour ceux qui sont élus à Ottawa et qui n'ont de respect que pour l'autre majorité.

Au cours de cette moitié de fin de siècle, on a su reconnaître des droits de toutes sortes : droit de vote aux femmes, droit d'égalité des sexes, de religions, de couleurs, droit des enfants, droits des homosexuels et lesbiennes, droits des handicapés et combien d'autres. Et comment peut-on croire qu'on n'est pas capable de reconnaître les droits d'un peuple, d'une nation ?

Oui, les hommes sont grands pour ce qu'ils peuvent accomplir, pour ce qu'ils peuvent reconnaître. Et ils sont petits pour ce qu'ils n'ont pas voulu ou accepté de faire le travail qui était commandé.

Ne faut-il pas jugé Trudeau sur ce qu'il a accompli et non sur ce qu'il aurait voulu accomplir ?

La grandeur de cet homme n'a-t-elle pas été de pouvoir tromper tout le monde avec finesse ? L'Histoire saura reconnaître la juste mesure de cet homme.

Robert Bertrand, rédacteur.
Québec un Pays.
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
========================================
Re: Re: Pierre-Elliot Trudeau ----Les retours obligatoires.
Vendredi , 24-Nov-99 09:31:50
205.151.225.201 writes:
Questions d'un ex vieux bleu et organisateur PC à JYD un ex vieux rouge    l'apparatchik PLC.... en fait tous deux des convertis de l'après Meech!

1-Mais alors pourquoi, dès son arrivée triomphale à Ottawa, PET a-t-il rayé l'aspect "biculturalisme" de la Commission BB en faisant fi du mandat de la dite Commission sur la base "d'égalité entre les 2 peuples fondateurs" ?

2-Pourquoi, dès 1969, a-t-il fait adopter la Loi des mesures de Guerre ?

3-Pourquoi avoir fait adopter la Loi des mesures de Guerre en 1970, traité le PQ ( un parti élu démocratiquement) comme subversif ?

4-Et sa fameuse promesse du 14 mai 1980 à Paul Sauvé ?

5-Pourquoi, en 1981, avoir balayé du revers de la main le "livre beige" de Ryan ?
Pierre Grandchamp

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
=============================================
Re: Re: Re: Pierre-Elliot Trudeau ----Les retours obligatoires.
Vendredi, 24-Nov-99 13:31:35
205.151.225.201 writes:
193
> Questions d'un ex vieux bleu et organisateur PC à JYD un ex vieux rouge de l'apparatchik PLC.... en fait tous deux des convertis de l'après Meech !

> 1-Mais alors pourquoi, dès son arrivée triomphale à Ottawa, PET a-t-il rayé l'aspect "biculturalisme" de la Commission BB en faisant fi du mandat de la dite Commission sur la base "d'égalité entre les 2 peuples fondateurs" ?

Je crois avoir répondu assez correctement entre les lignes. Trudeau, celui de Cité Libre, c'est qui ? L'individu ou la personne répondant en nom collectif. Les textes les plus vifs de Cité Libre sont presque toujours signés de son nom (plus tard Van Schandel et après Vallière).

Il me semble évident que Trudeau l'"intellectuel" et Trudeau l'"homme politique" sont tellement aux antipodes que la question de savoir qui est Trudeau doit être posée.  Moi je dis que Trudeau de Cité Libre fait des analyses qui sont valables et toutes aussi possibles que celles des "nationalistes" du temps. Je constate aussi que la lecture n'est pas le fort du temps, mais c'est un autre débat. Si on veut comprendre Trudeau, c'est peut-être une bonne idée de le lire.

Or la lecture de Trudeau pré-politique est tellement surprenante qu'elle pose la question de savoir qui est la plume derrière Trudeau l'"intellectuel". La sienne ou celle de... Et de qui ?

Et la réponse à ta première question est simple: Les deux Nations c'est la position de Stansfield, Stansfield c'est le gros méchant, le pas vite. Naturellement toute personne l'ayant approché de près déchantait rapidement, c'était un homme charmant, au français nuancé et plein d'humour.

Moi je dis, je répète, lisez Trudeau, faites lire Trudeau et faites la preuve que cette démarche, valide alors, a été pleinement et entièrement rejeté par le Canada.  Démocratiquement. Or si les prémisses du Trudeauisme sont niés par son "auteur", est-ce que la philosophie "Trudeau" peut exister ?  La réponse est évidente: NON.

Je répète que Trudeau, qui qu'il soit, avait raison, j'aimerais maintenant que Trudeau, celui qui est vivant, nous explique sa vision du Canada et du Québec à partir des prémisses qu'il évoquait.  En autre une contribution sur le Fonds du Millénaire en parrallèle avec sa dénonciation de l'ingérence fédérale sur le financemnent des universités serait fort intéressante.

Naturellement ce n'est pas demain la vieille qu'on aura une réponse.

Jean-Yves Durocher

> 2-Pourquoi, dès 1969, a-t-il fait adopter la Loi des mesures de Guerre ?
> 3-Pourquoi avoir fait aopter la Loi des mesures de Guerre en 1970, traité le PQ ( un parti élu démocratiquement) comme subversif ?
> 4-Et sa fameuse promesse du 14 mai 1980 à Paul Sauvé ?
> 5-Pourquoi, en 1981, avoir balayé du revers de la main le "livre beige" de Ryan ?

> Pierre Grandchamp/

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
Jean-Yves Durocher
=========================================
Re: Pierre-Elliot Trudeau --- dit le prince
Vendredi, 08-Dec-99 09:03:15
216.210.52.235 écrit :
Pour les États-Unis, l'indépendance du Québec serait " beaucoup plus grave que la crise des missiles de Cuba ", rien de moins qu'un crime contre l'histoire de l'humanité.

-Trudeau à Washington en 1977

Pierre Elliott Trudeau est né à Montréal en 1919 au sein d'une riche et bourgeoise famille canadienne-française . Profitant allègrement de son " standing ", notre jeune homme appelé à devenir l'une des personnalités les plus en vue du Canada, entama sa vie du bon pied. Il poursuivit des études au très renommé collège Jean-de-Brébeuf où il effectua très rapidement une transformation patronymique ; il ajouta Elliott à son nom de famille afin de rendre hommage à sa mère de souche écossaise et surtout, il faut bien le souligner, afin de braver ses camarades de classe, pour la plupart francophones et nationalistes ! Il mit un terme à ses études en fréquentant la London School of Economics et ce, après avoir amorcé une carrière de droit à l'Université Harvard, à Boston. De par son statut social, Pierre Elliott Trudeau ne fut jamais contraint de besogner afin d'accumuler un petit pécule. À cette pauvre activité cupide, notre futur politicien lui préféra la joie des voyages.

Sentant approcher l'âge du devoir et de la responsabilité à grands pas, notre ancien globe-trotter, enfin désireux de se fixer, déménagea ses pénates à Ottawa, la Capitale nationale, où il travailla de 1950 à 1951 comme conseiller au Bureau du Conseil privé.  C'est à cette époque que le goût de la lutte politique commença à tenailler Pierre Elliott Trudeau.

Il est vrai que la puissance de la gérance de droite, instaurée par le gouvernement de l'Union nationale à Québec et dirigée par la poigne de fer du pseudo-dictateur Maurice Duplessis, avait de quoi susciter l'émergence du batailleur enfouis dans le tréfond de plus d'une personne. Ainsi, Trudeau abandonna ses activités entreprises au Canada-Anglais et bornoya toute sa hargne sur la Belle-province, de façon à combattre le duplessisme autoritaire et autocratique. Dans le but de maximiser sa croisade " vilipendaire ", Pierre Elliott Trudeau fonda au cours des années 1950, la revue Cité libre, alors vouée à la promotion du libéralisme et de la démocratie.

Dieu commit certainement une bévue en laissant vivre l'homme qu'est Pierre Elliott Trudeau au-delà des années 1960. Antérieurement à cette date, son parcours personnel en fut l'un des plus remarquables. Malheureusement, une vile déchéance devait suivre son accession au pouvoir...

En 1960, avec l'arrivée des libéraux de Jean Lesage au pouvoir, Trudeau croyait enfin réalisé le rétablissement de la quiétude politique au sein du Québec et par le fait même au sein du Canada. Quelle ne fut pas sa déception lorsqu'il constata que bon nombre de ses alliés d'hier cheminaient alors dans une voie idéologique qui lui répugnera certainement jusqu'à sa mort : l'indépendantisme québécois. Dans le but avoué de contrer, de briser, d'annihiler ce mouvement qu'il considérait et qu'il considère toujours comme une futile utopie issue de quelques esprits végétants, Pierre Elliott Trudeau, en
compagnie de Jean Marchand et de Gérard Pelletier, retourna à Ottawa pour cette fois-ci, proposer ses services au gouvernement libéral de Pearson ; il y occupera successivement les postes de secrétaire parlementaire et de ministre de la justice et ce, avant d'accéder de justesse au poste de chef du PLC en 1968, laissé vacant par le départ à la retraite de l'unique récipiendaire canadien du prix Nobel de la paix, Lester B. Pearson.

Bénéficiant de la " Trudeaumanie ", un mouvement d'amour populaire à l'égard d'un politicien jamais égalé à ce jour et toujours incompris par plusieurs, PET devint premier ministre du Canada en cette même année 1968. Son règne à la tête du gouvernement fédéral s'étalera de 1968 à 1979, année au cours de laquelle il fut battu de justesse aux élections par le parti conservateur-progressiste de Joe Clark. Ceux-ci ne pourront
toutefois pas conserver le pouvoir plus de trois mois, ouvrant ainsi toute grande la porte au retour du prince Trudeau. Cette seconde phase politique se terminera en 1984.

Au-delà des simples bornes chronologiques, l'histoire retiendra davantage les réalisations politiques de Pierre Elliott Trudeau, et nul besoin n'ai-je de vous spécifier qu'elles furent grandement teintées à la saveur conflictuelle. Tout d'abord, sa Loi sur les Langues officielles instaurées en 1969 et vouées à la promotion du fait français au Canada et plus spécifiquement au sein des institutions gouvernementales, n'aura contribué qu'à envenimer encore davantage les relations franco-anglaises au pays, sans jamais parvenir à imposer réellement le bilinguisme. Également, en 1970, Trudeau provoqua la colère de la majorité des Québécois en imposant la Loi sur les mesures de guerre et ce, afin de circonscrire la contagion révolutionnaire qui affecta le Québec durant la crise d'octobre. Cette mesure législative contribuera à l'emprisonnement de 500 innocents. Et que dire de l'attitude du premier ministre Trudeau au cours de la campagne référendaire de 1980 ? Sa
promesse fallacieuse qu'il effectua lors d'une assemblée et selon laquelle une victoire du NON à la souveraineté-association signifierait et impliquerait d'importants changements à la situation politique et constitutionnelle de l'époque, trompa une multitude de Québécois. Fidèle à sa parole, Trudeau respecta bel et bien sa promesse et il entreprit d'importants changements. Seulement, le hic fut qu'ils évoluèrent dans le sens contraire tel qu'implicitement annoncé par le chef du PLC. Afin de remercier les Québécois qui l'avaient appuyé, Pierre Elliott Trudeau procéda en 1982 au rapatriement de la constitution canadienne et ce, sans le consentement du Québec !

Pierre, les Québécois ne t'oublieront jamais. Ils n'oublieront jamais ton attitude outrecuidante. Ils n'oublieront jamais les bassesses politiques que tu leur as imposées.  Et surtout, ils n'oublieront pas de confier à leurs enfants que la dette nationale qui leur reviendra de droit dans quelques années, fut amorcée sous ton règne. Merci Pierre !

Patrick Bourgeois
Étudiant en histoire
Université Laval

=================================================
Re: Les vrais responsables
Vendredi, 23-Aug-00 20:15:46
154.5.41.114 écrit :
Robert Bertrand :
 > Il a sollicité le mandat du peuple pour que ce peuple devienne indépendant. Et la réponse du peuple a été de lui dire OUI à 40%. Pourtant, il avait été élu avec le mandat de faire l'indépendance mais à la suite d'un référendum. On peut dire tout ce que l'on voudra sur les personnes en poste. Mais la vraie vérité, c'est que notre population n'était pas prête à franchir l'étape décisive de l'indépendance.

Pierre Grandchamp :
En 1995, le système néocolonialiste canadian nous a "volé". D'abord la distribution à la hâte de certificats de citoyenneté puis "The Committee to Register Voters Outside Québec" (présidé par un certain Casper Bloom, secondé par un Lawrence Bergman certain, tous deux financés par le Conseil pour l'unité canadian) qui a fait voter des dizaines de milliers de gens illégalement hors Québec....

En 1980, c'est le fameux discours du mercredi 14 mai 1980 au Centre Paul-Sauvé à Montréal qui a renversé la vapeur...  Voici le texte de ce discours mensonger :

 "Si c'est un NON, ce sera interprété comme un mandat de changer la constitution et de renouveler le fédéralisme. Ce n'est pas moi qui le dis, ce sont 74 députés libéraux à Ottawa et les premiers ministres des 9 autres provinces....

 "Je prends l'engagement solennel qu'après un NON nous allons mettre en marche le mécanisme de renouvellement de la constitution et nous n'arrêterons pas avant que ce soit fait...".

Je m'adresse solennellement aux Canadiens des autres provinces. Nous mettons notre tête en jeu, nous du Québec, quand nous disons aux Québecois de voter NON ; nous vous disons que nous n'accepterons pas qu'un NON soit interprété par vous comme une indication que tout va bien, que tout peut rester comme avant.  Nous voulons des changements. Nous mettons nos sièges en jeu pour avoir ces changements".

Injonction interdissant ce Conseil de distribuer ses chemises d'informations sur les procédures à suivre pour arriver à voter au référendum de 1995 sans y avoir droit  ?
Pierre Grandchamp

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
23 août, 2000 16:59
=============================================
Voici quelques pages qui peuvent être utiles :

http://quebecunpays.iquebec.com/quebecunpays/DOSSIER-NOIR-DU-CANADA-FACE-AU-QUEBEC.html

http://quebecunpays.iquebec.com/quebecunpays/QUARANTE-ANS-DE-COMMISSIONS-D-ENQUETES.html

http://quebecunpays.iquebec.com/quebecunpays/LE-PARLEMENT-BRULE-MONTREAL-1849.html

http://quebecunpays.iquebec.com/quebecunpays/Les-fanfaronnades-par-Gilles-Rheaume.html

http://quebecunpays.iquebec.com/quebecunpays/LA-QUESTION-REFERENDAIRE.html

http://quebecunpays.iquebec.com/quebecunpays/LES-MILLIARDS-DE-DOLLARS.html

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
===============================================

Duplessis, Lesage, Johnson, Lévesque,Bourassa , Parizeau, Bouchard
Depuis plus de 40 ans le Peuple du Québec vote pour des leaders qui ont comme objectifs une plus grande autonomie pour le Québec, et un Pays pour le Québec.

Lorsque nos adversaires ont parlé contre Duplessis, c'était pour chercher à le détruire, comme ils ont cherché à diminuer Jean Lesage, comme ils ont cherché à démolir la valeur de Daniel Johnson, le père, comme ils ont méprisé le souverainiste-associationniste René Lévesque, comme ils ont ridiculisé la souveraineté culturelle de Robert Bourassa, comme ils dévalorisent Jacques Parizeau, comme ils parlent contre Lucien Bouchard.

L'un et l'autre étaient et son -- Premier Ministre du Québec--, élus par la population du Québec suivant les normes et les conventions du style britannique dans lequel nous vivons.

Le mépris pour nos Premiers Ministres a été constant tout au long de ces quarante dernières années en dépit du fait que ces Premiers Ministres étaient duement mandatés pour détenir le poste qu'ils occupaient en conformité avec les programmes politiques pour lesquels chacun a été élu en leur temps.

Le mépris de nos adversaires n'est pas seulement à l'égard des Premiers Ministres élus du Québec il est à l'égard du Peuple du Québec qui, depuis toujours, a élu ses propres représentants.

Oui, le Peuple du Québec a élu des représentants, également, à Ottawa.  Ces représentants ont été élus avec un programme devant permettre de changer le Canada pour satisfaire aux exigences du Québec, entre autres.  Les menteurs, les tricheurs, les tripoteurs de nos voix électorales sont à Ottawa dans les partis traditionnels des Libéraux fédéraux et du Parti Conservateur fédéral qui n'a pas livré la marchandise telle que promis.

Le Peuple du Québec est bafoué par ses élus de la scène fédérale.  Le Peuple du Québec n'a d'autre choix que de se regrouper auprès de ceux qui font la défense de ses objectifs fondamentaux :  la création du seul Pays qui est le nôtre, le Pays du Québec.

L'Histoire nous le démontre.  Au Fédéral, les représentants de l'Assemblée Nationale sont à négliger avec les collaborateurs qui sont devenus, depuis trop lontemps, les représentants élus des autres Provinces.  Les autres Premiers Ministres font des alliances avec le Québec et trompent délibérément le Québec à chaque fois, lors des finalisations des ententes.  Ils cherchent le consentement du Québec et le Québec se fait duper à chacune des fois.  Ce n'est pas le Premier Ministre du Québec qu'ils dupent, c'est le Peuple du Québec qui est dupé par les pantins qui sont au service du Fédéral qui lui, est au service de la Finance de Toronto.

Aucun de nos Premiers Ministres du Québec n'a fait l'affaire des représentants des Hommes d'Affaires élus sur les bannières libérales ou conservatrices.  Ils sont d'abord au service de l'argent du Fédéral, et de l'argent du Québec placés dans les bourses de Toronto.

Les vrais affaires, cela repose sur l'argent.

Qui contrôle l'argent, contrôle la vraie machine !

Il nous faut donc, comme Peuple du Québec, contrôler notre propre argent puisque seuls, les Pays, contrôlent l'argent.

Ceux qui ne feraient pas tourner la machine correctement, sont des moins que rien.  Ainsi en est-il de notre Assemblée Nationale aux yeux des Chrétien-Dion-Pettigrew-Rémillard-et-les-autres.

Il faut le comprendre : aucun Premier Ministre du Québec duement élu par le Peuple du Québec ne sera pris au sérieux tant et aussi longtemps qu'il n'acceptera pas de trahir le Peuple du Québec pour devenir aux services des financiers de Toronto et, par le fait même, au service du reste du Canada.

L'alternative et notre seule façon de s'en sortir : le Pays du Québec et au plus tôt.  Le Parti Québécois est celui qui nous parle d'un PAYS POUR LE MONDE.

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
================================================
Sur Trudeau
Celui qui berne, bernes qui?
avant-garde_quebec@egroups.fr
9 septembre, 2000 16:32

C'est la question que vous devez poser avant de traiter de tous les noms, Pierre-Elliot Trudeau. Certaines affirmations sont parfois fort insultantes pour la majorité des Québécois.

Je maintiens que le projet politique de Trudeau était, en 1968, autant, sinon plus valable que celui de l'Indépendance. Et sûrement plus que le salmigondis de programme concocté par René Lévesque et consorts pour faire gober aux Québécois l'interdépendance.

Je dis en fait ce que les gens du RIN disaient, mais c'est autre chose.

La vision trudeauiste est claire, c'est un projet intellectuellement supérieur à celui du compromis électoraliste du MSA.

Le fédéralisme de Trudeau, celui d'une nation qui accepte comme égale deux cultures, qui s'expriment dans deux langues, basés sur le respect « intégral et absolu » des champs de compétence dévolus par l'AANB était un modèle politique plus noble que celui du replis stratégique des canadiens-français sur le Québec.

Je dis était, parce que l'échec de Trudeau et il est monumental, fût de faire prouver par le Canada anglais son refus le plus total de ce fédéralisme.

L'élection de 1972 en étant la preuve. Dite élection, ou le Québec appuya pour le dernière fois le fédéralisme centralisateur au Canada.  Et qui mena à un gouvernement minoritaire à Ottawa.

L'Action Nationale, qui parfois sait se faire facétieuse, avait il y a quelques années à peine, démontrée clairement la filiation qu'il peut y avoir entre le l'abbé Groulx et Trudeau : le courant continentaliste du mouvement canadien-français. La revue, à laquelle je suggère toujours l'abonnement aux âmes en peine de leur argents,
nous avait alors parlé de l'histoire du timbre en hommage à Groulx, projet proposé par nul autre que Pierre-Elliot Trudeau.

C'est ce qui est intéressant en politique, le meilleur modèle résiste habituellement le moins facilement à l'examen critique.

Le courant continentaliste, c'est ce rêve d'une Amérique à deux (pour les hispaniques aussi, ce qui fait trois) cultures. Cette chimère à la vie dure et longue. Que le Canada y dise non, comme il le fit en 1992, ne change rien à la croyance. Il y a du Elvis toujours vivant là dedans et beaucoup d'Elvis Gratton comme croyants.

Environ 40% des principaux intéressés : les francophones du Québec.

Contrairement à la plupart d'entre vous, j'ai été proche de Trudeau, de sa vision, des gens qui l'entouraient. J'ai souscrit à ce Canada.  Je l'ai défendu et j'en suis fier.

Beaucoup moins fiers des Canadians, car le problème de Trudeau il se situe chez eux.

Ce qui n'est pas la faute de Trudeau, il faut quant même en convenir.

Hier, à Montréal, on pouvait encore une fois deviner qui était qui (anglo ou franco) à voir la binette des gens. Sur l'heure du midi, ensoleillé (alors qu'on annonçait la pluie) l'assombrissement était général sur le parlant anglais, alors que la bonne humeur rayonnait sur les parlants français.

Trudeau, pour eux était mort déjà. Même si ce sont eux qui l'avait, il y a bien longtemps tué.

Ce que j'aurai pu faire. Un jour, une sorte de pardessus me passa devant, rue Sherbrooke, alors que je conduisais tranquillement, c'était PET en personne. Un coup normal d'accélérateur et hop, c'était la funéraille nationale.

Je ne l'ai pas fait naturellement et je ne le regrette pas.

Nous sommes des millions de Québécois, la grande majorité des électeurs a avoir appuyé l'idée d'un Canada où ils nous seraient possibles d'être.

Nous avons votés Trudeau et Mulroney (sur ce cas lire Josée Legault dans Zie Gazett aujourd'hui), nous avons votés pour notre pays : le Canada.

Ce pays, celui dont à m'a enseigné l'histoire, dont j'ai assimilé les grands mythes, n'est plus. C'est son droit.

Cela, je sens que Trudeau le sait. Quel triste spectacle pour lui de voir ce Canada devenu. Ce Jean Chrétien qui le nie, le renie, dit et fait le contraire de ce qu'est la pensée de Trudeau. Quelle tristesse.

Ce Cité-Libre commandité par un restaurant chinois qui s'amuse à bafouer ce qu'il a défendu : la grandeur du fait français au Canada.

Que de plus ridicule que de savoir que le haut lieu de l'intelligentsia fédéraliste s'appelle « La maison du Egg-Roll ».

On est loin de la rue Crescent, de la Montagne ou Saint-Denis; du Club de Réforme, haut lieu du libéralisme de la rue Sherbrooke.

Qui abrite aujourd'hui la Société Saint-Jean Baptiste, qui conserve le trophée de quilleur de Trudeau.

Voilà un homme qui meurt, sachant que sa maladie n'émeut pas. Que les siens ne sont pas en prière devant sa demeure. Voilà un homme qui meurt, qui sait que ses funérailles n'attireront personnes.

Voilà un homme qui se meurt, qui voulait faire vivre un pays.

Voilà un pays mort d'avoir trop tué les espoirs de ceux qui voulait le faire vivre.

Que la grâce de Dieu soit avec le premier dans la douleur qui l'afflige, c'est Lui le Seul Juge dans ce cas et Il exige de nous d'être généreux dans nos prières.

Mais Sa loi fait de nous les seuls capables de juger les pays.

Jean-Yves Durocher
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
===============================================
Re: Sur Trudeau
avant-garde_quebec@egroups.fr
9 septembre, 2000 21:26
JYD:
> Le fédéralisme de Trudeau, celui d'une nation qui accepte comme égale
> deux cultures, qui s'expriment dans deux langues, basés sur le
> respect « intégral et absolu » des champs de compétence dévolus par
> l'AANB était un modèle politique plus noble que celui du replis
> stratégique des canadiens-français sur le Québec.

Pierre Grandchamp :
Je me souviens de l'élection de 1968 commme si c'était hier.  Le très photogénique et télégénique Bob Stanfield leader du PC contre Trudeau.  Or le PC de Stanfield reconnaissait la thèse des 2 nations et du statut particulier pour le Québec. Stanfield contre Trudeau... c'était David contre Goliath!!!  Stanfield a mangé toute une râclée...  surtout au Québec !  A un moment donné, seul notre ti-Roch Lasalle lanaudois parvenait à se faire élire contre Trudeau au Québec...  Quelque comme
74 députés PLC....

En tout cas, je veux bien qu'au départ Trudeau ait eu une option continentaliste et une vision "nationaliste".  Sauf que comment expliquer qu'il ait fait fi des recommandations de la Commission Laurendeau Dunton.... et dès 1971 opté pour le MULTICULTURALISME au lieu du BICULTURALISME ? ....  C'était le début de la fin du Canada français !  Comment avoir deux langues officielles sans donner les services et institutions pour permettre l'expression de la culture ? Egalité théorique des deux langues mais non égalité des droits collectifs de ceux qui les parlent !

Moi j'estime que Trudeau n'a jamais voulu reconnaître son erreur en ce qui concerne la spécificité québécoise. Il fut le détonateur de l'opposition anti-Meech (1987) ...  il fut même anti-Charlottetown !  Faut le faire !

Malheureusement le trudeauisme, à date, a gagné. Et le pire est arrivé : la francophonie hors Québec en est au stade de la disparition tendancielle et le Québec est princeédouardisé....

Les Trudeau et cie, des Québécois, ont "gagné" cet échec lamentable ! le pire est arrivé !

Feu Pierre Péladeau n'avait pas une haute estime de Trudeau comme administrateur.  Je me souviens qu'il avait souligné qu'avant l'arrivée de Trudeau le Canada n'avait pas de déficit .....  et que c'est Trudeau qui a inauguré la déficitomanie !
Pierre Grandchamp

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
================================================
Re:  Sur Trudeau
avant-garde_quebec@egroups.fr
9 septembre, 2000 21:43

On a connu récemment les horreurs des scandales du Ministère des Ressources Humaines canadian....

Les régimes Trudeau ont fait la preuve d'un manque de contrôle. Trudeau et les siens étaient de grands dépensiers....

Je vous en raconte une bonne. Dans mon comté le député trudeauiste a fait construire un Centre sportif comprenant aréna dans sa municipalité.  Un petit 6 millions de $$$ financé à 100% par le fédéral surtout avec le fonds Laprade dont le parrain était le député-ministre Jean Chrétien du comté voisin...

Un fait unique au Canada, m'a-t-on dit et redit:ce 6 millions $$$ versés à une Corporation formé à l'instigation d'un député.  Cela signifie donner 6 millions à un organisme sans valeurs et garanties ... Ce n'est pas comme le donner à une Municipalité...!!!!

En 1984, notre député se fait battre ...  Il devient alors le P.D.G. de ce Centre sportif qui finalement deviendra sa propriété car la Corporation et lui cela deviendra synonyme...  Quelques années plus tard il le vendra à un homme d'affaires au montant de 650 000 $ ... en obligeant à ce que le Centre porte son nom ...

Aujourd'hui le Centre est en difficultés .... et on essaie de le refiler à une Régie Régionale des Municipalités.  Il serait, semble-t-il nous dit l'hebdo du coin cette semaine, acheté à l'aide d'une subvention gouvernementale !
Pierre Grandchamp

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
==================================================
avant-garde_quebec@egroups.fr
9 septembre, 2000 22:35
--- Dans avant-garde_quebec@e..., Pierre Grandchamp <pierregr@c...> a écrit
> JYD:
> > Le fédéralisme de Trudeau, celui d'une nation qui accepte comme égale deux cultures, qui s'expriment dans deux langues, basés sur le respect « intégral et absolu » des champs de compétence dévolus par l'AANB était un modèle politique plus noble que celui du replis stratégique des canadiens-français sur le Québec.

> P.G.:
> Je me souviens de l'élection de 1968 commme si c'était hier. Le très photogénique et télégénique Bob Stanfield leader du PC contre Trudeau.  Or le PC de Stanfield reconnaissait la thèse des 2 nations et du statut particulier pour le Québec. Stanfield contre Trudeau..c'était David contre Goliath !!!   Stanfield a mangé toute une râclée ... surtout au Québec !  À un moment donné, seul notre ti-Roch Lasalle lanaudois
parvenait à se faire élire contre Trudeau au Québec ...  Quelque comme 74 députés PLC ....

[JYD] 73 pour être précis, à l'élection de 74, je m'étais fait faire un bouton bien à moi qui disait 73 en 74. Le slogan de Jacques Bouchard était 74 en 74 ! Comme je demeurais dans le comté de Roch Lasalle, je n'étais pas assez fou pour aller dire qu'il serait battu !  J'étais réaliste. Disons que je le cachais quant arrivaient certains
haut placés sans humour ...

> En tout cas, je veux bien qu'au départ Trudeau ait eu une option continentaliste et une vision "nationaliste". Sauf que comment expliquer qu'il ait fait fi des recommandations de la Commission Laurendeau Dunton ...  et dès 1971 opté pour le MULTICULTURALISME au lieu du BICULTURALISME ? ....  C'était le début de la fin du Canada français !
> Comment avoir deux langues officielles sans donner les services et
> institutions pour permettre l'expression de la culture ?   Égalité
> théorique des deux langues mais non égalité des droits collectifs de
ceux qui les parlent !

[JYD] Le mystère est entier. Au début Trudeau n'a aucune idée de la "gouvernance", s'en remet énormément à Mitchell Sharp (qui fut mon patron détourné) ;  Johnson est décédé, c'est l'innéfable Bertrand qui est pouvoir à Québec.  Le Canada est dans la merde, Nixon est au pouvoir, Trudeau est vu, depuis Johnson (LBJ) comme un "commy".  Tout change, la Grande-Bretagne dissout l'empire en 71 (nous ne sommes
plus sujet brittanique).  La députation québécoise est très faible.  Pépin est très fort, une tête à faire sauter.  Puis il y a Pelletier et Marchand qui ont des comptes personnels à régler.

J'avais parfois l'impression lors de réunion d'assister à des séances d'aigreurs parce qu'en 62, untel avait couché avec la femme de l'un, ou qu'un autre avait pris sa maîtresse et que toute la politique canadienne et québécoise s'en ressentait.  Tout ce beau monde était ami depuis la guerre ou les années 60, clans par ci, clans par là.
J'ai en tête un ex-riniste entendu dernièrement à la Sibici qui a quitté parce que sa blonde l'avait lâché pour un autre. La vraie vie c'est cela, pas un roman de science politique.

Et puis la montée de l'Ouest, la présence chez les libéraux de Hellyer qui va glisser vers le PC.

Et puis Martin Sr, qui avait toute sa bande avec lui, lui le franco-ontarien calque de Trudeau et partisan des deux nations.

Je crois que Trudeau était incapable de gouverner, de composer avec les factions, de travailler pour être plus précis. C'était la fuite en avant continuellement.

Et puis il y avait le FLQ. Sujet qui mérite, je le répète, une étude neutre, donc internationale sinon on n'en sortira jamais. Et le mystérieux Octobre... Commandité par qui, pour quoi?

Mais à la base, je crois que c'est une incapacité de gouverner, de comprendre le rôle d'une démocratie parlementaire (qu'il a détruit avec l'emphase purement canadienne de la période des questions), de respecter la règle que la politique est l'art du compromis et que le compromis est l'art de savoir dire non au bon moment pour les bonnes raisons.

Pour ce qui est du multiculturalisme, c'est une invention australienne importé d'urgence au Canada pour contrer les percés importantes du NPD en Ontario, perçé dû à l'intelligence de David Lewis, ce génial montréalais. Qui réussi en 72 une percée
phénoménale.

> Moi j'estime que Trudeau n'a jamais voulu reconnaître son erreur en ce qui concerne la spécificité québecoise.Il fut le détonateur de l'opposition anti-Meech (1987) ... il fut même anti-Charlottetown ! Faut le faire !

[JYD] Celle-là était logique. Ce qui me fait penser qu'on ne parles pas beaucoup de la fille Trudeau ces jours ci.

> Malheureusement le trudeauisme, à date, a gagné. Et le pire est
> arrivé:la francophonie hors Québec en est au stade de la disparition
> tendancielle et le Québec est princeedouardisé....

[JYD] C'est ce que j'appellais le syndrome Elvis est toujours vivant. L'évidence ne convainc pas les Elvis Gratton de ce monde.

Pour ce qui est du Québec, on en fait peut-être une province comme les autres au Canada anglais, mais je fais parti de ceux qui croit, données à la main, qu'en 6 mois le Québec vote OUI.

Maintenant, est-ce que 52% c'est suffissant, je dis OUI, d'autres disent qu'on peut, en attendant un peu, aller chercher d'ici 18 mois 54 à 55% ce qui serait encore mieux.

> Les Trudeau et cie, des Québécois, ont "gagné" cet échec lamentable ! le pire est arrivé !

[JYD] Trudeau Québécois ?  Non, je ne crois pas. Trudeau était Montréalais, c'est très différent.  Pour ce qui est de l'échec lamentable, je crois qu'avec le temps même le Canada s'apercevra de son erreur magistrale et le regrettera.

> Feu Pierre Péladeau n'avait pas une haute estime de Trudeau comme administrateur. Je me souviens qu'il avait souligné qu'avant l'arrivée de Trudeau le Canada n'avait pas de déficit ... et que c'est Trudeau qui a inauguré la déficitomanie!

[JYD] La déficitomanie est une invention américaine de l'après-guerre dans laquelle le Canada`, à son habitude, à embarquer avec 15 ans de retard.  Si bien que si les programmes de Pearson et Trudeau avaient débuté durant les années 50, le Canada aurait pu les payer durant les années 60 en profitant de la prospérité de l'époque et en améliorant cette dernìère.  Bien qu'excédentaire, le budget canadien pré-Trudeau
était déficitaire dans la mesure ou le Canada (en tant qu'entité politique) ne faisait pas son devoir de pays en investissant dans ses infrastructures et ses services.

De plus le déficit est parti prenante de la doctrine de Keynes, le maître à penser de toute la génération politique de l'après-guerre qui se disait un peu, pas mal à gauche.

Il n'y a pas de mal à être en situation déficitaire pour un pays, ce qu'il faut c'est gérer.

Or Trudeau en était incapable selon moi.

JYD
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
===============================================
Re : Sur Trudeau
avant-garde_quebec@egroups.fr
10 septembre, 2000 10:39
par : Gilles Rhéaume

Pour le moment je n'ai pas le temps de relever et de commenter tout ce qui s'est écrit ici sur Trudeau.  Dans quelques jours je me permetrai de le faire car je ne peux accepter quse disent n'importe quoi ...

Les Allemands ont aussi voté pour Hitler et les Italiens pour Mussolini est-ce  mépriser ces peuples que de condamner ces dictateurs ?

Trudeau a critiqué Duplessis pour son autoritarisme et il l'a dépassé !

Trudeau fut le seul chef d'État d'Occident à serrer la main du Général Jarewleski, le boucher de la Pologne.  Trudeau l'a félicité !!!

J'arrête ici.

Trudeau vivra longtemps, il ne mourra jamais !

En tout respect pour l'opinion contraire

Le fait qu'il ait été du côté du Chanoine Groulx n'est pas une référence absolue...

Gilles Rhéaume
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
==================================================
Durocher Jean-Yves
avant-garde_quebec@egroups.fr
10 septembre, 2000 11:44
Re : Sur Trudeau

--- Dans avant-garde_quebec@e..., Pierre Grandchamp <pierregr@c...> a écrit
> JYD:
> Le fédéralisme de Trudeau, celui d'une nation qui accepte comme
> égale deux cultures, qui s'expriment dans deux langues, basés sur le
> respect « intégral et absolu » des champs de compétence dévolus par
> l'AANB était un modèle politique plus noble que celui du replis
> stratégique des canadiens-français sur le Québec.
>
> P.G.:
> Moi j'estime que Trudeau n'a jamais voulu reconnaître son erreur en
> ce qui concerne la spécificité québecoise.Il fut le détonateur de
> l'opposition anti-Meech (1987)...il fut même anti-Charlottetown !
Faut le faire !
>
> [JYD] Celle-là était logique.

[JYD] Trudeau était logique avec sa logique. Pour ce qui est de la première partie, je suis partiellement d'accord avec vous. Trudeau reconnaissait la spécificité québécoise, toute son oeuvre porte la dessus, ce qu'il n'a jamais reconnu, ou n'a peut être pas vu, le résultat est le même, c'est qu'entre le début de ses analyses et son entrée en politique (il y presque 15 ans), la société québécoise qu'il désirait (ouverte, laïque, progressiste) se formait à une vitesse fulgurante. Tout ce qu'il reprochait était corrigé et lui avait une vision du Québec de 1958.

C'est un peu comme si entre 58 et 68, l'homme avait été en hibernation et n'avait pas constaté que le Québec qu'il connaissait et décrivait n'existait plus.

Pour ce qui est de ses oppositions à Meech et Charlottetown, elles sont la continuation logique de cette erreur de perception sur le Québec et surtout sur un aveuglement maladif à ne pas reconnaître le mal canadian, qui a mené aux résultats dont vous faites si jsutement mention.

Comme je l'ai déja dit il y a avait autant de Québécois désireux de changer le Canada en 1987 que de Canadiens. Le problème évident étant que si c'est une majorité absolue de Québécois, c'est une minorité infime de Canadiens.

Le drame est là et nulle part ailleurs.

Et ce drame est clos depuis 1992 alors que le Canada s'est dit oui, se reniant, reniant tous les penseurs qui ont fait ce pays et en premier Trudeau, parce que le Canada de 1992 est avant tout centralisateur et nie l'esprit même de 1867 que Trudeau savait si
bien défendre avant d'être en politique.

C'est la beauté des écrits, ils restent. Or les écrits de Trudeau, qui ont été à la base de ses élections sont contraires à ses actes politiques.

C'est ce qu'il faut mettre en perspective.

Voter Trudeau en 68,72,74 était conséquent avec l'histoire du Canada-Français. Voter Stansfield ou Lewis durant la même période aussi.

Après, et la cassure est la double élection de la fin des années 70, les Québécois rejetterons massivement la vision impossible de Trudeau, nous ne sommes pas tous des Elvis Gratton après tout, et choisirons le beau risque. Comme vous, comme moi.

Et en 1992 nous rejeterons la vision de Trudeau massivement comme le Canada rejetera la vision, passablement édulcolérée de Meech présenté alors.

Ce qui me fait répéter que depuis 8 ans, nous vivons dans un monde politique virtuel. Ce qui est fort dommage pour nos enfants qui aimeraient bien vivre dans la réalité et jouer dans le virtuel.

> P.G.:
> Pas d'accord! Il savait que sa politique des langues officielles et
du multiculturalisme avait mené à l'extinction intergénérationnelle hors Québec tandis que lui-même avait mis le Québec et le PLQ de Ryan à genoux avec la constitution "illégitime" de 1982 !
>
> Si "Le fédéralisme de Trudeau," était " celui d'une nation qui
accepte comme égales deux cultures".. il savait,lui, en 1987 et en 1990 (Meech) et en 1992 (Charlottetown) que SA prémisse était fausse !

> Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
==============================================
Trudeau et le dictateur faciste Franco
Guy Lessard
avant-garde_quebec@egroups.fr
9 septembre, 2000 22:55

Il est bon de se rappeler que les politiques de trudeau envers le Québec avaient des très grandes similitudes avec celles qui avaient été instaurées par Franco en Espagne lorsqu'il a écrasé la province de la Catalogne (en catalan on dit Catalunya)en 1939 en lui enlevant de force son autonomie.

Les moyens qu'a pris trudeau pour réduire le rôle du Québec à un simple rôle de subsidiaire du gouvernement fédéral et qui se perpétuent avec l'aide de ses âmes damnées qui en donnent encore plus que le client en demande devraient nous faire réfléchir sur ce qu'a réellement été ce personnage pour le Québec.

On n'est pas devins mais on peut être sûrs qu'on va être submergé de toutes sortes d'airs de violons et on sortira les grandes orgues pour encenser et louanger un homme très petit et mesquin qui a tout fait pour nous écraser. Grand mal lui fasse. Nous ne pourrons pas participer à la grande LAUDATE de ce triste personnage.

Je ne suis pas heureux qu'il meure, mais encore moins malheureux,  je suis tout simplement au neutre face à sa mort.
Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
===============================================
 Santé :Trudeau à la rescousse de Bouchard ?
11 septembre, 2000 9:15
Avant-Garde Québec
Pierre Grandchamp

Michel Venne dans Le Devoir de samedi signait un papier intéressant soulignant, comme d'autres l'ont fait sur ce forum, l'écart entre les écrits et discours de Trudeau versus son action politique...  http://www.ledevoir.com/ott/2000c/true090900.html

Michel Vastel dans Le Droit de ce jour rappelle qu'en 1957 Trudeau pestait contre les empiétements du fédéral dans des champs de compétence provinciaux
http://www.ledroit.com/encours/02_opinions/vastel__self.stm

«C'est insultant pour les provinces de se voir offrir des cadeaux avec ce que M. Saint-Laurent (premier ministre du Canada en 1957) leur dit être l'argent de leurs propres contribuables.   Et cela est néfaste pour les principes de la démocratie représentative.»  En raison de ce que Lucien Bouchard appelle «le déséquilibre fiscal» qui s'est créé au Canada, le gouvernement fédéral actuel se sert de ses surplus budgétaires - 105 milliards $ d'ici cinq ans, ou 157 milliards $ selon le Bloc québécois - pour imposer des conditions à l'utilisation des fonds qu'il se dit prêt à remettre aux provinces pour le financement de la santé et de nouvelles
infrastructures municipales.

«Si un gouvernement dispose d'une surabondance de revenus telle qu'il travaille à assurer la partie du bien commun qui ne relève pas de sa juridiction  (C'est encore Trudeau qui parle et qui souligne !), la présomption se crée qu'un tel gouvernement a pris plus que sa part de la capacité taxable.»
Pierre Grandchamp

Forum « Avant-garde Québec »
Fondé en septembre 1998
Vive la République du Québec !
=================================================
Droits individuels et collectifs
11 septembre, 2000 11:47
Avant-Garde Québec
Pierre Grandchamp

Dans son papier de samedi, Michel Venne se trouve à démontrer la dichotomie entre le discours et les écrits de Trudeau ...  et son bilan politique...

Son article a attiré mon attention sur la question de la Charte des droits : "Trudeau a conçu la Charte des droits et libertés comme l'instrument de l'affirmation stricte des droits des seuls individus.  Or, dans le monde d'aujourd'hui, les droits individuels ne sont plus individuels. Les chartes ont donné naissance à des groupes, à des minorités (handicapés, homosexuels, immigrants, autochtones, etc), qui revendiquent aujourd'hui, au nom de la Charte à Trudeau notamment, le respect de droits collectifs....."

La plupart des analystes ont écrit que la Charte de Trudeau de 1982 visait particulièrement à neutraliser le Québec et sa loi 101...Trudeau, qui jouissait d'un immense prestige au Canada anglais, au lieu de se servir de son prestige pour faire avancer des droits des Québecois s'en est servi pour écraser non seulement les souverainistes mais les nationalistes du PLQ.....

Paradoxal qu'en l'an 2000 on constate que cette Charte a amené la réclamation de nouveaux droits collectifs (handicapés, homosexuels ... etc) ...  Mais il y a une constante :  les droits collectifs des Francophones et des Québecois sont bafoués de plus en plus !
Pierre Grandchamp

* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !
==============================================
Pierre Elliot Trudeau
20 avril 1968-3 juin 1979
3 mars 1980-30 juin 1984
==============================================

Pierre Elliott Trudeau on The Consitution of Canada

* An excerpt from the September 28, 1992 issue of Maclean's Magazine
- Reproduced with verbal permission of Maclean-Hunter Publishing by...
R. Ross Holder, Jr.  INTERNET :
roholdr@ccu.umanitoba.ca  (Winnipeg, Manitoba) Department of Philosophy
The University of Manitoba

I. PRIDE AND MONEY
(...) *  A Canadian prime minister is accused of having broken a promise made to Quebecers during the referendum of 1980, whereas the words interpreted as a promise were in fact addressed to the other provinces to urge them to resume constitutional negotiations after the referendum.

*  Seven provinces that approved the repatriation of the Constitution in November, 1981, are accused of betrayal (on the night of Nov. 4, the so-called night of the long knives), after forming a common front with Quebec in April, 1981, to block the repatriation project.  The truth is that during the negotiations on the morning of Nov. 4, it was the premier of Quebec who broke ranks with the other provinces of the Group of Eight and left them out in the cold.

*  In 1992, the premier of Quebec considers a constitutional veto for Quebec a matter of life and death; yet in 1971 he himself rejected this veto when the federal government and the nine other provinces offered it on a silver tray.  And his successor, who also considered Quebec's veto sacred, turned it down several times between 1978 and 1981; he even went to the Supreme Court to prevent the federal government, which had the support of Ontario and New Brunswick, from putting a veto for Quebec in the Constitution.

*  Once the Supreme Court had defined the rules of the game, the repatriation of the Constitution was carried out in strict accordance with the rule of law and respect for convention; furthermore, it was backed by a weighted 65 per- cent off the combined totals of Quebec's members of Parliament in Ottawa and the Quebec National Assemly.  Yet official Quebec history denounces the operation as "strong-arm tactics," and a number of worthy individuals (including a former federal cabinet minister who had supported the operation) have discovered retroactively that it had humiliated them.

In short, Quebec governments had blocked all Canadian attempts at repatriation since 1927, and here was a separatist Quebec government trying to do it again in 1980.  The premier of Quebec, they say, loved to play the game.  Well, he played at referendum and lost.  He played at alliances and lost.  He played the Supreme Court game and lost.  Finally, he played at getting votes from elected representatives and lost.  How have Quebec's nationalist thinkers explained this succession of failures?  Since it is out of the question for them to consider that a Quebec government might have played its cards atrociously, they have had to distort history once again in order to blame it all on some imaginary betrayal.

So it goes that, with myths and delusions, the Quebec nationalist elites falsify history to prove that all Quebec's political failures are someone else's fault: the Conquest, the obscurantism of Duplessis's time, slowness to enter the modern age, illiteracy, and all the rest.  It is never our leader's fault; it has to blamed on some ominous plot against us.

II. THE DISTINCT SOCIETY
The same glaring lack of professionalism is in evidence when nationalist thinkers in Quebec have used terms like "distinct society," which succeeded "sovereignty-association," which followed "equality or independence," which was preceded by "special status."  None of these terms stands up to serious scrutiny.

The latest variation, the distinct society, turned up in post-referendum negotiations in 1980 when the premier of Quebec had to invent  something to replace sovereignty-association, which had gone down with the referendum.  The frivolity of the notion becomes apparent if we recall that its author considered his province so indistinct that he allied it with the other provinces of the Group of Eight in April, 1981, when all eight of them formally declared themselves equal to all the others, and approved an amending formula by which Quebec gave up its right of veto.  Nevertheless, the phrase "distinct society" continues to be a hit.
(...)
At any rate, it is a truism if not a platitude to assert that Quebec is a distinct society, since the Constitution we adopted in 1867 has permitted
it to be a distinct society.  Since this is constitutionally recognized already, why are so many Quebec politicians, public law experts and business-people clamoring to have it inserted in the Constitution all over again?  And why do they say they are humiliated when people wonder why this is so necessary?

Because, they say, the Constitution of 1982 recognizes the collective rights of other communities: ancestral rights of native peoples, the multicultural heritage of many newer Canadians, even women's rights.  So why such niggard-liness when it comes to writing into the same Constitution "the promotion of Quebec as a distinct society"?
(...)

III. COLLECTIVE RIGHTS   (tout le texte est à lire)

IV. QUEBEC'S "TRADITIONAL" DEMANDS

Yet Premier Jean Lesage, the father of the Quiet Revolution, had spelled out Quebec's traditional demands at the federal-provincial conference held in July, 1960, a few weeks after the election that had brought him to power.  In substance, they were as follows:
*  Immediate resumption of talks on the repatriation of the Constitution
   and the constitutional amending formula;
*  Insertion in the Constitution of a charter of rights, to include both
   language rights and education rights for French-speaking minorities
   outside Quebec;
*  Creation of a constitutional court;
*  Creation of a permanent federal-provincial affairs     secretariat;
*  Annual meetings of provincial premiers;
*  An end to conditional grants and shared-cost     programs.

But whenever these objectives were about to be reached, Quebec's "traditional" demands would begin to evolve.  Then, in 1964, Premier Lesage gave in to the nationalists and repudiated the Fulton-Favreau agreement on repatriation, which his government had negotiated and signed, and came up with an entirely new "traditional" demand, which came to be known as "special status."  The content of theis notion remained deliberately vague, for it was to become essentially an instrument of blackmail: Quebec would never allow the Canadian Constitution to be brought home unless the country paid a ransom to Quebec.

That ransom would vary from year to year, the only constant being that as soon as the ransom was paid, the Quebec government would come up with a new one.  Thus, under Lesage, there was a lot of "opting out," by which various federal programs that were applicable throughout the country would be administered in Quebec by the Quebec government, but at the Canadian government's expense.  There was also much hoopla over the new [1mpolitique de grandeur[0m, through which it was hoped that Quebec would gain recognition as an international power.

In 1966, Daniel Johnson's government took power, and Quebec's new demand became "equality or independence."

In 1971, the profitable federalism premier scuttled his own agreement on repatriation and, as ransom, demanded the right to opt out of family allowances.  This had barely been paid when he demanded another: cultural sovereignty.

In 1976, the sovereignty-association premier demanded sovereignty-association as ransom, failing which Quebec would become totally independent.  After the defeat in the referendum; this premier demanded merely a massive transfer of federal powers to the provinces (the Chateau Consensus of September 1980) and refused to discuss even the possibility of repatriation until the transfer was assured.  Then, in April, 1981, this premier allied himself with seven English-speaking provinces to demand a "notwithstanding" clause that provided for opting out with compensation.

On Nov. 5, 1981, the same premier spealled out his three conditions for agreeing to the constitutional deal that had just been made: an amending formula with a guarantee of full compensation to a province opting out of a transfer of powers; restrictions on the right to work anywhere in the country; and restrictions on minority-language education rights.

The federal government indicated that it was ready to talk, but less than two weeks later, on Nov. 13, 1981, these three conditions had disappeared and been replaced by three others: recognition of Quebec's distinct society, a constitutional veto and limitations to the charter.

After the federal elction of 1984, the self-same premier recommended that Quebec give "the fine risk of federalism" a try.
(...)
"French Canadians have no opinions, they only have felings," Sir Wilfrid Laurier said.  For unscrupulous politicians, there is no surer way of rousing feelings than to trumpet a call to pride of race.  French Canadians will be rid of this kind of politician if the blackmail ceases, and the blackmail will cease only if Canada refuses to dance to that tune.  Impartial history has shown that it was exactly this attitude that pushed separatism to the brink of the grave between 1980 and 1984.

Separatism has regained a lot of ground since 1984, of course, but as the Portuguese proverb goes, "The worst is not always certain."  However, to ward it off, our leaders will need a bit of courage.
===============================

Histoire des affrontements et désaccords Canada-Québec
===============================
La Petite Histoire du Québec
Le Québec moderne: 1929-1989
=============================
Une Province ou un Pays
=============================
Manifeste d'Octobre 1970 - Contexte
=============================
LE  PRINCE  DISPARU

Par BENOÎT L’HEUREUX

Pierre Elliot Trudeau est décédé. Plusieurs en ont profité pour faire son éloge. « Normal » direz-vous ? Le Roi est mort, Vive le Roi !  Notre objectif étant de remettre un peu les pendules à l’heure, nous nous permettrons de faire une brève et très incomplète analyse de la « carrière » du disparu.

Nous avons tous eu un oncle détestable (ou nous connaissons quelqu’un qui en avait un), qui ne mérite pas d’éloges funèbres. Pourtant, à son décès, il est devenu un bon diable plein de qualités.  Le genre humain a ceci de particulier. Comme s’il voulait aider le défunt pour son jugement dernier, il ne rappelle que les bons souvenirs, si peu nombreux soient-ils.

Mais qu’en est-il du célèbre disparu princier ?  Deux façons de voir les choses. D’abord sur le plan humain. Puis, son héritage politique puisque c’est bien l’homme politique que les médias et les témoignages ont rappelé.

Sur le plan humain, nous compatissons avec sa famille. En effet, qu’il soit riche ou pauvre ; qu’il soit un illustre inconnu ou le plus célèbre d’entre nous, la Grande Faucheuse qu’est la mort atteint tragiquement les proches de celui qui nous quitte. En ce sens, puissions-nous aider, par nos pensées, les proches de M. Trudeau dans ces moments difficiles.

Pour l’héritage politique, quels souvenirs avons-nous de Pierre Elliot Trudeau ? Jetons-y un coup d’œil, décennie par décennie.

Durant les années 50, Trudeau aurait combattu le duplessisme et la Grande Noirceur. Il n’était pas le seul. Plusieurs de ses contemporains ont joint le mouvement. À la fin de la décennie, la disparition de Duplessis, celui qui incarnait la période de conservatisme de la société québécoise aura permis aux opposants du régime de marquer des points. Trudeau en était mais sans se démarquer de façon particulière.

Durant les années 60, pour plusieurs, le Québec se réveille. Un des grands symboles de ce réveil est la nationalisation de l’électricité. Cette nationalisation aura permis au peuple du Québec de prendre conscience de sa forte capacité de relever les défis d’une société moderne. Que fait Trudeau ? Il s’y oppose croyant que les Québécois n’auront ni la capacité, ni les capitaux pour mener à bien l’exercice. Première manifestation de ce que sera Trudeau. Pour certains, ceci démontrera que Pierre Elliot Trudeau n’a pas confiance en les capacités du peuple québécois. Pour Trudeau, c’est peut-être encore plus simple: ce peuple n’existe simplement pas.

Les années 70 débutent bien mal. Trudeau, devenu Premier Ministre canadien, fait adopter la Loi sur les mesures de guerre. Il prive ainsi des milliers de québécois de leur liberté fondamentale. Assez ironique qu’aujourd’hui,  on essaie de nous présenter le défunt comme l’apôtre des droits et libertés individuelles. Parce qu’il a constitutionnalisé la Charte canadienne des droits et libertés dans les années 80 ? Plusieurs semblent oublier que cette fameuse Charte n’a fait que répondre à des demandes provenant notamment du Québec qui, rappelons-le, avait adopté la Charte Québécoise des Droits et Libertés bien avant le fédéral.

Venons-en aux années 80 justement. Quel a été le principal fait d’armes de Trudeau ? Le fameux discours de Verdun où il a mis sa tête sur le billot pour promettre des changements constitutionnels afin de répondre aux aspirations du Québec. Nous savons tous ce qui arriva. Le gouvernement Trudeau a rapatrié cette  Loi britannique qu’était l’AANB. Pour répondre aux aspirations du Québec ? Surtout pas. Pour répondre à ces seules aspirations ; faire du Canada un pays unitaire, le pays d’un seul peuple, le peuple canadian fusse-t-il créé artificiellement.

Dans les années 90, même s’il n’avait plus de fonction officielle, Trudeau est sorti deux fois de son mutisme. D’abord pour torpiller l’Accord du Lac Meech. Reconnaître le Québec comme société distincte n’était pas acceptable aux yeux du prince retraité. Pourtant, même pour les plus québécois les plus fédéralistes, Meech était un minimum. Puis, il est intervenu en faveur du Non suite à l’accord de Charlottetown. Encore ici, pour Trudeau, même si cet accord mentionnait dans son article premier que les provinces étaient égales entre elles, Charlottetown n’était pas satisfaisant puisqu’il n’épousait pas SA perception du Canada.

Pierre Elliot Trudeau a aussi été politicien. Un politicien de conviction ? Il a dénoncé le gel des prix et des salaires proposé par Stanfield. Une fois au pouvoir, il a adopté cette politique dénoncée. Il a fait battre le gouvernement conservateur minoritaire de Jos Clark à cause d’une hausse de quelque 5 cents le gallon de l’essence. De retour au pouvoir, la hausse fut davantage marquée.

Ses amis nous parlent aujourd’hui de sa vive intelligence ? Nous répondrons seulement qu’il avait certes beaucoup de culture. Cette culture de fils de bourgeois qui, grâce à la fortune familiale, réussit par ses voyages, ses études et les opportunités de la vie en général à développer ses connaissances et ouvrir son esprit aux différentes tendances et réalités de ce monde. Ce n’est pas mal en soit mais ne mélangeons pas culture et intelligence.

Qu’est-ce qui caractérise Trudeau ? Dans Le Prince, Machiavel a écrit : « Certain prince ne prêche jamais que paix et bonne foi, et de l'une et de l'autre il est le plus grand ennemi; et l'une et l'autre, s'il l'avait observée, l'aurait plus d'une fois privée (...) de sa réputation".  Rendons lui cet hommage à Pierre Elliot Trudeau en lui dédiant cet extrait d’une oeuvre qui, selon la rumeur populaire, constituait sa principale lecture de chevet.

Et on voudrait que nous  l’aimions, que nous soyons effondrés par sa disparition ? Non Merci, No thanks ! Mon NON est québécois ! Ce qui ne nous empêche pas de penser : « Requiescat in pace ».

=============================

Pierre Elliott Trudeau, Le flamboyant et charismatique premier ministre du Canada de 1968 à 1984  Le Monde, édition électronique,  le samedi 30 septembre 2000 par :  Martine Jacot
Après le rejet de la proposition du Parti québécois, il relance les négociations sur le rapatriement de la Constitution du Canada (toujours détenue à Londres) et sur l'adoption d'une charte des droits et libertés, qui, tout en consacrant l'égalité des deux langues officielles, tend à renforcer le pouvoir central. Il s'ensuit une mémorable partie de bras de fer qui se termine en novembre 1981. Trudeau et ses hommes renversent l'alliance du Québec avec sept provinces anglophones et parviennent à isoler la province francophone. Le Québec n'a obtenu ni statut ni droits particuliers pour protéger sa langue. Il refuse de signer la nouvelle Constitution, qui est quand même proclamée en grande pompe le 17 avril 1982 par la reine Elizabeth II, chef de l'Etat canadien. L'ambition, voire l'obsession de Pierre Elliott Trudeau de faire du Canada un pays bilingue, dont les dix provinces, unies autour d'un pouvoir central fort, vivraient en parfaite harmonie, n'est finalement restée qu'un rêve.
=============================
Dossier du FBI sur Pierre Elliot Tudeau
Margaret Trudeau's pocketbook, apparently lost during a U.S. visit, showed up in Rhode Island in the summer of 1974. It was turned over to the FBI, which duly filed a report.
=============================
Remembering Trudeau
=============================
THE FUNERAL
=============================
'He has kept his promises and earned his sleep'
Dignitaries and citizens pay last respects to former PM
By Francine Dubé  National Post  October 4, 2000
=============================
A teacher of drama, a riveting moment
Justin Trudeau eulogizes a father, and touches a nation
By Jane Taber National Post October 4, 2000
=============================
Clark moved by Justin's lesson in respect he received from his father
By Joël-Denis Bellavance National Post October 4, 2000
=============================
A 'brave girl' in a blue velvet dress pays her respects
Pierre Trudeau's only daughter emerges from life of privacy to attend funeral
By Anne Marie Owens National Post October 4, 2000
=============================
Parade of luminaries praises 'the greatest of prime ministers'
'Canada will be better today for this spontaneous outpouring of affection,' NDP leader says
By Jonathon Gatehouse National Post  October 4, 2000
=============================
'Lord, death cannot resist you'
For all its pomp, Pierre Elliott Trudeau's funeral service followed his religion's ancient traditions
By Richard Foot  National Post, with files from Francine Dubé  October 4, 2000
=============================
CBC flooded with calls to re-run eulogy
By Charlie Gillis  National Post  October 4, 2000
=============================
Justin gives voice to our yearning
Outpouring is really about our desire to stand for something
By Andrew Coyne  National Post  October 4, 2000
=============================
A mother's touch: private
By Christie Blatchford  National Post  October 4, 2000
=============================
A Montreal street embraces its friend, one final time
By Roy MacGregor  National Post   October 4, 2000
=============================
Amid the noise and haste, buds are ready to bloom
Pair's garden gesture enables hundreds to make an offering of their own
By Joe Fiorito  National Post  October 4, 2000
=============================
A congregation of friends and foes
By Paul Wells  National Post   October 4, 2000
=============================
Grieving with the nation
By Patricia Pearson  National Post  October 4, 2000
=============================
Remembering him
=============================
Editorial  National Post  October 4, 2000
=============================
Remarks at the Proclamation Ceremony   April 17, 1982
=============================
Pierre Trudeau's Essay on the Referendum
By Pierre Elliot Trudeau
LUCIEN BOUCHARD, ILLUSIONIST  By Pierre Elliot Trudeau
=============================
http://www.nfb.ca/justwatchme/
=============================
THE END OF TRUDEAUMANIA
"In his sixteen years of office Pierre Elliot Trudeau made himself a nuisance by inserting the tentacles of government where they had no place to be: in the private lives of the citizens. The man who declared that there was no place for the state in the bedrooms of the nation set about making its presence felt in every room of the house."  - Kenneth McDonald
=============================
Political Reformer;  Leader and Prime Minister;  Minority Government;  Foreign Affairs;
Resignation; Readings The 1998 Canadian & World Encyclopedia by McClelland & Stewart
=============================
TRUDEAU, PIERRE ELLIOTT  (1919-2000); prime minister of Canada (1968-79, 1980-84)
TRUDEAU, PIERRE ELLIOTT, (1919-2000), prime minister of Canada (1968-79, 1980- 84), who won the long struggle for a native Canadian constitution.
=============================
GLOBAL REACTION:
The New York Times — Pierre Trudeau is dead at 80; Fighter for Canadians' unity
The Los Angeles Times — Ex-Canadian Premier Pierre Trudeau dies
The Washington Post — Canadian Ex-Prime Minister Trudeau Dies
The Independent (UK) — Canada mourns loss of glamourous political maverick
The Times (of London) — Trudeau, sex symbol with brilliant mind
BBC News (UK) — World leaders mourn Trudeau
=============================

Trudeau warned U.S. envoy that PQ win could bring 'radical, socialist' state on border
Randy Boswell
CanWest News Service -
Thursday, May 01, 2003





Two days after the stunning Parti Québécois election victory in November 1976, prime minister Pierre Trudeau warned the U.S. ambassador to Canada that a separate Quebec could eventually become a Soviet satellite and that "a radical state might appear on the St. Lawrence with outside, hostile support."

Mr. Trudeau's statement to Thomas Enders is revealed in recently declassified U.S. State Department documents obtained by University of Waterloo history professor John English.

Mr. English, Lester B. Pearson's biographer, served a term as a Liberal MP in the 1990s and is researching a three-volume biography of Mr. Trudeau.

"If the separatists continue to gain, some Americans might come to believe that they could deal with Quebec and the single or several remaining pieces of Canada," Mr. Enders wrote the U.S. secretary of state in a Nov. 17 telegram summarizing ed his 40-minute talk with Mr. Trudeau in the wake of the election of René Lévesque.

"But, Trudeau said there would be little in that for the U.S. Given European (read French) and potentially Soviet and Chinese interest in Quebec, an international competition for influence in the province could occur," Mr. Enders said.

"A similar struggle would go on between the various elements of the separatist movement, and it could not be excluded that a radical state might appear on the St. Lawrence with outside, hostile support. Trudeau added he would not want to wave a bogeyman, but thought this possible."

Today -- 27 years after that first PQ victory and just days since the defeat of the separatist party by Quebec's new federalist Premier Jean Charest -- Mr. Trudeau's "bogeyman" scenario smacks of Cold War paranoia, or the exploitation of it to make Washington an ally against Quebec separatism. But, Mr. English says it isn't easy to interpret what Mr. Trudeau was communicating in his conversation with Mr. Enders.

On one hand, says Mr. English, "he's raising the Cuba flag, isn't he? What he's doing is scaring the Americans and saying they should take an interest" in discouraging Quebec separatism. On the other hand, Mr. Trudeau was "profoundly disturbed and troubled" by the triumph of Mr. Lévesque, Mr. English says. "It's a guy who feels pretty upset with the way things have developed. And to some extent, in reading this, he seems to blame himself."

The PQ win in 1976 triggered a national unity crisis. In his public statements at the time, Mr. Trudeau avoided fear-mongering: "I am confident that Quebecers will continue to reject separatism because they still believe their destiny is linked with an indivisible Canada," he said after the election results were announced.

His discussion with Mr. Enders was much more explicit, or perhaps more manipulative. He told the U.S. ambassador that PQ membership "spans 'from bourgeois to Maoist' " and that while U.S. businesses should not rush to pull their assets out of Quebec, they should be "making clear to the new government that they wish assurances about their future in the province."

At the time, the U.S. government was in transition between the Gerald Ford administration and the Democratic president-elect Jimmy Carter.

The U.S. was more concerned about the disruption of American economic activity and its military arrangements with Canada than it was about a "hostile" state on the St. Lawrence River. Officials framing Washington's policy toward Canada "did not accept that kind of analysis" from Mr. Trudeau, says Mr. English.

But that doesn't mean Mr. Trudeau didn't harbour such thoughts, he adds.

"This is a period of greater doubts, obviously, than at other points in his career," says Mr. English.

"You don't find a prime minister making those kinds of remarks to an American ambassador (and) I think what it suggests is that it depicted a moment, with the separatists' win, when Trudeau was profoundly disturbed and troubled. ... It does seem to me extreme, but you'll have to remember that with the October Crisis and thereafter, he did think that there were very radical elements within the separatist movement."
 
 

Québec un Pays  | Accueil  |  Je me souviensGilles Rhéaume| Institutions Nationales | Émeutes au Québec en 1918Les Patriotes 1837-1838  | Les milliards $  | Les régions du Québec  | Québec - International  |  Recherches sur ce site  |  Vous cherchez un emploi ?  |  Partis politiques du Québec  | Québec un Pays rend hommage à | René Lévesque  | Andrée Ferretti  |  Maurice Richard  | Jacques Parizeau  |  Félix Leclerc  |  Gilles Vigneault  | Rosaire Morin  |  Michel Chartrand et Simone Monet - Chartrand  |  Gaston Miron  | Lionel Groulx  | 22è Régiment  | Charles De Gaulle  |  Louis Riel pendu  | Raisons historiques, politiques, économiques, et sociologiques de faire l'indépendance du Québec

Site actif depuis novembre 1998