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René Marcel Sauvé, géographe et militaire

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L'agir a son point de départ
dans l'esprit de discernement
et la volonté consciente,
en principe et en pratique...
René Marcel Sauvé
tiré du texte sur la "diversité"


 
... Nous traversons une crise grave et l'émotion dépourvue de réflexion, si fréquente et stérile, doit faire place à une connaissance des principes universels qui gouvernent la stragégie de l'action, principes qui ont leur point de départ dans la volonté consciente et dont nous devons nous instruire chez les nations qui possèdent depuis longtemps les assises de leur propre État, principes qui ont fait leurs preuves depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, à la condition de les connaître et les mettre en pratique.
 
(...)

Comme nous sommes impliqués dans un combat politique d'envergure, ce qui compte, c'est la pertinence, que nos adversaires anglais appellent relevancy.

Comme je l'ai mentionné, nous traversons une crise grave et l'émotion dépourvue de réflexion, si fréquente et stérile, doit faire place à une connaissance des principes universels qui gouvernent la stragégie de l'action, principes qui ont leur point de départ dans la volonté consciente et dont nous devons nous instruire chez les nations qui possèdent depuis longtemps les assises de leur propre État, principes qui ont fait leurs preuves depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, à la condition de les connaître et les mettre en pratique.
 
En cette matière, il n'y a pas de dichotomie entre la "théorie et la pratique" comme l'expose si souvent la littérature.  La question qui se pose en partant est: de quoi s'agit-il?

Le but, c'est l'agir, non l'agitation stérile. Or, l'agir a son point de départ dans l'esprit de discernement et la volonté consciente, en principe et en pratique, non en théorie et en pratique. des principes qui ont fait leurs preuves dans une multitude de contextes et de situations.

Le principe est une certitude opérative et un universel: il n'est pas une théorie abstraite ni une opinion.

Je rappelle sommairement ces principes qui ne sont pas de moi mais d'auteurs classiques en matière d'État, que les auteurs littéraires seraient portés à appeler des "ouvrages raisonneurs".

Ces principes sont simples à énoncer mais pour quiconque n'a jamais été impliqué dans l'agir d'envergure, qui est l'agir d'un État, ils demeurent incompréhensibles:
 

1. Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation, qui exclut tout sentiment de vindicte.
La seule véritable force est l'objectivité et l'objectivité est une discipline, une conquête et non un héritage.

2. Détermination(vertu de la volonté consciente et libre d'affects) et maintien d'objectifs(réalisme du principe de finalité) praticables et réalisables en termes de temps et d'espace.

3. Maintien du moral, qui exige une connaissance des mécanismes intangibles de l'esprit humain.

4. Concentration de l'effort dans l'espace et dans le temps, parce que personne ne dispose de toutes les forces et de tous les moyens.

5. Économie de l'effort, qui exige de réaliser le maximum de résultats avec une dépense minimale de moyens et d'efforts, toujours parce que la nature humaine est limitée.

6. Simplicité, très difficile à réaliser pour quiconque n'a pas fait l'apprentissage de l'agir, tant individuel que collectif. De toutes manières, personne ne peut agir seul.

7. Souplesse, puisqu'il n'est pas possible de prévoir toutes les contingences et qu'il est souvent nécessaire de s'adapter à des imprévus sans pour autant perdre l'objectif de vue.

8. Sécurité, qui exige la loi du silence comme premier moyen de protéger ses intérêts et ses actes en même que d'autres précautions pour déjouer l'adversaire, mais sans sacrifier aux autres principes.

Remarquez qu'il ne s'agit pas de détruire l'adversaire, car l'adversité est nécessaire, mais il faut au contraire savoir tirer parti de l'adversaire,ce qui exige une intelligence à base de discernement.

Prétendre que l'adversité n'existera plus jamais dans un monde super intelligent est de l'utopie à la Fourier et à la Saint Simon.

9. Surprise, qui consiste à placer convenablement l'adversaire en face du fait accompli. Les Anglais sont passés maîtres dans cet art.

10. Coopération, parce que personne ne peut agir seul ni réussir seul.

11. Coordination, qui ne vient pas d'elle-même et doit être organisée. Les manquements à ce principe ont causé plus d'une catastrophe.

12. Administration et logistique, qui doit précéder tous les autres parce qu'on doit d'abord et avant tout évaluer ses moyens et décider ce qu'on pourra faire.

La stratégie n'est pas une utopie. Elle est en fait tout le contraire de l'utopie, mais lorsqu'on se donne la peine de mettre ses principes en pratique, on finit par réussir et le succès dure et perdure.
 
Et maintenant, je vais vous donner un petit exercice à partir de ces principes.

1. Analysez la dernière élection sur la base des douze principes. Posez-vous les questions suivantes:
 

Quelle appréciation a été faite du contexte et de la situation?
Quels objectifs ont été décidés?

Étaient-ils praticables?

Pourquoi une telle démoralisation?

Où, quand et comment fallait-il concentrer l'effort?

Les objectifs ont-ils été atteints avec une économie maximale d'efforts et de dépenses de moyens? Etc

 
2. Évaluez le fédéralisme unitaire, en vous servant des douze principes et en posant les mêmes questions, surtout en ce qui a trait à la concentration et l'économie des moyens et des efforts.
Dites ce qui arrive à chaque principe lorsque deux États sont superposés et dites ce qui va finalement arriver à l'un ou l'autre de ces États.

Votre réponse servira de point de départ aux arguments que vous apporterez dans l'avenir pour appuyer l'État du Québec et le faire reconnaître de droit (de jure) comme de fait (de facto)

Car il faudra désormais mener l'action sur tous les fronts, tous, sans exception.

La stratégie n'est pas de la littérature et l'étude des grands auteurs a pour objet de mieux comprendre les principes fondamentaux et leur manière de les appliquer dans des contextes et des situations différentes.

Les contextes évoluent et les situations varient, mais les principes demeurent les mêmes.

Voilà pourquoi on les appelle des constantes, par opposition aux variables, des universaux parce que quiconque veut agir avec effectivité ne peut le faire sans mettre ces principes en pratique, consciemment ou inconsciemment et finalement des certitudes opératives et non de simples opinions, hypothèses, ou thèses qui peuvent cependant s'inscrire dans les réponses apportées en application à chacun de ces principes et à tous ensemble, car ils se tiennent d'une seule pièce.
 
Enseigner les principes fondamentaux de la stratégie d'État est absolument tout ce que j'ai jamais essayé de faire, tant dans les institutions militaires que civiles. Il ne s'agit pas d'être beau, fin ou intelligent, mais de comprendre sur quelle base nous devons agir pour devenir un État reconnu.

Car l'État est une volonté et une volonté agit ou s'étiole.
(...)
 

Dans Géopolitique et avenir du Québec,  j'explique l'histoire du Québec sur la base de ces principes.

Tiré de "Dans la diversité"
 

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