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Les Commissions d'Enquêtes

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Les commissions d'enquêtes
pour mieux comprendre le Québec
et bien comprendre ceux qui ont
triché le Québec

Merci à monsieur Pierre Grandchamps
qui nous a fourni autant de détails sur les
Commissions Royales d'Enquêtes
au cours des quelque quarante dernières années.

Comités et Commissions 1

Commission Royale Rowell-Sirois des relations entre le Dominion et les provinces 1937-1940.

Les commissaires eurent à affronter une forte opposition dans plusieurs provinces, dont l'Alberta, le NB, l'Ontario et surtout le Québec où Duplessis défendait énergiquement la thèse de l'autonomie provinciale.  Dans sa présentation à cette Commission, le Québec a rappelé que le fédéralisme constitue un pacte qui se fonde sur les 2 ordres de gouvernement.

Dans les recommandations du rapport Rowell-Sirois, on reconnaît le principe de l'autonomie provinciale.  Le rapport légitimera et officialisera un nouveau discours politique fondé sur l'interventionnisme.

Commission Royale d'Enquête sur les problèmes constitutionnels Tremblay 1953-1956.

Créée le 12 février 1953 et se voulait une réponse à la démarche essentiellement économique et centralisatrice du fédéral depuis la 2e guerre.

La Commission Tremblay échafaude son argumentation sur des bases historiques solides:  "La dualité des cultures est la donnée centrale du problème politique canadien quel que soit l'angle sous le- quel on l'aborde...   La fin première du fédéralisme canadien est de permettre aux 2 grandes communautés culturelles

a) de vivre et de se développer selon leur particularisme respectif ;

b) de collaborer à l'édification d'une patrie commune.....

c) La province de Québec assume seule, à l'égard de la culture canadienne-française, les responsabilités que les autres provinces assument en commun à l'égard de la culture canadienne-anglaise".

Les principales critiques des commissaires concernaient le manque de respect exprimé pour l'héritage culturel de la communauté française et la poursuite d"objectifs essentiellement keynésiens(c.à.d. économiques)

"Pas de fédéralisme sans autonomie des parties constituantes de l'ÉTat......  Inutile de prétendre résoudre le problème fiscal selon les fins que les auteurs de la  Constitution avaient en vue, si on ne
restitue pas aux deux ordres de gouvernement les fonctions que la réalité sociologique leur assigne respectivement, aujourd'hui comme en 1867".
 

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
avant-garde_quebec@egroups.fr
14 juin, 2000 4:25
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Commission Royale d'Enquête sur le Bilinguisme et le Biculturalisme(BB), co-présidée par Dunton et Laurendeau, 1963-1968.

Le premier ministre canadien Lester B. Pearson disait ceci, en parlant du Québec: "Bien que le Québec soit une province faisant partie de la Confédération nationale, il est plus qu'une province, en ce sens qu'il
est la patrie d'un peuple: il constitue très nettement une nation dans une nation...".

Et c'est dans cette logique qu'il créa la Commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme(1963) lui donnant le mandat de formuler des propositions pour "développer la Confédéraion sur la base de l'ÉGALITE DES DEUX PEUPLES FONDATEURS"(sic).

N.B. André Laurendeau avait accepté la co-présidence de la Commission pourvu que le mandat prévu soit élargi pour inclure le bilinguisme et le biculturalisme comme les 2 principaux éléments définisseurs de la réalité politique canadienne.

Dans les pages "bleues" du rapport. vol.1 p. XXXIV, Laurendeau écrit:  "...Cela signifie qu'une culture ne sera pleinement vécue qu'au sein de la société où elle s'incarne; ailleurs elle vivra, certes, mais d'une façon restreinte, à la mesure du nombre de ses membres et de la vigueur des institutions dont elle dispose. D'où l'importance de la notion de DEUX SOCIÉTÉS DISTINCTES"...

Les deux cultures doivent posséder les moyens pour s'accomplir respectivement et également dans chacune de leur milieu. A compter du milieu des années 60, le concept des 2 peuples fondateurs faisait des progrès politiques, Le PC, très peu populaire au Québec, a cherché sous le leadership de Stanfield de se rapprocher de l'électorat québécois.  Mais après avoir reconnu l'existence des 2 peuples fondateurs, le parti a fait marche arrière en 1967 et décidé de ne plus faire de cas de cette réalité sociologique. Le NPD a fait la même volte-face.

Laurendeau insiste sur la notion de l'autodétermination et sur sa pertinence pour les communautés minoritaires.  Laurendeau prédisait que le pays pourrait survivre à la condition que l'expérience canadienne respecte et encourage "un certain équilibre entre les deux communautés", donnant de la sorte une valeur plus que nominale au concept "d'association dans l'égalité".

Les 2 commissaires écrivent dans leur rapport préliminaire en 1965 : "Il ne s'agit plus selon nous du conflit traditionnel entre une majorité et une minorité. C'est plutôt un conflit entre deux majorités;  le groupe majoritaire au Canada et le groupe majoritaire au Québec". Et ils ajoutent : "Il y a une crise GRAVE...."

Dans un rapport paru en 1967, la Commission faisait longuement état des différences constatées entre le Québec et les autres provinces canadiennes.  Elle concluait à l'existence de deux sociétés distinctes,
dont l'une était formée par le Québec. "IGNORER CETTE RÉALITÉ DANS NOTRE RAPPORT NE SERAIT PAS SEULEMENT UNE GRAVE ERREUR, ajoutait la Commission. CE SERAIT AUSSI RISQUER QUE LE QUÉBEC REFUSE DE NOUS ÉCOUTER
ET CE SERAIT EN MÊME TEMPS PRIVER LE CANADA ANGLAIS DE LA CHANCE DE PRENDRE CONSCIENCE D'UN ÉLÉMENT PARTICULIÈREMENT GRAVE DE LA SITUATION ACTUELLE DU PAYS"....

Le rapport de 1967 de la Commission Laurendeau-Dunton recommandait que le Canada anglais accepte explicitement le droit des Québecois à l'autodétermination nationale et que des négociations soient entamées afin de recomposer le régime constitutionnel canadien de façon à accorder au Québec les pouvoirs spéciaux qui lui sont nécessaires pour protéger la nation québécoise et lui permettre de s'épanouir. C'est ce que redira le rapport Pépin-Robarts en 1979....

Dans ce même rapport de 1967, elle recommandait que chaque province ait les deux langues officielles.

Le rôle du Québec comme défenseur de la communauté française d'abord au Québec puis dans les autres régions francophones du pays est reconnu, de même que le fait souventes fois contesté hors Québec, que le "Québec n'est pas une province comme les autres".  Dans les pages "bleues", Laurendeau discute ouvertement de la place que doivent occuper les deux communautés majoritaires dans le gouvernement. Cette prise de position annonçait plusieurs conflits qui allaient naître à l'intérieur même de la Commission, notamment entre Frank Scott, qui eut une grande influence sur Trudeau.

La mort de Laurendeau au printemps 1968 est venue couper de façon abrupte le dynamisme qu'il s'était efforcer d'insuffler à la Commission.  Neil Morrison, qui a été secrétaire conjojnt à la Commission LD, rappelle à juste titre: "La Commission royale a fondé ses recommandations sur le principe de l'égalité des deux sociétés dominantes - la francophone et l'anglophone - non sur l'égalité des minorités de langues officielles. Ce dernier virement de cap politique s'est produit au moment où la direction et l'idéologie du parti et du gouvernement libéral changeaient, lorsque Lester B. Pearson a quitté son poste de Premier mkinistre et a cédé sa place à Trudeau, en 1968.

Tacticien, Trudeau entre dans le bal des conférences constitutionnelles avec l'intention de réformer le système fédéral, en cherchant à faire d'Ottawa l'unique point de référence pour tous les canadiens.  D'un conflit qui était essentiellement culturel et territorial, Trudeau a tenté de redéfinir le rapport de force entre les 2 grandes majorités en faisant la promotion du bilionguisme, sans égard pour les spécificités provinciales....

Pierre Fournier dans "Autopsie du lac Meech": "Depuis deux décennies , le fédéral utilise les minorités francophones comme instrument de chantage pour combattre le nationalisme québécois. Dans une large mesure, le bilinguisme pancanadien et le renforcement des droits des minorités sont d'élégants prétextes pour réduire la marge de manoeuvre du Québec dans la défense de sa majorité francophone, et plus important, pour contester sa prétention à vouloir rapatrier les pouvoirs nécessaires pour être efficace".

Trudeau s'est mis rapidement à la tâche en ne retenant que les recommandations de la Commission se rapportant au bilinguisme et en ignorant les propositions relatives à l'égalité entre les 2 peuples, où
le Québec était vu comme le représentant principal du peuple francophone. En fait, Trudeau s'est acharné à annihiler l'idée que le Québec parle au nom de la seule majorité francophone au Canada.

En d'autres termes, Trudeau se refusait à la fois à reconnaître le Québec comme société distincte à l'intérieur du cadre canadien et à tenir compte de l'élément biculturel sur lequel s.appuyait l'analyse des commissaires.

Le fédéral a promptement pris l'offensive en élaborant une politique linguistique et culturelle incompatible avec les recommandations de la Commission BB.  Parmi les mesures mises de l'avant, notons la ratification de la Loi sur les langues officielles (1969) , suivie, en 1971, par la politique sur le multiculturalisme".
 

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
avant-garde_quebec@egroups.fr
14 juin, 2000 9:50
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Merci monsieur Grandchamp et poursuivez.

Je pense que, peu d'entre nous, avons autant de détails sur les dites commissions d'enquêtes.

Possible que les journalistes qui nous informent n'ont jamais pris connaissance des objectifs des Commissions d'Enquêtes qui ont pris place tout au long des derniers quarante ans ou presque.

Plusieurs des Commissaires de ces Commissions n'ont -ils pas démontré le dualisme des réalités du Canada ?

On a eu les Louis-Stephen St-Laurent, Pierre-Elliot Trudeau, Brian Mulroney, Jean Chrétien comme Premiers Ministres du Canada.

On se rend compte que ces Premiers Ministres, tous ensemble, n'ont jamais sensibiliser assez le reste du Canada de la réalité Québécoise.  Malgré et en dépit de toutes les Commissions.

Sont-ils ignorants à ce point de ce que l'on est ?  Les fourberies à la Chrétien-Dion, comment sont-elles perçues dans le reste du Canada ?

Pourtant, ils peuvent voir, par la télévision, tous les coins et recoins du Québec.  Ne peuvent-ils pas percevoir des différences ?  des réalités autres que les leurs ?

Votre apport, monsieur Grandchamp, dans les présentations des textes de vos archives, nous est précieux.

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays.
http://QUEBECUNPAYS.iquebec.com
avant-garde_quebec@egroups.fr
14 juin, 2000 8:15
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Comites et Commissions 3

Tiré de "Allaire-Bélanger et les autres.."

Comité parlementaire de la constitution,1963-1968,

à l'Assemblée législative (plus tard deviendra l'Assemblée nationale) ... créée en 1963, se poursuivra après l'élection de l'Union Nationale en 1966.  Ce Comité recevra plusieurs mémoires et commandera plusieurs études auprès d'experts constitutionnels.

Les principales contributions du Comité  ont été de dégager un consensus chez les Québecois appartenant à diverses formations politiques et d'inciter les experts à faire l'examen des solutions possibles pour la province.

Les revendications du Québec en matière de réforme constitutionnelle ont amené les intervenants à exiger un nouveau partage des pouvoirs entre les 2 ordres de gouvernement. S'inspirant des travaux du Comité et appuyant la thèse dualiste, Daniel Johnson père déclarait le 27 février 1967 que " la future constitution devra nécessairement être le fruit d'un dialogue, d'une alliance entre les deux nations.....  En somme, il s'agit de trouver une formule qui respecte le droit à l'autodétermination de chacune de nos deux communautés culturelles, pour qu'elles puissent ensuite travailler à la gestion de leurs intérêts communs ...  Il s'agit de séparer ce qui doit être séparé pour mieux unir ce qui doit être uni".

Les États Généraux du Canada Français 1966-1969.

Assises préliminaires tenues en 1966 suivies de 3 grands rassemblements entre 1967 et 1969. Ainsi en avril 1967, près de 9000 organismes ou associations (certaines de d'autres provinces) se sont choisis 2500 délégués pour les représenter. Idem en 1968 et 1969.  On a retenu le mécanisme de l'Assemblée constituante.

Les États Généraux du Canada français se voulaient l'expression de l'insatisfaction de l'un des deux peuples fondateurs à l'égard du fédéralisme canadien.  L'idée avait été lancée par la SSJB (Rosaire Morin et Jacques-Yvan Morin y joueront un rôle-clef).  Les États Généraux se définissaient comme un regroupement représentatif des milieux canadiens-français.

Les assises préliminaires se sont tenues en 1966 ...  lesquelles ont été suivies de grands rassemblements qui ont eu lieu entre 1967 et 1969.  Ces rassemblements ont favorisé un éveil collectif face aux problèmes constitutionnels et ont contribué à la construction d'une société québécoise plus participationniste.

En avril 1967, près de 9000 organismes et associations locales, régionales, québécoises et des autres provinces, qui se sont choisi 2500 délégués pour les représenter, ont participé aux premières assises.

Une 2e rencontre eut lieu en novembre 1967 avec sensiblement le même nombre de participants mais cette fois on a cherché à assurer une plus large représentation de tous les milieux canadiens-français.

Le dernier rassemblement a été celui de mars 1969 où l'on a fait le bilan du travail à accomplir et où on a pris la décision d'abandonner l'expérience.  Un véritable plaidoyer en faveur d'une Assemblée constituante a été enregistré.

Gilles Rhéaume écrivait sur ce forum. il y a quelque temps :  Enfin, les États-Généraux n'ont jamais appuyé la souveraineté.  Cela aurait été battu, selon Rosaire Morin qui l'a répété si souvent...  Toutefois, il fut voté que le Québec devait récupérer les pouvoirs exclusifs dans une vingtaine de domaines ...  Ceci étant dit il est tout-à-fait exact de rappeler que ces grandes assises ont été fondatrices d'un néo-nationalisme plus québécois...

Et moi j'ajoute qu'on peut dire que ce fut la dernière manifestation du défunt "Canada français"!

Jean-Paul Desbiens dans "À l'heure qu'il est" p.344 au retour de sa participation au Colloque tenu en novembre 1997, à Ottawa, sur les États Généraux de la Francophonie 30 ans après (soit 1967) : "L'avenir de la francophonie".

"Je retiens deux impressions principales.  La première, c'est que les États Généraux de 1967 ont laissé, 30 ans plus tard, chez les francophones hors-Québec, un sentiment de rupture et de rejet de la part des francophones québecois...[....]"

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
avant-garde_quebec@egroups.fr
14 juin, 2000 12:20

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Comités et Commissions 4 : Pépin-Robarts

Je poursuis à la demande de M. Bertrand...!!!
Source: Allaire, Bélanger-Campeau et les autres"
par Alain G. Gagnon et Daniel Latouche.

Le Groupe de travail Pépin-Robarts fut institué par Trudeau en juillet 1977.

Deux ans avant le référendum du 20  ami 1980, la Commission de l'unité canadienne créée par Trudeau, avait parcouru le pays d'est en ouest.  Le rapport Pépin-Robarts fut déposé en février 1979.  Ce dernier entérinait le droit du Québec à l'autodétermination, et soutenait que la province devait avoir des compétences élargies puisqu'elle constituait "le château-fort du peuple canadien-français". Il prévoyait aussi que le pouvoir résiduaire serait attribué aux provinces et que celles-ci pourraient se retirer des programmes émanant du fédéral et recevoir une compensation fiscale.  En outre, les provinces se verraient confier la totale responsabilité de leurs minorités et des questions linguistiques.  Trudeau rejètera cela prouvant que l'exercice en était un gigantesque et coûteux.

Le rapport Pépin-Robarts réclame de donner plus de pouvoirs au Québec, notamment en matière de culture, de communications, de droit familial, de politique étrangère et d'imposition. Trudeau jette aux poubelles le rapport dès sa publication.

Le rapport de 1967 de la Commission Laurendeau-Dunton recommandait

que le Canada anglais accepte explicitement le droit des Québecois à l'autodétermination nationale et que des négociations soient entamées afin de recomposer le régime constitutionnel canadien de façon à accorder au Québec les pouvoirs spéciaux qui lui sont nécessaires pour protéger la nation québécoise et lui permettre de s'épanouir.  C'est ce que redira le rapport Pépin-Robarts en 1979 ...

Pépin-Robarts fut créée par Trudeau suite à l'élection du PQ.  Trudeau avait demandé de concevoir un scénario pouvant aider le fédéral dans " l'élaboration de moyens visant à renforcer l'unité canadienne"...  Son idée était sûrement d'encourager les commissaires à soumettre des propositions allant dans le sens d'une plus grande centralisation.  Or les recommandations ont été plus nuancées, ce qui n'a pas eu l'heur de plaire à Trudeau qui les a ignorées dans l'ensemble.

"Les pouvoirs de l'État sont répartis entre 2 ordres de gouvernement, à la fois souverains et associés sous une même constitution.  Ce système répond à la présence des deux peuples fondateurs"... vol.1, PR, p.149.

En ce sens la Commission marche dans le sillon tracé par Laurendeau-Dunton.

Les commissaires ont cru bon de proposer la rédaction d'une nouvelle constitution dont le préambule confirmerait la reconnaissance historique des anglos et des francos, la contribution des autochtones, l'apport des autres communautés culturelles, la diversité des régions et la spécificité du Québec.

La Commission encourage l'application du principe de l'asymétrie dans l'exercice des compétences mais rappelle que toutes les provinces devraient bénéficier des mêmes avantages.  Cette recommandation vient confirmer le principe de l'égalité des provinces et atténuer la possibilité pour le Québec de se voir reconnaitre un statut particulier "de jure", tout au plus serait-il possible de lui reconnaître un statut particuier "de facto".

D'une société distincte, on passait à 10 en aplliquant une nouvelle notion, celle du "régionalisme"...

Les changements proposés consistaient à encourager l'établissement d'un fédéralisme asymétrique c.à.d. d'un fédéralisme capable de reconnaître les différences régionales et la spécificité des provinces...

"Le Québec est différent et devrait détenir les pouvoirs nécessaires à la préservation et au développement de son caractère distinct au sein d'un Canada viable. TOUTE SOLUTION POLITIQUE QUI NE  RÉPONDRAIT PAS À CETTE ATTENTE SIGNIFIERAIT L'ÉCLATEMENT DU CANADA".

Pépin-Robarts recommandait que chaque province assure par législation la protection de ses minorités ..."avec l'espoir que se développe, entre les provinces, un consensus sur un dénominateur commun qui serait éventuellement inscrit dans la constitution"....  donc possibilités d'ententes de réciprocité entre provinces ... Trudeau était absolument contre cela!!!

Pépin-Robarts recommandait plus de protection des droits individuels ...  C'est à peu près uniquement ce que retiendra Trudeau.

Le rapport fut mis aux tablettes p.c.q. pas assez centralisateur.  Même si la notion de société distincte accusait certains reculs par rapport aux revendications antérieures de la province, le document a dans l'ensemble été assez bien reçu.

Dans le rapport Pépin-Robarts, on y lit :

"L'analyse confirme en partie les allégations actuelles voulant que les dépenses du gouvernement central au Québec aient été consacrées surtout à des mesures de soutien de revenus et que la province ait perçu une part comparativement très faible des dépenses plus directement génératrices d'emplois"  -Pépin-Robarts,1979, p.80-

Claude Charron-April écrira sur ce forum : " Quant au rapport Pépin-Robarts, Trudeau l'avait commandé pour étudier les problèmes économiques du Canada. Il a pris la mauvaise décision de nommer un ancien Premier Ministre conservateur de l'Ontario (Robarts) comme co-président ....  et Solange Chaput-Rolland, une proche de Claude Ryan comme commissaire ...  On se souvient comment cette dernière a pleuré devant les incompréhensions des canadians face au Québec. Trudeau a "tabletté" le Rapport Pépin-Robarts p.c.q. le Canada anglais ne veut pas reconnaître une évidence : nous formons un peuple."...

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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14 juin, 2000 19:55
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Comités et Commissions 4: intervalle

Comme personne ne m'a garroché de cailloux (en tout cas..pas encore) et à l'invitation de M. Bertrand je poursuis, bien humblement, le survol en faisant une parenthèse.

Échec de la tentative de réforme Fulton-Favreau (1964).

De Laurendeau-Dunton, Trudeau ne retiendra que la partie "bilinguisme" et rejètera le morceau essentiel : BICULTURALISME.

Échec d'une nouvelle tentative de réforme à Victoria (1971) que Bourassa fut près d'accepter.

De Pépin-Robarts, Trudeau ne retient que la question des droits de la personne ...  Puis le discours de Trudeau à Paul-Sauvé du 14 mai 1980, "la nuit des longs coûteaux", finalement quel beau spectacle : "Pierre Trudeau, Jean Chrétien et André Ouellet signant la constitution du Canada, orpheline du Québec, sur la pelouse du Parlement le 17 avril 1982 (?) "  (citation de moi,de mémoire, d'un texte de Lucien Bouchard dans son autobiographie).

Au cours des ans, le PLQ essaie, en vain, toutes sortes de salade du statut particulier de Jean Lesage et Gérin-Lajoie à la souveraineté culturelle de Robert Bourassa, en passant par la nouvelle fédération canadienne de Claude Ryan et son Livre Beige.  Finalement, ça y est : les cinq conditions minimales de l'accord du lac Meech de Bourassa !

On connaît le dénouement : l'accord de Meech est demeuré au fond du lac du même nom!  Avant de continuer avec la Commission Bélanger-Campeau, le Comité Allaire puis la Commission Spicer, voici les 11 engagements de Bourassa (dans l'aprés Meech...23 juin 1990)  retrouvés dans "Bourassa 1991-1992"  par J.F.Lisée:

Les 11 dégagements de Bourassa :

1-Négocier dorénavant à deux (2) et "jamais" à onze : 23 juin 1990, Salon rouge, réaffirmé en mars 1991, puis en mars 1992.

2-Nécessité de redéfinir le statut politique du Québec : Loi instituant la commission Bélanger-Campeau, 4 sept 1990.

2 bis-  Obligation de résultat : présentation du rapport Allaire, 29 janvier 1991.

3-Le statut quo est la pire solution pour le Québec : Discours d'ouverture, congrès Libéral de mars 1991.

4-Organiser un référendum sur la souveraineté, au plus tard le 26 octobre 1992 : rapport Bélanger-Campeau, 29 mars 1991; loi 150, le 15 mai 1991.

5-Seule une offre liant formellement le gouvernement du Canada et les provinces pourra être examinée: idem.

6-Réforme en profondeur, sinon, souveraineté : Addenda Bourassa-Rémillard, rapport Bélanger-Campeau, mars 1991.

6 bis- Dans ce cas, la pleine souveraineté, toutes les lois, tous les impôts : rapport Bélanger-Campeau, 29 mars 1991; loi 150, 15 mai 1991.

7-La réforme doit être fondamentale, en profondeur, pas une réformette" : entrevue au Soleil, septembre 1991.

8-Ne rien décider avant d'avoir vu les textes juridiques : 25 octobre 1991, Iles-de-la-Madeleine.

9-Ne pas organiser de référendum sans être sûr de le gagner : Conseil général du PLQ, mars 1992.

10-Trois conditions à satisfaire avant de négocier à 17 : mi-juillet 1992.

11-En cas de rejet de Charlottetown, rediscuter de souveraineté : Congrès Libéral, 29 août 1992.
 

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
avant-garde_quebec@egroups.fr
15 juin, 2000 11:24

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Comités et Commissions 5: Allaire

Lisée :"Dumont et Allaire se lanceront dans une curieuse aventure politique, contredisant à demi leurs positions d'hier sur la souverianeté ...  pour mieux se positionner entre le PQ et le PLQ" entre fédéralisme et souveraineté".

Allaire était président de la Commission juridique du PLQ propulsé président du Comité constitutionnel du parti en avril 1990,il présidera le "Comité Allaire".

Formellement intitulé "Un Québec libre de ses choix", le rapport  du Comité Allaire, adopté par une immense majorité au congrès Libéral de mars 1991, stipule qu'à moins de la mise en oeuvre d'une réforme en profondeur du fédéralisme tel qu'exposé dans ses pages, le gouvernement Libéral devra proposer avant la fin de l'automne 1992  "l'accès du Québec au statut d'État souverain", et que ce Québec offre au reste du Canada une union économique gérée par "des institutions de nature confédérales".

Le rapport Allaire, qui est un manifeste souverainiste tronqué, propose une impossible réforme du Canada.

Pour comprendre la position de Dumont, il faut se situer dans l'après Meech du PLQ sous Bourassa ... "Si on ne s'engage pas dans la voie de la souveraineté, on va vivre 10 ans de médiocrité" -Pierre Anctil, Directeur Général du Parti Libéral sous Bourassa, été 1990.

Bourassa avait pris deux engagements solennels après l'échec de Meech :  le 23 juin 1990, dorénavant on négociera à deux et non à 11  ...  Le 4 septembre 1990, il fait adopter la Loi instituant la Commission Bélanger Campeau " relativement à la nécessité de redéfinir le statut politique du Québec ... Il forme un Comité du PLQ pour redéfinir la position constitutionnelle du parti :  Comité Allaire de 16 membres ...

Le 28 décembre 1990, Pierre Anctil D.G. du PLQ fait rapport à Bourassa :  " La conclusion qu'on (Comité Allaire) tire de Meech est que la formule d'amendement de la constitution a fait ses preuves: elle est bloquée et incontournable".

Mario Dumont faisait alors parti de la Commission Jeunesse du PLQ dont le président, Michel Bissonnette, avait dit, cet été là, : "La Commission Jeunesse est maintenant le premier groupe souverainiste à l'intérieur du PLQ"...

Les 10-11 novembre 1990, les membres du Comité Allaire votent pour que le PLQ opte pour la souveraineté avec Confédération sur le modèle européen.  Il y a deux absents, 11 pour, 2 contre, 1 abstention.  N.B.  Fernand Lalonde ex-ministre et ami de Bourassa vote pour.

Début janvier 1991, le rapport commence à circuler dans le PLQ ...  Il y a un fort mouvement en faveur dans le PLQ (ministres, députés, membres).  Si Bourassa embarquait, ça passait.

Bourassa fait enlever la souveraineté (plan A) pour le plan B : rapatriement de 22 pouvoirs (mais il n'y croit pas) et référendum sur la souveraineté si ça marche pas au plus tard en octobre 1992.

Lorsque un an plus tard, Bourassa foulera aux pieds ses engagements et retournera négocier non pas seulement à onze mais à 17 (avec autochtones et les représentants des territoires qui demandent à devenir provinces) ...  il sera reçu comme un chien dans un jeu de quilles lorsqu'il sera question du rapport Allaire et du rapatriement des pouvoirs ...

Dans J.F.Lisée, p.373-374, en racontant à propos d'une rencontre de la caravane constitutionnelle le 21 août 1992 :  "Brian Mulroney met son poids dans la balance.  "Je dois vous dire ouvertement que cette position du Québec est complètement inacceptable.  C'est ni plus ni moins que la position de souveraireté-association envisagée par Allaire.  C'est completement aux antipodes de ce qu'il faut faire ...  Allaire, c'est rien qu'un fonctionnaire municipal de 3e ordre, et il va détruire la capacité qu'a le gouvernement du Canada d'agir en fonction des intérêts de tous les Canadiens ? ...  Ça ne vaut même pas la peine d'en discuter.   Allaire ne laisserait à Ottawa que la dette et la reine"...

Le rapport Allaire, adopté par une immense majorité de délégués au congrès Libéral de mars 1991 réclamait au chapitre des pouvoirs :  le retrait du fédéral de 11 secteurs de compétence provinciale (affaires sociales, affaires urbaines, culture, éducation, habitation, loisirs et sports, politique familiale, politique de main d'oeuvre, ressources naturelles, santé, tourisme) et l'obtention d'une "pleine souveraineté" dans 11 autres secteurs non spécifiquement attribués dans la
constitution (agriculture, assurance-chômage, communications, développement régional, énergie, environnement, industrie et commerce, langue, recherche et développement, sécurité publique, sécurité du revenu) ...

Finalement le Rapport Allaire, plan B, sera aussi refusé par le PLQ, en 1992, ...  Allaire et ses sympathisants, dont Mario Dumont, iront fonder l'ADQ ...

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
avant-garde_quebec@egroups.fr
16 juin, 2000 0:51
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 L'Après Meech

Si vous lisez les 11 engagements de Bourassa entre le 23 juin 1990 (échec de Meech) et octobre 1992 (référendum sur Charlottetown, vous serez d'accord sur les deux titres des "briques" écrites par J.F.Lisée : "Bourassa et les Québecois 1990-1991 Le Tricheur"  et "Bourassa et les Québecois 1991-1992 Le Naufrageur (je pense?)" ...  L'Histoire jugera Bourassa comme un "boulechitteur"... un bradeur !

J'adore Lisée le journaliste.  Lise Bissonnette à propos d'un précédent volume de Lisée, soit "Dans l'oeil de l'Aigle", écrivait :  "Lisée est presque une commission à lui tout seul".  J'endosse cette remarque.

Pour  bien comprendre Bélanger-Campeau, le Rapport du Comité Allaire, la Commission Spicer et le Comité Beaudoin-Dobbie ainsi que le référendum de Charlottetown ... il faut lire les deux "briques" de Lisée ...  C'est donc en me reférant à ces "briques" que je les présenterai ...

les 11 engagements de Bourassa (dans l'aprés Meech ... 23 juin 1990)

1- Négocier dorénavant à 2 et "jamais" à onze : 23 juin 1990,Salon rouge, réaffirmé en mars 1991, puis en mars 1992.

2-Nécessité de redéfinir le statut politique du Québec :  Loi instituant la commission Bélanger-Campeau, 4 sept 1990.

2 bis-Obligation de résultat : présentation du rapport Allaire, 29 janvier 1991.

3-Le statu quo est la pire solution pour le Québec : Discours d'ouverture, congrès Libéral de mars 1991.

4-Organiser un référendum sur la souveraineté, au plus tard le 26 octobre 1992 : rapport Bélanger-Campeau, 29 mars 1991; loi 150, le 15 mai 1991.

5-Seule une offre liant formellement le gouvernement du Canada et les provinces pourra être examinée : idem.

6-Réforme en profondeur, sinon, souveraineté : Addenda Bourassa-Rémillard, rapport Bélanger-Campeau, mars 1991.

6 bis- Dans ce cas, la pleine souveraineté, toutes les lois, tous les impôts : rapport Bélanger-Campeau, 29 mars 1991 ; loi 150, 15 mai 1991.

7- La réforme doit être fondamentale, en profondeur, pas une réformette" : entrevue au Soleil, septembre 1991.

8-Ne rien décider avant d'avoir vu les textes juridiques : 25 octobre 1991, Iles-de-la-Madeleine.

9-Ne pas organiser de référendum sans être sûr de le gagner : Conseil général du PLQ, mars 1992.

10-Trois conditions à satisfaire avant de négocier à 17 :  mi-juillet 1992.

11-En cas de rejet de Charlottetown, rediscuter de souveraineté :  Congrès Libéral, 29 août 1992.

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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15 juin, 2000 16:13

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Comités et Commissions 6 : Bélanger-Campeau

Informations tirées de "Robert Bourassa et les Québécois 1990-1991 Le Tricheur" par J.F.Lisée.

Donc une fois Meech coulé, Bourassa déclare : "Négocier dorénavant à deux et "jamais" à onze : 23 juin 1990, Salon rouge ... réaffirmé en mars 1991 ...".

Il crée en même temps le Comité Allaire du PLQ et la Commission Bélanger-Campeau au niveau du Québec : "Nécessité de redéfinir le statut politique du Québec : Loi instituant la Commission Bélanger-Campeau, 4 sept 1990.-

Bélanger-Campeau, je m'en rappelle comme si c'était hier, c'était l'euphorie au Québec.  L'unanimité était faite, et initiée par Bourassa, autour d'une Commission présidée par deux Québécois éminents comprenant des gens de tous les horizons politiques et socio-économiques et même des députés fédéraux (André Ouelllet du PLC et J.P. Hogue du PC et Lucien Bouchard BQ).  Parmi les membres de cette Commission s'y trouvent aussi notamment : Jacques Parizeau, Guy Chevrette, Louise Harel, Ghislain
Dufour, Guy Bélanger, Louis Laberge, Gérald Larose, Claude Béland, Marcel Beaudry ...etc... Tournées régionales ! Environ 500 mémoires ! Le Québec est en ébullition !

19 février 1991 : les deux co-présidents (Campeau souverainiste et Bélanger, fédéraliste) proposent que le Québec soit appelé, par référendum, à voter sur le principe de la souveraineté dès septembre 1991.

Souveraineté mise en vigueur que deux ans plus tard, le temps de réaliser les études et préparations nécessaires.  Si, dans l'intervalle, des offres de refonte du fédéralisme étaient formulées par le Canada anglais et que le Québec les considérait satisfaisantes, l'Assemblée Nationale pourrait alors les accepter et conserver le lien canadien.

Début mars (fin de semaine des 9-10 mars 1991) Bourassa règle le cas du Comité Allaire avec le plan B (qui est le programme de l'ADQ actuellement).  IL a évacué l'option souverainiste.  Une fois le Rapport Allaire adopté par le Congrès du PLQ,  il se sert de son adjoint politique Jean-Claude Rivest (aujourd'hui sénateur PC) pour manipuler Bélanger-Campeau.  Car Bourassa est membre de cette Commission, sans y assister la plupart du temps ... tout comme d'autres députés libéraux, dont Claude Ryan qui est presque toujours absent.

Finalement, le 29 mars 1991, la Commission propose la tenue d'un référendum sur la souveraineté au plus tard le 26 octobre 1992 (Bourassa vient d'obteninr un délai d'un an par rapport à ce que proposaient les co-présidents en janvier).

La Commission statue que seule une offre liant formellement le gouvernement du Canada et les provinces pourra être examinée.  Réforme en profondeur sinon souveraineté.- En addenda au rapport de Bélanger-Campeau, on y trouve une lettre de Bourassa et de Gil Rémillard (Ministre des Affaires gouvernementales du Qc) :  Réforme en profondeur, sinon, souveraineté.

Le 15 mai 1991, l'Assemblée Nationale vote la loi 150 consécutive aux recommandations de Bélanger-Campeau.

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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18 juin, 2000 19:36
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Comités et Commissions 6 : Charlottetown



"Bourassa ne fait pas ce qu'il dit et ne dit pas ce qu'il  fait"- Jacques Parizeau-

Pour bien compléter le tableau de Bélanger-Campeau et du Rapport Allaire, il faut se rendre jusqu'au référendum de Chalottetown.

Donc Bourassa parvient à faire troquer, par le Comité Allaire du PLQ, le rapatriement de 22 pouvoirs au lieu de la souveraineté et fait adopter cela par un Congrès du PLQ début mars 1991.

Il parvient à faire reculer d'un an l'échéance d'un référendum sur la souveraineté ... par la Commission Bélanger-Campeau.  Il gagne du temps !

N.B. En addenda au rapport Bélanger-Campeau (fin mars 1991), Bourassa écrivait :  "Deux avenues doivent être considérées parallèlement dans les discussions et les décisions qui seront prises touchant l'avenir politique et constitutionnel du Québec : un réaménagement en profondeur du système fédéral actuel ou la souveraineté du Québec.  Les autres solutions ne sauraient répondre aux besoins et aux aspirations de la société québécoise".

Lorsque reprirent les négociations constitutionnelles, en 1991 hors Québec, on opta pour une démarche ouverte, démocratique et publique.  La démarche fut longue et épuisante. Un Comité (Beaudoin-Dobbie) conjoint du Sénat de la Chambre parcourut le pays, entendit 700 personnes et reçut 3000 mémoires ; des conférences télévisées furent organisées dans 6 villes; on tint d'innombrables rencontres multilatérales, sans compter les discussions interminables entre délégations de chaque groupe, ainsi que des conversations téléphoniques avec Bourassa et son entourage. Il y eut en sus la Commission Spicer.

Le 11 mars 1992, péquistes et libéraux vote une résolution désapprouvant le rapport Beaudoin-Dobbie (commission parlementaire sur Charlottetown)

La loi 150 prévoyait que le Canada devait faire une proposition de fédéralisme renouvelé avant octobre 1992, sinon il y aurait un référendum sur la souveraineté.

Le 8 juillet 1992, les 9 Premiers Ministres anglophones annoncèrent qu'un accord avait été conclus ...

Durant la saga de Charlottetown, Joe Clark le ministre responsable du dossier "se met à téléphoner (début 1992) dans les capitales provinciales, pour tester la réaction des premiers ministres à l'idée d'un fédéralisme asymétrique pour accomoder le Québec. J'ai parlé même aux chefs de l'opposition des provinces, chefs du NPD, chefs libéraux, chefs conservateurs." Que pensez-vous de l'asymétrie? leur
demanda-t-il.  Pourriez-vous l'acheter ?".- "Je ne peux pas acheter ça, lui répond-on.  "J'ai appelé et appelé, raconte Clark, et JE N'AI PU TROUVER UN SEUL ÉLU OÙ QUE CE SOIT, même un chef de l'opposition, même un leader d'un tiers parti, qui pense sérieusement que l'asymétrie puisse être acceptée par une seule assemblée législative provinciale au pays".

Le Canada à deux vitesses, conclut-il, n'est pas viable".  Fin de l'embellie.

Une fois le rapport Beaudoin-Dobbie déposé, commence, en mars 92, une autre ronde : la caravane constitutionnelle composée de 16 wagons : le fédéral, les neuf provinces anglophones, Ovide Mercredi représentant les Indiens dans les réserves, une représentante des Inuit, un représentant des Métis, un représentant des Indiens hors réserve.  Le Québec y délègue deux observateurs :  Diane Wilhelmy sous-ministre aux affaires constitutionnelles et André Tremblay le conseiller constitutionnel de Bourassa.

Le 7 juillet, une entente intervient dans la caravane constitutionnelle.  Les grands gagnants : les autochtones qui, notamment y sont reconnus comme peuple avec pouvoirs.  Quant au Québec, sa place est réduite (dans le Sénat triple Élus, Égaux, Efficaces = nombre égaux de sénateurs par provinces pouvant jouer un rôle efficace et réel dans l'adoption de lois...).  En échange, on offre un "Meech moins" et quelques micro-pouvoirs.

À la une de "La Presse" dans les jours qui suivent le 7 juillet :  "Ce qu'il fallait craindre s'est produit.  Dans cette entente, on y trouve une vision qui est celle du Canada anglophone, fondée sur l'Égalité des provinces ; un contrôle accru des petites provinces sur le pouvoir central et, malgré les apparences, un raffermissement du pouvoir central.  Et puisque le partage des pouvoirs reste, pour l,essentiel, inchangé et que le pouvoir fédéral de dépenser est consacré :  on a regressé"  -Claude Castonguay-

"C'est aberrant.  Je crois profondément que le Québec doit être relié au Canada, mais dans un Canada qui nous apparaît n'avoir aucune compréhension de la vitalité, de l'essence même de ce Québec profond, dont on oublie de parler"  -Sénatrice Solange Chaput-Rolland-

L'entente du 7 juillet est décriée fortement au Québec sauf par Bourassa qui louvoie car il l'a acceptée en coulisses.  Les conservateurs québécois sont contre ... et même Mulroney qui ne pardonne pas à Clark d'avoir accordé le sénat triple E ... car Mulroney, lui, souhaitait un échec des négos pour imposer lui-même par après son projet à être soumis au référendum ...

Mais Bourassa est coincé lui qui avait juré de ne plus négocier à 11 ... y retourne le 4 août.  Finalement fin août, il reniera sa promesse de "Réforme en profondeur, sinon souveraineté (addenda
Bourassa-Rémillard, rapport Bélanger-Campeau, 29 mars 1991 en acceptant Charlottetown.

"Le dimanche 22 mars 1992, au Conseil général du PLQ, on assiste à la mort publique de la loi 150 (votée par le PLQ sans l'appui du PQ qui y voyait un traquenard) et à celles du rapport Bélanger-Campeau (signé par Bourassa) et du rapport Allaire (adopté par le PLQ un an auparavant).

Bourassa laisse voir qu'il pourrait aller en référendum avec des offres du Canada anglais ... (en reléguant aux oubliettes 150, Bélanger-Campeau et Allaire).

Quant au Québec, la société distincte inscrite était annulée par deux autres clauses : égalité des provinces ... et stipulait que "les Canadiens et leur gouvernement voient à la vitalité et au développement des
communautés de langue officielle partout au Canada"  (ce qui pouvait contrevenir à la loi 101)".

Question : "Acceptez-vous que la Constitution du Canada soit renouvelée sur la base de l'entente conclue le 28 août 1992 ?"  Au sortir de la rencontre de Charlottetown en août, on avait affirmé que la formulation juridique de l'Accord serait bientôt disponible, puis on remit cela à mi-campagne ...

NB.. Trudeau était contre Meech et contre Charlottetown, tout comme Manning et le Reform.

Le texte de l'Accord ne fut publié dans les journaux que le 3 octobre (référendum le 26 octobre) et la version définitive du document juridique ne fut pas prête avant la fin de semaine de l'Action de Grâce,  à peine deux semaines avant le référendum.  La version juridique ne fut publiée que 11 jours avant le vote.

Le 21 août, Bourassa avait accepté l'entente à l'édifice Pearson à Ottawa (un Meech à rabais). Bourassa revient à Québec et fait accepter le tout par ses ministres et son caucus sans texte.  Le mardi 25 août Mulroney envoie un texte de 9 pages aux premiers ministres : on interprète cela différemment selon qu'on est à Québec ou hors Québec.  Quelques jours plus tard, la caravane se retrouve à Charlottetown (lieu de la constitution de 1867) pour la signature finale de l'entente.  Comme l'entente du 21 août était on ne peut plus imprécise, les Premiers Ministres des neuf provinces anglophones reviennent avec de la grogne, ils veulent changer des clauses : Québec en a trop (imaginez!!!).  Bourassa s'écrasera encore ...

Le conseiller constitutionnel André Tremblay démoralisé appelle Wilhemy, le vendredi 28 août au soir, de sa chambre d'hôtel et téléphone en utilisant le cellulaire à 22h24. "Pendant 27 minutes, un magnétophone tourne à Québec".

L'entente de Charlottetown répudiait l'idée d'un Québec nation fondatrice, l'emprisonnait dans la doctrine de l'égalité des provinces et lui refusait toute forme de statut particulier ... net recul par rapport à Meech car la clause de société distincte n'était plus que
secondaire et sans valeur juridique ...

Résultats du référendum tenu le 26 octobre 1992, 75% des électeurs canadiens, 83% des électeurs québecois- vinrent voter.

Total pour le Canada :  55% non.... 45% oui
Québec: 57%   (56,6%) non
Alberta : 60%
N-Écosse  51% non
BC : 68% non
Manitoba    62% non
Sask 55% non

4 provinces OUI ;
Ontario par 12 000 voix
TN 63%
IPE 74%
NB 62%

Citation de J. P. Desbiens dans Journal d'un homme farouche le 27 octobre 92, le lendemain des résultats : "La classe politique est désavouée. Car enfin, ce sont les 11 premiers ministres, les trois ou 4 représentants des autochtones et Inuit (plus les 2 territoires), qui ont concocté l'entente, après plus de deux ans de brassage, de sondages, de réunions de toutes sortes à travers le pays ... Quant aux autochtones, ils avaient paru les grands gagnants de l'entente ; les résultats d'hier les renvoient dans les limbes politiques.  Chez eux aussi, on mesure le désaveu de la classe politique.  Ovide Mercredi a été propulsé artificiellement au rang d'un premier ministre.  C'est le 13e invité".

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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19 juin, 2000 8:19
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Comités et Commissions 6 : Charlottetown

Pierre Grandchamp a analysé:

> Citation de J. P. Desbiens dans Journal d'un homme farouche le 27 octobre 92, le lendemain des résultats :  "La classe politique est désavouée. Car enfin, ce sont les 11 premiers ministres, les trois ou 4 représentants des autochtones et Inuit (plus les 2 territoires), qui ont concocté l'entente, après plus de 2 ans de brassage, de sondages, de réunions de toutes sortes à travers le pays ...

JMR:  (Jean-Marc Rioux)

Je remercie beaucoup, Pierre Grandchamp, pour sa rétropective, de notre histoire constitutionnelle depuis les années 60.  Comme historien, je n'ai rien à ajouter ou à soustraire, sinon que la vision canadian l'a toujours emporté depuis 1837.  Des simulacres de commissions, le Canada en a connu à la tonne bien avant celles-ci: et toujours, dans des circonstances d'affrontement entre les deux peuples, Le NON au Québec ou aux francophones l'a emporté.  En 1885, dans les jours précédents la pendaison de Louis Riel :  John Macdonald, fondateur de la Constitution de 1867 a démontré son vrai visage : "Il sera pendu, même si tous les chiens du Québec aboyaient en sa faveur !" Et la décision fut prise.

(rf: Louis Riel, héros ou rebelle, page 177, Salagnac, 1971)

Même chose en 92, sauf dans les Maritimes, et un peu en Ontario, le canada anglais, sans comité du Non structuré dans la plupart des provinces a dit NON à moins que Meech, et a bafoué ses élites bien
pensantes ainsi ses élites politiciennes.  Par conséquent, il n'y a rien de changé depuis un siécle et plus et rien ne changera dans leurs perceptions et attitudes.

C'est à nous de décider de notre sort maintenant et non aux autres à le déterminer.

Le statu-quo est maintenant inadmissible tout comme il l'était pour nos ancêtres patriotes de 1837-38 .., car il signifie plus que jamais le génocide en douce de notre Nation.

Finies les folies, les pseudos négos ! Même Bouchard n'en veut pas à travers toutes ses valses hésitations, son provincialisme puant et son immobilisme qui piétine ses militants (es) sincères.

Comme M. Hogan et d'autres participants de cette liste, je crois qu'il faut tourner une certaine page d'ici un an ou deux.  Ce sera douleureux, mais il faut le faire.  Il faut reconstituer une base et une offensive indépendantiste au Québec qui inclueraient un projet souple de Société Nouvelle pour tous les Québécois (es) avec eux et avec elles et surtout, une Constitution moderne pour un peuple ouvert aux autres peuples et à la modernité sans rupture avec ses traditions, sa langue, et sa culture.

Nos vieux politiciens ont échoué tant libéraux que péquistes ou unionistes, car ils étaient trop friands des 'combines' soit disant rassembleuses. pq ils étaient trop peureux, trop 'colonisés' ou trop inféodés aux vils espoirs de la partie adverse, trompés, manipulés ou
soumis à des interêts de parti, à des collusions in vitro, aux échappatoires, ou au manque de colonne vertébrale.  Depuis 1837, nous n'avons plus le sens de la Grande Politique au Québec, à part les débuts de la Révolution Tranquille.  C'est la petite politique merdeuse anti-démocratique, sans horizons et sans convictions qui est la source de nos déboires.

Il est grand temps que cela change !

Il est plus que tant, d'amorcer de nouvelles stratégies mobilisatrices comme Gandhi l'a fait aux Indes, sinon nos jeunes radicaux n'attendront plus et la radicalisation va se nourrir d'elle-même.

Jean Marc Rioux
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19 juin, 2000 14:24
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Comités et Commissions 7 : Spicer

Le texte sur Charlottetown et celui-ci est bâsé sur "Bourassa 1991-1992 Le Naufrageur" par Lisée ainsi que sur "Des comptes à rendre" par J. Frederick Conway.

Parallèlement au Comité conjoint Beaudoin-Dobbie, la Commission Spicer se livrait à une orgie de dépenses qui coûta plus de 22 millions de $$$ ...  On constitua le "Forum des citoyens" : Instrument de consultation populaire hors normes.  Le Forum a sillonné le pays, multiplié les lignes ouvertes, écouté les jeunes et les vieux, dépensé beaucoup d'argent.  Sa conclusion, remise à la fin de juin 1991, était limpide :

Pour la plupart des participants, ailleurs qu'au Québec, il ne faut pas acheter le maintien de la Province dans la Confédération au prix de la destruction ou de l'atteinte à ce qu'ils chérissent le plus, et surtout pas au prix du sacrifice de l'égalité individuelle ou provinciale"...

En novembre 1990, résumant les travaux de sommités intellectuelles et constitutionnelles réunies par l'Institut C.D.-Howe, un politicologue de Toronto, Richard Simeon, décrivait ainsi le dilemne canadien : "La plupart des Québecois abordent les options disponibles dans un sens opposé à celui des non-Québécois.  Les options favorisées par le Québec semblent se situer quelque part entre le fédéralisme asymétrique et la souveraineté avec ou sans association.   L'opinion prédominante dans le reste du Canada est hostile à ces deux options.  Au contraire, le reste du Canada se concentre surtout sur UN STATU QUO légèrement modifié ou sur une dose limitée de décentralisation ou de compétences."

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
avant-garde_quebec@egroups.fr
19 juin, 2000 8:27

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Meech : 1ère partie

Aux sources de références citées dans message précédent, s'ajoutent: "À visage découvert" de Lucien Bouchard (autobiographie) et l'excellent site internet "Chronologie de l'histoire du Québec" de Claude Routhier http://pages.infinit.net/histoire/

Mulroney s'était engagé lors de l'élection de 1984, dans son célèbre discours de Sept-Îles, à réintégrer le Québec dans la famille constitutionnelle, dans l'honneur et l'enthousiasme (discours écrit, dit-on, par son ami Lucien Bouchard) ...

En mai 1986, Gil Rémillard (Ministre des Affaires intergouvernementales sous Bourassa) avait énoncé, lors d'une conférence au Mont Gabriel, les cinq conditions minimales du PLQ (programme du PLQ) ... qui est devenu un compromis le 3 juin 1987 (Accord de Meech) et s'est transformé en capitulation le 9 juin
1990 à Ottawa.  Les Premiers Ministres provinciaux lors de leur réunion d'août 1986 à Edmonton s'entendirent pour que la 1ère ronde de négociations soit exclusivement celle du Québec.  Les 5 conditions de Bourassa étaient un strict minimum.

Ces cinq conditions « minimales » (fondamentales)  étaient :
1. Reconnaissance du Québec comme société distincte;
2.Droit de veto sur tout changement à la Constitution;  3.Garanties concernant la nomination de juges québécois à la Cour suprême du Canada (un tiers des juges doivent être québécois);
4.Garanties aux provinces refusant de participer à des programmes fédéraux de recevoir des compensations
financières (Le Devoir parle de la « limitation du pouvoir de dépenser d’Ottawa ».
5.Prise en charge complète par le Québec de l’immigration sur son territoire.

N.B. Au Mont Gabriel en 1986, une 6e condition était comprise : l'amélioration de la situation des FHQ.  Cette proposition fut rejetée à cause de l'opposition de certains p.m. de l'Ouest.

30 avril 1987
Conférence au lac Meech à l’issue de laquelle le Québec, le gouvernement fédéral et les autres gouvernement provinciaux s’entendent sur un accord de principe en vue d’« assurer la participation pleine et entière du Québec à l’évolution constitutionnelle du Canada ».

9 mai 1987
Brian Mulroney ainsi que les premiers ministres de toutes les provinces engagent des pourparlers visant à dégager un consensus respectant les cinq conditions minimales du Québec : négociations qui aboutiront à l’Accord du lac Meech.

3 juin 1987
Accord du lac Meech intervenu après un marathon de négociations de 20 heures.  L’entente unanime octroie au Québec ses cinq revendications traditionnelles.  Le Parlement fédéral et tous les parlements provinciaux doivent, pour qu’il fasse force de loi, entériner cet accord avant le 23 juin 1990.

Il faut souligner que selon l'Accord du 3 juin, les 5 conditions minimales de Bourassa avaient du plomb dans l'aile. Elles étaient limitées au niveau de l'immigration, du pouvoir fédéral de dépenser, du droit de veto et de la société distincte.  (Il serait trop long de détailler).

Dès le mois de mai 1987, Trudeau attache le grelot et se déchaîne contre l'accord de principe du 30 avril.  Il déclare que Mulroney est devenu un premier ministre provincial ;  lesfemmes, les autochtones et d’autres personnalités protégés par la Constitution se sentent exclus du nouvel accord.  Les Territoires du Nord-Ouest se plaignent qu’ils ne pourraient devenir une province sans l’accord unanime des provinces déjà existantes ... Déjà Meech est contesté !!!!!!
 

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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19 juin, 2000 14:27
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Meech : 2è partie

L'encre de l'Accord du 3 juin 1987 n'est pas encore sèche qu'on songe déjà à l'effacer!

En moins de deux ans, Trudeau publiera 2 livres anti-Meech.  Le premier en mai 1987 avant même que l'Accord soit ratifié.  Il multiplia les interventions.  Ce faisant, il amena des Premiers Ministres provinciaux à faire fi de leur promesse "d'examiner à titre prioritaire les conditions du Québec et de ne pas lier l'issue de cet examen à celui de leurs propres propositions constitutionnelles".

Au Québec, le mouvement était fort en faveur de Meech.  Le Soleil,édition du 11 juin 1987, titrait :  "Si le PQ devenait superflu!"   Cependant au Canada anglais on en faisait une lecture fort différente. D'ailleurs Meech était loin de respecter le concept des deux nations.

Au cours de l'été 1987, un Comité mixte spécial du Sénat et des Communes fit ressortir qu'il y avait au Canada anglais une vive opposition à cet Accord ...

Des groupes de femmes, d'autochtones, de communautés culturelles, les FHQ (ils se rallieront sur le tard) Alliance Québec s'opposeront à l'Accord.

La principale faiblesse de l'Accord, celle qui devait s'avérer son talon d'Achille, était l'ambiguité volontairement entretenue par les politiciens quant à portée de la reconnaissance de la "spécifité du
Québec".  Pour les souverainistes, Meech ne reconnaissait pas le caractère français du Québec.  Pour les trudeauistes, Meech accordait un traitement de faveur au Québec et allait mener le pays à la balkanisation et l'anarchie.  Pour les pro-Meech, il était question plus d'émotivité et des conséquences d'un échec.  Donc contenu ambigu !

Toutes les nations autochtones du Canada s'opposèrent farouchement au libellé de l'accord du lac Meech parce "qu'il enverrait aux calendes grecques une de leurs revendications les plus chères, soit le droit à l'autonomie gouvernementale, etc., etc." (...)

Quant au chef du PLC, John Turner après s'être opposé à l'Accord en avril 1987,  il finira par l'appuyer.  Le moment de vérité se présenta aux Communes lors du vote sur l'Accord aux Communes.  Le quart des députés libéraux votèrent contre ... Faisant fi de la position officielle du parti, les sénateurs libéraux, presque tous nommés par Trudeau, refuseront d'entériner l'Accord.

Élu en octobre 1987 en s'affichant clairement anti-Meech et en en faisant un de ses thèmes dans sa campagne électorale (notamment contre le droit de retrait) arrive Frank McKenna au  Nouveau-Brunswick. Donc McKenna ouvrit le bal en étant le premier chef de gouvernement à rejeter l'Accord et à renier la signature de son prédécesseur.  Il se ralliera plus tard ... mais trop tard ... et le regrettera amèrement ... McKenna traînera toute sa vie son erreur magistrale !

Une fois élu, McKenna s'est joint à Alliance Québec et à un  fort mouvement de contestation dans tout le Canada anglais contre la reconnaissance de la "société distincte" et le "droit de retrait" ...

McKenna exigea des amendements importants, y compris l'assurance que l'aide fédérale aux provinces défavorisées ne serait pas touchée, une reconnaissance constitutionnelle du bilinguisme au NB, un rôle de promotion de la dualité par le fédéral et certaines garanties constitutionnelles pour les femmes et les autochtones.

Alliance Québec embarqua dans la galère avec son président Eric Maldoff (qui était, en 1998 conseiller politique de Jean Charest ... j'ignore s'il l'est encore), en exploitant évidemment les préjugés de la population.  On déclame les plaintes des anglo-québecois concernant leur prétendue persécution.  Tout cela permet à de nombreux
extrémistes anti-francophones et anti-québécois de "prendre le plancher".

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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19 juin, 2000 18:51
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Meech : 2è partie

Il nous faut bien le constater, ce ne sont pas les occasions qui ont manquées pour permettre au Reste du Canada de savoir ce qui se passait au Québec, sa mentalité, ses aspirations.

Ne faut-il pas s'en rendre compte, nos politiciens, élus par le Québec et devenus membres d'un Parti politique au Fédéral, exceptions faites des élus du Bloc Québécois et, pour une bonne partie, des élus avec
le Crédit Social, tous se sont ralliés à la vision "Rest of Canada" way of life.

Il est certain qu'André Laurendeau, avec sa Commission BB n'a pas permis de se laisser acheter par les seules vues CANADIANS de ce Rest of Canada.

Imaginez tous ces efforts depuis le début de la Confédération, comme nous le fait remarquer Jean-Marc Rioux, et nous voyons encore un Parti Libéral du Québec sous Jean Charest imaginer, que lui, il pourrait faire changer le  Rest of Canada.

Ou encore, les quelque 20 pouvoirs réclamés par Mario Dumont et son équipe, pourraient faire changer le  Rest of Canada.

L'Union Sociale, C-20 sont venus cristalliser davantage l'Option telle que vue par le Rest of Canada.

Le Québec ne fait pas partie de ce Rest of Canada.  N'est-ce pas ce qu'il nous faudrait dire et redire sous tous les tons ?  Le Québec existe pour lui-même et par lui-même en dehors de la réalité Rest of Canada !

Pour quiconque veut comprendre le cheminement du Québec, il me semble que vous avez fait une démonstration on ne peut plus claire que le Québec se doit de se prendre en main et de cheminer pour
lui-même et par lui-même.

Dès qu'il me sera possible, je monterai une page regroupant l'ensemble de vos textes relatant la petite histoire des Commissions d'enquête et les positions, et les contradictions, et les entourloupettes de nos élus CANADIANS.

Il me semble que les journalistes ont de quoi à lire et à méditer.

Vouloir nous faire accroire que tous ces antécédants seraient à rejeter, pour que l'on puisse recommencer à neuf, c'est jouer le jeu du Rest of Canada qui a vu le Québec sortir de chacune de ses étapes, toujours moins bien servis et moins considérés par ce même Rest of Canada.

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
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19 juin, 2000 20:31
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Meech : 3è partie

Donc Mckenna au Nouveau-Brunswick avait ouvert le bal de l'opposition à Meech.

Le 26 avril 1988, Gary Filmon prenait le pouvoir au Manitoba avec un gouvernement PC minoritaire.  Le NPD dont le chef Howard Pawley avait appuyé l'Accord se retrouvait en 3e place avec Gary Doer.  Sharon Carstairs chef des Libéraux (et une trudeauiste pure laine) et Doer encouragés par une opinion manitobaine fortement défavorable à l'Accord, et aiguillonnés par l'opposition grandissante du PLC et du NDP national (la nouvelle chef du NDP était anti-Meech) rejetaient carrément Meech.  Minoritaire, Filmon cherchait un prétexte pour ne pas déposer l'Accord à la législature manitobaine.

L'occasion lui fut fournie lorsque le gouvernement Bourassa décida de se soustraire au jugement de la Cour Suprême invoquant la claude "nonobstant".

Le 19 décembre 1988,  La Cour suprême déclare illégales certaines dispositions de la loi 101 et oblige donc le gouvernement québécois à trancher en matière linguistique ;  « Le français peut être prépondérant dans l’affichage commercial, mais on ne peut interdire l’usage d’une autre langue »  Robert Bourassa et Claude Ryan élaborent un compromis astucieux en ayant recours à la clause nonobstant : la loi 178 stipule que l’affichage commercial doit être en français à l’extérieur mais autorise l’affichage bilingue à l’intérieur des commerces à la condition que le français soit nettement prédominant.  Le premier ministre de l’Ontario, David Peterson, déclara plus tard que de s’en remettre à la clause nonobstant équivalait  à un « pieu enfoncé dans le cœur de l’Accord du lac Meech » et que s’il avait eu plus confiance en l’opinion publique, il aurait peut-être sauvé l’accord.

Le lendemain, soit le 19 décembre 1988, la résolution d'appui à Meech fut retirée de l'agenda législatif manitobain.

Le 3 mars 1989, Filmon annonçait la création d'un comité tripartite de 7 membres avec mandat de convoquer des audiences publiques.  Plus de 300 personnes furent entendues dont les trois quarts étaient opposées.  Les propositions du groupe de travail proposèrent de nombreux amendements et des modifications majeures.

Le 20 avril 1989, Clyde Wells (trudeauiste pur) Wells est élu p.m. à TN.  Quelques heures après son élection, il se déchainait contre Meech.  Il canalisera et attisera les sentiments anti-francophones et anti-Québec à travers le pays.  Les sympathisants de Wells, qui devint très populaire, étaient peu sympathiques aux aspirations du Québec, s'opposaient à toute forme de protection de la langue française à l'intérieur et à l'extérieur du Québec, et approuvaient l'attitude de villes comme Sault-Ste-Marie et Thunder Bay dans leur unilinguisme anglais.

Et si Wells est allé au bout dans la saga Meech, c'est p.c.qu'il se savait fort de l'appui de la majorité des canadiens et qu'il se savait cautionné par le tandem Trudeau/Chrétien.

Pour obtenir l'échec de Meech, Trudeau et Chrétien auront été les alliés objectifs des forces les plus réactionnaires et les plus anti-francophones du pays.

L'élection fédérale de novembre 1988, sur le libre-échange, n'aide pas le Québec sur la question de Meech ...  Au Canada anglais, surtout en Ontario, il y eut du ressentiment profond à l'égard du Québec qui avait appuyé fortement le libre-échange ... et de nombreux sympathisants à la cause du Québec (société distincte de Meech) devinrent des opposants ...  Alors plusieurs Canadiens anglais trouvèrent que Meech était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase après le libre-échange et l'élection de Mulroney grâce à une forte députation du Québec en nombre.  L'appui du Québec et de Bourassa au libre-échange lors de l'élection fédérale du 21 novembre 1988, et le contrat d'entretien des F-18 octroyé à Bombardier plutôt qu'à une cie manitobaine allaient fournir au Canada anglais les premiers d'une longue série de prétextes pour s'opposer à cer accord ...  Y seront passés la réforme du Sénat, les femmes, les autochtones, les Anglo-Québécois, les FHQ, les communautés ethniques...etc...

On n'a qu'à se rappeler que le premier ministre manitobain Howard Pawley avertissait Bourassa que Meech risquait maintenant d'en écoper sérieusement à cause de son appui au libre-échange, reconnaissant du même coup que la majorité des députés des 3 partis provinciaux était de toute façon farouchement opposés à l'Accord  (Michel Vastel, Le Devoir 18-12-87 "Bourassa paiera cher son appui à Mulroney"). D'ailleurs Maurice Girard dans La Presse du 16-03-87 écrivait : "Pawley reconnaît qu'il existe un ressac anti-Québec dans l'Ouest".

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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19 juin, 2000 20:35
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Meech :4è partie

L'année 1988  avait vu l'arrivée d'un nouveau premier ministre (Filmon) d'un gouvernement minoritaire au Manitoba, l'élection fédérale sur le libre-échange, l'octroi des F-18 au Québec plutôt qu'au Manitoba.  En 1988, la Saskatchewan et l'Alberta se déclarent unilingues anglaises.

Et en décembre 1988 le jugement de la Cour Suprême sur la langue d'affichage qui amena le Québec à utiliser la clause "nonobstant" et la loi 178 ... et la réaction du Canada anglais qui fut à la fois hypocrite et sans commune mesure.  Ce fut l'hystérie collective au Canada anglais : l'incident de Brockville (drapeau du Qc brûlé par l'APEC), une quarantaine de municipalités imitent Sault-Ste-Marie et se déclarent unilingues...etc.

"Pour les politiciens, cela offrait un prétexte inespéré pour ressortir l'épouvantail de la société distincte.  Pendant que l'Alberta punissait le député Léo Piquette  pour avoir oser s'exprimer en français au Parlement provincial, que le Manitoba continuait de museler sa minorité francophone, que la Saskatchewan et l'Alberta confirmaient chacune son statut unilingue anglais (1988) , que la BC ne comptait en tout et partout qu'une poignée d'écoles françaises, on n'allait quand même pas hésiter à crier au scandale" -Pierre Fournier dans "Autopsie du lac Meech-

À l'élection provinciale au Qc 1989, ayant perdu trois ministres anglos et une partie de l'électorat anglophone,  Bourassa s'est montré plus nationaliste ... en paroles.  Il a joué la carte du nationalisme face au Canada anglais ... et la peur suite au séparatisme.  Mais, dans l'Accord de 1987, il avait demandé le minimum dans l'ambiguité la plus totale.

Quelques mois avant l'échéance fatale du 23 juin 1990, McKenna du Nouveau Brunswick se rendit compte que, contrairement aux certitudes exprimées par le tandem Trudeau/Chrétien, l'échec de Meech risquait de provoquer la dislocation du Canada.  Il constata que la boîte de Pandore qu'il avait ouverte avait permis à de nombreux extrémistes anti-francophones et  anti-Québecois de se faire valoir.  Il décida de participer à l'opération de sauvetage téléguidée par le fédéral.  Il accepta de déposer à la législature du Nouveau Brunswick une "résolution d'accompagnement" qui devait explorer les bases d'un compromis éventuel.

Cette résolution McKenna, de dilution de l'accord de 1987,  rajoutait une dizaine d'éléments dont le plus remarquable élargissait le rôle du fédéral par rapport à la dualité linguistique.  Alors que dans l'accord il devait uniquement la protéger, le projet de résolution
d'accompagnement lui assignait de plus l'obligation de la promouvoir (bilinguisme).

Le 20 mars 1990, Trudeau publie son livre "Lac meech,Trudeau parle".  Au même moment, la législature de Terreneuve débat le retrait de la ratification qu'elle a déjà votée.  Et le lendemain la résolution McKenna sort du chapeau.  Le 22 mars Mulroney salue "cette belle contribution au sauvetage de Meech" et la dépose le 23 mars au Parlement et la soumet à la consultation fédérale.  Il crée un Comité spécial de la Chambre, présidé par Jean Charest, qui tiendra des audiences et essaiera de récupérer l'Accord en péril à partir de la résolution McKenna ...

Le 5 avril 1990, l'Assemblée Nationale adoptait une résolution par laquelle péquistes et libéraux rejetaient la résolution McKenna et affirmaient l'inviolabilité de l'Accord déjà signé.  Deux jours plus tard, la législature de Terreneuve annule la ratification votée sous Peckford avant sa défaite devant Clyde Wells.

N.B. EN mars 1990, un sondage IQOP, fait au Qc, rapportait 67,5% de OUI à la question de 1980 ...

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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20 juin, 2000 7:13
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Meech : 5è partie

Trudeau fut le détonateur de l'échec de Meech ... et ... Chrétien le fossoyeur.

La fin de semaine du 23 juin 1990, date limite pour que Meech passe, coincidait avec la convention du PLC à Calgary.  Un des candidats, Paul Martin, appuyait Meech mais un autre candidat, Jean Chrétien, était plutôt anti-Meech.  Trudeau s'était rabattu sur Chrétien.  Il l'avait averti qu'il trouvait ses critiques du lac Meech trop modérées et lui faisait savoir que son appui n'était pas conditionnel (Michel Vastel dans " Trudeau le Québecois" ).  Les discours de Wells se lisaient comme de vraies copies des déclarations de Trudeau.

Au moment du Comité Charest, Chrétien entre "sous la couverte" dans le décor via Eric Maldoff, ex président d'Alliance Québec, qui fait la navette entre Charest et Chrétien.  On se souviendra que ce Maldoff, auparavant président d'Alliance Québec, avait fait des représentations auprès de McKenna afin que ce dernier s'oppose à meech.

Aujourd'hui, en l'an 2000, ce Éric Maldoff entre dans le bureau du premier ministre du Canada par la grande porte dès qu'il le souhaite.  Il y est en contact direct et privilégié avec le conseiller sénior de Chrétien ; Goldenberg, un autre Juif de Montréal.  Maldoff est,
présentement,  le principal conseiller du chef de l'Opposition à Québec.

Parviennent sur le bureau de Jean Charest les ordres de son patron d'Ottawa via la filière juive Goldenberg-Maldoff.  Il y a là l'application du principe des vases communiquants.

11 mai 1990, Lucien Bouchard, Ministre sous Mulroney, est sur le point de partir pour une réunion des Ministres de l'Environnement en Norvège.  Il est convoqué au bureau du greffier du Conseil exécutif, Paul Tellier, à la demande de Mulroney.  Bouchard écrit dans "À visage découvert" p.310-312 : "L'opposition à Meech venait des libéraux de Terre-Neuve, du Nouveau Brunswick et, indirectement, du Manitoba, où Mme Carstairs (chef des libéraux) paralysait le premier ministre Filmon minoritaire.  On ne pouvait désarmer ces récalcitrants s'ils n'avaient pas le feu vert de Jean Chrétien, leur chef éventuel.  La ratification passait donc par lui.  Conclusion :  le Premier ministre n'avait pas le choix, il devait obtenir l'appui de Jean Chrétien. Paul Tellier connaissait déjà le prix de l'alliance : l'enchâssement dans la constitution du rôle fédéral de promotion de la dualité linguistique".

Le 18 mai, sortait le rapport Charest. "Les députés ministériels s'étaient entendus avec leurs collègues libéraux et NPD sur au moins deux modifications essentielles à Meech : l'attribution au fédéral d'un
rôle de promotion de la dualité linguistique et la subordination à la Charte des droits, de la reconnaissance du caractère distinct de la société québécoise.  Plusieurs des 21 autres recommandations
constituaient des reculs pour le Québec, comme la création de nouvelles provinces sans l'accord du Québec et, en ce qui concerne la réforme du Sénat, le remplacement, après 3 ans, de la règle de l'unanimité par une formule de véto moins contraignante."

La décision d'accepter les recommandations de Mckenna comme base au Comité Charest fut une ultime maladresse de Mulroney.  Plusiers des recommandations du rapport Charest contredisaient la lettre du lac Meech.  Que Charest se soit prêté à cela relève de l'opportunisme politique.

"Un sondage Gallup typique révèle que, en mai 1990,
71% des Canadiens de Colombie-Britanique,
72% des Ontariens et des habitants des Prairies et
75% de ceux des provinces atlantiques
jugent l'accord du lac Meech "mauvais pour le Canada" ... et cela à cause de l'existence de la clause de "société distincte". -Robert Bourassa par J.F.Lisée-

Un sondage Gallup de mai 1990 indiquait que d'un bout à l'autre du Canada anglais plus des deux tiers de la population rejetaient l'accord de Meech ...  Dans la région de l'Atlantique, le pourcentage de rejet atteignait 75%.  S'ils n'avaient pu bénéficier d'un appui aussi
généreux, jamais les McKenna, Wells, Chrétien, Carstairs, Filmon et Harper n'auraient été en mesure d'offrir une telle résistance.  Ils n'étaient que la crête d'une vague de fond.

En fin de course, Jean Chrétien l'avait emporté sur les plus fidèles compagnons du Premier ministre qui, eux,  exigeaient l'intégralité de l'entente du 3 juin 1987 ... et Jean Charest se sera prêté à cette opération!!!!!

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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20 juin, 2000 22:08
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Meech: fin

Le 22 mai 1990
Lucien Bouchard, ministre au sein du cabinet fédéral, et d’autres députés québécois à la Chambre des communes, démissionnent. Ils déclarent ne pas pouvoir accepter une dilution des cinq conditions
minimales posées par le Québec pour réintégrer la Constitution canadienne.  Ils n'acceptent pas le Rapport Charest et encore moins le rôle joué en sous-mains par Jean Chrétien.

Le Bloc Québecois sera fondé quelques semaines plus tard !

Début juin 1990
Le Manitoba et Terre-Neuve n'ont toujours pas re-approuvée l'entente déjà signée ... puis reniée.  Mulroney décide de convoquer les premiers ministres provinciaux à une conférence de la dernière chance. Le piège tendu par Mulroney consistait à jeter sur la
table toutes les cartes pêle-mêle (rapport Charest), d'asseoir les joueurs tout autour, de fermer les portes et de garder là tout ce beau monde jusqu'à ce que règlement s'ensuive.  Le marathon durera du 4 au 9 juin.  Après des batailles à huis clos, un compromis fragile se dégage, au matin du 10 juin.  Bourassa y a bradé la légitimité morale et l'autorité historique de l'accord du 3 juin 1987.   Robert Bourassa en est revenu avec un brouillon incompréhensible ...

Bourassa avait décidé de se rendre à la conférence de la dernière chance à Ottawa malgré les conseils de plusieurs Québecois, il était coincé.  Il dut faire des concessions encore.  Le marathon d'Ottawa fut avant tout un spectacle médiatique.  On assista à des professions de foi patriotiques des p.m. (on vit même Bourassa et Mulroney chanter le O Canada avec coeur) ainsi qu'au volte-face de Mckenna qui tenta de faire oublier son erreur de calcul.  Aux petites heures du 10 juin 1990 au matin Bourassa déclara que "dorénavant, avec la ratification de l'Accord, pour tous les Québecois, le Canada sera un vrai pays".  Avec l'aide notamment des scénarios apocalyptiques et du commando Chrétien, on a réussi à obtenir l'adhésion du trio manitobain et à semer le doute chez Wells.

À son retour d'Ottawa, Bourassa déclare que "la fièvre nationaliste n'aura été qu'un feu de paille" ...  Mais il criera victoire trop vite (il fera de même à la conférence de la dernière chance de Charlottetown en 1992) ... car Terre-Neuve et le Manitoba reculeront de nouveau ...

Parmi les  raisons de l’échec, mentionnons le commentaire indiscret de Mulroney qu’ils avaient roulé les dés ; les sondages d’opinion indiquant une opposition solide des anglophones à l’égard de l’accord du lac Meech …

12 juin 1990
Le député néo-démocrate manitobain, l'autochtone Elijah Harper, utilise les règles de procédures pour bloquer le dépôt de ratification de l’Accord de lac Meech (version no 2).  Du jour au lendemain, le Canada anglais se trouve une passion pour la nation autochtone en utilisant Elijah Harper ...  On se sert d'une nation pour en dominer une autre ! Après avoir commis l'erreur de signer un accord dont personne ne voulait au Manitoba, le trio Filmon-Carstairs-Doer réussissait à sauver la face tandis que Wells pouvait en toute quiétude se soustraire à sa promesse de tenir un vote au parlement terre-neuvien ... et il évitait de se retrouver seul.

La presse canadienne-anglaise en général présente souvent, on le sait, un sentiment anti-Québec.  En décembre 1990, 37 des 98 directeurs de journaux canadiens hors québec choisiront Elijah Harper comme "Canadien de l'année" et de ce fait l'éliront "Canadien de l'année".   Et, à l'élection fédérale suivante, Harper quittera le NPD manitobain pour se présenter PLC, avec Chrétien, au fédéral.

22 juin 1990
À Terre-Neuve, Clyde Wells refuse de ratifier l’Accord et ajourne sine die les travaux du Parlement terre-neuvien. ...  "Une partie de l'appui à Clyde Wells vient de gens qui partagent ses critiques sur le fond de
l'Accord du lac Meech, mais la plupart de ses appuis viennent de gens qui ont adopté des prises de positions anti-francophones"  dit M. Hugh Windsor, "Wells was Lighting Rod forAnti-French Feeling Polls Show", The Globe and Mail, 10 juillet 1990.

22 juin 1990
Robert Bourassa déclare en chambre :

« Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. » .


Une autre déclaration faite pour la galerie ... à la Bourassa.

En épilogue, Jean Chrétien à Calgary, radieux, élu chef du parti libéral du Canada, le 23 juin 1990 au soir, tombant devant les caméras de la télé, dans les bras du Premier ministre de Terre-Neuve et lui payant son dû : "Thanks for all you've done, Clyde"  ...

Le 23 juin 1990, j'ai compris la citation de Mandela :  "On ne peut pas réformer un système oppressif. On ne peut que le rejeter" ...

Un Québecois (un ami virtuel à moi) ayant vécu à Calgary de 1989-1991, écrira : "On s'est servi d'un amérindien, Élijha Harper pour lui faire porter le chapeau.

Par la suite, les véritables acteurs de cet échec, se sont démasqués eux-mêmes : on a vu sous les caméras de télévision Jean Chrétien et Clyde Wells s'étreignant mutuellement, incapables de contenir leur joie d'avoir détruit un accord qui aurait pu réconcilier les deux peuples vivant dans ce beau grand pays.  Cette action vile a fait renaître le mouvement souverainiste de ses cendres.".

La "parade" de la St-Jean, à Montréal, avait lieu lundi le 25 juin, cette année-là ... je m'en souviens comme si c'était hier !   Je reproduis un extrait de Lisée (dans "Bourassa 1990-1991", p.39) : "Parade", le mot est faible. Ce qui se déplace, rue Sherbooke, en un long cortège bon enfant, le lundi 25 juin, est plus qu'un défilé.  Une forêt bleue.  Des milliers de drapeaux québécois flottant au vent.  En d'autres temps, on y aurait vu un défi.  Aujourd'hui, on y lit une prise de parole.  Sereine, certaine.  Une déclaration d'existence.  Pas de brassard noir, pas de veillée d'armes ...  On dirait un baptême ...  De la joie, Une libération.

La manifestation a un slogan thème :  "Notre vrai pays, c'est le Québec" ...  Le vouloir-vivre collectif, fondement de l'existence des nations est rarement visible à l'oeil nu.   Rue Sherbrooke, le 25 juin 1990, on ne voit que lui".

Le 3 juillet 1990:
Déclaration de Robert Bourassa :" Les Canadiens anglais ont laissé passer une chance incroyable. ...  On ne peut se fier à eux dans une négociation" ...  En effet, le Québec venait d'être "lâché" une 2e fois ("Nuit des longs coûteaux, 1981...).

"Jamais deux, sans trois", selon le dicton ! La 3e fois : à l'union sociale en 1999 ! Mais, en réalité, à Meech le Canada anglais a renié sa signature à deux reprises : celle du 3 juin 1987 pis celle du 10 juin 1990 !

Pierre Grandchamp
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21 juin, 2000 7:32
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Meech : fin

Un mot pour vous remercier de cette brique qu'est cette couverture pour nous décrire des éléments importants des diverses commissions d'enquête commandées, pour la plupart par des Québécois travaillant à Ottawa et par surcroît qui étaient des Premiers Ministres.

Sauf Lester-B. Pearson.  Et Trudeau n'avait-il pas
hâte de le voir disparaître ?

Que sont devenus les divers commissaires de ces différentes enquêtes ?

Ici au Québec, il y a le rapport Allaire de Jean Allaire co-fondateur de l'Action Démocratique et toujours actif et présent aux côtés de Mario Dumont.  Peut-on dire qu'il demeure fidèle des positions qu'il défendait lorsque faisant partie du Parti Libéral du Québec ?

Il y a Claude Ryan, le vénérable, qui a fait une prestation au Sénat dernièrement en regard de C-20.  Je n'ai rien lu à l'égard d'un document qu'il aurait transmis ou d'un échange verbal qui aurait eu lieu.  Quelqu'un en sait quelque chose ?

Il y a Claude Castonguay, sénateur.  Qu'est-ce qu'on peut en dire ?

Il y a Solange Chaput Rolland ?  Est-ce qu'on l'entend encore ?

Et les autres, du côté anglophone, sont-ils morts ?

Évidemment, peut-on passé à côté de Trudeau ?  Et Mc-Kenna, où se trouve-t-il ?  Et Clyde Wells ?  Et qui d'autres ?

Pour comprendre ce qui nous arrive, ne faut-il pas savoir où sont nos alliés et où se retrouvent nos pires fossoyeurs ?

Au plaisir de vous lire à nouveau.

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays
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21 juin, 2000 15:11
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Histoire politique récente

Deux personnages importants ont marqué notre Histoire politique récente.  D'abord Trudeau ! Comme l'écrit Lisée dans "Sortie de secours", c'est lui, à date qui a gagné ... et non Lévesque ! A date !

C'est Trudeau qui a refusé le "biculturalisme" de la Commission Laurendeau-Dunton et l'a remplacé par le multiculturalisme ! C'est Trudeau qui a accouché de la constitution de 1982 bafouant les droits collectifs des Québécois et Francophones hors Québec ... créant, en sus, la clause "nonobstant" pour les provinces anglophones (notamment la Saskatchewan) pour leur permmetre de se couvrir face aux FHQ.  Pis quand c'est le Québec qui se sert de "nonobstant", c'est l'enfer (à preuve décembre 1988 au moment de la loi 178).

C'est Trudeau qui fut le détonateur de l'échec de Meech et de celui de Charlottetown ! Quant à Chrétien, il ne fait que suivre le maître!!!

L'autre personnage qui sera jugé sévèrement par l'Histoire : Bourassa !  De Meech no 1 (3 juin 1987) à Meech no 2 (10 juin 1990) à Charlottetown (1992) ses réclamations allaient toujours en diminuant : "Bourassa le tricheur, le naufrageur, le bradeur"!!!

Il a trompé le Québec royalement avec le Comité Allaire pis Bélanger-Campeau ! Rappelons-nous ses onze engagements dont celui de ne jamais retourner négocier à onze !

Lisée raconte, à plusieurs reprises, que pendant qu'il prononçait des discours à saveur nationaliste au Québec, dans l'après Meech, il discutait régulièrement avec ses homologues provinciaux (notamment Peterson et Bob Rae) ... Ces derniers savaient que Bourassa accepterait n'importe quoi !  "Qui commence à négocier à genoux risque fort de terminer à plat ventre"  -Lucien Bouchard-

Pierre Grandchamp  http://pages.citenet.net/users/ctmx5332/
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22 juin, 2000 7:00

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Avons-nous une place dans le Canada ?

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