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Qui pleure
Claude Ryan ?

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Qui pleure Claude Ryan ?
Robert Bertrand
2004/03/06


J'ai regardé la grande rencontre de l'élite Québécoise à l'église Notre-Dame de Montréal lors des funérailles de Claude Ryan.
 
On en a connu d'autres cérémonies funèbres dans cette enceinte.  Je n'en désignerai aucune pour ne pas présenter une vulgaire comparaison.
 
Honnêtement, comment nous sentions nous, collectivement, personnellement tout au cours de cette cérémonie ?
 
Nous pouvions voir un cercueil couvert d'une gerbe de fleurs, des personnalités que la caméra allait chercher à l'occasion, un cérémonial bien digne, une musique sacrée pour les fins connaisseurs, tout ou presque nous sollicitait pour faire toute autre chose que de devoir rester à la télévision jusqu'à la toute fin et sentir une quelconque volonté d'être de ce cérémonial, d'être de ce groupe de personnes présentes !  On ne se reconnaissait pas dans les personnes présentes lors de cette cérémonie, qui était tout, sauf être de son temps !
 
Si on est resté à la télévision assez longtemps, n'était ce pas pour les uns qui espéraient encore entendre une prise de position claire (n'en avait-il pas pris une position claire lors de l'élection de 1976 ?), et pour les autres qui désespéraient de pouvoir entendre le Te Deum de la délivrance envers un Canada qui n'aura jamais rempli ses promesses ni de son vivant et encore moins, après sa mort !
 
Il n'y avait pas foule à l'entrée, et encore moins, à la sortie !  Est-ce un critère ?  Chose certaine, on ne s'identifiait pas ni personnellement, ni collectivement à ceux et celles qui étaient présents dans ces lieux.  Ça ne nous ressemblait pas, mais pas du tout !  Toute la cérémonie n'aura été qu'un faire-valoir désespérant autant pour les uns que pour les autres présents sur les lieux ou non !
 
Est-ce du mépris ?  Est-ce par tristesse d'entendre les mesquineries dites par certains membres de la famille ?  Pour les uns, cette cérémonie vécue était inodore, incolore, d'une médiocrité désarmante. Pour d'autres, cela aura été considéré comme un faste sans pareil !  Étrange cette dichotomie même après la mort !
 
Claude Ryan a défendu le camp du NON, c'était son strict droit.  Il a été du côté de Pierre-Elliot Trudeau, de Jean Chrétien qui l'accompagnaient sur plusieurs scènes, c'est encore de son strict droit.  Voilà le hic !  Claude Ryan aurait su, de vive voix, de la bouche de Pierre-Elliot Trudeau qui est allé le voir le matin du vote référendaire et qui lui aurait dit qu'il rapatrierait la constitution de Londres et Claude Ryan de lui signifier de n'en rien faire ! Il s'en serait montré personnellement frustré, nous dit-on maintenant, seul dans son coin, dans sa propre résidence, sans partage, sans communication claire à l'égard de la population à laquelle, lui, Chef du NON, s'était engagé, de pair avec ses associés du NON.
 
On suppute encore pour comprendre toute la hargne qui se dégageait de son discours victorieux le soir du NON.  Le ton, l'allure.  Ne fallait-il pas le dire, le proclamer dès qu'il a su, le matin du référendum ?  Claude Ryan a attendu le soir, après la connaissance des résultats.  Quelle tristesse!  Seul sur scène.  Il l'a mérité, il l'a vécu et il nous l'a fait subir sans remords partagé avec l'ensemble de la population du Québec.
 
Les Trudeau, les Chrétien ne sont pas là sur scène ce soir du NON !  Ils préparaient la suite des choses.  Ils l'avaient mis au courant de leurs projets.  Leurs promesses de leur camp du NON aux Québécois et aux Québécoises étaient bafouées, tronquées, redessinées comme s'il fallait se venger des Québécois et des Québécoises alors qu'ils venaient de se ranger de leur côté, en toute bonne foi. N'est-ce pas un peu curieux ce que peut nous présenter l'Histoire des faits ?
 
Homme intègre, homme responsable, homme de connaissance, de sagesse, de savoir, de parole, d'écrit, homme respecté par toute la gent des biens pensants du Québec et voilà qu'il accepte tout cela sans mot dire alors qu'il pouvait encore renverser la vapeur par une simple déclaration à la presse lui qui connaissait bien tous ses rouages et toute sa force.  Il avait le pouvoir de l'agir.  Il s'est tu, s'est renfrogné, vivant seul, vivant "sa vinaigrette!" et nous l'a fait sciemment et consciemment subir sans élever la voix. Quel homme superbe !  Quel grand homme !
 
Est-ce présomptueux de s'interroger à savoir s'il connaissait toutes les magouilles qui ont entouré l'élection référendaire et gagnée par si peu ?
 
Tout se sait ou tout finit par se savoir.
 
Près de dix ans après, qu'est-ce donc que nous apprenons encore aujourd'hui de toutes les fraudes qui ont pris place avec la conscience ou l'inconscience de tous ces faits ?  Pouvait-il, Claude Ryan, ne pas avoir certains soupçons, lui l'homme informé que l'on connaissait ?
 
On apprend tout ça, plus ou moins, après son départ.  Et il faudrait se taire ?  ou tout simplement formuler des louanges ?  Ne faudrait il pas maudire cet homme de peu de foi en les siens ?
 
Tout en étant respectueux, ne doit on pas mettre tout dans la balance lorsque l'on veut garder un souvenir, lorsque l'on retient les passages importants de son cheminement ?  Oui, il a eu son propre cheminement à lui !  Il a pris position pour le NON en collaborant avec des usurpateurs des droits fondamentaux du Québec et des Québécois.
 
Ne nous faites pas l'affront de croire le contraire ?
 
Pourquoi ne s'est-il pas fait, de tous les citoyens et citoyennes du Québec, des alliés de premiers plans pour défendre la cause du Québec ?  Pourquoi a t il préféré militer à l'intérieur d'un Parti politique qui a toujours défendu une réalité qui n'a jamais été la nôtre comme Peuple, comme Nation, comme Pays, comme État égal aux autres États sur le continent ?  Par grandeur d'âme ?  Par souci d'équité ?
 
Claude Ryan aurait écrit le communiqué pour déclarer l'état de sa maladie.  Il se savait à la fin de son périple.  Il a certainement déterminé qu'aucun drapeau vienne couvrir son cercueil.
 
Qu'est-ce à dire ?  Quelle signification voulait-il que l'on comprenne, que l'on voit à la face de tous les siens, du NON comme du OUI ?  Les louvoiements, en politique comme dans le privé, sont rarement valorisés par les décideurs !  On rejette dans le néant les hommes et leurs écrits lorsqu'ils ne sont pas à la hauteur de leurs responsabilités, le moment venu.
 
À la fin de ses jours, dans le temps qui lui restait, Claude Ryan a vu Trudeau manoeuvrer tout au long de sa carrière politique et après la politique.  Il ne peut et ne pouvait pas feindre l'ignorance.
 
Claude Ryan a vu Chrétien manoeuvrer tout au long de sa carrière politique ?  Tout ce qu'il a fait, toutes les lois, toutes les diversions, toutes les magouilles.  Il ne peut et ne pouvait pas feindre l'ignorance.
 
Les Québécois et les Québécoises savent placer dans leur coeur ceux qui ont su travailler pour la défense de leurs droits, de leur réalité, de leur Peuple et de leur Nation.  Les collaborateurs de toutes leurs manoeuvres, les Québécois et les Québécoises savent les reconnaître de leur vivant comme après leur mort !
 
Il faut montrer du repentir pour pardonner.  N'est-ce pas cela que nous avons appris depuis notre tendre enfance ?  Ne nous a-t-on pas appris, également : "les tièdes, je les vomirai de ma bouche?"
 
Qu'on nous prouve qu'il n'a pas eu ces moments de lâcheté incommensurables à l'égard du Peuple du Québec, de la Nation Québécoise et du Pays du Québec ?
 
Qu'il repose tristement en paix !
 
Robert Bertrand, citoyen,
Québec
http://membres.lycos.fr/quebecunpays/
 

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Texte original de Pierre Falardeau publié dans le journal Voir avec plusieurs réactions des lecteurs.  Au besoin, tout le monde peut ajouter des commentaires sur cette page encore active.   De tous les extrêmes, c'est ce que l'on peut lire.

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