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Quoi faire pour le Pays du Québec

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Appel à l'unité des Québécois
Premier Ministre du Québec Honoré Mercier
discours du 24 juin 1889

Extrait, du discours du 24 juin 1889, du Premier Ministre du Québec Honoré Mercier, il répond à des attaques par un appel à l'unité des Québécois :

Cette province de Québec est catholique et française, et elle restera catholique et française. Tout en protestant de notre respect et de notre amitié pour les représentants des autres races ou d'autres religion, tout en nous déclarant prêts à leur donner leur part légitime en tout et partout, (…)

Nous déclarons solennellement que nous ne renoncerons jamais aux droits qui nous sont garantis par les traités, par la loi et la constitution, (…)

Nous ne sommes pas aussi forts que nous devrions l'être parce que nous sommes divisés. Et nous sommes divisés parce que nous ne comprenons pas les dangers de la situation. Nos ennemis sont unis dans leur haine de la Patrie française ; et nous, nos sommes divisés dans notre amour de cette chère patrie. (…)

Que votre cri de ralliement soit à l'avenir ces mots qui seront notre force : Cessons nos luttes fratricides et unissons-nous .
 
 

Discours prononcé le 4 avril 1893,
à Montréal,
un discours aussi magnifique
que prémonitoire :

Quand je dis que nous ne devons rien à l'Angleterre, je parle au point de vue politique car je suis convaincu, et je mourrai avec cette conviction, que l'union du Haut et du Bas Canada ainsi que la Confédération nous ont été imposées dans un but hostile à l'élément français et avec l'espérance de le faire disparaître dans un avenir plus ou moins éloigné.

J'ai voulu (…) vous démontrer ce que pouvait être notre patrie. J'ai fait mon possible pour vous ouvrir de nouveaux horizons et, en vous les faisant entrevoir, pousser vos cœurs vers la réalisation de nos destinés nationales. Vous avez la dépendance coloniale, je vous offre l'indépendance; vous avez la gêne et la misère, je vous offre la fortune et la prospérité; vous n'êtes qu'une colonie ignorée du monde entier, je vous offre de devenir un grand peuple, respecté et reconnu parmi les nations libres.

Hommes, femmes et enfants, à vous de choisir; vous pouvez rester esclaves dans l'état de colonie, ou devenir indépendant et libre, au milieu des autres peuples qui, de leurs voix toutes puissantes vous convient au banquet des nations.

Source :
Le Livre Noir du Canada Anglais, Normand Lester, Les Éditions des Intouchables.

tiré de la page de M. René Marcel Sauvé.

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Un gouvernment du 21e siècle.
Jean Lapointe
samedi 19 avril, 2003 09:11

Mardi dernier je me demandais ce que Jean Charest avait pu vouloir dire quand il a déclaré que son gouvernement allait être un gouvernement du 21e siècle.

http://cf.groups.yahoo.com/group/Pour-le-Pays-du-Quebec/message/490

Eric Desrosiers, dans LE DEVOIR d'aujour'hui, nous explique ce que ça voulait probablement dire. Il dit ceci:

«La soirée électorale de lundi avait des airs de libération à attendre les habituels porte-parole du monde des affaires québécois. À les croire, les électeurs québécois venaient de tourner définitivement la page sur toute une philosophie économique héritée d'âges anciens où prévalaient la démesure fiscale et l'interventionnisme à outrance de l'État. L'économie québécoise avait beau s'être portée plutôt bien ces dernières années, l'élection du Parti libéral signifiait l'avènement tant attendu par les acteurs économiques d'un «gouvernement du XXIe siècle», comme l'a dit Jean Charest. Pour indice de la bonne humeur des marchés et de ce début d'un temps nouveau, on rapportait que la prime de risque rattachée traditionnellement aux obligations du Québec avait déjà commencé à diminuer la semaine précédente, à la suite de la publication des derniers sondages laissant entrevoir la victoire des troupes libérales.»

http://www.ledevoir.com/2003/04/19/25907.html

et ailleurs dans LE DEVOIR on peut lire ce qui suit:

Célébrons la «libération» du Québec

Antoine Robitaille
Édition du samedi 19 et du dimanche 20 avril 2003

Comme il fallait s'y attendre, le ROC a vivement salué la victoire des libéraux de Jean Charest. Linda Williamson, du Toronto Sun, a osé un rapprochement entre... la tombée de Saddam Hussein en Irak et «la chute soudaine et inévitable du régime séparatiste qui s'est maintenu au pouvoir au Québec depuis près d'une décennie et dont les menaces effroyables ont terrorisé les Canadiens depuis 30 ans».

Williamson insiste: «la métaphore de la libération convient parfaitement» puisque les Québécois se sont débarrassés d'un gouvernement «dépensier», devenu «fou», car il voulait rendre «l'État encore plus présent dans la vie des gens. En leur payant des vacances, par exemple».

http://www.ledevoir.com/2003/04/19/25910.html

Rien de moins.

Allons-nous nous laisser faire sans réagir ?

Jean Lapointe
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: Un gouvernment du 21e siècle
Robert Bertrand
samedi 19 avril, 2003 10:22

Bonjour Jean,

J'ai le goût de répondre face à ces journalistes qui travaillent pour une cause, la cause de leurs propres patrons qui les paient, finalement, la cause des financiers, ceux qui ont besoin que plus d'argent viennent dans leurs propres goussets, qu'il nous faut les juger à leurs oeuvres.

Les Québécois qui ont voté pour eux autres, les Québécois francophones et les autres, les plus déshérités qui ont pensé poser un geste pour mieux se tirer d'affaires, ils verront qu'ils se sont eux-mêmes tirés dans les pieds.

Que le programme du Parti québécois et les interventions publiques des porte-parole du Parti pendant la campagne les aient mis en garde, cela n'a pas suffit.  Ils voulaient du changement.

On verra bien les changements qui seront apportés.

La première année du pouvoir d'un nouveau Gouvernement, soit à Québec ou ailleurs dans le monde, c'est une quasi lune de miel qui leur est accordée.

On verra bien si cela doit durer un an, chez nous, vu la grande différence dans les approches des Partis politiques.

Avec 33 % des votes populaires, qu'est-ce que le Parti Québécois pourra vraiment faire ?

Plus vite on parlera d'un changement de garde au Parti Québécois, plus vite il faudra qu'une nouvelle donne se fasse connaître.  Suivant la volonté bien expresse de servir l'ensemble de toutes les classes, le nouveau Parti Québécois qui pourra s'afficher sera de la trempe des exigences de renouvellement.

Autrement, toute la place pour de réels transformations ou changements sera laissée en plan pour de nouveaux Partis politiques ou de nouveaux Ralliements.

Pas grand chose à espérer, selon moi, avant plusieurs mois, avant un an même.  À moins d'une vision et d'un cheminement catastrophique qui prendrait place avec le nouveau pouvoir entre les mains des Libéraux du Québec et des Libéraux d'Ottawa.

Amicalement,

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Comment mener le combat
Andrée Ferretti
2003/04/15
Chers amies et amis indépendantistes,

Bien sûr, nous sommes tristes, ce matin, et inquiets. De voir notre patrie aux mains de ses ennemis, représentés en l'occurence par le Parti libéral du Québec, succursale du Parti libéral du Canada, ne peut que nous faire peur. Il ne faut toutefois pas nous laisser abattre, en reconnaissant objectivement qu'avec le Parti québécois au pouvoir, nous n'étions, en fin de compte, que protéger du pire. En quatre mandats, soit en dix-huit ans de pouvoir, le Parti québécois non seulement n'a pas réussi à réaliser l'indépendance, mais même à faire progresser l'option auprès des Québécois et des Québécoises qui ne la partageaient déjà en 1976.

Pourquoi?

Parce qu'on ne peut sans cesse ménager à la fois la chèvre et le chou, sans finalement n'avoir rien à se mettre sous la dent.

La conquête du Pays

En préviligiant le bon gouvernement provincial plutôt que l'exaltante conquête du pays, le Parti québécois, s'est assuré quelques victoires électorales en grugeant le vote des Québécois et des Québécoises, suffisamment nationalistes pour désirer être représentés par un parti qui leur assuraient la survie, mais qui ne ne leur faisaient pas craindre la rupture avec le Canada, encore considéré par eux comme une seconde patrie, résultat inévitable de plus de 200 ans de colonialisme qui s'exprime chez le peuple assujetti, par la perte du sens de son identité nationale comme une et indivisible, et par l'acceptation, comme phénomène normal, du fractionnement et du partage de ses pouvoirs.

Or, c'est ce travail de désaliénation que le mouvement indépendantiste des années 1960 avait entrepris, poursuivi dans une certaine mesure par le Parti québécois jusqu'en 1973. Devenu alors pressé de prendre le pouvoir, en plus de lier plus que jamais la possibilité de la souveraineté du Québec à l'association avec le Canada, il a adopté l'étapisme comme stratégie. Malheureusement, on ne peut amener un peuple à devenir révolutionnaire, si on ne l'appelle pas à rompre radicalement avec la situation qui le maintient sous la domination d'un pouvoir étranger.

Un enjeu colossal

Or, l'indépendance conçue comme acte de libération nationale et instrument d'émancipation sociale, qu'on aime cela ou pas, est un acte révolutionnaire, aussi bien dans l'ordre de la pensée que dans celui de l'action politique, puisqu'il propose le renversement de l'ordre établi et qu'il menace objectivement les intérêts de tous ordres de la puissance dominante. L'indépendance nationale est un enjeu colossal et la lutte pour y conduire est nécessairement difficile, passant par des voies qui ne peuvent être réduites à des campagnes électorales.

Si en 2003, la nécessité de l'indépendance ne repose pas sur les mêmes objectifs immédiats que dans les années 1960, l'enjeu principal, lui, demeure le même : donner au peuple québécois le pouvoir de s'autogouverner dans tous les domaines collectifs de l'activité humaine, le pouvoir d'assumer seul et pleinement son destin national et, qu'on aime cela ou pas, cette réalisation repose sur l'engagement de la majorité historique du peuple québécois, soit sur l'engagement de la nation canadienne-française et des Québécois et Québécoises de toutes autres origines qui partagent ses aspirations.
 

Lutter pour l'indépendance, aujourd'hui comme hier, c'est d'abord et avant tout travailler à convaincre une forte majorité de Québécois canadiens-français de son droit et de son devoir de se donner un État indépendant, libre de toute ingérance politique étrangère.

Comment, maintenant, mener victorieusement ce combat?

D'abord en faisant confiance à notre peuple, à tout notre peuple.

Ensuite en évaluant correctement nos forces et en les conjuguant. Car, malgré les apparences contraires, elles sont nombreuses.
 

La première, sur le plan politique, demeure le Parti québécois, précisément parce qu'il est dans l'opposition et qu'il peut de ce lieu, après dix-huit ans d'un exercice non concluant du pouvoir, non seulement repenser entièrement sa stratégie en fonction d'une reprise du pouvoir fondée clairement sur un appui du peuple à un projet de réalisation de l'indépendance, mais aussi repenser son objectif, abandonnant une fois pour toutes les options de souveraineté-association, souveraineté-partenariat, reconfédération etc. et en se redonnant un programme social-démocrate cohérent. Car, qu'on aime cela ou pas, la mobilisation de notre peuple pour sa libération nationale n'est possible que dans la proposition d'un projet de société progressiste. C'est d'ailleurs ce qu'ont prouvé en 1995 les mémoires et débats présentés et tenus lors les commissions sur la souveraineté.

La deuxième, étant l'ensemble des mouvements indépendantistes et des mouvements sociaux, communautaires et syndicaux progressistes qui peuvent et doivent revendiquer par tous les moyens, sans relâche et sans restrictions (comme celle par exemple de nuire au Parti québécois) des politiques économiques, sociales et culturelles favorables à l'affirmation nationale, sociale et culturelle du peuple québécois, mettant ainsi en lumière l'incapacité du Part libéral à gouverner le Québec selon les aspirations et les besoins du peuple.

La troisième et non la moindre, c'est l'union redevenue possible entre le Parti québécois et tous ces mouvements de revendication nationale et sociale.


Bref, il nous reste à nous remettre à la tâche avec la conviction que nous avons de nombreux acquis, suffisamment d'expérience pour ne pas répéter nos erreurs, et, au pouvoir provincial, un ennemi facilement identifiable à combattre.

Continuons le combat avec confiance, détermination, courage  et en toute solidarité.

Andrée Ferretti.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Vox populi !
par Robert Bertrand
2003/04/15

Merci à vous, Pierre Biacchi, de nous faire partager votre point de vue et de participer à notre groupe de discussions.

Je voudrais bien imaginer, moi aussi, un mode idéal pour reprendre le pouvoir et esquiver, ce qui apparaît dans les lois du Québec : l'obligation de référendum pour atteindre l'Indépendance, la Souveraineté, le Pays.

Ce que je constate, c'est de marteler, si besoin il y a, une ou deux idées pour pouvoir atteindre nos objectifs.

"Un Pays nous voulons, un Pays nous aurons!" ,  "Un Pays pour le Québec", "Rien d'autres qu'un Pays pour _notre_ Nation, _notre_ Peuple"  "L'État du Québec, c'est le Pays du Québec".

Vous le comprenez, également, les forces du Pays du Québec tirent sur plusieurs cordes à la fois.  L'unité de notre action nous fait défaut.  Nous avons besoin d'un ralliement autour d'un thème, autour d'une idée.  Comment l'initier ce ralliement ?

Il me semble qu'on en a la preuve, présentement, qu'un thème :  "Nous sommes prêts", "Je suis prêt" c'est rassembleur.

Rappelez-vous "Maître chez nous",  "Égalité ou Indépendance", "Souveraineté culturelle", et, en d'autres temps : "Autonomie Provinciale" à la Duplessis.

Chaque époque a été marquée par un slogan qui reste dans l'Histoire.

C'était quoi le thème du Parti Québécois, en cette élection ?  Vous pouvez me le rappeler ?

Ah oui,  "Restons Forts".  Cela fait appel au passé, cela ne marque pas l'avenir.  Restons sur nos acquis.  Le dynamisme n'y est pas.

On a déjà fait une élections pour la "Nationalisation de l'Électricité", pourquoi pas pour "Le Pays ?"

C'est ce que m'inspire votre intervention.

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : Vox populi !
Notre domaine, c'est l'action, non l'émotion.
mardi 15 avril, 2003 08:51
René Marcel Sauvé
http://pages.infinit.net/jrmsauve/pages/bouton_6.htm

Monsieur Bertrand,

Nous avons surtout besoin d'une doctrine stratégique.

Nous n'avons pas le sens de l'État. Nous ne connaissons pas le pouvoir, ni les principes qui gouvernent l'action des États.

La raison est simple : Nous sommes habitués à l'inféodation qu'on nous impose, à la soumission servile et à subir nos actes plutôt que les commettre.

Rappelez-vous cette remarque de Sophocle dans Oedipe-roi:
 

"Mes actes, je les ai subis, je ne les ai pas commis. J'ai connu des épreuves qui ne se disent pas".


Nous manquons les concepts les plus fondamentaux. C'est comme si nous tentions de construire une maison sans fondements.

Ce n'est pas une question d'émotions et de sentiments ni de ressentiments mais de stratégie, d'action fondée sur une détermination consciente, systématique, à base de volonté consciente, non de sentimentalité à l'eau de rose.

Je sais que je suis dur mais j'ai connu la dureté des armées et l'atrocité des pays en guerre.

Constituer un État

Toujours, ce qui a manqué, c'est la volonté et  le savoir nécessaires pour constituer un État, de facto d'abord, de jure ensuite. Or, le savoir et la volonté sont les violences de l'esprit, des violences qui ne blessent personne mais qui métamorphosent l'esprit et le coeur.

"Le Ciel souffre violence",dit le Prophète. Car la violence de l'esprit est garante de l'agir efficace à court terme et effectif à long terme, de même que  la douceur et la pertinence du comportement, sans sacrifier à la fermeté. En effet, l'existence, qui est relation à la fois en acte et en puissance, est multiple et une.

Nous sommes créés pour voir, penser et agir.

Ces violences de l'Esprit s'opposent à la NOLONTÉ, dont parlait Mirabeau, découragé devant le manque de volonté des Français à la Révolution. La nolonté est génératrice de désordres graves. Nous sommes créés pour voir, penser et agir. Confrontés  aux situations qui se présentent, nous devons agir et non subir ce qui se passe et passera sans nous, pour notre malheur.

Les nolontés sont à l'origine d'une foule de malheurs et de violences physiques.  La paresse intellectuelle et mentale, la recherche sybaritique d'une vie sans problème, se paient extrêmement cher, à court sinon à long terme. Nous sommes créés pour agir, non pour subir l'existence.

Au travail, donc, d'une manière détachée, froide, dure, implacable, car l'État, qui est fondé sur les nécessités qui n'ont pas de loi, ne peut fonctionner que sur la base de principes qui ont fait leurs preuves.

Comme l'enseigne le vieux Sun Tsu:

"La connaissance des grands principes permet de trouver en toutes circonstances les solutions qui conviennent".
Rappelez-vous ces principes que j'expliquais il y a quelques jours à peine :
Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation;

détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables en termes de temps et d'espace;

maintien du moral;

concentration et économie de l'effort;

simplicité et souplesse; sécurité et surprise;

coopération;

coordination;

administration et logistique.


Ces principes, nous devons nous en pénétrer l'esprit et à cette fin, nous devons les écrire partout, partout, sur les murs, les planchers, dans les journaux et textes que nous lisons et même sur notre papier à cul. Par dessus tout, nous devons les écrire dans nos têtes, les développer, les amplifier et ne jamais les oublier.

C'est sur la base de ces principes qu'il nous faut examiner tout ce qui est arrivé, froidement, d'une manière détachée, sans émotion, car l'émotion est mauvaise conseillère.

Notre domaine, c'est l'action, non l'émotion.

Bonne journée à tous.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Élections décevantes :
continuons le combat!
mardi 15 avril, 2003 03:42
José Fontaine

Le coup bas de Charest à Landry lors du débat des chefs me semble quand même expliquer en grande partie la défaite du PQ.  Cela me semble une donnée importante, un facteur important parce que notre société est surmédiatisée et que le moindre faux-pas dans les médias coûte un prix fou.

Or  j'ai vu Landry perdre pied face à Charest lui rappelant ce que disait - aurait dit - Parizeau.

Comme le débat chez nous est coutumier de coups bas du même type (l'accusation implicite de racisme lancée aux militants autonomistes wallons), j'ai pu observer que les personnalités les plus puissantes ont beaucoup de peine à encaisser ce genre d'attaques. C'est du gaz Zykon b.

L'accusation de racisme dans le débat démocratique fait plus de tort que le racisme lui-même (je dis "racisme" même si le mot n'a pas été employé mais cela revient au même).

Il est vrai que l'accusation est efficace quand elle est lancée contre une minorité ou un peuple qui veut s'émanciper. Quand vous êtes puissant vous finissez par être cru même quand vous attaquez un pays tout entier si vous dites que vous le faites pour la liberté même si le prétexte avant la guerre était autre (dans le cas de l'Irak, les armes de destruction massive qu'on a oubliées ensuite pour finir par dire qu'elles étaient planquées en Syrie).

Il faudrait vraiment organiser un "Observatoire des dénonciations abusives au nom des Droits de l'Homme".

Le combat continue, la liberté du Québec est inéluctable notamment - cela m'a frappé en suivant ces élections - parce que celles-ci ont vraiment toutes les caractéristiques d'élections nationales (par exemple, le nombre de débats et commentaires dans la presse plus abondants que pour les élections "nationales" dans un État belge de 10,5 millions d'habitants).

Vive le Québec libre!

José Fontaine
Wallonie

Merci à Robert Bertrand de nous avoir donné ses avis sur l'élection ce qui m'a permis de bien la suivre. Je cite RM Sauvé dans le prochain n° de TOUDI et le message ci-dessus fait l'objet d'un article également.

Quelques journaux en Wallonie suivent les élections au Québec. La radio ce matin s'est contenté de répercuter le résultat sans commentaires mais il était un peu trop tôt, je crois.

Une discussion est entamée aussi sur le forum de TOUDI

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
L'indépendance
Yves Sabourin
mercredi 16 avril, 2003 05:45

Lorsque je dis qu'il ne faut plus lier notre combat national à l'élection ou la réélection d'une formation politique, c'est tout simplement parce que l'essence même de tout parti politique est de se faire élire. Pour ce faire, des choix s'imposent, comme de mettre en veilleuse l'option pour un certain temps afin de renflouer les finances publiques...

Il est clair dans mon esprit que c'est à la société civile de mener ce combat. Pour ce faire, nous devons nous organiser collectivement afin d'imposer notre propre «agenda» politique.  Nous devons faire en sorte que ce combat ne soit plus à la remorque d'un gouvernement quel qu'il soit. Les initiatives personnelles, bien que parfois souhaitables, ne sont souvent que gestes isolés qui ne produisent pas nécessairement l'effet escompté.

Je crois qu'il faut mettre sur pied dans chacune de nos régions des regroupements souverainistes, qui auraient pour mandat de faire progresser notre cause.

Pour ce faire je crois indispensable la mise sur pied d'États généraux indépendants des différentes formations politiques. Le mandat serait la tenue dans chacune de nos régions respectives d'États généraux locales, qui culmineraient par des États généraux nationaux soit à Québec, Montréal, Trois-Rivières, Gatineau, etc.

Le but serait non seulement de faire le point, mais et surtout, d'enraciner dans le quotidien des québécoises et québécois, ce que veut dire l'indépendance du Québec. Ce projet collectif implique quoi pour chacun de nous, pour nos régions, etc.

Ceci est un des projets possibles à faire. Il peut y en avoir d'autres certes, mais on ne doit plus laisser aux politiciens seuls l'animation de ce combat national.

En ce sens là la texte de réflexion d'Andrée Ferretti est très à propos.

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Élections décevantes:
continuons le combat!
mercredi 16 avril, 2003 08:14
René Marcel Sauvé

Bonjour Messieurs Fontaine et Sabourin,

D'accord, continuons le combat que nous poursuivons depuis notre victoire militaire à Sainte Foy en avril 1760 et dont nous pouvons célébrer le 243e anniversaire en même temps que le jour de Pâques cette année. Inscrivons cet anniversaire à notre calendrier annuel.

Nous sommes un petit peuple mais nous ne sommes pas des vaincus, loin de là. Tout a joué en notre faveur, tout: géographie, histoire, sociologie, langue française, qui est une langue d'État et de pouvoirs réels et bien d'autres choses encore.

Moi je ne crois pas que nous avons perdu l'élection.

Géographe spécialisé dans l'étude des États, militaire de carrière, j'ai perdu l'habitude de me laisser piéger par les apparences. Jean Charest va faire notre jeu sans le savoir.  Il va poursuivre l'oeuvre commune malgré son fédéralisme qui ne peut plus être inconditionnel puisque les provinces anglaises ne l'acceptent plus.

Même l'Ontario, malgré les apparences suggérées par les médias, tend vers le statut d'État, de jure comme de facto.

Je le sais pour avoir enseigné la géopolitique à Toronto pendant 17 ans.

En fait, que veulent dire les mots fédéralismes et autres ismes devant les exigences de la réalité? Ce réel, royal comme tous les réels, ce qui n'a rien ou peu à voir avec les monarchies de ce monde, ce réel donc, s'est imposé aux vainqueurs comme à nous-mêmes.

Ayant perdu aux urnes, il ne nous reste qu'à poursuivre l'essentiel de notre stratégie : saborder Ottawa. La souveraineté du Québec surgira alors ipso facto.

Utopie pensez-vous? Non, je ne suis pas utopique, loin de là.

Appréciez soigneusement le contexte actuel, faites-le froidement, et vous verrez qu'Ottawa est en danger, pas nous. Il l'est davantage parce que tous les ignorants croient que le "grand et beau Canada est sauvé" maintenant que Jean Charest a pris la barre au Québec.

Ne vous inquiétez pas des clichés, calembours et autres immondices des fakirs, prestidigitateurs, magiciens de la parole et persécuteurs de tout acabit, dont la force inexistante ne devient existante que par  notre surmoi archaïque (tapez le terme surmoi sur votre instrument de recherches, lisez Apertura, congrès surmoi et vous verrez ce que je veux dire).

Charest ne pourra naviguer que dans les chenaux étroits de la politique actuelle, dont on ne trouve nulle description dans les journaux de l'Establishment.

Ne vous fiez pas aux apparences. Examinez de près ce qui va se produire en réalité, non en idéologie mais en réalité.

Restez froids.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Qui convaincre
mercredi 16 avril, 2003 09:03
René Marcel Sauvé

Madame Ferretti et monsieur Bertrand,

Moi je ne dis pas convaincre les Québécois mais les instruire.

Notre bataille est pédagogique.

Il nous faut en premier réaliser une métamorphose de la conscience québécoise, qui est présentement une conscience de peuple inféodé et habitué à la soumission servile, dominé davantage par un énorme surmoi archaïque que par la présence anglaise.

 J'ai fait carrière comme officier dans les Canadian Armed Forces et, croyez-le ou non, c'est moi qui a fait la pluie et le beau temps. Pourquoi? Parce que j'avais de l'école, plus de vingt années de scolarisation en géographie, géopolitique (étude systématique des États et autres pouvoirs d'envergure comme tels) et polémologie(étude systématique des conflits, confrontations et guerres). À quoi s'ajouta la formation d'officier d'infanterie, parachutiste, prof d'histoire militaire et officier d'état-major, acquise au Canada et aussi en Europe, dispensée par  les Britanniques, qui m'ont également enseigné la guerre de la jungle en Afrique équatoriale pendant les guerres de décolonisation.

Cette formation ne m'a pas été donnée parce qu'on me trouvait beau, fin et gentil mais parce qu'on avait besoin de moi.

Et après? Washington a été formé par les Anglais et s'est retourné contre eux.

Mannerheim, de Finlande, a été formé par les Russes et s'est retourné contre eux.

Les Francs du bas Rhin ont été formés par les Romains et se sont retournés contre eux.

C'est une question de froid réalisme.  La politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité, non de sentimentalité.

Je n'ai pas été promu au delà de capitaine parce que j'étais un "séparatiste" notoire dès 1960, mais j'ai fait ce que j'ai voulu.

J'ai risqué la cour martiale et 30 années de prison pour avoir divulgé les documents secrets par lesquels les Canadian Armed Forces préparaient de nouvelles interventions armées contre le Québec à partir de 1972.

Personne n'a osé lever le doigt sur moi et trois ans plus tard, j'ai été "honourably released" et pensionné avec une année de congé de réhabilitation payée. Pourquoi? Parce que je suis brave? Non et non. Parce que j'ai de l'école, que je connais les États et les administrations publiques et je sais quoi faire en toutes circonstances, ou presque.

J'ai étudié sans arrêt et à 72 ans, j'étudie encore. On en sait jamais trop.

Moi, le gros méchant "séparatisse", j'ai été invité comme prof à Toronto où j'ai enseigné pendant 17 ans après avoir été pensionné de l'armée. La seule condition qu'on m'imposa, croyez-vous, c'était d'enseigner en anglais, ce que j'aurais pu faire facilement car je possède une connaissance encyclopédique de l'anglais. NON, On m'a demandé d'enseigner en français, dans une langue formelle, rigoureuse  et encyclopédique, pas en joual.

J'en pleurais de désespoir, parce que j'aurais voulu transmettre mes connaissances et mon expérience aux gens de mon peuple, mais personne au Québec n'a voulu me donner un emploi où j'aurais pu rendre service.

Pour les fédéralistes, j'étais un séparatiste et pour les souverainistes, j'étais suspect.

À Toronto,  je ne me suis pas gêné pour inciter les étudiants ontariens à construire leur propre État. J'ai fait de même avec les Baltes, qui étaient nombreux à suivre mes cours.

Je suis revenu au Québec à la demande de Pierre Falardeau, qui était horrifié de voir que ma crédibilité était nulle au Québec.  Pendant un an, je lui ai donné des cours privés, à la résidence de René Boulanger. C'est lui qui a travaillé le plus fort pour faire vendre mon livre: Géopolitique et avenir du Québec (Guérin 1994) et il l'a exposé en public au cours d'une entrevue télévisée avec Julie Snyder.  Allez le voir et parlez-lui de l'oncle Marcel.  Mais nul n'est prophète dans son pays.

En effet, ma thèse principale en géopolitique portait sur le sujet suivant : Le canal Érié et le déplacement des centres et axes de gravité de New York et du Canada britannique.  Pour moi, l'ouverture en 1825 du canal Érié, qui relie New York aux Grands lacs, est l'événement le plus important de notre histoire à nous, mais personne à l'Université de Montréal n'a voulu me croire.  On croyait et on croit encore au positivisme d'Auguste Compte, non à la méthodologie de la quête (mutitudinis usus) qui a fait ses preuves. Tant pis. À  l'Université de Toronto, on m'a cru et on espérait que nous, Québécois, ne trouverions jamais les facteurs réels de notre survie et nos progressions subséquentes.

La réalité n'est écrite que dans les actes mais nous avons perdu le sens de l'acte et la foi en l'existence elle-même, qui est relation en acte et en puissance. (in actu et in potentia).  Nous sommes devenus rationalistes et positivistes et voilà ce qui nous perd maintenant, Il faut revenir au réalisme classique.

Ce qu'il nous faut,c'est de l'école, autrement notre action ne sera que du folklore.

Bonne journée

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Qui convaincre (renvoi)
mercredi 16 avril, 2003 14:52
Andrée Ferretti

Très estimé monsieur Sauvé,

Je lis attentivement vos lettres depuis quelques semaines.

Je suis entièrement d'accord avec vous sur de nombreux points, pas du tout sur l'esprit général qui leur serve de toile de fond, principalement

1) parce que vous analysez en individualiste une cause collective,

2) parce que vous réduisez l'action militante à une activité pédagogique formelle.

Or,

1) selon moi, à moins d'être un chef de file, une figure de proue, un modèle à qui le peuple s'identifie (René Lévesque, par exemple), je ne crois pas opportun pour un analyste de tenter de prouver la justesse de ses arguments en se donnant continuellement en exemple, ce que vous faites malheureusment trop souvent,

2) dans le militantisme politique, la pédagogie relève autant de l'action que de l'enseignement proprement dit.

Cela dit, j'ajoute sincèrement que j'apprécie certaines de vos leçons.

Bien amicalement,
Andrée Ferretti
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Qu'elle est-elle _notre_ réalité ?
Robert Bertrand
mercredi 16 avril, 2003 17:05

Merci à vous, Monsieur Sauvé, pour la qualité de vos textes et de l'ensemble des renseignements que vous nous transmettez.

Vous avez insisté sur la pertinence de connaître la réalité actuelle pour pouvoir bâtir sur du solide l'ensemble de notre cheminement.

Les quatorze points de la démarche stratégique sont des éléments d'une structure formelle pour l'atteinte d'objectifs qu'un groupe, qu'un organisme, qu'un parti politique pourrait sans doute se donner pour vraiment avancer.

Dans un commerce, dans une entreprise, pour pouvoir rencontrer notre "Gérant de Caisse Populaire" ou notre "Gérant de Banque, aurait dit PET, en d'autres temps, ne faut-il pas un plan d'affaires, un plan stratégique ?

Vous nous signalez tous ces éléments tout en vous présentant.  Il va de soi que, pour les gens qui vous connaissent, c'est possible que ce soit de la redondance; pour les peu initiés aux grandes manoeuvres, ils vous découvrent et sont certainement impressionnés par le savoir, par votre volonté de se donner des moyens de réussir notre démarche vers le Pays que nous voulons.

Combien de fois n'avons-nous pas entendu bien des Québécois et des Québécoises nous interroger sur le Pourquoi de l'Indépendance, de la Souveraineté, du Pays du Québec ?

"Qu'est-ce que cela donnerait de plus qu'on a ?",  "Qu'est-ce que cela m'apporterait en tant qu'individu ou en tant que collectivité ?"

Des jeunes et des moins jeunes ne semblent pas percevoir la pertinence de cette démarche.  On ne semble pas connaître la valeur de se donner NOTRE PAYS.

Madame Ferretti, dans son intervention de cet après-midi, (renvoi) de signaler, également, ce qui suit :

"dans le militantisme politique, la pédagogie relève autant de l'action que de l'enseignement proprement dit."

Tout le monde ne réalise pas des "Point de mire" à la René Lévesque, malheureusement.

En ces temps là, nous ne pouvions pas nous brancher sur internet, nous ne pouvions pas zapper 40, 50 et 100 canaux de télévision, et nous ne pouvions pas, non plus, syntoniser des centaines de stations radiophoniques.

Notre univers a bien changé.

Le Chef politique que les médias d'information du Québec a présenté le plus souvent sur leurs ondes, nous a-t-on ce midi, ce n'est pas l'un des nôtres du Québec ni du Canada, au cours de cette dernière campagne électorale, mais bien le Président des États-Unis.

Si j'ai bien compris, plus du double que Bernard Landry, et/ou Jean Charest et/ou Mario Dumont.

Et pourtant, ce sont les médias de chez nous qui sont en cause pour de tels résultats.

Il est certain que l'aspect pédagogique doit jouer un rôle tant dans l'action sur le terrain que sur les tableaux dans nos écoles et/ou sur internet, faudrait-il s'adresser à des groupes choisis, à des groupes cibles, à des volontaires ?

Au Québec, les suffrages s'expriment avec un taux de participation de 70% lors d'une élection nationale.  Qu'en est-il aux élections Municipales, aux élections Scolaires ?  Moins de 50 %, moins de 30%.

Il semble que c'est une tendance constante, cette diminution dans la participation citoyenne pour s'élire des représentants.

Mais, nous, nous voulons nous donner un Pays.

Comment y arriver ?  concrètement ?  démocratiquement ?

Il me semble qu'on fait fasse à tout un contrat !

N'est-ce pas avec cet objectif en tête que nous nous devons de réaliser un certain consensus pour bien concevoir, les uns et les autres, notre propre réalité actuelle ?

Si l'on fait défaut sur cet élément fondamental de base, sur les fondements mêmes de notre démarche personnelle et/ou collective, quels succès en tirerons-nous ?

Il me semble que l'essentiel, présentement, c'est cette connaisse de notre réalité.

Peut-on s'attacher à la définir cette réalité, les unEs et les autres ?

La perception qu'on en a de cette réalité Québécoise qui est nôtre.

Sur quoi pouvons-nous asseoir notre démarche collective ?

C'est parce que notre Pays nous tient à coeur aux uns et unes et aux autres que nous nous plaçons dans cet état de dialogue sur un groupe de discussions.

Pour avancer, ne faut-il pas mieux se connaître, s'évaluer, se définir, pour assurer la qualité de nos démarches personnelles et/ou collectives à entreprendre ?

Merci à chacun et chacune de votre participation pour nous voir cheminer, par la suite, avec des bases solides.

On construit sur du roc.  Le Roc du Québec.

Bien amicalement et solidairement,

Robert Bertrand
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Pour lire les messages présents sur le forum :  Pour le Pays du Québec

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Qui convaincre (renvoi)
René Marcel Sauvé
mercredi 16 avril, 2003 17:51

Madame Ferretti,

Je m'attendais à votre réaction. Je l'ai peut-être provoquée. Je vous ai vue pour la première fois à l'Université Laval, en 1966, alors que vous faisiez des exposés aux étudiants. Collectiviste, vous vous effaciez bien sûr pour mieux mettre votre idéologie de l'avant. Vous parliez alors de nationalisations, sans en indiquer les limites.

C'était l'époque de la contestation pour la contestation.

Malgré tous les efforts des collectivistes,  les étudiants de Laval se laissaient assez peu mobiliser.   L'université avait beaucoup d'étudiants étrangers des pays de l'Europe de l'Est et aussi de Chine, venus porter la bonne nouvelle aux Québécois. Ces étudiants, accusateurs à souhait, avaient de l'argent en quantité, qu'ils distribuaient aux étudiants de Laval,  pour qu'ils aillent "démocratiquement" manifester et jeter le "système" par terre.  Je me rappelle que la majorité des étudiants Québécois qui acceptaient cet argent assistaient aux réunions et manifestations sans grande conviction. Ils avaient besoin d'argent et c'est tout. Ce comportement pratico-pratique chez les Québécois,  les étrangers ont fini par le comprendre et se sont retirés d'eux-mêmes.

De toutes manières, ce  que ces étrangers venaient prêcher était absurde, puisque le Québec n'avait rien à voir avec les querelles idéologiques du temps.  Nous avions une bourgoisie en pantoufles, issue de la collaboration avec les Anglais et les Loyalistes, pas une véritable bourgeoisie comme en Europe, en Russie et aux États Unis.

Notre clergé, janséniste, était déjà dépassé.

Dans un cas comme dans l'autre, nous n'avions aucune solution de rechange puisque nous n'avions jamais vécu en tant qu'État, toujours inféodés à une puissance ou une autre.

Il faut avoir un État pour parler d'idéologie et l'État du Québec en 1960-70 n'était qu'embryonnaire. Voilà le point sur lequel j'insiste. Nous n'avons pas encore de véritable État. Dotons-nous de notre État d'abord.

C'est ici que j'y introduis ma propre expérience. L'essentiel ce sont les assises de l'État. On parlera d'idéologie ensuite.

Notre société est périphérique, à l'instar des États périphériques de l'Europe, dont nous formons un prolongement en Amérique du nord, notamment le Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande, l'Irlande, le Portugal et la Hollande.

Le principe d'économie de masse ne s'applique pas à ces sociétés, comme il pourrait s'appliquer aux États Unis, à la Russie et à la Chine, ce dont je doute beaucoup, face à la croissance du régionalisme partout dans le monde.

Militaire et responsable du recrutement et de la préparation des étudiants pour une carrière d'officier, tant dans l'armée que la marine et l'aviation, j'étais surpris de l'atmosphère de combat acrimonieux,  répandue par ces idéologues venues d'ailleurs, ces gnostiques, qui confondaient certitude et opinion et savaient donner mauvaise conscience à ceux et celles qui n'étaient pas de leur avis.

J'en voyais les résultats, non sans crainte.

Si jamais de telles idées prenaient le pouvoir chez nous, nous serions soumis à l'idéologie de la pensée unique, il y aura  dépossession de propriété même légitimement et honnêtement acquise, des mises en accusation, des camps de concentration et pire. L'inquisition en somme, qui a surtout frappé ceux et celles qui avaient quelque chose à perdre.

Même dépourvus, pauvres en majorité, ou issus des classes moyennes travailleuses, les étudiants de Laval n'ont pas mordu.

La dualité manichéenne du temps se limitait à opposer une idéologie contre l'autre, peu importent les exigences de la réalité.

Ottawa et Washington proposaient une pensée unique et les marxistes une autre. C'était l'individualisme contre le collectivisme.

Or, madame Ferretti, je ne suis ni individualiste ni collectiviste. Si je raconte mon propre vécu, c'est pour introduire une autre manière de voir, non pour me vendre ou vendre une idéologie. Je ne pense qu'à l'État. Je ne suis pas une personnalité et ne cherche aucunement à le devenir.  Je n'ai aucune théorie économique. L'économie est affaire de nécessités qui n'ont pas de lois et de pratiques dont on doit tracer les limites et les règles. La règle à suivre passe par l'équilibre des forces en présence, associée à un sens rigoureux des responsabilités et devoirs  de chacun, tant envers soi-même qu'envers les autres.  Je n'ai aucune idéologie non plus.

Si j'attire l'attention sur le travail que j'ai fait dans le passé, c'est pour mieux faire comprendre les problèmes d'un État, non pour me citer en exemple.

Ce que j'ai compris sur la base de ma propre expérience, c'est que la politique est d'abord affaire d'intérêts et de rapports de forces, ce qui m'a permis de faire pendant mon séjour de 28 ans dans l'armée tous les coups d'ordre politique qu'il m'a été possible de faire et toujours m'en tirer à bon compte.

Par dessus tout, il fallait changer les mentalités issues de l'Empire britannique et qui cherchent à justifier des interventions armées à tout propos.

Mon milieu est la salle de classe et les organismes de l'État. Je travaille de l'intérieur, non de l'extérieur.

Le coup d'État de Trotsky en 1917 a été réalisé par des gens qui travaillent de l'intérieur, qui pensent d'abord en termes d'État, ce qui nous manque toujours. Je ne pourrais convaincre aucun public, n'étant ni orateur ni tribun.   Je ne suis ni un chef de file ni une figure de proue, ni un modèle et si je me cite parfois en exemple, c'est parce que devant une salle de classe, il faut illustrer par des exemples, y compris sa propre expérience, les principes, les concepts, les axiomes et autres notions qu'on entend enseigner.

Comme ancien militaire, je dois expliquer mes prises de position, car je connais les préjugés féroces auxquels je dois faire face, y compris ceux de "fauteur de guerre", ce qui témoigne d'une indicible naiveté.

Par exemple, il est littéralement interdit de parler défense pour un Québec souverain et pourtant, la question est primordiale, puisque la crédibilité de l'État en dépend. Il ne s'agit pas de militariser le Québec mais de mettre en oeuvre une exigeante politique de dissuasion, ce qui est autre chose.

J'analyse en individualiste une cause collective? Dites-vous?

Je n'analyse rien, n'étant pas idéologue, ni sociologue, ni politicologue, ni rien d'autre en ogue. Je me préoccupe de l'action, de l'agir qui est à fois individuel et collectif, non individuel ou collectif.

D'où importance de l'ontologie classique, de l'anthropologie, de l'histoire et de la géographie. On ne me croit pas? Comme Machiavel, je vais aller tranquillement bûcher mon bois. On verra bien.

Votre réaction me fait penser aux héroïnes de Bertold Brecht, qui jugent les hommes parce qu'ils sont des hommes, non pour le sens de ce qu'ils avancent.

Même individualiste, mes appréciations du contexte et de la situation peuvent être rigoureusement correctes, non pas parfaites, mais correctes. Alors qu'on me critique sur le contenu. L'argumentation ad hominem ne convient pas et ne mène nulle part.

Ce qui justifie en fin de compte une appréciation, c'est sa pertinence, exposée par les événements qui s'en suivent, sur une période de temps assez longue pour avoir valeur d'histoire.

Si j'insiste sur la pédagogie à cette heure critique, c'est parce que l'esprit de masse est disparu chez les Québécois, en supposant qu'il ait existé.

Dorénavant, c'est individuellement que nous transformerons le Québec, ce qui n'a rien à voir avec l'individualisme et encore moins avec le collectivisme. La population est plus instruite et plus exigeante sur le plan intellectuel. Elle est plus difficile à séduire par des procédés collectivistes de masse, comme c'était le cas autrefois, avec les analphabètes et les illettrés. Par contre, elle est encore vulnérable aux médias de masse, qui savent user des messages subliminaux. Celà ne va durer qu'un temps.  D'où importance de la pédagogie dans le contexte actuel et à venir. D'où importance d'introduire le sens de l'État.

Sans État, il ne peut y avoir ni indépendance ni nation reconnue.

Et si je parle de mon vécu personnel, c'est parce que j'ai connu un État, celui qui nous domine et que je tiens à faire revivre ce vécu par d'autres, non pour me vanter mais pour faire comprendre certaines vérités essentielles qui nous manquent encore.

Voilà où je veux en venir.

Amicalement

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Convergence et divergence
Andrée Ferretti
mercredi 16 avril, 2003 19:22

Comme j'ai aimé votre réponse, cher monsieur Sauvé, en ce qu'elle montre à sa face même ce qui nous unit, à savoir la passion (oui, je dis bien la passion, ce qui selon moi, n'exclut ni la rationalité, ni le savoir) de notre engagement dans la lutte pour l'accession de notre nation à l'indépendance, puisque celle-ci est encore aujourd'hui la forme quasi universelle d'organisation politique des peuples en État national souverain.

Cela établi, cher monsieur Sauvé, il me semble qu'il serait préjudiciable à notre harmonieuse participation aux discussions du réseau "Pour le Pays du Québec", si nous n'acceptions de bon gré de reconnaître ce qui nous sépare profondément dans notre vision des choses.

Je ne doute absolument pas, je vous en donne ma parole sur la tête de mes petits-enfants, du rôle positif pour notre nation que vous avez joué à l'intérieur de l'armée canadienne, mais je ne peux, en revanche, oublier que c'est cette armée qui m'a arrêtée, le 16 octobre 1970 et emprisonnée pendant 51 jours, dans le cadre de son opération dirigée contre le Parti québécois, sous le prétexte de lutter contre le FLQ. dont, c'est maintenant prouvé irréfutablement, elle connaissait tous les membres et disposait de tous les renseignements pour les arrêter.
Cela ne vous fait-il pas penser aux manoeuvres de l'armée américaine pour envahir l'Irak?

Mais, pour en revenir à l'essentiel, je ré-affirme ma conviction que dans une société démocratique comme l'est celle de la société québécoise, la victoire de la lutte pour l'indépendance de l'État québécois dépend entièrement et exclusivement de la détermination du peuple à se la donner.

Donc, qu'il n'y a d'autre chemin pour qu'il y arrive que celui de son engagement dans la lutte. Donc, que la tâche des indépendantistes est aujourd'hui, comme hier, comme demain, de l'amener à se mobiliser.

Avec l'expression de mon souhait que nous conjuguions nos forces dans la poursuite victorieuse de notre objectif commun.

Andrée Ferretti.

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Convergence et divergence
René Marcel Sauvé
mercredi 16 avril, 2003 22:27

Chère Madame Ferretti,

Pendant la crise d'octobre 70, j'étais en service à la base de Saint Jean sur Richelieu. J'ai reçu moi aussi la visite de la GRC, qui avait reçu une "plainte" à l'effet que j'avais été vu avec Paul Rose dans une automobile d'état major quelques semaines auparavant.

"Où était le chauffeur de la voiture?"demandais-je aux policiers?

Ils ne savaient pas que, en tant qu'officier, je n'avais pas le droit de conduire une voiture.

"Ah, me répondit l'agent Dubé, je n'avais pas pensé à ça"

La visite s'est terminée tout de suite.

Au Royal 22e Régiment, composé de Québécois nationalistes dans une proportion de 85% à l'époque, nous étions conscients du fait que le BlackWatch faisait preuve d'un zèle particulièrement intempestif, surtout sur la Rive Sud.

Début de novembre, craignant une révolte chez les militaires Québécois, P.E. Trudeau, qui avait ordonné l'envoi de l'armée au Québec, s'empressa de terminer la "crise" et de renvoyer les militaires dans leurs bases, avant que la guerre n'éclate entre nous et les Black Watch.

Nous avons particulièrement retenu le cas d'un petit major au nom très écossais et très orangiste, qui s'était chargé des "lousy frogs" sur la Rive Sud. Je lui avais réservé une balle.  Pour le récompenser, Ottawa l'a promu lieutenant colonel et lui a confié le commandement du Canadian Parachute Regiment.

Comprenez bien, madame Ferretti, que si nous, militaires Québécois, n'avions pas été sur place, Ottawa aurait ordonné pire. S'il ne l'a pas fait, c'est parce que malgré sa puissance, le gouvernement fédéral n'était pas en position de force. Cela s'appelle la dissuasion, madame Ferretti.

Je vais vous  donner quelques autres exemples qui peuvent vous intéresser.  Mais il faudra aussi que je parle de moi.  Je m'en excuse.

J'ai été commissionné officier par Sa Majesté le roi Georges V1 le 1er décembre 1948.  Les collègues plus anciens m'ont alors informé de ce qui suit:

Pendant l'année 1948, alors que le Canada anglais était monté contre le Québec au sujet de la dernière guerre, le pasteur Thomas Todhunter Shields, de la Jarvis Baptist Church à Toronto, connu pour sa haine du Canada français, présenta au Quartier Général de la Défense à Ottawa un plan pour nous déposséder comme les Irlandais sous Cromwell et les Acadiens entre 1755 et 1760. Ce plan concernait tout le Québec, dont la possession par nous n'est pas reconnue par personne au Canada anglais.

Le général Charles Foulkes, chef de l'État-major général, était d'accord avec l'envoi de l'armée au Québec, comme antérieurement l'armée britannique en Acadie, Irlande, Écosse, Nouvelle Angleterre, Afrique du Sud, etc.

Cependant, il y avait un hic. Plus de 200,000 Canadiens français avaient servi dans les armes combattantes pendant la dernière guerre et beaucoup s'étaient illustrés sur les champs de bataille, notamment les francs-tireurs, tous des Québécois de la Gaspésie et de l'Abitibi,  qui faisaient mouche à tout coup, à des distances pouvant dépasser 400 et 500 mètres et même davantage.

"Croyez-vous, dit Foulkes, s'adressant au fanatique pasteur, que ces gars-là vont tirer sur leurs parents et leurs amis au nom du serment porté au roi d'Angleterre? Ils vont sûrement retourner leurs armes contre nous et ils sont capables de nous battre, compte tenu de la défendabilité du territoire du Québec".

Le pasteur Shields est rentré à Toronto mais son plan a été conservé à l'État-major.

Voilà ce qu'on appelle la dissuasion, madame Ferretti.

Dès les premiers moments de ma carrière comme officier d'infanterie et parachutiste, j'ai été prévenu de la possibilité d'envoyer l'armée contre le Québec et avisé de prendre des mesures pour tuer toute expédition de ce genre dans l'oeuf.  Et j'ai fait ce qu'on m'a dit de faire.

Voici quelques autres exemples de dissuasion.

Fin septembre 1971, au Quartier Général de la Force Mobile à St Hubert, où je suis en service comme officier d'État-major. J'ai accès aux documents secrets.

L'opération Neat Pitch

Un jour, je vois des officiers britanniques venus d'Irlande du nord dans le Quartier Général. On m'informe qu'ils sont venus montrer aux Canadians comment préparer une intervention militaire majeure contre une population donnée. Ce sera l'origine de l'opération Neat Pitch.

Ces préparatifs étaient criminels et aucun officier de l'armée n'est tenu à son serment d'office dans de telles circonstances.

C'est ce qu'ont décidé les procès de Nüremberg qui ont jugé les officiers nazis au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Je saisis une copie de ces documents et je les remets à Serge Guérin, bras droit de Jacques Parizeau à l'époque. Parizeau n'en revient pas mais René Lévesque, qui a peur d'être mis en accusation sous le National Security Act, refuse de les publier.

Et moi, l'officier concerné, qui risque le peloton d'exécution, car la peine de mort existe au Canada pour haute trahison? Lévesque est terrassé par sa peur. Le document ne sera publié que beaucoup plus tard, ce qui sera néanmoins suffisant pour freiner Ottawa dans ses démarches anti-Québécoises.

Si j'en parle maintenant, ce n'est pas pour me glorifier mais pour vous inciter avec toutes mes forces de vous mettre en tête de développer une politique de dissuasion, afin que personne ne pense même à user de la force contre nous, lorsque viendra le moment de décider de notre statut définitif.

Jusqu'à maintenant, je me suis heurté la tête contre un mur, mais personne dans l'armée n'a osé me mettre en accusation.

Voici un troisième exemple et je m'excuse d'en parler.

En 1974, je suis encore à Saint Hubert.

Je profite de la disponibilité des instruments de recherche de l'armée pour me renseigner et rédiger un document de base sur les préparatifs que nous aurons à faire au Québec afin de tuer encore une fois dans l'oeuf toute velleité de prendre les armes contre nous.

Je remets le document de 50 pages à René Lévesque, qui n'est pas trop convaincu mais qui le garde néanmoins.

En même temps, je prends contact avec des fabricants d'armes, surtout en Angleterre. Pourquoi? Pour d'évidentes raisons politiques, madame Ferretti.

En novembre 1976, je travaille pour le Parti Québécois dans Taillon, que briguait René Lévesque.

Le 8 novembre, j'organise une réception dans le mess des officiers de Saint Hubert en l'honneur de René Lévesque et il s'y présenta, tel que prévu. À Ottawa, ce sera la crise d'hystérie, qui aurait pu me rendre nerveux mais je jouis d'une constitution robuste.

Le 15 suivant, le Parti Québécois est élu pour la première fois. René Lévesque ne s'y attendait pas. Je me souviens de l'avoir vu ce soir-là. Il était nerveux et couvert de sueurs. Pourtant, moi, le géographe spécialiste, pas le devin, ni le politicologue, lui avait dit qu'il serait élu cette fois, à cause du mode de scrutin et de la carte électorale. Il ne m'a pas cru.

Venons-en à notre dernier exemple et je m'excuse encore une fois de mon narcissisme, mais j'étais là.

Fin novembre 1977, dans une entrevue accordée à Roy Bonisteel de Radio Canada en anglais, P.E. Trudeau déclare qu'il n'hésitera pas à envoyer l'armée de nouveau contre le Québec. si le gouvernement du Québec commettait quelque chose d'illégal, ce qui veut dire n'importe quoi puisque le droit coutumier anglais ouvre la porte à toutes les interprétations. Lévesque est de nouveau abattu. Il n'a aucun moyen de répondre à Trudeau, sauf le document que je lui avais remis en 1975.

Evelyn Dumas, qui dirigeait le journal indépendantiste Le Jour, m'appelle à la maison et me propose de publier le document en question, en deux tranches, pendant le mois de décembre. J'accepte et je lui offre les photos d'armements offertes par des entreprises anglaises, françaises et allemandes. La propagande anti-québécoise avait suggéré que nous serions armés par les "communiches", dont  la Russie et la Chine. Je prévoyais le choc lorsqu'on se rendrait compte que nous allions être armés par des entreprises anglaises. Je m'étais rendu à Londres et avait constaté sur place que les Trusts anglais nous avanceraient facilement 100 millions de livres Sterling comme paiement initial.

Lorsque les articles sur la défense du Québec parurent dans Le Jour, Trudeau dépêcha un général anglais, le major-général Rowland Mans, pour s'enquérir de la crédibilité de mes thèses. Yves Michaud m'a présenté Rowland Mans dans le bureau de René Lévesque et je l'ai emmené prendre quelques bières au Vieux Munich. J'ai tiré de lui autant de renseignements que j'ai pu. Dans son rapport à Trudeau, le général Mans recommandait ceci:
 

"Les thèses publiées dans le Jour sont valides, mais personne au Québec ne s'en rend compte. Par contre, si vous multipliez vos menaces et passez aux actes, alors le Québec croira aux thèses présentées dans le Jour et vous aurez de très sérieux problèmes".


Début février 1978, Trudeau déclara publiquement qu'il n'était pas question de prendre les armes contre le Québec. La dissuasion venait de réussir une autre fois. C'est ce qu'on appelle gagner une guerre  sans tirer un seul coup de fusil.

Je ne dis rien de ceci pour me vanter de quoi que ce soit, seulement pour vous convaincre de l'importance d'une politique de dissuasion crédible en matière de défense. Comme disent les Romains: Qui desiderat pacem, praeparet bellum.

Vous avez été emprisonnée pendant 51 jours madame, non par l'armée mais par la police.

Pensez aux millions de ceux et celles qui ont souffert bien davantage les foudres des armées de Sa Majesté, parce qu'il n'y avait personne pour y imposer des limites ni mettre un frein.

Pensez aux Acadiens, aux Irlandais, aux Écossais, aux Gallois et aussi aux milliers de Yankees de Nouvelle Angleterre, emprisonnés ou pendus sur la place publique pour la seule raison qu'ils étaient sans défense.

C'est toujours le même motif, comme lorsque quelqu'un frappe les femmes et les enfants, c'est parce qu'ils sont sans défense, non parce qu'ils ont fait quelque chose de travers.  Par contre, on respecte toujours les tueurs.

En Octobre 1970, les forces armées envoyées au Québec n'étaient pas en position de force et ne pouvaient se permettre de faire n'importe quoi.

Réfléchissez madame, comme ceux et celles qui travaillent à la paix en faisant d'avance obstacle à la guerre, par la méthode éprouvée de la dissuasion, à laquelle personne ne veut croire au Québec.

Car une guerre, madame, il faut la prévenir 30 ans d'avance, non au moment où elle éclate.

Je vous laisse sur cette réflexion.

Bonne soirée

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Force et intelligence
Andrée Ferretti
jeudi 17 avril, 2003 13:44

Je vous remercie, cher monsieur Sauvé, pour toutes ces leçons, conseils et recommandations de lecture que vous vous donnez la peine de me prodiguer. .

Je dois néanmoins vous prévenir qu'il n'est pas certain que je saurai en profiter.

Que voulez-vous, je suis une idéaliste qui, malgré des millénaires de défaite de la pensée sous la botte de la force, veut toujours croire au lent processus d'humanisation de l'humanité et espère que "les relations d'intelligence finiront par l'emporter sur les rapports de force", comme je l'écrivais une première fois dans mon roman Renaissance en Paganie, publié aux éditions de l'Hexagone, en 1987.

Puisqu'il semble être de mise, ici, de parler de soi, je vous informe que n'ayant pas eu dans ma jeunesse la chance d'étudier, ce n'est qu'en 1973 que j'ai pu, alors que j'avais déjà plus de 40 ans, fréquenter l'université où après 4 ans, j'ai obtenu ma maîtrise en philosophie, sur présentation d'un mémoire sur la pensée de Spinoza telle qu'il l'a lui-même appliquée à l'analyse des tenants et aboutissants de la politique.

Je me permets de vous inviter humblement à lire
 

1) son Traité des autorités théologique et politique;

2) son Traité de l'autorité politique.

Et, plus ardue, certes, mais combien instructive de la condition humaine, son oeuvre majeure, L'Éthique.

Cela date, bien sûr, mais n'est malheureusement pas dépassé.


Comble d'indécence, du moins à mes yeux, j'irai maintenant jusqu'à vous proposer la lecture d'une des "nouvelles" de mon recueil à paraître aux éditions VLB, en janvier 2004, après la parution chez le même éditeur, en septembre prochain, de mon dernier roman,
L'Été de la compassion.

Toutes ces révélations pour qu'il soit bien établi entre nous et auprès des membres du réseau que nous évoluons, dans l'ordre de la pensée, dans des univers radicalement différents, probablement irréconciliables, mais, j'ose le croire, riches, précisément, de leurs profondes divergences et d'une convergence majeure : notre désir partagé de l'avènement d'un Québec indépendant, État souverain du peuple québécois qui deviendra dès lors la nation québécoise.

Avec l'expression de mon estime,

Andrée Ferretti.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Convergence et divergence
De : Étienne Boulay
À : Pour-le-Pays-du-Quebec@groupesyahoo.ca
Envoyé : Jeudi, Avril 17, 2003 12:00 PM
Sujet: Re: [Pour-le-Pays-du-Quebec] convergence et divergence

René Marcel Sauvé,

Depuis peu j'ai l'occasion de lire vos écrits sur ce forum.

Votre expérience, une richesse pour tous, vous amène à nous faire prendre conscience de l'importance de la dissuasion.

Aujourd'hui en 2003, quelle est votre lecture de la situation?

Y a-t-il au Québec une force dissuasive ?

À mes yeux la réponse est non, mais vous pouvez peut-être nous éclairer sur ce que l'on ne connaît pas.  Si la réponse est effectivement non et, que comme vous, nous jugions essentiel à notre réussite d'avoir les moyens de dissuasion, comment acquérir cette force?

Etienne Boulay
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Convergence et divergence
René Marcel Sauvé
Jeudi 17 avril, 2003 17:41

Monsieur Étienne Boulay,

Merci pour votre message.

Le Québec possède naturellement une géographie qui le prédispose à la défense économique, ce qui veut dire, défense crédible avec une économie maximale d'efforts et de moyens.

Les Français qui ont pris possession de la vallée du Saint Laurent s'en sont rendus compte en partant.  D'où le peu d'investissements dans la défense territoriale, qui a tenu le coup pendant plus de 150 ans.

Les Anglais ont très peu investi pour défendre le territoire du Québec, entouré de gigantesques obstacles naturels, dont le golfe Saint Laurent, dans lequel la navigation est impossible une grande partie de l'année.

En effet, sous régime anglais, il a été relativement facile de repousser des invasions américaines en provenance du sud.

Les Américains ne savent pas qu'on peut mourir d'hypothermie pendant la nuit, à partir du milieu d'août,  presque partout au Québec. Ce n'est pas que nous sommes plus résistants au froid que les autres, mais nous avons l'habitude de prendre nos précautions.

En tout cas, pour les Anglais comme avant eux les Français, la défense territoriale était réalisable avec une économie de moyens.

De plus, comme le territoire du Québec a été marqué par les glaciations du Quaternaire, alors il attire très peu de convoitises de l'extérieur.  Son climat, aux saisons végétatives courtes, ne rend pas le territoire du Québec plus attirant, d'autant plus qu'au sud, sud-ouest et sud-est, les saisons végétatives dépassent 250 et même atteignent 300 jours par année et davantage. Au Québec, les bonnes saisons ne dépassent pas 170 jours.

Les richesses naturelles, minéralogiques et hydrauliques du Québec, sont également peu convoitées. Le bouclier Précambrien au nord comporte trop d'obstacles pour rendre économique l'exploitation de ces richesses.

Des centaines d'entreprises, britanniques et américaines surtout, y ont littéralement perdu leur chemise. La dernière en lice, ITT, qui a fait la pluie et le beau temps au Chili, a perdu plus de $620 millions sur la Côte Nord, parce que les dirigeants avaient sous-estimé l'importance des obstacles géographiques, y compris le climat, auxquels s'ajoute l'absence de main d'oeuvre disponible en permanence.

L'exploitation de nos richesses naturelles ne peut s'effectuer que peu à peu, à la suite d'expansions tentaculaires à partir de la vallée du Saint Laurent. sous forme de routes et chemins de fer. Et encore, les profits resteront modestes, à cause des difficultés liées à la géographie, surtout en ce qui a trait aux communications.

De plus, les grands centres et axes de gravité de l'Amérique du nord sont localisés très loin au sud et à l'ouest du territoire du Québec, ce qui réduit considérablement les possibilités de conflits autour des voies de communications.

En effet, toutes les guerres, ou presque, se déroulent autour des voies de communications que doivent emprunter plusieurs États et groupes d'intérêts. Le pouvoir, économique et politique, est complètement dans ses communications.

Comme officier, j'ai eu à analyser beaucoup de guerres et inévitablement, elles se produisent dans les zones de communications.

Même les guerres de montagne, qui ont pour objet, non la montagne comme telle mais les cols et les passes.

Or, nous n'avons pas ce problème parce que le Saint Laurent, dont le cours naturel se termine à Montréal, est en somme une voie d'importance stratégique réduite par rapport à la côte Atlantique et à la vallée du Mississipi.

Ce qui a contribué davantage à renforcer la nature périphérique de notre position a été la construction des canaux et chemins de fer pendant le X1Xe siècle, notammment le canal Érié, qui relie New York aux Grands lacs par la vallée de la Mohawk.  Ce canal a mis fin aux guerres qui opposaient les intérêts du Saint Laurent à ceux de l'embouchure de l'Hudson.

Remarquez que la majorité des batailles qui ont opposé les Français aux Anglais se sont déroulées le long de la voie Champlain. La bataille de Châteauguay, en octobre 1813, s'est déroulée au nord de la voie Champlain, soit dans le prolongement du même secteur géographique. Les autres batailles se sont produites dans la zone carrefour de Québec.

Avec la construction des canaux et chemins de fer du Saint Laurent, les intérêts britanniques au Québec se sont déplacés vers les basses terres des Grands lacs (axe Oshawa-Windsor) et vers l'Ouest. Les Anglais nous ont littéralement abandonné le Saint Laurent, que nous avons conquis par colonisations, développements, mises en valeur et achats successifs de propriétés, domaines et terroirs appartenant aux Anglais et aux Loyalistes.

Les caisses populaires ont été, à partir du dernier quart du X1Xe siècle, la principale arme d'une conquête territoriale qui nous a transformés de peuple en nation.

Notre territoire demeure donc économiquement défendable, avec un système qui intègre à la fois celui de la Nouvelle France, de même que la Suède et la Suisse actuelles.

J'ai l'impression que la neutralité politique pourrait être réalisable dans l'éventualité de l'indépendance.

J'espère avoir répondu sommairement à votre question.

René Marcel Sauvé

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
re: Force et intelligence
José Fontaine
jeudi 17 avril, 2003 17:56

Chère Madame Ferretti,

Vous pouvez parler de vous.

En vous lisant je me sens rajeunir.

Je ressens ce que je ressentais dans plusieurs lectures faites sur le Québec dans les années 70, reliées à vos chanteurs, à vos hommes politiques. il y avait là-bas une invention d'un nationalisme humain.

Cela nous a beaucoup fasciné en Wallonie. Vous ne le savez pas assez. Il faudrait en écrire l'histoire.

Je parle à l'imparfait mais je crois que ce nationalisme doit se régénérer.

Il nous ferait du bien à nous Wallons, croyez-le bien et sachez que je ne vous flatte pas mais que que je vous parle sincèrement.

Bref, je suis un amoureux du Québec sans l'avoir jamais visité mais en connaissant son esprit par coeur (je crois) et par le coeur qui n'est pas en contradiction avec l'intelligence.

José Fontaine
(Wallonie)

En plus, drôle de sentiment, mais j'ai le sentiment de n'avoir jamais ignoré qu'il y avait un Québec ou un Canada français en tout cas.

Quand je chantais au patro (mouvement de jeunesse spécifiquement wallon) "il y a longtemps que je t'aime" je savais que c'était canadien français...

Nous n'avons pas inventé autant que vous en français encore que... mais les chansons de nos pères se chantaient en wallon..

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Culture
réponse de Madame Andrée Ferretti à José Fontaine
jeudi 17 avril, 2003 19:14

Est-il possible, cher monsieur Fontaine, que vous ne soyiez jamais venu au Québec, que seules nos oeuvres littéraires et artistiques, que notre culture dans son sens large (modes d'être, de penser et d'agir)  vous aient à ce point communiquer le désir de partager notre aspiration à l'indépendance nationale?

Ce qui me conforterait dans ma conviction que la culture a toujours été le fer de lance, l'élan vital de notre puissance à résister, depuis plus de deux siècles, aux multiples tentatives de nos ennemis pour nous assimiler et, peu à peu, nous faire disparaître comme nation singulière.

Et je crois qu'aujourd'hui, face à la volonté impérialiste des États-Uniens d'homogénéiser les besoins et leur satisfaction pour imposer à la planète entière leurs produits aussi bien culturels que matériels, la culture est devenue l'enjeu primordial des luttes à mener par toutes les nations pour la démocratie et la liberté.

Ainsi, et c'est là notre essentielle particularité, notre lutte pour l'indépendance s'inscrit dans le courant universel des luttes  de chaque communauté, peuple et nation pour la sauvegarde et l'épanouissement de son identité spécifique.

Wallonie et Québec, même combat.

En toute solidarité,

Andrée Ferretti.

P.S. Il y a un José Fontaine, un Wallon également, qui tient une chronique dans le quotidien électronique "Vigile".
Seriez-vous parents ?

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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re : culture
José Fontaine
vendredi 18 avril, 2003 09:24

Oui, je pense que vous avez raison en ce qui concerne la culture. Et
d'ailleurs, nous avons commencé à y réfléchir en Wallonie à cause de votre expérience. Je sais que l'on ne peut connaître un pays qu'en le visitant souvent et en y habitant longtemps mais la culture reste une voie royale (par le mot, je ne pense pas seulement aux beaux-arts et à la littérature mais à toutes les discussions que nous avons, la saisie des complexités politiques etc.). D'une certaine façon le Québec est en Wallonie, dans une part du mouvement wallon.

On a sorti une grande "Encyclopédie" de ce mouvement avec plus de 6000 noms et des thèmes. Mais c'est curieux, plusieurs personnalités sont photographiées avec le drapeau du Québec. Namur et Québec sont deux villes jumelées étudiant leur rôle de capitales. Il y a eu des débats à la télé sur l'avenir du Québec il y a quelques années.

Quant à l' "autre" José Fontaine je suis bien placé pour savoir qu'il se culpabilise de ne pas avoir la volonté (assez) d'aller de l'autre côté de l'eau puisque c'est moi-même.

Internet est d'ailleurs pour moi une manière d'être au Québec mais notez-le, mon amitié me semble sincère car elle est aussi intéressée. Je voudrais que nous nous tenions mieux par la main par-desus l'océan et que nous connaissions mieux, Wallonie et Québec.

À la Noël, j'avais chez moi un jeune de Québec, Louis-François Bélanger qui m'a fait voir des cassettes sur votre action dans le RIN avec d'Allemagne et Bourgault.

J'aime énormément la substance de votre action de cette époque et je me souviens avoir dit un jour à un prof québécois à Louvain que le Québec était pour nous la jeunesse du monde.

José Fontaine

Graty, petit village de Wallonie en pleine campagne dans le Hainaut à quelques minutes de Mons et de Tournai, deux très vieilles villes de notre romanité. Très près de Chièves aussi qui fut la première commune d'Europe à utiliser le français comme langue administrative (au 12e siècle).

Si vous passez par là... Ma femme est très gentille et adore aussi le Québec et les Québécois,
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
re: Force et intelligence
René Marcel Sauvé
jeudi 17 avril, 2003 18:39

Chère Madame Ferretti,

Je ne vous ai donné aucun conseil, aucune leçon ni aucune recommandation.

Je dis seulement ce que je pense, comme vous le faites, sans plus.

Si j'explique beaucoup et que je donne des références, c'est pour vous permettre de vérifier et de me contredire si vous le voulez.  Par exemple, je me suis trompé d'auteur lorsque j'ai mentionné que celui qui a dit que le pouvoir corrompt et corrompt absolument est  Machivael.

C'est Montesquieu qui l'a dit et un ami m'a appelé au téléphone pour me le rappeler.  Comme vous voyez, je ne crains pas les coups. Je n'oblige personne et je ne m'impose à personne, pas même à la femme avec qui je suis marié depuis 48 ans. Elle est toujours restée libre comme l'air et mène ses affaires par elle-même, avec une maturité qui étonne toujours le gamin que je suis resté.

C'est bien entendu que je ne suis pas d'accord avec vos idées mais je ne cherche nullement à vous imposer les miennes.

Réaliste par tempérament, j'ai naturellement opté pour Aristote et les Médiévaux pendant les études philosophiques. Ils ont joué un rôle important dans le fait que je suis resté croyant. La transcendance et le chemin de la perfection de l'humanité passent par les défis du réel, non par les idéaux, qui sont des projections souvent inconscientes.

Yves Lacoste m'a enseigné les philosophies des Lumières. J'ai trouvé du sens chez Kant mais Baruch Spinoza m'étourdit.  Je suis plus à l'aise avec Heidegger et Husserl, de même avec Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir.  Mais comme j'ai la tête dure, alors je construit ma propre philosophie et j'approuve que les autres en fassent autant, à la condition d'être conscient de leurs motifs véritables.

À tous ceux et toutes celles qui veulent s'instruire davantage, je conseille également la psychanalyse, afin, comme le disait Pierre Daco, de se décrasser l'inconscient.

Je lirai avec plaisir et humilité les travaux que vous me recommandez de Spinoza.  Il n'y a rien d'anormal à entreprendre des études passé 40, ou même 50 et 70 ans. Ce qui est moins bien, c'est de négliger d'étudier et partant, s'exposer à la sclérose de l'esprit, ce qui n'est pas votre cas, évidemment.

Que voulez vous dire lorsque vous écrivez: "Cela date, bien sûr mais n'est malheureusement pas dépassé."  Pourquoi le "malheureusement" dans ce questionnement? Il y a des philo millénaires qui n'ont rien perdu de leur actualité.

Je vais imprimer vos extraits et vous en parlerai.

Merci de votre communication.

René Marcel Sauvé
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Brève réponse
Andrée Ferretti
jeudi 17 avril, 2003 20:49

Cher monsieur Sauvé,

Je m'empresse de répondre à votre dernier message, car je n'en aurai plus le temps d'ici mardi prochain, devant dès demain me préparer à recevoir mes enfants et petits-enfants qui séjourneront ici à compter de samedi midi.

Je dis qu'il est "malheureux" que la pensée de spinoza ne soit pas dépassée en ce sens que je crois que si les humains avaient commencé à agir selon la vision qu'il nous propose du monde et de la vie, nous ne pourrions que nous en porter mieux.

Bien sûr, ce n'est qu'un point de vue et je ne prétends nullement avoir raison.

Par ailleurs, quand je dis que je suis idéaliste, cela signifie seulement que j'ai des idéaux, car, sur le plan philophique je ne le suis en rien. Je me sens beaucoup plus d'affinités avec les penseurs réalistes et matérialistes qu'avec les Platon, Descartes, Hégel, etc. J'aime aussi beaucoup les existentialistes.

Comme ce n'est pas le lieu sur ce réseau de mener des discussions philosophiques, je m'arrête ici, non sans vous dire que je lis actuellement Peter Sloterdjik, un réaliste, s'il en est, et à mon humble avis, un des grands penseurs de notre contemporanéité.

Je ne vous connais pas, mais je soupçonne que vous liriez avec un grand intérêt et un immense plaisir son principal ouvrage: Critique de la raison cynique, publié chez Christian Bourgeois. Il s'agit d'une critique magistrale de notre modernité. Habermas a salué l'ouvrage, au moment de sa parution en 1983, "comme un des événements les plus importants de la vie intellectuelle depuis 1945".

Je vous salue cordialement et vous souhaite une joyeuse Pâque.

Andrée Ferretti.
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Québec dans le monde
Robert Bertrand
samedi 19 avril, 2003 12:45

Une recherche "Québec dans le monde" m'amène à cette page :

http://www.mri.gouv.qc.ca/paris/Le_quebec/reseau.html

Ce que l'on y dit :

Pour découvrir le Réseau du Québec dans le monde.

Réseau

Le réseau du Québec à l'étranger est composé de 6 délégations générales, de 4 délégations, de 6 bureaux et de 10 antennes établis dans différentes villes des États-Unis, d'Amérique latine, d'Europe et d'Asie.

Les délégations générales ont le mandat de contribuer au rayonnement et au développement du Québec. Elles couvrent l'ensemble des secteurs économique, culturel, politique et social.

Les délégations et les bureaux couvrent l'un ou l'autre ou une combinaison de ces secteurs.

Les antennes ont essentiellement un rôle économique et commercial.

Outre les services d'immigration présents dans la plupart des délégations générales, le Québec compte quatre autres services d'immigration.

De plus, quatre délégués non résidents couvrent, à partir du Québec, différents territoires.
 
 




Pour moi, cela m'apparaît comme des acquis en ce printemps 2003.

Qu'en sera-t-il en 2005, 2007 sous le nouveau Gouvernement du Québec ?

De plus, le Québec a une place d'office avec tous les États de la Nouvelle-Angleterre et des Maritimes dans des rencontres que je crois, sont annuelles.

Les ententes entre Québec et New-York étaient tellement bonnes que New-York a même suggéré de tenir les jeux olympiques de 2008 ou 2012 ou après, conjointement sur les territoires du Québec et de New-York.

Il y a changement à la tête du Québec. Les ententes possibles seront elles du même ordre ?

Il faudra voir.

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
What do the Canadians want?
Jean Lapointe
dimanche 20 avril, 2003 08:26

Voici ce que j'ai trouvé. Il faudrait que nos compatriotes québécois sachent mieux ce que pensent et ce que veulent leurs «concitoyens» canadiens. Ils se préoccuperaient davantage alors de leur avenir il me semble. J'ai l'impression que trop de Québécois ne savent pas ce qui les menace. Ce n'est pas là la raison principale pour laquelle la souveraineté est nécessaire mais c'est ça fait partie aussi du problème auquel nous sommes confrontés. Ceux d'entre nous qui
essayent de se tenir le plus informés possible peuvent sûrement continuer de tenter de les en instruire en utilisant l'internet.

http://www.languagefairness.org/

Jean Lapointe
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re: What do the Canadians want?
Robert Bertrand
dimanche 20 avril, 2003 13:17

Quand on écoute un CANADIAN nous parler, et je dois dire que dans mon "Couette & Café" il y a lieu de les rencontrer et de parler avec du vrai monde, qui ne font partie d'aucun groupement particulier, qui ont des idées bien arrêtées, cependant.

Parmi ceux et celles que j'ai rencontré, il voit ce Canada d'une mer à l'autre et ne peuvent s'imaginer que nous ne sommes pas CANADIAN.

Cela ne leur entre pas dans la tête d'imaginer que nous sommes Québécois d'abord et avant tout.

Deux entités différentes.  Nous vivons en parallèle.

Ne s'imaginant pas que nous sommes Québécois, je vais jusqu'à leur dire :

"S.V.P. ne me dites pas Canadian, je ne veux rien savoir d'être comme vous autres !  Je suis Québécois, pas Canadian."
C'est à partir de là, seulement, qu'un dialogue s'amorce.

Ils sont la majorité dans ce Canada.  Alors, ils nous prennent de haut.  En quelque sorte, il pourrait nous dire, on le sent sans qu'ils nous le disent, "essaie pour voir et tu vas voir qu'on va te placer !"

C'est à ce moment là que je me dis :  "Comment se fait-il que nous, les Québécois, même à Ottawa, soit du Parti Libéral, soit du Bloc, ne vont-ils pas dans tous les coins de ce Pays qui nous est étranger, et dialoguer avec les citoyens et citoyennes des autres provinces."

Normalement, les médias d'information, les responsables des médias, les carriéristes journalistes de tous ces médias, ils doivent bien comprendre cette réalité qui diffère du Pays CANADIAN et du Pays du Québec ?

Comment se fait-il qu'ils n'arrivent pas à cerner le problème et à en parler très explicitement dans des émissions spécialisées ?

Ils attendent un autre référendum pour qu'ils viennent nous dire le contraire en y mettant des millions $ en propagande.

Pourtant, il y a eu des Commissions d'Enquêtes et toutes les conclusions ont été balayées du revers de la main.

La Commission Spicer et toutes les autres avant ?

Avec l'élection de Jean Charest, ils s'imaginent qu'ils sont dans leur droit de croire que nous avons changé d'idée, fondamentalement, alors que de notre côté, combien il y en a qu'ils croient encore dans la chance accordée aux Canadians d'assouplir leurs points de vues et d'accorder des pouvoirs plus nombreux aux Québécois ?

Ce n'est certainement pas à rien faire de dynamique, de la part des journalistes de carrière et des médias en général, que le problème va se régler.  Le problème ne s'éteindra pas !

Qui est là pour comprendre la dynamique qu'il faudrait créer ?

Au lieu de leurs émissions de télévisions et leurs nouvelles gyrophares, ne devraient ils pas assumer une responsabilité nationale, de part et d'autre, nationale canadian et nationale québécoise et chercher des dialogues entre les citoyens et citoyennes pour qu'ils finissent par mieux comprendre leurs différences pour que ces différences soient mieux acceptées ?

Est-ce rêver que d'imaginer de tels scénarios ?

Robert Bertrand
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[Pour-le-Pays-du-Quebec]
Re:What do the Canadians want?
René Marcel Sauvé
dimanche 20 avril, 2003 15:50

À Jean Lapointe,

Maintenant que nous avons du temps pour réfléchir, nous devons mettre au point une doctrine stratégique valable.

Le mouvement général du Québec vers le statut d'État, de fait et de droit (Cf, Géopolitique et avenir du Québec) est un mouvement sui generis qui est né et à grandi souvent à notre insu. Il va continuer de grandir.

À la question: what does Quebec want? posée par les cercles d'intellectuels américains autant que par les journalistes à sensation et à mépris du Canada anglais, il faut répondre: Quebec wants statehood.

Le Québec veut l'État, tout l'État, un seul État, son État, un seul pouvoir, SON pouvoir. C'est une question de statuts et de pouvoirs, non de "séparatisme" ou quoi que ce soit d'autre en isme.

Parlons de statut.  Par définition, un STATUT EST L'ÉTAT RECONNU DE CE QUI EST INVESTI.

Un statut est d'abord et avant tout un fait accompli, comme tout investissement qui réussit.

Un STATUT N'EST PAS UN DROIT MAIS UN POUVOIR RECONNU et c'est autre chose.

Nous sommes habitués à "réclamer des droits" mais non habitués à faire reconnaître nos pouvoirs et à les exercer.

Donc, nous avons de fait (de facto) conquis les statuts de nation et d'État, mais nous ne sommes pas reconnus, ce qui veut dire que nous ne sommes pas nation et État de jure.

Trop peu de Québécois le comprennent. Habitués à l'inféodation et la soumission servile, il ne leur vient pas à l'idée que l'exercice d'un pouvoir, ou statut, n'est pas la même chose que la revendication de droits.

Voilà ce que veut dire en anglais le terme STATEHOOD,  que les Américains comprennent mais que les Orangistes et Loyalistes du Canada anglais font semblant de ne pas comprendre.

Les Américains le comprennent parce qu'ils sont aux prises avec de gigantesques problèmes de statuts territoriaux aux États Unis mêmes, soit, de partage de pouvoirs entre Washington et les États, qui, d'états avec la minuscule, sont devenus des États avec la majuscule et exigent chaque année de nouveaux transferts de pouvoirs de la part de Washington, dont la crédibilité politique et fiscale est à peu près nulle à l'heure actuelle. D'où la grande utilité de guerres extérieures pour
détourner l'attention.

Ce que je sais sur ce problème de statuts, je l'ai appris et l'apprend encore de géographes américains avec qui je travaille.

De même au Canada, où on croit par ignorance ou mauvaise foi ou les deux, que l'Ontario, l'Alberta, la Colombie Britannique, la Nouvelle Écosse et maintenant Terre Neuve sont en passe de devenir "séparatisses" comme le Québec.

En réalité, ces provinces ont atteint le statut d'ÉTATS de fait (de facto) et commencent à vouloir être reconnues comme telles. Ottawa, qui profite du statu quo et de l'argent du pouvoir, s'y oppose et s'y opposera de toutes ses forces et par tous les moyens.

Les pouvoirs en place ne cèdent jamais à de nouveaux pouvoirs.  Voilà ce que je voulais dire pour aujourd'hui. Je dois m'occuper de ma famille.

Joyeuses Pâques.

René Marcel Sauvé, géographe
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