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Robert Prévost

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Robert PRÉVOST
<<Mon tour de jardin>>,
Éditions du Septentrion,
Sillery, 2002, 211 pages.
Compte rendu par Gilles Rhéaume
2003/08/19



Cet ouvrage est un livre de souvenirs rédigé par un homme dont l’écriture est devenue le métier et la passion.

Des milliers de fois, observant scrupuleusement le précepte de Boileau, il a remis sur le métier cette pratique de l’écriture dans son versant le plus communicationnel. C’est un art que de recourir aux mots, aux textes pour s’exprimer.  De la pratique de cet art résulte quelquefois des talents comme celui de l’auteur de ce bouquin. Rien n’est plus agréable pour un lecteur, qu’il soit amateur ou averti, que de lire un bon livre : un livre qu’on ne veut plus quitter et dont on espère que le prochain chapitre arrivera le plus rapidement possible. C’est exactement ce qui se produit ici.  Robert Prévost a été journaliste, haut fonctionnaire et historien.  Né avec la fin de la Guerre de 14-18 et pouvant s’appuyer sur une sagesse certaine,  il peut, en toute quiétude, transmettre son savoir, son expertise et ses connaissances aux autres.  Celles et ceux qui s’intéressent aux sciences sociales et  les autres qui apprécient l’histoire de la modernisation du Québec tout autant que tout ce qui touche au patrimoine sauront se nourrir de cette série de textes.

Ce livre, le dernier en date d’un auteur qui en a écrit des dizaines (sans compter les centaines voire les milliers d’articles, de notes, de conférences, de mémoires et de rapports) raconte avec vivacité et sagacité des événements, des anecdotes, des faits marquants ou plus discrets de  grands et de moins grands personnages.  Il y a de tout dans ces pages dont le contenu captive, dès les premières lignes, l’esprit du lecteur avide d’en savoir plus sur le Québec.  Que de données, que de renseignements dans des pages admirablement bien construites par un professionnel et un amant du mot juste, de la phrase percutante, du paragraphe performant.  En peu de mots qui se révèlent autant d’images, l’auteur embarque le lecteur dans une aventure dont il sortira plus instruit, plus connaissant de l’histoire (la grande comme la plus petite) et de ses secrets et  plus attaché que jamais aux différentes facettes du patrimoine laurentien..

Que de belles pages, par exemple, sur Bordeaux, munipalité devenue quartier montréalais en s’annexant en 1910  et qui est situé au nord-ouest d’Ahuntsic.  Ce quartier fut celui de la famille de l’auteur et ce depuis l’époque des pionniers de la place. Les bords de la Rivière-des-prairies demeurent parmi les plus jolis attraits de la métropole.  C’est sur la glace de celle-ci que Maurice Richard, le fameux hockeyeur, fit ses premiers coups de patin, il y plus de trois quart de siècle.  La prison de Bordeaux est un des lieux les plus connus du coin avec l’Hôpital Notre-Dame-de-la-Merci qui accueille depuis des décennies des malades chroniques et qui a été fondé par les Frères de Saint-Jean-Dieu (Ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, dont le célèbre Olivar Asselin fut un des responsables de la restauration de cette communauté religieuse  en Amérique française après une absence de plus de deux siècles car elle fut active et prospère à Louisbourg jusqu’à 1745).  La famille de Robert Prévost appartient au groupe des familles fondatrices de Bordeaux et des anecdotes fort instructives sont brillamment relatées dans les premiers chapitres du livre.  Le texte coule de source.

Son expérience journalistique a débuté alors qu’il était encore fort jeune,  Certains estiment que c’était l’âge d’or du métier parce qu’il était possible, en cette époque pas si lointaine qu’elle n’y paraît au premier abord, de rencontrer le propriétaire d’un journal, d’un hebdomadaire ou d’une revue et
d’être immédiatement engagé, de se retrouver illico chargé de la mission d’écrire un texte pour le lendemain ou presque…  Ainsi Robert Prévost, par son frère, Arthur est mis en relation avec Roger Maillet, le père de la grande écrivaine Andrée Maillet dont Gaston Miron estimait que son livre intitulé L’orignal était l’un des plus beaux jamais écrit en français.  Ce Roger Maillet mériterait qu’une bonne biographie lui soit consacrée car il a joué un rôle capital dans le monde des arts et des lettres au Québec.  Une des colonnes de L‘Arche, ce groupe qui dans le premier quart du XXe siècle, a voulu insuffler de nouvelles originales ambitions aux arts et lettres de chez nous. Un visionnaire entreprenant et audacieux que ce magnat de la presse de l’époque. Des œuvres rappellent toujours le génie de ce Maillet et tous seront gré à l’auter des anecdotes et des informations qui le concernent.  Le Petit journal occupe une place importante dans la carrière du nouveau journaliste. On retrouvera ici un témoignage de premier plan sur la vie professionnelle des gens du milieu journalistique québécois des années quarante et cinquante.  Cette époque est celle du grand ouvrage fait avec les moyens de fortune que sont du bord…  Loin des ooordinateurs et du réseau Internet, les journalistes d’antant sont de véritables artisans.  Ensuite viendra le temps de servir l’Etat du Québec… Quand Paul Sauvé, succède au Chef Maurice Duplessis, mort subitement en exercice lors d’un voyage dans le Nord du Québec, l’ancien militaire-vedette de la Seconde Guerre mondiale fera rapidement appel aux talents de Robert Prévost en tant que conseiller en communications ; ce qui le mènera dans différents postes de la fonction publique dont il relèvera parfaitement les défis.
 

Quel amour de la France chez ce fier Québécois.  Il la connaît cette France pour l’avoir pratiquée en maintes occasions. Il a le culte des Anciens et des origines de notre patrie bien-aimée. Il a composé des textes et des livres uniques sur les lieux des premiers Laurentiens, les défricheurs de la Nouvelle-France.  Il sait parfaitement les provinces voire les villages desquels ces pionniers étaient les ressortissants. Ces livres constituent un trésor pour qui voyage en France. Ce qui ouvre la porte d’un autre domaine que l’auteur a marqué : la généalogie.  Sa contribution en cette matière commande une étude spécifique tant cet apport fut remarquable.  Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres que le lecteur découvrira en parcourant ces pages, nous  recommandons fortement ce volume.

Gilles Rhéaume
Bienvenue62@hotmail.com
 

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