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Bulletin électronique des droits politiques
des Québécois au Canada

2000-01-18
 
 

Le nationalisme canadien est réactionnaire,
ses sources troublantes…
Par Gilles Rhéaume
Mouvement souverainiste du Québec


Décidément le Canada collectionne les bavures démocratiques.  La dernière dérive démocratique des forces du Non au Québec, c’est la loi électorale canadienne de l’an 2000 qui a été faite pour donner davantage le Canada aux grosses compagnies.  Depuis 1867 que ce pays enrichit ses dirigeants, leurs familles et leurs associés et comparses.  Rien de nouveau ! Le Canada c’est le pays des magouilles, des coups en bas de la ceinture et des contrats faramineux…  Combien de milliards de dollars le clan Chrétien a-t-il fait depuis vingt ans ?  Et le clan Martin ?  La fin du XXe siècle et le début du suivant révèlent combien le gouvernement d’Ottawa ne faisait pas dans la dentelle avec les libertés civiles et politiques… L’évacuation du principe de l’égalité des voix qui est l’essence même du <<Bill>> C-20 est le point culminant de cette philosophie négative face au Québec, son peuple, sa langue, ses institutions et ses droits. Le vote d’un  souverainiste québécois a moins de poids politique que celui d’un partisan du Non.  Qui plus est, celui qui veut voter Non n’a pas besoin de se déplacer pour aller voter.  Ottawa va évaluer le taux de participation comme indicateur déterminant du résulat.  Rien de moins !  Et dire que cela dure depuis si longtemps…

De 1970 à 2000, le Canada a dépensé plusieurs milliards de dollars uniquement au niveau des efforts contre la montée des idées québécoises.  De 1960 à 1970, les indépendantistes étaient considérés et traités comme des agitateurs publics, des communistes disait-on ! Au niveau de la propagande, le Canada est premier toutes catégories confondues dans le monde libre.  Des milliards gaspillés au service d’un rêve discriminatoire…  Une mythologie a été construite de toutes pièces par les Pierre Elliott Trudeau, les Gérard Pelletier, les Jacques Hébert et autres Jean-Louis Roux tous imbibés qu’ils étaient encore d’un nationalisme troublant, celui des années trente. Leur osmose avec l’Église, qui caractérise leur thérapie de groupe et de classe,  est étrangère au Québec de l’an 2000 ! La nature de leur rapport avec Duplessis a eu un effet boomerang.  Curieusement et malheureusement toute cette clique, la clique du Non, les plus négatifs de toute notre histoire nationale, a surpassé et de beaucoup, tant en durée qu’en intensité l’autoritarisme du plus fameux député des Trois-Rivières.   Trudeau et Chrétien sont des Duplessis à la puissance dix !  Emprisonner des gens pour leurs opinions politiques, comme en octobre 1970, infiltrer les groupes souverainistes pendant plus de quarante ans, voilà le nationalisme du Canada. Le nationalisme canadien est peuplé d’éléments empruntés à l’univers culturel  des années trente et quarante… Cette vision est passée date ! Elle conduit aux pires dérives… Lorsque Roméo Leblanc, ancien vice-roi du Canadien dissertait sur les beautés du Canada dans des termes quasi mystiques, on ne peut que rester songeur sur cette forme de nationalisme réducteur des différences. Les couleurs canadiennes toutes ces couleurs sont partout comme dans les pays totalitaires, les sectes et autres regroupements du même genre.

Le mot Canada est inscrit et prononcé des millions de fois au Québec uniquement afin de recanadianiser les Québécois à la télé, à la radio, dans l’affichage public, sur les édifices officiels, dans les livres, les revues et les magasines etc. etc. etc.  Quelle fortune dilapidée alors que les besoins sont si criants !  Un million et demi d’enfants dans la misère !  Cette mystique nationaleuse est le fruit de la conjugaison de deux phénomènes sociaux : le racisme antiquébécois du Canada-Anglais et celui des éléments les plus sectaires des opposants au duplessisme au Québec. Les origines culturelles de cette rénovation du nationalisme canadien doivent être connues et examinées.  La lecture indépendantiste des mémoires de plusieurs des acteurs de cette époque et de cette construction idéologique qu’est le nationalisme négatif du Canada autorise les inquiétudes les plus graves quant à l’avenir immédiat…  Le Canada est prêt à tout, y compris au suicide, pour maintenir le Québec sous son joug ! Mais l’extrême droite ne semble pas la seule source philosophique de ce négativisme canadien…

Il faut aussi remonter à l’époque stalinienne pour comprendre la clé du nationalisme canadien.  Car après leur période fascisante, le clan Trudeau a versé vers les thèses de l’extrême gauche afin de s’allier l’idéologie du progrès.  Le progrès des peuples comme Lénine et Staline l’avaient si bien dessiné et dont les désastreuses conséquences se font toujours sentir en Tchétchénie.  POUTINE et CHRÉTIEN même combat ? Les grands de ce monde, disait Rosaire Morin, se ressemblent toujours… surtout lorsqu’ils veulent garder le pouvoir.  Quoiqu’il en soit, à Ottawa il existe une avant-garde éclairée qui seule peut déterminer la nature et la portée de ce qui est bien pour tout le peuple canadien dont les Québécois.  Le Canada le paradis des peuples, tout le monde le sait… Ainsi tout devient formel et rien que formel peu ou prou de matériel ou de concret.  Au niveau des langues, les constitutions soviétiques affirmaient l’égalité de tous sans distinction aucune et soutenant tout le monde…  Le linguisticocentrisme russe était ainsi conforté et tout heureux les peuples de participer à ce grand mouvement universel sous les auspices de la  langue et de la pensée russes.  Au Canada, deux langues absolument égales en droit.  La constitution canadienne est d’une clarté absolue à ce titre ! Moscou et Ottawa ont des conceptions semblables du rôle de l’unité nationale dans la conquête exercice et la conservation du pouvoir.

Dernier exemple en liste : ce qui est présenté comme une grande victoire de la justice canadienne sur le racisme des provinces anglaises dans le domaine des écoles dites francophones.  Grande victoire ?  Pas pour moi, merci.  Dix ans, dix longues et interminables années avant que le plus haut tribunal ne puisse contraindre une province anglaise d’ouvrir une école pour sa minorité historique et constitutionnelle !  Une victoire ?  Non, nous sommes dans le pays du NON. Ce nationalisme est négatif.  Non aux autres mais aussi non à soi-même… Le projet de loi  C-20 qui veut entraîner tout le pays dans la violation de la règle de l’égalité des voix, vise spécifiquement et malhonnêtement le Québec dans ses droits politiques les plus fondamentaux. En voulant lui retirer sournoisement et illégalement le libre et épanouissant exercice de son droit naturel et inaliénable à l’autodétermination, le Canada dévoile son vrai visage. Le ci-devant Juge en chef de la Cour suprême, Antonio Lamer est venu lui aussi prendre ses distances avec une certaine vision du pouvoir politique.  Partout Ottawa charcute les droits civils et politiques.  Il n’a pas de torture physique comme en 1970 mais nos droits, mes droits, sont menacés par le Canada anglais…

Pourquoi le racisme à l’égard des Québécois est-il plus acceptable que celui à l’égard de tout autre groupe identifiable et conscient de son identité comme la décision de la Ligue Nationale de Hockey vient de le démonter dans l’affaire Patrice Brisebois ?  Il est troublant de le constater…  Deux siècles de soumission c’est long et convaincant.  En fait, trois longs et pénibles siècles ont passé depuis la maudite Conquête, le XVIIIe, le XIXe et le XXe. Il ne faut compter que sur nous-mêmes, nos propres forces et nos propres ressources. Faire la promotion du pays et occuper tous les terrains.  Toujours avancer ne jamais reculer malgré le négativisme de nos adversaires, qui sont prisonniers du NON au Québec.

Gilles Rhéaume
MSQ


Québec un Pays Accueil     Je me souviens