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Des sujets de Sa Majesté

 

Des sujets de Sa Majesté
Robert Bertrand
1999-12-23

Allons-nous créer le Pays du Québec, par référendum, d'une part, et
reviser toutes nos institutions politiques dans un même temps, d'autre part ?
 Faut-il que ces deux mouvements ne fassent qu'un ?

Allons-nous franchir une deuxième étape  -- l'étape de la
République --  en un autre temps ?

J'en conviens, ce serait quasi incroyable
de voir Sa Majesté la Reine du Pays du Québec, assise sur la chaise du
Président de notre propre Assemblée Nationale et parlant aux
Québécoises et Québécois.
 

Indépendance ? Souveraineté ?  République ?  Pays ?
Robert Bertrand
30/03/01


 
Hier, à l'Assemblée Nationale, Mme Harel et Mme Marois ont parlé de souveraineté et surtout de Pays du Québec.
(...)

Ne faut-il pas un Pays avant que d'avoir une République ? Ne faut-il pas être souverain avant que d'avoir la République ?  Ne faut-il pas
l'Indépendance du Québec avant que d'avoir la République.

Ne faut-il pas s'incarner dans notre réalité commune plutôt que de
s'incarner dans des concepts qui, bien que souhaitables, bien que ce soit des objectifs idéaux à atteindre, ne conviennent pas à notre situation actuelle.

Ne faut-il pas convenir qu'avant d'avoir la République, il y aura
nécessairement et obligatoirement le Pays du Québec avec des Institutions britanniques ?

Peut-on convenir qu'il nous faut d'abord Être avant que de tout chambarder ?

C'est une opinion qui a été largement débattue.  Voyez la page suivante pour en analyser différentes facettes.

 

Texte tiré de ce Forum:
* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !
http://club.voila.fr/group/avant-garde_quebec/info.html
alain.thivierge2@sympatico.ca
28 novembre, 1999 22:08

sujet :  sujets de sa Majesté

Bonsoir. Je suis à me questionner sur ce que représentent les habitants du Canada pour le gouvernement fédéral... au nom de la reine. On me disait dernièrement que nous n'étions que des sujets de sa Majesté. Ce simple terme a pour moi un sens d'appropriation d'individus par cette majesté, il a également une signification d'anti-démocratie. Il définit également le population comme une masse de pauvres âmes incapables de décider de son propre sort. Cette réalité, est-elle bien connue de tous les habitants du Québec? Et si elle devenait plus tangible pour tous, qu'elle serait la réaction à tout cela? Ne serait-ce pas là en soit une raison excellente de s'orienter vers une autodétermination, fuir cette situation de non-liberté, de simulacre de démocratie? Étant déjà convaincu pour plusieurs autres raisons des bons éléments de la souveraineté du Québec, cet aspect de la réalité... "Canadienne" ne fait que renforcir mes convictions. À la prochaine!
 

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De la monarchie en Amérique
Marc Chevrier, juriste et étudiant au doctorat en science politique.  Mai 1998

                                    Dans une monarchie bien réglée,
                                 les sujets sont comme des poissons
                               dans un grand filet : ils se croient libres
                                           et pourtant ils sont pris.

                                        Montesquieu, Mes pensées

   Penser la République du Québec

...Il est curieux que le Canada et le Québec, opposés sur tant de choses, se
retrouvent en une : ni l’un ni l’autre ne se pense comme république. Le
monarchisme de l’un ne vaut toutefois pas celui de l’autre. Au Canada anglais, la
monarchie est un mythe fondateur ; elle raconte l’odyssée de ces Loyalistes qui fuirent la révolution américaine pour jurer, sur la nouvelle terre promise du Canada,  une fidélité encore plus grande envers une Couronne à laquelle ils offrirent le trône de leur Dominion. La monarchie a été le symbole de leur nationalisme, et le principe organisateur de leur État. Monarchistes, les Québécois l’ont été moins par conviction que par atavisme, parce que leurs ancêtres, toujours réduits à être les sujets d’une Couronne, n’ont su aspirer à autre chose. La " province " couvrirait le Québec d’un cocon protecteur, où lentement on finit par oublier que jadis les fondateurs de la démocratie québécoise étaient devenus républicains.
 

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Suite au questionnement de Alain Thivierge
alain.thivierge2@sympatico.ca
28 novembre, 1999 22:08

Sujet : Un nouveau qui se questionne...

"Je suis à me questionner sur ce que représentent les habitants du Canada pour le gouvernement fédéral... au nom de la reine. On me disait dernièrement que nous n'étions que des sujets de sa Majesté..."

(Robert Bertrand)
Faut-il vraiment aller en Angleterre pour bien comprendre tout le magnétisme existant lorsque l'on parle de la Royauté Britannique ?

En Grande-Bretagne, les parcs sont les parcs de la Couronne, les agneaux errants, sont les agneaux de la Couronne, les principaux châteaux, sont les châteaux de la Couronne.  Les autoroutes sont les autoroutes de la Couronne.  Et il est compris que ce qui appartient à la Couronne, appartient à tout le monde.

Chez nous, on parle de Parc National, de Parc Provincial.  Un parc National appartient à tous les membres de la nation; un parc Provincial appartient à tous les citoyens de la Province.

Un autre point qui marque l'importance d'un Roi ou d'une Reine sur le sol britannique est le suivant :  Le Roi ou la Reine est en même temps le Chef de l'Église sur le sol Anglais.  D'où un certain respect à l'égard de l'occupant de ce poste.  Chef de l'État et Chef de l'Église.

En sol Canadien, beaucoup d'immigrants proviennent du sol britannique; ne sommes-nous pas citoyens Britanniques tout en étant citoyens Canadiens ?  Je ne sais pas si c'est encore vrai !  Quelqu'un pourrait nous le confirmer ?  En 1967, les Canadiens n'avaient pas besoin d'un passeport pour aller en Grande-Bretagne.  Il semble bien que ce ne soit plus le cas en 1999.

Pour une personne née au Québec, cette connotation britannique a tout l'aspect d'un Pays étranger, d'une terre étrangère.  Un Souverain à qui tout pourrait lui appartenir et qui ne soit pas des nôtres.

Nos Institutions sont britanniques; le modèle de Parlement est le modèle britannique.  Tout le décorum et nos institutions politiques sont britanniques.  Et le système britannique va fêter son millénaire bientôt soit en 2015 ?  Mille ans d'Histoire !  Ça ne se change pas du revers de la main, n'est-ce pas ?

On peut se demander ce qui va arriver après un vote référendaire positif pour le Québec ?  Quelles seront nos institutions politiques ?

Le vote référendaire pour la place de la Royauté en Australie a vite dévié sur la qualité des institutions politiques qui allaient prendre place après ce référendum.  Des divisions importantes se sont manifestées et le vote référendaire sur la question principale de ne plus avoir la Royauté en sol Australien a été perdue à cause de la remise en question des institutions politiques.

Allons-nous créer le Pays du Québec, par référendum, d'une part, et reviser toutes nos institutions politiques dans un même temps, d'autre part ?  Faut-il que ces deux mouvements ne fassent qu'un ?  Ou, allons-nous permettre un temps d'arrêt et de prise en mains de toute la situation après un vote référendaire positif pour la création du Pays du Québec ?   Allons-nous franchir une deuxième étape  -- l'étape de la
République --  en un autre temps ?

Je ne sais pas quelles sont les positions des partis politiques du Québec à cet égard.  Soit celle du Parti québécois ou celle du Bloc québécois.  C'est très possible qu'ils aient quelque chose de tout à fait déterminer.  Pour moi, je considère toute cette question comme ayant un aspect secondaire pour le moment.  Il m'apparaît important qu'il nous faille d'abord créer le Pays du Québec avant d'avoir de nouvelles institutions politiques.

Ce qui veut dire,dans ma vision des choses, nos institutions demeurent les mêmes.  On fait avec le temps que cela prendra pour réformer nos institutions politiques si on juge nécessaire de devoir les réformer après la création du Pays.

On va vivre ce qui apparaîtra pour certains de l'incroyable !   Nous serons des sujets de Sa Majesté.  Mais lorsque Sa Majesté parlera sur notre territoire, elle parlera au nom des Québécois et pour les Québécois en respectant la volonté des Québécois.  Ce qui va être bien différent que ce que nous avons vécu jusqu'à présent.  Incroyable, vous ai-je dit, mais possible.  Ne trouvez-vous pas ?

Tout comme Sa Majesté parlant en sol britannique, elle est Britannique et parle aux Britanniques.  J'en conviens, ce serait quasi incroyable de voir Sa Majesté la Reine du Pays du Québec, assise sur la chaise du Président de notre propre Assemblée Nationale et parlant aux Québécoises et Québécois.

Dans un premier temps, n'est-il pas important de créer notre Pays du Québec et de se servir des mêmes institutions politiques ?  Un deuxième temps, ne pourrions-nous pas, s'il y a lieu, et si la population est convaincue, de modifier fondamentalement nos institutions politiques ?

C'est pour le moment, ma conviction.  Comme on est dans une situation évolutive, tout est permis de considérer d'autres avenues qui pourraient être également intéressantes.

Nous avons déjà débattue de la question référendaire sur ce forum.  Les intervenants ont finalement mis de l'avant une question qui pourrait ressembler à celle qui suit :

"Voulez-vous que la province de Québec devienne un Pays"

ou "Voulez-vous que la province de Québec devienne un Pays souverain ?"

Avec une telle question, n'est-il pas permis de s'interroger à savoir si toutes les institutions politiques sont modifiées par ce désir de création du Pays du Québec ?

Le changement de nos institutions politiques devrait-il faire l'objet d'une nouvelle question après la création du Pays ?  Dans un an, deux ans, cinq ans ou quand le besoin de ce changement se fera évident pour ces modifications ?

La qualité de l'argumentation devient donc d'une importance capitale.

J'en profite pour souhaiter à chacun et chacune une joyeuse période des Fêtes.

Robert Bertrand, rédacteur,
QUÉBEC, Un Pays,
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
http://QUEBECUNPAYS.iquebec.com
1999-12-23

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[A-g.Qc] Re: Des sujets de sa Majesté
23 décembre, 1999 20:22
Alain LaBonté
 

À 16:05 1999-12-23 -0800, Robert Bertrand a écrit:
>En sol Canadien, beaucoup d'immigrants proviennent du sol britannique;
>ne sommes-nous pas citoyens Britanniques tout en étant citoyens
>Canadiens ?  Je ne sais pas si c'est encore vrai !  Quelqu'un pourrait
>nous le confirmer ?  En 1967, les Canadiens n'avaient pas besoin d'un passeport pour aller en Grande-Bretagne.  Il semble bien que ce ne soit plus le cas en 1999.

[Alain] Je me souviens de ce que, sur mon premier passeport (1975), il était « rappelé aux autorités concernées » que tout citoyen canadien était sujet britannique (non pas sujet du gouvernement anglais mais d'une personne, en l'occurrence la Reine Élisabeth II -- reliquat du régime féodal).

    C'est encore le cas mais on ne l'indique plus dans les passeports. Il faut dire que c'est tout à fait folklorique et que ça ne veut plus rien dire (d'où la totale inutilité d'avoir un monarque).

    Cela étant, il ne faut pas confondre sujet britannique et citoyen britannique. Un citoyen canadien n'a aucun droit immédiat à la citoyenneté britannique depuis plusieurs années (ça s'est passé il y a moins de 25 ans, je crois). Et inversement, un citoyen britannique est maintenant un immigrant comme un autre quand il met les pieds au Canada. Il n'a aucun droit ni privilège de plus que les autres (autre qu'un préjugé favorable, sans nul doute).

    L'Angleterre a dû fermer les valves quand elle s'est aperçue qu'elle était envahie par les sujets britanniques de ses anciennes colonies. Qui plus est, on a refusé l'entrée à Londres des sujets britanniques, *à passeport britannique* dans ce cas [c'est d'ailleurs scandaleux], qui ont voulu quitter Hong Kong dans la décennie qui a précédé 1997... sauf s'ils étaient riches (ou, sans doute, des descendants britanniques à peau blanche -- ce qui était synonyme de colon riche de toute façon).

    Mais l'Angleterre est, de temps immémoriaux, le pays de l'inégalité...  Rien à voir avec la France, qui a comme devise : « Liberté, Égalité, Fraternité »... Dans les faits, il y  a des citoyens plus égaux que d'autres en France, mais pas devant la loi. Or en Angleterre, c'est de cela qu'il s'agit : *devant la loi*, tous ne sont pas égaux (à preuve, l'exemple de Hong Kong, à preuve la Chambre des Lors où siègent des non-élus [un de ces Lords m'a déjà fait visiter le Parlement britannique ; il faisait ça pour son plaisir, m'a-t-il dit, pour se rendre utile : « je suis ici uniquement parce que mon père est né avant moi, je reçois mon salaire mais je n'ai aucune obligation de siéger, je pourrais me contenter de vivre dans mon château et de ne jamais mettre les pieds à Londres, et ça ne changerait absolument rien ! »] -- plus pour longtemps, on vient d'annoncer que ça changera, à preuve bien d'autres choses encore dont les traces existent au Canada [le système injuste des écoles séparées en Ontario, par exemple, j'en aurais long à dire là-dessus -- et ça dure toujours)

    Les reliquats de système féodal y sont pour quelque chose. Je crois que les Anglais en ont marre eux aussi, et je suis très heureux que Tony Blair -- cet Anglais francophile et francophone de gauche -- soit au pouvoir :  c'est grâce à lui que ça débloque en Irlande du Nord, que le Parlement écossais a repris sa place au soleil, etc. -- Heureusement que le magret d'Thatcher n'est plus là, elle qui chérit Pinochet son allié... Signes de temps annonciateurs d'espoir pour l'humanité, là-bas comme ici.

Alain LaBonté
Charlesbourg

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* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !

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sujet :  Les droits des anglophnes dans un Quebec souverain

La Couronne

Monsieur Jean-Yves Durocher nous dit ce qui suit : "Cela est un des paradoxes les plus importants de l'accession du Québec à l'indépendance politique. La séparation du Québec du Canada n'en est une que de façade; celle d'une nouvelle désignation de la Province de Québec qui devient une Couronne distincte du Canada, mais demeure en fait un prolongement limité géographiquement du Canada. Ce n'est que lorsque les premières lois du premier parlement de cette nouvelle Couronne auront été promulguées que s'élaborera, sur les fondations législatives existantes, la nouvelle souveraineté du Québec.

J'imagine mal que la première loi présentée par la nouvelle Assemblée abolisse les droits historiques et légaux de sa plus importante minorité."

Selon votre opinion, Monsieur Durocher, qu'en est-il de la République du Québec ?  La question de la République du Québec n'est-elle pas implicite avec la création du Pays du Québec ou est-elle subséquente, i.e. dans un autre temps ?

Je voudrais mieux comprendre cette phrase-ci : "celle d'une nouvelle désignation de la Province de Québec qui devient une Couronne distincte du Canada mais demeure en fait un prolongement limité géographiquement du Canada. "

Si nous voulons notre Pays du Québec, doit-il passer par l'étape d'un Pays sous la Couronne Britannique ou sous la Couronne Canadienne ? ou sous la Couronne tout court ?

Possiblement que nos amis anglophones du Québec apprécieraient cette logique que l'on soit, jusqu'à décision ultérieure, un Pays du Québec sous la Couronne... mais laquelle ?  Faudra-t-il dire Sa Majesté la Reine du Québec ?

N'y trouverait-on pas des alliés chez nos compatriotes de langues anglaises si ce processus devenait bien clair et bien compris de part et d'autre par l'ensemble de nos concitoyens(ennes)?

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays,
http://www.multimania.com/quebecunpays/
http://www.total.net/~qcunpays/
http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/3488/index.html
http://www.iquebec.com/QUEBECUNPAYS
http://QUEBECUNPAYS.iquebec.com
 

> L'anglais
>
> Une des contradictions de l'accession du Québec à l'indépendance
> politique sera la création de la minorité anglophone québécoise et
> l'obligation légale qu'aura le nouveau pays de la protéger.
>
> Donc, dans un Québec indépendant, la minorité anglophone devra
> avoir des droits garantis, dont celui de la préservation de ses
> acquis et d'une protection efficace, par la nouveau pays, de
> l'ensemblede ces droits.
>
> J'ajoute que selon moi, pour être consistant avec l'histoire du
> Québec, que nous devrons faire la promotion nécessaire pour
> que cette minorité conserve son importance démographique
> en nombre et en proportion au moment de la proclamation
> du nouveau pays. En effet, nous répétons depuis des années,
> qu'un des défauts du Canada a été d'être un endroit
> assimilateur où l'importance du frais français a été en constante
> diminution et qu'il s'agit d'une des raisons de notre désir d'être
> séparé politiquement de ce pays. Il m'apparaît que la logique la plus
> simple exige de ne pas adopter les travers de ce que l'on dénonce.
>
> Donc, nous avons l'obligation morale de protéger la communauté
> anglophone du Québec et cette obligation en est une de résultat;
> donc d'actions pro-actives de notre part.
>
> Nous ne pourrons pas, non plus, lier les droits des anglophones à
> ceux des francophones du Canada. Le Québec, pays indépendant,
> est garant des droits de ses citoyens. Tous sont égaux les uns
> devant les autres, on ne peut donc créer une « classe » de citoyens
> dont les droits dépendent de quiconque à part les Québécois
> eux-même. Le Québec doit, moralement et légalement, garantir par
> lui même, et lui seul, les droits de ses minorités.
>
> Moralement pour les raisons énoncées plus haut. Légalement par
> obligation internationale, dont les Chartes pertinentes des
> Nations-Unis dont le Québec, à moins de les dénoncer, sera
> signataire de suite de celle du Canada selon la doctrine mille fois
> répété par Bernard Landry et par obligation de suite, justement, du
> Canada dont le Québec acquiert alors la souveraineté totale, tant
> du pouvoir que des obligations. Donc, les dispositions de la Loi
> Constitutionnelle de 1982 et de la Charte des Droits qui en fait
> parti. Pour ceux qui me diront que le Québec n'a jamais signé
> cette constitution et qu'il la rejeté, j'aimerai que l'on me fournisse
> le texte de la Loi du Québec, entériné par Sa Majesté,
> qui validerait cette thèse; car si elle est fondée, je me demandes
>  ce qu'on fait ici : le Québec est indépendant depuis sa date de > promulgation.
>
> Donc toutes les décisions de la Cour Suprême du Canada > s'appliquent.  Toutes sans exceptions. Et si, dans une Province
> de Québec nous pouvons légiférer sur l'usage exclusif du
>  français en argumentant notre statut minoritaire, cela
>  nous sera impossible lorsque nous devenons un pays.
>
> Cela est un des paradoxes les plus importants de l'accession du > Québec à l'indépendance politique. La séparation du Québec
> du Canada n'en est une que de façade; celle d'une nouvelle
>  désignation de la Province de Québec qui devient une
> Couronne distincte du Canada, mais demeure en fait un
> prolongement limité géographiquement du Canada. Ce n'est que
> lorsque les premières lois du premier parlement de cette nouvelle
> Couronne auront été promulguées que s'élaborera, sur les
> fondations législatives existantes, la nouvelle souveraineté du
> Québec. J'imagine mal que la première loi présentée par la
> nouvelle Assemblée abolisse les droits historiques et légaux
> de sa plus importante minorité.
>
> Ceci dit, tant et aussi longtemps que nous sommes Canadiens, nous
> sommes la seule et unique minorité linguistique dans ce pays. > Tenter
> de faire croire le contraire, qu'il y aurait une minorité anglophone
> canadienne au Québec est un tour de passe habile mais pernicieux.
>
> C'est pourquoi je souscrit à l'opinion d'Impératif français qu'il faut
> dénoncer les octrois fédéraux à des organismes qui agissent dans le
> champ de la « protection » culturelle des anglos-québécois. Ceci dit,
> je comprend fort bien que dans la liste d'Impératif français, il y a
> des groupes qui ont réellement besoin de ces fonds, je pense aux
> Townshippers qui payent assez chèrement leurs opositions à Bill
> « I was a long time virgin » Johnson. Les coffres sont à vide, les
> « généreux donateurs » privés sont tous devenus écossais. Mais cela
> ne change rien à la position que je dois tenir, c'est au Gouvernement
> du Québec qu'il revient de défendre et de protéger ses minorités
> dans  la protection de leurs cultures; champ exclusif de juridiction
> provinciale.
>
> Pour les même raisons, je dénonce avec regret la décision
> d'Impératif Estrie de protester contre l'octroi du statut de ville bilingue aux
> municipalités fussionnés de Hatley et de North-Hatley. La Loi
> québécoise est claire, cette nouvelle municipalité, peut si elle
> désire, conserver ce statut si son conseil municipal en fait la
> demande.
>
> Qu'il y ait dans les Cantons de l'Est des irréductibles anglais
> nostalgiques de la belle époque du bilinguisme des francophones > pour
> mieux servir les unilingues anglophones, j'en suis conscient
> quotidiennement. Et il ne s'agit pas uniquement de vieilles dames
> anglaises abandonnées pour cause de pauvreté par des enfants > partis en
> Ontario. Je vis quotidiennement ces petits affronts et j'en ris. J'en
> ris parce que j'ai conscience de vivre dans un repli, non stratégique
> mais de dernier ressort. Et que ces bravades sont celles de perdants
> de l'histoire. Les plus drôles étant celles qui proviennent > naturellement
> des francophones désireux de protéger la belle vie que l'on vivait
> ensemble avant que les méchants séparationistes viennent faire le trouble.
>
> Voyez-vous, la plus importante contribution de Mandela à l'histoire > de
> l'Humanité aura été de créer sa Commission du pardon. Venez-dire
> réellement ce qui s'est passé, avouez l'inavouable et vous serez
> pardonné. C'est dire que oui le passé nous a blessé, mais que le
> présent nous oblige à la guérison.
>
> Je n'en demande pas moins de mon pays de demain, celui qui peut-être
> le mien pour accueillir le troisième millénaire (01/01/2001) si on le veut.
>
> Jean-Yves Durocher
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* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !
 

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sujet :  Les droits des anglophnes dans un Quebec souverain

"robert bertrand" <qcunpay-@total.net> a écrit:
Texte original:
http://www.egroups.com/group/avant-garde_quebec/?start=4049
> La Couronne
>
> Monsieur Jean-Yves Durocher nous dit ce qui suit :
> "Cela est un des paradoxes les plus importants de l'accession du
> Québec à l'indépendance politique. La séparation du Québec du > Canada
> n'en est une que de façade; celle d'une nouvelle désignation de la
> Province de Québec qui devient une Couronne distincte du Canada,
> mais demeure en fait un prolongement limité géographiquement du
> Canada. Ce n'est que lorsque les premières lois du premier
> parlement de cette nouvelle Couronne auront été promulguées que
> s'élaborera, sur les fondations législatives existantes, la nouvelle
> souveraineté du Québec.
> J'imagine mal que la première loi présentée par la nouvelle Assemblée
> abolisse les droits historiques et légaux de sa plus importante
> minorité."
>
> Selon votre opinion, Monsieur Durocher, qu'en est-il de la République
> du Québec ?  La question de la République du Québec n'est-elle pas
> implicite avec la création du Pays du Québec ou est-elle subséquente,
> i.e. dans un autre temps ?
>
> Je voudrais mieux comprendre cette phrase-ci : "celle d'une nouvelle
> désignation de la Province de Québec qui devient une Couronne
> distincte du Canada mais demeure en fait un prolongement limité
> géographiquement du Canada. "
>
> Si nous voulons notre Pays du Québec, doit-il passer par l'étape d'un
> Pays sous la Couronne Britannique ou sous la Couronne Canadienne ?
> ou sous la Couronne tout court ?
>
> Possiblement que nos amis anglophones du Québec apprécieraient cette
> logique que l'on soit, jusqu'à décision ultérieure, un Pays du Québec
> sous la Couronne... mais laquelle ?  Faudra-t-il dire Sa Majesté la
> Reine du Québec ?
>
> N'y trouverait-on pas des alliés chez nos compatriotes de langues
> anglaises si ce processus devenait bien clair et bien compris de part > et
> d'autre par l'ensemble de nos concitoyens(ennes)?
>
> Robert Bertrand, rédacteur,

Vous soulevez d'intéressantes questions qui malheureusement sont trop souvent rejetés du revers de la main.

Dans les cercles souverainistes il y a une sorte de tabou sur l'évocation d'une autre forme de statut politique du Québec que celui de la République. Je conviens rapidement que je dois être le seul monarchiste souverainiste au Québec, mais vous admettrez que la
question n'a jamais été débatue.

Mon ami le modérateur par exemple désire une présidence forte alors que moi je désire un chef d'État moral. Il s'agit de deux visions de la chose qui, il me semble, mérite un débat ouvert.

Légalement, avant de devenir une république le Québec devra être, ne serait-ce qu'un instant, une monarchie constitutionnelle dont la Couronne sera détenu par la Reine d'Angleterre, notre gracieuse Souveraine, qui ne serait-ce que pour ce dernier titre mérite notre admiration en tant que souverainiste.

En fait, il suffirait que demain matin, l'Assemblée Nationale proclame une Loi qui fait d'Élisabeth II la Reine du Québec pour que le Québec devienne un pays indépendant.

Naturellement, elle y penserait deux fois sous les conseils de ses premiers ministres Canadiens et Brittaniques, mais pourrait-elle dire non si immédiatement il y a élection sous ce thème et que le parti qui a proposé cette loi est élu?

Voyez-vous, il y a ceux qui croit qu'il existe une sorte de droit international, onusien comme ils disent, pour accéder à l'indépendance.  Ce n'est pas vrai. Entre des règles normales et habituelles et le droit il y a une grande différence.

C'est d'ailleur le message de Tonio dans Le Devoir de ce matin. Il y a des règles mais c'est le plus fort qui les déterminent, point final à la ligne. Je ne crois pas qu'il y ait de plus fort que la règle du vote majoritaire.

Nous avons la chance présentement d'avoir une personne en tant que chef de l'État québécois qui a réussi à maintenir la dignité de son poste au dessus des considérations partisanes. Nous sommes loin de la travestie,  le jeux de mots est voulu, d'un sympatisant nazi insensible aux souffrances des juifs qui était le choix précédent d'Ottawa. Cette femme peut, demain matin, faire une excellente Gouverneur-Général du Québec.

Continuer avec le régime monarchique pendant quelques temps, nous permettraient à tous de digérer tranquillement, sans grand chambardement, notre pays. Il est évident que les minorités anglophones, mais surtout autochtones seraient rassurés, mais elles
seraient surtout pris à leur propre piège dialectique.

Bizarrement, nous sommes une des nations qui est depuis sa fondation monarchiste. Nous avions un Roi français qui nous a confié à son frère (lire les documents de l'époque) le Roi d'Angleterre. Aurions-nous été anglais dès le départ que nous aurions connus une interlude républicaine de quelques années. Il y a de l'ironie dans tout cela, mais aussi un brin de sagesse.

Je ne crois pas que la Monarchie soit une solution à long terme, même les Anglais se demandent sérieusement si la république ne serait pas un meilleur format de gérance politique. Il est évident qu'Élisabeth II sera soit la dernière, ou l'avant dernière souveraine brittanique. À moins qu'un événement, comme la rébellion au Cortez, propulse un roi
qui devait disparaître selon les plans des socialistes espagnols au rang incontesté de véritable chef d'État la monarchie vit ses dernières heures en Grande-Bretagne. Au Québec, elle serait un rite de passage vers la République.

Mais elle éviterait les tentations d'un présidentalisme sans réflexion préalable qui fait force de vérité absolu au Québec.

J'espère que cela répond à vos questions.
Jean-Yves Durocher
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* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !

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titre : La décadence de l’État canadien

Et ne faudrait-il pas un débat sur la question de la République du Québec qui ferait suite à la Mornarchie du Québec ?  En d'autres mots, le Pays du Québec vivra-t-il une Monarchie avant d'atteindre la République ?  Ou le Pays du Québec sera-t-il Républicain dès son
accession à l'Indépendance ?

Robert Bertrand, rédacteur,
Québec un Pays,
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Le boycott
On suggère de boycotter les élections fédérales. Je suis pour.

Mais pas celle-ci.

J'ai déjà dit, je le répète que la démocratie québécoise n'existe pas. La démocratie est pleine et entière et finale. Ce n'est pas le cas de la démocratie québécoise qui est tributaire de la démocratie canadienne et dépend d'elle pour son existence.

Le Québec n'existe pas, c'est une création coloniale britannique, décrétée selon l'usage de l'époque, donc sans aucune consultation avec le peuple. Peuple qui alors n'aurait été que les gens habilités à voter en passant. Je tiens à souligner que, l'événement n'ayant pas fait les manchettes que cette semaine, le Parlement canadien honorait les cinq femmes qui ont obtenues que leurs consœurs soient reconnues comme personnes, c'était il y a peu d'années en somme.

Il n'y a qu'un ordre législatif et juridique au Canada et c'est celui du Parlement canadien.

Il y a eu, une coutume, qui accordait aux provinces la notion de la souveraineté partagée (l'autonomie), elle n'existe plus.

C'est le plan B, autre erreur sémantique, puisqu'il s'agit du plan A :

Je me permets de vous citer ce que dit Daniel Turp dans son ouvrage, "La Nation ballonnée" à ce sujet :

« D'autres voudront penser que le plan B a comme source d'inspiration lointaine l'Acte d'Union qui a réuni le Bas- Canada et le Haut-Canada. Que le très britannique Lord Durham et son héritier canadien Stéphane Dion ont en commun l'idée de retenir le Québec contre son gré dans l'union, l'un par l'assimilation et la minorisation, l'autre par la législation. Que la seule façon de réprimer les rébellions de 1837-1838 était de contraindre les habitants du Bas-Canada à renoncer à leur rêve d'indépendance et à se fondre dans les nouvelles institutions, tout comme les résultats du référendum de 1995 justifieraient le fait qu'on veuille priver les Québécois de leur droit démocratique à décider librement de leur avenir. »

Ce n'est pas le plan B, mais bien le A.

Le Québec n'existe pas, c'est dommage de le répéter, mais c'est la vérité. Rien n'empêche, et ce le plus démocratiquement du monde, le Parlement canadien de « dévoluer » c'est le terme, la moindre loi québécoise, tout comme Madame la Lieutenante-Gouverneure ne pourrait rien faire si le Gouvernement de Sa Majesté en chef du Canada conseillait à Madame la Gouverneure-Générale de dissoudre le présent gouvernement en place à Québec.

Ce serait pas tellement bien vu, mais rien n'y ferait.

Il n'y a pas de démocratie québécoise, il y a une démocratie canadienne.

Mon, votre, notre pays c'est le Canada.

Un pays c'est la finalité légale de la souveraineté.

Si, je ou vous, participez à l'exercice, dans une démocratie moderne, le plus courant de reconnaissance de la justification démocratique de la souveraineté d'un pays, vous (j'en accepte) en acceptez les règles et les normes. Cette reconnaissance c'est l'élection.

La démocratie n'est pas un buffet chinois et ce même si le haut lieu de la discussion intellectuelle de la démocratie canadienne à Montréal en est un.

Donc, si vous (je vote) votez à une élection fédérale, vous cautionner, par ce geste les actions du gouvernement du Canada et admettez que le Parlement du Canada est la finalité de la légalité canadienne.

Si vous (je vote) votez à la prochaine élection fédérale, vous cautionner, par ce geste, la légalité (parler de moralité politique dans ce contexte est obscène) de la Loi sur la clarté qui plonge le Québec dans les pénombres.

Mais je vote pour le Bloc, qui a voté contre, me direz-vous, donc je vote contre la Loi sur la clarté des pénombres.

NON.

Vous votez pour un parti politique qui pratique l'électoralisme, qu'il ne faut pas confondre avec la démocratie à moins de vivre sur une autre planète.

Le choix non électoraliste du Bloc était de démissionner en bloc lors du dépôt même de cette loi, retirant du fait même par ce geste la légitimité de la Loi. Il ne l'a pas fait, donc en votant, même contre, il a légitimé cette loi.

En démocratie, le principe de base est de respecter le choix de la majorité. Si l'on accepte le principe on doit en accepter la conclusion naturelle de la démocratie : gérer pour le bien commun.

Or dans ce cas-ci, le Canada gère pour le bien commun. Du Canada, mais que voulez-vous, justement nous reconnaissons par notre participation au processus démocratique canadien que celui-ci est le seul véritable.

Vous votez le 29 novembre 2000, vous (j'accepte) acceptez que la Loi sur la clarté des pénombres soit, non seulement légale, mais légitime.

Vous (j'accepte) acceptez le statut colonial subsidiaire du Gouvernement du Québec, créature du Parlement de Westminster dont le successeur est le Parlement d'Ottawa.

Déprimant n'est ce pas ?

Mais réel.

Maintenant que faire ?

Participer dans ce cas est légitimé, s'abstenir est aussi légitimé. Impasse.

C'est devant cette dernière qu'il faut habituellement faire preuve de
pragmatisme.

S'abstenir individuellement risque de provoquer une situation pire que la participation : la légitimation de l'œuvre du plan A par l'élection massive des gens qui l'ont proposés, le défendent : les Libéraux.

S'abstenir collectivement serait une toute autre proposition.

Et elle ne s'improvise pas, au contraire.

L'abstention, en premier lieu, à la démocratie canadienne serait un geste posé et réfléchi, s'appuyant sur une politique de non-reconnaissance populaire du peuple québécois de la légitimité d'un ordre politique imposé par des politiques coloniales surannées, mais qui malheureusement ont forces au Canada.

C'est un geste collectif et organisé.

Aussi, sinon plus difficile, que l'électoralisme. Exigeant efforts, moyens, déceptions et joies.

Ce n'est pas payant l'abstention, on n'offre pas de sinécure à personne.

C'est quoi dans sa finalité l'abstention ?

C'est peut-être, dans certains comtés, des députés élus par 20, 200, 2000 personnes au plus. Des gens qui ne disposeraient d'aucunes légitimité démocratique et dont l'opinions publiques, la locale, la canadienne, l'internationale refuserait la reconnaissance.

N'imaginons pas qu'un canadien accepterait longtemps de légitimer les actions d'un gouvernement ou 75 de ses députés seraient des pantins fantoches, il ne faut pas tant les mépriser.

Nous aurions en fait, dans certains comtés cela serait possible, des députés du Québec non-québécois.

Parce que le boycott de l'électoralisme est un acte d'unanimité collective. Celui qui n'y participe pas s'exclut de son propre chef de la collectivité à laquelle il dit appartenir. Cela va du candidat, de ses supporters, des gens qui travaillent pour le système électoral.

Cela ne peut, malheureusement et j'admets le dire hypocritement, empêcher les démonstrations de rejets des participants à un exercice électoral sujet à un boycott.

Donc, la conclusion est que dans de nombreux comtés il serait impossible d'organiser l'élection par manque de personnel électoral en nombre suffisant. On ne peut blâmer monsieur et madame Tartenpion, libéraux éternels, de préférer demeurer chez-eux plutôt que participer à un recensement électoral ou leurs «beau char » aurait subi quelques outrages, malheureusement non couvert par leurs assurances, pour quelques centaines de dollars.

Et encore moins leur assureur, candidat pressenti, de préférer s'occuper de ses affaires.

On pourrait même se trouver dans des situations ou aucune personne ne serait en mesure de présenter de bulletins de présentation, faute de réunir le nombre obligatoire de signatures, qui doivent provenir d'électeurs habilités à voter dans le comté. Les dits bulletins étant publics, doit-on le dire.

C'est cela un boycott, du travail de terrain sans récompense.

Sans 200$ le jour de l'élection ; sans job d'adjoint de comté en bout de ligne, sans budget de recherche donc de jobs encore pour les chums du parti.

C'est un parlement canadien qui aurait peut-être 50 députés du Québec, dont 25 auraient été élus par moins de 2000 électeurs au plus (les comtés anglophones étant une autre paire de manche).

Mais c'est un immense travail d'organisation, qui exige des ressources physiques, humaines, financières et intellectuelles d'envergure.

Parce qu'il faudrait expliquer aux Québécois le pourquoi de la démarche. Encadrer celle-ci pour éviter les débordements trop évidents d'enthousiasmes dont je faisais part plus haut.

Et accepter aussi, son aboutissement intellectuel. Si nous refusons la démocratie canadienne, peut-on accepter une démocratie québécoise qui s'exerce dans le cadre canadien ?

Refuser la démocratie canadienne exige que nous nous dotions d'une démocratie québécoise le plus rapidement possible après avoir refusé la première.

C'est la seule position morale que l'on puisse tenir, nous nous la devons pour nous même et pour les Canadiens.

Il faut vivre avec ses contradictions, pratiquer un certain pragmatisme n'est pas de mauvais alois; mais on ne peut étirer éternellement celles-ci, ni pratiquer le second en guise de remplacement du dur devoir de se confronter aux exigences des choix
véritables.

Et dans ce cas-ci, le choix véritable est de demeurer Canadien en se glosant d'être Québécois ou d'être Québécois et d'en accepter le fardeau, les responsabilités, les devoirs, les droits et le bonheur d'être libre.

Ce n'est pas un choix difficile à faire. L'électoralisme en est une voie, ce n'est pas la seule possible dans un futur prochain. Aujourd'hui, le pragmatisme, la réalité nous forcent à la prendre. J'espère pour la dernière fois.

Ayons le courage d'admettre que le Québec n'est pas l'histoire de connivences, de compromissions sans fin, de mensonges que nous avons finis par croire vérités. Ayons le courage de dire que pour dire OUI au Québec il faut dire NON au Canada.

Et, qu'aujourd'hui, le moyen de le dire n'est pas de s'abstenir, mais de dire NON à ceux qui travestissent l'histoire en proposant des plans, qui sont l'ABC de leurs politiques centenaires : nous mentir en nous disant que nous sommes chez-nous partout sauf chez-nous.

Et pour un et une francophone, à un comté près, cela exige de voter en plus grands nombres (et je dirais en libéral : donc souvent) pour le Bloc Québécois le 29 novembre 2000.

Jean-Yves Durocher
signets@qc.aira.com
ven. 20-10-2000 15:35
* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !

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De la monarchie et de la présidence
Durocher Jean-Yves [signets@qc.aira.com]
ven. 08-12-2000 12:04

Comme on l'a souligné, le Québec est une monarchie.

En fait, à part quelques pays scandinaves, nous sommes une des plus anciennes nations monarchiques au monde.

Il y a au Québec une continuité de Couronne depuis plus de 400 ans, en premier la Française et suite à la cession, l'Anglaise.

Le plus drôle étant que notre situation géo-politique a obligée la seconde à être très clément et généreux avec nous.

Je crois que nous devons retourner un peu aux mots et constater qu'étymologiquement république et monarchie ne sont pas si antynonime que cela.

Et qu'avant de s'aventurer dans des chemins dangeureux, nous devrions discuter du régime politique d'un Québec souverain sans préjugés. Et donc a priori d'envisager sérieusement la continuité du système politique actuel: soit une monarchie constitutionnelle avec comme monarque, Sa Majesté Élisabeth II.

Je le dis sérieusement, parce que je crois que le Chef d'État doit être l'autorité morale d'une nation. C'est une façon de voir les choses, je sais qu'il y en a d'autres.

Si je fais cette proposition, qui vas à l'encontre des croyances établies, c'est pour de multiples raisons. La première est la continuité de droit; tout le droit canadien s'applique immédiatement, dans le cadre légal existant, donc s'interprète selon des règles connus; les traités signés par la Couronne deviennent par le fait même des traités québécois; on appréciera dans le grand nord! La deuxième est la continuité de système, il n'y a rien à changer, pas de nouvelles règles à inventer et à apprendre, comprendre et maîtriser.

Enfin il y a une élégance au procédé.

Pour que l'Assemblée Nationale déclare sa séparation politique du Canada et sa souveraineté totale dans tous les domaines il suffit de passer une loi, très courte qui dit: "À compter de telle date, Sa Majesté est la Couronne exclusive du Québec, en droit et en titre."

Point à la ligne, demain, légalement et démocratiquement dans le système parlementaire britannique l'Assemblée Nationale peut passer cette loi. Et la tradition britannique oblige Sa Majesté a respectée les demandes de ses sujets.

Que voulez-vous, la réalité juridique est que le Québec devra nécessairement passer par une étape (qui sera peut-être une fraction de seconde) où légalement nous serons "monarchistes".

Tout ceci pour dire que la Loi 99 n'a rien à faire avec la république ou la monarchie. Notre chef d'état est toujours notre gracieuse Souveraine (quel beau mot) Élisabeth II.

Naturellement, si notre gracieuse Souveraine refuse à sa représentante d'apposer son seign à une loi de l'Assemblée Nationale, elle devra s'expliquer devant son peuple.

Je ne crois pas qu'elle le fera. Parce que notre gracieuse Souveraine est avant tout la Défendeur de la Foi et que la Foi c'est moral.

Je plaisante, mais disons que depuis qu'un Gouverneur général est intervenu en Autralie contre la volonté populaire, Sa Majesté voit d'un très mauvais oeil de contredire ses parlements.

Ce qui ne m'empêche pas de dire que le Gouvernement du Québec devrait inviter Sa Majesté a venir enteriner la loi 99 de Sa Signature à Québec.

Que voulez-vous, je suis un éternel romantique.

Jean-Yves Durocher

* Forum « Avant-garde Québec »
*  Fondé en septembre 1998
*   Vive la République du Québec !

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Re : De la monarchie et de la présidence
Jean LAPOINTE [LapointeJean@videotron.ca]
avant-garde_quebec@egroups.fr
sam. 09-12-2000 10:04

--- Dans avant-garde_quebec@e..., "Durocher Jean-Yves" <signets@q...>
a écrit
> Comme on l'a souligné, le Québec est une monarchie.
>
> En fait, à part quelques pays scandinaves, nous sommes une des
> plus anciennes nations monarchiques au monde.
>
> Il y a au Québec une continuité de Couronne depuis plus de 400 ans,
> en premier la Française et suite à la cession, l'Anglaise.
>
> Le plus drôle étant que notre situation géo-politique a obligée la
> seconde à être très clément et généreux avec nous.

(LAPOINTE)

Comme cela vous trouvez que l'Acte d'Union de 1840 (entre autres) c'était "être clément et généreux avec nous" alors que le but avoué de cet Acte était d'assimiler les Canadiens d'ascendance française à la minorité de langue anglaise qui, à l'époque, était dominante dans tout ou presque.

Drôle de façon d'être clément et généreux avec nous de la part de la Reine Victoria.
>
> Je crois que nous devons retourner un peu aux mots et constater
> qu'étymologiquement république et monarchie ne sont pas si antynonime que cela.

(LAPOINTE)

Je reconnais avec vous qu'il existe aussi des monarchies constitutionnelles, dans lesquelles république et monarchie cohabitent en quelque sorte. La Grande-Bretagne en est un exemple.

C'est la raison pour la quelle j' ai parlé de république populaire parce qu'à mes yeux à moi, il est inconcevale qu'il puisse y avoir un souverain dans une république populaire parce que, dans une république populaire, c'est le peuple qui est souverain et non pas le monarque.

Dans une république populaire le chef de l'État est un président non un roi.

Or, la loi 99 fait de nous les Québécois et les Québécoises les seuls détenteurs de la souveraineté. Le Québec devient donc de ce fait même une république de type populaire.
>
> Et qu'avant de s'aventurer dans des chemins dangeureux, nous devrions discuter du régime politique d'un Québec souverain sans préjugés.  Et donc a priori d'envisager sérieusement la continuité du système politique actuel: soit une monarchie constitutionnelle avec comme monarque, Sa Majesté Élisabeth II.

(LAPOINTE)

Ce n'est peut-être pas théoriquement impossible ce que vous proposez mais pas dutout réaliste à mon avis.

Si les Anglais et les Ecossais acceptent encore la Reine Elisabeth II, est-ce que ce n'est pas parce que la majorité de la population y est encore très attachée?

On ne retrouve rien de semblable ici au Québec. je pense pouvoir dire que la Reine Elisabeth II, la plupart des gens s'en balancent totalement.

Alors, pensez-vous vraiment que les gens l'accepteraient comme le Chef de leur Etat? Moi j'en doute fort. Personnellment je veux rien savoir de la Reine Elisabeth II. Elle nous a coûté déjà assez cher jusqu'à maintenant.

Ce qu'on lui verse à la personne la plus riche du monde, dit-on, pourrait servir à bien d'autres choses.

Ce que je veux dire c'est que , pour qu'un chef d'état soit accepté par une population donnée, il faut que sa présence soit considérée comme légitime par cette population.

Et sa présence sera considérée comme légitime s'il y a un attachement sentimental envers la personne qui occupe le poste et envers sa famille ou s'il a été élu démocratiquement.

Or, Liz ne répendrait à aucun de ces deux critères en ce qui nous concerne nous les Québécois.

> Je le dis sérieusement, parce que je crois que le Chef d'État doit
> être l'autorité morale d'une nation. C'est une façon de voir les
> choses, je sais qu'il y en a d'autres.

(LAPOINTE)

Cette autorité morale encore faut-il que les gens la lui reconnaissent et s'y soumettent pour qu'elle existe. Autrement c'est de la foutaise. Autrement c'est de la frime. Autrement c'est artificiel.

Pensez-vous vraiment que les Québécois et les Québécoises reconnaîtraient une quelconque autorité, aussi morale soit-elle, à Liz?

Sûrement pas. On l' a assez vue sur nos pièces de monnaie , sur nos billets de banque et sur nos timbres. ll serait temps qu'elle disparaisse pour de bon.
>
> Si je fais cette proposition, qui vas à l'encontre des croyances
> établies, c'est pour de multiples raisons. La première est la
> continuité de droit; tout le droit canadien s'applique immédiatement,
> dans le cadre légal existant, donc s'interprète selon des règles
> connus; les traités signés par la Couronne deviennent par le fait
> même des traités québécois; on appréciera dans le grand nord! La
> deuxième est la continuité de système, il n'y a rien à changer, pas
> de nouvelles règles à inventer et à apprendre, comprendre et
   maîtriser.

(LAPOINTE)

Je suis porté à penser que cette continuité pourrait être assurée par l'adoption d'une simple loi le stipulant par notre Assemblée nationale. C'est d'ailleurs ce qui avait été prévu lors du référendum de 1995, si je ne me trompe pas.

> Enfin il y a une élégance au procédé.

(LAPOINTE)

Je ne vois pas très bien ce qu'il y aurait d'élégant là-dedans. Moi je trouve que ça ferait plutôt loufoque, anachronique et quelque peu ridicule.
>
> Pour que l'Assemblée Nationale déclare sa séparation politique du
> Canada et sa souveraineté totale dans tous les domaines il suffit de
> passer une loi, très courte qui dit: "À compter de telle date, Sa
> Majesté est la Couronne exclusive du Québec, en droit et en titre."

(LAPOINTE)

L'Assemblé nationale ne peut pas adopter n'importe quelle loi. Encore faut-il en démocratie qu'une partie du peuple y soit favorable.

Or, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de Québécois et de Québécoises qui trouveraient que ce serait une très bonne idée.
>
> Point à la ligne, demain, légalement et démocratiquement dans le
> système parlementaire britannique l'Assemblée Nationale peut
> passer cette loi. Et la tradition britannique oblige Sa Majesté a
> respectée les demandes de ses sujets.

(LAPOINTE)

Etes-vous bien sûr de ce que vous dites. Pourriez-vous nous donner des exemples pour illustrer ce que vous affirmez là?

Elisabeth serait obligée d'accepter de devenir la Reine du Québec si nous le lui demandions. Cela m'étonnerait beaucoup.
>
> Que voulez-vous, la réalité juridique est que le Québec devra
> nécessairement passer par une étape (qui sera peut-être une fraction
> de seconde) où légalement nous serons "monarchistes".
>
> Tout ceci pour dire que la Loi 99 n'a rien à faire avec la république
> ou la monarchie. Notre chef d'état est toujours notre gracieuse
> Souveraine (quel beau mot) Élisabeth II.
>
> Naturellement, si notre gracieuse Souveraine refuse à sa
> représentante d'apposer son seign à une loi de l'Assemblée
> Nationale, elle devra s'expliquer devant son peuple.
>
> Je ne crois pas qu'elle le fera. Parce que notre gracieuse Souveraine
> est avant tout la Défendeur de la Foi et que la Foi c'est moral.
>
> Je plaisante, mais disons que depuis qu'un Gouverneur général est
> intervenu en Autralie contre la volonté populaire, Sa Majesté voit
> d'un très mauvais oeil de contredire ses parlements.
>
> Ce qui ne m'empêche pas de dire que le Gouvernement du Québec
> devrait inviter Sa Majesté a venir enteriner la loi 99 de Sa Signature
   à Québec.

(LAPOINTE)

Quel beau cirque ça ferait ! Les seuls invités qui s'y présenteraient seraient probablement Jean Chrétien et Stéphane Dion.

Non  M. Durocher, je n'arrive pas à croire que vous puissiez être vraiment sérieux.
>
> Que voulez-vous, je suis un éternel romantique.
>
> Jean-Yves Durocher

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