Vous  êtes dans    
 
 


 
 

Paul Martin et Bernard Landry ou
de  «la loi des deux poids deux mesures» des  médias
par Gilles Rhéaume
2001/03/17



Cette semaine Paul Martin, ce ministre d’Ottawa chéri de la presse canadienne et québécoise, y est allé d’une déclaration remarquée par le public mais systématiquement ignorée des médias et des analystes.

Au Canada ce sont les convictions politiques qui départagent, aux yeux des médias, les bons des méchants.  Monsieur Martin est du bord des bons, Bernard Landry du bord des méchants.  Comme à la lutte où c’est la couleur des maillots qui détermine la qualité…

Selon Paul Martin elle serait «barbare» la déclaration du Premier ministre du Québec à l’effet que le Canada aurait été «inutile voire néfaste pour le Québec». Quel analyste a pris soin de dénoncer comme il se doit cette bavure du ministre canadien des finances ?

Qui a affirmé que Paul Martin a dérapé en parlant ainsi ?  Personne voyons, l’aspirant Premier ministre du Canada a droit à tous les égards journalistiques…

Deux poids, deux mesures, telle est la loi fondamentale des communications canadiennes selon qu’il s’agisse des propos d’un politicien québécois ou canadien !

Qu’il est triste ce spectacle médiatique dont le public québécois fait les frais.

Monsieur Martin aurait tous les droits tandis que Bernard Landry n’en aurait aucun…

Il en va ainsi dans ce pays !

Les ténors du NON peuvent se permettre impunément tous les écarts de langage et de conduite alors que les chefs souverainistes du Québec devraient encore une fois se contenter de la partie congrue…

L’utilisation du concept de barbarie n’est pas anodin.  Cette expression est lourde de sens.  Elle marque la rupture d’avec la civilisation.

Il est triste et choquant de constater combien et comment la gent journalistique canadienne et québécoise se comporte quand vient le temps de porter jugement sur les faits et gestes des politiciens.

Paul Martin bénéficie de la sympathie des gens de la presse.  Soit !  Mais comment ne pas déplorer l’obséquiosité de ces scribes à la gomme ?

Imaginons un seul instant que Bernard Landry eût utilisé le terme «barbare» pour qualifier le Canada.  J’entends déjà les Chantal Hébert, les Alain Dubuc, le B’Nai Brith, Alliance Québec, Bill Jonhson, Mordecaï Richler, Howard Galganov, madame Christiane Charrette, Diane Francis et autres bien-pensants hurler comme des putois contre le Premier ministre du Québec… Tous les médias du Canada et du Québec en auraient fait leurs manchettes pendant des semaines…

Mais il s’agit de Paul Martin !

Personne ne s’offusque des outrecuidances de cet individu aussi ignorant qu’infatué. Aussi riche que Crésus aussi…  Très riche en effet que ce propriétaire de bateaux battant drapeaux étrangers…

Cette démesure dans le traitement de l’information constitue une autre illustration, comme s’il en fallait encore, de la nécessité d’un Sommet de l’Information afin que la lumière soit enfin faite sur le droit des Québécois à une information juste, équitable et de qualité.

Heureusement que Josée Legault dans The Gazette a fait entendre un autre point de vue…

Pauvre Québec et pauvre Canada en otages qu’ils sont d’un quarteron de médias serviles au pouvoir canadien qui ne rate pas une occasion d’engraisser les coffres de ces médias avec sa propagande débile…

Gilles Rhéaume
 

Québec un Pays          Accueil        Je me souviens