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La langue française

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L’avenir de la langue française
ou comment faire le plein des votes pour le OUI
27-04-2000
par Gilles RHÉAUME


L’étude publiée ce matin dans le Devoir sous la signature du politologue Richard Nadeau de l’université de Montréal et de Jean-Marc Léger de la firme Léger & Léger commande une attention toute spéciale.  Celles et ceux qui croient en la nécessité de la souveraineté du Québec ont tout intérêt à s’inspirer  des messages de cette étude dans leurs réflexions tactiques et  stratégiques…  La langue est le moteur de la cause du Québec.  C’est autour de l’avenir de la langue française que le consensus du OUI à la souveraineté peut se construire et franchir le cap de la majorité absolue, de ce fameux et universel 50%+1 des voix exprimées…  Enfin une étude sur cette question…

Ottawa en a certainement des centaines de ces études. Elles ont été probablement commandées à des bonnes firmes ROUGES ou ROUGEATRES avec les 31 millions de dollars qu’ont reçu le Conseil pour l’unité canadienne (comme dans soviétique) et Options Canada (comme dans moscovite)…  Il y a une industrie des folies canadiennes avec ses concepteurs, ses idéologues, ses vendeurs, ses lobbystes…  Beaucoup de l’argent des impôts des Canadiennes et des Canadiens, dont 12% de souverainistes québécois, est dépensé en études, propagandes, sondages, rencontres...  Des millions et des millions chaque année.  Le Vérificateur général du Canada estime que plus de 30 millions ont été versés à ces groupes sans véritable contrôle financier.  Depuis trente ans c’est plus d’un milliard qu’Ottawa a dépensé pour contrer le OUI au Québec…  Le lien profond entre le peuple du Québec et sa langue n’a pas échappé aux sbires, aux scribes et aux fournisseurs du NON…

Ottawa sait, selon les chiffres dont il dispose, que le Québec est solidement attaché à la langue française et que l’avenir du français est la clé qui ouvrira la porte vers l’indépendance…

Depuis ce matin, les Québécois aussi le savent !

Bien évidemment que SEULE l’avenir du français  peut faire le plein des votes des francophones et des francophiles et assurer ainsi une victoire du OUI le moment venu… Les tableaux publiés dans le Devoir sont d’une clarté lumineuse.  Il est de l’intérêt politique des souverainistes que la population se sente partie intégrante et prenante d’une réflexion sur l’avenir du Québec en tant que seul État français des Amériques.  Voilà pourquoi les gens du NON ne veulent pas des États-Généraux, par exemple…  Jean Charest sait depuis longtemps que sur la question de la langue, le Parti libéral est objet de suspicion…  Cette perception semble avoir atteint son point de non-retour.  Ce qui est grave au Québec. Il faut que les Québécois prennent conscience que sans la souveraineté, il n’y a pas d’avenir pour le français…  Il n’y pas d’autres avenirs que ceux qui assombrissent hélas le ciel de la grande majorité des francophones du Canada…  Un Québec souverain aura les moyens d’assurer la pérennité du français tandis qu’un Québec, Province du Canada, est condamné à un bilinguisme qui fait de sa langue, la langue seconde… L’autre langue du Québec…

Les défis linguistiques des peuples sont les défis de ce nouveau siècle.  Il suffit de suivre l’actualité internationale pour s’en convaincre.

Il faut revoir la Charte de la langue française et l’adopter aux réalités nouvelles qui sont fort différentes de celles qui prévalaient lors de son adoption en 1977 ; adoption que nous devons à la ténacité, à la persévérance et en l’absolue loyauté du regretté Docteur Camille Saurin dont les amis espèrent toujours que la Ville de Montréal rendra un hommage permanent.  Un quart de siècle plus tard, c’est le temps des bilans.  Le Docteur lui-même l’avait dit dans une entrevue dans l’Actualité.  La loi 101 de l’an 2000 a besoin d’être rénovée, actualisée devrions-nous écrire.  Car il en est passé de l’eau sous les ponts depuis lors.

D’abord les tribunaux d’Ottawa l’ont carrément charcuté, banalisé, rendue inopérante dans presque tous les secteurs d’activité. Tout cela dans un véritable cirque judiciaire ou le gouvernement d’Ottawa le matin, nommait  les juges, et le midi, subventionnait  grassement les avocats et toutes ses Alliance Québec de service (la gang du pay roll comme y disent !) qui contestaient la loi 101 devant les tribunaux du fédéral !  Voilà pour la justice canadienne quand il s’agit de la langue du peuple québécois.  La Cour Suprême tout en reconnaissant la nette prédominance du français comme étant acceptable au Québec n’en a pas moins imposé au dit Québec un bilinguisme institutionnel qui contrecarre les efforts de la loi 101.  Deux visions de la langue, deux principes de droit linguistique, duplicité d’organismes etc.  Un véritable ragoût sociolinguistique que celui que nous vaut le régime canadien…  La deuxième langue est toujours une langue de seconde classe…  Au Canada, le français ne pourra jamais être autre chose que la deuxième langue…  Encore que sous peu, le français ne sera même plus la deuxième langue comme c’est déjà le cas dans certaines provinces anglaises et dans bien des coins du Canada.

Au plan linguistique, dans une perspective québécoise, le Canada est une impasse.  Les générations futures méritent mieux qu’un pays étranger comme patrie…  Au Canada, parler français c’est vivre en exil, en marge.  Le Québec est dans le Canada.  Ce qui fragilise la langue française au Québec.  Le bilinguisme anglais/français est réducteur de la réalité linguistique qui est beaucoup plus complexe et plus riche que ce modèle abrutissant au plan sociolinguistique…  Les jeunes ont le droit de vivre dans un pays ou le français serait la langue normale sans avoir toujours l’obligation de  justifier ses moindres manifestations…

En plus des nécessités internes qui commandent une rénovation de la loi 101, il y a des motifs qui viennent de l’extérieur.  D’abord en tant que pôle de la Francophonie, le Québec qui est le plus grand territoire du monde dont le français est la langue officielle, porte des responsabilités spécifiques.  En plus, il y a une tendance sociolinguistique mondiale, dont la Déclaration des droits linguistiques de Barcelone a été le point culminant.  En vertu de ces nouveaux principes, parrainés et soutenus par l’UNESCO, les droits linguistiques devront être réévalués partout.  Ce qui se fait déjà en Europe d’ailleurs…

Il faut que le prochain congrès du Parti québécois soit aussi l’occasion de rappeler que c’est la souveraineté qui peut seule fournir à la langue française le cadre dont son avenir et voire sa survie ont un urgent besoin.  La refrancisation du territoire québécois passe nécessairement par le bris du lien confédéral…

Les jeunes semblent les plus sensibles à cette question.  Cette autre donnée ne fait qu’ajouter à la pertinence de recentrer le débat public  sur la langue.  La donne n’a jamais été aussi encourageante.  Le Canada est en train d’imploser sous le poids des bêtises et la mauvaise administration.  En santé, le Canada se classe à la queue des pays riches eu égard à l’argent investi en santé.  C’est une horreur !

Tandis que les malades souffrent et meurent les petits amis de l’Empereur de Shawinigan se vautrent dans les coffres du gouvernement, qui un retire 6 millions, un autre 4, une compagnie, un douzaine de millions. Alouette ! Gentille Alouette ! Alouette, je t’y plumerai le bec…  Alouette aussi comme celle de Félix… Tandis les gens du peuple se débrouillent avec les moyens du bord, quand ils peuvent encore en trouver, des milliards de dollars, oui des milliards sont versés dans les comptes de banque des proches du régime et du monarque tout puissant qui veille machinalement aux destinées de ce beau et grand Canada…

Nous sommes en l’an 2000…

L’avenir du français est la voie de la victoire…

Les prochains mois sont cruciaux.  En regardant dans la même direction sans jamais se laisser distraire de l’essentiel, conscients de nos forces et solidaires dans nos différences, nous vaincrons…

Le meilleur est à venir…

gr

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