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Vers la démission de Robert Bourassa

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Avis du Rédacteur de Québec un Pays.

Ce texte fut transmis par télécopieur au Premier Ministre Robert Bourassa, à tous les Députés et Ministres de l'Assemblée Nationale, à tous les Hauts-Fonctionnaires majeurs du Gouvernement, aux membres de la Galerie de la Presse.

Moins de trois jours plus tard, il faut savoir que le Premier Ministre Robert Bourassa démissionnait.

(Aucun journaliste a fait état de ce texte dans un quelconque Journal Officiel)

Suite au message numéro 5073
paru sur votre babillard,
WORLD  VISION  BBS
1-418-626-7636  le 15/8/93
(n'existe plus depuis 1995)

Robert Bertrand,
journaliste indépendant et
responsable opérateur (SysOp)
1993-08-23

 

Vous me permettrez d'y répondre sans "s'accrocher dans les fleurs du tapis" comme on dit.  Je ne veux pas parler pour parler mais, si possible, parler pour chercher à faire avancer les choses.

DANS  UN  PREMIER  TEMPS :

J'ai répondu au texte tel qu'il était présenté et ma réponse demeure et fait parti du dossier.

Pour se situer, je vous dirai que j'ai toujours suivi de très près la politique et que cela remonte en 1958.  Je m'interrogeais alors que Duplessis était au  pouvoir.  Une époque un peu lointaine mais qui est la nôtre.

Il n'y avait pas beaucoup d'espoir pour les jeunes et les moins jeunes comme c'est le cas actuellement.  Duplessis est mort.

1- LA  RÉVOLUTION  TRANQUILLE

Est venu Jean Lesage.  Le Québec a connu, ce qu'il convient d'appeler la Révolution Tranquille.  Création des polyvalentes et transformation du système de l'éducation.  C'était, faut-il le rappeler, une révolution majeure pour notre province "catholique".   C'est l'église qui était pratiquement le "maître d'oeuvre"  dans le domaine de l'éducation.

Le gouvernement du Québec a pris de nouvelles responsabilités, il assumait les pleins pouvoirs sur l'éducation en créant le MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION, Il a mis en place de nouvelles structures dans le domaine de la santé.  Dans un deuxième temps, il nationalisa l'électricité et créa l'Hydro-Québec avec des structures administratives françaises.  Les ententes pour la réalisation de l'EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1967  --  TERRE  DES  HOMMES  --  se sont engagées sous son règne et combien d'autres!

Ce que je vous dis ou vous écris ici, je le fais de mémoire, pour l'avoir vécu comme citoyen contribuable mais intéressé par la politique et tout ce qui concernait l'être humain que je suis.  Je laisse donc le soin aux  HISTORIENS  d'exercer leur métier et d'ajouter, d'améliorer ou de retrancher partout où c'est nécessaire.

2- CRÉATION  DU  PARTI  QUÉBÉCOIS

La venue des Chefs d'État de nombreux Pays sur le site de l'EXPOSITION INTERNATIONALE, donc en sol québécois, a donné un mouvement à la volonté de reconnaissance internationale, nationale et individuelle des québécois.  TERRE  DES  HOMMES  est devenue un lieu exceptionnel de la rencontre des québécois et de la population venant de tous les coins du monde.  C'était beau et les québécois étaient fiers de leur réussite.

S'est formé le RALLIEMENT  POUR  L'INDÉPENDANCE  NATIONALE,  le " R. I. N. " avec Pierre Bourgault.  Ensuite, création du PARTI QUÉBÉCOIS qui amenait un rafraîchissement dans la politique.

Le PARTI QUÉBÉCOIS a réalisé des changements dans les domaines économique, politique, social et culturel.  Tout cela était bien.

Le  PARTI  QUÉBÉCOIS correspondait à l'image que les québécois se faisait d'eux-mêmes.  Beaucoup de jeunesse, beaucoup de sang neuf, des idées neuves et une volonté de changements et des changements réels prenaient place.  C'était emballant.  Les québécois prenaient leur place sur la scène internationale et canadienne.  Ils se reconnaissaient avec leur langue devenue la langue officielle.

Le  PARTI QUÉBÉCOIS  s'était imposé de tenir un référendum dès son premier mandat.  C'était une promesse "solennelle" et le parti ne pouvait pas passer à côté.  Le parti a perdu démocratiquement son RÉFÉRENDUM.  Les québécois l'ont voulu.  C'est malheureux, cependant c'est une phase vécue et très douloureusement pour ceux qui avaient misé beaucoup d'espoir.

3- LE  RÉFÉRENDUM  DE  1980

On pourrait écrire des pages...  Le passé est passé.  Le présent est actuellement nôtre et il s'agit de bien le meubler, de bien le vivre, de bien l'évaluer et de tenir le langage du présent.  Le présent peut être une force si on l'accepte et qu'on le vive.

Je dis bien le  VIVRE.  Comprendre son temps pour prévoir l'avenir.

Et là je me sens bien.

L'ÉTAT  ACTUEL  DES  CHOSES.

Notre Premier Ministre actuel, (Robert Bourassa) plus absent de la scène pour toutes sortes de motifs qui semblent, tantôt personnels :

 -- est-ce que je suis trop, assez, peu malade ou pas du tout malade  --?
-- est-ce que le peuple est très sympathique, moyennement sympathique, peu sympathique ou pas sympathique du tout à l'idée que je sois malade --
tantôt de conjoncture politique :
--  est-ce le temps de déclencher ou non des élections  --

ou tantôt une question de rendre service à son parti :
-- est-ce que cela fait l'affaire du parti si je quitte avant ou après les prochaines élections, par exemple.

4- DE  L'IMMORALITÉ  POLITIQUE
ET DE LA DICTATURE PARLEMENTAIRE

Dans le contexte actuel de notre vie sociale, culturelle, politique, économique, est-ce normal de perdre autant de temps ?

Si vous étiez administrateur d'une grosse Compagnie comme General Motors ou Bombardier ou toute autre que vous pouvez imaginer, et que vous seriez dans l'impossibilité de bien travailler, normalement.  Qu'est-ce que vous feriez?  Vous resteriez à votre poste... ?  Je vous le demande ?

Toute personne sensée, -- normalement constituée --  qui assume un niveau de responsabilité privée ou publique: elle saurait prendre la décision de démissionner de son poste.

Il faut le constater : on en est rendu à accepter collectivement et massivement  L'IMMORALITÉ  POLITIQUE  comme étant une valeur respectable !  " L'HOMO  POLITICUS "  domine la situation.  L'être humain, le peuple :  connaît pas !

Et c'est cela qui est inadmissible, injustifiable et condamnable.

ET  LE  PEUPLE  DANS  TOUT  CELA:  A-T-IL ENCORE UNE PLACE ?   Pourquoi les autres membres du  CABINET  ne lui disent-ils pas de rendre les armes ?   Ils ne peuvent pas;  ils suivent la ligne du parti;  ils doivent attendre le moment propice de l'opinion publique en leur faveur pour déclencher une élection.  C'est la loi du parti;  c'est  "la loi du bon sens"  tel que vécu et exigé des membres des partis politiques.  L'HOMO  POLITICUS  est leur " vrai "  chef.

Et le peuple dans tout cela?
Qu'est-ce qu'il peut faire ?

Qu'est-ce qu'il peut bien démocratiquement faire ?  Le peuple, vous le constatez, vit dans la morosité, dans le contentement béat.  Personne ne propose rien.  Les partis politiques ont "muselé"  les membres des partis.  Celui qui voudrait parler, on le "zippe".  On lui place une fermeture éclair.  Il doit se taire.   Il doit faire comme les autres.... attendre l'élection!   Le  " chef " va peut-être décidé....

Ils sont élus.  Le peuple doit attendre le moment où le PREMIER MINISTRE  se sentant   -- un peu ou pas du tout malade -- déclenche les élections !

Vous le constatez:  on est dans un régime démocratique.  Mais les élus se servent de la démocratie comme si elle était une DICTATURE  PARLEMENTAIRE.

Ils sont élus !  On ( LE PEUPLE ) doit attendre la prochaine élection...
On n'a pas d'autres choses à faire.  Vous trouvez cela emballant un système semblable ?

Le peuple est impuissant devant son propre gouvernement !

Je vous le demande:  les choses peuvent-elles être plus ridicules que cela ?

5- AU  FÉDÉRAL

D'autre part, au Fédéral, Brian Mulroney, avant de quitter la scène, s`est adressé à son  PARTI  pour lui signifier qu'il quittait son poste.

Le  C O N T R A T  qu'il avait signé, il l'était avec la population de l'ensemble du Pays.  Il était " partie "  de ce contrat.

Ce qu'il a fait, sans se soucier de la population qui l'a élue, il a mis fin   u n i l a t é r a l l e m e n t     à son contrat.  On l'a déjà vu:  IL  AIME  CELA  DÉCHIRER  LES CONTRATS !

Un simple exemple:  chercher à mettre fin à votre hypothèque  et mettez-y officiellement fin.  Qu'est-ce qui arrive ?  C'est un bris de contrat.  La Caisse ou la Banque reprend la maison.

Je disais donc que M. Mulroney s'est servi du pouvoir:  nomination de sénateurs, un total de 15, juste avant de quitter la scène.  Etait-ce nécessaire de les nommer?

6- UN SYSTEME  DE  GOUVERNEMENT  " PUTRIDE  ET  CANCÉREUX. "

Je vous invite à retourner en arrière, juste un petit moment et vous rappeler la fin du règne de Maurice Duplessis.  Rappelez-vous l'étape de la création de la compagnie  QUEBEC  NATURAL  GAZ devenue la Compagnie du gaz naturel du Québec.

Des ministres avaient achetés des actions en bourse de cette Société sachant qu'ils étaient les auteurs des articles de loi régissant la création de cette compagnie.  Ils agissaient donc en situation d'"initiés".

Le journal  LE  DEVOIR  avait été mis au courant et annonçait donc la publication prochaine d'une série d'articles concernant ce qui devait être connu comme étant le scandale du "Q.N.G." ou le scandale du gaz naturel.

Lorsque vous êtes premier ministre ou ministre, cela ne fait jamais l'affaire de parler de scandale.  C'est alors que Duplessis, après une ou deux publications a déclaré qu'il considérait le journal LE DEVOIR, à cause de ses prises de position, un journal aux articles " putrides et cancéreux ".

Comme tout bon journaliste, le journal a publié les déclarations du premier ministre Duplessis.  Les termes " putrides et cancéreux " se sont retrouvés tout juste sous une photo de M. Duplessis.  On était à la fin de son règne.

7- UN  PARALLELE  AVEC  LA SITUATION ACTUELLE

Je veux bien qu'on soit malade à l'occasion.  Mais, Mesdames et Messieurs du  CABINET  DES  MINISTRES, vous administrez un budget de 40 milliards de dollars.

Vous administrez ce que nous voulons qui soit  NOTRE  PAYS.  Vous faites des déficits annuels de près de 4 milliards.  La preuve n'est-elle pas faite que vous ne possédez aucune qualification pour détenir votre poste ?

Les diplômes que vous possédez, si vous en possédés, sont-ils des diplômes achetés, falsifiés, non véridiques?  Comment peut-on se dire "économiste" et administrer de la sorte ?

Ne faut-il pas reconnaître, à la face de tous, votre incompétence notoire ?   Nous avons un  CABINET  DE  MINISTRES  fatigués, malades, en cure et en ex-cure, en déficits accumulés, en taxes augmentées, en taxes rétroactives.  Bref, des élus irrécupérables.  Vous avez atteint votre niveau d'incompétence tel que décrit par le principe de Peter.

Si toutes nos petites et moyennes entreprises étaient administrées de la même façon que ce  CABINET  DE  MINISTRES  administre notre Province, autant les gérants des caisses populaires ou les gérants des plus ou moins grandes banques demanderaient la fermeture de ces entreprises.

8- UN  SYSTEME  PARLEMENTAIRE  A  REJETER

Présentement, notre système parlementaire oblige que ce soit le CABINET  DES  MINISTRES  qui administre l'État.  On le remarque immédiatement, dans ce système de représentation et de parlementarisme actuels, il faut que ce soit des élus qui administrent la Province.  Est-ce que cela peut se changer?

Nous pouvons changer tout ce système sans l'assentiment d'une quelconque autre province.  Nous avons l'autorité pour procéder pour l'administration de nos affaires à l'intérieur de nos murs. Ne sommes-nous pas devenus   MAÎTRES  CHEZ  NOUS ,  comme le disait si bien M. Jean Lesage ?

Devant la complexité des situations administratives et des changements que nous nous devons d'apporter,  NOUS,  LE  PEUPLE exigeons :

        a) Que des administrateurs dûment qualifiés administrent l'État  QUÉBÉCOIS.

        b) Qu'un maximum d'un représentant soit élu pour représenter sa région administrative, soit un total de 16 élus.

       c)  Que les élus deviennent les membres de l'ASSEMBLÉE NATIONALE  et aient comme mandat de voter les lois en conformité avec les besoins de la population qui sera consultée régulièrement.

       d)  Que ces élus viennent régulièrement consulter le peuple pour lui demander son assentiment sur les principales lois votées à l'Assemblée nationale.  D'ailleurs, les Suisses ne sont-ils pas consultés toutes les semaines ou tous les mois?

Les technologies dont vous vous êtes servis pour mieux contrôler le peuple sont entre les mains du peuple.  Les prochains mois, les prochaines années, nous ne devons plus accepter autre chose que des administrateurs qualifiés pour administrer les biens de notre  État.

9- ON  NE  PEUT  SERVIR  DEUX  MAITRES

On s'en rend compte maintenant: les députés ne font que servir le chef du parti.  Ils ne contrôlent pas les dépenses, ils n'administrent pas les budgets.  Ils ne font que faire ce que la ligne du parti commande de faire.  Bref: les députés élus par le peuple ne servent pas le peuple.  Ces députés élus ne sont qu'une caricature de la démocratie.  La "dictature" du chef est supérieure à la voix du peuple.

Le résultat:  des milliards de déficits annuellement et des duplications de service par centaines.  Il faut se rendre mutuellement et collectivement à l'évidence: l'État du Québec n'est pas une administration de nos affaires.

L'État c'est vingt-quatre ministères, onze ministres délégués, quatorze régies comme la Régie de l'assurance dépôt, de l'assurance maladie, de la sécurité dans les sports, de l'assurance agricole, de l'assurance bâtiments, des permis d'alcool, des installations olympiques, des loteries et courses, et encore...; il faut ajouter à cela près de 60 sociétés d'État comme la Société des Alcools, de l'assurance auto, de la caisse de dépôts et placements, de l'Hydro, du développement de la Baie-James, des traversiers, du Grand Théâtre... Soquem, Soquip, etc... etc...etc...etc...

Tout est divisé.  On multiplie les services de recherches; on multiplie les services d'information; on multiplie les chefs de cabinet; on multiplie les secrétariats; on multiplie les services du personnel; on multiplie... on multiplie... on multiplie encore...  c'est payant de multiplier pour rendre service aux "valeureux" travailleurs d'élections, aux  "valeureux"  travailleurs dans les partis.

" l'État sert l'État "  de nous dire un des ministres monsieur Yvon Picotte dans un livre à paraître, comme nous le signalait monsieur Normand Girard dans le Journal de Québec, le samedi 14 août 1993 à la  page 8.

Il est ministre, et il nous dit cela !  Il vient de découvrir cela!   Mieux vaut tard que jamais...  Il doit bien y avoir quelque chose de vrai dans tout cela !

Nous, le peuple, nous ne faisons plus affaire avec " notre " gouvernement;  nous avons devant nous un monstre de plus de cinquante administrations diverses dont les responsables sont plus ou moins valables comme administrateur.  C'est le pourquoi de la duplication des services; c'est le pourquoi des déficits incontrôlables; c'est le pourquoi de la mauvaise administration.

10- VERS  UNE  REFORME  OBLIGATOIRE  DE  NOS  ADMINISTRATIONS PUBLIQUES

La réforme se doit d'être amorcée.  Vous avez connu le pouvoir assez longtemps...  Vous devez bien savoir ce qu'il y a à changer?

Nos administrations provinciales, municipales, scolaires se doivent d'en prendre note et de tirer les conclusions qui s'imposent.

Le règne des administrations de tous les niveaux de gouvernements qui se servent avant de servir la population est terminé.

Ne regardez pas l'autre pallier de gouvernement; regardez-vous!

Maintenant, c'est assez!   Maintenant, c'est fini!

Fini le règne des cancres et des parasites.  Si vous restez au pouvoir, ADMINISTREZ  en prenant les décisions qui s'imposent ou bien allez-vous-en avant que votre odeur nous empeste.  Vous ne savez que faire?  Alors, démissionnez,  démissionnez.  Ce ne sont pas des élus incompétents qu'il nous faut.  Ce sont des administrateurs de qualité supérieure.

Nous, le peuple, devons tirer nos conclusions:  un élu n'est pas nécessairement un administrateur.
 
 

Robert Bertrand,
journaliste indépendant et
responsable opérateur (SysOp),
RENOUVEAU  POLITIQUE  BBS
305, rue Dorchester,
Québec. Qc  G1K 5Z9
TéL.:  Data fax modem :   1-418-529-1976
Vocal:   1-418-529-2013
Québec, 1993-08-23

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Lettre ouverte au  PREMIER MINISTRE ROBERT BOURASSA
Québec, 1993-09-22
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