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Le nazisme de Mackensie King,
premier ministre du Canada
Gilles Rhéaume
2001/03/11

 


Les ultranationalistes canadiens ont décidé de profiter du climat généré par l’affaire Yves Michaud  pour s’en prendre férocement aux artisans du Québec moderne.

Une certaine police politique, aux allures de Commissaires du peuple canadien, scrute actuellement les annales du Canada-Français à la recherche de perles pouvant discréditer le mouvement national québécois en l’associant au délire hitlérien. Oubliant les règles de l’art, ces archéologues tels des rapaces insatiables, se vautrent dans la confusion des genres et des époques, des écoles et des courants de pensée universelle pour se focaliser sur les travers des patriotes québécois…

L’histoire des idées politiques au Canada, au Canada-Français et au Québec reste à faire.  La réflexion sur le patrimoine intellectuel commande plus de sérieux que ne peuvent en supporter les fantasmes d’un quarteron partisan d’un nationalisme extrême, le nationalisme canadien anglais. Il y a des chercheurs qui ont dépouillé archives, textes et documents afin de cerner la dynamique des idées dans les Amériques française et britannique.  Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.  Il est nécessaire de poursuivre les travaux afin de mieux comprendre le cheminement des idées dans les sociétés.

Neil Cameron, collaborateur à The Gazette, historien et ancien député de l’Equality Party, faisant fi des règles élémentaires du travail intellectuel bien fait, s’en est pris à la personne, à l’œuvre et à l’héritage de Lionel Groulx, dans un article écrit avec les mots de la haine et du mépris.  Peu lui importe les faits.

Ce qui compte c’est d’asséner un coup fatal aux idées québécoises.  Pourquoi cet acharnement haineux ?

Il ne s’agit pas ici de se porter à la défense de Groulx dont l’œuvre gigantesque mérite plus d’attention que cela.  Quant la production intellectuelle d’un penseur occupe toute une bibliothèque, tellement sont innombrables ses bouquins, ses articles et ses textes qui se comptent par milliers, il est essentiel de prendre le temps de fréquenter cette œuvre avant de la condamner péremptoirement. L’examen et l’étude de la philosophie d’un auteur commandent l’utilisation de méthodes aguerries qui seules peuvent garantir la pérennité de l’objectivité…

Ces scrupules sont absents de la tête de Neil Cameron, d’Esther Delisle et de Mordecaï Richler.

Mais pourquoi donc ce sympathique Cameron ne mentionne-t-il pas l’admiration que Mackensie King, Chef du Parti libéral du Canada et Premier ministre canadien, vouait à Adolf Hitler ?

Pourquoi ne signale-t-il pas que le Chef du Parti nazi canadien Arcand était un ardent partisan de l’unité nationale canadienne ?

Pourquoi le silence aussi sur les affinités nazies d’une certaine élite anglo-montréalaise ?

Et pourquoi donc ne pas rappeler qu’une église montréalaise arbore toujours une fresque représentant Benito Mussolini ?  Il est vrai que le Congrès canado-italien adhère au Comité du Non !

Neil Cameron n’a pas eu l’honnêteté intellectuelle d’étayer son réquisitoire, il n’a rien démontré  Son texte est un texte d’humeur, un raccourci historique.

Il y aura d’autres prises de position du même genre.  Rien ne sera ménagé afin de disqualifier certains des pionniers de la modernité québécoise.  Ils paieront cher leur refus de l’assujettissement au Canada anglais, ces patriotes.

Au fait, Jean-Louis Roux, le seul Lieutenant-gouverneur de l’Empire britannique qui a  démissionné de son poste vice-royal pour activités politiques douteuse, celui-là même qui a participé à des manifestations anti-juives durant la Deuxième Guerre Mondiale et qui a porté la croix nazie n’est pas mentionné par Neil Cameron !  Curieux et révélateur ce silence complice !

Pour cette phalange du nationalisme canadien, l’histoire est un buffet où l’on ne se sustente que de ce qui nous plaît.

Deux poids deux mesure, comme toujours et comme partout au Canada anglais…

Gilles Rhéaume
 

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