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Le régime fédéral, une nuisance pour le Québec
par Gilles Rhéaume
2001/03/13


Il faut scruter à la loupe les derniers propos de Stéphane Dion en marge de la déclaration du Premier ministre du Québec à l’effet que le Canada avait été inutile voire néfaste au développement du Québec.  Derrière la réaction coloniale de Dion, il y a la vérité canadienne.  Cette vérité  est terrible pour le Québec et la langue française…

Pourquoi donc Stéphane Dion s’offusque-t-il ?

Cela fait plus de cent ans que les Patriotes du Québec répètent que le régime canadien entrave l’épanouissement du peuple québécois.

Bien avant le RIN, bien avant même Maurice Duplessis, Lionel Groulx ou Paul Gouin, le coût de la dépendance était déploré et dénoncé.  Des milliers d’articles, de conférences et d’ouvrages ont été consacrés à ce sujet… Le Québec a payé très cher son annexion forcée aux colonies britanniques.  Les Francophones du Canada sont en chute libre, victimes qu’ils ont été d’un racisme grossier et systémique…

Au moment même de la Confédération en 1867, Wilfrid Laurier, les libéraux et Louis-Joseph Papineau furent on ne peut plus catégoriques et formels à ce sujet.

Dès les années 1880, un éminent juriste qui fut aussi Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, un certain Loranger, a écrit un traité sur l’autonomie du Québec.

L’inutilité du système canadien a été maintes fois mise en exergue et ce dans tous les milieux québécois.  Monsieur Dion aurait intérêt à relire les classiques des relations québéco-canadiennes s’il tient à sauvegarder ce qu’il lui reste de crédibilité.

L’attitude des médias dans toute cette affaire se doit aussi  d’être minutieusement examinée.  En présentant comme une position nouvelle voire révolutionnaire cette déclaration de Bernard Landry, les journalistes ont fait preuve d’amateurisme et d’amnésie.  René Lévesque a dit la même chose partout au Québec. Lucien Bouchard lui-même avait qualifié le Canada de «prison» pour le Québec.  Pourquoi donc s’en prendre ainsi au nouveau Président du Parti québécois ?

Il y a plus de trente ans que les ténors souverainistes tiennent le même discours.  Plus de soixante-quinze ans que les nationalistes du Québec le répètent sans arrêt.  Plus de  cent trente ans que ces mises en garde sont précisées et connues.  Où était donc Stéphane Dion, la SRC, la Presse canadienne, Gesca et Power ?

Mais il y a plus grave derrière cet assaut contre ces propos.

Si la Canada n’a pas été nuisible au Québec, selon la liturgie canadienne, il aurait donc été bénéfique…

Si il a été bénéfique ce régime canadien, il faut donc, en toute logique, saluer cette dépendance des Francophones et bénir la Conquête.

Voilà  la logique des tenants du NON au Québec.

Bienheureuse soit donc la conquête de 1760.

Ainsi le Canada considère que la Conquête a été une bonne chose.

Pourquoi donc ne pas saluer cette défaite comme un effet de la Providence ?

Voilà la vraie nature de ce nationalisme frileux qui est celui du Gouvernement d’Ottawa !

Il faudrait saluer 1760 comme un grand moment de notre histoire !

Stéphane Dion montre son vrai visage, celui de Lord Durham avec lequel il partage une vénération béate pour un régime politique marqué au coin de l’arrogance, du mensonge, de la forfaiture et du racisme généralisé à l’égard des Québécois, leur langue, leur État et leurs institutions !

Gilles Rhéaume
 

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